De l’intérêt d’avoir le portefeuille de Manu Chao si tu mets tes mioches à l’école française au Congo


 Bon.

Ça y est mon Inconnu/e préféré/e, j’ai enfin rejoint le Pays Fort Fort Lointain et mon Barbu.

Je ne sais pas trop si je pourrais vraiment publier ici autant que je le voudrais : Orange se fait des couilles en diamant ici moi je te le dis, et le forfait illimité n’existe tout simplement pas, donc à 100$ les 10 Ga, tu te doutes bien que la production risque d’être limitée.

Mais là tout de suite là maintenant, je suis énervée et cracher ma dernière valda en date me fera du bien. Dont acte.

So what ?

Quand tu as des schtroumpfs, même un seul comme mézigue (phénomène trèèèèèèèèèèèès rare chez les expats ayant passé le pas de la parentalité), et que tu vis régulièrement dans des contrées sauvaaaaaaaaaaaaaaages, tu mets forcément le dit schtroumpf dans une École Française à un moment ou à un autre.

Je ne parlerai pas (en tous cas pas cette fois) des marigots pédagogico-éducativo-administratifs des établissements en question.

Nan. Je parlerai du reste.

De comment mettre ton gnome dans une école française à l’étranger te fera automatiquement sentir des envies d’attentats une grosse merde en décalage avec le reste de la population de la dite école, aussi bien du côté des élèves et de leurs parents que de celui de l’équipe « pédagogique » (que de toute façon tu ne verras jamais).

Certes, il ne faut pas faire de généralités, et certes encore, nous avons pu noter des différences notables dans les différentes écoles des différents pays où nous avons séjourné en famille.

On est toujours le Pauvre (et le Riche) de quelqu’un

Mais un fait est indéniable dans tous les cas : dans toutes les écoles françaises à l’étranger, la majorité des élèves sont enfants de Je-suis-le-roi-du-monde-et-je-te-conchie-tu-es-à-peine-digne-de-me-servir-de-paillasson.

*** dolden

dolden tooth

La même classe, la même ouverture d’esprit règne parmi les rangs de la plupart des élèves des écoles françaises à l’étranger en terres africaines.

tooth gif**

Encore une fois, selon les pays et le contexte économico-politique des dits pays, un semblant de classe moyenne sera présent, ou pas.

Ici par exemple, dans le Pays Fort Fort Lointain, tu oublies : ce n’est pas encore une destination « familiale », et la population y est forcément beaucoup moins éclectique qu’à Nairobi par exemple. A vue de nez, je dirai qu’au moins 90% des élèves sont enfants d’ambassadeurs, Chefs du Monde HP*, et gouverneurs/ministres/« businessmen » locaux, les 10% qui restent étant issus de personnel d’ONGs moins/peu rémunératrices.

Comme depuis toujours partout ailleurs, le rang social et la thune qui va avec vont de pair avec un certain nombre de signes extérieures et de comportements ad hoc.

Et ici comme ailleurs, nous ne collons pas avec le package requis.

*** réussir à se faufiler

réussir a se faufiler dans le sens contraire

C’est tout nous ça 😉

dans le sens contraire gif

Ici, les parents ne viennent pas chercher leur enfant, du moins pas au collège (c’était différent en primaire) : ils envoient leur chauffeur. Quand bien même le géniteur ou la génitrice daignerait passer récupérer son/ses augustes chiard/s, il ou elle ne s’abaissera pas à descendre de son hummer étincelant mais restera tranquille à bénéficier de sa clime.

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index

Typique de la voiture du parent d’élève ici (en version blanche pour les HP*)

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Or, moi, je viens chercher mon gnome. En taxi, qui, malgré le fait que la voiture soit susceptible de passer avec succès un contrôle technique, reste vieille, et bien sur une voiture de ville, pas un gigantesque 4×4 à peu près inutile dans le quartier où tout ce beau monde, y compris moi, habite. Et je descends de la voiture à chaque fois (en même temps, à l’arrêt, rester dans une voiture non climatisée équivaut ici à se payer un petit sauna gratos).

