Bad karma pour Marathon Girl


Toi, jeune padawan aux dents longues, oui toi qui tombes ici par hasard suis assidument cette Bible Seule Capable de t’Amener à la Lumière de l’Emploi, oui toi là bas, toi-même tu sais combien la recherche d’emploi et la vie professionnelle tout court sont semblables à un long, très long marathon dont la complexité de la stratégie fait passer Machiavel pour un baltringue un peu étroit du bulbe.

screugneugneu

Rien ne vaut une bonne préparation, comme te dira ton/ta conseiller/ère de Chez Paul lors de ta première séance d’atelier « construire son projet professionnel »

Rien ne vaut une bonne préparation, comme te dira ton/ta conseiller/ère de Chez Paul lors de ta première séance d’atelier « construire son projet professionnel »

dhdhdhdhd

Mais tu as dépassé le stade du découragement, tu es prêt.

Tu as subi tous les échauffements de la recherche de postes,

 de formations,

tu as voracement placé tes petits pieds pieds (voracement, oui. Même que) sur les starting blocks de la confection et de l’envoi de CV et de lettres de motivation,

tu n’as pas raté le départ, oui ça y est tu cours tu voles,

tu as jumpé tel le golden boy des années 80 par-dessus les pré-sélections-sélections-post-sélections et le parcours d’obstacles des entretiens,

 et oui oui oui,

                      là,

                           là tout de suite là maintenant,

                                                              tu touches la ligne d’arrivée…..

** chariots de feu***

heheheheh

hehehehe

TU AS UN CONTRAT SIGNE !!!

*** teuf seul confetti***

teuf seul confetti

hohohohohoh

hohohoh

Et là, tu crois que c’est bon. Hein, logiquement.

Tu as bien fait tout comme il faut, on t’a donné le susucre et maintenant tu attends ta niche (même petite, même en leasing, même juste pour le week-end, tu t’en talques, tu as enfin une niche à toi.)

dgdgdgdgdg

Le  bonheur, c’est simple comme une niche. Non ?

Le bonheur, c’est simple comme une niche. Non ?

***eden- quand on vous dit que le  bonheur, c’est avoir une niche. Non ?-***

Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis.

C’est beau l’espoir tu vois, c’est le feu qui t’anime vers la Voie du Bonheur patati patata….

dgdgdgdgdgd

Oh, c'est beauuuuuuuuuuuuu!

Oh, c’est beauuuuuuuuuuuuu!

*** espoir – Allez, essaye encore…. -**

En effet, malgré la méfiance désabusée propre à tout CDI*, qui tend à faire adopter une absence totale d’espoir de certitude quant au succès d’une candidature tant qu’un contrat n’est pas signé en bonne et due forme, on a naïvement tendance à croire qu’une fois en la possession du contrat-graal, c’est tout bon pour cette fois.

Dans un monde où tout est normal, oui.

A vrai dire, même dans le notre là tout de suite là maintenant, pour la plupart des gens et dans la plupart des cas, c’est globalement vrai : tu as un contrat signé, cela signifie bien que tu as un job et qu’à la fin d’icelui, tu reçois bien un salaire, que celui-ci se nomme ainsi ou autrement : émoluments, traitement, appointements, rétribution, solde, gages, honoraires,  rémunération et tutti quanti  (rigolo, non, de constater combien les champs lexicaux sont riches quand il s’agit de sexe ou d’argent…).

Bon, OK, cela devient tout de suite plus compliqué et moins automatique quand tu n’es ni fonctionnaire ni en contrat de salariat à durée déterminé (bin oui, vu que la durée indéterminé, est, en gros, devenue inexistante dans notre beau pays de France). Les intérimaires, ceux qui bossent dans le vaste domaine de l’aide à la personne, les consultants, c’est plus flou, plus oui-mais-non-regardez-l’astérix-là-en-bas-typo-6.

Pour tous ceux là, signer un contrat et puis finalement que dalle, ralass, pas de boulot pas de thune, ça arrive.

Une fois.

