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Boule de cristal exigée

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités, Tranche de steack with tags , , , , , , , , , , , on 14 octobre 2011 by violemmenthumaine

Après le CV, la lettre de motive, le networking : la boule de cristal.......


Salut Inconnus/es !!

Ma vie sociale Nairobienne ( ?? nairobirote ? Nairobiste, allez, va pour nairobienne, et tant pis pour la doxa linguistique), assez aléatoire et pour tout dire franchement foutraque, m’a incidemment remise à l’esprit un des épisodes les plus fabuleux de ma longue quête de destruction du CDI*.

Kesaco, et pourquoi donc ?

Hé bien parce que, du haut de mes bientôt 35 printemps, et n’appartenant pas à l’espèce très répandue dans la communauté expatriée de la fière et méprisante desperate housewife attitude, mais, encore plus décalé ici, ayant à mon actif plusieurs expériences professionnelles humanitaires, un certain nombre de jeunes filles en fleur, le plus souvent stagiaires de leur état, sont venues me demander mon avis éclairé pour transformer la piste montagnarde de leur avenir pro en autoroute sans limite de vitesse.

Non pas que je sois la Sagesse incarnée ou que mon expérience tout comme mes réseaux professionnels au Kenya soient de la balle qui tue. Juste que je dois être, du moins dans la communauté francophone, la seule à ne passer ni ne vouloir passer mes journées à ça :

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie! J'ai trouvé un SU-PER PLAN pour des rideaux/chaussures/robes/tissus/bijoux/tapis/cosmétiques/meubles/passementeries/blanquettes de veau !!!!

"Tu sais quoi je suis E-PUI-SEE !! : J'ai fait du shopping/de l'aquagym/du yoga ayurvédique/pilate/zumba/cours de world food TOUTE-LA-JOUR-NEE d'hier! " " Oh bah oui je suis comme tooi, je ne SU-PPOR-TE PAS de ne rien faire! Mais avec le chauffeur qui arrive tooujours en retard, je n'ai pas pu deposer le patron de ma robe de cotktail à la couturière hier"....

Bon bon... OK, ça c'est pas l'ambassade de France à Nairobi mais celle de Belgique à Beyrouth. Mais vous voyez les nanas botoxées jusqu'à la moëlle assises autour du vieil adipeux bourré de thune? Bin c'est pareil.

Alors je réponds à leurs questions.

Je donne des conseils.

Pas franchement des scoops.

Sauf que personne ne leur a jamais dit.

Sauf que, alors que ces girondes ont pour la plupart justement LE diplôme patachouoc en humanitaire/sciences politiques/ patati patata, on ne leur a jamais expliqué comment s’organisait le recrutement ni la carrière en ce domaine, encore moins ce que cela signifiait très concrètement que de travailler « dans ce secteur ».

En général, elles me remercient très chaleureusement, plusieurs fois même, parfois des mois après (eh oui, je n’ai pas attendu d’être au Kenya pour répondre aux questions des jeunes diplômées/étudiantes), soutenant à ma grande surprise que « ce que je leur avais dit avait vraiment débroussaillé la route ».

Et en effet, je réalise que ces conseils de base que je donne, ce type de service là, aka donner la température et les modalités du marché du travail plus ses évolutions probables, ça, on ne l’apprend pas à l’école, non plus que dans les excessivement inutiles « constructions de projet professionnel » de chez Paul, ni même dans les excessivement onéreux « bilans de compétences » et autres « séminaires d’autopromotion » : comme le sémillant vieux beau de l’APEC nous l’avait si ingénument dit : « je ne connais rien à aucun domaine si ce n’est celui de se faire embaucher »….

Mais quel est le rapport avec toi crème de nombrilisme, vous demandez-vous in petto chères/ers Inconnues/s ?

Remontons le temps si vous le voulez bien…..

Back to the Future (des fois que vous ne soyez ni un gros geek ni né entre 70 et 80) : la machine à remonter dans le temps la plus aérodynamique de toute l'histoire du cinéma 🙂

Voilàààààààààààààààààààà.

Bien.

