Archive pour bénévolat

Bénévolat’s aléas

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Mensonges et plus si affinités, Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , on 11 février 2011 by violemmenthumaine

 

Je suis tout sauf Calimero mood aujourd’hui.

Non, c’est vrai à la fin : j’ai regardé TF1 hier soir

Non je ne vais pas faire un article là-dessus. Il suffit de s’offrir une séance d’écriture automatique vite fait : ficelles de comm’, vérité méprisante comme le « quand on ne travaille pas on est pas digne » (ou « on n’a pas de dignité », j’ai pas appris le truc par cœur non plus), mensonges à la pelle passant comme une lettre à la poste puisqu’il n’y avait  pas « débat » mais « question/réponse », hors jeu et pas d’arbitre.

C’est vrai quoi, parmi tous les commentaires y compris ceux des analystes politiques professionnels hein, personne ne semble avoir remarqué que Notre Président ne répondait presque à aucune des questions. Il parlait sur le sujet autour duquel tourne la question bien sûr, mais ne répondait à la question en tant que telle. Le top c’est quand le soudeur, après l’envolée de  n.s. sur la « solution-apprentissage/stage », dit que les entreprises prennent des apprentis à la pelle mais qu’à la fin de leur contrat d’apprentissage/stage bin ils les lourdent. Qu’est-ce que  n.s répond ? Qu’il va imposer un pourcentage obligatoire d’apprentis aux entreprises….. Cherchez l’erreur….. Le tout, bien sûr, en comparant le système scolaire  au système U.S, sans préciser que le fait de sous-payer voire de ne pas payer du tout les stagiaires ou/et apprentis est une spécificité latine et que dans le monde anglo-saxon on paie les stagiaires et apprentis comme le seraient des salariés normaux au même poste !)


Et j’ai passé la journée d’hier à subir les derniers soubresauts de mon golem personnel, dont le plus funky a été quand un vieux pote « de terrain » (EAW novlangue) m’a envoyé un message FB pour me féliciter d’avoir chopé le poste. Poste n’existant potentiellement que dans le quantum XB27, 257è au fond à droite après avoir gravi l’Everest à cloche-pied,  mais supposé être mien par le dit pote après avoir lu un article dans un « blog humanitaire » français pas mal suivi, article reprenant dans son 1/3 mon golem.

Alors voyez, entre les ondes néfastes de la Ténivellision et les urticaires turgescents provoqués par la vie émancipée de mon article à la con, j’ai les nerfs genre mine-antipersonnelle-au-pied-d’un-baobab-à-la-maturation-des-fruits (et c’est lourd, un fruit de baobab. Très lourd).

Et comme, Moby Dyck jump en dansant la carioca à l’horizon, faut que j’éxutoirise à fond les ballons sinon les moustaches du coin vont roussir.

 

 

So ?

 

L’une d’entre vous Inconnues a récemment laissé en commentaire un lien menant à un article qui explique que les candidats bénévoles n’ont pas plus de chances que les autres, à compétence égale, de décrocher un entretien d’embauche. [en France] Remarquons tout de même que l’étude aboutissant à cette conclusion ne s’est penchée que sur les secteurs de l’informatique, de la banque et de la gestion.

 

Voilààààààààààààààààà. Je vais parler du tchatcha burlesque et et ubuesque que j’ai mené avec le bénévolat.

 

La conclusion selon laquelle le bénévolat n’influe pas sur l’embauche est fausse en ce qui mon concerne mon projet professionnel de départ. C’était, je le rappelle et barbu oblige tout ça tout ça, l’action humanitaire expatriée.  ’Videmment, hein, cela n’a jamais marché ni ne marche, et je narrerai avec délectation et masochisme les différents sketchs hilarants de mes échecs successifs.

Mais, normalement à ce stade vous devriez déjà savoir ou avoir deviné que je marine dans ce monde, la galaxie alien des Humanitaires Professionnels de manière assez intensive depuis des années.

