Clacs et Boîtes et Boîtes et Clacs


 

Mon Inconnu/e préféré/e,

Voilà longtemps que l’idée d’écrire un post « là-dessus » me trotte dans la tête, mais, comment dire….. Pas envie de m’attirer les foudres vengeresses de quiconque.

Je rappelle donc encore une fois que non, je ne donne aucune leçon, que l’Afrique n’est pas un pays et que je ne peux donc parler que de ceux que je connais, et que, dans ce domaine précisément, je parle en tant que moi individu, aka une femme Blanche, ce qui, comme je vais te l’illustrer rapidos, est dans ce domaine précis une anomalie aussi grosse qu’un beignet au beurre clarifié dans l’alimentation quotidienne d’une paléo.

Je vais parler de

 Boîte de nuit.

Attention !!!! Pas de salle ou de bar ou autre lieu proposant des concerts, car la population et l’ambiance y est radicalement différente, non plus que de véritables « clubs », lieux abritant la jet set ou la Haute X ou Y : là non plus cela ne colle pas avec ce que je vais te raconter, non plus, bien sur, que les fêtes privées. Je ne parle pas non plus des bars/boîtes dans les « hot spot » d’HP*, là où pas loin du tout résonnent les AK47 and co (là aussi, la dynamique est différente).

Non : je parle de boîte en capitale (ou au moins grosse ville). Au Sénégal, au Burkina, en République Démocratique du Congo, mais aussi en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Nigeria, et sans doute ailleurs, une boîte de nuit, généralement baptisée avec fierté night club, c’est foncièrement autre chose qu’un lieu où des gens variés viendraient principalement pour danser.

Plantons le décor : au choix, selon le public visé (et le prix des boissons, et d’autres choses aussi) :

Premier type de décor : la boîte en extérieur, souvent un truc ressemblant à une paillote où, généralement, le public sera relativement mélangé et où de pseudos-routards viendront traîner leurs guêtres parce que « ça fait local » (et d’ailleurs, le plus souvent les proprios et gérants sont, en effet, du coin):

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kwilu bar-kinshasa

Bon, le lieu en question (le Kwilu Bar à Kinshasa) propose également tout plein de soirées-concerts et accueille régulièrement toute l’intelligentsia kinoise. Mais pour le reste roule ma poule, ça colle. (Source Jeune Afrique)

ilu

Parfois, même, il y a des femmes asiatiques/blanches/arabes/étrangères.

lplpll

Second type de décor : la boîte interchangeable Miami/Moscou/Paris/Tel Aviv/Cotonou (mais attention, hein : la prostitution, c’est toujours chez les autres, et les journaux africains, spécialement ceux on line, font régulièrement des « dossiers » très détaillés, très illustrés et souvent très condamnatoires sur le sujet, mais presque toujours dans un pays autre que le leur) : bourré à craquer de miroirs, de piliers sur la piste de danse, de tabourets de bar trèèèèèès hauts perchés, avec beaucoup, beaucoup de lasers et boules à facettes, et une climatisation qui te fait entrer direct dans le cercle polaire. En général mais pas toujours, la dite boîte appartient cette fois-ci à un charmant Monsieur qui n’a pas la peau noire, européen, le plus souvent libanais ou grec ou italien ou russe ou libanais ou bien corse en Afrique de l’Ouest.

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nightclub-design

Un décor de ce style quoi….

LED-Baroque-Bar

Non, ce n’est pas « kitsch », c’est « swag » -et avant la dissémination de ce vocable choupinou c’était « standing ».

 

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La plupart du temps, dans la paillote « exotico-locale » comme dans la version « standing haute classe», l’entrée est gratuite sauf soirée à thème, ce pour les femmes comme pour les hommes : pas nécessaire de faire payer puisque, de manière générale, le prix des boissons avoisine celui de l’or (bon critère pour différencier les « boîtes de nuit » des lieux de loisirs comme les bars et les lieux de concerts). Plus le prix sera n’importe nawak, plus il sera considéré comme incongru de demander la monnaie, que de toute façon on ne te rendra pas spontanément. [Note que le côté marges-de-malade-mental-côté-boissons est très variable selon les pays et même selon les lieux. A Nairobi par exemple, les lieux où l’on peut se pochtronner pour aussi cher que le prix de ton taxi aller/retour sont assez rares : boire est un poste budgétaire nettement inférieur à celui d’un bon dîner]

De manière tout aussi générale, le prix sera « justifié » par le service souvent surréaliste : seau à champagne pour te servir ta bière par exemple (Oo), serveuses en tenue de gogo danseuses ou serveurs en tenue de groom et gants blancs (si si).

