Archive pour candidature

Miscellanées réactualisées

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Hors case, Kenya, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , , , , on 16 mai 2013 by violemmenthumaine

 

Certains d’entre vous chers/ères Inconnus/es, venez ici régulièrement (si si, je vous vois. Enfin Google stats vous voie).

Aussi me dis-je dans mon cerveau malade qu’actualiser un peu un peu certains des « dossiers » soulevés ici pour ma survie psychique le bonheur de tous n’est pas plus saugrenu que ça.

Des sondages, de ce qu’on leur fait dire et de leur non représentativité

Il y a quelques temps je m’offusquais de voir combien mes compatriotes semblent facho et bas du bulbe voire plus décérébrés qu’une amibe sur le chômage : depuis, mes errements internautes, qui me font cabrioler de pages tumblr big lol aux « blogs » et pages où, miracle, se développent de vrais débats d’idées, m’ont faite tomber sur une analyse passionnante des modalités selon lesquelles beaucoup de « sondages » sont menées.

L’auteur n’est pas un simple quidam, mais Alain Garrigou, qui est entre autres le directeur de l’Observatoire National des Sondages. Il travaille également sur les sondages, justement (quelle surprise hein ?!). Et ce qu’il nous dit montre combien ce que beaucoup de sondages disent de nous et des autres est aussi scientifique, aussi « vrai », que le pipi de chat est efficace pour soigner la migraine.

Il conclut son article par :

« On pourrait ainsi dire que les sondages par Internet recrutent surtout les sots et les fachos. . Au cours de l’histoire, la domination sur les esprits a trouvé bien des procédés. Les sondages par Internet ont inventé une recette si judicieuse qu’elle prêterait à rire, si elle n’était si pitoyable. »

Ça me rassure sur la mentalité de mes compatriotes. Si si. Encore faut-il que nous sachions prendre du recul face à la sacro sainte « information » (les sondages, les articles, les reportages, les journaux, mais aussi les blogs, les photos, les publicités)….

D’un Amour de Jeu et d’un soi-disant « atypisme ».

Il y a quelques mois, j’avais parlé d’un projet de court-métrage.

Ça s’appelle « Un Amour de Jeu », et si j’en avais parlé ici c’est que la forme du projet, mêlant réalité filmée, animation et 3D, nécessite un budget proche de l’énorme, à tel point qu’il fallait déjà des sous pour pouvoir présenter le dossier complet auprès du CNC, lequel devait contenir des séquences en animation et en 3D.

Un budget de 6000€ devait être réuni pour pouvoir présenter le projet. La réalisatrice, Bénédicte Moufflet, avait choisi de passer par le crowdfunding, KissKiss Bank Bank en l’occurrence.

Le truc chouette, c’est que oui, le budget a été réuni, et qu’Un Amour de Jeu a pu être présenté devant la commission du CNC.

Le truc carrément pas chouette, c’est que la réponse du CNC a été négative, le projet refusé, et donc aucun budget alloué.

Et alors que peux-tu bien avoir à en talquer (sauf si tu fais partie des personnes qui ont donné sur KissKissBankBank) ?

Voilà pourquoi.

La Commission motive toujours sa décision par un joli blabla, évidemment.

Or, ce qui m’astringe les neurones et m’irrite le palpitant, c’est que l’un des principaux arguments développés est que, je cite :

 « Le style est trop typé et trop girly. »

Trop typé. Typé.

En l’occurrence, ça veut dire que les 10 « arguments » que j’ai avancés pour vous pousser à visiter la page KissKissBangBang sont trop « typés » pour toucher un large public, donc.

Tu es un gros geek, hype, tu en as marre des court-métrages sans scénar et sans image qui passent tard le soir sur ton petit écran, tu es un Bisounours, rêves en manga, cartoon et anime, tu kiffes le rock (cause is not dead !!!!!!!!!!!!), tu aimes les belles filles un peu chtarbes, tu es un gamer :  tu es trop typé, en bref tu es atypique, en marge de la société.

  • Geek : 217 millions de résultats sur Google.

Personne ne consulte jamais ces sites (liste non exhaustive). CQFD.

  • 3 708 672 visionnages sur les 50 webseries en vogue actuellement. Et encore, il ne s’agit que des séries françaises, récentes, et choisies par le site (serieweb en l’occurrence). Au rayon geek, on remarquera que la série la plus visionnée en ce moment est Noob, avec 467 432 visites. Une série qui parle de…. Joueurs de Jeux de Rôle on line, de MMRPG quoi. On est à fond dans le « atypique » , c’est clair.
  • En dehors du porn, Internet est parcouru sans cesse par des humains désespérément à la recherche du summum de la Bisounours Attitude, avec en stars incontestées des chats des chats tout ce qui peut de près ou de loin provoquer des « c’est  mignoooooooooooooooooooooon »  et autres « share the love if you have heart » en boucle en commentaire. C’est clair, le « girly », c’est trop typé….

*** shojo

Il est évidemment extrêmement rare de trouver une image de ce type on line. D'ailleurs, personne n'en cherche. Bien sûr.

Il est évidemment extrêmement rare de trouver une image de ce type on line. D’ailleurs, personne n’en cherche. Bien sûr.

à fond****

Là encore, une inconnue. Qui connaît Sailor Moon? ( 7 030 000 pages via google).

Là encore, une inconnue. Qui connaît Sailor Moon? ( 7 030 000 pages via google).

GUGUGUGU

  • Suicide Girl a 5 454 755 fans sur facebook,  192 757 abonnés sur twitter, et  plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur leur site tout court. Clair que les bombes un peu fêlées ne provoquent que peu d’enthousiasme et ne sont vraiment pas fédératrices, aujourd’hui.

****suicide girl

Gogo, une Suicide Girl très "un amour de jeu"

Gogo, une Suicide Girl très « un amour de jeu »

pictures****

Le jeu vidéo, c’est pour les enfants, tout le monde le sait. La masse d’acheteurs , de vendeurs, directeurs marketings, éditeurs, développeurs, béta-testeurs, journalistes, ont tous un sérieux retard mental.

µµµµVIDEO JE

SUIS UN GAMER

Oui, bien évidemment, peu de gens vont chercher le type d’image qui suit….

IMAGES

"trop mignoooooooooooooooooon"

« trop mignoooooooooooooooooon »

Interdit: trop typé, trop girly.....

Interdit: trop typé, trop girly…..

GEEK/K

Qui c'est qui c'est? Personne que les membres du CNC ne connaissent, visiblement.

Qui c’est qui c’est? Personne que les membres du CNC ne connaissent, visiblement.

AWAI/N

Mais, mais, c'est une fille!!! Qui joue à..... des jeux vidéos??!!! Plus que typé ça.... Un truc aussi ciblé ça devrait être interdit...

Mais, mais, c’est une fille!!! Qui joue à….. des jeux vidéos??!!!
Plus que typé ça…. Un truc aussi ciblé ça devrait être interdit…

ERD/H

I-TECH/

On a dit que le mignon kitsch était trop typé. Si si.

On a dit que le mignon kitsch était trop typé. Si si.

GAMER

IGOGOG

Mais où va-t-elle chercher des trucs pareil, hein?

Mais où va-t-elle chercher des trucs pareil, hein?

non, ceci n'est ni girly ni rocjk ni geek. Ce serait un peu chargé, irréaliste: on vous a dit qu'une telle esthétique, une telle culture, n'existe pas.

non, ceci n’est ni girly ni rocjk ni geek. Ce serait un peu chargé, irréaliste: on vous a dit qu’une telle esthétique, une telle culture, n’existe pas.

   Tout cela,

Ce gorille MENT!

Ce gorille MENT!

Ceci n'est pas en vente, car personne n'achète ce genre de truc. D'ailleurs, ceci n'est pas une photo.

Ceci n’est pas en vente, car personne n’achète ce genre de truc. D’ailleurs, ceci n’est pas une photo.

gigiigig

Pour finir, l'exemple archétypal de ce qui est viscéralement, totalement et définitivement trop "typé" pour être produit. Quel univers marginal, Diable!

