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#On vaut mieux que ça: occasion d’expression du REEL à saisir :)

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Retrouvons les vraies valeurs on 26 février 2016 by violemmenthumaine

Bonjour à tous!

Pendant que je me tais et travaille comme une acharnée (Vouiiiiiiiiiiiiiiii! Truc de fou non? Là tout de suite là maintenant j’ai bien un taf, de deux mois et demi, ô joie ô allégresse) dans le Pays Fort Fort Lointain, il se passe des choses pas jolies jolies dans notre bel Hexagone.

Entres autres trucs qui transforment mon Pays que j’ai longtemps pensé être un havre démocratique et providentiel, il y a ce sublime projet de loi réformant le Code du Travail, vous savez, le truc qui fait que c’est plus cool d’être français que thaïlandais ou congolais par exemple (ou qu’étatsunisien aussi hein).

Heureusement, les Français ne semblent pas tous être devenus couillons et la résistance à ce projet s’organise.

Par exemple, ô toi mon/a bel/le Inconnu/e qui passe une bonne partie de ton temps on the world wide web, tu trouveras peut-être cette initiative intéressante (et oui, elle l’est):

lplplpl

Alors, toi oui toi là, fais une vidéo, écris un article, témoigne sur leur page facebook ou envoie-leur un mail, mais ne reste pas seulemennt planté devant ta télé en disant que c’est pô juste. Agis: on ne sait jamais, il y a peut-êtrre une chance que cela ait un impact et que, non, on ne dise pas totalement « amen » aux délires ultra-libéraux (qui, dans les faits, n’ont jamais aidé la masse, même  relativement aisée, mais toujours seulement les déjà très très très riches).

Réalité 1, Kant, 0

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo), XX et XY with tags , , , , , on 2 mars 2015 by violemmenthumaine

 

Salut mon Inconnu/e préféré/e !

Bon, j’ai envie, une fois n’est pas coutume, d’éviter tout sujet qui fâche ou qui serait susceptible de donner une envie certaine de changer d’espèce car l’homo sapiens, ça craint vraiment trop du boudin.

Il paraît par ailleurs que les blogs ou/et podcasts tenus par des êtres humains de sexe féminin les plus suivis sont les blogs mode/coiffure/beauté/relooking/nail art (je ne me fais toujours pas au fait que cette … discipline mérite à elle seule une appellation et une blogosphère particulière…) sous toutes leurs formes.

Banco !!! Je vais donc parler, une fois n’est pas coutume, de Beauté, de ce-qui-fait-que-tous-s’écrient-en-te-voyant-comment-elle-est-trop-bonn-c’te-meuf, et en fait, surtout, comme toujours ou presque, de comment tout ça n’est jamais qu’une affaire de goûts et que ceux-ci sont très variés dans la nature humaine. Cette phrase est vraiment lamentable.

Précision anti-trolls
Non, je ne prétends pas ici donner une définition de la Beauté (pour moi il n’y en a pas, si ce n’est que le Beau est dans celui qui le voit).
Non je ne décris pas un profil physique qui serait type, ni pour les Blanches ni pour les Noires.
Et non je ne prétends pas faire de ce que je décris une Vérité Absolue.
Encore une fois, je vais parler ici de représentations au sens sociologico-anthropologique du terme, c’est-à-dire de l’image que la majorité des individus au sein d’une société donnée associe à un phénomène, un concept, une action, une attitude, d’autres individus etc.

Un certain Emmanuel Kant a affirmé voici pas mal de temps qu’ « est beau ce qui plaît universellement et sans concept », et l’omniprésence de géantes immédiatement classables en malnutrition aigüe modérée si ce n’est sévère au MUAC sur nos écrans et affiches diverses et variées semble confirmer l’affirmation du défunt Allemand.

[Parenthèse : pour toi qui n’es ni HP* ni spécialiste de nutrition qui compte d’urgence, au cas où tu te demanderais ce que peut bien être ce MUAC :

Le MUAC,pour Middle Upper-Arm Circonference en sigle (on A-DO-RE les sigles dans l’Humanitaire, encore plus qu’en France), désigne la procédure standard utilisée aussi bien par les agences de l’ONU, les médecins ou associations locales que les grandes ONGs internationales, pour définir, catégoriser (l’HP* idolâtre la catégorisation, c’est l’un de ses pêchés mortels) le degré de malnutrition des enfants, et, par extension et bien que la définition des normes biologiques pose problème, les adultes. Comme pas mal d’autres trucs, c’est MSF qui a inventé le binz il y a quelques dizaines d’années, mais maintenant n’importe quelle boîte de pharmacologie et matériel paramédical le fabrique, et le vend pour pas cher (genre entre 5 centimes et 2,50€ quoi). Il s’agit d’un bracelet en plastique souple gradué dont une des extrémités, plus large, est creusée d’une fenêtre.

*** MUA

Un bracelet MUAC, c’est ça

Un bracelet MUAC, c’est ça

C –.***

Une fois intégrée, pas besoin d’avoir fait maths sup pour suivre la procédure : tu prends le bracelet, tu le poses au milieu du bras gauche de l’enfant (ou de l’adulte), pile poil entre l’épaule et le coude, et tu refermes la bande comme pour faire un bracelet qui colle à la peau, en faisant coulisser la languette dans la fenêtre. Un résultat apparaît alors dans la fenêtre évidée. Si jamais tu ne sais pas lire ou que ça te fatigue trop d’apprendre les mesures marquant les différents stades de nutrition/sous-nutrition, il te suffit de regarder la couleur dans la fenêtre : si c’est vert c’est OK, si c’est jaune c’est toujours à peu près OK mais bon quand même si tu veux pas voir revenir le lutin dans quelques semaines avec un « score » orange ou rouge va falloir qu’il bouffe mieux et plus, si c’est orange faut le soigner direct, et si c’est rouge faut le soigner là tout de suite là maintenant et l’hospitaliser parce qu’il peut clamser d’une heure à l’autre.

Voyez le truc ?

***starved f

Et ça s’utilise comme ça.

Et ça s’utilise comme ça.

or attention –

Si on regarde les chiffres de la zone rouge du MUAC enfant, la première fois, on a juste la fausse certitude d’une faute de frappe (mais hélas non, c’est la réalité). Mais si l’on regarde les chiffres communément admis pour les adultes pour reconnaître une malnutrition modérée, soit un diamètre inférieur à 18,5 cm, on constate qu’une bonne partie des « top models » entrent sans le moindre doute dans la catégorie des malnutries.

,m,m,

Echelle de détermination du MUAC pour adultes. Juste les faits, quoi....

Echelle de détermination du MUAC pour adultes. Juste les faits, quoi….

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Moi j’dis ça j’dis rien. Fermons la parenthèse]

mmnmnm

Le cul de Gaïa tu arboreras et les hommes à tes pieds tu auras

***statuette

 © Edith (Source)

© Edith (Source)

callypyge***

Je disais donc :

Kant était con. Le Beau est tout sauf universel.

Et, pour le type physique des femmes (et des hommes mais comme ici je suis la Chef je n’en parlerai pas cette fois parce que voilà) « étant » l’archétype de la Beauté, malgré les apparences, il est toujours lié à un endroit X à un moment t.

Voyez, moi par exemple : hexagonalement parlant, depuis le passage de l’Alien dans mon bide, je suis « grosse » puisque je mets un bon 44 : bouhhhhhhh-mais-comment-ose-t-elle-sortir-de-chez-elle-autrement-qu’en-sac-poubelle… Je devrais forcément me sentir moche, pas désirable ou alors « m’assumer » comme d’autres « rondes », car il y a/aurait quelque chose à assumer, donc. (Je hais depuis toujours la presse dite féminine, car je n’ai jamais kiffé me faire prendre pour une quiche. C’est donc avec un plaisir immense que je te renvoie, mon Inconnue/u, à ce site carrément jouissif).

Et la vérité est que oui, en France et ailleurs, dépasser le 40, quel que soit le rapport que l’on a à son corps (ça va très bien merci), et même si tu as une vie sentimentale et/ou sexuelle épanouie, dépasser le 40 donc, te rappelle régulièrement si ce n’est quotidiennement, de l’utilisation du « mobilier urbain » à l’achat de nouvelles fringues en passant évidemment et surtout par une grande partie de tes interactions sociales, que la société dans laquelle tu vis te trouve tarte et, pire encore, coupable de l’être.

So what ?

So : ça, c’est la réalité en France, dans le monde occidental, mais ici, tout comme dans tous les autres pays africains où j’ai habité (sauf le Kenya où c’est beaucoup plus mitigé, ou pour être plus exacte, foncièrement dépendant du type d’interaction sociale et du peuple auquel appartiennent tes interlocuteurs),

Je

Suis

Une

Bombasse

*** gif bonne raison de

Même que ouais.

Même que ouais.

se la péter beyonce*

Genre on me déshabille du regard.

***tum

blr***

Genre on me drague. Beaucoup.

Genre les femmes me complimentent à chaque fois qu’elles me voient.

Et comme ce n’est jamais agressif et jamais menaçant, (expression d’une admiration plutôt que d’une « option » posée d’office, ce qui n’est pas du tout la même chose) hé bien, je kiffe : ça fait du bien d’exister à nouveau dans les interrelations genrées, de sentir que l’on est attirante quand ton univers d’origine te fait vivre précisément l’exact contraire des dizaines de fois par jour.

Car oui, globalement, sur le continent africain, une femme considérée par le péquin lambda comme « belle » a « des formes », beaucoup de formes.

