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Réalité 1, Kant, 0

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo), XX et XY with tags , , , , , on 2 mars 2015 by violemmenthumaine

 

Salut mon Inconnu/e préféré/e !

Bon, j’ai envie, une fois n’est pas coutume, d’éviter tout sujet qui fâche ou qui serait susceptible de donner une envie certaine de changer d’espèce car l’homo sapiens, ça craint vraiment trop du boudin.

Il paraît par ailleurs que les blogs ou/et podcasts tenus par des êtres humains de sexe féminin les plus suivis sont les blogs mode/coiffure/beauté/relooking/nail art (je ne me fais toujours pas au fait que cette … discipline mérite à elle seule une appellation et une blogosphère particulière…) sous toutes leurs formes.

Banco !!! Je vais donc parler, une fois n’est pas coutume, de Beauté, de ce-qui-fait-que-tous-s’écrient-en-te-voyant-comment-elle-est-trop-bonn-c’te-meuf, et en fait, surtout, comme toujours ou presque, de comment tout ça n’est jamais qu’une affaire de goûts et que ceux-ci sont très variés dans la nature humaine. Cette phrase est vraiment lamentable.

Précision anti-trolls
Non, je ne prétends pas ici donner une définition de la Beauté (pour moi il n’y en a pas, si ce n’est que le Beau est dans celui qui le voit).
Non je ne décris pas un profil physique qui serait type, ni pour les Blanches ni pour les Noires.
Et non je ne prétends pas faire de ce que je décris une Vérité Absolue.
Encore une fois, je vais parler ici de représentations au sens sociologico-anthropologique du terme, c’est-à-dire de l’image que la majorité des individus au sein d’une société donnée associe à un phénomène, un concept, une action, une attitude, d’autres individus etc.

Un certain Emmanuel Kant a affirmé voici pas mal de temps qu’ « est beau ce qui plaît universellement et sans concept », et l’omniprésence de géantes immédiatement classables en malnutrition aigüe modérée si ce n’est sévère au MUAC sur nos écrans et affiches diverses et variées semble confirmer l’affirmation du défunt Allemand.

[Parenthèse : pour toi qui n’es ni HP* ni spécialiste de nutrition qui compte d’urgence, au cas où tu te demanderais ce que peut bien être ce MUAC :

Le MUAC,pour Middle Upper-Arm Circonference en sigle (on A-DO-RE les sigles dans l’Humanitaire, encore plus qu’en France), désigne la procédure standard utilisée aussi bien par les agences de l’ONU, les médecins ou associations locales que les grandes ONGs internationales, pour définir, catégoriser (l’HP* idolâtre la catégorisation, c’est l’un de ses pêchés mortels) le degré de malnutrition des enfants, et, par extension et bien que la définition des normes biologiques pose problème, les adultes. Comme pas mal d’autres trucs, c’est MSF qui a inventé le binz il y a quelques dizaines d’années, mais maintenant n’importe quelle boîte de pharmacologie et matériel paramédical le fabrique, et le vend pour pas cher (genre entre 5 centimes et 2,50€ quoi). Il s’agit d’un bracelet en plastique souple gradué dont une des extrémités, plus large, est creusée d’une fenêtre.

*** MUA

Un bracelet MUAC, c’est ça

Un bracelet MUAC, c’est ça

C –.***

Une fois intégrée, pas besoin d’avoir fait maths sup pour suivre la procédure : tu prends le bracelet, tu le poses au milieu du bras gauche de l’enfant (ou de l’adulte), pile poil entre l’épaule et le coude, et tu refermes la bande comme pour faire un bracelet qui colle à la peau, en faisant coulisser la languette dans la fenêtre. Un résultat apparaît alors dans la fenêtre évidée. Si jamais tu ne sais pas lire ou que ça te fatigue trop d’apprendre les mesures marquant les différents stades de nutrition/sous-nutrition, il te suffit de regarder la couleur dans la fenêtre : si c’est vert c’est OK, si c’est jaune c’est toujours à peu près OK mais bon quand même si tu veux pas voir revenir le lutin dans quelques semaines avec un « score » orange ou rouge va falloir qu’il bouffe mieux et plus, si c’est orange faut le soigner direct, et si c’est rouge faut le soigner là tout de suite là maintenant et l’hospitaliser parce qu’il peut clamser d’une heure à l’autre.

Voyez le truc ?

***starved f

Et ça s’utilise comme ça.

Et ça s’utilise comme ça.

or attention –

Si on regarde les chiffres de la zone rouge du MUAC enfant, la première fois, on a juste la fausse certitude d’une faute de frappe (mais hélas non, c’est la réalité). Mais si l’on regarde les chiffres communément admis pour les adultes pour reconnaître une malnutrition modérée, soit un diamètre inférieur à 18,5 cm, on constate qu’une bonne partie des « top models » entrent sans le moindre doute dans la catégorie des malnutries.

,m,m,

Echelle de détermination du MUAC pour adultes. Juste les faits, quoi....

Echelle de détermination du MUAC pour adultes. Juste les faits, quoi….

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Moi j’dis ça j’dis rien. Fermons la parenthèse]

mmnmnm

Le cul de Gaïa tu arboreras et les hommes à tes pieds tu auras

***statuette

 © Edith (Source)

© Edith (Source)

callypyge***

Je disais donc :

Kant était con. Le Beau est tout sauf universel.

Et, pour le type physique des femmes (et des hommes mais comme ici je suis la Chef je n’en parlerai pas cette fois parce que voilà) « étant » l’archétype de la Beauté, malgré les apparences, il est toujours lié à un endroit X à un moment t.

Voyez, moi par exemple : hexagonalement parlant, depuis le passage de l’Alien dans mon bide, je suis « grosse » puisque je mets un bon 44 : bouhhhhhhh-mais-comment-ose-t-elle-sortir-de-chez-elle-autrement-qu’en-sac-poubelle… Je devrais forcément me sentir moche, pas désirable ou alors « m’assumer » comme d’autres « rondes », car il y a/aurait quelque chose à assumer, donc. (Je hais depuis toujours la presse dite féminine, car je n’ai jamais kiffé me faire prendre pour une quiche. C’est donc avec un plaisir immense que je te renvoie, mon Inconnue/u, à ce site carrément jouissif).

Et la vérité est que oui, en France et ailleurs, dépasser le 40, quel que soit le rapport que l’on a à son corps (ça va très bien merci), et même si tu as une vie sentimentale et/ou sexuelle épanouie, dépasser le 40 donc, te rappelle régulièrement si ce n’est quotidiennement, de l’utilisation du « mobilier urbain » à l’achat de nouvelles fringues en passant évidemment et surtout par une grande partie de tes interactions sociales, que la société dans laquelle tu vis te trouve tarte et, pire encore, coupable de l’être.

So what ?

So : ça, c’est la réalité en France, dans le monde occidental, mais ici, tout comme dans tous les autres pays africains où j’ai habité (sauf le Kenya où c’est beaucoup plus mitigé, ou pour être plus exacte, foncièrement dépendant du type d’interaction sociale et du peuple auquel appartiennent tes interlocuteurs),

Je

Suis

Une

Bombasse

*** gif bonne raison de

Même que ouais.

Même que ouais.

se la péter beyonce*

Genre on me déshabille du regard.

***tum

blr***

Genre on me drague. Beaucoup.

Genre les femmes me complimentent à chaque fois qu’elles me voient.

Et comme ce n’est jamais agressif et jamais menaçant, (expression d’une admiration plutôt que d’une « option » posée d’office, ce qui n’est pas du tout la même chose) hé bien, je kiffe : ça fait du bien d’exister à nouveau dans les interrelations genrées, de sentir que l’on est attirante quand ton univers d’origine te fait vivre précisément l’exact contraire des dizaines de fois par jour.

Car oui, globalement, sur le continent africain, une femme considérée par le péquin lambda comme « belle » a « des formes », beaucoup de formes.