Pour finir, l’exemple archétypal de ce qui viscéralement, totalement et définitivement trop « typé » pour être produit. Quel univers marginal, Diable!

hohoho

Tout cela, c’est trop typé. Mouiiiiiiiiiiiiiii.

O.K.

Il ne faut pas s’étonner que les moins de 35 ans considèrent la création majoritairement par le biais du net, et que les créateurs, d’ailleurs, pensent d’abord you-tube, tumblr et autres plates-formes.

Un Amour de Jeu ne disparaitra pas dans les limbes, d’ailleurs, le projet rebondira via Internet.

Mais j’ai moins envie d’aller au cinéma, d’un coup.

gogogogo

Les Elections supra démocratiques du Kenya,

une chic et chouette jurisprudence

ohoooh

Je parle peu du Kenya ici. Cela ne changera pas tout de suite. Mais je n’ai pu m’empêcher de pondre un ou deux articles, dont l’un peu avant le multi-scrutin, dont celui élisant le nouveau Président du Kenya.

Logiquement, je me dis que je devrais dire un mot sur les élections, maintenant qu’elles sont passées.

Le déroulement des dites élections, d’abord.

Côté morts et blessés, on reste « correct » : visiblement, quand il s’agit d’un pays africain, une dizaine de morts (à Kisumu principalement), c’est top : vous rendez-vous compte, il n’y a eu QUE ça, tranquille pépouze, on est bien en démocratie. Youpie !

Côté transparence ensuite : l’annonce des résultats a pris plus d’une semaine, presque deux en fait (génial, la ville était comme morte, on naviguait en pleine ville fantôme, les expats s’étaient tous barrés et les Kenyans ne sortaient que pour aller et rentrer du boulot)…. Suite à une surcharge des serveurs de l’opérateur téléphonique par le biais duquel les résultats des différents bureaux de vote étaient centralisés. No comment. Le truc le plus rigolo, c’est que pendant 3 ou 4 jours, l’écart entre les deux « favoris » est resté rigoureusement le même, à la tête près. Normal, les probabilités pour que cela devienne sont proches du zéro absolu mais on s’en talque : puisqu’on vous dit que tout cela a été vérifié et que tout est clean comme la première élection de Bush Junior.

Entre temps, le gouvernement a réuni la Presse internationale pour résilier une partie conséquente des droits d’exercer des journalistes, et donner « des consignes pour la couverture ultérieure des élections » à ceux qui restaient.

Résultats annoncés, le second n’est pas content, mise en appel auprès de la Commission Electorale. Presque un mois de vérifications scrupuleuses pour conclure, bien sûr, à l’exactitude des résultats annoncés.

Les résultats des élections, ensuite.

Ô joie ô allégresse, les élections du Kenya se sont déroulées dans le calme, le tissu économique de toute l’Afrique de l’est est sauvé et la respectabilité démocratique renforcée, alléluïa !

Sans surprise, c’est l’un des deux poulains, Uhuru Kenyatta, fils de Jomo Kenyatta, le premier président du pays après l’indépendance, et étonnamment riche propriétaire terrien, , qui est l’Elu.

*** Uhuru Kenyatta ; durant la cérémonie de

Uhuru Kenyatta lors de la cérémonie d'entrée au pouvoir. Copyright Guardian Kenya

Uhuru Kenyatta lors de la cérémonie d’entrée au pouvoir. Copyright Guardian Kenya

passation de pouvoir. Copyright Guardian Kenya***

Parallèlement, une majorité plus qu’écrasante des têtes de l’assemblée nationale, des gouverneurs et députés provinciaux sont du parti de son principal adversaire, Raila Odinga.

Quand on est ultra positif et tout-est-pour-le-mieux-dans-le-meilleur-des-mondes, on se dit que c’est génial, qu’une situation de cohabitation telle que celle-ci est fantastique pour la démocratie et l’évolution du pays. C’est d’ailleurs une première sur le continent (si l’on ne compte pas les gouvernements de cohabitation forcée post-conflit qui ont existé et existent encore un peu partout en Afrique, qui, eux, ne se constituent jamais par les urnes).

Quand on est un vilain pas beau colonialiste paternaliste qui croie ou veut croire un peu dans le droit international et le droit humanitaire, on est effaré. Car l’élection d’Uhuru Kenyatta est également une première historique, et laquelle ! Il est le premier président au monde à être élu alors qu’il est en cours d’instruction pour un procès pour crimes contre l’Humanité auprès de la Cour Pénale Internationale. Certes, il y avait bien Omar el Béchir, le président du (nord) Soudan, qui a un procès à la CPI sur le cul, mais, quand même, il était déjà au pouvoir quand celui-ci a été lancé hein.

Là, même pas. Une majorité de kenyans a donc voté pour un des types responsables des dizaines de milliers de morts de leurs compatriotes lors des élections précédentes.

Youpie.

C’est de la balle.

Le discours d’intronisation du zig a d’ailleurs bien donné la couleur : rejet virulent de la CPI , désignée comme d’habitude comme l’incarnation de la néo-colonisation, et rejet de « l’influence étrangère ». RIP à tous les morts (comme d’hab quoi).

ihohoh

De la délicatesse des RH

gogogoo

J’ai reçu une réponse à l’une de mes candidatures. Négative, bien sûr, mais dont la teneur, inédite pour moi, m’a laissée songeuse.

***lettre

lettre ldd

LDD****

« En cas de refus de la part des candidats contactés avant vous, vous serez recontacté ».

Il paraît que c’est habituel, comme formulation.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai mis un petit temps à réaliser :

***gif  merde c’ét

Hein? Quoi? Ahhhhhhhhhhhh d'accord. N'aurait-il pas été plus simple et moins vicieux de dire non, tout simplement?

Hein? Quoi? Ahhhhhhhhhhhh d’accord. N’aurait-il pas été plus simple et moins vicieux de dire non, tout simplement?

ait donc ça*****

Puis j’ai décidé finalement de le vivre comme ça :

***gif doigt

doigt d honneur

d’honneur***

Encore plus rien à voir

Sinon, ô Inconnus/es de plus en plus nombreux et réguliers, quand vous passez ici, ce serait pas mal si vous lâchiez un comm’, de temps en temps.

Et, comme au passage de certains/es d’entre vous j’ai pu découvrir des blogs plus que chouettes et étonnants, je m’en vais bientôt vous parler d’un ou deux d’entre eux. ..

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Serial Applicator : Olé !

Posted in Cherche présent et avenir désespérément with tags , , , , , , , on 11 novembre 2011 by violemmenthumaine

Pouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuf.

Le temps passe ultra vite quand on passe du statut de CDI* désespérée à celui de serial Applicator.

Ouais bon... LMais en même temps hein, je ne suis pas graphiste "Toi! Au fond, qui as dit "ça se voit"! Tu sors!!"

Parce que, voyez, le truc, c’est que dans notre beau pays, si je passais la moitié de mon temps à chercher du boulot, je ne trouvais de boulot où je pensais avoir une vague chance d’être engagée, et donc ne passais à l’étape croustillante et pas du tout potentiellement troublante de la candidature, qu’environ 1 fois par mois et demi.

Ehhhhhhhhhhh oui, j’enviais et envie toujours les CDI qui ont au mois la chance de postuler à tout va, voire même d’enchaîner les entretiens, même si ceux-ci aboutissent à une fin de non recevoir.

Ici, je n’ai toujours pas de boulot, et, pire encore que ce que je pensais, il y a fort fort peu de probabilités que je finisse par en trouver, sauf comme tout le monde en général et comme 200% des postes qualifiés ici à Nairobi si un pote m’en file un. Mais, à la différence de mon supposé « chez-moi » (vous savez bien, le pays vraiment démocratique et républicain, pas comme les pays de barbares où je traîne, où le népotisme, la corruption n’existe pas et où les Droits de l’Homme sont absolument et en tous cas respectés, y compris ceux des Femmes (tain, là, j’ai un problème : impossible de choisir UN lien pour illustrer cyniquement mon point de vue, y’en a tellement qu’il faudrait un site à soi tout seul sur le sujet suite aux derniers mois…), l’offre de postes est pléthorique.