Certes, il y a des exceptions (notamment dans la zone de la corne de l’Afrique, où la majorité –pas tous- des peuples a généralement une silhouette fine, très fine même, et très élancée), et l’expansion de l’accès à MTV/Vanity Fair et compagnie amoindrit franchement le phénomène, du moins chez les jeunes. On frôle même à certains endroits la fracture générationnelle. Mais, quand même, il demeure que l’immense majorité des hommes et femmes sénégalais, gabonais, congolais, burkinabé etc., considère les choses comme ça :

Postérieur super marqué super cambré, poitrine opulente et enrobage global égale :

Silouette fine et à tendance androgyne égale :

***gif non non

non non mais non lol

mais non lol***

Yep : si tu rentres dans un 36 ou même un 38/40 si tu as plus de 25 ans, tu attireras même l’inquiétude plus que l’envie. On te demandera parfois si tu n’es pas malade, ou ne te laissera tranquille que lorsque tu auras fini ta deuxième assiette, et si tu veux serrer tu passeras après ta « copine rigolote » de « chez nous ». Plus encore que la minceur, perdre du poids n’est jamais envisagé comme quelque chose de positif, mais toujours comme la traduction de quelque chose de négatif, au pire que tu as le sida, au mieux que tu es soucieuse ou fatiguée en ce moment. Vouloir faire un régime pour perdre du poids te transformera en sujet de plaisanterie, où, d’ailleurs, on te reprochera souvent d’être « Blanche dans ta tête », (et cette attitude n’est pas réservée aux classes pauvres ou/et peu éduquées).

Perso, ce changement me fait toujours, les premiers mois, un bien terrible à l’égo.

***gif chewba

Chewbacca Hair

cca hair***

Parenthèse info :
Ici comme partout, les humains et plus encore les humaines sont prêts/es n’importe quoi pour se plier au dictat sociétal (même que). Quand je dis que le méga cul méga cambré est un but à atteindre, il est donc logique que certaines jeunes femmes se fassent des trucs whatthefuckesques et dangereux bieeeeeeeeeeen comme il faut pour atteindre leur idéal physique. Même se fourer des cubes Maggie dans l’anus. ……

*** source

bombe

*** Cube Ma

gie

Cheveux longs attirent les flonflons (et les biftons)

Bon. Il me faut être honnête : une autre de mes caractéristiques physiques provoque l’enthousiasme et attire irrésistiblement les regards, et cette fois-ci ce n’est pas toujours très agréable…

J’ai les cheveux longs. Pas comme les accortes et souriantes jeunes femmes au brushing aérodynamique des publicités pour shampoings de notre petit écran, non. Vraiment, vraiment longs : détachés, je peux me les coincer sous les fesses en m’asseyant.

Et ça, comment dire…..

Il y aurait un documentaire fantastique à faire sur le rapport qu’ont les femmes noires avec leur chevelure, comment certaines sont capables de foutre la moitié de leur budget dedans en en changeant deux fois par mois, comment les divers rajouts et perruques qu’elles se plantent sur la tête finissent par les rendre à moitié chauves, comment le business des rajouts en cheveux naturels, majoritairement issus de la misère à la Causette (celle du père Victor hein, pas celle du « féminin du cerveau et pas du capiton ») de l’Inde et d’Amérique du Sud, a explosé depuis une dizaine d’années (325000 résultats sur Google pour « extensions cheveux naturels ») et comment ce sordide trafic ne semble choquer absolument personne ou presque.

          mm,m,

Où que j’aie trainé mes guêtres en brousse ou en quartiers populaires, j’ai toujours fini par me faire tripoter les cheveux par des filles au regard émerveillé.

Quelque soit le pays où j’ai séjourné, il y a toujours eu une femme de classe aisée pour me proposer de me les acheter. Sérieusement. La première fois, je l’ai plutôt mal pris, mais à la longue je vois venir le truc en avance et ai appris à refuser poliment sans offenser ma « copine » du moment, ce même quand les enchères atteignent des sommets indécents pour la serveuse, le taxi, l’agent de sécurité ou la femme de ménage qui écoute à côté. Cela dit, la cote de la mèche de cheveux naturels n’est pas la même partout : à Kinshasa on m’a proposé 200$ alors que les mêmes tifs avaient été estimés à 500$ à Nairobi…

llblb

Relativisme esthétique : bonus track centrafricain

Je ne peux pas clore cet article sans évoquer un aspect…. Déstabilisant des règles de la beauté ici. Cette fois ci, je ne suis pas concernée (je suis un peu beaucoup une hystérique de la pince à épiler), et cela concerne principalement les pays d’Afrique centrale     tels que la RDC, le Congo Brazza, le Cameroun, le Burundi, une partie de l’Ouganda et une partie de l’Angola, même si le phénomène existe également en Afrique de l’Ouest.

Je n’ai toujours pas réussi à savoir si ce fait culturel était exclusif à certains peuples, mais il est clair qu’il ne concerne pas ou peu les classes sociales ayant eu accès à un enseignement universitaire et que le phénomène tend à diminuer dans les jeunes générations.

Il n’y a pas que les poils capillaires qui provoquent admiration et fantasme. Il y a aussi les poils tout courts, plus spécifiquement les poils au visage et dans le décolleté, qui, selon les interlocutreurs/ices et les bleds, sont considérés comme le signe d’une sensualité de folie, d’une grande fertilité (et parfois aussi de sorcellerie).

Hum. C’est clair que la première fois que vous vous trouvez nez à nez avec une femme habillée de son plus beau pagne ou de son tailleur en faux Dolce Gabana, maquillée, coiffée, parfumée, juchée sur des chaussures de couturier, mais arborant fièrement des poils bieeeeeeeen longs, et bieeeeeeeen frisés sur le menton, la lèvre supérieure ou au beau milieu d’un décolleté plongeant, ce n’est pas forcément évident de ne pas les fixer et de rester attentif.

**ma

Exemple relativement courant à Kinshasa de pilosité faciale fièrement arborée

Exemple relativement courant à Kinshasa de pilosité faciale fièrement arborée

mi***

Queen okafor, jeune femme habitant à Lagos au Nigéria, à la pilosité certes peu courante mais qui, dixit différents sites africains : « fait courir les hommes et les femmes » Source

Queen okafor, jeune femme habitant à Lagos au Nigéria, à la pilosité certes peu courante mais qui, dixit différents sites africains : « fait courir les hommes et les femmes » Source

***     Source

Tout ça pour dire que définitivement, non, « la » Beauté n’est pas universelle. Pan dans les dents à Kant…

Charlie à Kinshasa

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo), Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , , , , , on 5 février 2015 by violemmenthumaine

 

Salut mon Inconnu/e préféré/e !!!

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Détail article page 3 du journal congolais le Phare du 3 février 2015.

Détail article page 3 du journal congolais le Phare du 3 février 2015.

* fermeture réseaux sociaux.

UPDATE pré article (comment ça c’est un non-sens sémantique ?):

Bon, vous le savez, ou pas, mais le beau pays Fort Fort lointain où je réside à nouveau depuis quelques mois a connu et connaît les prémisses d’un nouvel épisode de grand foutoir depuis quelques semaines.

Explication rapide : le président actuel, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2002, finit actuellement son deuxième mandat quinquennal (les deux premières années au siège présidentiel n’ayant pas été le fruit d’un vote démocratique mais le résultat des accords de Sun City, qui ont mis « fin » à la guerre). La constitution interdit, comme dans pas mal de pays dont le notre, de prétendre à un troisième mandat. Or celui en cours se finit en 2016.

Joseph a donc tenté de voir si y’avait pas moyen de changer la constitution. La réaction de la « communauté internationale » a visiblement suffi à lui faire abandonner l’idée pour le moment. Il fallait donc trouver autre chose. Qu’à cela ne tienne : il se donnerait du temps (celui de voir comment la « communauté internationale » réagira aux aléas électoraux de ses voisins, en l’occurrence le Burundi et, surtout, le Rwanda) en repoussant les élections par le biais de la loi électorale. Kesaco ? Au Congo comme partout ailleurs, chaque élection est précédée du vote d’une loi électorale, qui rappelle ou précise les modalités de la dite élection. Chez nous, ça passe comme une lettre à la poste car la loi électorale ne change pas grand-chose et se contente de rappeler le nombre des circonscriptions, ce genre de choses. Ici, la majorité électorale a tenté d’ajouter un petit article, l’article 8, qui assujettissait la conduite des élections à celle d’un recensement national, ce qui, d’un point de vue « transparence et vérité des élections », peut sembler pertinent, ce d’autant plus que le dernier recensement date quand même de 1984 (!!!! Depuis, les organisations nationales et internationales ne travaillent que par des projections. N’oublions pas non plus qu’on considère que près de 75% de la population n’est pas enregistrée à l’état civil –normal, c’est payant-).

Le hic, c’est que dans ce pays aux dimensions continentales doté d’infrastructures proche du néant, un recensement ne peut se faire en moins de 2 ans. Comme la majorité savait très bien que le truc n’allait pas passer comme un couteau dans du beurre, elle a fait voter la loi par l’Assemblée Nationale en catimini dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 janvier. Lundi 19, c’était le darwa : manifestations, et, comme souvent ici et n’importe où quand une majorité écrasante de la population vit dans une misère crasse alors que le pays est de plus en plus riche, des pillages. Le bordel a duré quatre jours, jusqu’à ce que le sénat (qui, comme chez nous, doit revoter la loi après l’Assemblée), qui avait suspendu ses délibérations dès le lundi midi, déclare qu’il laisse tomber l’article 8. Le week-end d’après, dans la nuit du dimanche au lundi, une nouvelle loi, conçue par une commission mixte Assemblée/sénat, a été votée, sans le fameux article 8 mais avec tout plein d’alinéas, dont l’article 115, qui maintiennent, ce dans un flou artistique propice à l’apaisement des foules, la conditionnalité des élections au recensement.

