Défilé de Cétacés et autres billevesées


Inconnue, Inconnu,

Dingue comme le temps passe, c’est incroyablorrifique !

Surtout quand on « transcrit » : c’est clair qu’une fois le truc fini, l’envie de rester scotchée à l’écran du PC est moins forte que l’irrésistible besoin de décoller son postérieur aérodynamique (et franchement douloureux après des heures immobiles dans la même position) du PC, qui à ce moment précis, est juste l’antithèse absolu du concept de loisir.

Evidemment, un tas de trucs ultra essentiels pour le déroulement de ma guerre contre le CDI* sont advenus.

Monitorons donc à fond les ballons l’évolution des lignes de conflits.

ONE : Qu’en est-il de mon couloir humanitaire : le minimum vital semblait être assuré pour les populations civiles grâce à ce miracle incroyable qu’est l’obtention simultanée de deux tafs d’appoint à la fois, (parce qu’en fait, même si personne ne le sait, je suis la chouchoute du grand chakra karmique et pi c’est tout. –oui, je sais, du point de vue théologiquo-anthropologique hindouiste, la phrase précédente ne veut absolument rien dire. Mais vu que nos hommes politiques, et nos journalistes ne se donnent pas la peine de vérifier leurs données ou/et de dire des phrases qui ont un véritable sens, je ne vois pas pourquoi je me donnerais cette peine sur un blog inconnu-)

Contrairement aux apparences, j'ai un karma mirifique. Si si.

Le premier, celui de la transcription, est relativement stable même si. Le second….

Vous vous souvenez peut-être que j’avais trouvé une annonce via Paul pour donner 2 heures de cours à un élève de troisième, et qu’après avoir eu cette chance incroyable d’assister en direct à une collision de dimensions spatio-temporelles lors de mon entretien d’embauche, j’ai obtenu le poste.

Ce que je n’ai pas vraiment développé ici, c’est que, l’espoir faisant vivre, j’ai accepté ce poste alors que je soupçonnais fortement le truc d’être un peu chelou, et que mon soupçon était juste de la clairvoyance la plus élémentaire.

Ca fait deux mois que je bosse, et j’ai reçu à ce jour en échange de mes glorieux services :

rien/

                nada/

                            nothing/

                                        pas même des nèfles, si ce n’est donc un nouveau doigt dans le cul de la Chômeuse à Durée Indéterminée que je suis.

Mais comment donc se fait-ce, mes Inconnus/es préférés/es se demandent-ils/elles assurément in petto ?

Bin…. L’annonce sur le site de Paul, une fois ma candidature validée par Paulette (car je rappelle que personne ne peut postuler directement aux offres mises en ligne sur le site du Pôle Emploi, vu que les coordonnées des employeurs ne sont pas disponibles : non non non, il faut d’abord que Paul estime que oui vous pouvez postuler au dit poste), était le fait de la boîte de cours à domicile nommée :

Cours Déclic.

C’est avec eux que j’ai eu mon entretien d’embauche, et c’est avec eux que j’ai signé une feuille de PQ un contrat.

Le hic, c’est que les parents de mon élève, eux, se sont adressés à la boîte de cours à domicile Qualicours. Ce qui fait que je reçois des coupons « Qualicours » de la part de mon élève et non des coupons « cours déclic ». Quand la jeune RH en goguette m’a expliquée que le local dans lequel se déroulait l’entretien d’embauche ne leur appartenait pas mais était celui de Qualicours « avec qui ils sont partenaires », j’aurais du me méfier plus que ça.

Il a déjà fallu un mois avant que je n’arrive à obtenir mon login et mot de passe pour pouvoir faire enregistrer mes heures chez mes réels employeurs, aka Qualicours, et je n’ai obtenu ce foutu login qu’après 5 mails échangés en 10 jours, et surtout un appel téléphonique où j’ai expliqué posément que si le problème n’était pas réglé dans la journée j’appelais l’Inspection du Travail.