Voici déjà 2 ans (et je trouvais déjà que ça faisait longtemps dis donc !) que j’ai mon DEA, que je ne trouve rien, que les ONG auprès desquelles je postule ne me répondent pas (pas la peine de parler du reste, je l’ai déjà fait.). Les profils de postes évoluent. Apparaissent tout un tas de pré-requis sortis de nulle part, un peu comme dans le secteur du social en France…. Parmi ces derniers, il y en un qu’il ne me semble pas impossible de tenter d’obtenir, et, qui plus est, qui m’intéresse un tant soit peu : le DESS de santé publique.

C’est d’ailleurs le diplôme que plusieurs de mes connaissances ayant une formation similaire à la mienne (vous vous souvenez peut-être, le truc que personne ne connaît en Europe latine : « l’anthropologie sociale/l’ethnologie ») ont eu dans la foulée, du haut de leurs 22/23/24 années. Bon, en général, ils sont partis ailleurs pour ce faire : Belgique, Royaume Uni, pays scandinaves.

Moi, ayant 1) plus de 25 ans, 2) une famille à charge et déjà du mal à joindre les deux bouts, je ne peux pas m’offrir ce luxe : je dois rester dans notre cher hexagone, et en région parisienne plus spécifiquement.

Qu’à cela ne tienne, je vais intégrer un DESS de santé publique sur Paris.

Bon.

Sachez qu’une fois que vous avez quitté les bancs de la fac/l’école, y retourner tient de l’exploit, à moins que vous ayez déjà un boulot (auquel cas il existe un certain nombre de dispositifs permettant de financer les dites études, voire de vous rémunérer pendant ce temps. Comment ça c’est un peu débile d’aider ceux qui sont les moins vulnérables mais de n’accorder rien à ceux qui le sont le plus ? Vous avez vraiment mauvais esprit très chers….)  : non pas parce que vous êtes largués, mais parce que, contrairement aux jeunots qui tètent encore la thune de leurs génitrice/eurs et se plaignent de ne pouvoir profiter de leur prime jeunesse, vous aurez à justifier tout et son contraire pour convaincre les Temples du Savoir que, oui, vous méritez bien de poser vos minables fesses sur leurs bancs.

No soucy, j’ai la niaque, je monte des dossiers bétons, je prouve par A+B que je suis prête à bucher 24h/24 pour rattraper la licence en éco que je n’ai pas et remplir mes carences en stats, que ma motivation pour obtenir ce diplôme est suscitée par la réalité du marchée de l’emploi correspondant à mon « projet de vie professionnelle », bref, la totale.

Sur les 3 facs -les seules sur Paris à proposer ce cursus, ce à « des jeunes adultes sortis de la scolarité- auprès desquelles j’ai envoyé un tel dossier, seule une, Dauphine, daigne trouver que oui, pourquoi pas.

Dauphine, sa fac de droit, ses jeunes filles en jean et petit pulls....

On passe donc à la seconde étape : l’entretien. Tout comme un entretien d’embauche, sauf que si c’est tout bon c’est vous qui crachez la thune au lieu d’en recevoir pour votre travail.

Je me souviens que la dadame m’avait particulièrement cuisinée pour savoir si, vraiment, j’avais la force de travail nécessaire, moi une littéraire (bouh !!!!! l’insulte suprême) n’ayant pas même un bac S (enfin, C à mon époque de dinosaure), pour réussir à avoir le niveau en statistiques, d’une part, et en économie, d’autre part.

Visiblement, lui expliquer que j’avais réussi à obtenir avec mention très bien ma maîtrise puis mon DEA alors que j’étais seule avec mon enfant en bas âge tout en travaillant 15 heures par semaines (période bénie où j’ai maintes fois songée à me mettre aux amphètes et où l’exception française du statut de volontaire humanitaire qu’occupait alors mon Barbu me donnait envie de déposer des pains de plastic à un certain nombre d’endroits stratégiques) pour pouvoir nourrir le gnome à poils durs et avoir accès aux ressources bibliographiques nécessaires à mes mémoires, bin ça n’a pas suffi.

