Flux tendu dans nos culs


Hein ?

Certes.

Sans la moindre hésitation avec toi Inconnnu/e, je conviens de l’inconvenance extrême de l’en tête de cet article, dépassant le registre cavalier pour sauter à pieds joints dans la vulgarité.

 

Sauf qu’en fait c’est tout le contraire.

??????

 

Suivez mon raisonnement aussi imparable qu’une réponse de président de la République :

Dans le dictionnaire jouxtant mon clavier, le terme « vulgaire » est défini ainsi à son troisième alinéa : « qui manque de distinction, d’élégance ; grossier. »

Grossier, donc. Dans le même dico, « grossier » est défini à son cinquième alinéa comme « qui choque en contrevenant à la bienséance », bienséance elle-même définie comme « conformité avec les usages ».

Bref, pour savoir si l’on est vulgaire ou non, il convient de déterminer ce qui est conforme aux usages ou non. Or ces obscurs et dangereux gauchistes/réacs/sociopathes que sont les parents, la famille, le corps enseignant, les pédagogues divers et le péquin lambda dans la rue en bas de chez toi nous ont, en tous les cas m’ont enfoncée dans le crâne l’idée ridicule et d’un autre âge que répondre quand l’on nous pose une question (voire même, -les parents sont toujours excessifs- simplement quand l’on s’adresse à nous) et tenir ses engagements/faire ce que l’on dit sont une espèce de B.A.BA de la bienséance, voire même la première pierre du respect des uns et des autres et par extension de la vie en société.

Vu que la règle chez les RH semble être quasi systématiquement de contrevenir aux règles de conduite horriblement sectaires précédemment énoncées et que personne ne songe à faire quelque chose pour inverser le mouvement voire tout simplement à évoquer cet état de fait, on peut donc considérer que ce qui est vulgaire ne l’est pas.

Donc :

Prout caca boudin,

bordel à cul de va sucer ta mère,

je pisse à la raie des échoués du système,

je claque la porte au naze de tous et toutes,

(surtout les vioques les chiards et les éclopés,)

je me cure le pif et m’explose le boule à renfort de gratouillis publics

en pétant mon litre de méthane post binouze

sur la vieillasse vissée sur son strapontin.

 

Ça, c’est dit.

 

Maintenant je peux tranquillou revenir à la « règle RH » et ses extensions.

Allongez-vous, fermez les yeux, étendez vos jambes et vos bras en étoile à même le sol, inspirez, expirez, leeeeeeeeeeeeeeeeeeentement………

Imaginez ……

 

Vous cherchez du boulot. Vous envoyez environ 600 candidatures (et il ne s’agit pas de marseillade, au contraire l’estimation est plutôt cheap), au bas mot.

Vous ne recevez que 10 réponses (dont 5 positives ; enfin des réponses vous conviant à un entretien quoi).

10 sur 600.

Moins de 2 réponses sur 100 envois.

Genre au bout d’un moment, quand vous recevez une réponse où l’on vous dit que non on ne veut pas de vous, c’est la méga teuf à Galasouïnda, vous entrez en transe et enchaînez les sauts périlleux les pas de lambada-macarena-soca-danse en remontant les Champs en soufflant dans vos vuvuzelas et tout et tout.

Pour le/a Chômeur/se de Longue Durée la réponse négative à une candidature c’est l’équivalent du 3/0 pour l’équipe de France en 98 voyez, ça mérite sa biture entre potes et sa séance shopping-je-m’fais-du-bien-because-I’m-the-winner-the-new-golden-girl/boy-of-the-year.

 

Comme je suis super bonne pâte, je ne considérerai à l’aune de mon courroux dans cet océan de bouteilles à la mer que les « j’m’fous-de-ta-gueule-et-c’est-comme-ça ».