Une fois mon login et mon mot dépasse obtenus, une fois constaté que oui, je peux bien désormais enregistrer mes heures sur le site, je me suis dit que, après tout, ce n’était qu’une erreur et patati patata. Sauf que. Le mois de décalage entre boulot effectué et boulot payé est passé, et… bin toujours rien. Sauf que sur le site de Qualicours, oh là dis donc, il y a ma fiche de salaire pour mon premier mois. Depuis déjà plus de 15 jours, soit largement plus que le temps nécessaire à l’effectivité d’un virement bancaire hein.

Comment dire….. Certes, je pourrais en effet appeler l’Inspection du Travail, porter plainte aux Prudhommes. Il est même probable que si je reprends mon téléphone et ma voix ultra-distingués-mais-bien-aiguisée-comme-il-faut et appelle la gente demoiselle RH de Cours Declic, je finirai par recevoir mon putain de salaire misérable pour la vingtaine d’heures effectuées depuis le début.

Mais….

Comme un espèce de ras-la-casquette.

Une espèce de lassitude absolue de voir que, encore une fois, j’ai juste bossé pour le fun, sans reconnaissance, sans statut, et sans salaire.

Alors je vais juste appeler les parents de mon élève et leur expliquer la situation : vu qu’ils ont déjà payé les cours, eux, je doute de garder mon élève, à moins qu’ils ne soient tellement éblouis par ma prestation qu’ils préfèrent garder leurs coupons pour plus tard (soit 30 €par petit bout de papier hein)  ou même la poubelle et recracher au bassinet pour que leur fils ait l’insigne honneur d’écouter mes conseils éclairés. Et puis après j’appellerai l’Inspection du Travail. Et enfin je laisserai un message à Cours Déclic.

Et si, au final, les méchants reçoivent une petite punition, même symbolique, hé bien je n’en n’aurais rien à foutre d’avoir perdu mes quelques euros gagnés mais pas perçus. Histoire de pouvoir essayer de continuer un peu à croire que si si, la relation cause à effet dans le monde du travail existe un tout petit peu. Que si, si l’on n’est pas compétent, si on triche, si on ne fait pas son travail, si on ne suit pas la loi, si on encule tout le monde, on finit, parfois, par le payer, même si l’on n’est pas tout en bas de l’échelle..

N.B : Œuf corse, si j’ai mis les noms réels et les liens des boîtes de cours à domicile concernées, ce n’est pas pour rien : si ce post lu par 2 pelés trois tondus permet qu’il y ait deux pelés trois tondus en moins parmi la clientèle de ces adorables gens si respectueux du minimum du droit du travail, là aussi, je serais vaguement contente. (Que Google soit avec moi)

TWO : Achab je suis, Achab je resterai : le Moby Dick a filé à l’anglaise.

J’ai même songé à faire un post rien qu’avec ce fantastique non-rebondissement, vu que quelque part enfoui au fond de mon cerveau au 4ème sous-sol gauche, je me dis que c’est de ma faute et que malgré mes affirmations péremptoires sur mon utilisation ultra intelligente d’Internet et ma vigilance à ne laisser filtrer de moi/ma vie/tutti quanti que ce que je veux après mûre réflexion, bin là je me suis peut-être plantée.

Aka, en effet, c’est quand même étrange cette recherche google qui reprend in extenso le premier paragraphe de mon illustre article narrant mon entretien d’embauche et …. mes limites par rapport au poste.

La moindre chose qui se forme au monde est toujours le produit d'une formidable coïncidence, comme dirait l'autre (Pierre Teilhard De Chardin, même que)

Certes, la Vérité est ailleurs et tout et tout, mais il y peut-être un lien de cause à effet entre cet article, donc, et le fait de ne pas avoir été retenue, poil de bru (le plus solide après celui de belle-mère, mais beaucoup plus rare, fracture générationnelle et habitus pileux oblige).