(Pourtant dediou, je peux assurer que ça, c’était de la putain de haute voltige, et qu’après avoir tenu le coup durant ces 4 années, mes expériences les plus hardcore « sur le terrain » m’ont toujours semblé plus simples à gérer à assurer.)

Lui lister les bouquins que j’avais déjà achetés et commencé à étudier, non plus.

Vous le devinez,

au final,

je ne l’ai pas fait,

ce DESS.

Je n’ai pas eu de réponse négative : j’ai été mise « sur liste d’attente ».

… … … …

Je ne sais pas combien il y avait de places pour les « gens comme moi », c’est-à-dire celles et ceux qui reviennent sur les bancs de la fac après les avoir quittés bien après la « date de péremption » sans avoir réussi à mettre plus qu’un orteil sur le marché de l’emploi.

J’ignore également qui a été pris. Sauf dans un cas (c’est ça de dire son nom aux personnes de rencontre : après, ils peuvent vérifier des données nyark nyark nyark), assez symptomatique je trouve : un charmant garçon.

Lequel, après avoir fait Sciences Po, avait intégré la Fonction Publique.

Il travaillait donc, lui.

Il venait d’obtenir une promotion, mais dans un secteur proche de la santé publique m’a-t-il dit.

Et, oui, il savait « qu’il n’avait pas institutionnellement besoin de suivre cette formation pour remplir son nouveau poste, il le ressentait comme un devoir moral ».

Cela lui serait-il difficile financièrement de lâcher du lest pendant un an, voire deux ?

Que nenni, le ministère lui offrait le dit DESS dans le cadre de la formation continue, ce sans qu’il perde un centime de son salaire.

Voyez, objectivement, ce garçon en Armani est respectable. Plus que cela même : admirable de probité et de conscience professionnelle, en ces temps de fac similé de république bananière (je sais, l’exemple est un peu ancien mais est loin d’être obsolète, et ce n’est qu’un parmi tant d’autres. Au moins celui-ci a-t-il soulevé quelques débats…)

Mais, voyez, l’amertume me chatouille les narines quand je vois que ce charmant homme a été accepté au DESS, alors que lui, il avait un travail et ne risquait en aucun cas de la perde s’il n’était pas intégré à ce DESS, et qu’il avait les moyens de vivre plus que correctement ce sans avoir aucune famille à charge.

(dingue hein ce que les gens me racontent, la plupart du temps, voire parfois comme ici sans me connaitre ni d’Eve ni d’Adam ? Ouais, il parait que « I got so much human ears, you know, ears heart-like, the kind opened on the world and the others’life. You listen like anybody else ». Dixit Annie, la femme de ménage qui travaillait chez nous quand nous étions au Zimbabwe. Cette dame devait avoir des problèmes de jugement: comme les RH  et autres conseillers à l’emploi me l’ont déjà dit maintes fois: n’ayant aucune formation en psycho autre que de l’autodidactie intellectuelle et relationnelle et aucun papier cul diplôme en aide sociale, je n’ai pas de « compétences en écoute ». Ah mais vraiment ! C’est dingue ça non, ces gens qui croient toujours qu’ils peuvent faire des choses et qui ne veulent pas se mettre dans la tête que non, ils ne valent rien et c’est barre !!!!)

Alors que, d’un autre côté, il y avait moi, une mère vivant à l’époque en-dessous du seuil de pauvreté (pour celles et ceux qui veulent des précisions : en considérant le foyer, soit le barbu + moi + le gnome) au chômage depuis deux ans, et qui avait BESOIN de ce truc appelé DESS de santé publique pour que la plupart des postes auxquels elle prétendait puissent, enfin, s’ouvrir à elle.

A votre avis, pourquoi ?

La brave dadame en tailleur antisexe en flanelle était prévenante: elle m’a même révélé le pourquoi du comment : c’était de ma faute, j’aurais « du faire ce DESS avant, parce qu’il est évident qu’il faut prévoir l’évolution du marché du travail ».

Voilààààààààààààààààààààà.

CQFD :

Pour avoir du taf,

il faut connaître l’avenir.

