Djibéou (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 1)


Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

La preuve avec:

Djibéou

Burkina Faso (♥♥♥♥). Dori.

Je n’ai même pas 20 ans, c’est ma première fois en Afrique, ma première fois hors d’Europe.

A la routarde, un sac à dos 120 litres et 1600 Francs pour 6 mois, j’accompagne mon Namoureux (déjà Barbu) qui vient y faire son stage de fin d’études. Tant que le stage n’est pas commencé, on dort à l’arrache dans des hôtels miteux ou nous sommes reçus chez des rastas du coin rencontrés la veille. Mais, pour ses 4 mois de stage, on est accueilli comme convenu chez D., un fonctionnaire burkinabé, Mossi de la capitale nommé contre son gré dans une sous-préfecture aux portes du désert, qui méprise les gens du coin et hait les Blancs. (Ambiance).

D. habite seul et emploie à temps complet Djibéou, qu’il nous présente en le désignant de la main : « ça c’est mon boy ».

*** boy

Hé ouais, je n’aurais jamais cru entendre le mot « boy » hors des pages de Tintin au Congo, et encore moins dans la bouche d’un africain. Cet artefact datant de la colonisation a été mis en vente à 50€ et adjugé à 130€ à l’Hôtel des ventes de Troyes l’an dernier

Hé ouais, je n’aurais jamais cru entendre le mot « boy » hors des pages de Tintin au Congo, et encore moins dans la bouche d’un africain. Cet artefact datant de la colonisation a été mis en vente à 50€ et adjugé à 130€ à l’Hôtel des ventes de Troyes l’an dernier

****

Quelques semaines après notre arrivée, D. part pour deux mois en stage dans sa chère capitale.

Nous voilà seuls avec le jeune Djibéou.

Me voilà seule avec Djibéou (bin oui, le Namoureux la journée, il est en stage).

Bon.

On lui donnait depuis le début autant que ce lui paye D en plus pour le taf que nous lui occasionnions en plus, cela ne changea donc pas nos habitudes. Mais on commençait à en avoir marre de manger les trois mêmes repas en boucle depuis notre arrivée et maintenant je savais parler un peu un peu le peul. Je me mis donc à faire les courses au marché et à faire la cuisine. Je n’osais pas, voire même je ne pensais pas à faire des remarques sur son travail à Djibéou : après une semaine durant laquelle j’avais relavé tout notre linge après lui, je faisais désormais moi-même la lessive tout court à sa place. [Je ne suis même pas clean freak, juste que le look tout latérite semblait trop Mad Max à mon goût, tout comme à l’ensemble de la population locale d’ailleurs, où seuls les Fous –il n’y avait pas d’enfants des rues ni de sans abri à Dori, à l’époque en tous cas- sortent dans la rue vêtus de tissus qui ne soient pas d’un blanc ou d’une couleur étincelante.]

**** photo

Ça, c’est une photo que j’ai prise par la fenêtre de la maison un après-midi durant la période de l’harmattan. Idéale pour un teint d’un ocre uniforme sur la peau et les vêtements du plus bel effet fantomatique.

Ça, c’est une photo que j’ai prise par la fenêtre de la maison un après-midi durant la période de l’harmattan. Idéale pour un teint d’un ocre uniforme sur la peau et les vêtements du plus bel effet fantomatique.

tempête*

mines

Enlève le casque et la lampe frontale et t’as le latérite look, bien dirty muddy, du genre à s’incruster bieeeeeeeeeeeeeen au « cœur de la fibre » comme dirait Ariel. (Musclator on m’appelait à mon retour ^^ après 6 mois de lessive à la main)

* mines**

Bref : Djibéou n’avait plus qu’une heure grand max de boulot par jour, mais on n’osait pas l’en priver : on n’allait pas retirer le pain de la bouche d’un homme, merde ! Et puis c’est grâce à lui si je pouvais avoir une conversation de base en peul et donc faire mon marché, même si sa présence me mettait souvent mal à l’aise depuis nos échanges linguistiques.

