Fuck’y miserabilis


 

 

Un des trucs qui me chauffe le plus facilement les sangs quand j’entends parler de l’Afrique, c’est le constant misérabilisme paternaliste avec lequel on l’évoque : globalement, en dehors de la presse africaniste, la moitié des reportages animaliers concernés et une partie de la presse économique, l’Afrique, c’est toujours gore, miséreux ou catastrophique, guerre ethnique, malnutrition, sécheresse, réfugiés, malades, sous-développement, excision, en gros tout ce qui peut être négatif, « arriéré », à plaindre…

En général la description est forcément suivie d’une « préconisation » : au choix,

a) totalement napalmiser,

b) « éduquer » comme un petit enfant légèrement débile mentale,

c) « sauver » /aider.

Le second degré outrancier du clip African Child en ouverture d’American Trip reflète hélas bien le discours tenu dans les mass media.

 

Alors, je mets ce premier billet Big A(frica) en relayant cette illustration qui fait sa vie depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux. (si l’un d’entre vous sait qui est l’auteur/e initial/e du texte, ce serait super chouca de le mettre en commentaire)

 

africa bisounours

 

Pour celles et ceusses qui ne jactent pas inegliche ou qui seraient de gros flemmard/es, je vous pose grosso merdo la traduction :

« La véritable Afrique est celle qu’ils ne vous montrent jamais.

La véritable Afrique est cachée sous un vernis de pauvreté et de faim et de mort, une masse cancéreuse à la face de la Terre que le reste du Monde désigne uniformément sous le terme « Afrique ».

La véritable Afrique est immergée sous la corruption et l’avidité, sous la tyrannie et une élite vaniteuse, sous les visages des hommes qu’elle ne peut nourrir.

La véritable Afrique est enterrée sous des villes de bicoques pleines de poussière et de maladies, où les enfants sont contraints de grandir trop vite pour réussir à survivre.

La véritable Afrique est dissimulée sous un no man’s land de déserts nus et secs, incapables de subvenir à une vie saine avec des légumes.

Non, ce n’est pas la véritable Afrique.

L’Afrique que je connais.

L’Afrique, c’est le reflet dans la lumière chaude du soleil que tu sens à l’intérieur de toi.

L’Afrique, ça étincelle en un sourire chaleureux et spontané.

L’Afrique, c’est le cœur de montagnes vertigineuses et de jungles tropicales, de dunes de sable doré et de prairies d’un vert luxuriant.

L’Afrique, c’est le cœur de peuples différents, de langues différentes, de cultures différentes, d’identités différentes qui appellent toutes cette terre leur foyer. La terre où l’arbre de ton cœur germe, où tes racines sont vieilles et ne te laissent pas partir, solides comme le baobab qui a toujours été et sera toujours là, se dressant ferme et solide contre les menaces du temps.

Mon Afrique est là où mon cœur demeure même je suis parti très loin depuis longtemps, où mon esprit dérive à travers la distance d’un océan sans fin.

La véritable Afrique se sent à la minute même où tu fais un pas hors de l’avion sur le sol africain et ressens l’air t’appeler, t’attirer à la maison.

La véritable Afrique, c’est le chaos et le calme qui existent côte à côte, comme les voitures klaxonnant et roulant à toute berzingue dans les rues à côté de vaches paissant gracieusement dans un pré.

Telle est la véritable Afrique, celle qu’ils ne montrent jamais.

C’est l’endroit que j’appelle ma maison. »

 

En moins roudoudou choupinou, y a moyen sans problème de lire, d’entendre et de voir plein de choses où les voix multiples, foisonnantes même, de l’Afrique, chantent, murmurent, hurlent, dissertent, militent et rendent hommage à sa beauté, à sa poésie et à son énergie.

En ligne par exemple, vous pouvez découvrir la variété du continent, découvrir la vie qu’on y mène au quotidien, découvrir les télés, films et séries africaines d’un seul clic.

En furetant sur le web on peut aussi rêver et se faire une série de ratons-laveurs* africains.

 

 

Voici quelques uns de mes ratons-laveurs préférés :

 

Un raton-laveur zambien

© Cristina De Middel - Tous droits réservés

© Cristina De Middel – Tous droits réservés- Quand la Zambie proclama son indépendance, elle ouvrit un programme spatial mais l’absence de thunes mit rapidement fin au projet. La série Afronautes de la photographe espagnole Cristina de Middel rend un hommage muy saudade à ce rêve.

 

 

Un raton-laveur kenyan

 

copyright exclusif Steve Bloom - Trading Places the Merchants of nairobi- editions Thames & Hudson

– © Steve Bloom Tous droits réservés – Trading Places the Merchants of nairobi- editions Thames & Hudson. Des boutiques comme ça, avec des peintures comme ça, il y en a dans les villes de tous les pays où j’ai séjourné. Enjoy !-

 

 

Un raton-laveur congolais

-© Daniele Tamagni Tous droits réservés – photo issue du livre Gentlemen of Bacongo -on peut découvrir le travail complet de ce photographe fantastique ici.

-© Daniele Tamagni Tous droits réservés – photo issue du livre Gentlemen of Bacongo -on peut découvrir le travail complet de ce photographe fantastique ici.

 

 

Un raton-laveur sud-africain

 

© Zanele Muholi Tous droits réservés - une de mes images préférées de cette artiste militante malgré les menaces.

© Zanele Muholi Tous droits réservés – une de mes images préférées de cette artiste militante malgré les menaces.

 

Un raton-laveur namibien

 

© Helga Kohl Tous droits réservés- sa série de clichés de Kolmanskoop, un ancien village minier paumé dans le désert de Namibie, désormais bourgade fantôme hantée par les touristes, est juste d’une poésie hallucinante.

© Helga Kohl Tous droits réservés- sa série de clichés de Kolmanskoop, un ancien village minier paumé dans le désert de Namibie, désormais bourgade fantôme hantée par les touristes, est juste d’une poésie hallucinante.

 

 

Il y en a beaucoup, beaucoup d’autres…. A défaut de pouvoir acheter les livres des artistes africains (presque jamais réédités, ils deviennent introuvables en un an) ou d’admirer des books on line sans fin (idem, la preuve dans les nationalités des artistes que j’ai mis en lien ici: espagnole, sud africain blanc, anglo-congolais, exception avec Zanele Luholi, sud africaine noire, pour finir avec une namibienne …. blanche), on peut saute-moutonner sur les sites de revue noire ou d’afriphoto, le site photo (what a surprise ins’t it ?) d’africultures.

 

 

Largement de quoi ôter la poudre aux yeux du syndrome-journal-de-20h africain.

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