Donc, mesdames,  Messieurs, jeunes étudiants qui passez par ici : achetez une boule de cristal et mettez-vous sérieusement à la médiumnie.

Diane de Poitiers, elle, n'aurait pas eu de problème à trouver un emploi, grâce à ses compères et leur grosse boule!

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Collision de réalités parallèles

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Des humains supra chouettes, Hors case, Tranche de steack with tags , , , , on 2 mars 2011 by violemmenthumaine

Kioukiou mes Inconnues/s !!

Grâce à ma foisonnante activité via le site de Paul, j’ai eu un entretien d’embauche ce jour d’hui pour avoir l’insigne honneur de donner 2 h de soutien scolaire en français et anglais à un tit mecton de troisième, ce qui va à l’évidence tout changer à ma vie professionnelle, financière et intellectuelle.

Ce en partant du principe que les parents du dit mecton ne décident pas à la vue de mon CV (donné aux parents par la boîte en question pour validation/refus) que non ça ne va pas être possible.

Comme c’est un début et que mieux vaut être borgne qu’aveugle voyez, je suis super contente.

J’ai même une euphorie galopante qui me secoue le bide depuis le dit entretien.

Por que te diras-tu in petto cher/ère Inconnu/e ?

Parce que te répondrais-je du tac au tac.

Parce que j’ai été lors de cet entretien témoin d’une collision de réalités parallèles et que ça, ça me met souvent en joie.

Entre celle de tout le monde la mienne, de réalité, et ….. celle d’une jeune fille venue pour la même raison que moi.

Oh, me direz-vous, pourquoi te dilater la rate?

Parce que, bien cachée au fond de moi, il y a un fond de « je-sais-que-tu-vas-te-vautrer-un-jour-et-comment-dire-rien-que-l’imaginer-suffit-à-me-soulager-de-la-crispation-suscitée-par-ton-irritante-autosatisfaction-hé-connasse »

THE cruchasse.

Issu du jouissif mais hélas défunt blog "popmartine.overblog"

Elle avait rendez-vous à 14h15, moi à 30. Elle est arrivée APRES moi. Donc, en retard, comme une star. Pour un entretien d’embauche.

Sauf qu'en fait elle n'était pas Kate Winslet (© Paris Match)

Quelle est la première phrase que la cruchasse sort en entrant ? « je préférerais passer tout de suite car on m’attend à 15 heures à Invalides ».

Trop fort.

La RH me demande si cela me dérange de passer après la demoiselle. Comme je suis super gentille comme fille en fait, je souris et accepte sans problème de la laisser passer, mais demande juste à pouvoir m’asseoir en attendant.

Comme la boîte en question est en plein chambardement logistique, la réponse est oui, mais cela signifie que je profiterai du sublime bureau fantasmatique pour tout fan de la blackexploitation et de la Motown (des vinyles plus que collector, un truc de malade !!, j’en aurais bavé par terre si les sorties dignes d’une hallucination sous peyotl de la cruchasse ne m’eussent détournée l’attention) et ai donc assisté en direct à l’entretien de la cruchasse.

J’ai donc pu profiter IRL de la chose.

La cruchasse, voyez-vous, est en deuxième année de médecine. On lui pose plein de questions, (contrairement à moi), dont la très classique « comment vous voyez-vous dans 10 ans professionnellement? ».

Comme la cruchasse est un peu sourde ou bien parce qu’elle croit qu’un diplôme de médecine la dispensera de toute lutte voire tout effort pour asseoir sa vie pro, elle fait répéter TROIS FOIS la RH. Quand, enfin, elle comprend la question, grand flottement de la cruchasse avant de répondre « bah évidemment médecin hein quoi ».

Comme je suis une vilaine fille j’ai le fou rire qui me monte au nez pire qu’un wasabi fait main.

