#On vaut mieux que ça: occasion d’expression du REEL à saisir :)

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Retrouvons les vraies valeurs on 26 février 2016 by violemmenthumaine

Bonjour à tous!

Pendant que je me tais et travaille comme une acharnée (Vouiiiiiiiiiiiiiiii! Truc de fou non? Là tout de suite là maintenant j’ai bien un taf, de deux mois et demi, ô joie ô allégresse) dans le Pays Fort Fort Lointain, il se passe des choses pas jolies jolies dans notre bel Hexagone.

Entres autres trucs qui transforment mon Pays que j’ai longtemps pensé être un havre démocratique et providentiel, il y a ce sublime projet de loi réformant le Code du Travail, vous savez, le truc qui fait que c’est plus cool d’être français que thaïlandais ou congolais par exemple (ou qu’étatsunisien aussi hein).

Heureusement, les Français ne semblent pas tous être devenus couillons et la résistance à ce projet s’organise.

Par exemple, ô toi mon/a bel/le Inconnu/e qui passe une bonne partie de ton temps on the world wide web, tu trouveras peut-être cette initiative intéressante (et oui, elle l’est):

lplplpl

Alors, toi oui toi là, fais une vidéo, écris un article, témoigne sur leur page facebook ou envoie-leur un mail, mais ne reste pas seulemennt planté devant ta télé en disant que c’est pô juste. Agis: on ne sait jamais, il y a peut-êtrre une chance que cela ait un impact et que, non, on ne dise pas totalement « amen » aux délires ultra-libéraux (qui, dans les faits, n’ont jamais aidé la masse, même  relativement aisée, mais toujours seulement les déjà très très très riches).

Misères et Splendeurs de la circulation routière à Kinshasa

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, RDC (Congo) with tags , , , , , on 11 janvier 2016 by violemmenthumaine

Saluuuuuuuuuuuuuut mon Inconnu/e préféré/e !!!

Avant toute chose, je veux remercier (à nouveau) la quelqu’une qui a appelé à « mon retour » : parce que vi, ça fait grave zizir !!
Si j’ai été aussi silencieuse aussi longtemps, c’est un peu beaucoup, comme je l’ai répondu à mes fans (#chevilles baobab #auto-persuasion), parce que pendant longtemps je ne pouvais tout simplement pas travailler sur le blog. Je me disais que ça ferait un bon sujet de post de retour, expliquer qu’Internet, en dehors du fait que non ce n’est pas accessible partout et que oui ça peut aussi coûter un bras, hé bien c’est facile à pister/verrouiller/surveiller –beaucoup plus que ce que l’on nous dit dans « nos » pays-, mais comme j’ai déjà évoqué la question, en fait non.
J’ai pensé aussi que je pouvais revenir à mes premiers moutons : parler de moi (#Internet attitude). Parce qu’il s’est passé et se passe pleiiiiiiiiiiiiiiiiin de trucs, que je me pose tout plein de questions et que, parfois, un avis extérieur ça aide bien. Puis là encore, non. Pas tout de suite en tous cas.

kokokokpkpkpokp

Envie de parler de petits riens, ces petits trucs qu’on ne remarque pas forcément et qui font que le quotidien à Paris, New-York, Trou-sur-bouse-les-pécores, Ouagadougou, Valparaiso ou Kinshasa a des couleurs différentes.

Le visage protéiforme des transports urbains est l’un de ces petits riens qui font tout le « charme » du quotidien.

****GIF

pacman

Pacman

Après des années passées dans différentes métropoles africaines, la râlatitude permanente des franciliens quant aux services offerts par la RATP et la SNCF me semble obscène m’amuse al chouïa : moi, à chaque fois, j’en rêve avec des étoiles dans les yeux du RER et du métro au bout de quelques mois dans l’une de ces mégalopoles tentaculaires que sont la plupart des capitales africaines (j’ai dit la plupart, pas toutes. Bangui par exemple ressembleait à un petit village plus qu’autre chose.).

**GIF étoiles dans l

Ma tête au bout de quelques mois dans une grande ville africaine quand j’entends « métro », « RER », « noctambus ». Si. (et je vous parle pas de « tramway », là je frôle l’orgasme !)

Ma tête au bout de quelques mois dans une grande ville africaine quand j’entends « métro », « RER », « noctambus ». Si. (et je vous parle pas de « tramway », là je frôle l’orgasme !)

es yeux c est coooool**

  • Matrice

                                – Les bus

Non pas qu’il n’y ait pas de transports en commun : chaque pays, chaque ville regorge de mini-bus aux appellations variées mais toujours… euh…. Aussi « colorées » que leur look improbable, aux prix dérisoires et à la sécurité variant de l’aventure-je-suis-un-vrai-routard-proche-des-populations-locales-et-je-le-montre-ça-me-donne-du-grain-à-moudre-pour-épater-les-meufs-dans-les-soirées-estivales-hexagonales à Survivor-c’est-de-la-gnognote-pour-poupées-anémiées-à-côté-de-moi.

Certains plus finauds que d’autres en ont même fait un fond de commerce, comme au Kenya où les autocollants aux couleurs du drapeau affichant des « I tested matatu and I survived ! » et autres blagounettes se vendent comme des petits pains dans les magasins de souvenirs.

**

Incroyable : l’ami Google non plus que les autres moteurs de recherche ne m’ont sortie que ça sur le sujet. Il n’empêche que ça reste un exemple (même s’il n’est très clairement pas vendu au Kenya) du phénomène.

Incroyable : l’ami Google et les autres moteurs de recherche ne m’ont sortie que ça sur le sujet. Il n’empêche que ça reste un exemple (même s’il n’est très clairement pas vendu au Kenya) du phénomène.

**

Si on veut se la jouer local mais vraiment local l’on aime vivre dangereusement ou que l’on n’a pas les moyens de faire autrement, on peut donc se dire que l’on a à disposition un réseau de bus et voilà. Sauf que.

Quelle que soit la ville/le pays où j’ai séjourné, ce mode de transport, c’est-à-dire celui de la plupart des gens, est toujours limité en termes d’horaires (jamais de service nocturne, ou alors seulement jusque 21 ou 22h), et très souvent en termes de couverture géographique : ils couvrent rarement les quartiers vraiment riches, et ne couvrent les quartiers vraiment craignos que jusqu’à la tombée de la nuit, soit vers 18h. Et surtout, à Kinshasa et plus encore à Nairobi, l’ensemble du réseau est centré sur le centre ville, ce qui, à Nairobi, multipliait le trajet (et je ne parle même pas du temps d’icelui….) par 2 quand ce n’est pas par 5 ou 6…

**carte nai

pour article

Voyez par exemple, à Nairobi, pour aller du point A au point B (entre 25 et 45 mn à pied, 5 à 10 mn en moto), en bus collectif il faut passer par le point 0, au centre ville, et donc compter entre 1 et 2 HEURES. Vi vi vi.

robi travaillée****

Les cartes des transports n’existant dans aucune des villes où j’ai séjourné, d’une part, et les horaires dépendant de tout et n’importe quoi d’autre part, emprunter les bus collectifs hors des horaires d’arrivée au boulot (soit entre 5 et 8h du mat) et de retour chez soi (entre 16 et 17h30) pour un trajet directement desservi par le dit bus ne doit s’envisager que dans un cadre de flânerie et de découverte hasardeuse et jamais, jamais, JAMAIS dans un cadre professionnel ou tout simplement pour un trajet où le respect de l’horaire a une quelconque importance même de loin.

[Parenthèses :

1) linguistique : au Sénégal et au Burkina Faso, on les appelle les taxis brousse, au Kenya les matatu (« seulement trois » en swahili, soit le prix -300 kenyan shillings, à peu près 30 centimes d’euro- pour une unité de trajet), mais à Kinshasa on les appelle tout simplement les « esprits de mort ». Comme ça c’est clair.

2) esthétique : où que ce soit où j’ai séjourné en Afrique noire, les bus collectifs arborent tous, outre un état que n’importe quel contrôle technique qualifierait de bon pour la casse, une customisation toute personnelle au chauffeur ou/et proprio de la bête. Je regrette infiniment par exemple de ne pas avoir eu d’appareil photo pour immortaliser ce superbe matatu tombé du camion de l’écurie Playboy : entièrement matelassé à l’intérieur de faux cuir rose barbie avec les logos lapin du fameux magazine…. Le tout parsemé de “God is the answer” et “maiden is the wisdom” (sic) et une médaille de Jean-Paul II tressautant à côté du visage du chauffeur à chaque assaut des basses du ragga ghetto sortant des baffles d’un mètre de haut accrochées aux quatre coins du bus.]

ojojoijojjoi

DSCF4982

Tu as fait 25 mètres en 40mn et tu as du suer plus de 6 l et tu te fais chier comme un rat ? Occupe-toi avec les Grosses Têtes de Boulevard (Tain. Voilà ce qui arrive quand on n’écrit pas de post pendant aussi longtemps : des jeux de mots pourris limite incompréhensibles –ici entre le nom du présentateur d’une fameuse émission radiophonique française, la dite émission… et le nom de THE artère de Kinhasa, toujours bloquée -mais ce n’est pas la seule à l’être, loinnnnnnnnnnnnnn de là-, communément appelée « LE boulevard » -alors que 1) il y a pleiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin d’autre boulevards, 2) celui-là, comme les autres, a un nom, « du 30 juin » en l’occurrence).

DSCF5457

Occupe-toi, donc, disais-je, avec les Grosses Têtes de Boulevard: cherche le slogan d’esprit de mort inédit ou, au choix, le plus what the fuck, le plus mégalo ou le plus hypocrite.. Celui qui gagne a droit à un Carambar.

oihhoihoihoihoihoih

Ces fameux bus sont le principal moyen de locomotion des classes populaires, soit l’écrasante majorité de la population de Kinshasa. Les bourgeois congolais, tout comme leurs homologues kenyans, les évitent comme la peste (« on n’est plus au village ça c’est pour les sauvages ») (sic), et les expatriés toutes nationalités confondues ne les empruntent quasiment jamais (c’est moins vrai en Afrique de l’Ouest. Peut-être parce que les trajets y sont mieux indiqués et les conducteurs largement moins tarés).

– Les taxis

En dehors des bus ayant fait la guerre de 14, toute capitale africaine possède des services de taxi foisonnants de trois types : les taxis motos et les taxis voiture, eux-mêmes répartis le plus souvent en taxis collectifs et taxis directs.

Les taxis motos sont à peine plus chers que les bus, mais comme eux, ils ont une sphère d’action réduite, car il n’est pas rare qu’ils soient purement et simplement interdits dans les quartiers riches centraux. Par contre, ce sont eux qui bossent le plus tard (en gros, toute la nuit sans interruption). En Afrique de l’ouest, ça reste le principal moyen de transport de l’ensemble de la population non motorisée, voire le seul de nuit. Perso, j’adore les utiliser : les mecs sont tellement éberlués de voir unE Blanche avoir recours à leur service qu’ils ne pensent même pas à gonfler les prix. Œuf corse, les motos ont elles aussi leur comptant d’autocollants, fausses fourrures fluo et scotchs fleurant bon la classe et le bon goût.

[Dommage encore une fois que je n’ai pas trouvé ni n’ai fait de photo classe de la chose : les « stations » de taxi mot ont pourtant, avec leur touche Easy Rider, un sacré touche.]

**

Tit exemple de « hoooo quelle est belle ma bécane Kin’ style

Tit exemple de « hoooo quelle est belle ma bécane Kin’ style

*’ ****

Avec les taxis voiture collectifs, on jumpe côté prix : la masse ne les utilise pas, il faut au moins appartenir à ce qu’on appelle chez nous la classe moyenne (qui reste, dans la plupart des pays africains, encore en voie d’apparition) pour pouvoir se les offrir régulièrement. Les premières fois ça décontenance un peu : plus que des taxis, ce sont des bus améliorés : ils font un trajet et un seul, mais s’arrêtent à la demande du client quand il est arrivé à destination plutôt que de s’arrêter uniquement à des stations. Tout comme les bus collectifs, tout bagage, même très lourd et même très volumineux, sera accepté. Je n’en ai pas vu à Nairobi (ce qui ne signifie pas qu’ils n’y existent pas).