Dès le deuxième jour, soit le mardi 20 janvier, le gouvernement, pour minimiser les capacités d’organisation des mouvements d’opposition et de la jeunesse (ici comme ailleurs, les salops d’étudiants ont été particulièrement actifs, et Unikin, l’université spécialisée en sciences humaines/sciences politiques/droit, a été l’un des foyers d’insurrection les plus actifs, ce même alors que la force publique congolaise l’ait encerclée dès les premières heures), a purement et simplement fermé les signaux des fournisseurs d’accès à Internet, et rendu impossible l’envoi de textos sur tous les réseaux téléphoniques (il y en a globalement 5 en RDC). Au bout d’une semaine, le pays accusait des pertes de 19 millions de $ américains par jour !!. C’est qu’ici comme ailleurs, l’économie entière, à commencer par les banques, fonctionne désormais entièrement via le web. Le gouvernement a donc ré-ouvert les vannes d’Internet… Pour les entreprises, et seulement pour les boîtes emails, les sites et pages business. A ce jour, soit mercredi 5 février, il est toujours impossible de se connecter à un réseau social (Facebook, Twitter, Snapchat, Tumblr, mais aussi LinkedIn), de recevoir ou envoyer un texto, et de surfer d’une manière ou d’une autre sur son téléphone mobile (ceux-ci utilisaient la 3G, et ce système là, lui, n’a pas été réactivé du tout). Comme je fais partie des privilégiés, je suis donc, après plus de deux semaines sans connexion -ce qui n’est pas un drame en soit voyez, mais peut être problématique quand vous vivez à des km de votre famille et que la presse claironne que ça pète un peu un peu là où vous vous trouvez-, et pour une somme équivalente au salaire mensuel de la plupart des femmes de ménages et gardiens du coin, passée à la 4G.

Personne ne sait quand le gouvernement congolais remettra les réseaux à la « normale », ce qui laisse présager de nouveaux soubresauts, et peut légitimement mener à conclure que l’article 115 (remonte un peu tu verras de quoi je parle) n’est pas là pour rien, et que peut-être, d’ailleurs, la loi passée ne sera pas promulguée. Voui : ici, comme dans plein d’autres pays, la promulgation des lois dépend, après vote à l’Assemblée puis au Sénat, de la ratification présidentielle… dans les 15 jours qui suivent le vote au Sénat. Soit dimanche prochain. Le suspens est à son comble et comme les Léopards, l’équipe nationale de foot congo-zairois, a perdu son match de demi-finale de la CAN hier soir, la population n’est à nouveau plus distraite….

Tout ceci explique pourquoi l’article suivant peut sembler si retardataire, voire franchement dépassé. Mais l’actualité ci-dessus évoquée éclaire plus violemment encore ce que je voulais dire ici. Voyez : Charlie/LIBERTE D’EXPRESSION/FERMETURE D’INTERNET. OK ??

*** article de la page 3 du journal con

article de la page 3 du journal congolais le Phare du mardi 3 février 2015.

article de la page 3 du journal congolais le Phare du mardi 3 février 2015.

golais le Phare du mardi 3 février 2015.

Bon. Ceci acquis, passons si tu le veux bien mon Inconnu/e, à ce qui m’a tellement énervée. :

Je ne voulais pas rajouter un grain de sable dans le marigot hystérique mondial autour de la mort d’icônes de ma jeunesse (initiation sexuelle via Wolinski à la fin du collège, –ouais je sais ça fait zarbi en ces temps de youporn que voulez-vous j’ai plus de 25 balais-, période punk, et, vraiment jeune cette fois-ci, les caricatures de Dorothée –truc de ouf non, que quelqu’un paye quelqu’un d’autre pour se faire caricaturer !!-) : tout se dit et continuera un petit moment à se dire, y compris du très con qui met en colère et qui donne envie de pleurer, et pas souvent ce que je pense -et non je ne suis pas l’auteure de cet article, mais, comment dire, c’est tellement ce qu’il y a dans mon cœur et ma tête que voilà je le mets direct en lien).

 

Mais, sans doute parce que je me suis sentie, ici à Kinshasa, très, très, très seule et par là très, très, très triste, je suis en colère, très en colère. Alors si, je vais parler comme tout le monde de « Charlie ». Mais ici, à Kinshasa.

Mise en bouche (parce que, même si les journaux et plus encore les réseaux sociaux l’oublient plus ou moins involontairement, le contexte, c’est TOUT)

Chère/er Inconnue/u, le Pays Fort Fort Lointain qu’est la République Démocratique du Congo est beaucoup, beaucoup de choses, mais pas vraiment une Démocratie où l’Etat de Droit et la Liberté d’Expression dépassent le vague concept, comme les derniers événements le montrent plus que bien.

Tu vois par exemple, quand tu es journaliste ici et que tu veux dire ou écrire autre chose que « Ouah c’est cool ce que vous faîtes messieurs du gouvernement », c’est, souvent et depuis longtemps, risquer sa vie, et, parfois, la perdre.

*** Bilan liberté

Petit extrait par capture d’écran du bilan 2014 de la liberté de la presse de RSF, page sur la République Démocratique du Congo.

Petit extrait par capture d’écran du bilan 2014 de la liberté de la presse de RSF, page sur la République Démocratique du Congo.

presse RSF 2014***

Tu vois par exemple, trouver que tenter –et réussir- de changer la loi électorale pour faire semblant de ne pas changer la constitution et ainsi pouvoir briguer un autre mandat ou, en l’occurrence, l’allonger éhontément, c’est pas normal et, donc, manifester devant l’Assemblée Nationale, c’est savoir que l’on va se faire caillasser par les flics. Lundi 12 janvier par exemple, et puis aussi lundi 19, où la première réaction policière a été de tirer à balles réelles. Pas de liberté de manifestation ici.

*** congo cl

Carte interactive du classement de la liberté de la presse dans le monde 2014 . Reporter Sans Frontières. La RDC est donc classée 151ème (sur environ 180).

Carte interactive du classement de la liberté de la presse dans le monde 2014 . Reporter Sans Frontières. La RDC est donc classée 151ème (sur environ 180).

assement**

 

Tu vois, il y a deux semaines, quand les étudiants ont voulu exprimer leur opinion, certains d’entre eux, et pas qu’un peu, ont fini à l’hôpital, et en sont mystérieusement sortis dans des camions de la force publique, quand ils n’ont pas été purement et simplement exécutés (dans l’hôpital oui oui). L’activiste droitsdelhommiste (tu sais, cette « insulte » inventée par l’un de nos ex présidents) qui était présent lors de ce haut fait d’armes, a, lui aussi, connu quelques bricoles…

C’est le cas dans plein d’autres pays, comme l’ont fait si finement remarquer tout plein de journaux après le défilé de présidents divers et variés dimanche 11 janvier à Paris (et tant pis si ce fait précis est une première dans l’histoire, tant pis si, plus qu’une hypocrisie sur la liberté d’expression, cela révèle, à mon sens, autre chose, comme par exemple, un amour de la France et la persistance de son importance sur l’échiquier mondial –toutes choses qui ne vont pas dans le sens de beaucoup, dont l’histrion en tête de gondole éditoriale en France en 2014- et, aussi et bien sur, un consensus politique contre le fondamentalisme islamique, plus spécialement sous sa forme terroriste).

C’est même parfois –rarement c’est vrai, mais quand même- le cas chez nous (on n’est que 39ème dans le classement RSF hein). C’était plutôt courant sous notre intouchable Général, et ça a connu un renouveau flippant sous notre précédent Président. Et l’hystérie consécutive à « Charlie » ne tend pas à prouver que la Liberté d’Expression est réellement constitutive de notre pays. M’enfin bon.

D’un autre côté, contrairement à nombre d’autres pays du monde, le Congo ex Zaïre abrite peu de musulmans, lesquels n’ont aucun poids politique ni démographique à Kinshasa. La France ne provoque pas non plus d’animosité particulière dans le pays. Pas de risque particulier, donc, à soutenir Charlie Hebdo ici (contrairement à d’autres pays comme le Sénégal ou le Niger, où des manifestations anti-françaises se sont déjà déroulées.)

 

Vous gardez ça en mémoire pour la suite ?

Bien.

Ambassade : représenter la France, oui, mais pas Charlie

Il y a une Ambassade de France à Kinshasa. Il y a aussi une Alliance française, et un Cercle français.

Certaines/s des Inconnues/s qui viennent ici ne savent pas trop ce que c’est, cette Alliance et ce Cercle ?

Les Alliances françaises sont des centres culturels. Présentes dans presque tous les pays du monde, parfois sur plusieurs sites dans un même pays, elles « représentent la culture française et l’ouverture sur le monde ». Les Alliances proposent des programmes d’enseignement du français, sanctionnés par des diplômes reconnus par l’état, et des programmes culturels, centrés sur la culture française et celle du pays d’accueil : médiathèque, expositions, concerts, diffusion de films, de ballets, de pièces de théâtre, organisation de débats…. La plupart des Alliances possèdent au moins un petit bar voire un restaurant. C’est le cas à Kinshasa, ce dernier étant doublé d’une grande terrasse, l’un des lieux les plus courus de la ville, y compris par les congolais –de classe aisée bien sur-.

Il s’agit de structures étatiques, c’est-à-dire que les équipes directrices sont des fonctionnaires, nommées par l’Etat (même si le budget national alloué au financement des Alliances françaises à travers le monde a prodigieusement –plus de 70% !!!!!- diminué depuis vingt cinq ans).

A Kinshasa, l’Alliance et ses différentes structures sont ouvertes du lundi au samedi jusqu’environ 23h, plus lors des soirées-concerts, mais est totalement fermée le dimanche.

Le statut du Cercle français, ou « Maison de France », est moins « officiel »: ici à Kinshasa, il appartient à l’UFE (Union des Français de l’Etranger), l’une des deux plus importantes associations d’expatriés français. Théoriquement apolitique et relevant d’un statut associatif, l’UFE est cependant reconnue d’utilité publique et a des liens plus que privilégiés avec l’Ambassade française dans tous les pays où j’ai séjourné. A Kinshasa, le Cercle français jouxte l’Alliance française, qui elle-même partage sa concession avec le complexe scolaire secondaire français. Le Cercle propose quelques vagues manifestations commerciales culturelles de type marchés artisanaux ou foire aux vins, mais surtout de nombreuses activités, sportives principalement, le tout à l’intérieur de son complexe : un petit bâtiment, deux courts de tennis et surtout une piscine, un bar aux tarifs prohibitifs et aux snacks parmi les plus dégueulasses de la ville, et l’un des restaurants les plus onéreux de Kinshasa, modestement et très apolitiquement nommé le Petit Trianon.

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Le petit Trianon (Source)

Le petit Trianon (Source)

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Le mur d’entrée de la concession du Cercle est orné d’un gigantesque « coq français » en céramique, à gauche de l’entrée, plus un autre aux couleurs du drapeau, peint, sur le mur à droite, sous l’inscription « Maison de France ».