Si c’était ma copine, ou même seulement si elle n’avait pas passé tout le temps de sa présence à faire comme si j’étais invisible (même quand elle m’a écrasé le pied. Trop fort : visiblement je percevais son continuum espace-temps, mais elle pas le mien…) et qu’elle avait eu 2 mn, je lui aurais expliqué qu’à moins d’avoir des parents très riches qui lui rachèteront un cabinet privé ainsi que la clientèle en kit tout compris, sa vie n’allait pas être aussi pavée d’émeraudes que la route du  pays d’Oz, que médecin ça peut aller du généraliste en CMP à mi-temps  au chef de clinique et au chercheur, que …. Comment dire.….

J’espère pour elle, quand même, qu’elle rencontrera à temps quelqu’un qui lui dira ces choses et lui parlera de la réalité professionnelle du domaine médical dans notre beau pays, parce que…..

Eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeet oui, elle a bien été retenue pour LE cours de bio à donner, mais elle n’a pas signé le contrat : elle n’avait apporté ni carte vitale (?!), ni….. CV. Et quand la RH le lui a demandé, elle a répondu avec autant de désinvolture que ce qui semble être son habitude: « vous comprenez moi je n’en ai pas, de CV, en médecine on en a pas besoin alors voilà».

???…. !!!!!….. ????

Vivivivivivivivivivivi.

Quand la cruchasse est sortie, la RH était un brin pensive, et, rhô que je suis fière de moi de ne pas m’être laissée à dire ma pensée et d’avoir réussi à contenir mon fou rire, quand elle a levé la tête et m’a demandée : « c’est bizarre non ? Qu’est-ce que vous pensez de ça, ne pas avoir de CV ?! A un entretien d’embauche ! », hé bien j’ai juste répondu « jamais je ne me permettrai de juger un autre candidat, je ne m’autoriserai pas à répondre à une telle question dans ces circonstances ».

Ça c’était 10 secondes avant que la cruchasse ne resurgisse pour récupérer son iphone, laissé sur le bureau de la RH, et ne reparte en coup de vent et en claquant la porte.

Trop classy.

N’empêche : screugneugneu de villebroquin à sonnettes, dans quel monde elle vit la demoiselle ?!

Je veux dire : si elle ne le veut pas le petit boulot en plus, bah c’était plus simple de ne pas venir. Non ?

In ther mood for……

Posted in Act up!, Tranche de steack, XX et XY with tags , , , on 6 janvier 2011 by violemmenthumaine

 

Parce que je le vaux bien!

Hélas je n'ai pas réussi à trouver qui était l'auteur de cette superbe llustre de Tank Girl 🙂

who’s said « weaky sex »?!!

 

Citations

Posted in Hors case, Tranche de steack with tags , , on 23 novembre 2010 by violemmenthumaine

Okidoki, mon précédent post était juste déprimant.

Alors pour finir (ouiii ?) avec cette histoire de bouse, et comme je me suis déjà fait du bien ici à ce sujet, je vais recommencer pour voir.

Parce que le QCM ça ne me suffit pas voyez-vous, mes Inconnues/s chéris/es.

Depuis la rédaction de charmant test à choix multiple qui m’a fait du bien à peu de frais, il a fallu que je retape la lecture de la bouse stylo à la main, notant tout afin de pouvoir quantifier certaines choses et donc transformer mes « impressions » en certitudes scientifiques. C’était déjà pénible une première fois, mais là cela a atteint des dimensions genre apocalyptiques, parce qu’en fait, à la première lecture tout plein de fausses déclarations et d’approximations ne m’avaient pas sauté à l’œil, et à la seconde lecture je n’ai plus vu que ça.

C’est à tel point qu’au final j’ai douté de mes propres savoirs et ai contacté tout plein de gens, me suis replongée dans tout plein de livres et documents divers pour vérifier que j’ai bien raison et que le l’anus bovin a tort, ce qui, à une exception linguistique près, est le cas.

Alors voilà, je  me fais plaisir sur un sujet que je ne peux pas aborder dans ma « note de lecture » puisque cela n’est pas du domaine du « scientifique » : en effet, il faut le savoir, nombre de productions scientifiques ressemblent du point de vue du style à une copie de mauvais élève de 5ème, et encore.

Assez étrangement, je pensais que le fait d’être journaliste, d’une part, et de publier un livre destiné au grand public, d’autre part, impliquait de savoir écrire en français, dans une langue correcte syntaxiquement parlant, et précise en plus.