Certes, il y a des exceptions (notamment dans la zone de la corne de l’Afrique, où la majorité –pas tous- des peuples a généralement une silhouette fine, très fine même, et très élancée), et l’expansion de l’accès à MTV/Vanity Fair et compagnie amoindrit franchement le phénomène, du moins chez les jeunes. On frôle même à certains endroits la fracture générationnelle. Mais, quand même, il demeure que l’immense majorité des hommes et femmes sénégalais, gabonais, congolais, burkinabé etc., considère les choses comme ça :

Postérieur super marqué super cambré, poitrine opulente et enrobage global égale :

Silouette fine et à tendance androgyne égale :

***gif non non

non non mais non lol

mais non lol***

Yep : si tu rentres dans un 36 ou même un 38/40 si tu as plus de 25 ans, tu attireras même l’inquiétude plus que l’envie. On te demandera parfois si tu n’es pas malade, ou ne te laissera tranquille que lorsque tu auras fini ta deuxième assiette, et si tu veux serrer tu passeras après ta « copine rigolote » de « chez nous ». Plus encore que la minceur, perdre du poids n’est jamais envisagé comme quelque chose de positif, mais toujours comme la traduction de quelque chose de négatif, au pire que tu as le sida, au mieux que tu es soucieuse ou fatiguée en ce moment. Vouloir faire un régime pour perdre du poids te transformera en sujet de plaisanterie, où, d’ailleurs, on te reprochera souvent d’être « Blanche dans ta tête », (et cette attitude n’est pas réservée aux classes pauvres ou/et peu éduquées).

Perso, ce changement me fait toujours, les premiers mois, un bien terrible à l’égo.

***gif chewba

Chewbacca Hair

cca hair***

Parenthèse info :
Ici comme partout, les humains et plus encore les humaines sont prêts/es n’importe quoi pour se plier au dictat sociétal (même que). Quand je dis que le méga cul méga cambré est un but à atteindre, il est donc logique que certaines jeunes femmes se fassent des trucs whatthefuckesques et dangereux bieeeeeeeeeeen comme il faut pour atteindre leur idéal physique. Même se fourer des cubes Maggie dans l’anus. ……

*** source

bombe

*** Cube Ma

gie

Cheveux longs attirent les flonflons (et les biftons)

Bon. Il me faut être honnête : une autre de mes caractéristiques physiques provoque l’enthousiasme et attire irrésistiblement les regards, et cette fois-ci ce n’est pas toujours très agréable…

J’ai les cheveux longs. Pas comme les accortes et souriantes jeunes femmes au brushing aérodynamique des publicités pour shampoings de notre petit écran, non. Vraiment, vraiment longs : détachés, je peux me les coincer sous les fesses en m’asseyant.

Et ça, comment dire…..

Il y aurait un documentaire fantastique à faire sur le rapport qu’ont les femmes noires avec leur chevelure, comment certaines sont capables de foutre la moitié de leur budget dedans en en changeant deux fois par mois, comment les divers rajouts et perruques qu’elles se plantent sur la tête finissent par les rendre à moitié chauves, comment le business des rajouts en cheveux naturels, majoritairement issus de la misère à la Causette (celle du père Victor hein, pas celle du « féminin du cerveau et pas du capiton ») de l’Inde et d’Amérique du Sud, a explosé depuis une dizaine d’années (325000 résultats sur Google pour « extensions cheveux naturels ») et comment ce sordide trafic ne semble choquer absolument personne ou presque.

          mm,m,

Où que j’aie trainé mes guêtres en brousse ou en quartiers populaires, j’ai toujours fini par me faire tripoter les cheveux par des filles au regard émerveillé.

Quelque soit le pays où j’ai séjourné, il y a toujours eu une femme de classe aisée pour me proposer de me les acheter. Sérieusement. La première fois, je l’ai plutôt mal pris, mais à la longue je vois venir le truc en avance et ai appris à refuser poliment sans offenser ma « copine » du moment, ce même quand les enchères atteignent des sommets indécents pour la serveuse, le taxi, l’agent de sécurité ou la femme de ménage qui écoute à côté. Cela dit, la cote de la mèche de cheveux naturels n’est pas la même partout : à Kinshasa on m’a proposé 200$ alors que les mêmes tifs avaient été estimés à 500$ à Nairobi…

llblb

Relativisme esthétique : bonus track centrafricain

Je ne peux pas clore cet article sans évoquer un aspect…. Déstabilisant des règles de la beauté ici. Cette fois ci, je ne suis pas concernée (je suis un peu beaucoup une hystérique de la pince à épiler), et cela concerne principalement les pays d’Afrique centrale     tels que la RDC, le Congo Brazza, le Cameroun, le Burundi, une partie de l’Ouganda et une partie de l’Angola, même si le phénomène existe également en Afrique de l’Ouest.

Je n’ai toujours pas réussi à savoir si ce fait culturel était exclusif à certains peuples, mais il est clair qu’il ne concerne pas ou peu les classes sociales ayant eu accès à un enseignement universitaire et que le phénomène tend à diminuer dans les jeunes générations.

Il n’y a pas que les poils capillaires qui provoquent admiration et fantasme. Il y a aussi les poils tout courts, plus spécifiquement les poils au visage et dans le décolleté, qui, selon les interlocutreurs/ices et les bleds, sont considérés comme le signe d’une sensualité de folie, d’une grande fertilité (et parfois aussi de sorcellerie).

Hum. C’est clair que la première fois que vous vous trouvez nez à nez avec une femme habillée de son plus beau pagne ou de son tailleur en faux Dolce Gabana, maquillée, coiffée, parfumée, juchée sur des chaussures de couturier, mais arborant fièrement des poils bieeeeeeeen longs, et bieeeeeeeen frisés sur le menton, la lèvre supérieure ou au beau milieu d’un décolleté plongeant, ce n’est pas forcément évident de ne pas les fixer et de rester attentif.

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Exemple relativement courant à Kinshasa de pilosité faciale fièrement arborée

Exemple relativement courant à Kinshasa de pilosité faciale fièrement arborée

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Queen okafor, jeune femme habitant à Lagos au Nigéria, à la pilosité certes peu courante mais qui, dixit différents sites africains : « fait courir les hommes et les femmes » Source

Queen okafor, jeune femme habitant à Lagos au Nigéria, à la pilosité certes peu courante mais qui, dixit différents sites africains : « fait courir les hommes et les femmes » Source

***     Source

Tout ça pour dire que définitivement, non, « la » Beauté n’est pas universelle. Pan dans les dents à Kant…

Clacs et Boîtes et Boîtes et Clacs

Posted in Big A(frica), XX et XY with tags , , , , , , , , on 28 novembre 2014 by violemmenthumaine

 

Mon Inconnu/e préféré/e,

Voilà longtemps que l’idée d’écrire un post « là-dessus » me trotte dans la tête, mais, comment dire….. Pas envie de m’attirer les foudres vengeresses de quiconque.

Je rappelle donc encore une fois que non, je ne donne aucune leçon, que l’Afrique n’est pas un pays et que je ne peux donc parler que de ceux que je connais, et que, dans ce domaine précisément, je parle en tant que moi individu, aka une femme Blanche, ce qui, comme je vais te l’illustrer rapidos, est dans ce domaine précis une anomalie aussi grosse qu’un beignet au beurre clarifié dans l’alimentation quotidienne d’une paléo.

Je vais parler de

 Boîte de nuit.

Attention !!!! Pas de salle ou de bar ou autre lieu proposant des concerts, car la population et l’ambiance y est radicalement différente, non plus que de véritables « clubs », lieux abritant la jet set ou la Haute X ou Y : là non plus cela ne colle pas avec ce que je vais te raconter, non plus, bien sur, que les fêtes privées. Je ne parle pas non plus des bars/boîtes dans les « hot spot » d’HP*, là où pas loin du tout résonnent les AK47 and co (là aussi, la dynamique est différente).

Non : je parle de boîte en capitale (ou au moins grosse ville). Au Sénégal, au Burkina, en République Démocratique du Congo, mais aussi en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Nigeria, et sans doute ailleurs, une boîte de nuit, généralement baptisée avec fierté night club, c’est foncièrement autre chose qu’un lieu où des gens variés viendraient principalement pour danser.

Plantons le décor : au choix, selon le public visé (et le prix des boissons, et d’autres choses aussi) :

Premier type de décor : la boîte en extérieur, souvent un truc ressemblant à une paillote où, généralement, le public sera relativement mélangé et où de pseudos-routards viendront traîner leurs guêtres parce que « ça fait local » (et d’ailleurs, le plus souvent les proprios et gérants sont, en effet, du coin):

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kwilu bar-kinshasa

Bon, le lieu en question (le Kwilu Bar à Kinshasa) propose également tout plein de soirées-concerts et accueille régulièrement toute l’intelligentsia kinoise. Mais pour le reste roule ma poule, ça colle. (Source Jeune Afrique)

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Parfois, même, il y a des femmes asiatiques/blanches/arabes/étrangères.