J’ai même fait pire : une fois, mon taxi habituel m’a fait faux bond. J’en ai donc appelé un autre. Une fois qu’il fut arrivé, il était bien trop tard pour tenter une autre alternative. Je suis donc partie dans une épave à peine digne de la casse, avec ses phares de travers, sa rouille martelée sur la moitié de la carrosserie et ses vitres fêlées quand ce n’est pas tout bonnement explosées. Là, il nous fut tout simplement interdit d’entrer dans la parcelle de l’école avec les autres voitures, sous l’argument sorti de nulle part que « seules les voitures à plaque diplomatiques sont autorisées à rentrer ».

O

mynewcar4

Type de voiture avec laquelle, non, tu n’as pas bon. Source

o** source

Tout ça n’est pas bien grave vous allez me dire mes Inconnus/es. En ce qui me concerne, j’y survis sans problème c’est clair, merci même si parfois cela me donne des envies de taper très fort et que je prends grave mon pied quand je vois les même gens qui me fuient tenter de me faire des ronds-de-jambes quand ils s’aperçoivent au détour d’une soirée que la « pauvre » que je suis est pote avec des « gens IMPORTANTS ».

Pour le gnome, c’est moins anodin voyez : quand tes parents et toi-même devenez un sujet de grosse blague, qu’on rie de toi, ça n’aide pas mucho mucho à trouver ta vie quotidienne (car oui rappelons-le, l’école est la vie quotidienne des marmots assez veinards pour être scolarisés) funky winky.

Partout, tout le temps, on a renvoyé à la gueule de mon gnome notre « pauvreté ». C’est ainsi qu’il a perdu un pote libanais après qu’il soit venu jouer chez nous : ses parents lui avaient purement et simplement interdit de remettre jamais les pieds chez « des mendiants ».

Ce qui est génial, c’est que presque partout ailleurs qu’à l’école (ou alors ça ne compte pas parce qu’on choisit nos amis tu vois), je/nous sommes « riches », voire très riches.

C’est bien de toi que les enfants de rues, mendiants et vendeurs divers et variés attendront la corne d’abondance, c’est bien toi qui auras automatiquement un premier prix proposé entre deux et dix fois le prix normal du marché. Et c’est normal, hein, rien à dire là-dessus (c’est à toi de trouver celui et celle qui n’en aura rien à foute, de la thune que tu as de plus que lui/elle.).

C’est l’une des caractéristiques fondamentales, à mon sens, de la vie d’expatrié européen en Afrique : on y est toujours le Riche ET le Pauvre de quelqu’un, simultanément.

Mais en y réfléchissant, cet aspect de la vie sociale en milieu expatrié est plutôt chouette : ça permet d’inscrire dans la tête du gnome (et la notre) mieux que tous les discours :

1) La relativité de toutes choses

2) Le respect des moins favorisés que soi

3) La véracité d’un concept bien passé de mode mais toujours bien réel : la lutte des classes. Et ce que ça veut dire de le vivre.

Rien à foutre de l’élève

Le deuxième aspect qui me chauffe les roubignolles que je n’ai pas dans les écoles françaises à l’étranger est cette permanente impression que l’on se fout éperdument, totalement, viscéralement, de l’élève.

Parfois, je dis bien parfois, c’est-à-dire quand il y a des alternatives valables à l’école française (comme à Nairobi par exemple), et histoire de ne pas perdre ses parts de marché (bin oui, pour rappel : l’école publique française à l’étranger n’est jamais gratuite), les établissements font des efforts histoire de rester dans la course.

Mais le plus souvent, comment dire….

La communication avec les parents, et directement avec les élèves, est proche du néant. Transmission de l’emploi du temps, explication des groupes de travail, présentation des services -ou de leur absence- : aucune, jamais.

****tout le monde disparaît

tout le monde disparait pr ne pas répondre

Tu veux une info ? T’as intérêt à courir vite.

pour ne pas répondre gif

Alors que le départ et l’arrivée en cours d’année de plusieurs élèves est monnaie courante pour ces écoles, aucune procédure n’est jamais prévue (du moins d’après notre expérience) pour que le nouvel élève s’intègre.

