A l’insu de mon plein gré ? Oo



Salut Ô Inconnues/us !

Déjà presqu’un mois que je suis au Kenya.

A Nairobi plutôt : comme partout ailleurs, la capitale n’est évidemment pas vraiment représentative du mode de vie et des habitus du reste du pays. C’est vrai pour Paris et la province, mais cela est toujours plus-que-criant dans les pays africains, du moins tous ceux dans lesquels j’ai séjourné.

A moins de réussir à baguenauder un peu partout dans ce visiblement magnifique pays, je ne pourrai donc pas avoir d’opinion ni parler du « Kenya », mais bien seulement de Nairobi, et, pour le moment du moins, seulement des aires où je traîne mes guêtres, en l’occurrence, ni dans les slums (les quartiers pauvres, ou pour être plus exacte, les bidonvilles) ni dans les quartiers de l’élite (Westland ou Lavington, aka les quartiers des Blancs/UN et des magnats indiens, et plus encore Riguéri ou Riverside, le quartier des résidences d’ambassadeurs et ministres. Le genre de quartier où le chauffeur de taxi demande toujours –pas une fois, mais à chaque fois qu’on y passe- « that’s like in Europe, isn’t it ? » : bien sûr, tous les européens vivent dans des palaces de 20 pièces entourés d’un jardin paysagé de plusieurs hectares, où les seules personnes à pied dans les rues sont les entraineurs de rotweiller ^^). Non, seulement des quartiers de la petite bourgeoisie kenyane et expatriée.

Pour le moment, j’en suis très clairement au stade de la découverte et de l’étonnement, un peu comme si je n’avais jamais mis les pieds sur le continent africain tant tout, absolument tout, est différent de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique centrale ou du Zimbawe.

Mais ce n’est pas la raison pour laquelle je traine tant à reposter un article ici.

La question que je me pose, et qu’en fait je vous pose, à vous mes quelques fidèles Inconnus/es, est de me dire si je dois continuer ce blog (où, si je le fais, je continuerai à parler d’emploi et de non-emploi, d’abord parce que c’est le truc le plus important pour moi depuis quelques années, et puis peut-être si ce n’est surtout parce que je n’ai pas trouvé de blog dans le même style, un peu comme s’il ne fallait pas parler de ce que c’est, subjectivement, d’être au chômage. Alors que l’on peut trouver 25 000 blogs sur à peu près tout et n’importe quoi)

Pourquoi ce doute subite m’habite-t-il ?

Voyez-vous, pour la première fois depuis que je surfe sur la blogosphère, j’ai laissé un commentaire sur deux des blogs que je suis assidument. Je ne m’attendais pas à en prendre plein la gueule. Visiblement, les critères mobilisés pour juger ou ressentir un commentaire comme « agressif » ou méprisant ou je-ne-sais-pas-trop-quoi ne sont pas les miens, et j’avoue ne pas comprendre du tout la violence des réactions provoquées par mes petits commentaires, d’autant plus qu’après la première réponse à ceux-ci, j’ai, à chaque fois, répondu en disant que je m’excusais, ne centrais pas mon commentaire sur moi mais voulais élargir le débat, et ne voulais blesser personne !!

 Le rapport avec ce blog ici présent ?

Bin, c’est que ce petit blog de rien du tout a été la cible, dans l’avalanche de réponses me réduisant à :

–          Une nana incompétente

–          Franchement coincée du cul

–          Autocentrée

–          Obtuse et sectaire

–          Nulle en anglais ( ?!)

–          Mal dans sa peau

–         Dans la fuite limite auto-destructrice : «Pour avoir jeté un coup d’oeil sur ton blog, ce n’est pas très étonnant : Aimer quelque chose chez l’autre –[je venais de dire que j’aimais son blog, qui traite vraiment de tout autre chose-]- qu’on déteste chez soi, au point de vouer sa vie à l’éliminer, c’est un challenge. » (Euh ? Ah. Bon, si vous le dîtes)

–          Souffrant de troubles du comportement alimentaire (WTF ?)