Enfin, les taxis tout court : une voiture qui ne prend qu’une demande à la fois. Là, ça varie beaucoup en fonction des villes et des pays. A Nairobi, en dehors du quartier des boîtes et bars, il était extrêmement difficile de trouver un taxi disponible après 21h si l’on ne passait pas par une centrale d’appel, et la plupart refusait de desservir autre chose que les quartiers résidentiels. C’est le mode de transport des riches en transit ou des touristes. Les prix…. Disons que puisqu’il n’y a jamais (ou presque, et la seule fois où j’ai vu ça –à Ouagadougou en 2013-, leurs tarifs étaient à 400% du prix du marché hé hé hé) de prix affichés, le montant demandé/négocié sera toujours le fruit d’un savant calcul en fonction du statut social que le chauffeur supputera être celui de son client, et toujours très largement au-dessus du prix local réel quand il sera destiné à un Etranger.

     –  Avoir sa voiture

S’il y a bien une chose qui a changé entre ma première fois africaine il y a une vingtaine d’années et aujourd’hui, c’est le nombre de voitures dans les rues des villes africaines. A Ouagadougou en 1997, on pouvait compter le nombre de caisses rencontrées en une journée, et la quasi totalité appartenait à des Blancs. Aujourd’hui les routes des capitales ressemblent au périph’ à 18h en semaine : tout cadre africain possède sa/ses bagnole/s, et le syndrome mesurage de bite statut social affilié à la marque/la taille/la brillance des chromes fait des ravages. Considérant la nature très particulière du trafic et du réseau routier dans les capitales africaines, un fou rire me tiraille toujours le bide quand je vois un 4/4 suffisamment grand pour excéder la taille de ton salon de parisien bohème mais pas bourgeois, ou mieux encore (moins courant aussi il faut le reconnaître) quand je croise une putain de voiture de course rutilante au châssis à moins de 20 cm du sol dans ces coins où avoir accès à une route bitumée, plate et sans nid-de-poule est aussi courant que devenir président de la République après avoir fait le buzz sur youporn pour s’être tapé une mannequin en polystyrène à tête de vache en sniffant de la colle.

**

LA voiture idéale à Kinshasa : un vrai 4/4 mais en format twingo

LA voiture idéale à Kinshasa : un vrai 4/4 mais en format twingo

photo Rav 4. ***

– Utiliser ses pieds

A l’exception de Nairobi (‘tain, ce sont des Xmen ces types qui font du vélo à Nairobi : sans même parler du côté wild du trafic, on parle quand même d’une ville ou le plat n’existe pas et qui ne descend jamais à moins de 1600m d’altitude hein. Non, respect éternel !), je n’ai jamais vu (en RDC, au Sénégal, Burkina, Congo, Gabon, Zimbabwe, Ethiopie) quiconque utiliser un vélo comme moyen de locomotion habituel (si ce n’est comme succédané de charrette pour transporter des marchandises), et encore moins des rollers, patinettes et autres skate.

Il reste donc les pieds. Se bouger le fion quoi.

Alors, soyons clair : si tu prends en considération tout ce qui précède, tu devines bien que beaucoup de gens les utilisent, leurs pieds. Mais TOI, toi le riche/le Blanc/le zig tout court, il est impensable que tu marches. Marcher, c’est pour les pauvres. Marcher : on ne marche que lorsqu’on ne peut pas faire autrement. Marcher quand tu peux te payer une course en transport ou que tu as une bagnole, c’est impossible, ça fait buguer les gens, carrément. Là encore il y a des variations selon les pays, mais on reste toujours dans le même paradigme. (de quoi faire un post à soi tout seul ça, le rapport à la marche !).

Mais pour être honnête, marcher limite forcément les déplacements, sans même parler du climat : Paris est minuscule comparé à Kinshasa ou Nairobi. Vraiment minuscule. Ce qui implique, à moins d’être un putain d’athlète, de rester à peu de choses près dans son quartier.

Le réseau routier

Une fois posés les différents moyens de locomotion à disposition, il faut avoir à l’esprit la Toile sur laquelle ils s’utilisent.

Kinshasa, même dans ses trois communes riches, a peu, très peu de routes bitumées. Et même celles-ci comptent toutes ou presque des trous (on te parle pas de quelques centimètres hein, non non, on parle de gouffres dans lesquels une berline urbaine de base s’encastre pour de bon), fissures et autres joyeusetés. Il pleut des torrents les ¾ de l’année, ce qui transforme les rues en marécages dans le meilleur des cas et en torrents de boue dans le pire (des dizaines de morts chaque année durant les saisons des pluies dans les quartiers les plus pauvres.)

**** photo rue

Cette rue, par exemple, se situe dans LE quartier le PLUS RICHE et le mieux équipé de Kinshasa (la commune de la Gombe), celle où sont situés toutes les ambassades, les ministères et la plupart des expatriés tout comme une bonne part de l’élite congolaise).

Cette rue, par exemple, se situe dans LE quartier le PLUS RICHE et le mieux équipé de Kinshasa (la commune de la Gombe), celle où sont situés toutes les ambassades, les ministères et la plupart des expatriés tout comme une bonne part de l’élite congolaise).

plein d’eau :

Ajoutons à cela la quasi inexistence de panneaux d’indication de direction, d’une part, et la rareté des panneaux de signalisation tout court et autres futilités que sont les feux rouges et les passages piétons, la plupart du temps purement symboliques car dépourvus des feux susmentionnés.

La RDCongo est pourtant l’une des mieux placées, paraît-il (O.M.G), sur l’échiquier africain à ce sujet. Si si. D’ailleurs, le gouvernorat de Kinshasa a investi lourdement sur la question avec un certain succès côté buzz, avec l’installation d’une dizaine de…. Robots sortis d’un film de SF des années 50 censés réguler le trafic aux principaux carrefours de la ville. Lesquels ne marchent jamais plus d’un jour sur 5.

*** les 2 tof

Voilà, donc, un exemple de "robot-roulage", celui de Kitambo Magasin en l'occurence.

Voilà, donc, un exemple de « robot-roulage », celui de Kitambo Magasin en l’occurence.

s des robots***

Voilà. Le tableau est brossé.

Forcément, avec un bordel pareil, la circulation serait de tout repos que l’on sauterait à pieds joints hors de toute probabilité de Réel…

Sur la route un sith jedi tu seras

Vu que je suis principalement parisienne dans ma vie hexagonale, je sais ce que c’est que des automobilistes adeptes du n’importe nawak speedesque bien agressif. Sans doute la raison pour laquelle, malgré tout, dans les bons jours, je ne trouve pas la circulation kinoise si angoissante.

Je suis d’une totale mauvaise foi.

Je sais pas toi, mais quand les faits suivants appartiennent à l’ordinaire, j’ai du mal à rester zen.

  • Se mettre au point mort au milieu de la rue tous feux éteints, ou mieux encore, en plein virage (en général pour téléphoner mais c’est pas forcé)
  • Voir une bagnole retournée (au sens propre du terme) sur le côté de la route
  • Voir une bagnole juchée en équilibre sur les séparateurs de file/le poteau électrique/le feu plus du tout rouge
  • Voir une caisse rouler à contre-sens d’une 4 voies sur 400 mètres
  • Les pleins phares à 99,9% du temps de nuit
  • Un 45 tonnes arrêté à la perpendiculaire de ce qu’on appellerait ailleurs une nationale quand ce n’est pas une autoroute.
  • les queues de poisson sous toutes leurs formes

La queue de poisson est tout un art en fait, on peut même considérer que tout vrai permis de conduire congolais devrait en inclure une dans l’épreuve de conduite tant cela fait partie intégrante de la conduite à Kin, que tu le veuilles ou pas d’ailleurs : vu que personne ne respecte le principe de voie (genre si tu veux tourner à gauche tu vas dans la file d’extrême-gauche, mais seulement dans ce cas : « Tssssss, en tous cas toi tu es vraiment compliqué ») et que l’embouteillage spontané est carrément élevé au rang de l’art conceptuel ici (exemple : vous êtes à 5 autos sur un boulevard à 8 voies ; poussée par une dizaine de gars, une charrette surmontée de 500 kg de manioc le remonte et un sac tombe. Les 2 bagnoles arrivant devant la dite charrette et son sac auront 8 chances sur 10 de se tourner en tête bêche en bloquant toutes les voies. 10 mn plus tard, le boulevard est bloqué sur 500 mètres pour une bonne demi-heure minimum. Voilà voilà)

Les camions, les grooooos bus taille RATP le pratiqueront tout aussi allégrement que les autres hein. Evidemment.

Même sans aller chercher jusque là, il est clair que si tu veux faire plus de 300 mètres en moins d’une heure, il te faudra impérativement maîtriser l’art d’« entrer la tête », c’est-à-dire foncer dans le tas au dernier moment pour espérer pouvoir tourner.

*** tof t

 Voilà à quoi ressemble la circulation à Kinshasa dans un bon jour. Jeune padawan, si tu parviens à identifier le sens dans lesquels roulent l’ensemble des voitures de cette photo en moins dune minute tu auras gagné ton premier sabre laser…

Voilà à quoi ressemble la circulation à Kinshasa dans un bon jour. Jeune padawan, si tu parviens à identifier le sens dans lesquels roulent l’ensemble des voitures de cette photo en moins dune minute tu auras gagné ton premier sabre laser…

rafic.

Bien sur, vous pourrez rencontrer un camion sur une route en boue terre de 2.5m de large.

Et il y a les piétons. Autant ceux-ci (sans doute parce qu’ils tiennent à la vie) sont très vigilants à Nairobi, autant les piétons kinois pensent être les fils cachés d’Iron man. Entendons par là que le piéton kinois aura une tendance affirmée à traverser au dernier moment en surgissant de ton angle mort, y compris en pleine nuit (alors qu’il n’y a pratiquement pas de lampadaires en état de fonctionnement, ce qui change quelque peu la donne), d’une part, et une tendance non moins prégnante à ralentir quand il te voit arriver. Il est même assez fréquent de le voir s’arrêter au beau milieu de la chaussée pour tailler le bout de gras, ou, version plus-je-cherche-le-fight, à te détailler des cheveux à la taille pour bien marquer sa désapprobation de ne pas avoir la rue à lui tout seul.

Manque encore une touche essentielle pour avoir une image à peu près ressemblante du trafic routier kinois : le bruit. Genre le périph c’est pipi de chat moi je te le dis. Car en plus des harangues des chauffeurs de taxis et bus collectifs indiquant leur destination aux péquins –qu’on retrouve partout en Afrique noire- tu dois rajouter une utilisation hystérique permanente du klaxon. Quand je dis permanente, je pèse mes mots. Les grosses artères de la ville sont un chaos excédant largement les 200 db de 6 h du mat à 10h du soir.

Beaucoup de ces caractéristiques se retrouvent dans d’autres grandes villes africaines, mais parmi celles où j’ai vécu, aucune n’a cette saveur propre à Kinshasa qui fait que, en fin de compte, ça donne le sourire si tant est qu’on veuille le voir.

N’oublie pas de cliquer « j’aime », l’éclat de diamant de la route kinoise

A lire tout ce qui précède, on pourrait résumer la circulation kinoise comme un avatar de l’enfer sur Terre où seuls les enfoirés total égoïstes naviguent.

Et pourtant…. Si les Latins « parlent avec les mains », les Kinois, eux, conduisent en langage des signes.

????

Les conducteurs indiquent leur déplacement (ou plutôt leur désir de déplacement) par des mouvements de la main codifiés. Si cette pantomime permanente peut sembler participer au foutoir général, parmi tous ces gestes il en est un qui me donne toujours le sourire et qui permet d’en récolter à foison :

Quand un véhicule en laisse passer un autre (le doubler, tourner, traverser une rue, s’arrêter convenablement), l’autre sortira sa main et lèvera le pouce.

Presque toujours (je dirais environ 8 fois sur 10). Et en général avec un grand sourire.

*** pouce

Ce petit geste à la con, quand il n’est pas virtuel, bin ça fait toujours chaud au cœur.