Avec mézigue, on entre dans une autre dimension. A ce niveau là, on touche au tableau mystique moi je dis. A l’ésotérisme le plus total, une espèce d’illustration par l’Absurde du pas de chance, voire du karma-plus-pourri-que-ça-tu-meurs (quoiqu’en considérant les choses sous cet angle, je me demande bien ce que j’ai pu faire de pas joli joli pour enchaîner les VDM comme ça….)

Exemples.

Ce mois-ci, après un an (putain, un an !) de recherches infructueuses, je trouve une petite consultance. Pour être plus exacte, on me propose direct la consultance à base de « hé dis donc, ça t’intéresserait de retourner t’éclater au Congo… ? ».  Envois de mails, CV plus entretien via skype, en moins de 24h on me dit c’est bon. 52 mails échangés plus tard (vi, 52. En moins de 10 jours) sur les tenants et les aboutissants du boulot, y compris l’aspect financier, j’ai bel et bien un petit contrat signé en bonne et due forme.

I got it I got it i got it!!!!!!!!

I got it I got it i got it!!!!!!!!

*** gif super happy***

Je pourrais me dire que j’assure. Sauf que non.

j assure-aïe

*** gif j assure aïe***

Mon petit doigt (un sacré luron celui-là) chuchotait dans ma tête depuis un petit moment que je risquais de rencontrer un hic au niveau visa, mais mes boss et les boss de mes bosss (ahhhhhhhhhhhh, la beauté de la sous-traitance en cascade, sensée revenir moins chère pou plus d’efficacité, et qui, comme ici et presque toujours, ne revient pas moins cher, et surtout, aboutit à du grand n’importe nawak côté résultats…. Mériterait un blog à soi tout seul ça. Passons) me disaient que non, no soucy Mc Fly, mais pourquoi donc ma bonne Dame, vous êtes vraiment négative très chère.

Le temps passe.

Bien sûr, j’ai raison : je ne peux pas avoir le visa du Kenya, car, ne bossant pas au Kenya et n’étant pas mariée, je ne peux avoir le statut migratoire ad hoc, critère incontournable pour l’obtention du visa congolais au Kenya. Le seul moyen pour moi de l’avoir est de repasser par la France, comme je l’avais expliqué moult fois par mail. Ce qui coûte bien plus cher, mais, étonnamment, mes boss sont OK. Mais comme ils ne sont pas capables de relire les emails échangés, ils mettent encore 1 jour pour me demander quel est dans ce cas le nouveau calendrier (que je leur ai indiqué dès notre premier email, et répété pas plus tard que deux jours avant).

Et là, une fois intégré que le fait que la procédure d’obtention du visa entraîne un retard dans la consultance d’environ 10 jours, mes boss ont réalisé qu’ils étaient déjà plus qu’à la bourre et que je ne leur permettrai pas de boucler leur job avant l’échéance fixée.

Conclusion :

FailLogo_711691a

*fail*

Bien sûr, le fait que les boss de mes boss aient mis plus de 10 jours pour m’envoyer les papiers nécessaires à l’obtention d’un visa, aka un ordre de mission (genre ça met normalement … une heure) et une lettre d’invitation notariée (ça, ça met 4 jours), joint au fait que j’ai tirée la sonnette d’alarme dès le premier jour où j’ai reçu un mail confirmant que oui oui oui, j’étais bien prise, tout cela n’entre pas en ligne de compte.

Bien sûr que non.

Comme nous sommes entre gens civilisés, on s’est tous bien marri de l’impossibilité finale de jouir de mes compétences (pour eux) et d’une fantastique expérience bien rémunérée (pour moi), tout en m’assurant que cet incident est en fait le prélude à : Une prochaine fois (bien sûr, évidemment, qui en douterait, hein ?)

Là-bas tu verraaaaaaaas, la prochaine foiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis, ce sera toiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Là-bas tu verraaaaaaaas, la prochaine foiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis, ce sera toiiiiiiiiiiiiiiiiii.