J’ai mis un chouïa de temps à comprendre qu’en effet je n’étais pas retenue : on ne peut pas dire que la réponse RH ait été ultra détaillée ou même tout simplement claire, surtout que le mail d’origine m’était inconnu et ne correspondait pas au radical du nom de domaine de l’association.

A ce propos et en ces temps cannois, il est donc légitime de décerner  la Palme de la réponse RH section épuration-maximum-à-côté-de-laquelle-les-cisterciens-faisaient-dans-l’outrancièrement-surchargé : « Nous vous remercions de votre intérêt pour XX et nous vous souhaitons bonne chance dans vos démarches. »

Point. Final.

 Ok, il faut reconnaître que n’importe quel CDI* tel que mézigue comprend rapidement la fine allusion, le fond sémantique elliptique, de cette illustre et si motivée missive. Mais quand même hein. Soyons clair, si je-ne-sais-pas-qui n’avait pas pris la peine de spécifier le « XX », je serais totalement passée à côté du message. Ne pas dire au débouté qu’on ne l’engage pas, c’est quand même le nec plus ultra : ainsi, le chômeur, cette feignasse qui en fait rien que sucer le sang des bons Français par les tonnes d’allocs qu’il reçoit et qui se paye en plus le luxe de geindre, devra faire un effort intellectuel pour comprendre que sa candidature est refusée, toc, ça lui fera les pieds.

THREE : je crois que, encore une fois, j’ai rompu mon contrat avec Paul. Paulette étant extrêmement fatiguée de me voir, et après avoir passé le second entretien par mail parce que même le téléphone elle n’avait pas le temps (sic), m’a refilée à l’un des multiples sous-traitants de chez Paul. Bon, comme je suis la dernière des flemmardes et que je veux le beurre et l’argent du beurre, j’ai refusé de me coltiner le « coaching de confiance en soi professionnelle » (sic) bihebdomadaire à Antony (soit une heure et demi aller/une heure et demi retour), mais n’ai pu refuser le même ou  presque à ¼ d’heure de chez moi.

Or, le jour du premier rendez-vous, je me noyais sous une transcription. La veille, j’ai appelé l’association, ai laissé un message avec mes coordonnées pour prendre un nouveau rendez-vous. Oh surprise, le message a semble-t-il été perdu, car on ne m’a pas rappelée, mais  par contre ils n’ont pas oublié de on m’envoyer un lettre d’avertissement avant radiation dans les 3 jours qui ont suivi.

Alors, bon, malgré ma grande envie d’être comptée, quelque part, comme chômeuse, là aussi je laisse béton. C’est pas comme si Paul me servait à quoi que ce soit.

Pas comme si je touchais un truc de leur part ou grâce à eux, genre une allocation, des assedics, le RSA ou je sais pas quoi : cela ne m’ait jamais arrivé.

Pas comme si Paul me permettait de trouver du boulot, la seule fois où cela est arrivé (hors le truc de fou qui paye pas), bin finalement c’est encore une escroquerie et je ne suis pas payée.

Pas comme si cela me finançait une vraie formation.

Donc, pour cette quatrième fois, je laisse tomber Paul, sa Paulette, et ses sous-fifres qui sont là juste pour faire baisser le budget sous-traitants en lesquels je croie autant qu’en la réincarnation d’Elvis.

Bye bye Paul.

FOR (LAST BUT NOT LEAST) : J’ai eu/j’ai (tout dépend du dynamisme de ma foi en l’improbable) harponné une baleine, et pas n’importe laquelle. Un truc d’HP*. Au Congo, comme d’hab. Un truc intéressant, qui correspond vraiment à ce que je sais/aime/veux faire. Même pas mal payé vu que l’ONG en question n’est pas française (ah vi vi, pour bosser dans l’humanitaire estampillé Made in France, faut porter la silice et se flageller avec ostentation, faut bosser pour rien ou presque parce que tu comprends, si tu veux être payé pour sauver le monde en risquant plus ou moins ta vie c’est que t’es qu’un vilain un faux type un vendu un mauvais, bouh !). Ils acceptent le gnome et le prennent en charge côté assurance et logistique. Et c’est un contrat de 2 ans.