Etant donné que je me suis lancée dans l’aventure d’un blog pour me faire du bien et pour faire connaître, même de manière minuscule et inconséquente, les absurdités sans nom du système actuel du monde du travail, spécifiquement en France, et les souffrances soigneusement tues de l’état de CDI*, le tout de manière réaliste, précise et mettant le doigt là où ça fait mal tout en gardant un ton humoristique de bon aloi, vous comprendrez œuf corse que je m’interroge.

Parce que si parcourir mon blog force à conclure à un état de mal-être total, que tout chômeur (en tous cas moi) est un gros névrotique toujours dans la fuite, ce n’est sans doute définitivement pas la peine de continuer.

Alors, comme vous êtes malgré tout quelques uns à suivre mes élucubrations régulières, j’aimerais bien avoir votre avis sur la question, poil au croupion.

Voili voilou.

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13 Réponses to “A l’insu de mon plein gré ? Oo”

  1. Continues …
    Je viens d’effacer ce que j’avais écrit précedemment car ca deveanit orgiaque …
    Bon moi j’attends de te lire encore et encore Bises Sev

  2. Bonjour. Je visite régulièrement plusieurs blogs sans jamais laisser de traces de mon passage (parce que je manque souvent de temps). Le tien fait partie des blogs que je lis depuis quelques mois (peut-être un peu plus)… Je suis incapable de te dire si tu dois continuer ou pas car ce choix t’appartient, mais comme tu poses la question, sache que je te lis régulièrement et que je prends tout simplement du plaisir à le faire.
    Voilà. Bonne journée à toi.
    Amicalement.
    .

  3. Le Tiède Says:

    Continue à nous donner des nouvelles, la France ne t’aime peut-être pas, mais quelques français t’aiment toujours 🙂
    Bonne chance à Nairobi.

  4. C’est toujours si facile actuellement de psychologiser les problèmes sociaux (cf consultations psy pour des personnes licenciées), que le cliché de la chômeuse névrosée a de beaux jours devant lui. Mais votre blog permet au contraire de montrer des faits organisationnels, institutionnels, politiques (ou le gros mot) et c’est justement son utilité.
    Bon chemin africain
    Au plaisir de vous lire encore

  5. complainte des jeunes psychologues diplomés (bac plus 5 minimum) : http://www.psychologues-psychologie.net/forum/showthread.php?t=31449

  6. débat sur l’accompagnement psychologique des licenciements ici :
    http://www.psychologues-psychologie.net/forum/showthread.php?t=30098

    • En effet, il est de bon ton de psychologiser les souffrances sociales, tout comme les déviances, la criminalité ou les pathologies somatiques: ainsi, la politique n’a rien à voir, tout est de la « faute « des individus (et comme, dans le même mouvement, on les « victimise », le tour est joué, personne ou presque ne trouve ça limite).

      Merci en tous cas, votre commentaire me rassure sur le ton de mes productions ici 🙂 🙂 🙂

  7. Soreine Says:

    J’vais faire ma pénible. Enfin juste un peu. Et juste parce que, peut-être, j’aime bien ce qui se reflète de toi dans ton blog.

    Premier point, le pire : Les reproches à toi adressés ont quelque part un fond de vérité. L’irritation, la fatigue, le donquichottisme, l’autobiographie, l’analyse à chaud de sa propre situation, etc…. Tout çà conduit forcément à laisser des traces plus ou moins névrotiques de soi-même, surtout quand on tient un blog. Blog qui ne plait pas à tout le monde, surtout à ceux qui ne sont pas de ton avis. Waouh! Cette découverte me vaudra surement un prix de clairvoyance. Ou pas. Mais à toi non, vu que tu t’enferres dans la personnalisation et l’émotivité, là où il n’est même pas question de toi.