Le Cercle est ouvert tous les jours mais ferme à 22h, et à 17h le dimanche.

Voyez le tableau ??? Tout cela représente, de manière très officielle donc, la France.

Je répète : ces lieux représentent la France à Kinshasa.

Quelles ont été les manifestations organisées par ces différentes structures ?

  • Le Cercle : rien, nada, nibs de nibs. L’UFE, au niveau international, s’est quant à elle fendue d’une manifestation hyyyyyyyyyyyyyyyyyyyper lourde question impact et représentativité : une « marche virtuelle », dont la complexité (il suffit, si tu es inscrit à l’UFE, de cliquer une fois au bon endroit après avoir indiqué le pays où tu crèches) démontre avec brio la nécessaire implication des participants et la diffusion ultra large (non seulement il est impossible de partager le truc via un quelconque réseau social grand public, mais la dite marche ne figure pas sur les sites des délégations nationales de l’UFE, en tous cas pas celle du Congo) suffisent à faire oublier le fait pas du tout foutagedegueulesque que la dite marche a été mise en ligne…. Le 14 janvier. Quoi vous trouvez que c’est un peu tardif comme action et que ça fait un peu pas très « unité nationale » comme approche ??! Vous êtes d’une totale mauvaise foi, d’ailleurs moi je propose que le prochain 14 juillet soit fêté le 25 aout.

*** marche

caapture ecran UFE 1

Exemple d’e-communication ultra efficace, donc.

Exemple d’e-communication ultra efficace, donc.

1 +2***

  • L’Alliance : organisation, dès le vendredi qui a suivi les exécutions de la rédaction de Charlie, d’une exposition d’illustrations satiriques autour de l’événement pendant un mois. Rien d’autre, pas de débat, pas de réunion proposée, pas d’ouverture le dimanche de la marche nationale.

Sauf que j’y suis allée, voir « l’expo ». Abritée dans la médiathèque, c’est-à-dire pas dans le hall dédié aux expositions, les vraies. Elle se résume à un panneau de liège recto/verso sur lesquels ont été scotchés des photocopies en noir et blanc, pas franchement lisibles, de pages de journaux congolais ayant couvert l’événement, et un demi-panneau sur lequel ont été scotchées une photo de Cabu (en couleur, lui) et de Wolinsky. Ça c’est de l’investissement, ça c’est de l’hommage, une vraie réflexion sur le concept de caricature et de la liberté d’expression !!….

Peut-être que des gens ont été aussi un peu énervés par la chose, vu que, depuis la semaine dernière, est prévue de surcroît, pour le mois de février, un deuxième « expo », toujours dans les mêmes conditions, soit sur les panneaux en liège dédiées aux petites annonces de la médiathèque, présentant des caricatures (sur l’événement?) conçues par différents dessinateurs congolais. On verra bien ce qu’il en est….

 

  • L’Ambassade : mise à disposition d’un « livre d’Or » !!!! Sérieux, j’ignore qui est le/la responsable communication de l’Ambassade, mais, comment dire, il ou elle témoigne d’un manque d’à propos dans le choix de la terminologie quelque peu hallucinant. On aurait pu dire, bien des choses en sommes, en variant le ton, comme par exemple livre de soutien, cahier de témoignages citoyens, recueil de condoléances…. Le dit livre n’a été accessible que pendant 3 jours, du 12 au 14 janvier, soit après le jour de deuil national et après la marche nationale, et seulement pendant les heures d’ouverture, et pas une minute de plus. Il était disposé à l’intérieur du bâtiment consulaire, soit bien APRES le passage des contrôles d’identité, ce qui signifie que pour les personnes n’étant pas ressortissantes françaises et ne cherchant pas à avoir de visa, bin c’est mort : si t’es pas français t’as pas à te sentir touché par l’événement et en tous les cas pas le droit de vouloir témoigner de ton soutien aux morts, à leurs familles ni à la France. C’est ce qu’on appelle un coup de comm’ de folye côté « ouverture sur le monde » ça coco!!

Le fameux dimanche 11 janvier, quand plus de 3 millions de français communiaient ensemble, le fameux « Livre d’Or » n’était pas encore disponible, l’Ambassade était fermée as usual et n’avait rien organisé, pas même un discours (ce jour là, ni avant, ni après), l’Alliance était aussi fermée et le Cercle restait identique à lui-même.

Quand un ressortissant français eut la bonne idée de mobiliser son large réseau (pas comme le mien donc) pour inviter ses compatriotes et ceux qui voulaient à se rejoindre autour d’un verre ce fameux dimanche, le tout à 19h au Cercle et en a officieusement informé l’Ambassade, le Cercle n’a pas prolongé ses heures d’ouverture malgré le côté exceptionnel de la chose. Assez logiquement, quand les gens sont arrivés dans leur voiture et qu’ils ont vu le portail fermé, ils sont donc repartis (à ma connaissance au moins une cinquantaine de personnes).

Voilà.

« Union nationale », « événement national », « deuil national », « atteinte à la France » ??? Pour l’Ambassade et ses petits chiots, cela n’est pas entré en ligne de compte, cela ne méritait pas qu’on en fasse pas même une occasion de se réunir.

 

Cerise sur le gâteau

Comme si cela ne suffisait pas, il s’est passé un truc…. Un truc tellement merveilleux que cela m’a fait passer l’envie d’aller inscrire quoi que ce soit dans ce si mal nommé « livre d’or », de peur de ne pas réussir à réfréner mon envie subite d’insulter le personnel de l’Ambassade, digne représentation de la « France des Droits de l’Homme ».

Le vendredi qui suivit les exécutions chez Charlie, une petite quinzaine de personnes, majoritairement des Congolais mais aussi quelques Blancs (j’ignore s’ils étaient français), se sont regroupés devant les murs de l’Ambassade de France avec des panneaux « je suis Charlie ». Ils ne criaient pas, ils n’ont pas tenté de pénétrer dans l’enceinte de l’Ambassade. Ils étaient juste là pour soutenir Charlie et son pays. Notre pays et sa valeur « sacrée » qu’est la liberté d’expression.

Que croyez-vous, chers/ères Inconnus/es, qu’il se passa ?

Hé bien la « manifestation », soit 15 quidams silencieux avec des feuilles A4 brandies les bras levés, donc à l’évidence une foule outrageusement belliqueuse, fut « dispersée » par les jolis Robocop locaux, les joyeux drilles de la PIR, c’est-à-dire l’équivalent de nos CRS, uniforme compris.

***rob

les Robocop kinois, ce sont eux. (Ceci est un recadrage d’une photo de © Christophe Rigaud, lors de la manifestation, ou plutôt la tentative de manifestation contre la réforme de la loi électorale du lundi 12 janvier 2015 à Kinshasa)

Les Robocop kinois, ce sont eux. (Ceci est un recadrage d’une photo de © Christophe Rigaud, lors de la manifestation, ou plutôt la tentative de manifestation contre la réforme de la loi électorale du lundi 12 janvier 2015 à Kinshasa)

ocop 

Yes.

Oui oui oui.

Des gens, des Congolais, sont venus témoigner pacifiquement de leur soutien à la « valeur française » qu’est la liberté d’expression et aux « morts nationaux » que sont les 12 (ce jour là, à cette heure là, les 5 autres étaient encore en vie) personnes de la salle de rédaction de Charlie Hebdo devant l’Ambassade de France, et furent violemment (ici la Force publique est rarement autre chose que violente) remis à leur place : le néant.

Last but not least : le truc, c’est que la vitesse de réaction de la force publique congolaise est proche de celle de l’escargot. (si les flics et militaires sont là lors des manifestations, c’est qu’elles sont prévues).

Alors, même si je n’ai aucune preuve de ce que j’avance, on peut légitimement supposer à défaut de savoir, que c’est quelqu’un de l’Ambassade, et forcément quelqu’un de haut placé, qui a appelé les Robocops.

Nausée et double gerbouille.

A part ça tout est normal hein.

« Etre né sous l’signe de l’hexagone c’est pas franchement une sinécure

Et le roi des cons sur son trône il bosse à l’ambassade de France à Kin ça j’en suis sure. » (Renaud m’excusera de déformer son texte).

Et Bonne Année à toutes et tous mes Inconnus/es.

Pour vous la souhaiter de manière moins pas glop, voici la principale caricature congolaise sur Charlie.

**** je su

© Kash

© Kash

is charlie***

 

UPDATE Post article :

Rayon connerie made in French Ambassy, sur un tout autre sujet, celui de la protection des ressortissants, ils ont fait très fort lors de la semaine d’émeutes et répression policière. Vraiment fort. En gros, ils ont juste… rien fait.

Le truc le plus top moumoute, c’est que leurs consignes (en gros, « ne sortez que si c’est nécessaire et évitez les foules ») ont été transmises…. Sur leur site Internet. C’est-y pas fort ça, quand le pays entier s’est retrouvé sans accès au Net ?

Mais ils n’ont pas fait, ou plutôt pas pas fait, que ça. Alors que la Belgique, le Canada, les USA, ont fermé leurs écoles dès le mardi, alors que toutes les écoles publiques et privées congolaises ont fait de même (quand, en ce qui concerne les universités, elles n’étaient pas occupées par des étudiants en colère évidemment), la France…. N’a juste rien fait. Du tout.

Il faut savoir que, contrairement à ce qui se passe sur le territoire français où les proviseurs/ses sont responsables directement de la sécurité de leurs élèves et ne reçoivent de directives que du rectorat et du préfet, les directeurs d’établissements français à l’étranger sont assujettis aux consignes de l’Ambassade. Théoriquement, ils ne peuvent rien décider de leur propre chef. Le résultat magnifique de cet état de fait et de l’inertie absolue de l’équipe de l’Ambassade de France à Kinshasa a été que les élèves se sont retrouvés entre 3 et 5 par classe (bin oui, les parents ne sont pas cons), et que tous les jours de cette semaine faste, les élèves qui venaient étaient invités à repartir entre 2 et 4 h après leur arrivée. Invités seulement, vous noterez. Les pauvres mômes de parents optimistes qui se sont retrouvés en classe le jeudi, par exemple, ont regretté amèrement leur présence, puisque, dans la classe de mon gnome en tous cas, un prof ultra brillant a eu l’idée de « les faire parler »… et n’a plus ouvert la bouche pendant que les gamins échangeaient leurs expériences traumatiques internationales diverses en alimentant ainsi leurs peurs, ce sans que la charmante prof ne songe que son « idée brillante » aggravait les choses plus qu’elle ne les calmait. Heureusement que mon gnome à moi est exceptionnel côté flegme hein. Enfin bon.