Suis-je snob hein ? Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis, j’suis une vraie ouf de la snobitude, quoique vu l’ambiance actuelle, en fait, ce genre d’attente ridicule me classe plutôt juste dans la catégorie has been momifiée.

Je vais donc prendre quelques phrases extraites de la bouse, phrases où le journaliste parle hein (et c’est chaud à trouver vu que plus de 75% de la bouse est de la retranscription d’entretiens), c’est-à-dire où c’est lui qui exprime Son point de vue, en choisissant ses mots et tout et tout.

D’abord les trucs anecdotiques, comme « la réaction sociale la plus unanime est …» (bin voui soit c’est unanime soit ça ne l’est pas, on ne peut pas être plus ou moins unanime.), ou de contresens faussement lyriques, comme « plonge dans une torpeur livide » (moi je préfère les torpeurs rubicondes)

Je passe sur la grammaire parce que bon hein quand même, (mais c’est dommage car là je ne manque pas d’exemples)

* Groooooooooooosse parenthèse : si je vous dis que les obsessions grammaticalo-linguistique d’un type sont la cause de ce que les livres d’histoire appellent la Baie des cochons ? Vous me dîtes quoi ? Ceux qui répondent « Company man » ont droit à toute ma camaraderie rigolarde. – Fin de la parenthèse.*

Ensuite l’enfonçage de porte ouverte : « L’implication dans un groupe semble une facteur-clé pour faciliter [la] réintégration ». Ca alors, c’est vrai ?!J’aurais pensé que pour s’intégrer il fallait fuir tout contact, comme je suis persuadée que pour bronzer il faut fuir le soleil, murmurer pour être entendu par son voisin en boîte, descendre en haut…..

Et ma préférée de toutes. Nan, sans déc’.

« Depuis la virginité jusqu’à l’enfantement, la vie d’une femme est soumise à ce cycle de la matrice…».

Trop de la balle nan ? C’est-y pas un slogan de ouf ? Non, plutôt un aphorisme digne des plus grands, une phrase de folie, un véritable petit bijou d’orfèvrerie moi je dis….

Pour celles et ceux qui n’auraient pas éclaté de rire (ou qui auraient pas eu un gros coup de chaud au choix) à la lecture de cette sentence aux profondeurs abyssales, faisons une petite explication de texte :

Une femme a un « cycle dans sa matrice » que de la puberté à la ménopause. A la naissance et durant son enfance, elle a bien tout ce qu’il faut pour hein, mais le truc n’est pas prêt. Et pour tant elle est bien vierge. Si si.

Par ailleurs, le fait que la femme soit ménopausée après avoir été mère risque de plonger dans la désolation toutes les femmes qui ne veulent pas avoir d’enfant, et de rendre circonspectes toutes celles qui, putain elle est où l’arnaque, continuent à avoir leurs règles après avoir eu un môme….

Enfin, comment dire…. « soumise au cycle de la matrice ». Euh, oui, d’accord, j’ai lu Françoise Héritier et pas mal d’anthropo sur le sang (si si si), mais….

Mon Inconnu,

tu savais que tu es

«  de ta virginité jusqu’au cancer de la prostate

soumis au gonflement de tes gonades ? »

Ca passerait difficilement comme phrase, non ?

1 entretien vaut rien si 2 cancrelats

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Hors case, Tranche de steack with tags , , , , , on 3 octobre 2010 by violemmenthumaine

Ouais, le titre est ce qu’il est. C’est comme ça et ça ne va pas s’arranger……

J’ai donc eu jeudi dernier un entretien téléphonique d’embauche en anglais avec new york  pour le poste de chef du monde au Congo (pays où j’ai déjà beaucoup traîné et que j’aime beaucoup) dont j’ai toujours rêvé, super intéressant et super bien payé.

Version Winner-dream-is-reality:


J’ai passé la semaine précédant l’entretien sans y penser l’ombre d’une seconde en profitant en long en large en travers et plus encore de mon Barbu.