Vous faîtes les démarches, vous envoyez les dossiers, vous vous agitez histoire de minimiser le fait que ce n’est pas super easy de changer d’école en plein milieu de trimestre ? Personne ne vous répond, et quand vous arrivez, aucun dossier n’est prêt, le gnome comme vous ignorez tout de tout.

Rhoooooooooooo c’est pas bien grave, en deux semaines c’est réglé et c’est clair qu’après avoir emporté 2 kg de fournitures et bouquins pour rien plusieurs jours de suite le dit gnome se remémorera parfaitement à quel groupe il appartient, pas la peine qu’un professeur daigne l’en informer avant, hein.

Peu importe que ce manque d’information entraîne des erreurs dans la remise des devoirs : le schtroumpf écopera de quelques heures de colle histoire qu’il s’en souvienne, non mais. Cela se fera sans message écrit (ni oral, d’ailleurs : pour ça il faudrait réussir à voir les profs ou la vie scolaire, qui décampe de l’établissement à la vitesse de la lumière) ni information quant à la date et aux horaires des dites colles.

Pas grave si le minot se tape des heures d’attente pour que le taxi arrive, ou qu’au contraire la mère/le chauffeur/le pape se retrouve bloqué comme un con à attendre.

Une autre différence rémanente, aussi, entre les établissements publics français en hexagone et ailleurs : ailleurs, on ne daigne jamais informer à l’avance, voire informer tout court, de l’absence des professeurs. Et, bien sur, elles ne sont jamais justifiées auprès des parents ni des élèves. Je suis sans doute ultra mauvaise langue de trouver douteux que le prof X, à Nairobi, donnant cours le jeudi de 15 à 17h mais pas le vendredi, ait été absent UNE FOIS SUR DEUX ce jour là à ces heures là (parce que, si si, il était bien là la matin, comme c’est bizarre) : nooooooooooooooooooon, rien à voir avec un week-end prolongé sur les plages de sable fin voyons.

De même, je suis extrêmement exigeante de penser que l’absence de profs donnant cours à 15 et 16h lundi dernier aurait pu être communiquée aux parents durant la matinée, par exemple, et pas seulement à partir du début des heures concernées. Ce qui, en ce qui concerne mon gnome, a entraîné plus d’une heure d’attente, normal, le temps que les autres élèves passent le coup de fil, avant que je sois jointe, et donc encore une demi-heure en plus le temps que j’arrive.

Histoire de minimiser les coûts, les facilités destinées aux élèves seront toujours à minima du moment que ce manque ne provoque pas de désertion d’élèves et de la thune de leurs parents. Ainsi, ici, où l’école française règne en maître quasi absolu à partir du secondaire (ce n’est pas le cas pour la maternelle et la primaire) et ce alors, rappelons-le, que la température dépasse les 30° presque tous les jours avec un minimum de 65% d’humidité, les seules fontaines à eau (il y a bien les WC, mais l’eau n’est pas potable. VRAIMENT pas potable) de l’établissement….. sont dans le bâtiment de l’administration et de l’équipe pédagogique, et les élèves n’y ont pas accès.

Ce que la CPE a gentiment oublié de me dire le jour de notre arrivée, ce alors que je le lui ai précisément demandé si les élèves avaient accès à des fontaines. Pas grave si mon gnome a donc eu une bonne insolation après son premier jour, pour lequel je ne lui avais pas donné de bouteille d’eau puisqu’il était sensé en avoir à disposition.

Mais je suppose que ce n’est pas nécessaire d’installer des fontaines à eau dans l’établissement puisque, juste à côté, se trouve le bar/restaurant de l’Alliance française, où tous les élèves squattent et mangent quand ils ont cours l’après-midi : il est naturel que ces pré-ado et adolescents aux slips cousus d’or et d’argent dépensent 2$ à chaque fois qu’ils ont soif, hein. (Oui, encore, toujours le même point).

Mais, puisqu’on vous le dit, tout ceci est bien l’incarnation de « l’Excellence à la française ».

**** jouer du

jouer du pipeau

pipeau gif***

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