Le truc qui rend ces faits encore plus « pertinents » et pas du tout choquants, c’est que le complexe maternel/primaire, lui, a suivi des consignes plus strictes et a bel et bien fermé plusieurs jours. Serait-ce que sa localisation l’exposait plus directement de potentiels troubles ? …. Bin en fait c’est plutôt le contraire. L’école primaire et secondaire se trouve au bord du fleuve, juste en face de la résidence de l’Ambassadeur, soit sur l’un des bords de la commune la moins touchée par les troubles quand ils adviennent (à la vérité, ce coin là n’a été touché par les pillages/combats que 3 fois dans toute l’histoire postcoloniale de la RDC hein –en 1993, 2003, 2006 et dans une toute petite mesure en 2011). Par contre, le complexe secondaire,

1) est ouvert,

2) n’a pas de « safe zone »,

3) se trouve de l’autre côté de cette commune, soit à quelques centaines de mètres de la frontière avec une autre commune, beaucoup plus populaire, elle, et où des mouvements ont été signalés.

….. Décidément, vraiment, le Roi des Cons bosse bien à l’Ambassade de France à Kinshasa…

 

Ubu à l’aéroport

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , on 17 novembre 2014 by violemmenthumaine

 

Mon Inconnu/e,

Peu après que l’on se soit agité et qu’on ait chié fait passer en accéléré un Patriot Act à la sauce camembert  sans que presque personne  (quand même ! ) ne lève un seul sourcil et où si peu d’élus n’aient tenté (et réussi, merci à tous les sus-mis-en-lien) d’amender le truc (sauf les Verts), le tout sans en parler ou presque, on pourrait croire que les frontières du monde entier sont du gruyère, que la Mondialisation avec un grand M a définitivement tout conquis, et que puisque tant de monde en pâtit voit l’impact plus ou moins directement dans sa vie, passer d’un pays à un autre, s’y installer si tant est que l’on passe par les voies légales et que l’on ne soit pas pauvre, communiquer et acheter des produits d’un pays à un autre serait du nanan.

**** gif dalai lama mort de

dalai lama mort de rire devant question con

rire devant question con****

Bon, sérieusement : reprenons les affirmations juste pour voir.

1) Voyager d’un pays à l’autre c’est facile.

1bis) S’installer à l’étranger, ce n’est un problème que lorsqu’on est pauvre/gros hippie/illégal.

Avant de contre-illustrer ces affirmations, je reprécise que tous mes exemples, réels, ne concernent (à une exception près) que des personnes de classe aisée (entre 2000 et 25000 euros par mois pour la famille), dont les séjours multiples en des points éloignés de la planète sont toujours liés à leur parcours professionnel et familial.

Attachez vos ceintures, on plonge encore une fois en Absurdie. Kafka n’a qu’à bien se tenir.

On disait donc : Voyager d’un pays à l’autre c’est facile. S’installer à l’étranger, ce n’est un problème que lorsqu’on est pauvre/gros hippie/illégal.

mmmm

mm

1) C’est moins facile quand tu es Noir.

mmmm

• Je ne suis jamais allée aux Etats Unis de ma vie, mais j’ai remarqué qu’aucune de mes connaissances à la peau blanche ne semble avoir eu de souci à l’aéroport en arrivant. Par contre, N., l’honorable doyen d’une des meilleures universités de son pays d’Afrique de l’est, qui passa la majeure partie de sa vie professionnelle à travailler dans les plus hautes sphères internationales, préfère ne plus se rendre aux USA depuis 2003. Tant pis s’il voit son fils aîné, qui vit depuis 25 ans là-bas et qui a la nationalité américaine, beaucoup plus rarement. Il a bien continué ses voyages pluriannuels pendant quelques années après le 11 septembre, mais a laissé tomber le gant après deux ans où il n’a jamais passé moins de 2h30 devant les agents de la Migration. Jamais. Moins. De. 2h 30.

• A., brillant sénégalais dont les travaux touchant aux droits fonciers font autorité depuis suffisamment longtemps pour qu’il soit employé en tant qu’expert par les Nations Unies, différentes universités européennes, etc. etc. , a réussi à convaincre sa femme, brillante femme d’affaires mère d’étudiants aux parcours sans faute, de ne pas s’installer en France, ce qu’elle souhaitait pourtant ardemment depuis plusieurs années. Comment s’y est-il pris ? Il lui a suffi de lui raconter son dernier passage en douane à Roissy. La dernière fois qu’il était invité en tant qu’expert mandaté de l’Union Européenne à un colloque international sur les conflits fonciers à Paris…. Il a passé 2 jours (2 jours !!!) retenu à Roissy par les autorités migratoires. Qui ne croyaient pas que cet immense homme à la peau nuit sans Lune puissent avoir un passeport diplomatique. Qui lui ont parlé en « petit nègre » pendant 48 heures, et qui se sont miraculeusement évaporés dans la nature quand des envoyés ministériels sont venus s’enquérir de leur protégé, inquiets de l’avoir vu manquer le cocktail de bienvenue du colloque.

• C. chercheur économiste congolais, a quant à lui connu une expérience sans doute unique : celle de manquer se faire emprisonner dans les geôles de l’aéroport d’un pays sud-américain pour « être venu d’un pays qui n’existe pas ». Invité d’honneur du gouvernement pour un séminaire de recherche macro-économique, il n’a du sa liberté qu’à l’arrivée pétaradante et courroucée du cortège ministériel en costume militaire. On était pourtant en 2010, soit 13 ans après la transformation du « Zaïre » en « République Démocratique du Congo », mais le logiciel des agents de la Migration n’était pas au courant….

*****

***

2) Un passeport neuf valable au moins 6 mois après la date de ton retour prévu tu auras sinon dans la panade tu seras.

mmm

Ceci est un truc SUPER IMPORTANT.

immigration aéroport

La file d’attente que tu ne pourras pas quitter si tu n’as pas les fameux 6 mois post retour de validité.

La preuve: c’est toujours communiqué par un astérisque renvoyant à la phrase en typo taille 6 en bas de page sur les sites des agences de voyage et des compagnies d’aviation…

Tant qu’on vaque au sein de l’espace Schengen et que l’on est ressortissant, on s’en fout, et c’est parfois le cas pour les voyages entre des pays appartenant à l’une des multiples communautés économiques du monde (pas moins de 6 en Afrique !).

Mais dans tous les autres cas, c’est vrai. Si jamais tu l’oublies, tu auras bien ton billet, parfois même ton visa (mais comment se fait-ce, hein ?. Seul Administrevil le sait), mais tu te feras gentiment chartériser à l’arrivée, au départ ou même en cours de route (c’est la surpriiiiiiiiiiiiiise).

* C’est ce qui arriva à J.
J. est de nationalité française et burundaise. Il a 19 ans et fait un BTS. Cela fait deux ans, depuis l’année de son bac, qu’il n’a pas vu ses parents, qui vivent actuellement au Kenya. Les dernières vacances avant l’examen final de son BTS, son père lui paye un billet pour une semaine de vacances avec eux. J. et sa famille sont super excités, ils ont prévu un max de trucs, teufs, sorties, safaris, des cadeaux comme s’il en pleuvait. J. s’envole et atterrit à Amsterdam à plus de minuit pour prendre son vol intercontinental. Seulement il ne prendra pas son avion. Son passeport n’était valide…. Que jusqu’à 4 mois après la date de son vol retour Nairobi/Paris. Ce jeune homme de 19 ans a du passer sa nuit dans l’aéroport et reprendre un avion pour son chez-lui –non payé ni même proposé par la compagnie d’aviation ni le service de la Migration bien sur-. Evidemment, dans ces cas là, aucun remboursement ne peut être attendu pour le billet d’avion…. J. a du attendre encore longtemps avant de revoir sa famille.

• C. était bien couillonne : elle se disait que puisque sa fille M., de nationalité burundaise et anglaise, rentrait dans sa patrie de naissance, peu importait que son passeport burundais soit périmé depuis 2 mois. Peu importait qu’il leur ait été impossible de l’avoir renouvelé puisqu’ils résidaient depuis 2 ans à Bangui, capitale de la Centrafrique…. Pays où le Burundi n’a pas d’ambassade, et où par conséquent il est impossible de renouveler ses papiers d’identité burundais. M, qui retournait voir sa famille pour les vacances d’été, avait 12 ans. Vol accompagné et tout. Elle fut néanmoins retenue pendant des heures. Jusqu’à ce que l’une des personnes qui l’attendait ait enfin l’idée de lui faire sortir son passeport français, valide, lui. Ce n’est qu’à la provision de cette pièce d’identité, étrangère donc, que M pût sortir de l’aéroport de son propre pays.

mmmmmmm

mmmm

3) Voyager, c’est suspect.

mmm

Déjà, selon les pays et les compagnies d’aviation, même si tu ne viens passer qu’un week-end pour un mariage, on récupérera tes empreintes digitales ou/et ton empreinte rétinienne. A l’entrée. A la sortie.

plplp

 source :
J’ai eu plusieurs passeports dans ma vie. Mon Barbu encore bien plus.

Je ne sais pas ce qu’il en est quand les visas qui s’accumulent sont pour l’Espace Shengen, les USA-le Canada-le Japon -l’Australie-la Nouvelle-Zélande, mais je peux vous dire que le temps passé devant les gentils policiers de la Migration est proportionnel au nombre de pages estampillées de pays du continent noir, et bien sur plus encore si vous êtes passé par la péninsule arabique.