En gros, je postule environ 2 fois par semaine. Et comme, contrairement à…. (putain, à quoi ?…. Euh, la vente ? la restauration ? même pas sûr), il faut retravailler une lettre de motive foncièrement différente, et « revaloriser » habilement son CV pour qu’il soit le + possible en adéquation avec LE profil de poste à chaque fois, bin ça prend pas 2 minutes le cul nonchalamment posé sur un hamac. Nan. Faut se prendre la tête un peu beaucoup, et après, en général, j’ai moyen envie de me replonger dans les délices futiles bloguesques.

Le truc super rigolo dans toutes ces candidatures, c’est que les 4 seules où j’ai reçu une réponse sont les 4 postes normalement les plus inaccessibles (genre, direction nationale de plusieurs départements d’une agence onusienne, rien que ça). Ok, la réponse était négative, mais (à force, on connait les procédures tout ça tout ça, ce qui fait une super belle jambe ah que ouais) la recevoir signifie que sur les au moins 600 candidatures reçues pour ce poste (d’après les estimations communes, on considère que chaque poste dans le secteur humanitaire/développement proposé à Nairobi reçoit entre 200 et … 1000 candidatures selon les profils. Pour les gros postes aux Nations Unies, entre 600 et 1000), j’ai fait partie des 25 sélectionnés avant la dernière élimination avant entretien et tests.

Ca, ça mérite une danse de victoire !

Par contre, les postes dans des petites ONGs +/- pas géniales (nooooooooooooooon, je ne donnerai pas de nom), qui paient avec un lance-pierre selon le sublime droit du travail humanitaire français, bin que pouic, pas même un short listage, que dalle, nada, dans le baba.

M’enfin bon.

Boule de cristal exigée

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités, Tranche de steack with tags , , , , , , , , , , , on 14 octobre 2011 by violemmenthumaine

Après le CV, la lettre de motive, le networking : la boule de cristal.......


Salut Inconnus/es !!

Ma vie sociale Nairobienne ( ?? nairobirote ? Nairobiste, allez, va pour nairobienne, et tant pis pour la doxa linguistique), assez aléatoire et pour tout dire franchement foutraque, m’a incidemment remise à l’esprit un des épisodes les plus fabuleux de ma longue quête de destruction du CDI*.

Kesaco, et pourquoi donc ?

Hé bien parce que, du haut de mes bientôt 35 printemps, et n’appartenant pas à l’espèce très répandue dans la communauté expatriée de la fière et méprisante desperate housewife attitude, mais, encore plus décalé ici, ayant à mon actif plusieurs expériences professionnelles humanitaires, un certain nombre de jeunes filles en fleur, le plus souvent stagiaires de leur état, sont venues me demander mon avis éclairé pour transformer la piste montagnarde de leur avenir pro en autoroute sans limite de vitesse.

Non pas que je sois la Sagesse incarnée ou que mon expérience tout comme mes réseaux professionnels au Kenya soient de la balle qui tue. Juste que je dois être, du moins dans la communauté francophone, la seule à ne passer ni ne vouloir passer mes journées à ça :

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie! J'ai trouvé un SU-PER PLAN pour des rideaux/chaussures/robes/tissus/bijoux/tapis/cosmétiques/meubles/passementeries/blanquettes de veau !!!!

"Tu sais quoi je suis E-PUI-SEE !! : J'ai fait du shopping/de l'aquagym/du yoga ayurvédique/pilate/zumba/cours de world food TOUTE-LA-JOUR-NEE d'hier! " " Oh bah oui je suis comme tooi, je ne SU-PPOR-TE PAS de ne rien faire! Mais avec le chauffeur qui arrive tooujours en retard, je n'ai pas pu deposer le patron de ma robe de cotktail à la couturière hier"....

Bon bon... OK, ça c'est pas l'ambassade de France à Nairobi mais celle de Belgique à Beyrouth. Mais vous voyez les nanas botoxées jusqu'à la moëlle assises autour du vieil adipeux bourré de thune? Bin c'est pareil.

Alors je réponds à leurs questions.

Je donne des conseils.

Pas franchement des scoops.

Sauf que personne ne leur a jamais dit.

Sauf que, alors que ces girondes ont pour la plupart justement LE diplôme patachouoc en humanitaire/sciences politiques/ patati patata, on ne leur a jamais expliqué comment s’organisait le recrutement ni la carrière en ce domaine, encore moins ce que cela signifiait très concrètement que de travailler « dans ce secteur ».

En général, elles me remercient très chaleureusement, plusieurs fois même, parfois des mois après (eh oui, je n’ai pas attendu d’être au Kenya pour répondre aux questions des jeunes diplômées/étudiantes), soutenant à ma grande surprise que « ce que je leur avais dit avait vraiment débroussaillé la route ».

Et en effet, je réalise que ces conseils de base que je donne, ce type de service là, aka donner la température et les modalités du marché du travail plus ses évolutions probables, ça, on ne l’apprend pas à l’école, non plus que dans les excessivement inutiles « constructions de projet professionnel » de chez Paul, ni même dans les excessivement onéreux « bilans de compétences » et autres « séminaires d’autopromotion » : comme le sémillant vieux beau de l’APEC nous l’avait si ingénument dit : « je ne connais rien à aucun domaine si ce n’est celui de se faire embaucher »….

Mais quel est le rapport avec toi crème de nombrilisme, vous demandez-vous in petto chères/ers Inconnues/s ?

Remontons le temps si vous le voulez bien…..

Back to the Future (des fois que vous ne soyez ni un gros geek ni né entre 70 et 80) : la machine à remonter dans le temps la plus aérodynamique de toute l'histoire du cinéma 🙂

Voilàààààààààààààààààààà.

Bien.

Voici déjà 2 ans (et je trouvais déjà que ça faisait longtemps dis donc !) que j’ai mon DEA, que je ne trouve rien, que les ONG auprès desquelles je postule ne me répondent pas (pas la peine de parler du reste, je l’ai déjà fait.). Les profils de postes évoluent. Apparaissent tout un tas de pré-requis sortis de nulle part, un peu comme dans le secteur du social en France…. Parmi ces derniers, il y en un qu’il ne me semble pas impossible de tenter d’obtenir, et, qui plus est, qui m’intéresse un tant soit peu : le DESS de santé publique.

C’est d’ailleurs le diplôme que plusieurs de mes connaissances ayant une formation similaire à la mienne (vous vous souvenez peut-être, le truc que personne ne connaît en Europe latine : « l’anthropologie sociale/l’ethnologie ») ont eu dans la foulée, du haut de leurs 22/23/24 années. Bon, en général, ils sont partis ailleurs pour ce faire : Belgique, Royaume Uni, pays scandinaves.

Moi, ayant 1) plus de 25 ans, 2) une famille à charge et déjà du mal à joindre les deux bouts, je ne peux pas m’offrir ce luxe : je dois rester dans notre cher hexagone, et en région parisienne plus spécifiquement.

Qu’à cela ne tienne, je vais intégrer un DESS de santé publique sur Paris.

Bon.

Sachez qu’une fois que vous avez quitté les bancs de la fac/l’école, y retourner tient de l’exploit, à moins que vous ayez déjà un boulot (auquel cas il existe un certain nombre de dispositifs permettant de financer les dites études, voire de vous rémunérer pendant ce temps. Comment ça c’est un peu débile d’aider ceux qui sont les moins vulnérables mais de n’accorder rien à ceux qui le sont le plus ? Vous avez vraiment mauvais esprit très chers….)  : non pas parce que vous êtes largués, mais parce que, contrairement aux jeunots qui tètent encore la thune de leurs génitrice/eurs et se plaignent de ne pouvoir profiter de leur prime jeunesse, vous aurez à justifier tout et son contraire pour convaincre les Temples du Savoir que, oui, vous méritez bien de poser vos minables fesses sur leurs bancs.

