Agence d’Interim mon Amour


Bon.

Il est temps que je reprenne un peu mon écheveau d’essais infructueux.

Dont acte.

 

 

Un beau jour, genre à peu près 6 mois après l’obtention de mon DEA, après avoir compris

1°) que le taf même pas de rêve en relation avec mes compétences et mon parcours, je ne le décrocherais jamais pas d’ici … euh…. d’ici…… bon, pas tout de suite quoi,

et que

2°)  les boulots non qualifiés genre femme de ménage ou caissière, entre mon diplôme à la con et le fait que je sois dans les faits une mère célibataire 80% de mon temps, bin c’était mort….

 

 

J’ai réfléchi, et me suis dit : mais ça fait quand même presque 10 ans que je bosse, moi ! J’ai déjà été :

– serveuse

– secrétaire

– télévendeuse

– vendeuse

– animatrice pour enfants

– conteuse

– bibliothécaire vacataire

– professeur de soutien scolaire

Ah, et puis je parle anglais, aussi !

 

 

Alors bon, in petto et parce qu’à l’époque je croyais encore aux miracles, j’ai fait un beau CV avec tous mes petits boulots, je l’ai imprimé en 3 exemplaires, et je suis allée dans des agences d’intérim.

 

Dans les deux où j’ai perdu mon temps, il s’est passé exactement la même chose, y compris dans celle appartenant à ce glorieux réseau qui se targue, slogans régulièrement omniprésents dans les transports en commun à l’appui, de « recruter des humains », et de « laisser leur chances aux compétences »……

 

Mais quoi mais quoi mais quoi, te demandes-tu peut-être, ô Inconnu/e ?

 

La première fois, le type en costard Hugo Boss ne s’est même pas fatigué à être correct, puisque, après avoir jeté un œil à mon CV, il l’a roulé en boule et jeté à la poubelle avant de me dire (non je ne lui ai pas filé une mandale dans les roustons ni cracher à la gueule. Oui je suis admirable), sans même lever les yeux de son bureau…..

Me dire la même chose que la seconde personne, dans la seconde agence, qui, elle, m’a rendu mon CV en me regardant dans les yeux et en exprimant un semblant de commisération (comme quoi si, c’est possible de se comporter avec le minimum de respect nécessaire au chômeur pour qu’il n’ait pas envie, au choix, de se faire péter le carafon // de faire brûler à la lampe à souder les orteils du connard en face de lui // de se plonger dans un alcoolisme de bon aloi.)


Me dire, m’apprendre, m’expliquer, me faire comprendre, que, pour eux et pour « tout recruteur », je cite,

 

  • je n’ai jamais travaillé
  • Je n’ai aucune expérience
  • Et comme je n’ai aucun diplôme en relation avec ces absences d’expériences
  • Mon CV est vide.

 

La seconde fois, devant mon air un tantinet abasourdi et l’éclat colérique qui commençait à briller au fond de mes pupilles de sorcière, la dame s’est fendue d’une explication de ces assertions, pour le moins étranges quand je pense aux heures mirifiques passées à accomplir ces multiples tâches ayant toutes en commun le fait d’être ésotériquement rémunérées ….

 

 

Bin oui, voyez-vous, le fait qu’à partir de mes 16 ans j’ai bossé, que je n’ai pas passé une seule année de mes si utiles études sans travailler à côté, tout cela ne compte absolument pas : je n’ai jamais travaillé à temps complet plus de 3 mois d’affilé dans le même secteur professionnel.

??????!!!!!!

Euh, alors un an et demi à 25h, 6 mois à mi-temps, 2 ans 6h par semaine, bref, TOUTES mes expériences ?????? Aaaaaaaaaaaaaaaah, aucune ne compte ?….

 

Bon, d’accord, ok, si vous me dîtes que je n’ai jamais travaillé ça doit être vrai….

 

Bon Dieu j’aimerais connaître le nom de la came que je ne sais pas qui m’a versé dans mon thé voici des années, parce que vraiment les hallucinations étaient plus que crédibles hein, moi j’aurais dit que j’avais bossé, et pas qu’un peu. Le pire, Docteur, c’est que même maintenant je ne parviens pas à sortir de mon délire, je persiste à penser que si, j’ai travaillé…..

 

Depuis, maintenant que j’ai passé des heures sur les multiples blogs et sites à la mord-moi-le-zob pour t’apprendre à faire ton CV/faire mouiller les RH/ devenir hypra in/séduire le boss, je me dis que j’aurais du expliquer d’un ton « ferme et assuré en souriant avec des dents blanches » (sic) que « la multiplicité de mes tâches témoigne de ma capacité d’adaptabilité et de polyvalence » (note pour plus tard: ne jamais hésiter à parler en novlangue, parler français et aligner plus d’une idée dans une phrase c’est has been)

 

…………………………..

 

Oui, les années ont passé depuis. Comme malgré  mon air pitbull je suis une bonne fille en fait, je n’ai pas décoré au plastic le siège social d’Adia quand j’ai vu leur campagne où ils affirmaient qu’ils voulaient « laisser leurs chances aux compétences », j’ai juste explosé de rire et eu furieusement envie de reprendre la clope là d’un coup, c’est tout.