Evidemment, quand vous êtes HP*, vous avez en plus la fâcheuse habitude d’ajouter le politiquement sulfureux à une liste de visas tous plus « exotiques » les uns que les autres, et très rapidement pléthorique (les vols directs Europe-Afrique sont rares en fait [en fait non. Ils reflètent le passé colonialiste, c’est tout : les vols directs Londres/Afrique mènent aux anciennes colonies de la Couronne, idem pour la France, la Belgique etc.], et inexistants ou presque d’un pays africain à l’autre –pays « hubs » mis de côté).

Genre, passer la guérite Migration d’un aéroport international avec un passeport tout décati (Révélation : non, le papier des passeports n’est pas immunisé contre la chaleur, l’humidité, le sable (ni les termites, rats et autres bestioles. Mais ça tu peux le contrer : coffre-fort mon ami. Qui ne pourra néanmoins rien contre l’humidité) avec un visa de la Syrie, ou du Liberia ou du Soudan ou du Mali ou de la Somalie (ou de plusieurs d’entre eux à la fois) implique que tu y passeras nettement, nettement, nettement plus de temps que les autres. Je te raconte même pas si tu es un homme et que tu portes un truc ressemblant même de loin à une barbe (même une moustache ou un bouc ça suffit à te cataloguer comme terroriste potentiel).

mmm

controle passeport

Barbu et il passe comme ça?! La main à couper qu’il n’a pas de visa libyen/somalien/soudanais dans les pages de son passeport, lui 😉

mmm

Soyons clair, il est des aéroports où le voyageur sera examiné encore plus attentivement que dans d’autres, notre palme personnelle revenant à l’aéroport d’Heathrow (celui de Londres quoi), dont les protocoles sécuritaires furent à l’origine du premier traumatisme de notre gnome et où les destinations « douteuses » de nos passeports respectifs nous retinrent plus de trois heures. (oui tu as bien lu).

mmm

mmm

4) C’est moins suspect si tu es riche

mmm

Pour obtenir des visas, souvent (mais pas toujours, loin de là), on vous demande de fournir des bulletins de salaire ou/et des relevés bancaires. Cela peut parfois être très clairement problématique.

Ainsi, mon amie B., coincée à Nairobi pour cause de masochisme gentillesse invétérée, ne pouvait pas obtenir le visa pour son propre pays, le Sénégal. Comme elle ne pouvait prouver sa nationalité sénégalaise car elle avait oublié le passeport idoine à Dakar, elle devait donc obtenir un visa à l’aide de son passeport gabonais. A l’époque, il n’y avait encore aucune ambassade sénégalaise à Nairobi, donc, comme souvent dans ces cas là, c’était l’ambassade de France qui assurait les services consulaires sénégalais.

Et comme toujours dans ce cas de figure, les critères pour l’obtention du visa étaient ceux de l’espace Schengen. Ne me demandez pas comment ni pourquoi (les sites officiels ne témoignent pas de telles exigences), mais l’un des critères discriminants pour l’obtention du visa est de pouvoir prouver que l’on possède un compte en banque possédant au moins 2000 euros.

Je passe sur le fait que la proportion de la population africaine qui possède un compte en banque est loin d’être majoritaire (même si elle est en perpétuelle augmentation), mais…. Sérieusement : 2000 euros ???!!!! C’est rigolo, non : au moins la moitié de mes connaissances en France, moi y compris jusqu’à il y a peu ne pourrait donc pas obtenir le visa Schengen !!! B était donc, évidemment, dans l’impossibilité d’avoir son visa. (Rassurez-vous, elle a fini par partir quand même, et n’a même pas fini en taule en arrivant. Heureusement qu’elle avait un ex qui bossait à la douane de l’aéroport quoi).

Enfin, il ne faut pas oublier que les relations diplomatico-politiques entre le pays de départ et celui d’arrivée peuvent également sérieusement handicaper vos démarches. Par exemple, depuis que le fils de l’Ambassadeur du Pays Fort Fort Lointain a une affaire de viol au cul dans notre douce France, la procédure pour l’obtention du visa a, comme c’est bizarre, totalement changé et est devenue très problématique… Le fameux critère financier est ainsi devenu un pré-requis, alors qu’il n’existait pas du tout avant ; les délais ont été triplés ; etc etc.

pkpkp

Bref : non, voyager ne se fait pas siiiiiiiiiiiiiiiiiii facilement que ça, n’en déplaise à ce que l’on peut entendre.

oioho

Parfois, vouloir bouger de  pays en pays, c'est très exactement ça.

Parfois, vouloir bouger de pays en pays, c’est très exactement ça.

A ce niveau là pas de moyen de trouver un titre Oo

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , on 31 janvier 2013 by violemmenthumaine

 

Whaou.

Parfois, surfer sur le Net peut foutre un sacré coup de bambou.

J’ai beau pencher plus du côté de Cioran que de Rousseau, je persiste à croire en un minimum d’intelligence, d’empathie, voire même de grandeur d’âme dans l’espèce humaine. Ça m’aide à vivre comme dirait l’autre.

Et puis je tombe sur ÇA. Bien sûr, comme d’hab, on ignore les tenants et les aboutissants des enquêtes, simplement introuvables en ligne. Bien sûr encore et toujours, on se dit que les difficultés de tout un chacun font que tout le monde se replie sur lui-même.

Mais quand-même.

Je passe sur les odeurs brunâtres et racistes, l’appel même pas voilé à un semblant de dictature, le fait de ne pas s’interroger sur l’intervention française au Mali parce que la guerre, désormais, dans les medias occidentaux, c’est pour tout dire cool et choupi. Je passe aussi sur l’homophobie galopante qui fait les unes des journaux en France depuis plusieurs mois : on va dire que moi aussi je suis égoïste, na.

Je vais donc encore et toujours parler de chômage.

D’après le Point et surtout d’après l’enquête Ipsos (ou Cevipof, l’article n’est pas très clair sur les sources hein, pourquoi se fatiguer à faire un vrai boulot de journalisme ?), 56% DES FRANÇAIS PENSENT QUE LES CHOMEURS POURRAIENT TROUVER DU TRAVAIL S’ILS LE VOULAIENT VRAIMENT.

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Salops de pauvres ! Tires-au-flanc !

Il y aurait donc environ 10% de la population active française aujourd’hui, soit plus de 3 millions et demi de personnes, qui, en fait, se tourneraient grave les pouces en aspirant le sang/la thune des valeureux contribuables.

Je ne serais donc qu’une vile sangsue, comme tout bon CDI* qui se respecte.

J’adorerais ne pas pouvoir offrir de vacances à mon gnome, ne plus avoir de sécu depuis 2 ans, dépendre intégralement d’autrui, avoir l’impression d’être un immonde tas de merde et tout ça….

aaaarg ok cool

OK.

QUI sont ces 56% de français ? Non, mais vraiment, j’aimerais bien savoir. Plus d’une personne sur deux.

56%.  J’aimerais connaître leur monde, où doit régner une justice immanente et transcendantale tout à la fois, les riches ne l’étant qu’à la sueur de leur front, les malades que parce qu’ils ont fait n’importe quoi dans leur vie, les victimes diverses et variées que parce qu’elles le veulent bien, les prisons remplies de gens uniquement menés par leur nature vile et perverse mais pas parce qu’ils n’ont pas eu la force de dire non aux facilités du délit, les gens libres que parce qu’ils n’ont rien à se reprocher, bref, un monde Bisounours où caracolent les licornes et coulent des fontaines de lait.

A part celle du Korova Milk bar peut-être.....

A part celle du Korova Milk bar peut-être…..

Ouais.

Je leur dirais bien de lire mon blog, en entier, ou encore de se pencher sur celui-ci, où chaque article souligne combien c’est juste un grosse tartine de merde, le monde du travail, aujourd’hui, en France (et ailleurs).

J’hallucine et psychotrope de voir combien … « on » est con.

Un truc de la Balle qui Tue: « Un Amour de Jeu »

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Des humains supra chouettes, Hors case with tags , , , , , , , , , , , , on 1 septembre 2012 by violemmenthumaine

Tain, dingue comme le temps passe….. Déjà combien sans un blabla ici? Presque 7 mois !!! … Damned !!!!

J’ignore si je reviendrai régulièrement écrivailler séant, mais comme ce blog semble vivre sa vie sans moi (merci google), je ne peux manquer l’occasion de « marketer viralement » (ouais, moi aussi je parle le nimporte nawak) sur mon petit blog rien qu’à moi.

Marketons donc:

Rhoooooooooooo, mais qu’est-ce que c’est que ça te dis-tu in petto? Ca t’intrigue hein? Ca te gratouille, ça te chatouille?? Lis la suite mon chéri!!!!

Car oui,

ô toi Inconnue/u,

TU PEUX,

si ça te branche, si ça te parle,

tu peux devenir mécène,

TU PEUX,

tu peux participer à un projet faaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaantastique, incroyabilicieux*,

et,

objectivement parlant, novateur tu vois.

Ouais.

Car voyez, en bonne CDI* que je suis (eeeeeeeeeeeeeet oui, je le suis toujours, cela n’a pas changé, et ne semble pas en bonne voie pour que cela évolue hein, comme, peut-être, je l’expliquerai ici un de ces jours), je fais tout plein de trucs.

Ou du moins, j’essaye tout plein de trucs, en persistant à rêver comme une couillonne, qu’une fois, au moins une fois, l’un de mes projets à la con se finalisera sous une forme professionnelle, ou, au moins, rémunératrice, ce même de manière symbolique.

L’une de ces folles activités totalement inutiles mais qui persiste à occuper moult de mes heures, moult de mes journées, et ce depuis l’époque de mes culottes courtes, c’est l’écriture.

J’écris.

Beaucoup.

Des nouvelles, principalement, visiblement trop glauques, trop mal construites, trop allusives ou mal écrites ou les quatre à la fois que sais-je , pour persuader une maison d’édition de mettre des billes dessus, certes.