Une fois passé le concours de professeur des écoles et mon Barbu reparti sauver le monde au fin fond de la brousse, j’ai dormi comme une souche et me suis retrouvée fraîche comme une rose le jour J (ça tombe bien puisque c’était un jeudi. Ah ah).

L’entretien devant commencer à 17h, j’ai profité de ma matinée et de mon début d’après-midi pour me faire une expo tranquillou et suis revenue chez moi dix petites minutes avant que le téléphone ne sonne, juste le temps de me faire un bon thé.

Et là, sereine tel un bonze en méditation mais vive comme un moine de shao lin, dans l’empathie totale avec la RH que j’avais eu bout du fil (normal je suis télépathe), j’ai assuré grave. En fait c’est simple, j’ai tout déchiré et carrément explosé les quotas de perfection, et la RH a raccroché en me disant qu’elle m’envoyait le contrat lundi.

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Bon, en fait, les quelques gentils Inconnus qui m’ont souhaité bonne chance n’ont pas du le souhaiter assez fort, et moi je n’ai pas du réciter le mantra bene gesserit avec assez de concentration (d’habitude ça marche d’enfer), parce que, au lieu de ça, ma journée a plutôt ressemblé à  un truc genre « je me rétame comme une grosse merde tellement le stress paralyse ma langue contracte mes muscles et paralyse mes neurônes. »

Voyez plutôt :

Version Real life:

A partir d’une semaine avant le jour J j’ai été tendue comme un string et n’ai pas réussi à pioncer plus de 4h par nuit, me transformant en avatar de dogue sous amphètes ce qui rendit la fin des vacances de mon Barbu ultra smooth et mes journées ultra coolos. Le concours de professeur des écoles a un peu plus augmenter le taux d’adrénaline dans mes veines et comme mon  Barbu est reparti s’emmerder dans son container africain la veille de l’entretien, j’ai pas réussi à m’endormir avant 5h du mat.

Aussi fraîche qu’un hareng saur ayant séjourné dans la culotte de Paris Hilton, j’ai  fait semblant de me calmer en matant des épisodes de NCIS en streaming toute la matinée jusqu’environ 15h30.

Alors que, la plupart du temps, mon téléphone est aussi utile qu’un body de sudation pour perdre 20 kg, il a tonitrué 6 fois dans la journée, augmentant ma tension et mes battements cardiaques de manière inconsidérée un peu plus à chaque fois. La dernière, à 16h, qui m’a appelée, a failli se faire lyncher par voie téléphonique interposée….

Là, je me dis cocotte faut que tu te calmes tout ça, alors va sous la douche. A moitié cramée en sortant (parce que l’eau chaude c’est bien connu ça détend, alors comme là le besoin de détente frôlait l’inimaginable, j’ai mis le thermostat à 45°…. Je ne vous le conseille pas plus que ça, sauf si vous kiffez vous retrouver avec de grosses tâches rouges un peu partout sur le corps), j’ai constaté que j’étais toujours un pitbull souffrant de bouffées paranoïdes, alors, pour me calmer et reconcentrer, j’ai voulu me faire un café avec un doigt d’eau de vie…….

Il était – 5 ou -10 avant les fameuses 17h, j’ai donc pris mon téléphone fixe sans fil avec moi dans la cuisine.

Comme je suis un maître zazen et que je suis vraiment une femme Barbara Gould, j’ai réussi l’exploit de faire tomber la tasse de café ainsi que le bocal de prunes à l’eau-de vie par terre, en même temps que le téléphone, et me suis retrouvée couverte de café brulant et d’eau-de vie.

Le compartiment des piles du téléphone est, bien sur, ouvert,  et les piles sorties.

Les doigts poisseux (d’eau-de-vie, ‘tain, faut suivre un peu), je réinsère les piles et là, HOP, le phone sonne. C’est New York œuf corse. Et pendant que je salue la dame avec jovialité, j’entends mon téléphone sonner, indiquant ainsi d’e son bip mutin  que les batteries ne sont pas chargées et qu’il s’avèrera aussi utile qu’un urne électorale en Corée du Nord d’ici quelques minutes.