Ce petit geste à la con, quand il n’est pas virtuel, bin ça fait toujours chaud au cœur.

levé :

Je sais pas moi, mais j’imagine mal à Paris ce genre d’attitude : oui c’est vrai les tires filant en sens interdit, montant sur les trottoirs ou passant d’une file à l’autre au dernier moment ne sont pas très courant (lol), mais en dehors des insultes si françaisement colorées je n’ai pas trop vu d’interactions entre les conducteurs, et jamais de pouce levé avec un grand sourire.

Mieux encore : si vous lever le pouce en préventive (longue pratique perso), le type qui était prêt à plier ton capot contre ce camion essence sans autre façon s’arrêtera à presque tous les coups ; le flic (Hummmmmmmmmmmmm, un autre article peut-être, un jour) renoncera avec un haussement de sourcils surpris à bloquer ta caisse pour te soutirer tes dollars.

C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. En tous les cas ça change ma vision du truc quoi : ça donne l’impression de rencontrer des dizaines de nouveaux copains à chaque fois qu’on prend la route et ça redonne espoir dans le côté choupi de l’humanité : si, dans ce bordel foutraque, des gens sont capables de rester cool, alors le meilleur est possible.

Le pouce levé ou la splendeur de la circulation routière à Kinshasa.

Réalité 1, Kant, 0

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo), XX et XY with tags , , , , , on 2 mars 2015 by violemmenthumaine

 

Salut mon Inconnu/e préféré/e !

Bon, j’ai envie, une fois n’est pas coutume, d’éviter tout sujet qui fâche ou qui serait susceptible de donner une envie certaine de changer d’espèce car l’homo sapiens, ça craint vraiment trop du boudin.

Il paraît par ailleurs que les blogs ou/et podcasts tenus par des êtres humains de sexe féminin les plus suivis sont les blogs mode/coiffure/beauté/relooking/nail art (je ne me fais toujours pas au fait que cette … discipline mérite à elle seule une appellation et une blogosphère particulière…) sous toutes leurs formes.

Banco !!! Je vais donc parler, une fois n’est pas coutume, de Beauté, de ce-qui-fait-que-tous-s’écrient-en-te-voyant-comment-elle-est-trop-bonn-c’te-meuf, et en fait, surtout, comme toujours ou presque, de comment tout ça n’est jamais qu’une affaire de goûts et que ceux-ci sont très variés dans la nature humaine. Cette phrase est vraiment lamentable.

Précision anti-trolls
Non, je ne prétends pas ici donner une définition de la Beauté (pour moi il n’y en a pas, si ce n’est que le Beau est dans celui qui le voit).
Non je ne décris pas un profil physique qui serait type, ni pour les Blanches ni pour les Noires.
Et non je ne prétends pas faire de ce que je décris une Vérité Absolue.
Encore une fois, je vais parler ici de représentations au sens sociologico-anthropologique du terme, c’est-à-dire de l’image que la majorité des individus au sein d’une société donnée associe à un phénomène, un concept, une action, une attitude, d’autres individus etc.

Un certain Emmanuel Kant a affirmé voici pas mal de temps qu’ « est beau ce qui plaît universellement et sans concept », et l’omniprésence de géantes immédiatement classables en malnutrition aigüe modérée si ce n’est sévère au MUAC sur nos écrans et affiches diverses et variées semble confirmer l’affirmation du défunt Allemand.

[Parenthèse : pour toi qui n’es ni HP* ni spécialiste de nutrition qui compte d’urgence, au cas où tu te demanderais ce que peut bien être ce MUAC :

Le MUAC,pour Middle Upper-Arm Circonference en sigle (on A-DO-RE les sigles dans l’Humanitaire, encore plus qu’en France), désigne la procédure standard utilisée aussi bien par les agences de l’ONU, les médecins ou associations locales que les grandes ONGs internationales, pour définir, catégoriser (l’HP* idolâtre la catégorisation, c’est l’un de ses pêchés mortels) le degré de malnutrition des enfants, et, par extension et bien que la définition des normes biologiques pose problème, les adultes. Comme pas mal d’autres trucs, c’est MSF qui a inventé le binz il y a quelques dizaines d’années, mais maintenant n’importe quelle boîte de pharmacologie et matériel paramédical le fabrique, et le vend pour pas cher (genre entre 5 centimes et 2,50€ quoi). Il s’agit d’un bracelet en plastique souple gradué dont une des extrémités, plus large, est creusée d’une fenêtre.

*** MUA

Un bracelet MUAC, c’est ça

Un bracelet MUAC, c’est ça

C –.***

Une fois intégrée, pas besoin d’avoir fait maths sup pour suivre la procédure : tu prends le bracelet, tu le poses au milieu du bras gauche de l’enfant (ou de l’adulte), pile poil entre l’épaule et le coude, et tu refermes la bande comme pour faire un bracelet qui colle à la peau, en faisant coulisser la languette dans la fenêtre. Un résultat apparaît alors dans la fenêtre évidée. Si jamais tu ne sais pas lire ou que ça te fatigue trop d’apprendre les mesures marquant les différents stades de nutrition/sous-nutrition, il te suffit de regarder la couleur dans la fenêtre : si c’est vert c’est OK, si c’est jaune c’est toujours à peu près OK mais bon quand même si tu veux pas voir revenir le lutin dans quelques semaines avec un « score » orange ou rouge va falloir qu’il bouffe mieux et plus, si c’est orange faut le soigner direct, et si c’est rouge faut le soigner là tout de suite là maintenant et l’hospitaliser parce qu’il peut clamser d’une heure à l’autre.

Voyez le truc ?

***starved f

Et ça s’utilise comme ça.

Et ça s’utilise comme ça.

or attention –

Si on regarde les chiffres de la zone rouge du MUAC enfant, la première fois, on a juste la fausse certitude d’une faute de frappe (mais hélas non, c’est la réalité). Mais si l’on regarde les chiffres communément admis pour les adultes pour reconnaître une malnutrition modérée, soit un diamètre inférieur à 18,5 cm, on constate qu’une bonne partie des « top models » entrent sans le moindre doute dans la catégorie des malnutries.

,m,m,

Echelle de détermination du MUAC pour adultes. Juste les faits, quoi....

Echelle de détermination du MUAC pour adultes. Juste les faits, quoi….

mnmn

Moi j’dis ça j’dis rien. Fermons la parenthèse]

mmnmnm

Le cul de Gaïa tu arboreras et les hommes à tes pieds tu auras

***statuette

 © Edith (Source)

© Edith (Source)

callypyge***

Je disais donc :

Kant était con. Le Beau est tout sauf universel.

Et, pour le type physique des femmes (et des hommes mais comme ici je suis la Chef je n’en parlerai pas cette fois parce que voilà) « étant » l’archétype de la Beauté, malgré les apparences, il est toujours lié à un endroit X à un moment t.

Voyez, moi par exemple : hexagonalement parlant, depuis le passage de l’Alien dans mon bide, je suis « grosse » puisque je mets un bon 44 : bouhhhhhhh-mais-comment-ose-t-elle-sortir-de-chez-elle-autrement-qu’en-sac-poubelle… Je devrais forcément me sentir moche, pas désirable ou alors « m’assumer » comme d’autres « rondes », car il y a/aurait quelque chose à assumer, donc. (Je hais depuis toujours la presse dite féminine, car je n’ai jamais kiffé me faire prendre pour une quiche. C’est donc avec un plaisir immense que je te renvoie, mon Inconnue/u, à ce site carrément jouissif).

Et la vérité est que oui, en France et ailleurs, dépasser le 40, quel que soit le rapport que l’on a à son corps (ça va très bien merci), et même si tu as une vie sentimentale et/ou sexuelle épanouie, dépasser le 40 donc, te rappelle régulièrement si ce n’est quotidiennement, de l’utilisation du « mobilier urbain » à l’achat de nouvelles fringues en passant évidemment et surtout par une grande partie de tes interactions sociales, que la société dans laquelle tu vis te trouve tarte et, pire encore, coupable de l’être.

So what ?

So : ça, c’est la réalité en France, dans le monde occidental, mais ici, tout comme dans tous les autres pays africains où j’ai habité (sauf le Kenya où c’est beaucoup plus mitigé, ou pour être plus exacte, foncièrement dépendant du type d’interaction sociale et du peuple auquel appartiennent tes interlocuteurs),

Je

Suis

Une

Bombasse

*** gif bonne raison de

Même que ouais.

Même que ouais.

se la péter beyonce*

Genre on me déshabille du regard.

***tum

blr***

Genre on me drague. Beaucoup.

Genre les femmes me complimentent à chaque fois qu’elles me voient.

Et comme ce n’est jamais agressif et jamais menaçant, (expression d’une admiration plutôt que d’une « option » posée d’office, ce qui n’est pas du tout la même chose) hé bien, je kiffe : ça fait du bien d’exister à nouveau dans les interrelations genrées, de sentir que l’on est attirante quand ton univers d’origine te fait vivre précisément l’exact contraire des dizaines de fois par jour.

Car oui, globalement, sur le continent africain, une femme considérée par le péquin lambda comme « belle » a « des formes », beaucoup de formes.

Certes, il y a des exceptions (notamment dans la zone de la corne de l’Afrique, où la majorité –pas tous- des peuples a généralement une silhouette fine, très fine même, et très élancée), et l’expansion de l’accès à MTV/Vanity Fair et compagnie amoindrit franchement le phénomène, du moins chez les jeunes. On frôle même à certains endroits la fracture générationnelle. Mais, quand même, il demeure que l’immense majorité des hommes et femmes sénégalais, gabonais, congolais, burkinabé etc., considère les choses comme ça :

Postérieur super marqué super cambré, poitrine opulente et enrobage global égale :

Silouette fine et à tendance androgyne égale :

***gif non non

non non mais non lol

mais non lol***

Yep : si tu rentres dans un 36 ou même un 38/40 si tu as plus de 25 ans, tu attireras même l’inquiétude plus que l’envie. On te demandera parfois si tu n’es pas malade, ou ne te laissera tranquille que lorsque tu auras fini ta deuxième assiette, et si tu veux serrer tu passeras après ta « copine rigolote » de « chez nous ». Plus encore que la minceur, perdre du poids n’est jamais envisagé comme quelque chose de positif, mais toujours comme la traduction de quelque chose de négatif, au pire que tu as le sida, au mieux que tu es soucieuse ou fatiguée en ce moment. Vouloir faire un régime pour perdre du poids te transformera en sujet de plaisanterie, où, d’ailleurs, on te reprochera souvent d’être « Blanche dans ta tête », (et cette attitude n’est pas réservée aux classes pauvres ou/et peu éduquées).

Perso, ce changement me fait toujours, les premiers mois, un bien terrible à l’égo.

***gif chewba

Chewbacca Hair

cca hair***

Parenthèse info :
Ici comme partout, les humains et plus encore les humaines sont prêts/es n’importe quoi pour se plier au dictat sociétal (même que). Quand je dis que le méga cul méga cambré est un but à atteindre, il est donc logique que certaines jeunes femmes se fassent des trucs whatthefuckesques et dangereux bieeeeeeeeeeen comme il faut pour atteindre leur idéal physique. Même se fourer des cubes Maggie dans l’anus. ……

*** source

bombe

*** Cube Ma

gie

Cheveux longs attirent les flonflons (et les biftons)

Bon. Il me faut être honnête : une autre de mes caractéristiques physiques provoque l’enthousiasme et attire irrésistiblement les regards, et cette fois-ci ce n’est pas toujours très agréable…

J’ai les cheveux longs. Pas comme les accortes et souriantes jeunes femmes au brushing aérodynamique des publicités pour shampoings de notre petit écran, non. Vraiment, vraiment longs : détachés, je peux me les coincer sous les fesses en m’asseyant.

Et ça, comment dire…..