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Second type de décor : la boîte interchangeable Miami/Moscou/Paris/Tel Aviv/Cotonou (mais attention, hein : la prostitution, c’est toujours chez les autres, et les journaux africains, spécialement ceux on line, font régulièrement des « dossiers » très détaillés, très illustrés et souvent très condamnatoires sur le sujet, mais presque toujours dans un pays autre que le leur) : bourré à craquer de miroirs, de piliers sur la piste de danse, de tabourets de bar trèèèèèès hauts perchés, avec beaucoup, beaucoup de lasers et boules à facettes, et une climatisation qui te fait entrer direct dans le cercle polaire. En général mais pas toujours, la dite boîte appartient cette fois-ci à un charmant Monsieur qui n’a pas la peau noire, européen, le plus souvent libanais ou grec ou italien ou russe ou libanais ou bien corse en Afrique de l’Ouest.

*

nightclub-design

Un décor de ce style quoi….

LED-Baroque-Bar

Non, ce n’est pas « kitsch », c’est « swag » -et avant la dissémination de ce vocable choupinou c’était « standing ».

 

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La plupart du temps, dans la paillote « exotico-locale » comme dans la version « standing haute classe», l’entrée est gratuite sauf soirée à thème, ce pour les femmes comme pour les hommes : pas nécessaire de faire payer puisque, de manière générale, le prix des boissons avoisine celui de l’or (bon critère pour différencier les « boîtes de nuit » des lieux de loisirs comme les bars et les lieux de concerts). Plus le prix sera n’importe nawak, plus il sera considéré comme incongru de demander la monnaie, que de toute façon on ne te rendra pas spontanément. [Note que le côté marges-de-malade-mental-côté-boissons est très variable selon les pays et même selon les lieux. A Nairobi par exemple, les lieux où l’on peut se pochtronner pour aussi cher que le prix de ton taxi aller/retour sont assez rares : boire est un poste budgétaire nettement inférieur à celui d’un bon dîner]

De manière tout aussi générale, le prix sera « justifié » par le service souvent surréaliste : seau à champagne pour te servir ta bière par exemple (Oo), serveuses en tenue de gogo danseuses ou serveurs en tenue de groom et gants blancs (si si).

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groom

Donc, tu es dans une boîte digne de Girls Gone Wild, et ce sont des types comme aç qui te servent ton Coca (pardon, ton « Coke »). Normal. (Source)

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Là où tu commences à réaliser, si tu ne l’avais pas encore fait, que boîte est un peu beaucoup synonyme de clac quand tu regardes autour de toi et que tu vois que les femmes, sans exception, sont habillées comme ça :

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Et que, côté clientèle masculine, tu as, dans tous les cas, une bonne grosse moitié de Blancs, au sein de laquelle 50% au moins ont dépassé la quarantaine voire s’approchent clairement du siècle et sont aussi classieux que ça :

** bière

 

 

biere-beauf

Bon, celui-là c’est quand même hardcore, mais si tu lui rajoutes un tee-shirt trop petit t’es dans la moyenne.

beauf***

En même temps, ils affichent la couleur très clairement, en portant des tee-shirts hyper second degré portant des inscriptions muy delicates telles que (je n’invente rien !!) « Come on I’ll promise you your sugar daddy won’t be disappointing » ; « le ventre du mbongo » (Traduction : le ventre de l’argent) ; « si tu es bien sage Bwana sera gentil ».

**t-s

i love pattaya

En trois sorties nocturnes, j’ai vu ce tee-shirt sur pas moins de 5 croulants différents. Non non ce n’est pas du tout glauque, qu’allez-vous chercher là. *note : Pattaya est dans le top 3 mondial des villes du tourisme sexuel-option pédophile qui plus est).

hirt :

Les Blancs présents qui n’ont pas connu la seconde guerre ni le début des 30 Glorieuses ont en général un look beaucoup plus sympathique. Mais le look ne change pas grand-chose à l’affaire, soyons clairs. Dreadlocks, crâne rasé, costard Armani ou vieux tee-shirt hardcore, même combat…

Bon, pas besoin d’enfoncer le clou jusqu’au tréfonds du rectum d’un de messieurs sus-décrits pour que vous compreniez que oui, les boîtes de nuit sont en fait des lieux de chasse pour les prostituées de haut vol (enfin, pas l’équivalent d’une call girl ayant ses 3 doctorats et son attestation de Kama Sutra 5ème dan non plus, mais largement, très largement au-dessus de l’addict au crack du boulevard Ney quoi : elles sont de quoi acheter à boire en arrivant et sont sapées/déshabillées de frais) et leurs clients.

Là où ça se corse et devient bieeeeeeeeeeeeeen perturbant, c’est que parmi toutes ces clônes de Rihanna, au moins un bon tiers ne sont pas des prostituées mais bien des djeunes (ou moins jeunes, l’âge n’a pas grand chose à voir avec le schmilblick dans le coin, ce qui change des classes biberons parisiennes) qui viennent s’éclater entre copines, voire en groupe avec des potes de sexe masculin (mais bon c’est quand même beaucoup plus rare). Même look, même biberonnage susceptible de rendre leur sang létal pour le moustique assez guedin pour venir s’approvisionner à la sortie d’une boîte), même danse euh…. Suggestive sur les mêmes talons plateformes.

** riha

Rihanna-amazing-photos-702x600

En cette fin d’année 2014, tu peux compter sur un bon quart de coupes+maquillage+piercing identique à la barbadaise préférée du monde dans n’importe quelle boîte de nuit kinoise.

nna :

Et là, j’adresse une pensée compatissante à mes différents amis (masculins, donc) qui ont sillonné les capitales du continent noir, et qui, en général après un verre ou deux et la fin de leur dernière histoire sentimentale, se plaignent de ne jamais savoir si la femme qui leur plaît ou/et qui leur fait des avances est une non moins charmante prostituée ou bien une bourgeoise sortie dépenser l’argent familial/gagné à la sueur de son front. Et c’est vrai que, si tu te plantes dans ton estimation (y compris dans le cas où tu refuses gentiment en arguant que tu ne payes jamais pour des services d’ordre sexuel ou sentimental), tu risques bien des choses outre la fin définitive de toute relation : gifle dans la gueule quand ce n’est pas le verre, insultes en cascades et frérots qui viennent en renfort ; portefeuille vidé miraculeusement, phone disparu, quand ce n’est pas carrément appartement minutieusement dévalisé.

giig

yi

Reste moi, fidèle à ma spécialité je-rentre-rarement-dans-les-bonnes-cases. Vous avez peut-être deviné, vues les caractéristiques énoncées, qu’il y a peu de BlanchEs dans ces hauts lieux de divertissement. En général, il n’y a qu’UNE boîte où ces dames sortent (pourquoi celle là plutôt que les autres ??? Seul NoctambuleGod le sait). Les autres, nada. Résultat, quand moi je sors avec mes copines « locales » et que, forcément, j’arrive dans une jolie « boîte », je fais tache. Je suis toujours la seule femme blanche.

**gif tu prends des ris

tu prends des risques cheri cheri

Aller en « night club » en capitale africaine quand tu es une femme blanche (ce sans un Homme), c’est un peu choisir d’être cette souris…

ques chéri chéri :

Et là, toujours également, je traverse quelques moments… euh… Bien remplis d’interrogations du style bon-dieu-que’est-ce-que-je-suis-venue-foutre-là-je-me-sens-hyper-à-l’aise-et-pourtant-je-le-savais-bordel-de-merde-à-cul-je-pars-tout-de-suite-ou-j’attends-de-pouvoir-le-faire-sans-que-ma-copine-le-prenne-comme-une-insulte.

Seule solution : s’hydrater bien comme il faut à coup de coups à (vous aurez deviné que forcément je préfère donc le style paillote, mon cortex se révoltant quelque peu à l’idée de payer 10$ une binouze) bien sonnés et de plus en plus alcoolisés, histoire de ne plus rien avoir à foutre des limaces baveuses qui plongent dans ton décolleté et bavent hallucinent en te voyant danser (car si si, certaines Blanches savent danser. Et non, ce n’est pas une vanne à deux balles : à CHAQUE fois que je suis allée danser quelque part en Afrique, je dis bien à chaque fois, on est venu m’exprimer son étonnement, le tout toujours assorti de l’assertion selon laquelle les Blancs/hes dansent avec un balai dans le cul et pas en rythme. Sérieusement. Et non, il n’y a pas que du compliment stratégique là-dedans, mais bien l’idée caricaturale très répandue que, non, les Blancs ne dansent pas, ou alors très mal.)