*** groo

groom

Donc, tu es dans une boîte digne de Girls Gone Wild, et ce sont des types comme aç qui te servent ton Coca (pardon, ton « Coke »). Normal. (Source)

m.

Là où tu commences à réaliser, si tu ne l’avais pas encore fait, que boîte est un peu beaucoup synonyme de clac quand tu regardes autour de toi et que tu vois que les femmes, sans exception, sont habillées comme ça :

*** les 6 pho

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pllplpp

 

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okokkokokokokokkokokokokokokokokokkkkok

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pkpkpkpkpkpkpkpkllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll

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ooh

Et que, côté clientèle masculine, tu as, dans tous les cas, une bonne grosse moitié de Blancs, au sein de laquelle 50% au moins ont dépassé la quarantaine voire s’approchent clairement du siècle et sont aussi classieux que ça :

** bière

 

 

biere-beauf

Bon, celui-là c’est quand même hardcore, mais si tu lui rajoutes un tee-shirt trop petit t’es dans la moyenne.

beauf***

En même temps, ils affichent la couleur très clairement, en portant des tee-shirts hyper second degré portant des inscriptions muy delicates telles que (je n’invente rien !!) « Come on I’ll promise you your sugar daddy won’t be disappointing » ; « le ventre du mbongo » (Traduction : le ventre de l’argent) ; « si tu es bien sage Bwana sera gentil ».

**t-s

i love pattaya

En trois sorties nocturnes, j’ai vu ce tee-shirt sur pas moins de 5 croulants différents. Non non ce n’est pas du tout glauque, qu’allez-vous chercher là. *note : Pattaya est dans le top 3 mondial des villes du tourisme sexuel-option pédophile qui plus est).

hirt :

Les Blancs présents qui n’ont pas connu la seconde guerre ni le début des 30 Glorieuses ont en général un look beaucoup plus sympathique. Mais le look ne change pas grand-chose à l’affaire, soyons clairs. Dreadlocks, crâne rasé, costard Armani ou vieux tee-shirt hardcore, même combat…

Bon, pas besoin d’enfoncer le clou jusqu’au tréfonds du rectum d’un de messieurs sus-décrits pour que vous compreniez que oui, les boîtes de nuit sont en fait des lieux de chasse pour les prostituées de haut vol (enfin, pas l’équivalent d’une call girl ayant ses 3 doctorats et son attestation de Kama Sutra 5ème dan non plus, mais largement, très largement au-dessus de l’addict au crack du boulevard Ney quoi : elles sont de quoi acheter à boire en arrivant et sont sapées/déshabillées de frais) et leurs clients.

Là où ça se corse et devient bieeeeeeeeeeeeeen perturbant, c’est que parmi toutes ces clônes de Rihanna, au moins un bon tiers ne sont pas des prostituées mais bien des djeunes (ou moins jeunes, l’âge n’a pas grand chose à voir avec le schmilblick dans le coin, ce qui change des classes biberons parisiennes) qui viennent s’éclater entre copines, voire en groupe avec des potes de sexe masculin (mais bon c’est quand même beaucoup plus rare). Même look, même biberonnage susceptible de rendre leur sang létal pour le moustique assez guedin pour venir s’approvisionner à la sortie d’une boîte), même danse euh…. Suggestive sur les mêmes talons plateformes.

** riha

Rihanna-amazing-photos-702x600

En cette fin d’année 2014, tu peux compter sur un bon quart de coupes+maquillage+piercing identique à la barbadaise préférée du monde dans n’importe quelle boîte de nuit kinoise.

nna :

Et là, j’adresse une pensée compatissante à mes différents amis (masculins, donc) qui ont sillonné les capitales du continent noir, et qui, en général après un verre ou deux et la fin de leur dernière histoire sentimentale, se plaignent de ne jamais savoir si la femme qui leur plaît ou/et qui leur fait des avances est une non moins charmante prostituée ou bien une bourgeoise sortie dépenser l’argent familial/gagné à la sueur de son front. Et c’est vrai que, si tu te plantes dans ton estimation (y compris dans le cas où tu refuses gentiment en arguant que tu ne payes jamais pour des services d’ordre sexuel ou sentimental), tu risques bien des choses outre la fin définitive de toute relation : gifle dans la gueule quand ce n’est pas le verre, insultes en cascades et frérots qui viennent en renfort ; portefeuille vidé miraculeusement, phone disparu, quand ce n’est pas carrément appartement minutieusement dévalisé.

giig

yi

Reste moi, fidèle à ma spécialité je-rentre-rarement-dans-les-bonnes-cases. Vous avez peut-être deviné, vues les caractéristiques énoncées, qu’il y a peu de BlanchEs dans ces hauts lieux de divertissement. En général, il n’y a qu’UNE boîte où ces dames sortent (pourquoi celle là plutôt que les autres ??? Seul NoctambuleGod le sait). Les autres, nada. Résultat, quand moi je sors avec mes copines « locales » et que, forcément, j’arrive dans une jolie « boîte », je fais tache. Je suis toujours la seule femme blanche.