Il y aurait un documentaire fantastique à faire sur le rapport qu’ont les femmes noires avec leur chevelure, comment certaines sont capables de foutre la moitié de leur budget dedans en en changeant deux fois par mois, comment les divers rajouts et perruques qu’elles se plantent sur la tête finissent par les rendre à moitié chauves, comment le business des rajouts en cheveux naturels, majoritairement issus de la misère à la Causette (celle du père Victor hein, pas celle du « féminin du cerveau et pas du capiton ») de l’Inde et d’Amérique du Sud, a explosé depuis une dizaine d’années (325000 résultats sur Google pour « extensions cheveux naturels ») et comment ce sordide trafic ne semble choquer absolument personne ou presque.

          mm,m,

Où que j’aie trainé mes guêtres en brousse ou en quartiers populaires, j’ai toujours fini par me faire tripoter les cheveux par des filles au regard émerveillé.

Quelque soit le pays où j’ai séjourné, il y a toujours eu une femme de classe aisée pour me proposer de me les acheter. Sérieusement. La première fois, je l’ai plutôt mal pris, mais à la longue je vois venir le truc en avance et ai appris à refuser poliment sans offenser ma « copine » du moment, ce même quand les enchères atteignent des sommets indécents pour la serveuse, le taxi, l’agent de sécurité ou la femme de ménage qui écoute à côté. Cela dit, la cote de la mèche de cheveux naturels n’est pas la même partout : à Kinshasa on m’a proposé 200$ alors que les mêmes tifs avaient été estimés à 500$ à Nairobi…

llblb

Relativisme esthétique : bonus track centrafricain

Je ne peux pas clore cet article sans évoquer un aspect…. Déstabilisant des règles de la beauté ici. Cette fois ci, je ne suis pas concernée (je suis un peu beaucoup une hystérique de la pince à épiler), et cela concerne principalement les pays d’Afrique centrale     tels que la RDC, le Congo Brazza, le Cameroun, le Burundi, une partie de l’Ouganda et une partie de l’Angola, même si le phénomène existe également en Afrique de l’Ouest.

Je n’ai toujours pas réussi à savoir si ce fait culturel était exclusif à certains peuples, mais il est clair qu’il ne concerne pas ou peu les classes sociales ayant eu accès à un enseignement universitaire et que le phénomène tend à diminuer dans les jeunes générations.

Il n’y a pas que les poils capillaires qui provoquent admiration et fantasme. Il y a aussi les poils tout courts, plus spécifiquement les poils au visage et dans le décolleté, qui, selon les interlocutreurs/ices et les bleds, sont considérés comme le signe d’une sensualité de folie, d’une grande fertilité (et parfois aussi de sorcellerie).

Hum. C’est clair que la première fois que vous vous trouvez nez à nez avec une femme habillée de son plus beau pagne ou de son tailleur en faux Dolce Gabana, maquillée, coiffée, parfumée, juchée sur des chaussures de couturier, mais arborant fièrement des poils bieeeeeeeen longs, et bieeeeeeeen frisés sur le menton, la lèvre supérieure ou au beau milieu d’un décolleté plongeant, ce n’est pas forcément évident de ne pas les fixer et de rester attentif.

**ma

Exemple relativement courant à Kinshasa de pilosité faciale fièrement arborée

Exemple relativement courant à Kinshasa de pilosité faciale fièrement arborée

mi***

Queen okafor, jeune femme habitant à Lagos au Nigéria, à la pilosité certes peu courante mais qui, dixit différents sites africains : « fait courir les hommes et les femmes » Source

Queen okafor, jeune femme habitant à Lagos au Nigéria, à la pilosité certes peu courante mais qui, dixit différents sites africains : « fait courir les hommes et les femmes » Source

***     Source

Tout ça pour dire que définitivement, non, « la » Beauté n’est pas universelle. Pan dans les dents à Kant…

Charlie à Kinshasa

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo), Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , , , , , on 5 février 2015 by violemmenthumaine

 

Salut mon Inconnu/e préféré/e !!!

**

Détail article page 3 du journal congolais le Phare du 3 février 2015.

Détail article page 3 du journal congolais le Phare du 3 février 2015.

* fermeture réseaux sociaux.

UPDATE pré article (comment ça c’est un non-sens sémantique ?):

Bon, vous le savez, ou pas, mais le beau pays Fort Fort lointain où je réside à nouveau depuis quelques mois a connu et connaît les prémisses d’un nouvel épisode de grand foutoir depuis quelques semaines.

Explication rapide : le président actuel, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2002, finit actuellement son deuxième mandat quinquennal (les deux premières années au siège présidentiel n’ayant pas été le fruit d’un vote démocratique mais le résultat des accords de Sun City, qui ont mis « fin » à la guerre). La constitution interdit, comme dans pas mal de pays dont le notre, de prétendre à un troisième mandat. Or celui en cours se finit en 2016.

Joseph a donc tenté de voir si y’avait pas moyen de changer la constitution. La réaction de la « communauté internationale » a visiblement suffi à lui faire abandonner l’idée pour le moment. Il fallait donc trouver autre chose. Qu’à cela ne tienne : il se donnerait du temps (celui de voir comment la « communauté internationale » réagira aux aléas électoraux de ses voisins, en l’occurrence le Burundi et, surtout, le Rwanda) en repoussant les élections par le biais de la loi électorale. Kesaco ? Au Congo comme partout ailleurs, chaque élection est précédée du vote d’une loi électorale, qui rappelle ou précise les modalités de la dite élection. Chez nous, ça passe comme une lettre à la poste car la loi électorale ne change pas grand-chose et se contente de rappeler le nombre des circonscriptions, ce genre de choses. Ici, la majorité électorale a tenté d’ajouter un petit article, l’article 8, qui assujettissait la conduite des élections à celle d’un recensement national, ce qui, d’un point de vue « transparence et vérité des élections », peut sembler pertinent, ce d’autant plus que le dernier recensement date quand même de 1984 (!!!! Depuis, les organisations nationales et internationales ne travaillent que par des projections. N’oublions pas non plus qu’on considère que près de 75% de la population n’est pas enregistrée à l’état civil –normal, c’est payant-).

Le hic, c’est que dans ce pays aux dimensions continentales doté d’infrastructures proche du néant, un recensement ne peut se faire en moins de 2 ans. Comme la majorité savait très bien que le truc n’allait pas passer comme un couteau dans du beurre, elle a fait voter la loi par l’Assemblée Nationale en catimini dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 janvier. Lundi 19, c’était le darwa : manifestations, et, comme souvent ici et n’importe où quand une majorité écrasante de la population vit dans une misère crasse alors que le pays est de plus en plus riche, des pillages. Le bordel a duré quatre jours, jusqu’à ce que le sénat (qui, comme chez nous, doit revoter la loi après l’Assemblée), qui avait suspendu ses délibérations dès le lundi midi, déclare qu’il laisse tomber l’article 8. Le week-end d’après, dans la nuit du dimanche au lundi, une nouvelle loi, conçue par une commission mixte Assemblée/sénat, a été votée, sans le fameux article 8 mais avec tout plein d’alinéas, dont l’article 115, qui maintiennent, ce dans un flou artistique propice à l’apaisement des foules, la conditionnalité des élections au recensement.

Dès le deuxième jour, soit le mardi 20 janvier, le gouvernement, pour minimiser les capacités d’organisation des mouvements d’opposition et de la jeunesse (ici comme ailleurs, les salops d’étudiants ont été particulièrement actifs, et Unikin, l’université spécialisée en sciences humaines/sciences politiques/droit, a été l’un des foyers d’insurrection les plus actifs, ce même alors que la force publique congolaise l’ait encerclée dès les premières heures), a purement et simplement fermé les signaux des fournisseurs d’accès à Internet, et rendu impossible l’envoi de textos sur tous les réseaux téléphoniques (il y en a globalement 5 en RDC). Au bout d’une semaine, le pays accusait des pertes de 19 millions de $ américains par jour !!. C’est qu’ici comme ailleurs, l’économie entière, à commencer par les banques, fonctionne désormais entièrement via le web. Le gouvernement a donc ré-ouvert les vannes d’Internet… Pour les entreprises, et seulement pour les boîtes emails, les sites et pages business. A ce jour, soit mercredi 5 février, il est toujours impossible de se connecter à un réseau social (Facebook, Twitter, Snapchat, Tumblr, mais aussi LinkedIn), de recevoir ou envoyer un texto, et de surfer d’une manière ou d’une autre sur son téléphone mobile (ceux-ci utilisaient la 3G, et ce système là, lui, n’a pas été réactivé du tout). Comme je fais partie des privilégiés, je suis donc, après plus de deux semaines sans connexion -ce qui n’est pas un drame en soit voyez, mais peut être problématique quand vous vivez à des km de votre famille et que la presse claironne que ça pète un peu un peu là où vous vous trouvez-, et pour une somme équivalente au salaire mensuel de la plupart des femmes de ménages et gardiens du coin, passée à la 4G.

Personne ne sait quand le gouvernement congolais remettra les réseaux à la « normale », ce qui laisse présager de nouveaux soubresauts, et peut légitimement mener à conclure que l’article 115 (remonte un peu tu verras de quoi je parle) n’est pas là pour rien, et que peut-être, d’ailleurs, la loi passée ne sera pas promulguée. Voui : ici, comme dans plein d’autres pays, la promulgation des lois dépend, après vote à l’Assemblée puis au Sénat, de la ratification présidentielle… dans les 15 jours qui suivent le vote au Sénat. Soit dimanche prochain. Le suspens est à son comble et comme les Léopards, l’équipe nationale de foot congo-zairois, a perdu son match de demi-finale de la CAN hier soir, la population n’est à nouveau plus distraite….

Tout ceci explique pourquoi l’article suivant peut sembler si retardataire, voire franchement dépassé. Mais l’actualité ci-dessus évoquée éclaire plus violemment encore ce que je voulais dire ici. Voyez : Charlie/LIBERTE D’EXPRESSION/FERMETURE D’INTERNET. OK ??

*** article de la page 3 du journal con

article de la page 3 du journal congolais le Phare du mardi 3 février 2015.

article de la page 3 du journal congolais le Phare du mardi 3 février 2015.

golais le Phare du mardi 3 février 2015.

Bon. Ceci acquis, passons si tu le veux bien mon Inconnu/e, à ce qui m’a tellement énervée. :

Je ne voulais pas rajouter un grain de sable dans le marigot hystérique mondial autour de la mort d’icônes de ma jeunesse (initiation sexuelle via Wolinski à la fin du collège, –ouais je sais ça fait zarbi en ces temps de youporn que voulez-vous j’ai plus de 25 balais-, période punk, et, vraiment jeune cette fois-ci, les caricatures de Dorothée –truc de ouf non, que quelqu’un paye quelqu’un d’autre pour se faire caricaturer !!-) : tout se dit et continuera un petit moment à se dire, y compris du très con qui met en colère et qui donne envie de pleurer, et pas souvent ce que je pense -et non je ne suis pas l’auteure de cet article, mais, comment dire, c’est tellement ce qu’il y a dans mon cœur et ma tête que voilà je le mets direct en lien).

 

Mais, sans doute parce que je me suis sentie, ici à Kinshasa, très, très, très seule et par là très, très, très triste, je suis en colère, très en colère. Alors si, je vais parler comme tout le monde de « Charlie ». Mais ici, à Kinshasa.

Mise en bouche (parce que, même si les journaux et plus encore les réseaux sociaux l’oublient plus ou moins involontairement, le contexte, c’est TOUT)

Chère/er Inconnue/u, le Pays Fort Fort Lointain qu’est la République Démocratique du Congo est beaucoup, beaucoup de choses, mais pas vraiment une Démocratie où l’Etat de Droit et la Liberté d’Expression dépassent le vague concept, comme les derniers événements le montrent plus que bien.

Tu vois par exemple, quand tu es journaliste ici et que tu veux dire ou écrire autre chose que « Ouah c’est cool ce que vous faîtes messieurs du gouvernement », c’est, souvent et depuis longtemps, risquer sa vie, et, parfois, la perdre.

*** Bilan liberté

Petit extrait par capture d’écran du bilan 2014 de la liberté de la presse de RSF, page sur la République Démocratique du Congo.