 

J’ai néanmoins remis les pieds dans une agence d’Interim l’an dernier, quand j’ai voulu déterminer la pertinence de me payer grâce à la thune obtenue en faisant le trottoir par l’opération du Saint Esprit une formation accélérée pour obtenir un BTS de secrétaire/assistante de direction, type de poste dont les avantages (secteur embauchant en permanence, horaires de bureaux donc parfaitement compatibles avec le fait d’être seule avec mon gnome 8 mois sur 12 )  me semblaient rayonner tel le phénix à l’aune du 21ème millénaire (Hein, quoi ? Comment ça cela ne veut rien dire ? Zêtes sûr ?) …..

 

Bin oui : ceux parmi mes connaissances occupant des postes de cadre m’ayant affirmé que jamais aucun/e RH ne m’engagerait en contrat fixe pour ce type de poste par certitude « de me voir démissionner » quand j’aurais trouvé un poste « à la hauteur de ma formation et de mes compétences, tu comprends engager des surdiplômés à des postes de secrétariat n’a que des désavantages pour une entreprise » (sic), je m’étais dit bin c’est pas grave je ferais de l’interim, en plus j’aurais l’impression d’être liiiiiiiiiiiiiiiiiiibre et de flyer comme un oiseau sur les courants d’air chauuuuuuuuuuuuuuuud….

 

Bin non, non plus : « jamais on n’engagera quelqu’un d’aussi âgé (??!!) avec aussi peu d’expérience Madame, c’est de l’ordre de l’évidence ». (et mon pied dans ta gueule c’est de l’ordre du quoi ducon ?)

 

Résumons  donc :

malgré le fait que je me suis toujours offert mes vacances et autres futilités à la sueur de mon front

-à l’époque boutonneux-,

malgré le fait que j’ai connu les joies diverses et variées de plus de 10 postes variés,

je n’ai jamais travaillé et n’ai aucune expérience.

Par ailleurs,

s’il me venait l’idée saugrenue de me faire obtenir un diplôme de secrétariat/gestion/assistanat,

je serais à la fois trop vieille et inexpérimentée

mais trop diplômée

pour espérer pouvoir faire autre chose avec ce nouveau diplôme que me torcher le cul avec.

 

La prochaine fois, je vous parlerai des fantastiques compétences des employés de l’ANPE (et oui, à l’époque ce n’était pas encore remixé/prédigéré/postes éliminés avec les assedics pour former le si mal nommé Pôle emploi) et des Missions d’aide à l’emploi…

Sur ce, je m’en vais continuer  les travaux de décapage/enduit/peinture des fenêtres de ma grand-mère.

 

 

 

 

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8 Réponses to “Agence d’Interim mon Amour”

  1. Arcamenel Says:

    Ah les boîtes d’intérim… Je me suis pointée, toute naïve, à Vedior Bis avec mon bac + 5, voulant trouver du boulot en centres d’appels (cherchez l’erreur). La « conseillère » m’a fait comprendre-en tout cas c’est l’impression que j’ai eu- que mes études n’ont servi à rien, limite pourquoi je suis allée à la fac, je ne trouverais pas de travail de toute façon. Adia par contre m’a permis de faire une formation, et j’ai pu travailler avec eux quelques mois en tant que téléconne euh pardon, téléconseillère. Le boulot m’a nourri. Mais j’ai eu l’opportunité de faire ce que j’aimais, donc je l’ai quitté avec plaisir. C’est quand même triste de se dire qu’il faut bosser dans tout autre chose, juste pour payer les factures…

    • Yep!
      C’est triste, oui.
      Dans mon cas je trouve que c’est encore plus triste de ne rien trouver du tout, même dans tout autre chose….
      Anyway, super contente pour toi que tu aies fini par faire ce que tu aimes, ça me rassérène un peu 🙂

  2. Bonsoir,
    C’est avec un léger sourire que j’ai lu votre billet, sans nuance. Bac plus 5 , trois mouflets, la galère du boulot en sortie d’étude (puisque zone géographique peu propice à l’emploi. Un passage par la création d’entreprise (lamentable expérience chronophage mais dont je suis sortie sans casse -ou pas trop-) pour trouver un job -qui m’éclate c’est vrai- difficile, avec pas d’heures et du taf pour hier plein les tiroires avec des semaines de fous , mais payé royalement au minimum syndical.
    Je me fais pourrir régulièrement pour le tarif, mais ..bonant malant, je me dis que cela pourait être pire.

    • Et, là: c »est le drame. Ma parano prend direct le dessus: hein, quoi, mon billet, « sans nuance », meuh, hè, ….. Hein?
      Ou alors, bin oui hein, je ne suis pas seule dans ce cas. C’est même en partie pour cela que je dégoise sur la question on ligne 😉

      Bienvenue!

  3. Et si à cette connasse de Précarité, on lui refaisait sa tête au carré?

  4. On l’invente… ça doit pas être bien compliqué de pondre une notice genre « Manuel à l’usage des rebuts du revenu à 5 chiffres (pour rallier le plus grand nombre de partisans à notre cause!) qui souhaitent commettre des exactions pas jolies-jolies sur cette catin de Précarité…!
    En substance ce serait:  » Fais toi plaisir avec cette vieille truie…avec pour seule consigne, faut qu’elle souffre à mort »

    Comment ça je fais flipper? 😉

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