Et quelqu’une, que j’appellerais ici Tarantinette parce que cela la décrit plus que pas mal (mais elle s’appelle Bénédicte Moufflet irl), a décidé d’utiliser l’une d’entre elles pour son second court-métrage (qui durera quand même une petite demi-heure d’ailleurs, donc pas si court que ça !).

Tarantinette, ou Bénédicte Moufflet pour les fanas de l’état civil, c’est ELLE!

J’ai donc travaillé avec elle durant un an et demi pour transformer ma nouvelle ultra glauque en un scénario, qui, lui, l’est beaucoup beaucoup beaucoup moins, voire plus du tout, et carrément toalement funky winky rock’& roll. Et c’est devenu « Un Amour de Jeu ».

Un Amour de Jeu, ce sera  c’est un putain d’univers, un méli-mélo de geek, gamer, arty, gothique, kawaï, bref, tout ce qui fait l’univers des moins de 40   35  30 ans.

Cette fille (Gogo, de son pseudo sur SG) a un peu de Nina, l’héroïne d’Un Amour de Jeu.

je veux faire cette mise en page et j’y arriverai. Non mais! non mais non mais non mais non mais non mais

Nina, l’héroïne d’Un Amour de Jeu, a aussi un peu d’elle (Soya, de son pseudo sur SG)

Nina, l’héroïne d’Un Amour de Jeu, c’est aussi, surtout, un peu comme une sœur de l’Alice de Burton….

Je disais: mise en page de merde! de merde de merde de merde de merde de merde de merde de merde de merde

L’univers d’Un Amour de Jeu, c’est aussi un peu ça…..

abracadabra ma mise en page se fera poil au bras!!!

En vrai, Nina, ce sera elle, la très talentueuse Vanessa Guide, qui a déjà donné son accord!!!!

Et côté musique, « Un Amour de Jeu« , ce sera:

du rock

                   du rock

                                      du rock!

(et un petit truc différent, aussi, qui reviendra tout du long… Mais chuuuuuuuuuuuuuuuuut, il ne faut point trop en dire hein 😉 ).

Il y a là-dedans, donc, un putain d’univers, une sacrée histoire et Tarantinette a décidé de les traduire d’une façon carrément novatrice … Euh, ouaaaaaaaaaaaaaaaais, je sais, ça fait ‘achement marketing-critique-dithyrambique-« ce-film/livre/expo/-est-LE/THE/LA-film/livre/expo. A ne manquer sous aucun prétexte ! ».

Sauf que là, c’est vrai :

l’approche est carrément novatrice.

Genre qui n’a jamais été faite, (ou du moins, pas comme ça). Pas pour faire style, pas pour le fun ou en espérant faire un buzz, mais parce que cette approche rend VISIBLE l’esprit, la psyché et l’évolution du personnage principal (Nina de son petit nom).

Genre, ça a un sens quoi tu vois.

L’approche en question consiste à mêler trois modes cinématographiques en alternance, dont deux utilisant la 3D (une en prise de vue réelle et une en animation).

C’est là que l’affaire se corse et que j’en viens là où je voulais en venir :

Les bonnes âmes donneuses de leçons persistent régulièrement à clamer un peu partout qu’il suffit de le vouloir pour faire des choses et que l’argent n’a que peu ou rien à voir avec ça.

Sauf qu’en ce qui concerne à peu près tout le cinéma, et plus particulièrement les techniques nécessaires pour réaliser ce projet de la balle qui tue, il en faut, de l’argent.

Beaucoup.

Sans thune :

ralass,

nibs de nib,

que d’choute,

que dalle.

A tel point qu’il en faut déjà pour pouvoir présenter le projet dans de bonnes conditions au principal bailleur du cinéma en France, aka le CNC.

C’est là que le roudoudou qu’il est chou Grand Internet peut venir en aide à Tarantinette. (et à n’importe lequel d’entre vous qui a une idée-My-God-Qu’elle-Est-Bonne mais pas le moindre assez de picaillons pour la mettre en œuvre) : les plates-formes de production communautaire.

Il s’agit de sites regroupant des idées, des projets, aussi bien, comme ici, de production artistique, que de projets associatifs, technologiques, etc. …

Il y en a plusieurs : le plus gros-et le plus ancien en France-, est Ulule, et le plus funky winky –à mon humble avis, ce qui n’engage évidemment que moi hein-, est celui du génialissime projet de Bénédicte Moufflet : Kisskiss Bank Bank.

Quel que soit le site, on retrouve en gros tout ça :

Pour chaque projet :

–          Un objectif de dons à atteindre, chiffré précisément. (pour « Un Amour de Jeu« , c’est 6 000 €)

–          Une explication claire et détaillée de l’utilisation future de la dite somme. (pour « Un Amour de Jeu« , le financement du story board, des illustrations, et 3 séquences animation en 3D pilotes)

–          Une échéance : si l’objectif n’est pas atteint à la fin du temps imparti, les généreux donateurs sont alors remboursés par le site des sommes accordées au projet. (pour « Un Amour de Jeu« , le 30 octobre prochain à minuit)

–          La possibilité de ne donner qu’UN EURO. (ouais : UN €. Uno. One. Ein. Moja. 1 € en tout et pour tout.) Ouais. A ce prix là n’importe qui peut jouer les mécènes/sponsors.

–          Le plus fun et rigolo, de quoi donner envie de soutenir tout plein de trucs (et surtout « Un Amour de Jeu »  œuf corse^^) : des contreparties en fonction de l’échelle de montant donné par le/la généreux/se donnateur/ice. Selon les projets, parfois il faut donner déjà pas mal, en général, 10 €, pour recevoir un truc, et parfois, comme pour « Un Amour de Jeu », tu reçois déjà un tit truc quand tu donnes 1 euro !!

Je ne suis pas Tarantinette, donc l’idée qu’ « Un Amour de Jeu » puisse mourir avant même d’avoir pu tenter de subjuguer les grands Manitous du Cinéma dans le pays de mon enfance (dixit l’idole d’une de mes idoles) ne me pousserait pas à l’envie de tout péter et beaucoup plus si manque d’affinités (si si, ça a un sens), mais, voyez, les Gens, ça me foutrait grave les boules.

Voyez le désespoir qui l’habite??? Hé bien cela me ferait pareil, en moins kawaï (j’ai remarqué que les humains ne le sont jamais, kawaï. Il n’y a que les animaux que les internautes trouvent « mignoooooooooooooons » lorsqu’ils sont tristes). (source olesiafx)

Ça serait, encore, un projet qui aurait fini dans le mur.

Encore.

Encore des heures et des heures de travail (parce que oui, passer d’une histoire à vous, que vous avez écrite, à un scénario, qui plus est pour quelques uns d’autres [parce qu’il ne faut pas croire qu’un/e auteur/e//réalisateur/ice fait exactement ce qu’il/elle veut. Il/elle fait aussi ce que le producteur/ice –ici, Outer Space Production-, les lecteurs tests, veulent], prend beauuuuuuuuuuuuuuuuuuuucoup de temps) qui n’auraient servi, abouti, à

RIEN.

Alors, toi l’Inconnu/e qui tombe par hasard après une recherche google sur ce blog, ne retourne pas direct sur ta page de recherche, mais va visiter celle-ci :

Vu que je demeure encore et toujours une brêle 2.0, je n’ai pas réussi à insérer direct un lien-image sur la page, donc pour la visiter, il suffit de cliquer juste au-dessus de cette image, sur le précédent lien donc.
Donc vas y vas y, et si tu aimes même un peu, steplaît steplaît, BankBank (1 p’tit euro, siouplaîîîîîîîîîîîît / \ …. 🙂

Et si ton cerveau, ta bite ta chatte (mais mais mais ???!!!! Par le Pouvoir du Crâne Ancestral,  Internet, Sors de ce corps !!!) ou ton cœur te dit/sent qu’  « Un Amour de Jeu » ça peut être chouettos, bin BankBank al chouïa (allez, un euro quoi c’est pas la mort !)

Siouplaîîîîîîîîîîîîîît!!!!!!!!!!!!!! Donne un euro, rien qu’un euro (et en plus t’auras des stickers des persos du film en échange. Plus la fierté de dire en soirée que tu encourages la création, TOI, au moins 😉 )

Merci Inconnu/e !!!!!!!!!!!!!!!!

Miroir aux alouettes

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Hors case with tags , , , , , , , , , on 1 février 2012 by violemmenthumaine

Inconnu, Inconnue, NON, je n’ai pas été incarcérée par la FBI parce que je suis une dangereuse terroriste qui menace le Monde de la création et surtout les pactoles des trusts de production audiovisuelle.

Au lieu de cela, le Père Noël m’a offert un cadeau de la balle qui tue pour le mois de décembre : un job, contre rémunération, avec un contrat et tout ! Incroyable ! Un petit contrat d’un mois, kit tout compris 12H-de-taf-par-jour-mais-on-est-trop-content-de-les-faire-même-si-en-fait-on-n’a-ni-sécu-ni-assurance-ni-cotisations-et-un-salaire-tellement-bas-que-les-kenyans-compétents-n’en-n’ont-pas-voulu. (tant mieux, comme ça c’est moi qui l’ai eu ^^)

Je pourrais donc m’éloigner de mon sujet préféré et vous raconter combien c’était cool de resauter à pieds joints dans l’HP* et accomplir en un peu plus de 3 semaines ce qu’un connard n’avait pas fait en 3 mois ½. (mais je ne dois pas en dire du mal : après tout, c’est grâce au fait qu’il soit un Branleur majuscule parfaitement incompétent et confit dans sa petitesse méprisante et l’autosatisfaction que j’ai eu ce boulot. Bin oui, s’il avait fait son taf, il en aurait faite une, d’Evaluation des Besoins, et je n’aurais donc jamais eu le poste puisqu’il n’aurait jamais été ouvert.)

Ou me la jouer « cow-boy-nan-mais-moi-tu-vois-je-ne-raconte-jamais-mon-vécu-sur-le-Terrain-parce-que-je-ne-veux-pas-jeter-un-froid », parce que le bled sympathique où j’ai donc bossé se trouve être une sorte de point névralgique pour observer la détérioration du contexte sécuritaire kenyan et que ça ferait tâche et un peu contradictoire avec mon dernier article (m’en fous j’assume. Plus encore, j’affirme que cela n’a pas grand-chose à voir), tout en glissant subrepticement avec un soupir de lassitude amusée que j’ai encore été demandée en mariage (« Madam, I dare ask it to you because really your’re quite hallal for a muzungu – une Blanche-»).