Petit extrait par capture d’écran du bilan 2014 de la liberté de la presse de RSF, page sur la République Démocratique du Congo.

presse RSF 2014***

Tu vois par exemple, trouver que tenter –et réussir- de changer la loi électorale pour faire semblant de ne pas changer la constitution et ainsi pouvoir briguer un autre mandat ou, en l’occurrence, l’allonger éhontément, c’est pas normal et, donc, manifester devant l’Assemblée Nationale, c’est savoir que l’on va se faire caillasser par les flics. Lundi 12 janvier par exemple, et puis aussi lundi 19, où la première réaction policière a été de tirer à balles réelles. Pas de liberté de manifestation ici.

*** congo cl

Carte interactive du classement de la liberté de la presse dans le monde 2014 . Reporter Sans Frontières. La RDC est donc classée 151ème (sur environ 180).

Carte interactive du classement de la liberté de la presse dans le monde 2014 . Reporter Sans Frontières. La RDC est donc classée 151ème (sur environ 180).

assement**

 

Tu vois, il y a deux semaines, quand les étudiants ont voulu exprimer leur opinion, certains d’entre eux, et pas qu’un peu, ont fini à l’hôpital, et en sont mystérieusement sortis dans des camions de la force publique, quand ils n’ont pas été purement et simplement exécutés (dans l’hôpital oui oui). L’activiste droitsdelhommiste (tu sais, cette « insulte » inventée par l’un de nos ex présidents) qui était présent lors de ce haut fait d’armes, a, lui aussi, connu quelques bricoles…

C’est le cas dans plein d’autres pays, comme l’ont fait si finement remarquer tout plein de journaux après le défilé de présidents divers et variés dimanche 11 janvier à Paris (et tant pis si ce fait précis est une première dans l’histoire, tant pis si, plus qu’une hypocrisie sur la liberté d’expression, cela révèle, à mon sens, autre chose, comme par exemple, un amour de la France et la persistance de son importance sur l’échiquier mondial –toutes choses qui ne vont pas dans le sens de beaucoup, dont l’histrion en tête de gondole éditoriale en France en 2014- et, aussi et bien sur, un consensus politique contre le fondamentalisme islamique, plus spécialement sous sa forme terroriste).

C’est même parfois –rarement c’est vrai, mais quand même- le cas chez nous (on n’est que 39ème dans le classement RSF hein). C’était plutôt courant sous notre intouchable Général, et ça a connu un renouveau flippant sous notre précédent Président. Et l’hystérie consécutive à « Charlie » ne tend pas à prouver que la Liberté d’Expression est réellement constitutive de notre pays. M’enfin bon.

D’un autre côté, contrairement à nombre d’autres pays du monde, le Congo ex Zaïre abrite peu de musulmans, lesquels n’ont aucun poids politique ni démographique à Kinshasa. La France ne provoque pas non plus d’animosité particulière dans le pays. Pas de risque particulier, donc, à soutenir Charlie Hebdo ici (contrairement à d’autres pays comme le Sénégal ou le Niger, où des manifestations anti-françaises se sont déjà déroulées.)

 

Vous gardez ça en mémoire pour la suite ?

Bien.

Ambassade : représenter la France, oui, mais pas Charlie

Il y a une Ambassade de France à Kinshasa. Il y a aussi une Alliance française, et un Cercle français.

Certaines/s des Inconnues/s qui viennent ici ne savent pas trop ce que c’est, cette Alliance et ce Cercle ?

Les Alliances françaises sont des centres culturels. Présentes dans presque tous les pays du monde, parfois sur plusieurs sites dans un même pays, elles « représentent la culture française et l’ouverture sur le monde ». Les Alliances proposent des programmes d’enseignement du français, sanctionnés par des diplômes reconnus par l’état, et des programmes culturels, centrés sur la culture française et celle du pays d’accueil : médiathèque, expositions, concerts, diffusion de films, de ballets, de pièces de théâtre, organisation de débats…. La plupart des Alliances possèdent au moins un petit bar voire un restaurant. C’est le cas à Kinshasa, ce dernier étant doublé d’une grande terrasse, l’un des lieux les plus courus de la ville, y compris par les congolais –de classe aisée bien sur-.

Il s’agit de structures étatiques, c’est-à-dire que les équipes directrices sont des fonctionnaires, nommées par l’Etat (même si le budget national alloué au financement des Alliances françaises à travers le monde a prodigieusement –plus de 70% !!!!!- diminué depuis vingt cinq ans).

A Kinshasa, l’Alliance et ses différentes structures sont ouvertes du lundi au samedi jusqu’environ 23h, plus lors des soirées-concerts, mais est totalement fermée le dimanche.

Le statut du Cercle français, ou « Maison de France », est moins « officiel »: ici à Kinshasa, il appartient à l’UFE (Union des Français de l’Etranger), l’une des deux plus importantes associations d’expatriés français. Théoriquement apolitique et relevant d’un statut associatif, l’UFE est cependant reconnue d’utilité publique et a des liens plus que privilégiés avec l’Ambassade française dans tous les pays où j’ai séjourné. A Kinshasa, le Cercle français jouxte l’Alliance française, qui elle-même partage sa concession avec le complexe scolaire secondaire français. Le Cercle propose quelques vagues manifestations commerciales culturelles de type marchés artisanaux ou foire aux vins, mais surtout de nombreuses activités, sportives principalement, le tout à l’intérieur de son complexe : un petit bâtiment, deux courts de tennis et surtout une piscine, un bar aux tarifs prohibitifs et aux snacks parmi les plus dégueulasses de la ville, et l’un des restaurants les plus onéreux de Kinshasa, modestement et très apolitiquement nommé le Petit Trianon.

***

Le petit Trianon (Source)

Le petit Trianon (Source)

***

Le mur d’entrée de la concession du Cercle est orné d’un gigantesque « coq français » en céramique, à gauche de l’entrée, plus un autre aux couleurs du drapeau, peint, sur le mur à droite, sous l’inscription « Maison de France ».

Le Cercle est ouvert tous les jours mais ferme à 22h, et à 17h le dimanche.

Voyez le tableau ??? Tout cela représente, de manière très officielle donc, la France.

Je répète : ces lieux représentent la France à Kinshasa.

Quelles ont été les manifestations organisées par ces différentes structures ?

  • Le Cercle : rien, nada, nibs de nibs. L’UFE, au niveau international, s’est quant à elle fendue d’une manifestation hyyyyyyyyyyyyyyyyyyyper lourde question impact et représentativité : une « marche virtuelle », dont la complexité (il suffit, si tu es inscrit à l’UFE, de cliquer une fois au bon endroit après avoir indiqué le pays où tu crèches) démontre avec brio la nécessaire implication des participants et la diffusion ultra large (non seulement il est impossible de partager le truc via un quelconque réseau social grand public, mais la dite marche ne figure pas sur les sites des délégations nationales de l’UFE, en tous cas pas celle du Congo) suffisent à faire oublier le fait pas du tout foutagedegueulesque que la dite marche a été mise en ligne…. Le 14 janvier. Quoi vous trouvez que c’est un peu tardif comme action et que ça fait un peu pas très « unité nationale » comme approche ??! Vous êtes d’une totale mauvaise foi, d’ailleurs moi je propose que le prochain 14 juillet soit fêté le 25 aout.

*** marche

caapture ecran UFE 1

Exemple d’e-communication ultra efficace, donc.

Exemple d’e-communication ultra efficace, donc.

1 +2***

  • L’Alliance : organisation, dès le vendredi qui a suivi les exécutions de la rédaction de Charlie, d’une exposition d’illustrations satiriques autour de l’événement pendant un mois. Rien d’autre, pas de débat, pas de réunion proposée, pas d’ouverture le dimanche de la marche nationale.

Sauf que j’y suis allée, voir « l’expo ». Abritée dans la médiathèque, c’est-à-dire pas dans le hall dédié aux expositions, les vraies. Elle se résume à un panneau de liège recto/verso sur lesquels ont été scotchés des photocopies en noir et blanc, pas franchement lisibles, de pages de journaux congolais ayant couvert l’événement, et un demi-panneau sur lequel ont été scotchées une photo de Cabu (en couleur, lui) et de Wolinsky. Ça c’est de l’investissement, ça c’est de l’hommage, une vraie réflexion sur le concept de caricature et de la liberté d’expression !!….

Peut-être que des gens ont été aussi un peu énervés par la chose, vu que, depuis la semaine dernière, est prévue de surcroît, pour le mois de février, un deuxième « expo », toujours dans les mêmes conditions, soit sur les panneaux en liège dédiées aux petites annonces de la médiathèque, présentant des caricatures (sur l’événement?) conçues par différents dessinateurs congolais. On verra bien ce qu’il en est….

 

  • L’Ambassade : mise à disposition d’un « livre d’Or » !!!! Sérieux, j’ignore qui est le/la responsable communication de l’Ambassade, mais, comment dire, il ou elle témoigne d’un manque d’à propos dans le choix de la terminologie quelque peu hallucinant. On aurait pu dire, bien des choses en sommes, en variant le ton, comme par exemple livre de soutien, cahier de témoignages citoyens, recueil de condoléances…. Le dit livre n’a été accessible que pendant 3 jours, du 12 au 14 janvier, soit après le jour de deuil national et après la marche nationale, et seulement pendant les heures d’ouverture, et pas une minute de plus. Il était disposé à l’intérieur du bâtiment consulaire, soit bien APRES le passage des contrôles d’identité, ce qui signifie que pour les personnes n’étant pas ressortissantes françaises et ne cherchant pas à avoir de visa, bin c’est mort : si t’es pas français t’as pas à te sentir touché par l’événement et en tous les cas pas le droit de vouloir témoigner de ton soutien aux morts, à leurs familles ni à la France. C’est ce qu’on appelle un coup de comm’ de folye côté « ouverture sur le monde » ça coco!!

Le fameux dimanche 11 janvier, quand plus de 3 millions de français communiaient ensemble, le fameux « Livre d’Or » n’était pas encore disponible, l’Ambassade était fermée as usual et n’avait rien organisé, pas même un discours (ce jour là, ni avant, ni après), l’Alliance était aussi fermée et le Cercle restait identique à lui-même.

Quand un ressortissant français eut la bonne idée de mobiliser son large réseau (pas comme le mien donc) pour inviter ses compatriotes et ceux qui voulaient à se rejoindre autour d’un verre ce fameux dimanche, le tout à 19h au Cercle et en a officieusement informé l’Ambassade, le Cercle n’a pas prolongé ses heures d’ouverture malgré le côté exceptionnel de la chose. Assez logiquement, quand les gens sont arrivés dans leur voiture et qu’ils ont vu le portail fermé, ils sont donc repartis (à ma connaissance au moins une cinquantaine de personnes).

Voilà.

« Union nationale », « événement national », « deuil national », « atteinte à la France » ??? Pour l’Ambassade et ses petits chiots, cela n’est pas entré en ligne de compte, cela ne méritait pas qu’on en fasse pas même une occasion de se réunir.

 

Cerise sur le gâteau

Comme si cela ne suffisait pas, il s’est passé un truc…. Un truc tellement merveilleux que cela m’a fait passer l’envie d’aller inscrire quoi que ce soit dans ce si mal nommé « livre d’or », de peur de ne pas réussir à réfréner mon envie subite d’insulter le personnel de l’Ambassade, digne représentation de la « France des Droits de l’Homme ».

Le vendredi qui suivit les exécutions chez Charlie, une petite quinzaine de personnes, majoritairement des Congolais mais aussi quelques Blancs (j’ignore s’ils étaient français), se sont regroupés devant les murs de l’Ambassade de France avec des panneaux « je suis Charlie ». Ils ne criaient pas, ils n’ont pas tenté de pénétrer dans l’enceinte de l’Ambassade. Ils étaient juste là pour soutenir Charlie et son pays. Notre pays et sa valeur « sacrée » qu’est la liberté d’expression.

Que croyez-vous, chers/ères Inconnus/es, qu’il se passa ?

Hé bien la « manifestation », soit 15 quidams silencieux avec des feuilles A4 brandies les bras levés, donc à l’évidence une foule outrageusement belliqueuse, fut « dispersée » par les jolis Robocop locaux, les joyeux drilles de la PIR, c’est-à-dire l’équivalent de nos CRS, uniforme compris.

