Bénévolat’s aléas


 

Je suis tout sauf Calimero mood aujourd’hui.

Non, c’est vrai à la fin : j’ai regardé TF1 hier soir

Non je ne vais pas faire un article là-dessus. Il suffit de s’offrir une séance d’écriture automatique vite fait : ficelles de comm’, vérité méprisante comme le « quand on ne travaille pas on est pas digne » (ou « on n’a pas de dignité », j’ai pas appris le truc par cœur non plus), mensonges à la pelle passant comme une lettre à la poste puisqu’il n’y avait  pas « débat » mais « question/réponse », hors jeu et pas d’arbitre.

C’est vrai quoi, parmi tous les commentaires y compris ceux des analystes politiques professionnels hein, personne ne semble avoir remarqué que Notre Président ne répondait presque à aucune des questions. Il parlait sur le sujet autour duquel tourne la question bien sûr, mais ne répondait à la question en tant que telle. Le top c’est quand le soudeur, après l’envolée de  n.s. sur la « solution-apprentissage/stage », dit que les entreprises prennent des apprentis à la pelle mais qu’à la fin de leur contrat d’apprentissage/stage bin ils les lourdent. Qu’est-ce que  n.s répond ? Qu’il va imposer un pourcentage obligatoire d’apprentis aux entreprises….. Cherchez l’erreur….. Le tout, bien sûr, en comparant le système scolaire  au système U.S, sans préciser que le fait de sous-payer voire de ne pas payer du tout les stagiaires ou/et apprentis est une spécificité latine et que dans le monde anglo-saxon on paie les stagiaires et apprentis comme le seraient des salariés normaux au même poste !)


Et j’ai passé la journée d’hier à subir les derniers soubresauts de mon golem personnel, dont le plus funky a été quand un vieux pote « de terrain » (EAW novlangue) m’a envoyé un message FB pour me féliciter d’avoir chopé le poste. Poste n’existant potentiellement que dans le quantum XB27, 257è au fond à droite après avoir gravi l’Everest à cloche-pied,  mais supposé être mien par le dit pote après avoir lu un article dans un « blog humanitaire » français pas mal suivi, article reprenant dans son 1/3 mon golem.

Alors voyez, entre les ondes néfastes de la Ténivellision et les urticaires turgescents provoqués par la vie émancipée de mon article à la con, j’ai les nerfs genre mine-antipersonnelle-au-pied-d’un-baobab-à-la-maturation-des-fruits (et c’est lourd, un fruit de baobab. Très lourd).

Et comme, Moby Dyck jump en dansant la carioca à l’horizon, faut que j’éxutoirise à fond les ballons sinon les moustaches du coin vont roussir.

 

 

So ?

 

L’une d’entre vous Inconnues a récemment laissé en commentaire un lien menant à un article qui explique que les candidats bénévoles n’ont pas plus de chances que les autres, à compétence égale, de décrocher un entretien d’embauche. [en France] Remarquons tout de même que l’étude aboutissant à cette conclusion ne s’est penchée que sur les secteurs de l’informatique, de la banque et de la gestion.

 

Voilààààààààààààààààà. Je vais parler du tchatcha burlesque et et ubuesque que j’ai mené avec le bénévolat.

 

La conclusion selon laquelle le bénévolat n’influe pas sur l’embauche est fausse en ce qui mon concerne mon projet professionnel de départ. C’était, je le rappelle et barbu oblige tout ça tout ça, l’action humanitaire expatriée.  ’Videmment, hein, cela n’a jamais marché ni ne marche, et je narrerai avec délectation et masochisme les différents sketchs hilarants de mes échecs successifs.

Mais, normalement à ce stade vous devriez déjà savoir ou avoir deviné que je marine dans ce monde, la galaxie alien des Humanitaires Professionnels de manière assez intensive depuis des années.