No soucy, j’ai la niaque, je monte des dossiers bétons, je prouve par A+B que je suis prête à bucher 24h/24 pour rattraper la licence en éco que je n’ai pas et remplir mes carences en stats, que ma motivation pour obtenir ce diplôme est suscitée par la réalité du marchée de l’emploi correspondant à mon « projet de vie professionnelle », bref, la totale.

Sur les 3 facs -les seules sur Paris à proposer ce cursus, ce à « des jeunes adultes sortis de la scolarité- auprès desquelles j’ai envoyé un tel dossier, seule une, Dauphine, daigne trouver que oui, pourquoi pas.

Dauphine, sa fac de droit, ses jeunes filles en jean et petit pulls....

On passe donc à la seconde étape : l’entretien. Tout comme un entretien d’embauche, sauf que si c’est tout bon c’est vous qui crachez la thune au lieu d’en recevoir pour votre travail.

Je me souviens que la dadame m’avait particulièrement cuisinée pour savoir si, vraiment, j’avais la force de travail nécessaire, moi une littéraire (bouh !!!!! l’insulte suprême) n’ayant pas même un bac S (enfin, C à mon époque de dinosaure), pour réussir à avoir le niveau en statistiques, d’une part, et en économie, d’autre part.

Visiblement, lui expliquer que j’avais réussi à obtenir avec mention très bien ma maîtrise puis mon DEA alors que j’étais seule avec mon enfant en bas âge tout en travaillant 15 heures par semaines (période bénie où j’ai maintes fois songée à me mettre aux amphètes et où l’exception française du statut de volontaire humanitaire qu’occupait alors mon Barbu me donnait envie de déposer des pains de plastic à un certain nombre d’endroits stratégiques) pour pouvoir nourrir le gnome à poils durs et avoir accès aux ressources bibliographiques nécessaires à mes mémoires, bin ça n’a pas suffi.

(Pourtant dediou, je peux assurer que ça, c’était de la putain de haute voltige, et qu’après avoir tenu le coup durant ces 4 années, mes expériences les plus hardcore « sur le terrain » m’ont toujours semblé plus simples à gérer à assurer.)

Lui lister les bouquins que j’avais déjà achetés et commencé à étudier, non plus.

Vous le devinez,

au final,

je ne l’ai pas fait,

ce DESS.

Je n’ai pas eu de réponse négative : j’ai été mise « sur liste d’attente ».

… … … …

Je ne sais pas combien il y avait de places pour les « gens comme moi », c’est-à-dire celles et ceux qui reviennent sur les bancs de la fac après les avoir quittés bien après la « date de péremption » sans avoir réussi à mettre plus qu’un orteil sur le marché de l’emploi.

J’ignore également qui a été pris. Sauf dans un cas (c’est ça de dire son nom aux personnes de rencontre : après, ils peuvent vérifier des données nyark nyark nyark), assez symptomatique je trouve : un charmant garçon.

Lequel, après avoir fait Sciences Po, avait intégré la Fonction Publique.

Il travaillait donc, lui.

Il venait d’obtenir une promotion, mais dans un secteur proche de la santé publique m’a-t-il dit.

Et, oui, il savait « qu’il n’avait pas institutionnellement besoin de suivre cette formation pour remplir son nouveau poste, il le ressentait comme un devoir moral ».

Cela lui serait-il difficile financièrement de lâcher du lest pendant un an, voire deux ?

Que nenni, le ministère lui offrait le dit DESS dans le cadre de la formation continue, ce sans qu’il perde un centime de son salaire.

Voyez, objectivement, ce garçon en Armani est respectable. Plus que cela même : admirable de probité et de conscience professionnelle, en ces temps de fac similé de république bananière (je sais, l’exemple est un peu ancien mais est loin d’être obsolète, et ce n’est qu’un parmi tant d’autres. Au moins celui-ci a-t-il soulevé quelques débats…)

Mais, voyez, l’amertume me chatouille les narines quand je vois que ce charmant homme a été accepté au DESS, alors que lui, il avait un travail et ne risquait en aucun cas de la perde s’il n’était pas intégré à ce DESS, et qu’il avait les moyens de vivre plus que correctement ce sans avoir aucune famille à charge.

(dingue hein ce que les gens me racontent, la plupart du temps, voire parfois comme ici sans me connaitre ni d’Eve ni d’Adam ? Ouais, il parait que « I got so much human ears, you know, ears heart-like, the kind opened on the world and the others’life. You listen like anybody else ». Dixit Annie, la femme de ménage qui travaillait chez nous quand nous étions au Zimbabwe. Cette dame devait avoir des problèmes de jugement: comme les RH  et autres conseillers à l’emploi me l’ont déjà dit maintes fois: n’ayant aucune formation en psycho autre que de l’autodidactie intellectuelle et relationnelle et aucun papier cul diplôme en aide sociale, je n’ai pas de « compétences en écoute ». Ah mais vraiment ! C’est dingue ça non, ces gens qui croient toujours qu’ils peuvent faire des choses et qui ne veulent pas se mettre dans la tête que non, ils ne valent rien et c’est barre !!!!)

Alors que, d’un autre côté, il y avait moi, une mère vivant à l’époque en-dessous du seuil de pauvreté (pour celles et ceux qui veulent des précisions : en considérant le foyer, soit le barbu + moi + le gnome) au chômage depuis deux ans, et qui avait BESOIN de ce truc appelé DESS de santé publique pour que la plupart des postes auxquels elle prétendait puissent, enfin, s’ouvrir à elle.

A votre avis, pourquoi ?

La brave dadame en tailleur antisexe en flanelle était prévenante: elle m’a même révélé le pourquoi du comment : c’était de ma faute, j’aurais « du faire ce DESS avant, parce qu’il est évident qu’il faut prévoir l’évolution du marché du travail ».

Voilààààààààààààààààààààà.

CQFD :

Pour avoir du taf,

il faut connaître l’avenir.

Donc, mesdames,  Messieurs, jeunes étudiants qui passez par ici : achetez une boule de cristal et mettez-vous sérieusement à la médiumnie.

Diane de Poitiers, elle, n'aurait pas eu de problème à trouver un emploi, grâce à ses compères et leur grosse boule!

Défilé de Cétacés et autres billevesées

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément with tags , , , , , , , on 1 juin 2011 by violemmenthumaine

Inconnue, Inconnu,

Dingue comme le temps passe, c’est incroyablorrifique !

Surtout quand on « transcrit » : c’est clair qu’une fois le truc fini, l’envie de rester scotchée à l’écran du PC est moins forte que l’irrésistible besoin de décoller son postérieur aérodynamique (et franchement douloureux après des heures immobiles dans la même position) du PC, qui à ce moment précis, est juste l’antithèse absolu du concept de loisir.

Evidemment, un tas de trucs ultra essentiels pour le déroulement de ma guerre contre le CDI* sont advenus.

Monitorons donc à fond les ballons l’évolution des lignes de conflits.

ONE : Qu’en est-il de mon couloir humanitaire : le minimum vital semblait être assuré pour les populations civiles grâce à ce miracle incroyable qu’est l’obtention simultanée de deux tafs d’appoint à la fois, (parce qu’en fait, même si personne ne le sait, je suis la chouchoute du grand chakra karmique et pi c’est tout. –oui, je sais, du point de vue théologiquo-anthropologique hindouiste, la phrase précédente ne veut absolument rien dire. Mais vu que nos hommes politiques, et nos journalistes ne se donnent pas la peine de vérifier leurs données ou/et de dire des phrases qui ont un véritable sens, je ne vois pas pourquoi je me donnerais cette peine sur un blog inconnu-)

Contrairement aux apparences, j'ai un karma mirifique. Si si.

Le premier, celui de la transcription, est relativement stable même si. Le second….