***rob

les Robocop kinois, ce sont eux. (Ceci est un recadrage d’une photo de © Christophe Rigaud, lors de la manifestation, ou plutôt la tentative de manifestation contre la réforme de la loi électorale du lundi 12 janvier 2015 à Kinshasa)

Les Robocop kinois, ce sont eux. (Ceci est un recadrage d’une photo de © Christophe Rigaud, lors de la manifestation, ou plutôt la tentative de manifestation contre la réforme de la loi électorale du lundi 12 janvier 2015 à Kinshasa)

ocop 

Yes.

Oui oui oui.

Des gens, des Congolais, sont venus témoigner pacifiquement de leur soutien à la « valeur française » qu’est la liberté d’expression et aux « morts nationaux » que sont les 12 (ce jour là, à cette heure là, les 5 autres étaient encore en vie) personnes de la salle de rédaction de Charlie Hebdo devant l’Ambassade de France, et furent violemment (ici la Force publique est rarement autre chose que violente) remis à leur place : le néant.

Last but not least : le truc, c’est que la vitesse de réaction de la force publique congolaise est proche de celle de l’escargot. (si les flics et militaires sont là lors des manifestations, c’est qu’elles sont prévues).

Alors, même si je n’ai aucune preuve de ce que j’avance, on peut légitimement supposer à défaut de savoir, que c’est quelqu’un de l’Ambassade, et forcément quelqu’un de haut placé, qui a appelé les Robocops.

Nausée et double gerbouille.

A part ça tout est normal hein.

« Etre né sous l’signe de l’hexagone c’est pas franchement une sinécure

Et le roi des cons sur son trône il bosse à l’ambassade de France à Kin ça j’en suis sure. » (Renaud m’excusera de déformer son texte).

Et Bonne Année à toutes et tous mes Inconnus/es.

Pour vous la souhaiter de manière moins pas glop, voici la principale caricature congolaise sur Charlie.

**** je su

© Kash

© Kash

is charlie***

 

UPDATE Post article :

Rayon connerie made in French Ambassy, sur un tout autre sujet, celui de la protection des ressortissants, ils ont fait très fort lors de la semaine d’émeutes et répression policière. Vraiment fort. En gros, ils ont juste… rien fait.

Le truc le plus top moumoute, c’est que leurs consignes (en gros, « ne sortez que si c’est nécessaire et évitez les foules ») ont été transmises…. Sur leur site Internet. C’est-y pas fort ça, quand le pays entier s’est retrouvé sans accès au Net ?

Mais ils n’ont pas fait, ou plutôt pas pas fait, que ça. Alors que la Belgique, le Canada, les USA, ont fermé leurs écoles dès le mardi, alors que toutes les écoles publiques et privées congolaises ont fait de même (quand, en ce qui concerne les universités, elles n’étaient pas occupées par des étudiants en colère évidemment), la France…. N’a juste rien fait. Du tout.

Il faut savoir que, contrairement à ce qui se passe sur le territoire français où les proviseurs/ses sont responsables directement de la sécurité de leurs élèves et ne reçoivent de directives que du rectorat et du préfet, les directeurs d’établissements français à l’étranger sont assujettis aux consignes de l’Ambassade. Théoriquement, ils ne peuvent rien décider de leur propre chef. Le résultat magnifique de cet état de fait et de l’inertie absolue de l’équipe de l’Ambassade de France à Kinshasa a été que les élèves se sont retrouvés entre 3 et 5 par classe (bin oui, les parents ne sont pas cons), et que tous les jours de cette semaine faste, les élèves qui venaient étaient invités à repartir entre 2 et 4 h après leur arrivée. Invités seulement, vous noterez. Les pauvres mômes de parents optimistes qui se sont retrouvés en classe le jeudi, par exemple, ont regretté amèrement leur présence, puisque, dans la classe de mon gnome en tous cas, un prof ultra brillant a eu l’idée de « les faire parler »… et n’a plus ouvert la bouche pendant que les gamins échangeaient leurs expériences traumatiques internationales diverses en alimentant ainsi leurs peurs, ce sans que la charmante prof ne songe que son « idée brillante » aggravait les choses plus qu’elle ne les calmait. Heureusement que mon gnome à moi est exceptionnel côté flegme hein. Enfin bon.

Le truc qui rend ces faits encore plus « pertinents » et pas du tout choquants, c’est que le complexe maternel/primaire, lui, a suivi des consignes plus strictes et a bel et bien fermé plusieurs jours. Serait-ce que sa localisation l’exposait plus directement de potentiels troubles ? …. Bin en fait c’est plutôt le contraire. L’école primaire et secondaire se trouve au bord du fleuve, juste en face de la résidence de l’Ambassadeur, soit sur l’un des bords de la commune la moins touchée par les troubles quand ils adviennent (à la vérité, ce coin là n’a été touché par les pillages/combats que 3 fois dans toute l’histoire postcoloniale de la RDC hein –en 1993, 2003, 2006 et dans une toute petite mesure en 2011). Par contre, le complexe secondaire,

1) est ouvert,

2) n’a pas de « safe zone »,

3) se trouve de l’autre côté de cette commune, soit à quelques centaines de mètres de la frontière avec une autre commune, beaucoup plus populaire, elle, et où des mouvements ont été signalés.

….. Décidément, vraiment, le Roi des Cons bosse bien à l’Ambassade de France à Kinshasa…

 

Clacs et Boîtes et Boîtes et Clacs

Posted in Big A(frica), XX et XY with tags , , , , , , , , on 28 novembre 2014 by violemmenthumaine

 

Mon Inconnu/e préféré/e,

Voilà longtemps que l’idée d’écrire un post « là-dessus » me trotte dans la tête, mais, comment dire….. Pas envie de m’attirer les foudres vengeresses de quiconque.

Je rappelle donc encore une fois que non, je ne donne aucune leçon, que l’Afrique n’est pas un pays et que je ne peux donc parler que de ceux que je connais, et que, dans ce domaine précisément, je parle en tant que moi individu, aka une femme Blanche, ce qui, comme je vais te l’illustrer rapidos, est dans ce domaine précis une anomalie aussi grosse qu’un beignet au beurre clarifié dans l’alimentation quotidienne d’une paléo.

Je vais parler de

 Boîte de nuit.

Attention !!!! Pas de salle ou de bar ou autre lieu proposant des concerts, car la population et l’ambiance y est radicalement différente, non plus que de véritables « clubs », lieux abritant la jet set ou la Haute X ou Y : là non plus cela ne colle pas avec ce que je vais te raconter, non plus, bien sur, que les fêtes privées. Je ne parle pas non plus des bars/boîtes dans les « hot spot » d’HP*, là où pas loin du tout résonnent les AK47 and co (là aussi, la dynamique est différente).

Non : je parle de boîte en capitale (ou au moins grosse ville). Au Sénégal, au Burkina, en République Démocratique du Congo, mais aussi en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Nigeria, et sans doute ailleurs, une boîte de nuit, généralement baptisée avec fierté night club, c’est foncièrement autre chose qu’un lieu où des gens variés viendraient principalement pour danser.

Plantons le décor : au choix, selon le public visé (et le prix des boissons, et d’autres choses aussi) :

Premier type de décor : la boîte en extérieur, souvent un truc ressemblant à une paillote où, généralement, le public sera relativement mélangé et où de pseudos-routards viendront traîner leurs guêtres parce que « ça fait local » (et d’ailleurs, le plus souvent les proprios et gérants sont, en effet, du coin):

**** kw

kwilu bar-kinshasa

Bon, le lieu en question (le Kwilu Bar à Kinshasa) propose également tout plein de soirées-concerts et accueille régulièrement toute l’intelligentsia kinoise. Mais pour le reste roule ma poule, ça colle. (Source Jeune Afrique)

ilu

Parfois, même, il y a des femmes asiatiques/blanches/arabes/étrangères.

lplpll

Second type de décor : la boîte interchangeable Miami/Moscou/Paris/Tel Aviv/Cotonou (mais attention, hein : la prostitution, c’est toujours chez les autres, et les journaux africains, spécialement ceux on line, font régulièrement des « dossiers » très détaillés, très illustrés et souvent très condamnatoires sur le sujet, mais presque toujours dans un pays autre que le leur) : bourré à craquer de miroirs, de piliers sur la piste de danse, de tabourets de bar trèèèèèès hauts perchés, avec beaucoup, beaucoup de lasers et boules à facettes, et une climatisation qui te fait entrer direct dans le cercle polaire. En général mais pas toujours, la dite boîte appartient cette fois-ci à un charmant Monsieur qui n’a pas la peau noire, européen, le plus souvent libanais ou grec ou italien ou russe ou libanais ou bien corse en Afrique de l’Ouest.

*

nightclub-design

Un décor de ce style quoi….

LED-Baroque-Bar

Non, ce n’est pas « kitsch », c’est « swag » -et avant la dissémination de ce vocable choupinou c’était « standing ».

 

*

 

 

 

 

* .

*

*

*

*

*

*

*

*

ppj

pjjp

pj

ppj

 

La plupart du temps, dans la paillote « exotico-locale » comme dans la version « standing haute classe», l’entrée est gratuite sauf soirée à thème, ce pour les femmes comme pour les hommes : pas nécessaire de faire payer puisque, de manière générale, le prix des boissons avoisine celui de l’or (bon critère pour différencier les « boîtes de nuit » des lieux de loisirs comme les bars et les lieux de concerts). Plus le prix sera n’importe nawak, plus il sera considéré comme incongru de demander la monnaie, que de toute façon on ne te rendra pas spontanément. [Note que le côté marges-de-malade-mental-côté-boissons est très variable selon les pays et même selon les lieux. A Nairobi par exemple, les lieux où l’on peut se pochtronner pour aussi cher que le prix de ton taxi aller/retour sont assez rares : boire est un poste budgétaire nettement inférieur à celui d’un bon dîner]

De manière tout aussi générale, le prix sera « justifié » par le service souvent surréaliste : seau à champagne pour te servir ta bière par exemple (Oo), serveuses en tenue de gogo danseuses ou serveurs en tenue de groom et gants blancs (si si).

*** groo

groom

Donc, tu es dans une boîte digne de Girls Gone Wild, et ce sont des types comme aç qui te servent ton Coca (pardon, ton « Coke »). Normal. (Source)

m.

Là où tu commences à réaliser, si tu ne l’avais pas encore fait, que boîte est un peu beaucoup synonyme de clac quand tu regardes autour de toi et que tu vois que les femmes, sans exception, sont habillées comme ça :

*** les 6 pho

tos

Capture1

de

pllplpp

 

pu

t

es***

okokkokokokokokkokokokokokokokokokkkkok

Capture2

pkpkpkpkpkpkpkpkllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll

lplp

ooh

Et que, côté clientèle masculine, tu as, dans tous les cas, une bonne grosse moitié de Blancs, au sein de laquelle 50% au moins ont dépassé la quarantaine voire s’approchent clairement du siècle et sont aussi classieux que ça :

** bière

 

 

biere-beauf

Bon, celui-là c’est quand même hardcore, mais si tu lui rajoutes un tee-shirt trop petit t’es dans la moyenne.

beauf***

En même temps, ils affichent la couleur très clairement, en portant des tee-shirts hyper second degré portant des inscriptions muy delicates telles que (je n’invente rien !!) « Come on I’ll promise you your sugar daddy won’t be disappointing » ; « le ventre du mbongo » (Traduction : le ventre de l’argent) ; « si tu es bien sage Bwana sera gentil ».

**t-s

i love pattaya

En trois sorties nocturnes, j’ai vu ce tee-shirt sur pas moins de 5 croulants différents. Non non ce n’est pas du tout glauque, qu’allez-vous chercher là. *note : Pattaya est dans le top 3 mondial des villes du tourisme sexuel-option pédophile qui plus est).

hirt :

Les Blancs présents qui n’ont pas connu la seconde guerre ni le début des 30 Glorieuses ont en général un look beaucoup plus sympathique. Mais le look ne change pas grand-chose à l’affaire, soyons clairs. Dreadlocks, crâne rasé, costard Armani ou vieux tee-shirt hardcore, même combat…

Bon, pas besoin d’enfoncer le clou jusqu’au tréfonds du rectum d’un de messieurs sus-décrits pour que vous compreniez que oui, les boîtes de nuit sont en fait des lieux de chasse pour les prostituées de haut vol (enfin, pas l’équivalent d’une call girl ayant ses 3 doctorats et son attestation de Kama Sutra 5ème dan non plus, mais largement, très largement au-dessus de l’addict au crack du boulevard Ney quoi : elles sont de quoi acheter à boire en arrivant et sont sapées/déshabillées de frais) et leurs clients.