Mais en fait, le plus problématique, ce n’est pas souvent les hommes, blancs ou pas. Dans cette situation là, le souci ce sont les jeunes filles accortes. Selon le contexte, elles penseront que :

  • Tu es faite pour être leur amie pour la vie (et leur présenter le Prince-Charmant à visa et vison), auquel cas, c’est cool et tu peux même te faire des vraies potesses.
  • Tu es une cliente. Auquel cas, c’est plus compliqué tu vois. Parce que dire non, surtout passé 3h du mat, ça peut rendre la situation houleuse un peu. Ou juste pas agréable (non, une femme à moitié à poil qui s’écroule sur toi en sanglotant qu’elle est « mauvaise et diabolique » et qu’elle « sait bien que toi tu ne l’es pas » mais qu’il ne faut pas la détester mais qu’elle comprendra si tu lui craches dessus (sic), c’est pas ultra réjouissant. Mais NON, pas la peine d’expliquer que ce n’est pas l’homosexualité qui te pose un problème mais le fait que non, jamais jamais tu ne seras une cliente, et que d’ailleurs tu es mariée avec un homme que tu aimes, merci : cela relancerait encore la machine, souvent d’une façon encore plus désespérée, car si ce n’est pas le principe du lesbianisme qui te révulse alors c’est forcément elle, tu vois ?)
  • Tu es une concurrente. Là, c’est vraiment auch’. Entendons-nous bien : quand je dis concurrente, je ne dis pas forcément concurrente professionnelle, même si le cas s’est présenté à Nairobi (où la prostitution est protéiforme : il y a des prostituées femmes, hommes, noires, des indiennes, et, depuis quelques années, blanches (principalement slaves mais pas seulement). Mais le fait que certaines de ces dames, pour qui, soyons clair, le client est souvent le seul moyen de survie, envisage que ta présence puisse leur faire manquer leur affaire, et tu as intérêt à veiller sur tes miches, tes cheveux plus particulièrement, encore plus si, comme moi, tu les as très longs.

Dans le cas 2 et 3, tu dois faire face à un mélange de tout ça :

*Gif nooun

nounou psycho famille adams va tirer

 

 okokok

 pkpp

pkpk

Bref, tu kiffes bouger ton boule et tu aimes ne pas être à ta place mais n’en avoir rien à talquer parce qu’après deux ou trois ou vingt verres tu es juste THE DANCING QUEEN tout en étant capable d’éviter un combat de catch féminin de dernière minute au cas où tu ne plais pas à la Femelle Alpha ? Alors va danser au 3615/Vsecret/SuggarVIP/Mamboprincesse/Ulla Standing/Bossplace/Diamantsoeurette (tous des noms réels de boîtes présentes ou récemment disparues dans différentes capitales africaines).

Beurre rance pour Hortense

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Kenya, XX et XY with tags , , , , , , , , on 6 mars 2013 by violemmenthumaine

 

L’être humain n’est jamais content.

D’aucuns diront que c’est son insatisfaction permanente qui le fait créer, inventer, questionner et progresser.

D’autres que la sagesse, ou du moins la recette du bonheur (vous savez, celles et ceux qui vous balancent via email ou mur face de bouc de sublimes présentations powerpoint sur fond de musique classique ou folklorique pour vous expliquer le sens de la vie) consiste justement à ne pas vouloir ce que l’on a pas (ou alors si, mais d’abord de vous aimer vous, ce qui automatiquement vous mènera à obtenir ce que vous voulez, parce que le monde est une grosse meringue douce et tout et tout, en fait, pour ceux qui ont atteint le niveau supérieur de conscience blablabla blablabla)

Vu que je ne suis pas adepte des powerpoint sus-mentionnés (le sucré mystico-scout à deux balles me donne des gaz et ce n’est pas poli pour le voisins), et que je suis humaine (si si, les médecins sont formels), je ne suis jamais contente. CQFD.

Plus exactement, je commence à regretter plus que beaucoup l’une des réalités sociales qui m’a rendue si heureuse de quitter notre cher Hexagone.

Et oui : en France, quand vous êtes au chomedu, pire encore depuis longtemps ou de manière récurrente, vous avez quotidiennement à affronter au mieux l’indifférence la plus ostensible (cette délicieuse impression d’être invisible dans les soirées une fois passées les deux-trois phrases de présentation), au pire à vous justifier, avec humilité et auto-flagellation, de demeurer un rebus de la société, ou bien encore, entre les deux, à écouter avec émerveillement une foultitude de conseils plus demeurés les uns que les autres pour vous sortir de cette indignité.

Au mieux l’on vous plaint, au pire on vous explique que c’est à cause de personnes comme vous que le Monde et la France en particulier vont à veau-leau ma Bonne Dame, et que c’est une honte, vous devriez vous bougez le fion que diable.

[ Un jour j’écrirai un ou deux articles sur cette question fascinante de la vie sociale du CDI* dans notre beau pays.]

Ici, au Kenya

(comme d’ailleurs ailleurs un peu partout en dehors des pays européens),

ce n’est pas le cas.

En tous cas si vous êtes une femme, évidemment.

Dans les rares cas où c’est le composant masculin d’un couple qui suit sa donzelle et n’a pas de boulot, ce n’est pas rose. Dans la tête du valeureux mâle d’abord (dingue la proportion d’alcoolique au bout de quelques mois de chômage chez les êtres humains mâles….), et dans sa vie sociale ensuite. Là, c’est clair, France/Kenya, même combat.

Mais si vous êtes une femme…..

Si vous êtes une femme, que vous soyez Blanche, Noire ou verte à petits pois violets, votre rôle unique et admirable est d’être une Femme Au Foyer.

ufunk-selection-du-weekend-24-25

On vous l’assène environ une fois toutes les cinq minutes, ce quelque soit le style de votre interlocutrice/eur.

Votre épanouissement, votre valeur, votre identité passe par vos enfants, votre maison, vos enfants, votre mari, vos enfants et puis aussi vos enfants.

Ahhhhhhhhhhhh, l'enfant, seule source de bonheur pour la Femme. No comment.

Ahhhhhhhhhhhh, l’Enfant, ce trésor ineffable, seule source de bonheur pour la Femme. No comment.

Votre investissement maternel est d’ailleurs majoritairement centré sur vos capacités nourricières, pas sur le temps que vous passez à faire quelque chose avec votre progéniture : vos chauffeurs, vos nounous, l’école et parfois le prof particulier s’en chargent pour vous merci, ce,  que vous soyez plutôt charentaises petit doigt levé ou bimbo de boîte de nuit à manucure et coupe de veuch renouvelées au minimum une fois par semaine.

Attention : contrairement au ton de mes affirmations précédentes, je n’ai pas grand-chose à y redire, si c’est le choix de ces dames, un choix réel et revendiqué, no soucy Mc Fly, chacun sa vie tout ça tout ça.

Non, ce qui me saoule, ce qui m’asticote les glandes, me donne envie de hurler à la Lune et de foutre des pains à la volée, c’est que penser autre chose, vouloir autre chose, vous met, me met dans une espèce de bulle de décontamination un peu purulente, me place dans un espace où je n’ai pas le droit d’exister.

Il existe bien sûr des Femmes qui travaillent, ici comme ailleurs (heureusement putain de diou !). On les tolère, même si, au détour des conversations, on condamne leur manquement à Leur Rôle de Mère ou les plaint gentiment de ne pouvoir profiter plus de la chair de leur chair.

Ainsi, les deux fois où j’ai réussi à tafer ici, j’ai eu droit à de petites réflexions, ou plutôt des questions insidieuses telles que « -mais ça ne te met pas un peu mal à l’aise ? … Je veux dire, par rapport à ton fils quand même… ».

Jt presentateur y a un truc ki cloche

La tête que j’ai faite à peu de choses près en entendant les dites remarques…

Quand tu ne travailles pas, et que 1) tu cherches à bosser, et 2) tu te plains de ne pas tafer, hé bien…

D’abord, personne ne t’écoute.

Les hommes, ainsi que les femmes qui bossent, une fois avisés du fait que tu n’appartiens pas à la confrérie des Travailleurs, ne t’adressent plus la parole : tu fais partie des pots de fleurs. C’est charmant les pots de fleur, ça se regarde avec admiration ou/et concupiscence, mais on ne discute pas avec. Si, en plus de ça, tu ne passes pas ton temps à lustrer tes pétales (ce qui implique, outre le fait d’en avoir envie, d’avoir le temps et l’argent pour ce faire, ce qui n’est pas mon cas), tu disparais dans les limbes de l’être humain hors case.