Vous vous souvenez peut-être que j’avais trouvé une annonce via Paul pour donner 2 heures de cours à un élève de troisième, et qu’après avoir eu cette chance incroyable d’assister en direct à une collision de dimensions spatio-temporelles lors de mon entretien d’embauche, j’ai obtenu le poste.

Ce que je n’ai pas vraiment développé ici, c’est que, l’espoir faisant vivre, j’ai accepté ce poste alors que je soupçonnais fortement le truc d’être un peu chelou, et que mon soupçon était juste de la clairvoyance la plus élémentaire.

Ca fait deux mois que je bosse, et j’ai reçu à ce jour en échange de mes glorieux services :

rien/

                nada/

                            nothing/

                                        pas même des nèfles, si ce n’est donc un nouveau doigt dans le cul de la Chômeuse à Durée Indéterminée que je suis.

Mais comment donc se fait-ce, mes Inconnus/es préférés/es se demandent-ils/elles assurément in petto ?

Bin…. L’annonce sur le site de Paul, une fois ma candidature validée par Paulette (car je rappelle que personne ne peut postuler directement aux offres mises en ligne sur le site du Pôle Emploi, vu que les coordonnées des employeurs ne sont pas disponibles : non non non, il faut d’abord que Paul estime que oui vous pouvez postuler au dit poste), était le fait de la boîte de cours à domicile nommée :

Cours Déclic.

C’est avec eux que j’ai eu mon entretien d’embauche, et c’est avec eux que j’ai signé une feuille de PQ un contrat.

Le hic, c’est que les parents de mon élève, eux, se sont adressés à la boîte de cours à domicile Qualicours. Ce qui fait que je reçois des coupons « Qualicours » de la part de mon élève et non des coupons « cours déclic ». Quand la jeune RH en goguette m’a expliquée que le local dans lequel se déroulait l’entretien d’embauche ne leur appartenait pas mais était celui de Qualicours « avec qui ils sont partenaires », j’aurais du me méfier plus que ça.

Il a déjà fallu un mois avant que je n’arrive à obtenir mon login et mot de passe pour pouvoir faire enregistrer mes heures chez mes réels employeurs, aka Qualicours, et je n’ai obtenu ce foutu login qu’après 5 mails échangés en 10 jours, et surtout un appel téléphonique où j’ai expliqué posément que si le problème n’était pas réglé dans la journée j’appelais l’Inspection du Travail.

Une fois mon login et mon mot dépasse obtenus, une fois constaté que oui, je peux bien désormais enregistrer mes heures sur le site, je me suis dit que, après tout, ce n’était qu’une erreur et patati patata. Sauf que. Le mois de décalage entre boulot effectué et boulot payé est passé, et… bin toujours rien. Sauf que sur le site de Qualicours, oh là dis donc, il y a ma fiche de salaire pour mon premier mois. Depuis déjà plus de 15 jours, soit largement plus que le temps nécessaire à l’effectivité d’un virement bancaire hein.

Comment dire….. Certes, je pourrais en effet appeler l’Inspection du Travail, porter plainte aux Prudhommes. Il est même probable que si je reprends mon téléphone et ma voix ultra-distingués-mais-bien-aiguisée-comme-il-faut et appelle la gente demoiselle RH de Cours Declic, je finirai par recevoir mon putain de salaire misérable pour la vingtaine d’heures effectuées depuis le début.

Mais….

Comme un espèce de ras-la-casquette.

Une espèce de lassitude absolue de voir que, encore une fois, j’ai juste bossé pour le fun, sans reconnaissance, sans statut, et sans salaire.

Alors je vais juste appeler les parents de mon élève et leur expliquer la situation : vu qu’ils ont déjà payé les cours, eux, je doute de garder mon élève, à moins qu’ils ne soient tellement éblouis par ma prestation qu’ils préfèrent garder leurs coupons pour plus tard (soit 30 €par petit bout de papier hein)  ou même la poubelle et recracher au bassinet pour que leur fils ait l’insigne honneur d’écouter mes conseils éclairés. Et puis après j’appellerai l’Inspection du Travail. Et enfin je laisserai un message à Cours Déclic.

Et si, au final, les méchants reçoivent une petite punition, même symbolique, hé bien je n’en n’aurais rien à foutre d’avoir perdu mes quelques euros gagnés mais pas perçus. Histoire de pouvoir essayer de continuer un peu à croire que si si, la relation cause à effet dans le monde du travail existe un tout petit peu. Que si, si l’on n’est pas compétent, si on triche, si on ne fait pas son travail, si on ne suit pas la loi, si on encule tout le monde, on finit, parfois, par le payer, même si l’on n’est pas tout en bas de l’échelle..

N.B : Œuf corse, si j’ai mis les noms réels et les liens des boîtes de cours à domicile concernées, ce n’est pas pour rien : si ce post lu par 2 pelés trois tondus permet qu’il y ait deux pelés trois tondus en moins parmi la clientèle de ces adorables gens si respectueux du minimum du droit du travail, là aussi, je serais vaguement contente. (Que Google soit avec moi)

TWO : Achab je suis, Achab je resterai : le Moby Dick a filé à l’anglaise.

J’ai même songé à faire un post rien qu’avec ce fantastique non-rebondissement, vu que quelque part enfoui au fond de mon cerveau au 4ème sous-sol gauche, je me dis que c’est de ma faute et que malgré mes affirmations péremptoires sur mon utilisation ultra intelligente d’Internet et ma vigilance à ne laisser filtrer de moi/ma vie/tutti quanti que ce que je veux après mûre réflexion, bin là je me suis peut-être plantée.

Aka, en effet, c’est quand même étrange cette recherche google qui reprend in extenso le premier paragraphe de mon illustre article narrant mon entretien d’embauche et …. mes limites par rapport au poste.

La moindre chose qui se forme au monde est toujours le produit d'une formidable coïncidence, comme dirait l'autre (Pierre Teilhard De Chardin, même que)

Certes, la Vérité est ailleurs et tout et tout, mais il y peut-être un lien de cause à effet entre cet article, donc, et le fait de ne pas avoir été retenue, poil de bru (le plus solide après celui de belle-mère, mais beaucoup plus rare, fracture générationnelle et habitus pileux oblige).

J’ai mis un chouïa de temps à comprendre qu’en effet je n’étais pas retenue : on ne peut pas dire que la réponse RH ait été ultra détaillée ou même tout simplement claire, surtout que le mail d’origine m’était inconnu et ne correspondait pas au radical du nom de domaine de l’association.

A ce propos et en ces temps cannois, il est donc légitime de décerner  la Palme de la réponse RH section épuration-maximum-à-côté-de-laquelle-les-cisterciens-faisaient-dans-l’outrancièrement-surchargé : « Nous vous remercions de votre intérêt pour XX et nous vous souhaitons bonne chance dans vos démarches. »

Point. Final.

 Ok, il faut reconnaître que n’importe quel CDI* tel que mézigue comprend rapidement la fine allusion, le fond sémantique elliptique, de cette illustre et si motivée missive. Mais quand même hein. Soyons clair, si je-ne-sais-pas-qui n’avait pas pris la peine de spécifier le « XX », je serais totalement passée à côté du message. Ne pas dire au débouté qu’on ne l’engage pas, c’est quand même le nec plus ultra : ainsi, le chômeur, cette feignasse qui en fait rien que sucer le sang des bons Français par les tonnes d’allocs qu’il reçoit et qui se paye en plus le luxe de geindre, devra faire un effort intellectuel pour comprendre que sa candidature est refusée, toc, ça lui fera les pieds.

THREE : je crois que, encore une fois, j’ai rompu mon contrat avec Paul. Paulette étant extrêmement fatiguée de me voir, et après avoir passé le second entretien par mail parce que même le téléphone elle n’avait pas le temps (sic), m’a refilée à l’un des multiples sous-traitants de chez Paul. Bon, comme je suis la dernière des flemmardes et que je veux le beurre et l’argent du beurre, j’ai refusé de me coltiner le « coaching de confiance en soi professionnelle » (sic) bihebdomadaire à Antony (soit une heure et demi aller/une heure et demi retour), mais n’ai pu refuser le même ou  presque à ¼ d’heure de chez moi.