Là où ça se corse et devient bieeeeeeeeeeeeeen perturbant, c’est que parmi toutes ces clônes de Rihanna, au moins un bon tiers ne sont pas des prostituées mais bien des djeunes (ou moins jeunes, l’âge n’a pas grand chose à voir avec le schmilblick dans le coin, ce qui change des classes biberons parisiennes) qui viennent s’éclater entre copines, voire en groupe avec des potes de sexe masculin (mais bon c’est quand même beaucoup plus rare). Même look, même biberonnage susceptible de rendre leur sang létal pour le moustique assez guedin pour venir s’approvisionner à la sortie d’une boîte), même danse euh…. Suggestive sur les mêmes talons plateformes.

** riha

Rihanna-amazing-photos-702x600

En cette fin d’année 2014, tu peux compter sur un bon quart de coupes+maquillage+piercing identique à la barbadaise préférée du monde dans n’importe quelle boîte de nuit kinoise.

nna :

Et là, j’adresse une pensée compatissante à mes différents amis (masculins, donc) qui ont sillonné les capitales du continent noir, et qui, en général après un verre ou deux et la fin de leur dernière histoire sentimentale, se plaignent de ne jamais savoir si la femme qui leur plaît ou/et qui leur fait des avances est une non moins charmante prostituée ou bien une bourgeoise sortie dépenser l’argent familial/gagné à la sueur de son front. Et c’est vrai que, si tu te plantes dans ton estimation (y compris dans le cas où tu refuses gentiment en arguant que tu ne payes jamais pour des services d’ordre sexuel ou sentimental), tu risques bien des choses outre la fin définitive de toute relation : gifle dans la gueule quand ce n’est pas le verre, insultes en cascades et frérots qui viennent en renfort ; portefeuille vidé miraculeusement, phone disparu, quand ce n’est pas carrément appartement minutieusement dévalisé.

giig

yi

Reste moi, fidèle à ma spécialité je-rentre-rarement-dans-les-bonnes-cases. Vous avez peut-être deviné, vues les caractéristiques énoncées, qu’il y a peu de BlanchEs dans ces hauts lieux de divertissement. En général, il n’y a qu’UNE boîte où ces dames sortent (pourquoi celle là plutôt que les autres ??? Seul NoctambuleGod le sait). Les autres, nada. Résultat, quand moi je sors avec mes copines « locales » et que, forcément, j’arrive dans une jolie « boîte », je fais tache. Je suis toujours la seule femme blanche.

**gif tu prends des ris

tu prends des risques cheri cheri

Aller en « night club » en capitale africaine quand tu es une femme blanche (ce sans un Homme), c’est un peu choisir d’être cette souris…

ques chéri chéri :

Et là, toujours également, je traverse quelques moments… euh… Bien remplis d’interrogations du style bon-dieu-que’est-ce-que-je-suis-venue-foutre-là-je-me-sens-hyper-à-l’aise-et-pourtant-je-le-savais-bordel-de-merde-à-cul-je-pars-tout-de-suite-ou-j’attends-de-pouvoir-le-faire-sans-que-ma-copine-le-prenne-comme-une-insulte.

Seule solution : s’hydrater bien comme il faut à coup de coups à (vous aurez deviné que forcément je préfère donc le style paillote, mon cortex se révoltant quelque peu à l’idée de payer 10$ une binouze) bien sonnés et de plus en plus alcoolisés, histoire de ne plus rien avoir à foutre des limaces baveuses qui plongent dans ton décolleté et bavent hallucinent en te voyant danser (car si si, certaines Blanches savent danser. Et non, ce n’est pas une vanne à deux balles : à CHAQUE fois que je suis allée danser quelque part en Afrique, je dis bien à chaque fois, on est venu m’exprimer son étonnement, le tout toujours assorti de l’assertion selon laquelle les Blancs/hes dansent avec un balai dans le cul et pas en rythme. Sérieusement. Et non, il n’y a pas que du compliment stratégique là-dedans, mais bien l’idée caricaturale très répandue que, non, les Blancs ne dansent pas, ou alors très mal.)

Mais en fait, le plus problématique, ce n’est pas souvent les hommes, blancs ou pas. Dans cette situation là, le souci ce sont les jeunes filles accortes. Selon le contexte, elles penseront que :

  • Tu es faite pour être leur amie pour la vie (et leur présenter le Prince-Charmant à visa et vison), auquel cas, c’est cool et tu peux même te faire des vraies potesses.
  • Tu es une cliente. Auquel cas, c’est plus compliqué tu vois. Parce que dire non, surtout passé 3h du mat, ça peut rendre la situation houleuse un peu. Ou juste pas agréable (non, une femme à moitié à poil qui s’écroule sur toi en sanglotant qu’elle est « mauvaise et diabolique » et qu’elle « sait bien que toi tu ne l’es pas » mais qu’il ne faut pas la détester mais qu’elle comprendra si tu lui craches dessus (sic), c’est pas ultra réjouissant. Mais NON, pas la peine d’expliquer que ce n’est pas l’homosexualité qui te pose un problème mais le fait que non, jamais jamais tu ne seras une cliente, et que d’ailleurs tu es mariée avec un homme que tu aimes, merci : cela relancerait encore la machine, souvent d’une façon encore plus désespérée, car si ce n’est pas le principe du lesbianisme qui te révulse alors c’est forcément elle, tu vois ?)
  • Tu es une concurrente. Là, c’est vraiment auch’. Entendons-nous bien : quand je dis concurrente, je ne dis pas forcément concurrente professionnelle, même si le cas s’est présenté à Nairobi (où la prostitution est protéiforme : il y a des prostituées femmes, hommes, noires, des indiennes, et, depuis quelques années, blanches (principalement slaves mais pas seulement). Mais le fait que certaines de ces dames, pour qui, soyons clair, le client est souvent le seul moyen de survie, envisage que ta présence puisse leur faire manquer leur affaire, et tu as intérêt à veiller sur tes miches, tes cheveux plus particulièrement, encore plus si, comme moi, tu les as très longs.

Dans le cas 2 et 3, tu dois faire face à un mélange de tout ça :

*Gif nooun

nounou psycho famille adams va tirer

 

 okokok

 pkpp

pkpk

Bref, tu kiffes bouger ton boule et tu aimes ne pas être à ta place mais n’en avoir rien à talquer parce qu’après deux ou trois ou vingt verres tu es juste THE DANCING QUEEN tout en étant capable d’éviter un combat de catch féminin de dernière minute au cas où tu ne plais pas à la Femelle Alpha ? Alors va danser au 3615/Vsecret/SuggarVIP/Mamboprincesse/Ulla Standing/Bossplace/Diamantsoeurette (tous des noms réels de boîtes présentes ou récemment disparues dans différentes capitales africaines).

Raton-laveurs congolais

Posted in Big A(frica), Hors case, RDC (Congo) with tags , , , , , , , , on 26 novembre 2014 by violemmenthumaine

 

Les listes surréalistes, tu l’as bien compris à force mon Inconnu/e préféré/e, j’aime bien.

Pendant longtemps, j’en ai écrit au détour de mes voyages et rencontres, quand je trouvais une atmosphère étrange, poétique, étonnante, énergique…. Ce sont « mes ratons-laveurs ».

En voici deux de ceux de mon avant-dernier séjour congolais.

 

Lundi 27 Avril 2009_ Route Quartier GB/aéroport Ngili/Quartier GB (Kinshasa)

ùùùùùù

1 Eglise de réveil qui hurle à plein micros de 20h à 6h….

**** eglise réveil RDC Source et

eglise-rdc-taille fichier

Source: © Syfia Grands Lacs/RDCongo

© Syfia Grands Lacs/RDCongo

1 hôtel Apocalypse.22,

10 joggeurs sur la côte de Limete,

1 Dieu qui nous a sorti d’Egypte,

1 vieille femme ridée comme LA Grand-mère qui peine à atteindre son siège de mendicité,

3 miss maquillées défrisées talons aiguilles jeans serrés et veste faux Dolce,

Des bus jaunes et bleus bourrés craqués,

***bus kin

bus kinshasa

shasa

Tous les regards fixés sur moi,

1 homme des rues qui me salue.

1 policier au check point MONUC de l’aéroport demande l’argent, car « on a de droit de demander ». Moi je dis que j’ai le droit de refuser mais je vous souhaite la bonne journée papa, et là 1 sourire immense et 1 merci plein de bonheur…

1 militaire MONUC qui ne parle pas un mot de français,

15 mecs en uniforme et yeux bleus comme la mer qui sifflent en me voyant passer avec ma valise, 1 pneu qui brûle,

***source radio Okapi. Pas

source radiookapi

Pas le bon pneu mais le bon pays. (Source Radio Okapi)

le bon pneu mais le bon pays.

1 bar « Ma mère avait raison »,

1 « Eglise du Christ l’évangélisation pour les Domineurs »,

3 casques bleus uruguayens qui me déshabillent du regard,

1 collégienne en uniforme qui pleure au bord de la route,

3 fillettes allant à l’école qui font « hi han » quand la voiture passe et 1 majeur dressé qui sort de la fenêtre en une réponse fatiguée, et

1 vigile du voisin ministre qui fait le salut militaire avec un « bonjour » de stentor quand on arrive.

 

Dimanche 3 Mai 2009 _ Route Kinshasa – Matadi

***route Matadi La route en question,

route matadi

La route en question, une fois sorti de Kinshasa bien sur. © Alain Huart ( Source )

 

© Alain Huart   source http://www.ecocongo.cd/fr/album/bas-congo-0

 

1 chaleur à pierre fendre,

100 trous dans le bitume,

*** trous route – source

trous route

En fait, la route plus souvent à ça. Source

http://vigilancerdc.afrikblog.com/archives/2009/04/16/13401345.html

1 Obama.com,

2 enfants qui nous jettent de la terre,

1 place vendôm.com,

des policiers avec des gilets orange fluo en goguette,

des hommes et des Primus,

*****pri

primus

Primus versus Skoll: les deux « bières nationales ».

mus

des « mundele donne-moi l’argent »,

des bouteilles de sirop anti-hémorroïdes marron et « moderne » car rapporté de chez les Blancs,

des « le Blanc donne-moi l’argent »

des barrages qui s’ouvrent aux étoiles de l’Europe,

3 Blancs motards rouges comme écrevisses et barbus comme des hells angels en panne le long de la route,

*** bas congo 5 Ça fait un

bas congo 5

Ça fait un peu chelou n’est-il pas?? … 😉

peu chelou n’est-il pas….

1 camionnette sur laquelle sont juchés 8 militaires mais seulement 3 kalachnikovs et autant de paires de lunettes de soleil,

1 volant qui tourne comme un parkisonien sous les mains de son chauffeur à la moindre montée,

1 souris qui traverse, et

2 oiseaux rouges comme le sang et noirs comme le désespoir.

*** eupplecte *** ce sont des oiseaux comm

eupplecte

Ce sont des oiseaux comme ça dont je parle (des eupplectes ignicolores/franciscains): ça déchire non?!!

 

e ça dont je parle (des eupplectes ignicolores) : ça déchire non?!!

Ubu à l’aéroport

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , on 17 novembre 2014 by violemmenthumaine

 

Mon Inconnu/e,

Peu après que l’on se soit agité et qu’on ait chié fait passer en accéléré un Patriot Act à la sauce camembert  sans que presque personne  (quand même ! ) ne lève un seul sourcil et où si peu d’élus n’aient tenté (et réussi, merci à tous les sus-mis-en-lien) d’amender le truc (sauf les Verts), le tout sans en parler ou presque, on pourrait croire que les frontières du monde entier sont du gruyère, que la Mondialisation avec un grand M a définitivement tout conquis, et que puisque tant de monde en pâtit voit l’impact plus ou moins directement dans sa vie, passer d’un pays à un autre, s’y installer si tant est que l’on passe par les voies légales et que l’on ne soit pas pauvre, communiquer et acheter des produits d’un pays à un autre serait du nanan.