Premier round (envoi CV/formulaire etc) : passé. Réussi.

Deuxième round (entretien téléphonique congolais avec le patron et celui qui occupe actuellement le poste, en anglais):  Passé, réussi. C’est déjà mieux que ma dernière tentative en la matière.

Troisième round : entretien en face à face avec les supérieurs hiérarchiques, au siège de l’ONG, dans la lointaine et Poudlardesque Irlande. Passé. Plutôt bien si l’on met de côté des aléas logistiques (encore et toujours, c’est le nerf de la guerre !)

C’était il y a trois semaines. Pas de nouvelles depuis.

Et là, je m’insurge.

Parce que toi-même tu sais que normalement, dans la vie comme elle devrait être, les gens font ce qu’ils disent.

Parce que quand on te dit « on vous recontacte lundi ou mardi en 8 quoi qu’il arrive », on le fait. En gros d’ailleurs, on fait ce que l’on dit.

Là, ça fait déjà une semaine de plus que le délai annoncé.

Et pas un mot. Rien. Que dalle. Que dchout.

Je ne dirais qu’un truc : ce n’est pas bien de se moquer de la gueule des gens. Pas bien du tout.

Alors pourquoi cela semble-t-il être la règle dans le monde du travail ??????

Nan mais parce que bon :

Tu es Chômeur à Durée Indéterminée et tu es arrivé au dernier stade pré-embauche : avoir un boulot, c’est un peu beaucoup très faramineusement important.

Et c’est encore pire quand il s’agit d’HP* : voyez, en ce qui me concerne, si j’ai le boulot, je dois organiser en moins de 10 jours la logistique familiale pour que mon barbu puisse s’occuper d’amener le gnome auprès de moi pendant les grandes vacances, une fois que je me serai posée dans mon taf et aurai trouvé quelqu’un pour garder le gnome (vi, les écoles françaises en Afrique ont toutes des horaires super mortels pour la vie familialo-professionnelle puisque les enfants n’ont jamais école l’après-midi. Youpie !), organiser les visas familiaux, me préparer dans ma tête pour le fait d’enfin bosser tout en étant –encore- à des milliers de km de mon barbu, et imaginer comment ma vie sera super simple à tafer à Kinshasa seule avec un enfant de 10 ans.

Si je n’ai pas le boulot, je ne vais pas au Congo, et j’ai à la place trois mois pour préparer le même départ familial, mais cette fois pour le Kenya, où aucun boulot ne m’attend mais où mon Barbu si.

Un peu

Et comme il n’y a pas de réponse, en attendant…..

Un peu plus qu'un peu

Très beaucoup !!!

L’attente m’escagasse et tournifiote les entrailles et ça me broute sévère.

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5 Réponses to “Défilé de Cétacés et autres billevesées”

  1. 1/ ah un nouveau post !
    2/ BOH c’est pas le Pérou !
    3/ courage !

  2. Contactes les … ils doivent etre surbookés 🙂
    Et si tu n’es pas retenue pour le poste tu les insulteras de ma part 🙂

    • Intéressant de voir que personne ne réagit sur le fait que je bosse depuis début mars sans être payée 😉

      Merci 🙂

      Hum… A priori si je n’ai pas été déjà recontactée (en cas de « oui », il reste encore les « prises de contact avec les référents », une spécialité anglo-saxonne), c’est que c’est mort (je parierais à 4 contre 1).

  3. J’ai connu ça…10 mois de délai pour être payé, et limite à me faire engueuler « mais vous toucherez plus d’un seul coup! » (et mes barbares, ils mangent quoi en attendant???).
    Je peux piquer une photo ou deux, ils y en a des sympa…?

    • Les dites photos ayant toutes été récupérées via google…..

      Ouaip, moi je n’attends pas encore 8 mois, si le département gestion ne m’a pas envoyée au moins un mail lundi à midi, l’après-midi j’appelle l’inspection du travail.

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