****

Tes congénères, aka les femmes-au-foyer-fières-de-l’être, te parleront un peu. Le problème sera alors de réussir à feinter : si si si, tu es intéressée par leur conversation de haut vol sur l’art, la politique ou la théologie. Sauf qu’en fait, on ne parle de rien de tout ça. On parle maison, finances et enfants.

Alors tu feintes. Tu as du mal cependant : tu as du mal à t’intéresser plus de cinq minutes à la conversation.

A partir du moment où tu as une ou deux « copines », que tu te fais exclusivement par le biais de ta/tes charmantes tête/s blonde/brune, vient évidement le moment où l’on te demande comment tu vas. Comme partout ailleurs, ce n’est pas vraiment une question, mais tu as du mal à passer sous silence ad vitam eternam le fait que non, tu ne vas pas bien parce que, pour toi, réfléchir, agir, participer à la société, bref, TRAVAILLER, est un pré-requis au sentiment d’exister.

Exprimer le fait que tu t’emmerdes, grave, que le fait de cuisiner/faire les courses/amener-et-rechercher ton gnome à l’école ne suffit pas à remplir tes journées et que tu as l’impression d’être juste un gros vide, c’est juste….

Il n’y a pas de place pour cela. Pas d’espace pour le dire. Parce qu’il n’y a pas d’oreilles pour l’entendre. Il n’y a pas de possibilité d’énonciation : une femme à qui pose un problème de ne pas travailler, c’est juste inconcevable, genre illogique :

spock face

Hein, quoi, « elle » veut travailler ?…. La faille logique est béante, il n’y a qu’une solution: ce n’est pas une femme!

Tellement inconcevable que si tu persistes même timidement à verbaliser ce genre de sentiment « anti-naturel », on t’évitera de plus en plus ostensiblement.

Et si tu as la chance d’avoir une vraie relation avec quelqu’un, ce sera, en fait, encore pire. Car ton ami/e voudra te convaincre, t’expliquer qu’en fait, tu es heureuse, tu es même chanceuse, et que siiiiiiii bien sûr tu es utile et merveilleuse car tu as un homme et un fils, que tu t’occupes d’eux et que ça, ma bonne dame, c’est merveilleux non ?? Que vouloir à tout prix travailler est, au choix ou tout à la fois : égoïste, voire indécent ; que tu veux « rentrer dans le système et que tu devrais profiter de ton bonheur plutôt que de vouloir à tout prix gagner de l’argent » (????) ; que l’amour et la famille sont bien au-dessus de n’importe quelle activité ; que tu « devrais en profiter ».

Alors tu fais ça :

castle fore d ecouter blase inutile

Expliquer que toi, tu veux un peu de transcendance (c’est pas beau de dire des gros mots)? Que dépendre d’un autre, qu’il s’agisse de ton compagnon ou de n’importe qui d’autre, te fait sentir une enfant/une merde/une pute ? Que les mois d’inactivité te donnent l’impression que ton cerveau se liquéfie… :

Oublie.

Pour parler d’autre chose, tu lances une discussion. Sur n’importe quoi : la démission de Benoît, le mariage pour tous, la mort de Chavez, les élections kenyanes, le mouvement hip hop, la physique atomique, la littérature américaine et sa tendance dépressive, les jeux vidéos ou l’évolution des superhéros depuis qu’Hollywood en a fait son sujet de scenar favori…

Tu peux ratisser aussi large que tu veux, tenter le philosophique, le politique, le culturel, le scientifique, le gros geek : tu seras toujours toute seule et tu créeras autour de toi un halo de rejet et d’ennui à mi-chemin entre la peur et le mépris.

Alors oui, c’est clair qu’au début, en arrivant, après des mois et des années à te faire expliquer que tu n’es qu’une grosse sangsue irresponsable parce que tu es CDI*, tu as cru dégotter ton beurre. Mais au bout d’un an et demi, le beurre a ranci un peu beaucoup passionnément à la folie…..

C’est la Fêêêêêêêêêêête…..

Posted in Des humains supra chouettes, Hors case, XX et XY with tags , , , , , , on 8 mars 2011 by violemmenthumaine

 

 

Salut mes Inconnus/ues préférés/es !!!

 

Aujourd’hui comme toute la semaine dernière et pour encore un bon moment (chic chouette patacouette) j’ai la tête dans tout plein de choses diverses et variées, et pas plus le temps que ça de me mettre à mon clavier.

 

Seulement, aujourd’hui ce n’est pas  seulement le jour de mes tests afpa, aujourd’hui il paraît que c’est la Fête de la Femme.

Comme je n’ai pas le temps, je ne me lancerai pas dans un match à la con pour/contre bourré d’arguments bidon et de mauvaise foi,

je ne rendrai pas hommage aux Hommes ni à « La » Femme qui n’existe pas,

je ne parlerai pas non plus de ma Fête de la Femme congolaise,

ni de celle de l’an dernier où j’ai passé la nuit au poste sous les humiliations des schtroumpfs après avoir passé la journée à me faire insulter par les juristes et militants associatifs luttant contre les violences faites aux femmes.

Je ne parlerai pas non plus du recul hallucinant qui plane sur le droit des femmes à disposer de leur corps et combien mon dernier passage à Saint Michel au beau milieu des « pro-vie » ânonnant des cantiques en latin (si si) avec mon gnome m’a foutu la gerbe,

ni même ne pondrai un billet mode d’emploi pour toutes les gisquettes en prévision de la prochaine agression qu’elles auront à affronter avec exemples divers et personnels à l’appui.

 

Non.

 

Je me contenterai de recopier le texte que j’avais écrit dans le cadre des cours de chishona que j’ai suivi lorsque ma vie tumultueuse m’a menée jusqu’à Harare.

Entre tous les pays dont personne ou presque ne parle il en est un, le Zimbabwe, où l’apartheid saigne encore dans tous les esprits (vi vi, il n’y a pas eu que sa voisine l’Afrique du Sud, il y a eu aussi le Zimbabwe, qui s’appelait alors la Rhodésie du Sud).

C’est la dernière dictature maoïste du monde avec la Corée du Nord.

Son économie peut faire faire des cauchemars n’importe qui: c’est une expérience bizarre que d’aller faire ses courses avec 10 millions de dollars dans son sac à dos. ou de pouvoir prendre un bain de billets avec la somme nécessaire pour acheter un kg de farine et un kg de sucre.

La séropositivité de la population oscille entre 18 et 28%, et voyez-vous jamais personne là-bas ne dira cette contre-vérité de plus en plus répandue que « on le guérit maintenant le sida »……

On y parle comme partout ailleurs qu’en Europe quantité de langages, mais on peut grossièrement dire que la moitié nord du pays parle le chishona et la moitié sud le ndebele. (une langue à clic, juste un truc de ouf!)

J’ai eu la chance (ahhhhhhhhhhhhhhhhhh les avantages de ne pas travailler ma bonne dame….) de pouvoir non  seulement, comme à mon habitude, grappiller des infos linguistiques et progressivement baragouiner deux ou trois phrases, mais de pouvoir prendre des cours de shona. Collectivement d’abord, auprès de « l’alliance allemande », puis en cours particulier au domicile de ma prof, B.

Je suis devenue plus proche  d’elle que ce que tout zimbabwéen pensait visiblement possible entre un/e Blanc/he et un/e Noir/e  et elle fut ma bulle d’oxygène dans cet univers si cloisonné….

Elle me proposa quelques jours avant que je ne doive quitter le pays de montrer si j’avais bien tout assimilé de mes leçons en écrivant «  un texte qui parle de nous ».

 

Alors j’ai écrit ça :

 

Nolakatandara pano ne panze,

Je me suis assise ici et ailleurs et j’ai écouté,

Uye pano ne panze nguwa dzose.

Et ici et ailleurs c’est la même chose.


Varume vanotonga vakadzi uye vakadzi vanotongwa ne varume.

Les hommes dominent les femmes et les femmes sont dirigées par les hommes.


Asi….

Mais…..


Asi chinhu chisingafanirwi kukanganwa ne vakadzi, kuti….

Mais il est une chose que les femmes ne devraient pas oublier, et c’est….

 

Mukadzi ndi amai we murume.

La femme est la mère de l’homme.

Mukadzi anobika, uye kubika kunobata mhuri.