Ce n’était pas pour rien : un beau matin, alors que je prenais ma douche, qui donc entre « sans le faire exprès » dedans et se rince l’œil bien comme il faut  (il prend bieeeeeeeeen son temps no soucy, suffisamment pour qu’il soit bien installé contre le mur quand je me retourne et le découvre)? Djibéouuuuuuuuuuuuuuuuuuu.

*** unedouch

A peu près ma gueule quand il s’est pointé.

A peu près ma gueule quand il s’est pointé.

ehorrible***

Là, pour comprendre l’ampleur du point auquel le ‘tit père se foutait de ma gueule quand il se la joua voyeur d’abord, puis quand il s’en défendit ensuite devant moi puis mon Namoureux, faut avoir une idée de ce à quoi ressemblait la dite douche.

Tout comme la cuisine, les installations sanitaires étaient à l’extérieur de la maison, l’une et les autres à des coins opposés de la parcelle.

Voilà à quoi ressemblaient les dites installations sanitaires (mais avec un mur/couloir devant, ouvert sur la droite, et pas de porte devant la salle de douche ni la salle des toilettes.)

**** salles d’ai

photo retravaillée par mes soins d’après un cliché trouvé sur ce blog)

Photo retravaillée par mes soins d’après un cliché trouvé sur ce blog)

sances

La photo (pas de moi) donne une bonne idée de la dimension du truc habituel en Afrique de l’Ouest : les toilettes, ce n’est pas un ridicule mouchoir de poche, mais une bel espace d’environ 3m/3m, ce qui limite assez efficacement les nuisances liées à ce type d’installation quand la fosse en-dessous est bien profonde et qu’elle est régulièrement passée à la chaux).

La photo (pas de moi) donne une bonne idée de la dimension du truc habituel en Afrique de l’Ouest : les toilettes, ce n’est pas un ridicule mouchoir de poche, mais une bel espace d’environ 3m/3m, ce qui limite assez efficacement les nuisances liées à ce type d’installation quand la fosse en-dessous est bien profonde et qu’elle est régulièrement passée à la chaux).

**** chiottes****

Et le gars te dit qu’il ne l’a pas fait exprès, qu’il voulait juste aller aux toilettes.

Genre, c’est possible de ne pas faire exprès de se tromper de pièce, de ne pas voir qu’on passe les chiottes sans porte et de continuer sans le vouloir jusque la douche, sans avoir entendu le bruit de l’eau qui jaillit de la pomme.

**** ange-

Djibéou était neeeeeeeeeettement moins choupinou, en fait (source-retravailllée- http://papillondereve.centerblog.net/rub-tubes-diablesse-diables--2.html?ii=1 )

Djibéou était neeeeeeeeeettement moins choupinou, en fait (source-retravailllée d’ici )

démon****

Bien sûr.

Moi et mon Namoureux étions d’accord : il était juste hors de question que Djibéou continue à venir. No way.

Mais c’est pas gentil-gentil-gentil, hein, de priver un pauvre gars en face duquel on est teeeeeeeeellement privilégié hein non ça c’est vraiment pas Petit Poney style.

On a donc, très sérieusement mais avec un visage pas content, expliqué à Djibéou que, pour avoir fait si mal son taf que je me suis mise à le faire à sa place et pour m’avoir témoigné LE manque de respect absolu (la nudité absolue, …. , comment dire, est un Tabou avec un putain de grand T pour beaucoup de peuples, et les Peuls ne font pas exception)….

Il ne remettrait plus les pieds dans la parcelle tant que D. ne serait pas de retour…. et continuerait à recevoir son salaire complet, que nous lui viendrions lui remettre en main propre chaque lundi soir.

Faut pas venir nous faire ‘ièch hein ?!….

**** gif c’est ça

c'est ça ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiis

ouaiiiiiiss*****

Voilà voilà voilà…..

Je fus donc  très « Petit Poney Style pour ma « première fois ».

**

les petits poneys style font iech

Et après Djibéou, voilà ce que j’en pensais, du Petit Poney Style.

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