Or, le jour du premier rendez-vous, je me noyais sous une transcription. La veille, j’ai appelé l’association, ai laissé un message avec mes coordonnées pour prendre un nouveau rendez-vous. Oh surprise, le message a semble-t-il été perdu, car on ne m’a pas rappelée, mais  par contre ils n’ont pas oublié de on m’envoyer un lettre d’avertissement avant radiation dans les 3 jours qui ont suivi.

Alors, bon, malgré ma grande envie d’être comptée, quelque part, comme chômeuse, là aussi je laisse béton. C’est pas comme si Paul me servait à quoi que ce soit.

Pas comme si je touchais un truc de leur part ou grâce à eux, genre une allocation, des assedics, le RSA ou je sais pas quoi : cela ne m’ait jamais arrivé.

Pas comme si Paul me permettait de trouver du boulot, la seule fois où cela est arrivé (hors le truc de fou qui paye pas), bin finalement c’est encore une escroquerie et je ne suis pas payée.

Pas comme si cela me finançait une vraie formation.

Donc, pour cette quatrième fois, je laisse tomber Paul, sa Paulette, et ses sous-fifres qui sont là juste pour faire baisser le budget sous-traitants en lesquels je croie autant qu’en la réincarnation d’Elvis.

Bye bye Paul.

FOR (LAST BUT NOT LEAST) : J’ai eu/j’ai (tout dépend du dynamisme de ma foi en l’improbable) harponné une baleine, et pas n’importe laquelle. Un truc d’HP*. Au Congo, comme d’hab. Un truc intéressant, qui correspond vraiment à ce que je sais/aime/veux faire. Même pas mal payé vu que l’ONG en question n’est pas française (ah vi vi, pour bosser dans l’humanitaire estampillé Made in France, faut porter la silice et se flageller avec ostentation, faut bosser pour rien ou presque parce que tu comprends, si tu veux être payé pour sauver le monde en risquant plus ou moins ta vie c’est que t’es qu’un vilain un faux type un vendu un mauvais, bouh !). Ils acceptent le gnome et le prennent en charge côté assurance et logistique. Et c’est un contrat de 2 ans.

Premier round (envoi CV/formulaire etc) : passé. Réussi.

Deuxième round (entretien téléphonique congolais avec le patron et celui qui occupe actuellement le poste, en anglais):  Passé, réussi. C’est déjà mieux que ma dernière tentative en la matière.

Troisième round : entretien en face à face avec les supérieurs hiérarchiques, au siège de l’ONG, dans la lointaine et Poudlardesque Irlande. Passé. Plutôt bien si l’on met de côté des aléas logistiques (encore et toujours, c’est le nerf de la guerre !)

C’était il y a trois semaines. Pas de nouvelles depuis.

Et là, je m’insurge.

Parce que toi-même tu sais que normalement, dans la vie comme elle devrait être, les gens font ce qu’ils disent.

Parce que quand on te dit « on vous recontacte lundi ou mardi en 8 quoi qu’il arrive », on le fait. En gros d’ailleurs, on fait ce que l’on dit.

Là, ça fait déjà une semaine de plus que le délai annoncé.

Et pas un mot. Rien. Que dalle. Que dchout.

Je ne dirais qu’un truc : ce n’est pas bien de se moquer de la gueule des gens. Pas bien du tout.

Alors pourquoi cela semble-t-il être la règle dans le monde du travail ??????

Nan mais parce que bon :

Tu es Chômeur à Durée Indéterminée et tu es arrivé au dernier stade pré-embauche : avoir un boulot, c’est un peu beaucoup très faramineusement important.

Et c’est encore pire quand il s’agit d’HP* : voyez, en ce qui me concerne, si j’ai le boulot, je dois organiser en moins de 10 jours la logistique familiale pour que mon barbu puisse s’occuper d’amener le gnome auprès de moi pendant les grandes vacances, une fois que je me serai posée dans mon taf et aurai trouvé quelqu’un pour garder le gnome (vi, les écoles françaises en Afrique ont toutes des horaires super mortels pour la vie familialo-professionnelle puisque les enfants n’ont jamais école l’après-midi. Youpie !), organiser les visas familiaux, me préparer dans ma tête pour le fait d’enfin bosser tout en étant –encore- à des milliers de km de mon barbu, et imaginer comment ma vie sera super simple à tafer à Kinshasa seule avec un enfant de 10 ans.

Si je n’ai pas le boulot, je ne vais pas au Congo, et j’ai à la place trois mois pour préparer le même départ familial, mais cette fois pour le Kenya, où aucun boulot ne m’attend mais où mon Barbu si.

Un peu

Et comme il n’y a pas de réponse, en attendant…..

Un peu plus qu'un peu

Très beaucoup !!!

L’attente m’escagasse et tournifiote les entrailles et ça me broute sévère.

Changement d’objectif

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Hors case with tags , , , , , , , , on 22 mars 2011 by violemmenthumaine

Inconnus/es chers à mon cœur….

Les lignes de front évoluent à grande vitesse dans ma guerre contre le chômage à durée illimitée !

D’abord, la stratégie et l’objectif opérationnel de la guerre en question ont été réévalués comme dirait le Général Jepissedansunviolon.

Comment pourquoi ? L’archange Jecroisenuneviefaisantsens est-il descendu me visiter à l’impromptu ?

Non. La vérité est qu’il me faut remercier Paul, ou plutôt ma Paulette personnelle.

Merci.

Merci de m’avoir donné des « tuyaux » pour des postes destinés au handicapés.

Merci de m’avoir donnée l’occasion de m’inscrire à la formation Afpa pour avoir l’insigne honneur de devenir « assistante de vie aux familles ».

Et de m’être par conséquent rendue à la réunion d’information et de préselection des candidates (oups, pardon aux deux clampins XY sur les 14 là, au fond !).

Je pourrais vous raconter comment c’était danse-sur-le-Nil et tout, comment la psy-responsable-formation- rh qui a mené la séance était claire, concise, compétente et sémillante et tout, comment elle nous a expliqué avec entrain et persuasion que « quand on est à la recherche de formation on doit être comme dans une recherche active d’emploi. Je suis inquiète pour vous de voir qu’aucun de vous n’est allé voir une autre formation ! »….

Mais en fait je m’en fous et contrefous. C’est justement ça le déclic :

Quand j’ai vu qu’au bout de 45 mn ( ?!) j’étais la seule à avoir rempli la feuille de renseignements ultra sophistiquée (tu te rends compte là copain dis donc ? Fallait écrire des trucs aussi complexes que son nom, prénom, date de naissance, n° de sécu et de recherche d’emploi, dernier diplôme et dernier emploi, et, whoulaï, dire en 2 lignes pourquoi on voulait faire la formation et en 2 autres pourquoi on pensait qu’on était « destiné » (sic) à ce type de boulot.)….

Quand j’ai vu que la dite formation, pour un métier qui consiste en tout et pour tout à se rendre chez des personnes âgées, les déshabiller/habiller et laver en discutant une petite demi heure, dure 6 mois à 35h par semaine à des horaires qui me forceraient à faire bosser une baby sitter plus de 20 h par semaine, et qui d’ailleurs incluait la totalité des vacances d’été (là, en cas de non possibilité de filer mon gnome à ses géniteurs de seconde génération, là comment dire…. Il aurait quasiment fallu que je prenne un emprunt pour pouvoir faire garder le dit gnome !)…..

Quand j’ai entendu que le « diplôme » ne permettait en aucune manière de travailler en structure (maison de retraite, hôpital, foyer) mais seulement en visite à domicile. Seulement sans composante sociale ni médicale. Qu’il ne permettait  pas non plus d’avoir plus facilement accès à d’autres formations ou concours ultérieurs. Qu’il n’est reconnu que par le ministère du Travail mais pas par celui de l’action social (si si)…

Quand j’ai entendu que les tests à passer étaient des « suites logiques forme et couleurs » et des « opérations de calculs mental pour vérifier que l’on sait faire une règle de trois »…

Je me suis excusée, et j’ai dit que finalement non, merci, ça va.