Mais non.

Le fait est qu’aujourd’hui, encore et toujours, je me retrouve à chercher du taf, et qu’aujourd’hui plus encore qu’hier j’ai de gros doutes sur mon futur professionnel au Kenya. (pas que j’ai remarqué un changement profond dans le marché du travail dans notre beau pays de France qui m’inciterait à quitter mon Barbu, le soleil et la douceur de vivre à Nairobi hein. Rho là là non.)

Voyez-vous, dans le bucolique pays des HP*, Nairobi est un peu, au choix, comme une espèce de Saint Graal, ou un cimetière d’éléphants :

Le Saint Graal parce que c’est un endroit où, certes, vous œuvrez toujours pour « le Bien de l’Humanité » avec un grand H, mais où vous le faites avec l’eau courante, l’électricité, une alimentation variée et riche en fruits et légumes comme en viande, une maison avec télé par câble et Internet à presque haut débit, votre famille autour de vous sans que ce soit un motif de non recrutement et un salaire le plus souvent « indécent ». Et où, en plus, les contrats ne durent p    as 3 ou 6 mois mais en général entre 1 et 5 ans, ce qui est aussi inespéré dans l’HP que, disons, la décence la plus élémentaire pour Nadine Morano.

Un cimetière d’éléphants parce que les postes offerts, presqu’exclusivement des postes de chefs du monde de l’HP* en Afrique, voire au Moyen Orient, ne sont « espérables » qu’après plus de 10 ans d’expérience minimum dans LE même type de profil de poste ; parce que le travail sur le terrain et non pas plongé dans des tableaux Xcel ou des rapports bailleurs devant un bureau se compte en  jours si ce n’est en heures annuelles.

Ça, je le savais avant de venir.

Ce que je ne savais pas avant de travailler le mois dernier, c’est le contexte « local » de cet état de fait.

Et cette raison me titille les neurones grave. Aussi, en ces temps préélectoraux tout aussi bien hexagonaux que kenyans (pi américains aussi, et tout plein d’autres d’ailleurs), je m’en vais explorer rien qu’un petit peu le thème magique et toujours fédérateur de la préférence nationale.

We nid you! (et les autres on les jette.Parce que.)

Voyez-vous, le gouvernement kenyan a beaucoup de points communs dans son droit économique et son droit de la nationalité avec les abysses bleus marines qui hypnotisent tant de nos compatriotes.

C’est d’ailleurs loin d’être le seul pays africain à avoir un Droit de la Nationalité ridiculement restrictif et franchement saumâtre : un Droit où seul le Droit du Sang prévaut, et encore seulement par le père (votre mère peut être kenyane, si votre père non, vous ne le serez pas…), un Droit de la Nationalité où le mariage n’ouvre pas droit à la naturalisation, où, malgré un fort lobbying depuis plusieurs années, la double-nationalité est toujours interdite, et où la naturalisation est presque toujours refusée dans les faits, même si celle-ci est assurée dans la Constitution.

Ainsi, les populations d’origine indienne, présentes depuis tant de siècles et en si grand nombre que la culture indienne fait partie intégrante de la vie quotidienne kenyane, notamment dans l’alimentation la plus quotidienne, n’ont et n’auront jamais la nationalité kenyane. Tant pis qu’ils soient nés au Kenya, ainsi que leurs parents, les parents de leurs parents, les parents de leurs grands-parents, les parents de leurs arrières grands-parents….

Par contre, si un Droit de la Nationalité aussi restrictif et ancré dans le jus sanguinis est relativement courant sur le continent africain, je n’avais encore jamais été confrontée à un Droit économique et un Droit du Travail aussi protectionniste et xénophobe ailleurs en Afrique.

Par exemple, si vous êtes étranger, vous aurez, ce quelque soit le montant de votre revenu mensuel et le nombre de personnes qui dépendent du dit revenu, 33% de votre salaire prélevé (directement à la source. Ça, par contre, c’est chouette ! C’est décidemment un truc que notre cher Hexagone devrait songer à mettre en œuvre vite fait, histoire de permettre aux si nombreux citoyens qui ont des revenus changeants d’un mois sur l’autre et à fortiori plus encore d’une année sur l’autre de ne se pas retrouver en permanence dans des situations ubuesques et pour le moins dramatiques financièrement parlant. Rigolo, jamais personne n’a jamais évoqué la relation directe du principe « année+1/temps t+ 3 mois » inhérente aux impôts et aux aides sociales avec le phénomène des « vilains-pauvres-glandeurs-qui-vivent-sur-le-dos-des-contribuables »…. Alors que cela explique de nombreux cas où X préfère garder un peu plus longtemps ses assedics/ses allocs et refuser un CDD, ou encore où Y préfère ne pas demander les aides auxquelles il/elle a droit parce qu’il/elle sait avoir un contrat de x semaines d    ans z semaines et ne veut pas se retrouver obligé à rembourser les sommes perçues après ce contrat, quand il/elle aura déjà du mal alors à bouffer autre chose que du pain sec. M’enfin j’dis ça j’dis rien hein…)

Bon, vous me direz, vu l’échelle des salaires de la plupart des expatriés présents sur le territoire, on va pas pleurer.

Ouais, clair.

Mais continuons, pour voir…

Pour bosser, normal, il faut un permis de travail. Jusque là cela paraît plus que légitime. Quand, par contre, vous trouvez un boulot, et que votre employeur (qu’il s’agisse d’un gros trust ou d’une ONG, pour une fois cela ne change rien) vous fait signer un contrat, là, par contre, cela devient limite ésotérique : les délais d’obtention vont de 3 mois à….. Plusieurs années. Bien sûr, tant que vous n’avez pas le fichu permis de travail, vous ne pouvez, légalement, pas bosser. N’est-ce pas.

C’est que l’obtention de ce petit papier est assujettie à ce que notre cher et beau pays a mis en œuvre depuis quelques années sous le parrainage bienveillant d’Hortefeux/Guéant et consorts : la préférence nationale à l’embauche.

En clair, ici, cela signifie que si vous n’êtes pas kenyan, et à fortiori si vous êtes Blanc, vous n’avez pas de DROIT d’occuper un poste non qualifié. Ouais, c’est comme ça : le Kenya, t’es riche ou tu le quittes. Cela signifie aussi que pour chaque emploi qualifié, l’employeur devra justifier, comme chez nous déjà, qu’il n’a « pas été possible de trouver un Kenyan/Français avec les compétences requises pour le poste ».

D’ailleurs, en ce qui concerne le chouca secteur d’activité de l’HP*, il est expressément stipulé dans la Loi afférente aux ONG qu’une ONG, quelle que soit l’ampleur de ses programmes au Kenya, ne peut employer plus de 3 travailleurs expatriés….

Par ailleurs, le Kenya mène avec succès une politique protectionniste en matière commerciale, taxant les produits d’importation à la hussarde.

Bon. Bien. Et alors ?

Et alors, lorsque j’ai fait remarquer ceci, d’un air, j’en conviens, pas franchement enthousiaste, on m’a demandée avec un air entendu très CQFD-chouchoute, si « cela ne serait pas la raison grâce à laquelle le Kenya est développé. »

Certes, le Kenya et la France sont des pays très différents, avec un niveau de vie globale, une espérance de vie et une économie itou.

Mais quand même, la similitude en termes de « solution à la crise » proposées et mises en oeuvre mérite que l’on s’y arrête : puisque la « solution » à peu près tout est la préférence nationale, voyons un peu les glorieux résultats qu’une telle politique apporte, non pas au Kenya, mais aux Kenyans.

Une politique aussi coercitive en matière de préférence nationale à l’embauche, par exemple, a-t-elle fait disparaître le chômage ? Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhh, bin non : le taux de chômage avoisine actuellement les 40% ! (ouais, quand même).

En ce qui concerne le truc un peu à part des ONG, est-ce que le fier « refus de tout néo-colonialisme », celui-ci étant censé s’incarner dans la présence d’expatriés (qui, au passage, ne sont pas forcément anglais/français/amerloques, mais souvent péruviens/togolais/cambodgiens/colombiens, ce qui nous éloigne un peu de l’archétype de Tintin en Afrique, mais bon) aboutit à une amélioration de l’action humanitaire, une meilleure réponse aux besoins et une indépendance de l’aide ? ….. Oups. Non, répondre à cela, ce serait un article à soi tout seul…. Mais la réponse est non, foutre non et putain de non !

Mais, vous direz-vous, au moins, avec la taxation à l’importation, au moins, les Kenyans mangent kenyan et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Ce que je vois, moi, c’est que ça ne marche pas.

Si les biens alimentaires « de luxe » (fruits et légumes, épices –alors que celles-ci ne sont que très anecdotiquement produits au Kenya-, viande) sont remarquablement peu chers –pour ma bourse ou la votre bien sûr-, en tous cas bien moins onéreux qu’en France, les produits alimentaires de base, ceux mangés par la totalité de la population kenyane, ce qui forme l’essentiel de l’alimentation des gens qui n’appartiennent pas aux populations urbaines de classe moyenne, c’est-à-dire le maïs, le manioc, les haricots, l’huile et le sucre, atteignent des prix exorbitants pour la population kenyane hors cadres, ce d’autant lus que ce sont les premiers produits à refléter l’inflation incessante.

Tout ça pour dire –de manière un peu décousue, pas très analytique et avec une légèreté assumée dans les données j’en conviens-, qu’espérer résoudre les problèmes d’une société en la refermant sur elle-même, ou ce qu’elle prétend être elle-même sur un archétype historique fallacieux, ce n’est pas seulement insupportable imbitable gerbatif questionnable du point de vue éthique et moral, c’est juste con car

                                                        totalement inefficace.

Alors:

Ne croyez

pas au

miroir aux

alouettes

de la

préférence

nationale

et tout ce

qui va avec.

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