En effet, reconnaissons-le, il existe dans le monde du silence des « ressources humaines », une portion non négligeable, environ la moitié, de gentils (gentillesse, ou plutôt plus-value face à leurs concurrents, que le Chômeur à Longue Durée ne perçoit qu’au bout de quelques années de largage de candidatures en haute mer).

 

Ceux qui spécifient dans la description d’offre de poste une date limite pour le début du poste.

Mieux encore, ceux qui ont configuré la messagerie RH de manière à ce que tous les postulants reçoivent en retour de leur candidature un mail indiquant en général un truc comme suit : « Compte tenu du volume important de candidatures que nous recevons, nous ne sommes pas en mesure de personnaliser les réponses. En l’absence de réponse de notre part d’ici x temps, veuillez considérer que votre candidature n’a pas été retenue, cela ne remettant évidemment pas en cause vos compétences ni la qualité de vos expériences. »

 

Et puis il y a tout le reste. Tous les postes où aucun délais n’est indiqué, ni pour une réponse ni pour le poste en lui-même.

Le/a Chômeur/se-à-Longue-Durée en phase de pugnacité passera un temps extrêmement constructif et euphorisant à retourner sur le site où elle/il a trouvé l’offre d’emploi pour voir si oui ou non l’offre est toujours présente.

Mais ça, de fait, c’est de la gnognotte.

Pipi de chat (parenthèse linguistique : foutreblitch comment se fait-il que la vulgate populi francophone ait assimilé ce cauchemar olfactif qu’est l’urine féline à un phénomène léger, anodin, sans importance ? Les Francophones souffriraient-ils d’un odorat amoindri par rapport au reste de la population mondiale ? Fin de la parenthèse linguistique) pour amateur débutant, niveau zéro de l’inexistence absolue de la chômeuse/r de Longue Durée.

Il y a bien mieux.

Le truc, c’est que parfois, ont est sélectionné pour la seconde étape, quelle qu’elle soit : entretien téléphonique/en direct/face à face rh/face à face technicien/collectif/test écrit en temps donné/etc./etc.

Tu reçois un mail/un coup de fil où l’on te dit que tu vas avoir droit à l’exercice machin d’ici tant, ou que l’on te recontactera le tant. Voire tu as déjà dépassé cette étape, on te dit que vous n’êtes plus que 2/3/5 sur les rangs et que l’on te recontactera le tant pour le dernier round. Voire…. Que c’est tout bon, qu’il ne manque plus que un financement/un référent/une signature et que tu signes le contrat pour le job le tant.

 

Terrible ce « tant », hein ?! C’est ton pote, tu vas lui masser les pieds lui mitonner des p’tits plats lui faire du vent dans les cheveux et tout et tout.

Et le « tant » arrive.

 

Et RIEN.


Pas d’entretien/d’appel/de contrat/de mail.

 

Que dalle.

Silence radio.

Le Mime Marceau dans un caisson d’isolation sans lumière.

 

Je discutais de l’envie de lancer des pains de plastic du léger agacement que cette attitude générale suscite en moi à une amie responsable de projet à « je sonde tu sondes elle sonde nous sondons vous payez ».

Chez eux, et malgré les bénéfices conséquents on a viré 30% du personnel, on n’engage plus, on prend des stagiaires (bin vi chez nous on les paye en cacahouètes). Or il faut quand même que le boulot soit fait en temps et en heure et bien fait. Et pour qu’il y ait une chance que ça soit fait sans que les cadres n’aient 10 fois plus de taf que leurs 10 h quotidiennes et se plaignent comme les geignasses qu’ils sont, bin ce sont eux qui sont chargés de recruter de choisir leurs stagiaires (question ? Que font donc alors les RH ?).

Ma copine par exemple. Et comme elle me signalait avec la force de l’évidence, c’est pas leur taf pour de vrai hein engager des gens, ils ont un peu grave d’autres choses à foutre et même très très beaucoup (forcément, 30% de collègues en moins ça fait du taf en plus hein, pas besoin de la médaille Field pour capter la chose).

