1 entretien vaut rien si 2 cancrelats


Ouais, le titre est ce qu’il est. C’est comme ça et ça ne va pas s’arranger……

J’ai donc eu jeudi dernier un entretien téléphonique d’embauche en anglais avec new york  pour le poste de chef du monde au Congo (pays où j’ai déjà beaucoup traîné et que j’aime beaucoup) dont j’ai toujours rêvé, super intéressant et super bien payé.

Version Winner-dream-is-reality:


J’ai passé la semaine précédant l’entretien sans y penser l’ombre d’une seconde en profitant en long en large en travers et plus encore de mon Barbu.

Une fois passé le concours de professeur des écoles et mon Barbu reparti sauver le monde au fin fond de la brousse, j’ai dormi comme une souche et me suis retrouvée fraîche comme une rose le jour J (ça tombe bien puisque c’était un jeudi. Ah ah).

L’entretien devant commencer à 17h, j’ai profité de ma matinée et de mon début d’après-midi pour me faire une expo tranquillou et suis revenue chez moi dix petites minutes avant que le téléphone ne sonne, juste le temps de me faire un bon thé.

Et là, sereine tel un bonze en méditation mais vive comme un moine de shao lin, dans l’empathie totale avec la RH que j’avais eu bout du fil (normal je suis télépathe), j’ai assuré grave. En fait c’est simple, j’ai tout déchiré et carrément explosé les quotas de perfection, et la RH a raccroché en me disant qu’elle m’envoyait le contrat lundi.

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Bon, en fait, les quelques gentils Inconnus qui m’ont souhaité bonne chance n’ont pas du le souhaiter assez fort, et moi je n’ai pas du réciter le mantra bene gesserit avec assez de concentration (d’habitude ça marche d’enfer), parce que, au lieu de ça, ma journée a plutôt ressemblé à  un truc genre « je me rétame comme une grosse merde tellement le stress paralyse ma langue contracte mes muscles et paralyse mes neurônes. »

Voyez plutôt :

Version Real life:

A partir d’une semaine avant le jour J j’ai été tendue comme un string et n’ai pas réussi à pioncer plus de 4h par nuit, me transformant en avatar de dogue sous amphètes ce qui rendit la fin des vacances de mon Barbu ultra smooth et mes journées ultra coolos. Le concours de professeur des écoles a un peu plus augmenter le taux d’adrénaline dans mes veines et comme mon  Barbu est reparti s’emmerder dans son container africain la veille de l’entretien, j’ai pas réussi à m’endormir avant 5h du mat.

Aussi fraîche qu’un hareng saur ayant séjourné dans la culotte de Paris Hilton, j’ai  fait semblant de me calmer en matant des épisodes de NCIS en streaming toute la matinée jusqu’environ 15h30.

Alors que, la plupart du temps, mon téléphone est aussi utile qu’un body de sudation pour perdre 20 kg, il a tonitrué 6 fois dans la journée, augmentant ma tension et mes battements cardiaques de manière inconsidérée un peu plus à chaque fois. La dernière, à 16h, qui m’a appelée, a failli se faire lyncher par voie téléphonique interposée….

Là, je me dis cocotte faut que tu te calmes tout ça, alors va sous la douche. A moitié cramée en sortant (parce que l’eau chaude c’est bien connu ça détend, alors comme là le besoin de détente frôlait l’inimaginable, j’ai mis le thermostat à 45°…. Je ne vous le conseille pas plus que ça, sauf si vous kiffez vous retrouver avec de grosses tâches rouges un peu partout sur le corps), j’ai constaté que j’étais toujours un pitbull souffrant de bouffées paranoïdes, alors, pour me calmer et reconcentrer, j’ai voulu me faire un café avec un doigt d’eau de vie…….

Il était – 5 ou -10 avant les fameuses 17h, j’ai donc pris mon téléphone fixe sans fil avec moi dans la cuisine.

Comme je suis un maître zazen et que je suis vraiment une femme Barbara Gould, j’ai réussi l’exploit de faire tomber la tasse de café ainsi que le bocal de prunes à l’eau-de vie par terre, en même temps que le téléphone, et me suis retrouvée couverte de café brulant et d’eau-de vie.

Le compartiment des piles du téléphone est, bien sur, ouvert,  et les piles sorties.

Les doigts poisseux (d’eau-de-vie, ‘tain, faut suivre un peu), je réinsère les piles et là, HOP, le phone sonne. C’est New York œuf corse. Et pendant que je salue la dame avec jovialité, j’entends mon téléphone sonner, indiquant ainsi d’e son bip mutin  que les batteries ne sont pas chargées et qu’il s’avèrera aussi utile qu’un urne électorale en Corée du Nord d’ici quelques minutes.

En mode self control à donf, j’explique donc à la dame qu’il faudrait me rappeler d’ici 5 mn parce que j’ai un problème de batteries. No problem dit-elle.

Je raccroche le téléphone, et là, proche de l’hystérie la plus totale, je… bin je change les piles sur le second poste de ma ligne. ……

Alors, vous qui êtes übber technophiles et tout et tout, vous le savez déjà.