    D’où j’en viens au point deux : (si je peux me permettre) être à ce point déstabilisée par des remarques énoncées par quelques uns qui ne te connaissent pas, qui ne cherchent sans doute même pas autre chose qu’à invalider ton discours qui les dérange d’une façon ou d’une autre… C’est waouh, aussi.

    Et dernier point : en cherchant auprès des commentateurs de ton blog une approbation, tu empires la situation, à mon avis. Le résultat, c’est que tu n’écris plus alors pour toi, mais pour ces quelques autres qui consoleraient même la plus tarée des skyblogueuses. (pas la peine de me regarder, je vais pas sur les skyblogs) Pire encore, tu viens d’augmenter la pression, vu que tu ne peux que craindre les réponses dans le genre de celle que je te fais. Et que tu en auras. (au moins une)

    En conclusion : Ferme ton blog si tu te sens attaquée avec risque de perte d’intégrité morale, ou s’il te fait chier d’une façon ou d’une autre. Garde-le sinon.

    • Inconnue très chère,

      Point 2: tu as totalement raison, ou l’aurais été , si j’avais été déstabilisée « à ce point »: je me suis contentée de remettre en cause l’écriture sur ce blog, un truc qui n’est pas vraiment le centre de ma vie.

      Pour les points 1 et 2 je ferai un pack tout compris 😉 : oui, oui, et oui, il y a de l’irritation, de la fatigue, de l’autobiographie, du donquichottisme si tu veux (même si j’ai bien envie de te répondre que seuls celles et ceux qui croient que changer la société le font hé hé), et, dans quelques cas seulement, une analyse « à chaud » de la situation. Que ce que j’écrive ne plaise pas à tout le monde, euh, bin oui.
      Le truc, c’est que, non, je ne m’enferme pas, ou plutôt ne veux pas m’enfermer, dans la personnalisation: je parle de moi parce ce ce que je vis en tant que chômeuse est vécu par des millions de personnes, que l’on n’en parle très peu ou toujours sous un angle soit purement macro-économique soit psychologisant mais jamais comme j’essaye de le faire, c’est-à-dire en pointant du doigt les incohérences et les hypocrisies sociétales autour de l’emploi, en montrant que non, les chômeurs ne le sont pas parce qu’ils le veulent/ne cherchent pas de boulot/sont imbus de leurs diplômes, etc etc. etc.

      Le fait que je cherche là maintenant l’approbation de mes lecteurs, c’est justement pour ça: non, je n’écris pas un blog « pour moi » (d’ailleurs, si l’on veut écrire « pour soi »,il y a un truc révolutionnaire, ça s’appelle le journal intime) mais dans le but de diffuser, même auprès de seulement quelques dizaines de personnes, les dites incohérences, les dites causes structurelles ubuesque du chômage en France.

      Si l’écriture est « personnelle », si je mets des métaphores et comparaisons foldingues un peu partout, si je mets des envolées lyriques parfois extrêmes, ce n’est pas seulement pour me faire plaisir à moi mais parce que sinon personne ne viendrait lire ces articles: globalement, les blogs, c’est comme cela que ça marche (à part peut-être sur les skyblogs, que je n’ai vus que lorsque j’étais payée pour -entres autres- surveiller les activités internautes au sein du collège de grandes bringues de cité). Pour moi, cela s’appelle le second degré.

      Tout ça pour dire que je me fous un peu beaucoup qu’on « m’aime » moi ou mon blog, mais pas que l’on dénature ma démarche.

  8. Meuf,
    Il faut écrire et rien nous demander. Nous, on lit, troupeau absurde des abonnés, pluie de mots des flux RSS. Alors quand une question s’addresse à -qui?-, la nôtre foule, anonyme, oh, so confusing…
    Garde ton style, retire la question, et reste au chomedu. Les trois tétons de la seule existence (virtuelle) qui vaille.
    Note, un thème similaire sur : http://unemploymentality.com

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