Entres autres conséquences notables, la haute fréquentation d’H.P. (désormais, je ne désignerai plus le travailleur humanitaire expatrié que par le sigle H.P, parce que 1. entres autres caractéristiques l’humanitaire n’est une activité professionnelle, c’est-à-dire rémunérée, qu’à l’expatriation, 2.c’est drôlement fun et cynique –caractéristique souvent appréciée du H.P-) sur le terrain autour d’une bière locale ou entre deux missions autour d’une 1664 m’a fait comprendre 1 des trucs qui me manquaient et me manquent toujours pour obtenir des postes, car le diplôme W.x.DB.247a nécessaire pour les postes en question n’est pas, et heureusement, un impondérable. Il suffit d’avoir travaillé bénévolement de façon intensive pour une ONG dans un programme de type humanitaire chez soi pour que la dite ONG  etc. etc. etc.

Dans ce secteur spécifique, le bénévolat est parfois considéré comme gage de compétences acquises d’une part, ainsi qu’une assurance de motivation et de l’absence de prétentions salariales.

Ainsi, parmi les anthropologues que j’ai rencontrés au milieu des tirs de roquette et qui travaillaient pour des ONGs internationales (ça existe moins que l’on en parle mais ce n’est pas une arlésienne), une grosse majorité avait travaillé auparavant, souvent pendant leurs études, comme bénévole pour, toujours aussi généralement, des programmes de « maraude sociale » ou de distribution alimentaire.

La « maraude sociale », de manière générale et quelle que soit la « population bénéficiaire ciblée », se fait généralement le soir et la nuit, ce qui est juste irréalisable quand on a un gnome.

Ça, c’est dit.

Qu’à cela ne tienne, Wonder V ne se laisserait pas abattre et parviendrait à faire du bénévolat régulier dans un autre secteur.

D’ailleurs, le bénévolat, c’est ultra chic chouette choupidoudou et ça renforce la citoyenneté, et nombre « d’associations reconnues d’utilité publique » ont monté des plates-forme pour guider les heureux élus, les agneaux de la déesse Républica, qui souhaitent s’investir dans le bénévolat.

Par exemple, France Bénévolat n’a pour seul domaine d’activité, reconnue d’utilité publique, que la promotion du bénévolat : « orienter vers le bénévolat, informer sur le bénévolat, valoriser le bénévolat et en favoriser la promotion »….

Toujours d’après eux d’ailleurs, le bénévolat pour une action social au sein d’une association a regroupé 11 300 000 français cette année (en 2010 donc). Dont 2 millions ont pratiqué l’activité bénévole en question au moins un jour entier par semaine tout au long de l’année.

 

Vous réalisez ?

 

Je passerai sur les significations économiques et politiques, sur le rôle et la fonction de l’état de ces chiffres.

 

Je me contenterai de dire qu’en dehors de certaines actions ponctuelles de bénévolat associatif (ou bien, il y a déjà longtemps, d’engagement actif au sein de projets « on est des gentils alors on monte une assoce pour faire un truc cool et charitatif »), non seulement aucune de mes nombreuses candidatures n’a jamais abouti, mais la seule qui m’ait donné le privilège soukousse-ton-body-dans-la-brousse d’avoir un entretien d’embauche a mené à un échec, truculent mixe entre Mister Bean et Brazil.

Il s’agissait d’un poste à mi-temps de recherche et analyse sur la situation des Droits de l’Homme dans l’Afrique sub-saharienne.

Alors, vu que je bosse sur l’Afrique noire depuis 10 ans, que je me suis penchée très attentivement sur les contextes politiques de 6 des pays les plus influents géopolitiquement de l’Afrique subsaharienne dont l’un en tant que salariée, que mes nombreux séjours en Afrique me font bénéficier d’un réseau mobilisable pour des informations directes, et que mes pratiques de recherches universitaires m’ont donnée une certaine expérience des veilles documentaires on line, j’avais l’outrecuidance de croire que logiquement, j’avais des chances de pouvoir approfondir mon expérience….

Hé, bin, non.

La dame qui menait l’entretien, une bénévole bien sûr, a eu un peu de gêne aux entournures alors elle est partie chercher un responsable de l’action internationale, un salarié lui par contre, pour tout m’expliquer pourquoi c’était pas possible que je sois prise à ce poste de bénévole .