*** gif porte fin tunel***

Et comme on est vraiment TRES civilisés et que de mon côté je suis vraiment une Belle Grosse Bisounours adepte de l’enculage bieeeeeeeeen profond un peu couillonne, j’ai même répondu à leur demande de renvoi de contacts locaux (que j’avais pourtant déjà pourvu, lors de nos foisonnants échanges de mails), et, cerise sur le gâteau de ma stupidité congénitale gentillesse, donné un contact pour mon remplacement de dernière minute. Vi. Parce que j’ai bien enregistré le concept ultra hype du réseautage. Pour les autres : en ce qui me concerne, j’ai en effet bien aidé des gens à avoir du taf, et pas qu’une fois. L’inverse, par contre….

mon avatar de longue date, n’ayant visiblement pas compris le moment où il fallait cesser de rendre service : non, se faire éviscérer pour permettre à son hypothétique futur médecin de réviser ses partiels d’anatomie n’est pas forcément un investissement pour l’avenir…

Mon avatar de longue date, n’ayant visiblement pas compris le moment où il fallait cesser de rendre service : non, se faire éviscérer pour permettre à son hypothétique futur médecin de réviser ses partiels d’anatomie n’est pas forcément un investissement pour l’avenir…

*** bisounours éviscéré – mon avatar de longue date, n’ayant visiblement pas compris le moment où il fallait cesser de rendre service : non, se faire éviscérer pour permettre à son hypothétique futur médecin de réviser ses partiels d’anatomie n’est pas forcément un investissement pour l’avenir…-***

…….

Signer un contrat et puis finalement que dalle, ralass, pas de boulot pas de thune, ça arrive, donc. Il ne faut pas en faire toute une histoire hein, c’est la vie ma bonne dame.

D’ailleurs, le fait est que je devrais m’être faite à l’idée, puisque c’est déjà la seconde fois que cela m’arrive.

La première, il y a 4 ans, avait été encore plus chic et chouette.

Toujours une consultance, bien sûr.

On était venu me contacter, sans que je ne leur ai rien demandé. Ils avaient un gros problème en interne, et besoin que quelqu’un vienne sur place, comprenne d’où il venait et comment le résoudre. Puis ils avaient fait traîner les choses en longueur. Au dernier moment avant la date ultimatum que leur bailleur avait fixée pour l’engagement d’un consultant, un soir à minuit moins 10, ils m’avaient appelée pour que je vienne signer le contrat en catastrophe.

Je passe deux jours à discuter les modalités de l’enquête. Bref, je travaille déjà dans les faits. Le voyage est planifié.

La veille de mon départ, un incident sécurité très grave touche l’équipe sur le lieu où je devais travailler. Au lieu, comme cela peut sembler logique puisque le dit incident avait un lien direct avec le problème que je devais étudier, mes employeurs annulèrent le voyage, le mettant en stand by  « jusqu’à ce que les équipes sur place jugent la consultance possible dans les conditions sécuritaires ».

Deux mois de silence radio. Deux mois. Au bout desquels ils m’appellent pour me demander… si je peux partir le lendemain. Je ne le pouvais pas : je n’étais pas disponible avant dix jours.

Re-silence radio.

Trois autres mois passent.

ohohohohoho

attente triste

oioioihohoho

Et je reçois un mail me disant que finalement non, ils ne font pas la consultance avec la moi. (en fait, il s’est avéré qu’ils n’ont jamais fait faire cette enquête).

….  ….  ….

Bien bien bien.

Dans la course à l’emploi, je crois pouvoir dire sans trop de risque d’être accusée de geignardise que mon karma ressemble un peu à ça :

depart course ralenti foireux renversé

*** gif départ course ralenti foireux***

La prochaine fois où je te rembarquerai, chère/r Inconnue/u, dans les marais foireux de mon karma professionnelle de merde, je te raconterai une histoire tellement magique, tellement totalement exagérée (tout le monde sait que la réalité dépasse la fiction) que tu trouveras ultra veinard de n’avoir qu’à te plaindre de ne pas te faire payer tes heures supp.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :