Archive pour appel à propositions

Ça, c’est fait….

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Hors case, Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , on 13 décembre 2010 by violemmenthumaine

Non, je me suis pas transformée en 24h en informaticienne et je ne parle toujours pas le html.

 

J’ai juste appelé au secours un pote informaticien.

J’ai ainsi pu constater que non ce n’est pas moi qui suis débile mentale mais que oui le superbe tutoring de wordpress et bin ça ne marche pas (une sombre histoire de balise qu’ils ont oublié de spécifier qu’il fallait la mettre ici, et puis genre là aussi en plus).

 

Donc, tindindiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !

Grâce à ma hotline perso, je l’ai maintenant mon beau bouton.

Alors des fois que tu ne saches pas quoi faire de l’enveloppe de Tata Gertrude, tu sais ce que tu peux faire….

Je ne vais pas m’éterniser là-dessus, mais par contre…..

 

On parle beaucoup du problème de l’anonymat sur le Web et toutes ces sortes de choses, je ne vais pas en remettre une couche d’autant plus, qu’en bonne intransigeante insupportable que je suis, je me dis souvent que les victimes de licenciement et autres divorces en règles relèvent soit de l’acte manqué par excellence soit de la débilité informatique absolue.

 

Mais voyez, moi par exemple, contrairement à tout plein de bloggeuses et bloggeurs que je suis plus ou moins quotidiennement, je n’ai parlé de mon blog ici présent à PERSONNE. Ou presque.

Jusqu’aujourd’hui, je n’avais évoqué le sujet qu’auprès de trois personnes, et n’avais donné le nom du dit blog qu’à deux, dont seule une (mais laquelle ? that is the question) est venue faire un tour ici d’après ce que me raconte mon tableau de bord.

Là, aujourd’hui, j’ai non seulement parlé du blog, mais…. j’ai parlé du fameux bouton.

Ce n’est pas exactement un truc dont je rêvais avec envie le soir dans mon lit voyez.

Du tout.

Et pourtant….. Etrange tout de même qu’alors que je souhaiterais que mon entourage, ma famille, mes amis, mes connaissances, ne laissent plus jamais échapper des remarques désobligeantes sur ma supposée oisiveté ou de mon manque d’effort, je ne leur fasse justement pas connaître avec fracas ce truc, là, ce « blog ».

Contradictoire ?

Je ne crois pas en fait. Je crois qu’ici je dis les choses que personne ne peut et ne veut m’entendre dire. Vous non plus d’ailleurs : ma hargne ma violence, mon désespoir aussi, en face à face c’est pas plaisant. Ici c’est mis en phrases, patiné d’humour, clic slash tendance, donc ça ne dérange pas. Ca n’excite pas non plus hein, jamais Violemment Humaine ne deviendra le blog hype du moment, mais en fait je n’en ai pas grand-chose à talquer, parce que justement il n’y a que vous qui venez ici, des Inconnues/s.

Si je parlais de ce blog à mes connaissances et qu’ils venaient tous le lire ? Tenir le masque serait juste ubuesque un peu quand même.

Pire encore : si je leur en parlais et qu’ils ne venaient pas le lire ?

J’ignore complètement si ce fameux pote informaticien reviendra ici jeter un œil ou plus. Mais le fait que maintenant cela est de l’ordre du possible.

Mais tout comme j’ai eu un sourire désarmant hier quand une vieille empéruchée de fête de famille-ajoutée me déclara au beau milieu de fringuants brillants et riches trentenaires « bien entendu vous travaillez ma chère » et que je lui répondis : « pas en ce moment non pourquoi ?…… », je me dis  que ce possible n’est rien d’autre qu’anecdotiquo-futile-et-plutôt-digne-d’un éclat-de-rire, ha, ha hahahahaha.

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Clique avec ta main parce que l’Oréal et autres miscellanées.

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Des humains supra chouettes, Hors case, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , on 10 décembre 2010 by violemmenthumaine

–          Rien à voir avec ce post, mais : merci les p’tits loups pour vos conseils avisés suite à ma dernière question (et je SAIS qu’un jour, Un jour mon Prince viendra, un jour ça marchera pour de vrai. Là par exemple, mais pas pour tous les liens hypertextes que je voulais mettre. ¨Pourquoi? Mystère et bulle de gomme)

–          Pour celles et ceusses qui s’inquiétaient du sort de Carmen : bin non elle n’a pas été expulsée, elle est toujours ici, et vie désormais une vie de rêve dans un coquette hutte de branches au fond des bois avec sa fille en étant en cloque jusqu’aux yeux du même connard qui l’a menée là où elle en est (les femmes sont toutes des connes)

Bon, alors, le vif du sujet il vient?

Tu veux savoir d’où sort ce titre de post obscur ?

Bin lis le dit post jusqu’au bout. Si si.


Ô Inconnue, Ô Inconnue,

Comment pourrais-je résister à l’idée de te narrer ma semaine palpitante et ô combien constructive et « result-oriented » (comment comment toi pas parler novlangue marketing humanitaire ? Bin genre ça veut dire : qui aboutit à quelque chose….) ?

C’est bien simple, je ne le peux pas.

C’est que j’ai passé la semaine à suivre les conseils avisés de Pierrick.

Pierrick, appelons-le comme ça, c’est le type de chez Paul (qui paraît-il emploie : © à *** -elle se reconnaîtra, celle qui aura bientôt droit à un post vantant ses innombrables mérites et talents-.

Conseil N°1


Premier conseil : « mais maintenant Madame on a rien à faire des CV papiers qu’est-ce que vous voulez que j’en fasse ? Il faut mettre vos CV en ligne sur le site de chez Paul. »

Nannnnnnnnnnnnnnnnnnnn ?? Quoi, comment, est-ce possible ? mettre un CV en ligne ?!

….. Attends…. Ouais, c’est bien ce qui me semblait, je me suis mise sur monster, keljob, et deux roosters humanitaires depuis déjà 3 ans dis-donc…..

Oups ! Pardon, je n’en avais pas mis sur le site de chez Paul. Voilà qui explique pourquoi je n’ai pas de boulot.

Quant à apporter des exemplaires de CV sur papier à l’entretien, bah c’est juste que je suis obéissante comme fille et que, entre la convocation au rendez-vous, le dossier-que-Chez-Paul-il-t’envoie-quand-tu-t’inscris-et-le-mode-d’emploi-qui-va-avec bin c’est un peu écrit trois fois quand même hein…

 

Donc, j’ai déposé 4 CV sur les 5 autorisés chez Paul-on-line.

Que je t’explique : je t’ai déjà parlé du Code Rome hein.

Alors en fait, le code-de-ceux-qui-aiment-ranger-les-gens-dans-les-cases ne désigne pas UN poste, , mais une « famille de postes professionnels de même compétence-pré-requis-domaine-rémunération ».

Ca change tout.

 

Quand tu créées un CV chez Paul-on-line, tu dois choisir un Code Rome. Et une fois que tu l’as choisi, tu dois choisir UN des métiers listés. Pas deux. Je veux dire : tu ne peux pas créer 5 CV sur le même code rome mais avec 5 postes différents. Nan.

On t’a dit non merde à la fin !

Ensuite, bin rien que de très ordinaire : type de contrat accepté, expériences pro, choix de compétences parmi celles lissées par Paul ou l’onisep pour le dit code césar, formation. Ah ! Tention hein, tu peux en mettre 5 maxi de formations, non mais des fois.

Et puis localisation du poste souhaité : là tu peux mettre 5 départements quand même hein, comme quoi tu peux dépenser ton salaire en frais d’essence et/ou de transports en commun mais pas envisager de tenir deux types de postes dans le même secteur pro.

Comme je suis une petite filoute incroyablement présomptueuse, en plus des profils d’ « assistante d’éducation « , de « chargée de projet emploi », et d’ « écoutant social », j’en ai rajouté un de « coordonnateur de projet socioéducatif », parce que, on ne sait jamais voyez-vous, peut être que le fait d’avoir géré des programmes de centaines de milliers de dollars en dirigeant et formant plusieurs dizaines de personnes dans le cadre de programmes de sensibilisation et de réinsertion, même au fin fond des tropiques, ça sous-entendrait que peut-être je suis capable de mener un projet socio-éducatif.

Hein, quoi ? Comment ça ça vous fait rigoler que Pierrick m’ait conseillée de me diriger vers une carrière de « chargée de projet emploi » ?? Ouais, moi aussi,  mais en même temps ça illumine le fait que chez-Paul-et-ses-sbires soient aussi inefficaces non ?

Premier conseil suivi donc. Ça prend déjà un nombre non anodin d’heures, parce qu’il ne faut pas oublier de compter les innombrables bugs de chez Paul-on-line, qui s’est pourtant, je dois le reconnaître, nettement amélioré depuis ma dernière accointance avec lui….

Et puis après…. J’ai cliqué, pour chacun des CVs magistralement créés ainsi, sur « recherche d’offres d’emploi ».

4 CV hein on a dit….

Bin, en tout, DEUX offres, dont une proposant un boulot de nuit, donc pas compatible avec mon gnome à poils durs. La seconde n’a rien à voir avec le schmilblick, mais j’ai posté ma candidature histoire de. Peut être deviendrais-je donc « assistante pédagogique » à la Défense, en fait secrétaire  pour une obscure école de commerce française, mais j’ai comme un doute


Conseil N°2


Second conseil : pour avoir accès au social malgré le fait que je ne sois ni éducatrice ni assistante sociale, envisager le « BJEPS ».

Yep. Que serions-nous sans les sigles à la con, je vous le demande ? On parlerait de façon compréhensible par n’importe qui ça serait mois rigolo.

J’ai donc cherché sur mon-amie-la-Toile. J’ai trouvé bien sûr.

BJEPS comme Bidouiller des Jokos pour Eliminer la Jeunesse Superficielle Brevet professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et des Sports.

Animateur quoi. Alors, c’est comme le menu « graisses au choix » de chez Mac Truc, t’as le choix : beaucoup de spécialisation en sport, et puis UNE en « animateur social », ou « socioculturel », comme je suis un peu couillonne j’ai pas bien compris s’ils existaient de manière distincte ou pas.

Entre 6 mois et deux ans de formation selon les organismes quand même. Et…. Euh….. Comment dire…. La bourse ou la vie ? Ouais c’est ça.

Alors, comme moi être au fait de trucs du monde du travail parfois, moi avoir cherché si VAE (comme Virulence Acnéique Endémique, Validation des Acquis) de BJPEPS existait:

Tindindiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin, miracle!

J’ai eu la bonne surprise de constater que oui, ça existe.

Et j’ai tout de suite été rassurée de voir que comme tout le reste ça coûte la peau du fion, soit 700€ (minimum de ce que j’ai trouvé on the Toile.) Avec, bien sûr, aucun financement de chez Paul prévu.

Conseil N°3


Troisième conseil de Pierrick : aller voir la revue « Lien Social » on line.

Okidoki. En route mauvais troupe ! ……

Bon, faut être honnête, c’est assez passionnant, et très représentatif des professions du social en France. Ouais, et en plus, penchant plus du côté de l’Appel des Appels que du côté des yavol meïn eïn govrance actuels, ce qui fait toujours du bien.

Oui mais….                  …………..                          ……………………….

So what ? Je fais quoi avec ça ? Je lis tous les numéros dispo en ligne et les apprends par cœur, histoire d’avoir encore une compétence de plus absolument pas prouvable et dont personne n’aura rien à talquer ?

Parce que côté offres d’emploi…. Bin en région parisienne, la mienne quoi, UNE offre. Avec pré-requis auquel je ne réponds pas, bien évidemment.

Et enfin, last but not least, tindindiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin :

 

Conseil N°4

Je suis allée voir le directeur de brasserie qui cherchait une serveuse pour un temps complet mais pas le soir. Quelle surprise ! Quel choc ?! : Le poste était déjà pris.

Bon en même temps le service du matin, -soit commencer à 6h30 alors que l’école de mon gnome ouvre ses portes à 8h20 hein, ça aurait posé un ‘tit problème de logistique, mais que diable, je veux du taf ou pas la fin ?!!

___________________

A part ça cette semaine j’ai transmis à la directrice-d’assoce-qui-m’a-proposé-un-projet-genre-qui-m’excite-de-folie  l’info transmise par Pierrick, soit le fait que malgré les déclarations à la con on téloche et autres  billevesées, les fameux emplois « aide à l’embauche », désormais désignés sous le titre plus funky de CEI (comme Comment Enculer Instantanément, Contrat Universel d’Insertion), n’ont plus d’ouverture de financement depuis 3 mois, et qu’il n’y en aura pas avant Janvier, et encore ça c’est vraiment pas sûr.

Je suis aussi allée voir le médecin, pour moi et pour mon gnome, 3 fois, et ai donc en attendant les remboursements sécu atteint le seuil fatidique du Ø sur mon compte en banque dès le 6 du mois, ce qui est quand même ‘achement de la balle.

 

Alors ?

…….

Hier soir, une connaissance m’a dit ce qui me fait mourir de rire à chaque fois qu’on me serine cette rengaine de top 50, soit : « mais tu sais, tu n’as pas à avoir honte, le fait de le vivre comme ça c’est dans ta tête, change de focale ».

Euh, mais en fait j’ai pas honte. Si ?

Non, je n’ai pas honte.

Alors, puisqu’une illustre bloggeuse que tout le monde connaît ou presque l’a fait, et quoique contrairement à elle je n’ai pas 25 000 visites quotidiennes sur mon pourtant si indispensable et si talentueux blog, je vais faire pareil.

 

PAREIL QUOI ?

Tu vois le bouton là en haut à droite ?

Nan tu le vois pas ?

Ahhhhhhhhh, ça y est tu le vois.

C’est un bouton « donate/fais un don ». Bon, en général ça te permet d’acheter une  bonne conscience en donnant 10 centimes pour la mucoviscidose, Médecins Sans Frontière ou les petits n‘enfants de l’autre bout du monde.

 

Là c’est à moi qu tu donnes. 10 centimes c’est bien hein. Je te jure c’est bien.

Tu n’es pas découvert ?? P’tit veinard ! Lucky you !


Tu lis ce blog ?

Ca te fait rire quelque part caché au fin fond de toi-même ?

Tu veux t’acheter ta place au paradis en te la jouant original ?

Oui ?

Oui ? Oui ? Oui ?


Tu veux lire plus de posts sur ce blog magistral?

Tu veux savoir ce qui arriva à mézigue quand elle se rendit à l’apec?

Quand elle découvrit que l’humanitaire l’aimait mais sans aimer la payer?

Quand on l’envoya paître pour du bénévolat?

Tu veux lire des listes hétéroclites et funky?

Rigoler un brin en lisant des hommage?

En découvrant comment c’est trop de l’ balle l’anthropologie sociale et qu’en fait la France est bien la dernière des glands de ne pas valoriser ça sur le marché de l’emploi ?

 

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?

 


Alors

Clique !


Clique clique clique clique !!!!!


Le Bon Dieu te le rendra, et moi je penserai à toi le soir au fond de mes draps en me disant que quand même la vie est une vallée de surprises hallucinantes.

PS : Euh, si jamais

1) j’arrive mettre ce foutu bouton sur mon blog,

) si par faille spatio-temporelle remettant en cause pas mal de mes certitudes, ça marchait et que je me retrouvais centimonaire, sache,  petit jedi, que ton Maître Obi Wan t’informera chaque  mois du montant indécemment élevé qu’elle aura ainsi récolté dans sa petite besace de chômeuse à longue durée.

Le Gloire mais pas la thune

Posted in Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , on 2 octobre 2010 by violemmenthumaine

Salut Inconnu/inconnue,

Oui, bon, d’accord, je ne suis pas là souvent…..

Mais,

1) mon barbu était sur le même méridien et à la même latitude que moi ces quelques dernières semaines,

2) fin aout début septembre c’est l’un des plus gros pics annuels d’offres et donc de recherche d’emploi, et comme tout le monde le sait sauf les services de l’ éducation dans les mairies, chercher du boulot prend un max de temps.

Même que, truc de ouf (pourtant je ne suis plus sous acide depuis longtemps, ce qui tendrait à signifier que c’est la réalité : j’ai passé les 2 premiers stades du recrutement, tindindiiiiiiiinnnnnnnn.), aussi incroyable que l’existence de la turritopsis nutricula, j’ai donc eu un entretien téléphonique d’embauche en anglais avec new york hier comme je le raconterai d’ici peu.

une Turritopsis nutricula, la méduse immortelle

3) cette semaine je « passais » – post futur qui expliquera aux curieux le pourquoi du comment des guillemets ici- aussi le concours de prof des écoles histoire de voir et de me réveiller à 5h du mat parce que c’est fun.

Et puis 4 aussi. Ce quatre là je l’aime bien, tellement que je m’en vais m’alanguir à m’étaler sur la chose (et si, cette phrase signifie quelque chose. )

Donc : Inconnu/Inconnue, si l’intermittence de ma présence ici provoque un doute en toi, n’en suppute point

[parenthèse : supputer. J’adoooore ce mot. Un de mes nombreux étonnements dans la vie est de constater combien ce vocable au potentiel ô combien égrillard est peu usité, voire totalement délaissé. Alors que zut flûte et cornegidouille, c’est quand même beaucoup plus rigolo de dire « supputer »  que « supposer » non ? Alors moi je dis, redonnons vie à supputer, car oui, supputer a le droit d’exister, le droit d’être prononcé, et nous le droit de jouer de la langue du langage, hein non mais !]

Donc, reprenons : si je ne viens qu’en pointillé, n’en supputez  point pour autant que cela soit parce que je glande(ou glandasse, tiens d’un coup le doute m’habite)  à fond les ballons. Ni que j’aie trouvé du boulot. …

Ah, parce que,-et voilà encore un secret bien gardé que je m’en vais vous dévoiler-, en dehors des mes périodes de dépression intense made in chômage, je m’agite beaucoup et fais beaucoup, beaucoup, voire même beaucoup de choses, en fait.

Et là ces derniers jours, en plus de ma dizaine de jours-je-postule-à-tout-va propre à Septembre,  je mettais les virgules, en plus des guillemets et des points finaux au dernier article universitaire que j’écrirais de ma vie à mon troisième article universitaire.

Si jamais tu as lu ma première geignasserie tu sais déjà que j’ai ce truc improbable qu’est un DEA d’anthropologie sociale.

Parce que j’ai du temps à perdre, aussi spatial, idéaliste,  ou total-déconnecté-de-la-réalité que cela puisse paraître, ce n’est pas pour rien que j’ai fait de l’anthropologie, j’aime ça, je kiffe tenter d’analyser des phénomènes sociaux voilà, et écrire chacun de ces articles m’a fait du bien au moral ou à ma conscience personnelle (en fait plus que ça même, ça m’a permis d’exorciser un truc, de répondre à un vrai besoin mais c’est un autre sujet)  Donc oui, j’ai passé des heures à écrire des articles pour des revues universitaires.

A ce jour, j’en suis à 3 articles, parus dans 2 revues différentes, une de développement à focale politologue, française, une d’anthropologie, canadienne, et, en plus, un chapitre dans un bouquin collectif sur l’aide humanitaire.

Les revues…… Il faut savoir que c’est là que se joue la pensée contemporaine, la vraie vie intellectuelle, et que… Bin personne ne le sait : qui sait qu’il existe rien qu’en France des centaines de revues universitaires dans tous les domaines imaginables du savoir et de la pensée ? Je veux dire, personne ne connaît les revues de physique nucléaire en dehors des physiciens qui bossent dans le domaine, personne ne connaît les revues de psycho en dehors des psys –et encore, pas tous-, personne ne connaît les revues d’anthropologie en dehors des anthropologues…..

Oui bon et alors me diras-tu, fringant Inconnu??

Et bien, alors, bien que personne ne les connaisse ces revues, elles sont essentielles au mouvement de la pensée, des sciences, du monde (ouais je m’emballe, même que).  Je veux dire par là que les débats les plus virulents, les carrières des Nobels et plus généralement de tout scientifique, de tout chercheur, les déclics qui font avancer les sciences et par conséquent la vie économique, technique, politique des populations mondiales, se jouent principalement là.

Quoi mais comment mais alors mais dîtes, révélez-nous le comment de la chose chère Viola, que je vous entends miauler devant vos écrans…..

Bop, d’abord,

c’est quoi exactement une « revue  universitaire » ?

Vous voyez la couv’ de Géo ? De Max, Vogue ou Closer ?

numéro de juil 05: rhooo c’est… c’est du Max quoi
Rhooooo, c’est beau, c’est du Géo!

Ouiiii ???

Bin c’est l’exact contraire.

Je m’explique.

Une revue, c’est

1)      Un truc hyper spécialisé, qui, en sciences humaines en tous cas, non seulement ne traitera que d’un domaine très particulier de la réalité (sociologie du langage, les migrations, l’anthropologie médicale, l’addictologie, la psychopathologie clinique en sociétés nomades, etc.) , mais qui, de surcroît,  aura une ligne éditoriale intraitable, entendons par là que le secteur particulier de la réalité couvert par la dite revue le sera majoritairement si ce n’est exclusivement sous un angle théorique ou/et méthodologique spécifique et pas un autre (structuralisme, post modernisme, néo marxisme, néo culturalisme, approche cognitive, socio-bio, institutionnelle… ou bien freudien pur et dur vs  lacanien etc.)

T’es perdu ? Normal tout le monde l’est. Le truc positif c’est que quel que soit le sujet qui vous intéresse, il existe une revue dessus. Tout le problème est d’en connaître l’existence, et, surtout, de se procurer la dite revue.

2)      Une diffusion ultra confidentielle. Tu ne  trouveras jamais une revue universitaire en point presse, ni dans une bibliothèque ou médiathèque normale. Non, tu ne la trouveras que dans une bibliothèque universitaire, ou de recherche, ou de musée. Le genre de bibliothèque où on vous demande des tas de choses pour avoir le droit d’y entrer (genre être étudiante ou chercheur, voire présenter une lettre d’un maître de conf ou d’un directeur de recherche), et où à moins d’être un ponte vous ne pouvez que consulter, jamais emprunter.

Bien sûr, les revues sont accessibles aux particuliers par abonnement ou par achat à l’unité, grâce à des ruses de sioux : en général, les délais entre la commande et la réception sont juste hallucinants, et… le prix aussi. Je ne connais aucune revue dont le numéro soit vendu à un prix inférieur à 15€, mais l’une de mes préférées se vend à 40 € l’exemplaire !

3)      Le format : attention hein, c’est cher mais il ne s’agit pas d’une vingtaine de pages sur papier journal : en gros ça ressemble çà un livre, et pas de poche hein…..

4)      Joyeux comme une porte de prison. Ne généralisons pas, mais soyons clair : si on lit une revue ce n’est pas pour la gaudriole, et les graphistes n’ont pas un max de taf : mise en page ultra sobre et super dense, typo taille 11 maxi, et peu ou pas de photos.

5)      Dirigée par un comité éditorial qui se désigne toujours sous l’appellation « comité scientifique ». En gros, un panel de pontes du secteur couvert par la revue.

6)      Une étape obligatoire pour devenir-et rester- chercheur. Car, oui, contrairement à ce que certains hystériques napoléoniens et leurs avocates d’affaires recyclées en ministre de la recherche l’affirment, le monde la recherche en général et française en particulier est sujet au contrôle permanent : ainsi, il est totalement vain de penser pouvoir entrer au CNRS si l’on a pas publié au mois 3 articles dans des revues universitaires prestigieuses, et il est impensable qu’un chercheur ne publie pas régulièrement sans perdre, si ce n’est ses financements, au moins son crédit et sa reconnaissance.

7)      Un truc à thème : en dehors des revues de « sciences dures », les revues fonctionnent la plupart du temps par numéros thématiques avec appel à propositions. C’est-à-dire que les  comités éditoriaux font paraître, quelque part et sans publicité –la problématique du numéro d’après, en général en la contextualisant d’un point de vue théorique, méthodologique, ou parfois conjoncturelle (genre un numéro sur le concept d’ « événement » paru 3 mois après le 11 septembre), en précisant la date limite à laquelle vous pouvez soumettre votre « œuvre », soit entre 10 et 25 pages selon les revues de réflexions übber révolutionnaires….

8)      Vous vous souvenez du comité scientifique, les joyeux lurons du 5° ??? Bon, hé bien, une fois que la multitude de chercheurs/thésards/paumés comme moi ont soumis leur article, les lurons les lisent, et disent, bin soit rien et c’est mort, soit oui mais ce n’est que le début. En général le comité envoie à l’auteur une série de questions/remarques/critiques méthodologiques/épistémologiques/bibliographiques/structurelles/formelles auxquelles l’auteur doit se soumettre et répondre, sans quoi l’article sera mis au panier et non publié.

9)      Des délais débiles : en général, entre un appel à propositions et la parution effective du numéro de la revue, il faut compter entre 4 et 18 mois…. Les revues les plus speed ont une parution mensuelle mais la plupart sont bimestrielles ou trimestrielles et on en trouve beaucoup de semestrielles….

10)   Les revues ont ceci de particulier que chacun des articles est, soit juste avant/juste après soit en début/fin de numéro, résumé, en général au moins dans la langue de la revue + l’anglais, et que chaque auteur fournit une mini biographie censé prouver que le fait qu’il donne son avis sur la question y est légitime.

Voilà ce que sont les revues universitaires.

Inconnues du grand public certes, mais omniprésentes dans le circuit universitaire (y compris les grandes écoles) et institutionnel mondial. Publier, c’est être à peu près certain de voir son travail utilisé, cité par d’autres, et quand le sujet est « porteur » ou le point de vue nouveau, souvent utilisé en cours dans une fac à l’autre bout du monde…..

La gloire

quoi….


Enfin quand ce qu’on dit est brillant   provocateur   tendance on a de la chance.

J’en ai eu, youpie.   Yep ! En effet, mon tout premier article fit un carton de folie : dans les 4 mois qui suivirent sa parution je reçus plein de mails d’étudiants, de France mais aussi des USA et du Canada, qui me demandaient conseil pour leurs recherches ou des entretiens sur le conseil de leurs profs, je fus invitée 2 fois à participer à des colloques…..

Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis.

Sauf que.

SAUF QUE.


Bon, là je ne vais parler que des revues françaises, mais : vous imaginez le temps de travail que vous avez consacré à l’article, hein ? Du travail tout court que cela représente?

Bon.

Vous avez en souvenir le prix d’un exemplaire d’une revue hein ? Bien….

Bon, bien il faut savoir que les auteurs ne sont PAS DU TOUT REMUNERES. Jamais (hors pour la revue jésuite Etudes, qui doit payer un truc genre une centaine d’euros. Mais Etudes est à part : non thématique, traite de tout et n’importe quoi, diffusion ultra large : on peut même la trouver en bibliothèque municipale… )

Il ne leur est même pas obligatoirement donné un exemplaire du numéro dans lequel ils ont ont écrit (si si. Mon 2d article, bin je n’ai même pas eu un exemplaire. Juste des tirée à part électroniques de l’article!!!!!!!, -des fichiers pdf putain!-)

Les colloques  non plus. Enfin, sur les 3 auxquels j’ai participé à ce jour, il n’y en a eu qu’un où j’ai été rémunérée (et encore –mais c’est une autre histoire-, il s’est avéré qu’une partie importante du salaire m’avait été donné… en faux billets. Si si.)

On continue ? Plus haut j’ai parlé d’un chapitre que j’ai écrit dans un  bouquin qui est paru il  y a quelques mois. Bin là non plus je n’ai pas même reçu  un euro symbolique (je dis ça parce que je sais que la maison d’édition est en partie à compte d’auteur, et que par conséquent le think tank qui nous a demandé d’écrire nos lumineuse pensées qui vont révolutionner le fonctionnement des bailleurs et de l’aide humanitaire internationale a du lui-même payer une partie de l’édition)…..

Et on parle bien d’un livre là hein quand même.

Alors moi je m’interroge:

Comment y font, les profs et chercheurs que j’ai eus à la fac et à l’EHESS, pour ne pas être habillés comme des pouilleux ? Comment ils font pour sembler vivre des existences cossues, avoir des fringues comme je n’en n’ai jamais eues et ce genre de choses ? D’autant que les salaires de chercheurs et ceux de professeurs d’universités ne sont pas connus pour concurrencer ceux des traders….

Et puis, aussi, moi j’ai envie de tout casser un peu un peu. Parce que voyez, après  quand on me dit 1) que je ne fous rien puisque je ne suis pas payée (sic), ou que 2) il ne faut pas accepter de bosser sans être payée, ça n’énerve.

Mais pas autant, effectivement, que le fait de bosser sans être payée, ce qui, cher Inconnue/u, m’arrive souvent comme tu le verras si tu suis ce blog foutraque…..

Sur ce, histoire de et avant de vous laisser respirer après ce post maouss, tite vidéo qui met les choses un peu en perspective….

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