–          Dame : Ah, oui : Et vous avez un travail Madame?

–          Wonder V : Mais bien sûr tête de pioche que j’ai un boulot de cadre sup/ouvrière/employée puisque je postule pour un poste de 20h par semaine biscotte dans ma dimension rin-ka-moi les journées font 48h et j’adore le tourni des hiatus spatio-temporels. Euh, non, je suis actuellement sans emploi, et

–          Dame :  (avec la face de Yolande Moreau-Deschiens slash Jacques Villeret dîner de cons, hochant sa tête de retraitée-dynamique-et-impliquée-dans-la-vie-citoyenne-de-son-temps d’un air désolé-y-fait-pas-soleil-soleil-aujourd-hui-c’est-tristounet-mais-c’est-la-vie, soufflant des naseaux et baissant le regard vers le bureau) : Rhaaaaaaaaaaaa c’est dommage mais alors ça ne va pas être possible, c’est la nouvelle politique chez nous depuis l’an dernier on prend pas les chômeurs comme bénévoles.

–          Wonder V : WHAT? THE?  FUCK??!! Là je réponds pas. Voyez le smiley à la con : Oo ?? Bin j’ai exactement cette tronche là. D’ailleurs je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit parce que, direct

–          Dame : Ne bougez pas je reviens de suite Madame, le responsable plaidoyer international va vous expliquer ça.

–          Wonder V : Durant la dizaine de minutes durant laquelle j’ai attendu, mes yeux se sont remis à leur place et dimension normale, et j’ai concentré toute mon énergie à ne pas me métamorphoser en pitbull larmoyant. Comme je suis Wonder V j’y suis parvenue, et j’ai donc pu entendre l’explication, comme si je l’avais écrite directement en recopiant le manuel du B.A.BA du management. Cornegidouille à chtouille pourquoi un bookmaker magique n’a point surgi  à ce moment là, je me serais fait un max de blé en pariant sur le contenu de l’explication !! (il y a bien des magasins magiques en héroic fantasy, moi je me dis que côté karma inter dimensionnel le bookmaker magique ça le fait aussi. Et toc.)

–          Dame : bin en fait elle n’a pas réouvert la bouche jusqu’à ce que je parte, elle s’est contenté de jouer le teckel-de –plate-forme-arrière-de-voiture en hochant lentement mais continuellement la tête.

–          Le Manager salarié : Je comprends votre déception Mademoiselle, mais comprenez que l’on ne peut pas se permettre de perdre du temps à former des gens qui nous quitteront dès qu’ils auront trouver un boulot, ce que je comprends totalement et qui est parfaitement légitime. C’est pourquoi nous ne prenons comme bénévole à ce type de poste que des personnes ayant déjà un travail ou bien des retraités.

 

 

Dans le pays du discours du « travailler plus pour gagner plus » où la volonté gouvernementale est « centrée sur la revolarisation du travail », le fait de

 

se voir refuser en tant que bénévole parce que l’on a pas de travail,

 

c’est ultra normal, pas du tout criticable, pas du tout inquiétant voire total bisounours à bouclettes.

 

D’ailleurs, moi je dis que c’est superqualifragilistikespilalidocious, parce que c’est dans ces moments là que l’on peut goûter à la volupté de ressentir la réalité par le système limbique du Lièvre de Mars

 

 

 

 

 

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Demain j’arrête…

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Hors case with tags , , , , , , , on 23 octobre 2010 by violemmenthumaine

Je ne suis pas une femme de parole.

La preuve, j’avais dit officiellement à moi-même, ma conscience, ma dépression de chômeuse à durée indéterminée et à mon compte an banque anorexique, que si je n’avais pas signé de contrat en relation avec mon « domaine de compétence », je tirais définitivement un trait sur ma troisième vie et disais donc adieu à l’humanitaire et à l’anthropologie sociale en générale, aux « VS » (keskece ? ha ha ha…… petit jedi, laisse monter la Force en toi et si tu arrives à faire ribouldinguer mon frigo sur ton auriculaire je te le dirais) et au Congo en particulier, et me mettais activement à bosser sur la préparation de la prochaine session de la Foire aux bestiaux, histoire de possiblement y gagner un prix la prochaine fois, au lieu d’y aller en touriste comme le mois dernier (ouiiiiiiiiiii,  deux fois déjà que je parle de ce fantastique concours sans que quiconque ne puisse y comprendre que goutte, mais je fais ce que je veux d’abord, c’est mon blog ici).