Entres autres conséquences notables, la haute fréquentation d’H.P. (désormais, je ne désignerai plus le travailleur humanitaire expatrié que par le sigle H.P, parce que 1. entres autres caractéristiques l’humanitaire n’est une activité professionnelle, c’est-à-dire rémunérée, qu’à l’expatriation, 2.c’est drôlement fun et cynique –caractéristique souvent appréciée du H.P-) sur le terrain autour d’une bière locale ou entre deux missions autour d’une 1664 m’a fait comprendre 1 des trucs qui me manquaient et me manquent toujours pour obtenir des postes, car le diplôme W.x.DB.247a nécessaire pour les postes en question n’est pas, et heureusement, un impondérable. Il suffit d’avoir travaillé bénévolement de façon intensive pour une ONG dans un programme de type humanitaire chez soi pour que la dite ONG  etc. etc. etc.

Dans ce secteur spécifique, le bénévolat est parfois considéré comme gage de compétences acquises d’une part, ainsi qu’une assurance de motivation et de l’absence de prétentions salariales.

Ainsi, parmi les anthropologues que j’ai rencontrés au milieu des tirs de roquette et qui travaillaient pour des ONGs internationales (ça existe moins que l’on en parle mais ce n’est pas une arlésienne), une grosse majorité avait travaillé auparavant, souvent pendant leurs études, comme bénévole pour, toujours aussi généralement, des programmes de « maraude sociale » ou de distribution alimentaire.

La « maraude sociale », de manière générale et quelle que soit la « population bénéficiaire ciblée », se fait généralement le soir et la nuit, ce qui est juste irréalisable quand on a un gnome.

Ça, c’est dit.

Qu’à cela ne tienne, Wonder V ne se laisserait pas abattre et parviendrait à faire du bénévolat régulier dans un autre secteur.

D’ailleurs, le bénévolat, c’est ultra chic chouette choupidoudou et ça renforce la citoyenneté, et nombre « d’associations reconnues d’utilité publique » ont monté des plates-forme pour guider les heureux élus, les agneaux de la déesse Républica, qui souhaitent s’investir dans le bénévolat.

Par exemple, France Bénévolat n’a pour seul domaine d’activité, reconnue d’utilité publique, que la promotion du bénévolat : « orienter vers le bénévolat, informer sur le bénévolat, valoriser le bénévolat et en favoriser la promotion »….

Toujours d’après eux d’ailleurs, le bénévolat pour une action social au sein d’une association a regroupé 11 300 000 français cette année (en 2010 donc). Dont 2 millions ont pratiqué l’activité bénévole en question au moins un jour entier par semaine tout au long de l’année.

 

Vous réalisez ?

 

Je passerai sur les significations économiques et politiques, sur le rôle et la fonction de l’état de ces chiffres.

 

Je me contenterai de dire qu’en dehors de certaines actions ponctuelles de bénévolat associatif (ou bien, il y a déjà longtemps, d’engagement actif au sein de projets « on est des gentils alors on monte une assoce pour faire un truc cool et charitatif »), non seulement aucune de mes nombreuses candidatures n’a jamais abouti, mais la seule qui m’ait donné le privilège soukousse-ton-body-dans-la-brousse d’avoir un entretien d’embauche a mené à un échec, truculent mixe entre Mister Bean et Brazil.

Il s’agissait d’un poste à mi-temps de recherche et analyse sur la situation des Droits de l’Homme dans l’Afrique sub-saharienne.

Alors, vu que je bosse sur l’Afrique noire depuis 10 ans, que je me suis penchée très attentivement sur les contextes politiques de 6 des pays les plus influents géopolitiquement de l’Afrique subsaharienne dont l’un en tant que salariée, que mes nombreux séjours en Afrique me font bénéficier d’un réseau mobilisable pour des informations directes, et que mes pratiques de recherches universitaires m’ont donnée une certaine expérience des veilles documentaires on line, j’avais l’outrecuidance de croire que logiquement, j’avais des chances de pouvoir approfondir mon expérience….

Hé, bin, non.