La femme cuisine, et cuisiner unit la famille.

Uye chikafu murume anoda mukadzi kuti asafe.

Et par la nourriture, l’homme a besoin de la femme pour ne pas mourir.

 

Mukadzi anozvara.

La femme donne vie.

Uye ne vana murume anoda mukadzi kuri asafe.

Et par les enfants l’homme a besoin de la femme pour ne pas mourir.

 

Mukadzi anopa chinhu chake ku murume chinhu chake.

La femme donne sa chose à celle de l’homme.

Uye ne usiku murume anoda mukadzi kuti ave murume chaiye.

Et par la nuit l’homme a besoin de la femme pour devenir véritablement un homme.

 

Uye varume vanotonga vakadzi ?

Et les hommes dirigeraient les femmes ?

Maiwee-ee ! Jakayoma !

Mon Dieu, on croît rêver !

 

Icho, chokwadi varume vanotandanisa vakadzi, uye vangadonha kana vakadzi vava vavasiya.

La vérité vraie, c’est que les hommes courent après les femmes et qu’ils s’effondreraient si les femmes les quittaient.

___________

 

B. l’avait lu, elle avait ri. Elle m’avait prise dans ses bras et quand elle s’était reculée elle avait les larmes aux yeux. Elle m’avait dit que mon shona était devenu excellent (souvenirs souvenirs), soupiré, secoué la tête et déclaré (* le Zimbabwe est anglophone):

« Hum, You’re so so strange mama’, your skin is just liar! You are shona! Right now you took my …. You feel the female breath and plays with it in our own game!”

 

 

Je crois que c'est la Meuf de CLG qui a bidouillé cette image.

 

PS: Moi pas prendre à mon compte patati patzta. Moi seulement dire « recul », « écouter », « autres perspectives ».

 

De l’art de faire plier la réalité au marché, cours magistral 1

Posted in Act up!, Mensonges et plus si affinités, XX et XY with tags , , , , , , , , , on 10 janvier 2011 by violemmenthumaine

 

Me revoilà déjà. Ma colère de geek dopé-aux-pixels s’est calmée, et comme à mon grand regret je n’ai pas encore reçu aucune des réponses que j’attends de plus en plus fébrilement (pour celles et ceux qui suivent ça concerne principalement l’assoce avec qui je bosse, au final, comme d’hab, bénévolement puisque les contrats d’aide à l’embauche/CAE/CUI n’existent plus, dans l’espoir fou de réussir à vendre les projets demandés et donc à me faire salarier ou au moins payer. Youpie.et puis mes autres projets bizarres aussi, où j’attends….. des trucs), je vais donc me remettre à l’ouvrage ici et maintenant.

 

Il est très facile de m’énerver tu l’as sans doute déjà remarqué ô Inconnue/u.

 

Le dernier truc en date m’a vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup escagassée. Tellement que, comme d’hab, j’ai passé un temps certain à contempler Il s’agit d’un article paru dans le Dailymail, un des plus gros quotidiens anglais. Vous pouvez y accéder ICI.

 

Bon, avant que d’aller plus loin, je présente mes excuses à l’avance à la dame si sa recherche a été, comme tant de chercheurs en sciences humaines, trahie/abêtie/détournée par la journaliste et que l’article en question ne reflétait pas, en fait, son analyse, que, je dois reconnaître, je n’ai pas lue hein.

Ça, c’est fait.

Alors, cet article qui résume un travail de recherche, il dit quoi ?

Pour ceusses qui ont la flemme et pour ceux qui sont français et donc des pines d’huitre en langues ne parlent pas anglais, je m’en vais te faire là tout de suite un petit résumé de la chose.

Voilà, y’a une nana qui est chercheuse en économie. (n’oublie pas sa discipline jeune padawan, ça te permettra de mieux sentir le fond du truc).

Comme toute chercheuse elle s’est penchée pour seule motivation la soumission au Capital la recherche de Savoir et la meilleure compréhension de l’humain, avide de découvrir scientifiquement ce qui est le désir profond de chaque femme. Ce sans aucune idée préconçue et aucune conclusion pré-écrite bien sûr.

 

Alors, on peut résumer le truc ainsi.

LES DONNEES

= ce qui est VRAI, constatable, mesurable, vérifiable, à partir desquelles la chercheuse a tiré ses conclusions.

Les femmes anglaises et espagnoles (mais les tendances sont les mêmes dans le reste de l’Europe et l’Australie), sont mariées pour 38% d’entre elles au Prince charmant/à Greg le millionnaire, en fait, plus vaguement à un homme « financially successful » et plus précisément, à un homme « who earn more than themselves » = qui gagne plus qu’elles-mêmes.

 

Ce, à un degré supérieur à ce qui se passait dans les années 40 (où là, dixit le rapport/la recherche et l’article, ces mariages hypergames –et vlan ! je me lâche en jargon anthropo et perd au passage 80% de mes lecteurs. Bon, mariage hypergames = un mariage où la femme occupe le statut social le plus bas-  ne représentaient que 20% des femmes), « malgré des années de campagne pour l’égalité entre les sexes ».

Ça ce sont les faits, et ni moi ni personne ne pouvons, à moins que la chercheuse en question ait fait de la merde et mérite autant le nom de chercheuse que moi celui de sosie de Grâce Jones, le nier.

A la question de savoir le pourquoi de la chose, la chercheuse comme la journaliste expliquent sans sourciller visiblement l’ombre d’une seconde que, c’est parce que

l’analyse

1)      « The idea of most women wanting to be financially independent is a myth” = l’idée selon laquelle les femmes veulent leur indépendance financière est un mythe.

2)    Les femmes DESIRENT être femme au foyer même si :

3)      La plupart n’osent pas avouer et reconnaître cet état de fait car le discours majoritaire le dévalorise. : « It is so politically incorrect to admit it ».

En conséquence de quoi (sic), il est « normal que les femmes gagnent moins que les hommes à statut égal », et  si « men dominate the top positions » = les hauts postes sont avec une majorité écrasant tenus par des hommes, c’est « because women simply do not want careers in business » = parce que les femmes ne veulent simplement pas faire carrière.

Attends attends c’est pas fini !

Le truc tu vois (je te vois t’agiter là minette, tss tss, écoute la voix de la sagesse on te dit. Chuuuuut !), c’est que nous les femmes on ne veut pas « faire la balance entre carrière et vie de famille », on veut juste la vie de famille tu vois.

D’ailleurs les « women today have more choices than men, including real choices between a focus on family work and/or paid employment” = les femmes aujourd’hui ont PLUS DE CHOIX que les hommes, y compris de choix entre une vie centrée sur la « travail familial » (wtf ?) et/ou un travail rémunéré.


Même que, en fait, les politiques visant à aplanir les salaires hommes/femmes, c’est du caca, c’est « rest on faulty assumptions and dated evidence. The latest research shows that most of the theories and ideas built up around gender equality in the last few decades are wrong” construit sur de fausses hypotheses et des preuves obsolètes? Les dernières recherches montrent que la plupart des théories et des idées construites autour de l’égalité des genres dans les dernières décennies sont fausses”.

En fait, CQFD, « contrairement aux affirmations des féministes, la vérité c’est que les hommes et les femmes ont pour la plupart des aspirations différentes en matière de carrières, de priorités de projets de vie. »

 

Bon.

Voilà.

Ah, n’oublions pas –quand même- le seul truc objectif et réellement analytique de l’article, qui explique que les politiques augmentant les privilèges des femmes pour les congés maternités aboutissent au contraire de leurs objectifs, soit à une augmentation de la discrimination des femmes dans les entreprises parce que les patrons s’inquiètent de leur projets de maternité et des congés afférents.

 

De la démarche scientifique


Je pourrais me lâcher et jouer ma  « féministe hystérique » (association fatale et semblant pourtant si naturelle, comme si on ne pouvait défendre les droits des femmes sans entrer dans un tableau de psychopathologie clinique).

 

Je pourrais parler de moi, de combien cette situation de dépendance financière d’avec mon barbu me rend folle et me fait sentir une merde, de combien justement le fait d’être socialement réduite au rôle de Mère (avec majuscule et tu comprends en fait j’ai de la chance et tout et tout) me rend malade dans tous les sens du terme, de combien je souffre de mon absence de carrière et combien je trouve injuste la différence de traitement entre moi et mon barbu à stade égal pour la seule raison que je suis femme et lui homme.

 

Mais non, ça n’aurait que peu d’intérêt, et à vrai dire, ça serait également peu scientifique, peu « vrai » même si profondément réel.

Je veux juste souligner quelques traits, histoire de….

1)      Du contexte de la recherche « scientifique »

Bien sur, le fait que cette « recherche », publiée d’ailleurs non sous la forme habituelle d’une recherche (thèse, bouquin) mais sous celle d’un « rapport », sorte au moment où l’Union Européenne songe à allonger le congé maternité et à l’uniformiser dans tous les pays de la CEE, ainsi qu’au moment où un député anglais fait une proposition de loi aboutissant à  la contrainte légale d’une égalité des salaires hommes/femmes, c’est une pure coïncidence et je suis certaine qu’aucune entreprise avec une dynamique sexiste ne finance le think tank originaire de l’étude.

2)      De la représentativité des données collectées


Je rappelle que les conclusions du rapport portent sur « les femmes », voire même « les aspirations/désirs des femmes ». On ne parle pourtant dans l’article que des femmes mariées. Je sais pas moi, je n’ai pas accès aux données démographiques anglaises, ni n’ai fait de recherches sur la question sur celles de la France, mais…… Quel est le pourcentage de femmes mariées parmi la population féminine adulte ? Et parmi la population féminine en couple ?

Moi, on m’a appris que ce genre de choix de population ce n’était pas représentatif, et que cela s’appelait biaiser les données. Mais en même temps moi je ne suis pas chercheuse à la London Academy of Economics et ne suis pas financé par le plus gros think tank de politiques gouvernementale anglais.

3)      De l’oubli (volontaire ?) des données allant dans le sens contraire des conclusions

Rappelons les deux périodes mises en comparaison : les années 40 et aujourd’hui.

Durant les années 40 il y a eu 1° la guerre et 2° la reconstruction post-guerre mondiale, soit le plein emploi absolu, avec emploi de presque toute la population féminine.

Aujourd’hui le chômage est une réalité pour tous les pays du monde ou presque.

 

4)      Du retournement des analyses contradictoires en une phrase péremptoire

« Sex differences are treated as self-evident proof of widespread sex discrimination and sex-role stereotyping rather than the result of personal choices and preferences”. =

Les différences [de statut, enfin j’espère que la dame sous-entend la chose] entre les sexes sont traitées comme des preuves indéniables d’une discrimination sexuelle généralisée et une caricature stéréotypée des rôles sexués plutôt que le résultat de choix personnels et de préférences. »

Certes. Le problème, c’est que la phrase peut rigoureusement être inversée, en tous cas c’est que les tenants –et tenantes- de la femme à la maison-qui-s’occupe-des-mioches-et-fait-la-cuisine-et-le-ménage-tandis-que-tarzan-ramène-les-picaillons-à-la-force-de-ses-biceps-et-de-ses-neurones-supérieurement-développés ont toujours expliqué.

Aucune preuve. Aucune  analyse pour légitimer cet ensemble d’affirmations.

5)      Du « désir » féminin

En fait, tout repose sur… sur quoi ?

La chercheuse est économiste n’est-ce pas ? En quoi a-t-elle plus de légitimité qu’un boulanger, une informaticienne ou un champion de tennis pour espérer pouvoir analyser les désirs d’une population ?

Est-elle psy ? Sociologue ? Anthropologue ?

 

A-t-elle pris le temps d’observer ces femmes dans leur vie, dans leur interelation aux autres, a-t-elle eu de longs entretiens ouverts et contradictoires, a-t-elle confronté leurs déclarations à elles-mêmes, à celles des autres, aux pratiques de ces femmes ?

Comment a-t-elle eu accès à ces « désirs » féminins si enfouis que, elle-même le dit, les femmes ne le disent jamais, pas même à leur conjoint et si rarement à elles-mêmes ?

Elle a une boule de cristal en liaison directe avec « la » psyché féminine ?

D’ailleurs, pour terminer mesquinement comme tout un chacun ou presque : dîtes donc, qu’est-ce qu’elle fait à faire des « recherches » en économie la dadame ? Et la journaliste ? Allez, oust, à la maison, allez torcher vos mômes et faire des ourlets aux napperons. Êtes-vous réellement des femmes, mesdames, à vous obstiner à être chercheuse et journaliste ? Soyez un peu cohérentes avec vos délires merde!

Tout ça pour dire que, si là presque tout le monde peut voir où la démarche n’a pas grand-chose de scientifique, ce n’est pas forcément le cas pour la plupart des « études » dont les media, et plus spécialement les portails de news sur le web, font la promotion via des résumés-minute de recherches faisant des centaines de pages.  Et pourtant il en de même pour nombre d’entre elles. Il en est ainsi par exemple de celle sur le « retard » des personnes nées au mois de Décembre (tout enseignant saura de quoi je veux parler et se sera énervé à la vue de ces encarts)….

Plus la recherche en sciences humaines sera « sponsorisée » et plus on arrivera à de tels n’importe nawak : les chercheurs ne servent pas à « trouver » et surtout pas à comprendre, mais à servir de caution pour manipuler.

Mais c’est pas grave je suppose.

 

D’ailleurs, comme je suis une femme je m’en vais me détourner de cet objet de Satan qu’est ce Pc pour aller faire l’unique chose à laquelle j’aspire puisque je n’ai ni bite ni couilles et si peu de testostérone : les courses.

Olé !

In ther mood for……

Posted in Act up!, Tranche de steack, XX et XY with tags , , , on 6 janvier 2011 by violemmenthumaine

 

Parce que je le vaux bien!

Hélas je n'ai pas réussi à trouver qui était l'auteur de cette superbe llustre de Tank Girl 🙂

who’s said « weaky sex »?!!

 

Oui mais NON

Posted in Act up!, Mensonges et plus si affinités, Retrouvons les vraies valeurs, XX et XY with tags , , , , , , , on 13 décembre 2010 by violemmenthumaine

Bon, ouais, on peut se demander pourquoi j’ai écrit mon précédent et néanmoins brillant post si je savais que je n’arriverai pas à mettre en place le fameux bouton-sans-honte-et-sans-utilité parce que j’entrave que dalle au HTML.

Mais sache petit jedi, que non seulement le ridicule ne tue pas, sans quoi il n’y aurait pas de problème de surpopulation humaine, mais qu’à force de tentatives infructueuses tu trouveras le comment de la chose et du boulot ha ha ha ha haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa. Oui, je me parle à moi même et même que voilà.

Comme une incompréhension éternellement renouvelée à ce sujet….

Comme une envie d’éclater d’un rire nerveux à chaque fois que j’entends que dans notre glorieuse civilisation contrairement aux sauvages noirs/peau bronzé/rouge/jaunes/bleus à points rose fluo parce que nous bien sur on est civilisés, la « Femme » est l’égale de l’homme, d’une part, et que la sexualité maintenant tu vois c’est open, sans problème, sans tabou, dans le respect des désirs de l’autre et tout et tout mais-tu-sors-de-quelle-planète-pour-insinuer-le-contraire-t’es-ouf-non-en-fait-t’es-pitoyable-faut-sortir-ma-cocotte.

Toi Inconnue/u, tu te dis déjà in petto « mais genre de quoi elle parle la grouffignone ? Pourquoi là tout de suite là maintenant ?»

 

De quoi je parle tient en un mot : le viol.

Pourquoi là tout de suite là maintenant ?

 

 

A moins, cher Inconnu/e, que tu ne surfes sur le web que pour venir lire ma prose, rien que de l’écrire j’ai manqué mourir de rire devant l’énormité de l’affirmation, que tu n’aies pas de télé ou qu’elle soit cassée et que, si tu habites en milieu urbain, tu n’aies pas mis le pied hors de ta masure/ton loft depuis plusieurs jours voire semaines, tu sais qui est Julien Assange.

Le fondateur et directeur de ce qu’en bonne geek à tendance anar que je respecte à donf, j’ai nommé Wikileaks (que moi bizarrement je ne confonds pas avec wikipedia).

En lecteur attentif/ve que tu es Inconnue/u, tu auras donc déduit que ce qui va suivre n’implique aucunement une opinion négative sur wikileaks hein.

Pour la forme je noterais là maintenant que, évidemment, le fait que la plainte des deux jeunes femmes pour viol sorte maintenant paraît fort éloigné de la notion de coïncidence, et que oui bon, doit y avoir un lien de causalité entre la barouf des dernières publications de wikileaks et la plainte pour viol.

Je note également que les femmes en question peuvent en effet mentir. Je note encore que la personnalité des dites plaignantes, surtout d’une d’entre elles, laisse à pense qu’en effet le dépôt de plainte puisse être une mauvaise foi totale et relever de la vengeance du genre « quoi mais comment se fait-ce que je ne sois pas la seule à bénéficier du coup de queue du zig non mais des fois !!! »

Je note enfin que l’accusé s’est porté spontanément aux arrêts, ce qui est foutrement bien et rare qui plus est dans ce type de chef d’inculpation.

Bon. Une fois tout ça dit et reconnu.

 

De quoi parle-t-on exactement ici ?

De ça, ça, et encore ça pour ceux qui ignoreraient l’histoire ou ses détails ou qui l’auraient oublié. Et tout plein de pages qui ont fleuri comme perce-neige après Noël un peu partout sur la Toile.

Vous aurez peut-être compris ce qui me dérange profondément dans cette histoire si vous avez lu attentivement mon blabla précédemment développé (là), juste là, oui, les 3 paragraphes là, juste au dessus.)

Il paraîtrait donc que le fait de pouvoir porter plainte contre Assange dans ce cas de figure relèverait d’une « spécificité pénale suédoise », donc, pour faire simple, que REFUSER DE FAIRE L’AMOUR SANS PRESERVATIF ALORS QU’ON VOULAIT GRAVE LE FAIRE 5 MN AVANT ET QUE BIN LE GARS IL TE FAIT L’AMOUR QUAND MEME, bin chez nous et ailleurs (en gros partout sauf en Suède quoi), c’est pas du viol et juste du délire de « féministe radicale ».

What ?


The ?


Fuck ?


Reprenons les faits siouplaît.

Un mec, pas moche et au pouvoir charismatique au pouvoir genre équivalent à l’Everest pour n’importe quelle minette de moins de 35 ans, es-spécialement si celle-ci est vaguement altermondialiste ou tendance bobo-gauchiste.

Deux femmes rêvant de sa faire ramoner la chaglatte et trembler les muqueuses par ce monstre du cyber-world.

Jusque là, on est tous d’accord, pas l’ombre de quoi que ce soit qui ressemble à de la contrainte et des violences sexuelles.

Ferme les yeux Inconnue. Toi aussi mon Grand, Inconnue de mon cœur ferme tes mirettes, allonge-toi, détends-toi et écoute ma douce voix.

Tu la/le vois, le type/la nana qui te fait bander/mouiller rien qu’à entendre évoquer son nom/voir son visage ? Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis.

Tu papillonnes des yeux devant lui/elle//tu lui tends un briquet quand il/elle sort sa clope//tu lui tends un papier pour qu’il/elle te fasse un autographe, et là, faille spatio-temporelle dans la frustration toujours renouvelée de ta vie, elle/il te répond, te sourie, donne 1001 signes qu’elle/il ferait bien de toi son quatre heures.

Damned ?!!

Tu es bien là ? Tu kiffes ta race, tu commences à trouver que c’est chouette comme voyage ?

On continue : je ne te connais pas mon Inconnue/u, donc j’ignore complètement ce qui te donne le plus la banane dans ce genre de figure, donc c’est toi qui dit si genre ça dure des heures de cour romantique  ou si tu lui sors/il/elle te sort direct « j’ai une envie folle de vous baiser là tout de suite là maintenant », comme tu veux tu choises hein, mais toujours est-il que tu finis dans la chambre d’hôtel de ton fantasme-sur-pattes.

Toujours chaud-bouillant.

Vous vous tripatouillez vous pour léchouillez, bref c’est comme dans un rêve sauf que c’est pour de vrai tout ça tout ça.

1)      Là, l’être de tes rêves te sourie et sort de dessous son lit un godemichet de 70 cm de long, 15 de diamètre et le gland couvert de clous.

2)      Là, l’être de tes rêves te retourne et te dit avec autant de sensualité que la voix d’Anna Mouglalis « j’vais te faire un truc qu’on t’a jamais fait. Le fist-fucking anal c’est ma spécialité y’a que ça qui me fait de l’effet. »

3)      Là, l’être de tes rêves te dit « ça te dérange pas si on filme nos ébats et que je le mets en ligne sur youtube/dailymotion/facebook/and co dès que tu as franchi la porte ?

4)      Là, l’être de tes rêves se fait un fixe et t’en prépare un histoire que vous soyez dans le même mood tu vois parce que sans ça le sexe c’est un peu down.

5)      Là, l’être de tes rêves sot une corde et un harnais et te révèle que pour lui hors le SM bondage point de salut.

 

6)      Là, l’être de tes rêves te dit « ha non moi je bais sans capote ça coupe tout le plaisir ».

 

1, 2, 3, 4, 5 ou 6 : quelque que soit l’alternative, toi ça te branche pas trop, voire ça te refroidit directe, voire d’un coup tu aurais plus envie de tester tes aptitudes de fakir en marchant sur un tapis de verre brisé que de concrétiser ta partie de zizi-panpan avec le zig.

Et, que ce soit dans le cas 1, 2, 3, 4, 5 ou 6, ton partenaire du moment se tamponne le coquillard comme de sa première chaussette de ta soudaine aversion, et taillot ô taillot, t’enfourche et pénétration il y a.

 

A priori, dans les cas 1, 2, 3, 4 et 5, la totalité ou presque des braves gens y compris ceux pourvus de costume 3 pièces, consentira à considérer l’acte sexuel ainsi perpétré comme relevant de la contrainte = du viol.

Mais pas dans le sixième cas, visiblement.

Je rappelle que le préservatif est 1) l’un des moyens de contraception les plus sûrs, et surtout, 2) le seul et unique moyen de se préserver de la transmission de MST, notamment de ce petit rigolo qui continue à tirer la langue vertement aux chercheurs de la planète, le ‘tit VIH.

Mais je suppose que ces précisions relèvent encore une fois d’un « ultra-féminisme radical hystérique » (wonderfull les expressions récurrents sur le web. Non non, vraiment)

D’ailleurs, tous les articles le disent hein, cette histoire d’inculpation pour viol n’est possible qu’en Suède et ce à cause d’une grande précision dans le Droit hein.

Hum hum.

 

Ah bon ? J’aurais menti à l’insu de mon plein gré à tous ces adolescents auprès de qui j’ai mené des ateliers sur la violence entre les sexes ?

Encore une fois, reprenons les faits, ou plutôt ici, reprenons la Loi française.

 

L’article 222-23 du Code Pénal définit le viol comme « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle. »

  • Vous noterez que la fameuse expression de « par surprise », tant moquée par les médias européens, se retrouve ainsi dans la loi française.

 

  • « violence, contrainte, menace ou surprise » : si la loi française, contrairement à plein d’autres pays, ne considère pas la « capacité de prendre des décisions » de la victime comme circonstance aggravante ou même comme critère de l’existence d’un viol ou non (cette capacité est considérée comme nulle pour les mineurs sexuels –en France moins de 15 ans, souvent ailleurs moins de 18-, mais aussi en cas d’ivresse ou de l’emprise de stupéfiants, ou d’un handicap sévère chez la victime), le critère permettant de définir si la pénétration sexuelle est un viol ou pas, c’est le CONSENTEMENT.

A aucun moment n’est spécifié dans la Loi qu’il puisse y avoir un moment où l’on ne peut plus dire NON.

 

Certes, mes exemples 1/2/3/4 et même 5 peuvent paraître un peu extrêmes pour beaucoup, mais… Imaginez, encore une fois. Vous êtes chaud bouillant, votre téléphone portable sonne, par réflexe malgré l’excitation vous lancez votre regard vers l’écran et là vous voyez un SMS vous annonçant la mort de votre mère, votre fils, la perte de votre boulot, l’échec à un concours, n’importe quoi qui vous change immédiatement l’humeur.

Et là, si vous dîtes non ?

Non, c’est non.

Point.

Barre.

Pas de concession. Pas de limite.

Et oui, c’est frustrant. Et, oui, c’est énervant, et parfois celle –ou celui, oui, ça existe-, qui finalement jette l’éponge alors que franchement tout, tout, TOUT disait, était le contraire, bin c’est pas forcé qu’on ait envie de la/le revoir et qu’on ait tendance à le/la considérer comme un/e %§* $¤.

Certes.

C’est le prix du respect.

Non, c’est non.

 

Que vous soyez consentante/t deux minutes avant. Que vous soyez prostitué. Que vous soyez acteur/ice porno. Que vous soyez marié avec l’impétrant. NON C’EST NON.

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