 

Or, Quoique la délicieuse RH de New York ne m’ait pas officiellement signifié mon échec cuisant après mon entretien d’embauche téléphonique pataquesique (ouais, même que : de pataques+ ique en suffixe parce que c’est mon suffixe préféré, et toc.), on peut considérer que non, je n’ai pas réussi, quelle surprise, à choper un taf, « vrai » ou non d’ailleurs, avant le début du mois d’Octobre.

 

Ai-je alors commencé à bosser d’arrache-pied sur  le complexe hydrographique français/le règne de Louis XIV/les équations à 2 inconnues/la linguistique discursive/la pression atmosphérique/les mines de charbon de l’hexagone/les indices en algèbre/l’importance de la transversalité dans la pédagogie en cycle1/la peinture pariétale et consorts ?

 

Que nenni.

 

Bon. Ce n’est pas bien mademoiselle (bin si je suis toujours demoiselle malgré mon âge -qu’un indice astucieusement placé dans ce texte digne de la Plëiade vous indiquera à quelques années près- et mes maternelles vergetures au bide, puisque le Barbu est très mal à l’aise avec le mariage, qu’il dit).

Oui je sais.

Pouvons-nous espérer que vous avez au moins cessé de vous intéresser à ces très glauques affaires sur lesquelles vous affirmez travailler depuis des années ?

………..

Bin non.

J’y arrive pas.

Je n’arrive pas à arrêter.


– Je n’ai pas jeté ma conséquente bibliothèque de travail (plus de 200 titres. Oui, quand même).

– quand j’ai reçu un mail m’informant de la tenue d’un colloque à l’unesco sur les VS de guerre, bin je m’y suis inscrite, même si plus du tiers des pontes qui y interviendront appartiennent à la catégorie honnie parmi toutes de ceux-ki-se-donnent-même-pas-la-peine-de-répondre……

 

– Je continue à faire grossir ma fantastique base de données sur la RDC en bossant chaque jour sur mes alertes google.

 

Keskece RDC?????

R. comme

a) Ragondin

b) République

c) Rougeole

d) Rhabdophilie

D. comme

a) Démocratique

b) Dindon

c) Dyphtérie

d) Dendrophilie

et C. comme

a) Chaussettes rouges et jaunes à petits pois

b) Choréophilie

c) Congo

d) Cystite

Veuillez rayer les mentions inutiles et vous pourrez aller vous acheter un Carambar.

 

 

 

Et me serais-je arrêtée, que jamais je n’aurais dit non à la dernière proposition-non rémunérée œuf corse- que l’on m’a faite.

Inconnue/u, toi qui as peut être parcouru l’ensemble des quelques billets pondus ici, tu sais que j’ai, à ma totale insatisfaction financière, eu l’insigne honneur de réussir à faire publier plusieurs articles universitaires. (voir la gloire mais pas la thune »).

Tu sais aussi, si tu l’as lu attentivement, que j’avais dit « on ne m’y reprendra plus jamais parce que marre, bordel à cul de rousticotte ».

Et voilà-t-y pas que je reçois avant-hier un mail de la rédaction de la première revue au sein de laquelle j’ai publié, (ouais, celle-là même où, pour le second article, on a pas même daigné m’envoyer un exemplaire papier.)

Mail où l’on me demande, vus les « fantastiques retours que mon article a provoqué » et mon « expertise indéniable en la matière », de bien vouloir rédiger une note de lecture sur la dernière merde journalistique le plaidoyer fantastique bénéficiant d’une campagne de comm’ très réussie sur mon « domaine d’expertise », les fameuses VS*…

*VS= ???? Bon, Inconnue/u, puisque tu viens ici mais ne laisse pas de commentaire -LA came ultime de tout/e blogueur/se , je te propose un truc : celui ou celle qui réussira à deviner ce que signifient ces deux lettres aura droit non seulement à toute ma considération, mais à un billet chantant ses louanges, genre hagiographie dithyrambique –si l’Inconnu/u en question accepte de me confier quelques détails significatifs sur sa petite personne. Ouaiiiiiiiiiiiiiiiis. Même qu’après il ou elle aura envie de l’imprimer et de le faire encadrer 😉

 

Reprenons –oui aujourd’hui je digresse à fond les ballons-. Faire une « note de lecture », ça veut dire lire le bouquin en entier bien sûr, et en faire un résumé+analyse+critique en à peu près 5 pages en typo 12, le tout en un mois.

Alors là in petto je me dis:

1)      Je vais pouvoir lire un bouquin –et le garder j’espère, vu que j’annote énormément quand je lis du « sérieux »- sans avoir eu à le payer.

 

2)      Whouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaou : je suis –encore une fois catapulté « experte » (ça me laisse toujours putain de songeuse et me fais m’interroger à donf sur la réalité des compétences de la pléthore d’experts, vous savez, la chienlit qui « évalue » et « détermine » les actions des autres un peu partout….), et même si tout bin je me sens moins merdeuse le temps de… Bin au moins un certain temps, à défaut d’un temps certain.

 

3)      Je vais enfin avoir l’occasion de dire et d’écrire, en étant sûr d’être lue qui plus est, tout le mal le bien que je pense de ce qui se dit sur la question des VS au Congo.

 

MAIS

 

4)      C’est encore un boulot qui va me demander des dizaines d’heures, ce

 

5)      Sans recevoir un kopeck.

 

CONCLUSION: je voudrais bien être moins, voire plus du tout experte, mais un peu plus, voire beaucoup plus, payée.

Alors, oui, je le dis:

 

C’est la dernière fois.

Promis.

Demain j’arrête.

 

Demain je me regarderai dans le miroir (bouh la vilaine !) et je dirai :

« tout travail mérite salaire,

par conséquent je ne travaillerai plus que contre rémunération.

Tout V.H mérite salaire et reconnaissance

et l’une n’ira plus sans l’autre.

Tout espoir d’y arriver est vain,

je laisse donc tomber et passe à autre chose.

Toute angoisse à l’idée de trouver ce que peut bien être cette autre chose est saugrenue,

et comme je suis exceptionnelle comme fille je vais trouver cette chose.

Et réciproquement. »

 

Le Gloire mais pas la thune

Posted in Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , on 2 octobre 2010 by violemmenthumaine

Salut Inconnu/inconnue,

Oui, bon, d’accord, je ne suis pas là souvent…..

Mais,

1) mon barbu était sur le même méridien et à la même latitude que moi ces quelques dernières semaines,

2) fin aout début septembre c’est l’un des plus gros pics annuels d’offres et donc de recherche d’emploi, et comme tout le monde le sait sauf les services de l’ éducation dans les mairies, chercher du boulot prend un max de temps.

Même que, truc de ouf (pourtant je ne suis plus sous acide depuis longtemps, ce qui tendrait à signifier que c’est la réalité : j’ai passé les 2 premiers stades du recrutement, tindindiiiiiiiinnnnnnnn.), aussi incroyable que l’existence de la turritopsis nutricula, j’ai donc eu un entretien téléphonique d’embauche en anglais avec new york hier comme je le raconterai d’ici peu.

une Turritopsis nutricula, la méduse immortelle

3) cette semaine je « passais » – post futur qui expliquera aux curieux le pourquoi du comment des guillemets ici- aussi le concours de prof des écoles histoire de voir et de me réveiller à 5h du mat parce que c’est fun.

Et puis 4 aussi. Ce quatre là je l’aime bien, tellement que je m’en vais m’alanguir à m’étaler sur la chose (et si, cette phrase signifie quelque chose. )

Donc : Inconnu/Inconnue, si l’intermittence de ma présence ici provoque un doute en toi, n’en suppute point

[parenthèse : supputer. J’adoooore ce mot. Un de mes nombreux étonnements dans la vie est de constater combien ce vocable au potentiel ô combien égrillard est peu usité, voire totalement délaissé. Alors que zut flûte et cornegidouille, c’est quand même beaucoup plus rigolo de dire « supputer »  que « supposer » non ? Alors moi je dis, redonnons vie à supputer, car oui, supputer a le droit d’exister, le droit d’être prononcé, et nous le droit de jouer de la langue du langage, hein non mais !]

Donc, reprenons : si je ne viens qu’en pointillé, n’en supputez  point pour autant que cela soit parce que je glande(ou glandasse, tiens d’un coup le doute m’habite)  à fond les ballons. Ni que j’aie trouvé du boulot. …

Ah, parce que,-et voilà encore un secret bien gardé que je m’en vais vous dévoiler-, en dehors des mes périodes de dépression intense made in chômage, je m’agite beaucoup et fais beaucoup, beaucoup, voire même beaucoup de choses, en fait.

Et là ces derniers jours, en plus de ma dizaine de jours-je-postule-à-tout-va propre à Septembre,  je mettais les virgules, en plus des guillemets et des points finaux au dernier article universitaire que j’écrirais de ma vie à mon troisième article universitaire.

Si jamais tu as lu ma première geignasserie tu sais déjà que j’ai ce truc improbable qu’est un DEA d’anthropologie sociale.

Parce que j’ai du temps à perdre, aussi spatial, idéaliste,  ou total-déconnecté-de-la-réalité que cela puisse paraître, ce n’est pas pour rien que j’ai fait de l’anthropologie, j’aime ça, je kiffe tenter d’analyser des phénomènes sociaux voilà, et écrire chacun de ces articles m’a fait du bien au moral ou à ma conscience personnelle (en fait plus que ça même, ça m’a permis d’exorciser un truc, de répondre à un vrai besoin mais c’est un autre sujet)  Donc oui, j’ai passé des heures à écrire des articles pour des revues universitaires.

A ce jour, j’en suis à 3 articles, parus dans 2 revues différentes, une de développement à focale politologue, française, une d’anthropologie, canadienne, et, en plus, un chapitre dans un bouquin collectif sur l’aide humanitaire.

Les revues…… Il faut savoir que c’est là que se joue la pensée contemporaine, la vraie vie intellectuelle, et que… Bin personne ne le sait : qui sait qu’il existe rien qu’en France des centaines de revues universitaires dans tous les domaines imaginables du savoir et de la pensée ? Je veux dire, personne ne connaît les revues de physique nucléaire en dehors des physiciens qui bossent dans le domaine, personne ne connaît les revues de psycho en dehors des psys –et encore, pas tous-, personne ne connaît les revues d’anthropologie en dehors des anthropologues…..

Oui bon et alors me diras-tu, fringant Inconnu??

Et bien, alors, bien que personne ne les connaisse ces revues, elles sont essentielles au mouvement de la pensée, des sciences, du monde (ouais je m’emballe, même que).  Je veux dire par là que les débats les plus virulents, les carrières des Nobels et plus généralement de tout scientifique, de tout chercheur, les déclics qui font avancer les sciences et par conséquent la vie économique, technique, politique des populations mondiales, se jouent principalement là.

Quoi mais comment mais alors mais dîtes, révélez-nous le comment de la chose chère Viola, que je vous entends miauler devant vos écrans…..

Bop, d’abord,

c’est quoi exactement une « revue  universitaire » ?

Vous voyez la couv’ de Géo ? De Max, Vogue ou Closer ?

numéro de juil 05: rhooo c’est… c’est du Max quoi
Rhooooo, c’est beau, c’est du Géo!

Ouiiii ???

Bin c’est l’exact contraire.

Je m’explique.

Une revue, c’est

1)      Un truc hyper spécialisé, qui, en sciences humaines en tous cas, non seulement ne traitera que d’un domaine très particulier de la réalité (sociologie du langage, les migrations, l’anthropologie médicale, l’addictologie, la psychopathologie clinique en sociétés nomades, etc.) , mais qui, de surcroît,  aura une ligne éditoriale intraitable, entendons par là que le secteur particulier de la réalité couvert par la dite revue le sera majoritairement si ce n’est exclusivement sous un angle théorique ou/et méthodologique spécifique et pas un autre (structuralisme, post modernisme, néo marxisme, néo culturalisme, approche cognitive, socio-bio, institutionnelle… ou bien freudien pur et dur vs  lacanien etc.)