**gif tu prends des ris

tu prends des risques cheri cheri

Aller en « night club » en capitale africaine quand tu es une femme blanche (ce sans un Homme), c’est un peu choisir d’être cette souris…

ques chéri chéri :

Et là, toujours également, je traverse quelques moments… euh… Bien remplis d’interrogations du style bon-dieu-que’est-ce-que-je-suis-venue-foutre-là-je-me-sens-hyper-à-l’aise-et-pourtant-je-le-savais-bordel-de-merde-à-cul-je-pars-tout-de-suite-ou-j’attends-de-pouvoir-le-faire-sans-que-ma-copine-le-prenne-comme-une-insulte.

Seule solution : s’hydrater bien comme il faut à coup de coups à (vous aurez deviné que forcément je préfère donc le style paillote, mon cortex se révoltant quelque peu à l’idée de payer 10$ une binouze) bien sonnés et de plus en plus alcoolisés, histoire de ne plus rien avoir à foutre des limaces baveuses qui plongent dans ton décolleté et bavent hallucinent en te voyant danser (car si si, certaines Blanches savent danser. Et non, ce n’est pas une vanne à deux balles : à CHAQUE fois que je suis allée danser quelque part en Afrique, je dis bien à chaque fois, on est venu m’exprimer son étonnement, le tout toujours assorti de l’assertion selon laquelle les Blancs/hes dansent avec un balai dans le cul et pas en rythme. Sérieusement. Et non, il n’y a pas que du compliment stratégique là-dedans, mais bien l’idée caricaturale très répandue que, non, les Blancs ne dansent pas, ou alors très mal.)

Mais en fait, le plus problématique, ce n’est pas souvent les hommes, blancs ou pas. Dans cette situation là, le souci ce sont les jeunes filles accortes. Selon le contexte, elles penseront que :

  • Tu es faite pour être leur amie pour la vie (et leur présenter le Prince-Charmant à visa et vison), auquel cas, c’est cool et tu peux même te faire des vraies potesses.
  • Tu es une cliente. Auquel cas, c’est plus compliqué tu vois. Parce que dire non, surtout passé 3h du mat, ça peut rendre la situation houleuse un peu. Ou juste pas agréable (non, une femme à moitié à poil qui s’écroule sur toi en sanglotant qu’elle est « mauvaise et diabolique » et qu’elle « sait bien que toi tu ne l’es pas » mais qu’il ne faut pas la détester mais qu’elle comprendra si tu lui craches dessus (sic), c’est pas ultra réjouissant. Mais NON, pas la peine d’expliquer que ce n’est pas l’homosexualité qui te pose un problème mais le fait que non, jamais jamais tu ne seras une cliente, et que d’ailleurs tu es mariée avec un homme que tu aimes, merci : cela relancerait encore la machine, souvent d’une façon encore plus désespérée, car si ce n’est pas le principe du lesbianisme qui te révulse alors c’est forcément elle, tu vois ?)
  • Tu es une concurrente. Là, c’est vraiment auch’. Entendons-nous bien : quand je dis concurrente, je ne dis pas forcément concurrente professionnelle, même si le cas s’est présenté à Nairobi (où la prostitution est protéiforme : il y a des prostituées femmes, hommes, noires, des indiennes, et, depuis quelques années, blanches (principalement slaves mais pas seulement). Mais le fait que certaines de ces dames, pour qui, soyons clair, le client est souvent le seul moyen de survie, envisage que ta présence puisse leur faire manquer leur affaire, et tu as intérêt à veiller sur tes miches, tes cheveux plus particulièrement, encore plus si, comme moi, tu les as très longs.

Dans le cas 2 et 3, tu dois faire face à un mélange de tout ça :

*Gif nooun

nounou psycho famille adams va tirer

 

 okokok

 pkpp

pkpk

Bref, tu kiffes bouger ton boule et tu aimes ne pas être à ta place mais n’en avoir rien à talquer parce qu’après deux ou trois ou vingt verres tu es juste THE DANCING QUEEN tout en étant capable d’éviter un combat de catch féminin de dernière minute au cas où tu ne plais pas à la Femelle Alpha ? Alors va danser au 3615/Vsecret/SuggarVIP/Mamboprincesse/Ulla Standing/Bossplace/Diamantsoeurette (tous des noms réels de boîtes présentes ou récemment disparues dans différentes capitales africaines).

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