Je suis partie, et depuis, pour la première fois youpi tagada, je n’envisage plus de gagner ma vie en étant caissière/femme de ménage/assistante de vie/standardiste et tutti quanti.

Je veux toujours gagner des picaillons et ce genre de chose, et suis toujours plus que prête à faire « de l’alimentaire ». Mais plus question de tenter désespérément d’avoir des boulots non qualifiés.

Plus question corne d’auroch de se battre pour si peu.

Je bosserai. Dans n’importe quoi. Mais pas sans que je n’ai aucune once d’excitation. Mais pas sans que la balance ne soit positive. Pas sans que cela soit moi, d’une manière ou d’une autre.

Et pendant ce temps je continuerai à faire et tenter d’être payée pour ça, ce que je sais faire, ce dans quoi je suis à l’aise.

Et…. Pour la première fois depuis des lustres, je peux dire que ça marche pour les deux points à la fois.

Suite au prochain billet.

Semaine d’HP

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Hors case with tags , , , , , , , , on 22 mars 2011 by violemmenthumaine

Inconnu/e cher à mon cœur….

C’est zarbi non la vie ?

Normalement, je devrais n’avoir envie que de vous parler de mes sublimes bonds en avant professionnels, (de mes deux contrats, ah non c’est vrai il n’y a pas de contrats puisque chaque « mission », chaque vacation quoi, même si le statut ne sera pas celui de vacataire, nécessite un autre contrat).

Mais en fait franchement pas.

Ma putain de semaine-d’il-y-a-3-semaines a été saturée d’HP* et voilà, tant pis, j’ai du mal à sortir de ça.

Comme j’ai du mal à ne plus lire d’anthropologie, je ne parviens pas à évacuer l’H.P de ma life, non plus que de mes réactions primaires.

Hein, quoi ?

Pfff, vous suivez rien les crouquougnous ! H.P = Humanitaire Professionnel. Bon. Donc:

Après que, suite à une nouvelle utilisation de mon travail sur un blog humanitaire très suivi, j’ai enfin osé contacter l’ONG qui tient le dit blog pour évoquer le … euh… l’étonnement que j’ai de voir que tout le monde utilise et même parfois suit mes recommandations mais que personne ne m’engage jamais, on m’avait répondue.

On s’était excusé même. On m’avait proposé un rendez-vous.

Vous m’aviez pour nombre d’entre vous chaleureusement félicitée et souhaitée tout plein de trucs totalement irréalistes pour la suite de cette affaire.

Bien sûr, comme je le pensais et le savais d’avance, cela n’a abouti à aucune sorte d’espoir de rémunération/boulot futur.

Mais, encore une fois quand il s’agit d’H.P, on m’a considérée, parlée comme à une professionnelle.

Mais on m’a proposée –et bien sur je vais le faire, comme toujours- de publier à mon tour dans ce fameux blog et d’exposer pourquoi je trouve que les anthropologues devraient être engagés et considérés comme une valeur ajoutée dans les programmes d’H.P.

La veille de ce rendez-vous ultra productif pragmatiquement parlant, j’ai eu au téléphone l’équipe de l’ONG qui m’a succédée par le biais de mon Barbu en goguette professionnelle à Kinshasa. Et…

Ça ne change rien, Ça ne me donne pas de boulot.

Mais entendre, et surtout savoir, réaliser, que le travail que l’on a fait a changé les choses….

Qu’il y a pour de vrai un avant et un après soi.

Que…

Ouais, désolée aujourd’hui je suis peu ressemblante à moi-même dans mes posts, mais, vous savez quoi ? Me dire que moi, Vcomme…, j’ai vraiment permis que la vie des plusieurs personnes, et là on parle de centaines voire de milliers de personnes, soit moins pourrie, que des victimes de viols aient enfin accès à de l’aide, que les interventions en la matière soient un peu moins connes et un peu plus utiles…

Bah entre les deux, entre  ce coup de téléphone de l’autre bout du monde et mon déjeuner parisien, j’ai réalisé que, oui, c’est ça,

c’est ça que je suis.

Professionnellement. Je joue un rôle là-dedans.

Là, dans ce secteur, dans ce champ du monde, je suis utile.

Je suis compétente.

J’en suis fière. En fait, j’en ai le droit.

Et quand je fais ça, quand je travaille pour ça, quand je réfléchis sur ça : je prends mon pied.

Alors bon, voilà, je ne sais pas combien de temps cela va prendre ni même si je vais réussir à gagner ma guerre insurrectionnelle (tiens, je ferais bien un beau schéma sur la question…) personnelle contre les absconseries (je continuerai jusqu’à la mort à pondre des barbarismes et je proute celles et ceux que ça défrise) du marché du travail dans l’humanitaire et ce que j’appellerai plus vastement l’anthropologie appliquée, je mènerai les batailles collatérales des tafs alimentaires, mais, oui, j’arrête le reste.

Flux tendu dans nos culs

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Hors case, Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , , on 13 février 2011 by violemmenthumaine

Hein ?

Certes.

Sans la moindre hésitation avec toi Inconnnu/e, je conviens de l’inconvenance extrême de l’en tête de cet article, dépassant le registre cavalier pour sauter à pieds joints dans la vulgarité.

 

Sauf qu’en fait c’est tout le contraire.

??????

 

Suivez mon raisonnement aussi imparable qu’une réponse de président de la République :

Dans le dictionnaire jouxtant mon clavier, le terme « vulgaire » est défini ainsi à son troisième alinéa : « qui manque de distinction, d’élégance ; grossier. »

Grossier, donc. Dans le même dico, « grossier » est défini à son cinquième alinéa comme « qui choque en contrevenant à la bienséance », bienséance elle-même définie comme « conformité avec les usages ».

Bref, pour savoir si l’on est vulgaire ou non, il convient de déterminer ce qui est conforme aux usages ou non. Or ces obscurs et dangereux gauchistes/réacs/sociopathes que sont les parents, la famille, le corps enseignant, les pédagogues divers et le péquin lambda dans la rue en bas de chez toi nous ont, en tous les cas m’ont enfoncée dans le crâne l’idée ridicule et d’un autre âge que répondre quand l’on nous pose une question (voire même, -les parents sont toujours excessifs- simplement quand l’on s’adresse à nous) et tenir ses engagements/faire ce que l’on dit sont une espèce de B.A.BA de la bienséance, voire même la première pierre du respect des uns et des autres et par extension de la vie en société.

Vu que la règle chez les RH semble être quasi systématiquement de contrevenir aux règles de conduite horriblement sectaires précédemment énoncées et que personne ne songe à faire quelque chose pour inverser le mouvement voire tout simplement à évoquer cet état de fait, on peut donc considérer que ce qui est vulgaire ne l’est pas.

Donc :

Prout caca boudin,

bordel à cul de va sucer ta mère,

je pisse à la raie des échoués du système,

je claque la porte au naze de tous et toutes,

(surtout les vioques les chiards et les éclopés,)

je me cure le pif et m’explose le boule à renfort de gratouillis publics

en pétant mon litre de méthane post binouze

sur la vieillasse vissée sur son strapontin.

 

Ça, c’est dit.

 

Maintenant je peux tranquillou revenir à la « règle RH » et ses extensions.

Allongez-vous, fermez les yeux, étendez vos jambes et vos bras en étoile à même le sol, inspirez, expirez, leeeeeeeeeeeeeeeeeeentement………

Imaginez ……

 

Vous cherchez du boulot. Vous envoyez environ 600 candidatures (et il ne s’agit pas de marseillade, au contraire l’estimation est plutôt cheap), au bas mot.

Vous ne recevez que 10 réponses (dont 5 positives ; enfin des réponses vous conviant à un entretien quoi).

10 sur 600.

Moins de 2 réponses sur 100 envois.