T’es perdu ? Normal tout le monde l’est. Le truc positif c’est que quel que soit le sujet qui vous intéresse, il existe une revue dessus. Tout le problème est d’en connaître l’existence, et, surtout, de se procurer la dite revue.

2)      Une diffusion ultra confidentielle. Tu ne  trouveras jamais une revue universitaire en point presse, ni dans une bibliothèque ou médiathèque normale. Non, tu ne la trouveras que dans une bibliothèque universitaire, ou de recherche, ou de musée. Le genre de bibliothèque où on vous demande des tas de choses pour avoir le droit d’y entrer (genre être étudiante ou chercheur, voire présenter une lettre d’un maître de conf ou d’un directeur de recherche), et où à moins d’être un ponte vous ne pouvez que consulter, jamais emprunter.

Bien sûr, les revues sont accessibles aux particuliers par abonnement ou par achat à l’unité, grâce à des ruses de sioux : en général, les délais entre la commande et la réception sont juste hallucinants, et… le prix aussi. Je ne connais aucune revue dont le numéro soit vendu à un prix inférieur à 15€, mais l’une de mes préférées se vend à 40 € l’exemplaire !

3)      Le format : attention hein, c’est cher mais il ne s’agit pas d’une vingtaine de pages sur papier journal : en gros ça ressemble çà un livre, et pas de poche hein…..

4)      Joyeux comme une porte de prison. Ne généralisons pas, mais soyons clair : si on lit une revue ce n’est pas pour la gaudriole, et les graphistes n’ont pas un max de taf : mise en page ultra sobre et super dense, typo taille 11 maxi, et peu ou pas de photos.

5)      Dirigée par un comité éditorial qui se désigne toujours sous l’appellation « comité scientifique ». En gros, un panel de pontes du secteur couvert par la revue.

6)      Une étape obligatoire pour devenir-et rester- chercheur. Car, oui, contrairement à ce que certains hystériques napoléoniens et leurs avocates d’affaires recyclées en ministre de la recherche l’affirment, le monde la recherche en général et française en particulier est sujet au contrôle permanent : ainsi, il est totalement vain de penser pouvoir entrer au CNRS si l’on a pas publié au mois 3 articles dans des revues universitaires prestigieuses, et il est impensable qu’un chercheur ne publie pas régulièrement sans perdre, si ce n’est ses financements, au moins son crédit et sa reconnaissance.

7)      Un truc à thème : en dehors des revues de « sciences dures », les revues fonctionnent la plupart du temps par numéros thématiques avec appel à propositions. C’est-à-dire que les  comités éditoriaux font paraître, quelque part et sans publicité –la problématique du numéro d’après, en général en la contextualisant d’un point de vue théorique, méthodologique, ou parfois conjoncturelle (genre un numéro sur le concept d’ « événement » paru 3 mois après le 11 septembre), en précisant la date limite à laquelle vous pouvez soumettre votre « œuvre », soit entre 10 et 25 pages selon les revues de réflexions übber révolutionnaires….

8)      Vous vous souvenez du comité scientifique, les joyeux lurons du 5° ??? Bon, hé bien, une fois que la multitude de chercheurs/thésards/paumés comme moi ont soumis leur article, les lurons les lisent, et disent, bin soit rien et c’est mort, soit oui mais ce n’est que le début. En général le comité envoie à l’auteur une série de questions/remarques/critiques méthodologiques/épistémologiques/bibliographiques/structurelles/formelles auxquelles l’auteur doit se soumettre et répondre, sans quoi l’article sera mis au panier et non publié.

9)      Des délais débiles : en général, entre un appel à propositions et la parution effective du numéro de la revue, il faut compter entre 4 et 18 mois…. Les revues les plus speed ont une parution mensuelle mais la plupart sont bimestrielles ou trimestrielles et on en trouve beaucoup de semestrielles….