Moi pas.

Jusque là.

Donc : les téléphones sans fil à piles rechargeables, hé bien, même si celles-ci sont chargées à 100% comme, hé bien, si vous les sortez du téléphone, pfffffffffffffffffff, l’électricité elle part dans les limbes je sais pas où ni comment et y’a plus rien ni dans le téléphone ni dans les piles, et si vous les remettez, les piles hein, dans le dit téléphone, vous constaterez que la batterie est complètement déchargée et que votre téléphone n’a plus aucune autonomie.

…..

Le temps que je comprenne  que je suis désormais sans aucun téléphone fixe en état de marche, mon cœur galope largement au-dessus de ce qui est recommandé pour éviter l’infarctus, je me jette sur mon portable et envoie fébrilement le numéro par mail à la RH. Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing.

Je m’excuse platement en bonne serpillère et lui explique la chose, et comme, bien sûr, le mail que je lui ai envoyé n’est toujours pas arrivé dans sa boîte e mail, je lui dicte mon numéro via le fixe qui bip bip à tout va….

Bon, bien sûr….. Les aléas de la communication internationale sont monnaie courante pour les ONGs, et la RH ne semble pas me tenir grief de cet épisode désopilant.

Moi par contre…..

J’ai donc mené mon entretien d’embauche couverte de café, les mains ensuquées d’eau-de vie, et dans un état de gremlin nourri passé minuit……


L’entretien en lui même ?

Disons que les chances que je passe à l’étape suivante (si j’ai bien tout compris à ce que la RH m’a racontée il y a encore 3 étapes avant la signature effective de contrat) sont aussi élevées que celles que notre ersatz national reçoive le Nobel de la Paix….

¼ d’h montre en main, et comme je m’attendais à au moins une heure (expérience à l’appui), j’ai survolé la réponse à la première question  (why are you interested in this post ?) alors que, rétrospectivement, j’aurais du balancer tous mes immenses et incroyables qualités en détail évocateurs tout en faisant la roue….

Un peu comme si un comédien se disait en entrant sur scène à une audition « pas grave si je joue comme  ruaridoll chante les 20 premières secondes puisque j’ai 3 mn pour les scotcher à leurs sièges ».

Pour le reste bin….. Disons que la modestie de mes réponses aux questions factuelles me fait un peu frémir, mais je me dis qu’en même temps tout ce qui a été dit (le montant des budgets que j’avais coordonné, le nombre de personnes que j’ai « managé », les bailleurs avec qui j’ai travaillé, mes prétentions salariales) était déjà sur le CV que je leur ai envoyé et qui a conduit à ce qu’ils me contactent, mais bon…..

Hisoire d’être encore un peu plus cruche, mes palpitations et mon stress de dimension tsunamiesque ont fait que j’ai mis un putain de temps pour répondre histoire de ne pas me planter entre hundred et thousand (ouais, je sais, mais même si je suis quasiment bilingue j’ai toujours une hésitation entre les deux, et là, dans l’état où j’étais…), et , cerise sur la gâteau, lorsqu’elle m’a demandé à la dernière question quelle était mon expérience en grants, j’ai fait un putain de contresens et ai répondu en parlant des financements que j’avais réussi à obtenir (au lieu de ceux que j’avais octroyés aux assoces locales).

Vu l’état second où je me trouvais, je sais pas trop si c’est moi qui projette ou si c’est réel, mais j’ai eu l’impression qu’elle me raccrochait limite au nez.

Bref, j’ai vraiment ruaridollé à fond….

………………………

Depuis j’ai un mal de tête de folie qui ne disparaît pas, et je me dis que putain de schtroumpf, je suis vraiment la reine des truffes.

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4 Réponses to “1 entretien vaut rien si 2 cancrelats”

  1. Urgh !
    Effectivement c’est pas de chance !
    M’enfin bon, tu ne peux pas connaître vraiment la manière dont elle à perçu cet entretien.

    Bien que cela soit pas vraiment comparable, je peux te dire que j’ai eu 7/20 (ce qui certes n’est pas mirobolant non plus) à un oral de français où j’ai sorti par erreur « Certaines civilisations s’adonnent à l’anthropologie » dans mon analyse, et où ma dissert, après beaucoup d’aide de la part du jury, était constitué d’UNE phrase (et pas du Proust hein !). Donc on ne sais jamais vraiment à l’avance.

    PS: Je suis ‘content’ de voir que quelqu’un d’autre confond et/ou hésite entre thousand et hundred à chaque fois.

    • Certes….. Je ne suis toujours pas mise « on left » sur le site donc il y a encore un vague espoir…..

      Rien à voir avec le binz, mais j’aime bien lire ton enthousiasme matheux (tout enthousiasme intellectuel me fait un peu recroire en l’Humain), et pourtant les maths et moi on est pas vraiment poteaux 😉

  2. ça ferai une jolie scène de comédie au cinéma !

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