La dame qui menait l’entretien, une bénévole bien sûr, a eu un peu de gêne aux entournures alors elle est partie chercher un responsable de l’action internationale, un salarié lui par contre, pour tout m’expliquer pourquoi c’était pas possible que je sois prise à ce poste de bénévole .

–          Dame : Ah, oui : Et vous avez un travail Madame?

–          Wonder V : Mais bien sûr tête de pioche que j’ai un boulot de cadre sup/ouvrière/employée puisque je postule pour un poste de 20h par semaine biscotte dans ma dimension rin-ka-moi les journées font 48h et j’adore le tourni des hiatus spatio-temporels. Euh, non, je suis actuellement sans emploi, et

–          Dame :  (avec la face de Yolande Moreau-Deschiens slash Jacques Villeret dîner de cons, hochant sa tête de retraitée-dynamique-et-impliquée-dans-la-vie-citoyenne-de-son-temps d’un air désolé-y-fait-pas-soleil-soleil-aujourd-hui-c’est-tristounet-mais-c’est-la-vie, soufflant des naseaux et baissant le regard vers le bureau) : Rhaaaaaaaaaaaa c’est dommage mais alors ça ne va pas être possible, c’est la nouvelle politique chez nous depuis l’an dernier on prend pas les chômeurs comme bénévoles.

–          Wonder V : WHAT? THE?  FUCK??!! Là je réponds pas. Voyez le smiley à la con : Oo ?? Bin j’ai exactement cette tronche là. D’ailleurs je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit parce que, direct

–          Dame : Ne bougez pas je reviens de suite Madame, le responsable plaidoyer international va vous expliquer ça.

–          Wonder V : Durant la dizaine de minutes durant laquelle j’ai attendu, mes yeux se sont remis à leur place et dimension normale, et j’ai concentré toute mon énergie à ne pas me métamorphoser en pitbull larmoyant. Comme je suis Wonder V j’y suis parvenue, et j’ai donc pu entendre l’explication, comme si je l’avais écrite directement en recopiant le manuel du B.A.BA du management. Cornegidouille à chtouille pourquoi un bookmaker magique n’a point surgi  à ce moment là, je me serais fait un max de blé en pariant sur le contenu de l’explication !! (il y a bien des magasins magiques en héroic fantasy, moi je me dis que côté karma inter dimensionnel le bookmaker magique ça le fait aussi. Et toc.)

–          Dame : bin en fait elle n’a pas réouvert la bouche jusqu’à ce que je parte, elle s’est contenté de jouer le teckel-de –plate-forme-arrière-de-voiture en hochant lentement mais continuellement la tête.

–          Le Manager salarié : Je comprends votre déception Mademoiselle, mais comprenez que l’on ne peut pas se permettre de perdre du temps à former des gens qui nous quitteront dès qu’ils auront trouver un boulot, ce que je comprends totalement et qui est parfaitement légitime. C’est pourquoi nous ne prenons comme bénévole à ce type de poste que des personnes ayant déjà un travail ou bien des retraités.

 

 

Dans le pays du discours du « travailler plus pour gagner plus » où la volonté gouvernementale est « centrée sur la revolarisation du travail », le fait de

 

se voir refuser en tant que bénévole parce que l’on a pas de travail,

 

c’est ultra normal, pas du tout criticable, pas du tout inquiétant voire total bisounours à bouclettes.

 

D’ailleurs, moi je dis que c’est superqualifragilistikespilalidocious, parce que c’est dans ces moments là que l’on peut goûter à la volupté de ressentir la réalité par le système limbique du Lièvre de Mars

 

 

 

 

 

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Une Réponse to “Bénévolat’s aléas”

  1. Chère Viola,
    J’ai pris le temps d’essayer de comprendre, tant soit peu, vos récits. J’en suis vraiment triste et me demande, comme vous, comment se sortir d’un tel marasme !
    Je ne vois plus que le « miracle » pour que vous puissiez enfin tomber sur une personne normalement humaine.

    Moi je continue à croiser les doigts pour vous.

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