10)   Les revues ont ceci de particulier que chacun des articles est, soit juste avant/juste après soit en début/fin de numéro, résumé, en général au moins dans la langue de la revue + l’anglais, et que chaque auteur fournit une mini biographie censé prouver que le fait qu’il donne son avis sur la question y est légitime.

Voilà ce que sont les revues universitaires.

Inconnues du grand public certes, mais omniprésentes dans le circuit universitaire (y compris les grandes écoles) et institutionnel mondial. Publier, c’est être à peu près certain de voir son travail utilisé, cité par d’autres, et quand le sujet est « porteur » ou le point de vue nouveau, souvent utilisé en cours dans une fac à l’autre bout du monde…..

La gloire

quoi….


Enfin quand ce qu’on dit est brillant   provocateur   tendance on a de la chance.

J’en ai eu, youpie.   Yep ! En effet, mon tout premier article fit un carton de folie : dans les 4 mois qui suivirent sa parution je reçus plein de mails d’étudiants, de France mais aussi des USA et du Canada, qui me demandaient conseil pour leurs recherches ou des entretiens sur le conseil de leurs profs, je fus invitée 2 fois à participer à des colloques…..

Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis.

Sauf que.

SAUF QUE.


Bon, là je ne vais parler que des revues françaises, mais : vous imaginez le temps de travail que vous avez consacré à l’article, hein ? Du travail tout court que cela représente?

Bon.

Vous avez en souvenir le prix d’un exemplaire d’une revue hein ? Bien….

Bon, bien il faut savoir que les auteurs ne sont PAS DU TOUT REMUNERES. Jamais (hors pour la revue jésuite Etudes, qui doit payer un truc genre une centaine d’euros. Mais Etudes est à part : non thématique, traite de tout et n’importe quoi, diffusion ultra large : on peut même la trouver en bibliothèque municipale… )

Il ne leur est même pas obligatoirement donné un exemplaire du numéro dans lequel ils ont ont écrit (si si. Mon 2d article, bin je n’ai même pas eu un exemplaire. Juste des tirée à part électroniques de l’article!!!!!!!, -des fichiers pdf putain!-)

Les colloques  non plus. Enfin, sur les 3 auxquels j’ai participé à ce jour, il n’y en a eu qu’un où j’ai été rémunérée (et encore –mais c’est une autre histoire-, il s’est avéré qu’une partie importante du salaire m’avait été donné… en faux billets. Si si.)

On continue ? Plus haut j’ai parlé d’un chapitre que j’ai écrit dans un  bouquin qui est paru il  y a quelques mois. Bin là non plus je n’ai pas même reçu  un euro symbolique (je dis ça parce que je sais que la maison d’édition est en partie à compte d’auteur, et que par conséquent le think tank qui nous a demandé d’écrire nos lumineuse pensées qui vont révolutionner le fonctionnement des bailleurs et de l’aide humanitaire internationale a du lui-même payer une partie de l’édition)…..

Et on parle bien d’un livre là hein quand même.

Alors moi je m’interroge:

Comment y font, les profs et chercheurs que j’ai eus à la fac et à l’EHESS, pour ne pas être habillés comme des pouilleux ? Comment ils font pour sembler vivre des existences cossues, avoir des fringues comme je n’en n’ai jamais eues et ce genre de choses ? D’autant que les salaires de chercheurs et ceux de professeurs d’universités ne sont pas connus pour concurrencer ceux des traders….

Et puis, aussi, moi j’ai envie de tout casser un peu un peu. Parce que voyez, après  quand on me dit 1) que je ne fous rien puisque je ne suis pas payée (sic), ou que 2) il ne faut pas accepter de bosser sans être payée, ça n’énerve.

Mais pas autant, effectivement, que le fait de bosser sans être payée, ce qui, cher Inconnue/u, m’arrive souvent comme tu le verras si tu suis ce blog foutraque…..

Sur ce, histoire de et avant de vous laisser respirer après ce post maouss, tite vidéo qui met les choses un peu en perspective….

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