C’est une situation de « flux tendu » et donc, c’est normal qu’on ne prenne pas le temps d’expliquer, de répondre, tout simplement de dire que c’est mort à la foule sans nom des déboutés de la course au boulot.

 

Flux tendu.

Expression propre à la logistique, aka les processus de gestion et d’acheminement des stocks, du matériel.

Bon bon, OK je ne ferai pas ma chipie à poils durs en expliquant que l’utilisation de cette expression conduit à nous considérer, travailleurs, vacataires, retraités, chômeurs, comme du matériel ou du bétail.

Flux tendu.

Ça explique tout, ça légitime tout, ça dédouane la collectivité de malotrus professionnels que sont les responsables RH (aaaaaaaaaaaaaaaaaaaattention. Malotru mais avec, comment dire…. Pas panache cela serait par trop laudatif, mais….. commisération. J’y reviendrai)

 

Il suffit de l’accepter, d’autant plus que l’on a pas le choix.

Sauf que.

Ce phénomène de tu-n’as-aucun-intérêt-pour-moi-donc-je-ne-te-réponds-pas-on-ne-répond-pas-pas-à-ce-qui-n’existe-pas n’est plus, n’est pas réservé aux cabinets RH.

Voyez, il m’est arrivée également que des directeurs de recherches ne se donnent pas la peine de me répondre quand je leur envoyais mon sujet de thèse. Il m’est arrivé que je réponde à un casting « underground » lancé par un collectif artistique de guedin, casting qui assurait une « réponse sans faute à toutes celles et ceux qui enverront leur photo », il m’est arrivé que j’envoie une nouvelle à x magazine. Il m’est arrivé de posé des questions à des associations, à des gros boss divers et variés.

 

Sans recevoir de réponse.

 

Comprenez que je ne demande à quiconque de répondre positivement à la demande que je lui adresse.

Je ne demande même pas qu’ils ou elles prennent la peine de la lire et de la prendre en considération.

Pas compliqué d’avoir un message de réponse automatique déplorant que le temps soit si rempli et que donc etc. etc. etc.

 

Alors…..

 

Bon, planquée derrière mon ordi, pauvre comme Job, sexy comme Medusa et aussi networkée qu’un anachorète du Haut Moyen Age, je peux difficilement jouer d’une quelconque manière sur le problème ni même infliger quelque amende que ce soit à l’un des nombreux malappris.

 

Mais attention !

 

Mesdames, Messieurs, filous confits dans votre auto-satisfaction qui ne daignez répondre aux sollicitations, malandrins qui jouez à savoir lequel des cv vous allez sélectionner en tirant à pile ou face, gardez à l’esprit que

 

Je vous conchie!

 

J’envoie sur vous des vents de vermine, de puces à ressorts, de vers intestinaux,

J’appelle les peaux de bananes et autres savonnettes à joncher votre route,

Je focalise les esprits de la salmonellose et autres turista sur vos sushis et burritos,

J’aspire à ce que les tartes à la crème, étrons canins et autres eau de vaisselle rencontrent votre face et vos pieds.

 

Ouais, Je vous conchie

et vous invite délicatement à vous le mettre,

votre flux tendu,

dans le cul !!

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4 Réponses to “Flux tendu dans nos culs”

  1. Arcamenel Says:

    J’ai postulé pour un poste à la mairie ou j’habite. Un mois plus tard, lettre de leur part indiquant qu’ils étudient mon dossier. Trois mois plus tard, lettre indiquant qu’ils ne me prennent pas. Ils ne sont pas pressés, et moi mes factures n’attendent pas. (Heureusement j’ai trouvé un mi-temps, maintenant je me bats pour que pôle emploi me paie… pff)
    Je suis d’accord avec toi. Même s’il y a beaucoup de candidature, répondre est la moindre des choses. Même une réponse standard. Apparemment, c’est trop dur….

  2. ah ça fait du bien, non, de leur mettre dans le cul ?

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