**** gif dalai lama mort de

dalai lama mort de rire devant question con

rire devant question con****

Bon, sérieusement : reprenons les affirmations juste pour voir.

1) Voyager d’un pays à l’autre c’est facile.

1bis) S’installer à l’étranger, ce n’est un problème que lorsqu’on est pauvre/gros hippie/illégal.

Avant de contre-illustrer ces affirmations, je reprécise que tous mes exemples, réels, ne concernent (à une exception près) que des personnes de classe aisée (entre 2000 et 25000 euros par mois pour la famille), dont les séjours multiples en des points éloignés de la planète sont toujours liés à leur parcours professionnel et familial.

Attachez vos ceintures, on plonge encore une fois en Absurdie. Kafka n’a qu’à bien se tenir.

On disait donc : Voyager d’un pays à l’autre c’est facile. S’installer à l’étranger, ce n’est un problème que lorsqu’on est pauvre/gros hippie/illégal.

mmmm

mm

1) C’est moins facile quand tu es Noir.

mmmm

• Je ne suis jamais allée aux Etats Unis de ma vie, mais j’ai remarqué qu’aucune de mes connaissances à la peau blanche ne semble avoir eu de souci à l’aéroport en arrivant. Par contre, N., l’honorable doyen d’une des meilleures universités de son pays d’Afrique de l’est, qui passa la majeure partie de sa vie professionnelle à travailler dans les plus hautes sphères internationales, préfère ne plus se rendre aux USA depuis 2003. Tant pis s’il voit son fils aîné, qui vit depuis 25 ans là-bas et qui a la nationalité américaine, beaucoup plus rarement. Il a bien continué ses voyages pluriannuels pendant quelques années après le 11 septembre, mais a laissé tomber le gant après deux ans où il n’a jamais passé moins de 2h30 devant les agents de la Migration. Jamais. Moins. De. 2h 30.

• A., brillant sénégalais dont les travaux touchant aux droits fonciers font autorité depuis suffisamment longtemps pour qu’il soit employé en tant qu’expert par les Nations Unies, différentes universités européennes, etc. etc. , a réussi à convaincre sa femme, brillante femme d’affaires mère d’étudiants aux parcours sans faute, de ne pas s’installer en France, ce qu’elle souhaitait pourtant ardemment depuis plusieurs années. Comment s’y est-il pris ? Il lui a suffi de lui raconter son dernier passage en douane à Roissy. La dernière fois qu’il était invité en tant qu’expert mandaté de l’Union Européenne à un colloque international sur les conflits fonciers à Paris…. Il a passé 2 jours (2 jours !!!) retenu à Roissy par les autorités migratoires. Qui ne croyaient pas que cet immense homme à la peau nuit sans Lune puissent avoir un passeport diplomatique. Qui lui ont parlé en « petit nègre » pendant 48 heures, et qui se sont miraculeusement évaporés dans la nature quand des envoyés ministériels sont venus s’enquérir de leur protégé, inquiets de l’avoir vu manquer le cocktail de bienvenue du colloque.

• C. chercheur économiste congolais, a quant à lui connu une expérience sans doute unique : celle de manquer se faire emprisonner dans les geôles de l’aéroport d’un pays sud-américain pour « être venu d’un pays qui n’existe pas ». Invité d’honneur du gouvernement pour un séminaire de recherche macro-économique, il n’a du sa liberté qu’à l’arrivée pétaradante et courroucée du cortège ministériel en costume militaire. On était pourtant en 2010, soit 13 ans après la transformation du « Zaïre » en « République Démocratique du Congo », mais le logiciel des agents de la Migration n’était pas au courant….

*****

***

2) Un passeport neuf valable au moins 6 mois après la date de ton retour prévu tu auras sinon dans la panade tu seras.

mmm

Ceci est un truc SUPER IMPORTANT.

immigration aéroport

La file d’attente que tu ne pourras pas quitter si tu n’as pas les fameux 6 mois post retour de validité.

La preuve: c’est toujours communiqué par un astérisque renvoyant à la phrase en typo taille 6 en bas de page sur les sites des agences de voyage et des compagnies d’aviation…

Tant qu’on vaque au sein de l’espace Schengen et que l’on est ressortissant, on s’en fout, et c’est parfois le cas pour les voyages entre des pays appartenant à l’une des multiples communautés économiques du monde (pas moins de 6 en Afrique !).

Mais dans tous les autres cas, c’est vrai. Si jamais tu l’oublies, tu auras bien ton billet, parfois même ton visa (mais comment se fait-ce, hein ?. Seul Administrevil le sait), mais tu te feras gentiment chartériser à l’arrivée, au départ ou même en cours de route (c’est la surpriiiiiiiiiiiiiise).

* C’est ce qui arriva à J.
J. est de nationalité française et burundaise. Il a 19 ans et fait un BTS. Cela fait deux ans, depuis l’année de son bac, qu’il n’a pas vu ses parents, qui vivent actuellement au Kenya. Les dernières vacances avant l’examen final de son BTS, son père lui paye un billet pour une semaine de vacances avec eux. J. et sa famille sont super excités, ils ont prévu un max de trucs, teufs, sorties, safaris, des cadeaux comme s’il en pleuvait. J. s’envole et atterrit à Amsterdam à plus de minuit pour prendre son vol intercontinental. Seulement il ne prendra pas son avion. Son passeport n’était valide…. Que jusqu’à 4 mois après la date de son vol retour Nairobi/Paris. Ce jeune homme de 19 ans a du passer sa nuit dans l’aéroport et reprendre un avion pour son chez-lui –non payé ni même proposé par la compagnie d’aviation ni le service de la Migration bien sur-. Evidemment, dans ces cas là, aucun remboursement ne peut être attendu pour le billet d’avion…. J. a du attendre encore longtemps avant de revoir sa famille.

• C. était bien couillonne : elle se disait que puisque sa fille M., de nationalité burundaise et anglaise, rentrait dans sa patrie de naissance, peu importait que son passeport burundais soit périmé depuis 2 mois. Peu importait qu’il leur ait été impossible de l’avoir renouvelé puisqu’ils résidaient depuis 2 ans à Bangui, capitale de la Centrafrique…. Pays où le Burundi n’a pas d’ambassade, et où par conséquent il est impossible de renouveler ses papiers d’identité burundais. M, qui retournait voir sa famille pour les vacances d’été, avait 12 ans. Vol accompagné et tout. Elle fut néanmoins retenue pendant des heures. Jusqu’à ce que l’une des personnes qui l’attendait ait enfin l’idée de lui faire sortir son passeport français, valide, lui. Ce n’est qu’à la provision de cette pièce d’identité, étrangère donc, que M pût sortir de l’aéroport de son propre pays.

mmmmmmm

mmmm

3) Voyager, c’est suspect.

mmm

Déjà, selon les pays et les compagnies d’aviation, même si tu ne viens passer qu’un week-end pour un mariage, on récupérera tes empreintes digitales ou/et ton empreinte rétinienne. A l’entrée. A la sortie.

plplp

 source :
J’ai eu plusieurs passeports dans ma vie. Mon Barbu encore bien plus.

Je ne sais pas ce qu’il en est quand les visas qui s’accumulent sont pour l’Espace Shengen, les USA-le Canada-le Japon -l’Australie-la Nouvelle-Zélande, mais je peux vous dire que le temps passé devant les gentils policiers de la Migration est proportionnel au nombre de pages estampillées de pays du continent noir, et bien sur plus encore si vous êtes passé par la péninsule arabique.

Evidemment, quand vous êtes HP*, vous avez en plus la fâcheuse habitude d’ajouter le politiquement sulfureux à une liste de visas tous plus « exotiques » les uns que les autres, et très rapidement pléthorique (les vols directs Europe-Afrique sont rares en fait [en fait non. Ils reflètent le passé colonialiste, c’est tout : les vols directs Londres/Afrique mènent aux anciennes colonies de la Couronne, idem pour la France, la Belgique etc.], et inexistants ou presque d’un pays africain à l’autre –pays « hubs » mis de côté).

Genre, passer la guérite Migration d’un aéroport international avec un passeport tout décati (Révélation : non, le papier des passeports n’est pas immunisé contre la chaleur, l’humidité, le sable (ni les termites, rats et autres bestioles. Mais ça tu peux le contrer : coffre-fort mon ami. Qui ne pourra néanmoins rien contre l’humidité) avec un visa de la Syrie, ou du Liberia ou du Soudan ou du Mali ou de la Somalie (ou de plusieurs d’entre eux à la fois) implique que tu y passeras nettement, nettement, nettement plus de temps que les autres. Je te raconte même pas si tu es un homme et que tu portes un truc ressemblant même de loin à une barbe (même une moustache ou un bouc ça suffit à te cataloguer comme terroriste potentiel).

mmm

controle passeport

Barbu et il passe comme ça?! La main à couper qu’il n’a pas de visa libyen/somalien/soudanais dans les pages de son passeport, lui 😉

mmm

Soyons clair, il est des aéroports où le voyageur sera examiné encore plus attentivement que dans d’autres, notre palme personnelle revenant à l’aéroport d’Heathrow (celui de Londres quoi), dont les protocoles sécuritaires furent à l’origine du premier traumatisme de notre gnome et où les destinations « douteuses » de nos passeports respectifs nous retinrent plus de trois heures. (oui tu as bien lu).

mmm

mmm

4) C’est moins suspect si tu es riche

mmm

Pour obtenir des visas, souvent (mais pas toujours, loin de là), on vous demande de fournir des bulletins de salaire ou/et des relevés bancaires. Cela peut parfois être très clairement problématique.

Ainsi, mon amie B., coincée à Nairobi pour cause de masochisme gentillesse invétérée, ne pouvait pas obtenir le visa pour son propre pays, le Sénégal. Comme elle ne pouvait prouver sa nationalité sénégalaise car elle avait oublié le passeport idoine à Dakar, elle devait donc obtenir un visa à l’aide de son passeport gabonais. A l’époque, il n’y avait encore aucune ambassade sénégalaise à Nairobi, donc, comme souvent dans ces cas là, c’était l’ambassade de France qui assurait les services consulaires sénégalais.

Et comme toujours dans ce cas de figure, les critères pour l’obtention du visa étaient ceux de l’espace Schengen. Ne me demandez pas comment ni pourquoi (les sites officiels ne témoignent pas de telles exigences), mais l’un des critères discriminants pour l’obtention du visa est de pouvoir prouver que l’on possède un compte en banque possédant au moins 2000 euros.

Je passe sur le fait que la proportion de la population africaine qui possède un compte en banque est loin d’être majoritaire (même si elle est en perpétuelle augmentation), mais…. Sérieusement : 2000 euros ???!!!! C’est rigolo, non : au moins la moitié de mes connaissances en France, moi y compris jusqu’à il y a peu ne pourrait donc pas obtenir le visa Schengen !!! B était donc, évidemment, dans l’impossibilité d’avoir son visa. (Rassurez-vous, elle a fini par partir quand même, et n’a même pas fini en taule en arrivant. Heureusement qu’elle avait un ex qui bossait à la douane de l’aéroport quoi).

Enfin, il ne faut pas oublier que les relations diplomatico-politiques entre le pays de départ et celui d’arrivée peuvent également sérieusement handicaper vos démarches. Par exemple, depuis que le fils de l’Ambassadeur du Pays Fort Fort Lointain a une affaire de viol au cul dans notre douce France, la procédure pour l’obtention du visa a, comme c’est bizarre, totalement changé et est devenue très problématique… Le fameux critère financier est ainsi devenu un pré-requis, alors qu’il n’existait pas du tout avant ; les délais ont été triplés ; etc etc.

pkpkp

Bref : non, voyager ne se fait pas siiiiiiiiiiiiiiiiiii facilement que ça, n’en déplaise à ce que l’on peut entendre.

oioho

Parfois, vouloir bouger de  pays en pays, c'est très exactement ça.

Parfois, vouloir bouger de pays en pays, c’est très exactement ça.

%d blogueurs aiment cette page :