Genre au bout d’un moment, quand vous recevez une réponse où l’on vous dit que non on ne veut pas de vous, c’est la méga teuf à Galasouïnda, vous entrez en transe et enchaînez les sauts périlleux les pas de lambada-macarena-soca-danse en remontant les Champs en soufflant dans vos vuvuzelas et tout et tout.

Pour le/a Chômeur/se de Longue Durée la réponse négative à une candidature c’est l’équivalent du 3/0 pour l’équipe de France en 98 voyez, ça mérite sa biture entre potes et sa séance shopping-je-m’fais-du-bien-because-I’m-the-winner-the-new-golden-girl/boy-of-the-year.

 

Comme je suis super bonne pâte, je ne considérerai à l’aune de mon courroux dans cet océan de bouteilles à la mer que les « j’m’fous-de-ta-gueule-et-c’est-comme-ça ».

En effet, reconnaissons-le, il existe dans le monde du silence des « ressources humaines », une portion non négligeable, environ la moitié, de gentils (gentillesse, ou plutôt plus-value face à leurs concurrents, que le Chômeur à Longue Durée ne perçoit qu’au bout de quelques années de largage de candidatures en haute mer).

 

Ceux qui spécifient dans la description d’offre de poste une date limite pour le début du poste.

Mieux encore, ceux qui ont configuré la messagerie RH de manière à ce que tous les postulants reçoivent en retour de leur candidature un mail indiquant en général un truc comme suit : « Compte tenu du volume important de candidatures que nous recevons, nous ne sommes pas en mesure de personnaliser les réponses. En l’absence de réponse de notre part d’ici x temps, veuillez considérer que votre candidature n’a pas été retenue, cela ne remettant évidemment pas en cause vos compétences ni la qualité de vos expériences. »

 

Et puis il y a tout le reste. Tous les postes où aucun délais n’est indiqué, ni pour une réponse ni pour le poste en lui-même.

Le/a Chômeur/se-à-Longue-Durée en phase de pugnacité passera un temps extrêmement constructif et euphorisant à retourner sur le site où elle/il a trouvé l’offre d’emploi pour voir si oui ou non l’offre est toujours présente.

Mais ça, de fait, c’est de la gnognotte.

Pipi de chat (parenthèse linguistique : foutreblitch comment se fait-il que la vulgate populi francophone ait assimilé ce cauchemar olfactif qu’est l’urine féline à un phénomène léger, anodin, sans importance ? Les Francophones souffriraient-ils d’un odorat amoindri par rapport au reste de la population mondiale ? Fin de la parenthèse linguistique) pour amateur débutant, niveau zéro de l’inexistence absolue de la chômeuse/r de Longue Durée.

Il y a bien mieux.

Le truc, c’est que parfois, ont est sélectionné pour la seconde étape, quelle qu’elle soit : entretien téléphonique/en direct/face à face rh/face à face technicien/collectif/test écrit en temps donné/etc./etc.

Tu reçois un mail/un coup de fil où l’on te dit que tu vas avoir droit à l’exercice machin d’ici tant, ou que l’on te recontactera le tant. Voire tu as déjà dépassé cette étape, on te dit que vous n’êtes plus que 2/3/5 sur les rangs et que l’on te recontactera le tant pour le dernier round. Voire…. Que c’est tout bon, qu’il ne manque plus que un financement/un référent/une signature et que tu signes le contrat pour le job le tant.

 

Terrible ce « tant », hein ?! C’est ton pote, tu vas lui masser les pieds lui mitonner des p’tits plats lui faire du vent dans les cheveux et tout et tout.

Et le « tant » arrive.

 

Et RIEN.


Pas d’entretien/d’appel/de contrat/de mail.

 

Que dalle.

Silence radio.

Le Mime Marceau dans un caisson d’isolation sans lumière.

 

Je discutais de l’envie de lancer des pains de plastic du léger agacement que cette attitude générale suscite en moi à une amie responsable de projet à « je sonde tu sondes elle sonde nous sondons vous payez ».

Chez eux, et malgré les bénéfices conséquents on a viré 30% du personnel, on n’engage plus, on prend des stagiaires (bin vi chez nous on les paye en cacahouètes). Or il faut quand même que le boulot soit fait en temps et en heure et bien fait. Et pour qu’il y ait une chance que ça soit fait sans que les cadres n’aient 10 fois plus de taf que leurs 10 h quotidiennes et se plaignent comme les geignasses qu’ils sont, bin ce sont eux qui sont chargés de recruter de choisir leurs stagiaires (question ? Que font donc alors les RH ?).

Ma copine par exemple. Et comme elle me signalait avec la force de l’évidence, c’est pas leur taf pour de vrai hein engager des gens, ils ont un peu grave d’autres choses à foutre et même très très beaucoup (forcément, 30% de collègues en moins ça fait du taf en plus hein, pas besoin de la médaille Field pour capter la chose).

C’est une situation de « flux tendu » et donc, c’est normal qu’on ne prenne pas le temps d’expliquer, de répondre, tout simplement de dire que c’est mort à la foule sans nom des déboutés de la course au boulot.

 

Flux tendu.

Expression propre à la logistique, aka les processus de gestion et d’acheminement des stocks, du matériel.

Bon bon, OK je ne ferai pas ma chipie à poils durs en expliquant que l’utilisation de cette expression conduit à nous considérer, travailleurs, vacataires, retraités, chômeurs, comme du matériel ou du bétail.

Flux tendu.

Ça explique tout, ça légitime tout, ça dédouane la collectivité de malotrus professionnels que sont les responsables RH (aaaaaaaaaaaaaaaaaaaattention. Malotru mais avec, comment dire…. Pas panache cela serait par trop laudatif, mais….. commisération. J’y reviendrai)

 

Il suffit de l’accepter, d’autant plus que l’on a pas le choix.

Sauf que.

Ce phénomène de tu-n’as-aucun-intérêt-pour-moi-donc-je-ne-te-réponds-pas-on-ne-répond-pas-pas-à-ce-qui-n’existe-pas n’est plus, n’est pas réservé aux cabinets RH.

Voyez, il m’est arrivée également que des directeurs de recherches ne se donnent pas la peine de me répondre quand je leur envoyais mon sujet de thèse. Il m’est arrivé que je réponde à un casting « underground » lancé par un collectif artistique de guedin, casting qui assurait une « réponse sans faute à toutes celles et ceux qui enverront leur photo », il m’est arrivé que j’envoie une nouvelle à x magazine. Il m’est arrivé de posé des questions à des associations, à des gros boss divers et variés.

 

Sans recevoir de réponse.

 

Comprenez que je ne demande à quiconque de répondre positivement à la demande que je lui adresse.

Je ne demande même pas qu’ils ou elles prennent la peine de la lire et de la prendre en considération.

Pas compliqué d’avoir un message de réponse automatique déplorant que le temps soit si rempli et que donc etc. etc. etc.

 

Alors…..

 

Bon, planquée derrière mon ordi, pauvre comme Job, sexy comme Medusa et aussi networkée qu’un anachorète du Haut Moyen Age, je peux difficilement jouer d’une quelconque manière sur le problème ni même infliger quelque amende que ce soit à l’un des nombreux malappris.

 

Mais attention !

 

Mesdames, Messieurs, filous confits dans votre auto-satisfaction qui ne daignez répondre aux sollicitations, malandrins qui jouez à savoir lequel des cv vous allez sélectionner en tirant à pile ou face, gardez à l’esprit que

 

Je vous conchie!

 

J’envoie sur vous des vents de vermine, de puces à ressorts, de vers intestinaux,

J’appelle les peaux de bananes et autres savonnettes à joncher votre route,

Je focalise les esprits de la salmonellose et autres turista sur vos sushis et burritos,

J’aspire à ce que les tartes à la crème, étrons canins et autres eau de vaisselle rencontrent votre face et vos pieds.

 

Ouais, Je vous conchie

et vous invite délicatement à vous le mettre,

votre flux tendu,

dans le cul !!

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