En mode self control à donf, j’explique donc à la dame qu’il faudrait me rappeler d’ici 5 mn parce que j’ai un problème de batteries. No problem dit-elle.

Je raccroche le téléphone, et là, proche de l’hystérie la plus totale, je… bin je change les piles sur le second poste de ma ligne. ……

Alors, vous qui êtes übber technophiles et tout et tout, vous le savez déjà.

Moi pas.

Jusque là.

Donc : les téléphones sans fil à piles rechargeables, hé bien, même si celles-ci sont chargées à 100% comme, hé bien, si vous les sortez du téléphone, pfffffffffffffffffff, l’électricité elle part dans les limbes je sais pas où ni comment et y’a plus rien ni dans le téléphone ni dans les piles, et si vous les remettez, les piles hein, dans le dit téléphone, vous constaterez que la batterie est complètement déchargée et que votre téléphone n’a plus aucune autonomie.

…..

Le temps que je comprenne  que je suis désormais sans aucun téléphone fixe en état de marche, mon cœur galope largement au-dessus de ce qui est recommandé pour éviter l’infarctus, je me jette sur mon portable et envoie fébrilement le numéro par mail à la RH. Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing.

Je m’excuse platement en bonne serpillère et lui explique la chose, et comme, bien sûr, le mail que je lui ai envoyé n’est toujours pas arrivé dans sa boîte e mail, je lui dicte mon numéro via le fixe qui bip bip à tout va….

Bon, bien sûr….. Les aléas de la communication internationale sont monnaie courante pour les ONGs, et la RH ne semble pas me tenir grief de cet épisode désopilant.

Moi par contre…..

J’ai donc mené mon entretien d’embauche couverte de café, les mains ensuquées d’eau-de vie, et dans un état de gremlin nourri passé minuit……


L’entretien en lui même ?

Disons que les chances que je passe à l’étape suivante (si j’ai bien tout compris à ce que la RH m’a racontée il y a encore 3 étapes avant la signature effective de contrat) sont aussi élevées que celles que notre ersatz national reçoive le Nobel de la Paix….

¼ d’h montre en main, et comme je m’attendais à au moins une heure (expérience à l’appui), j’ai survolé la réponse à la première question  (why are you interested in this post ?) alors que, rétrospectivement, j’aurais du balancer tous mes immenses et incroyables qualités en détail évocateurs tout en faisant la roue….

Un peu comme si un comédien se disait en entrant sur scène à une audition « pas grave si je joue comme  ruaridoll chante les 20 premières secondes puisque j’ai 3 mn pour les scotcher à leurs sièges ».

Pour le reste bin….. Disons que la modestie de mes réponses aux questions factuelles me fait un peu frémir, mais je me dis qu’en même temps tout ce qui a été dit (le montant des budgets que j’avais coordonné, le nombre de personnes que j’ai « managé », les bailleurs avec qui j’ai travaillé, mes prétentions salariales) était déjà sur le CV que je leur ai envoyé et qui a conduit à ce qu’ils me contactent, mais bon…..

Hisoire d’être encore un peu plus cruche, mes palpitations et mon stress de dimension tsunamiesque ont fait que j’ai mis un putain de temps pour répondre histoire de ne pas me planter entre hundred et thousand (ouais, je sais, mais même si je suis quasiment bilingue j’ai toujours une hésitation entre les deux, et là, dans l’état où j’étais…), et , cerise sur la gâteau, lorsqu’elle m’a demandé à la dernière question quelle était mon expérience en grants, j’ai fait un putain de contresens et ai répondu en parlant des financements que j’avais réussi à obtenir (au lieu de ceux que j’avais octroyés aux assoces locales).

Vu l’état second où je me trouvais, je sais pas trop si c’est moi qui projette ou si c’est réel, mais j’ai eu l’impression qu’elle me raccrochait limite au nez.

Bref, j’ai vraiment ruaridollé à fond….

………………………

Depuis j’ai un mal de tête de folie qui ne disparaît pas, et je me dis que putain de schtroumpf, je suis vraiment la reine des truffes.

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