Archive pour Congo

Réalité 1, Kant, 0

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo), XX et XY with tags , , , , , on 2 mars 2015 by violemmenthumaine

 

Salut mon Inconnu/e préféré/e !

Bon, j’ai envie, une fois n’est pas coutume, d’éviter tout sujet qui fâche ou qui serait susceptible de donner une envie certaine de changer d’espèce car l’homo sapiens, ça craint vraiment trop du boudin.

Il paraît par ailleurs que les blogs ou/et podcasts tenus par des êtres humains de sexe féminin les plus suivis sont les blogs mode/coiffure/beauté/relooking/nail art (je ne me fais toujours pas au fait que cette … discipline mérite à elle seule une appellation et une blogosphère particulière…) sous toutes leurs formes.

Banco !!! Je vais donc parler, une fois n’est pas coutume, de Beauté, de ce-qui-fait-que-tous-s’écrient-en-te-voyant-comment-elle-est-trop-bonn-c’te-meuf, et en fait, surtout, comme toujours ou presque, de comment tout ça n’est jamais qu’une affaire de goûts et que ceux-ci sont très variés dans la nature humaine. Cette phrase est vraiment lamentable.

Précision anti-trolls
Non, je ne prétends pas ici donner une définition de la Beauté (pour moi il n’y en a pas, si ce n’est que le Beau est dans celui qui le voit).
Non je ne décris pas un profil physique qui serait type, ni pour les Blanches ni pour les Noires.
Et non je ne prétends pas faire de ce que je décris une Vérité Absolue.
Encore une fois, je vais parler ici de représentations au sens sociologico-anthropologique du terme, c’est-à-dire de l’image que la majorité des individus au sein d’une société donnée associe à un phénomène, un concept, une action, une attitude, d’autres individus etc.

Un certain Emmanuel Kant a affirmé voici pas mal de temps qu’ « est beau ce qui plaît universellement et sans concept », et l’omniprésence de géantes immédiatement classables en malnutrition aigüe modérée si ce n’est sévère au MUAC sur nos écrans et affiches diverses et variées semble confirmer l’affirmation du défunt Allemand.

[Parenthèse : pour toi qui n’es ni HP* ni spécialiste de nutrition qui compte d’urgence, au cas où tu te demanderais ce que peut bien être ce MUAC :

Le MUAC,pour Middle Upper-Arm Circonference en sigle (on A-DO-RE les sigles dans l’Humanitaire, encore plus qu’en France), désigne la procédure standard utilisée aussi bien par les agences de l’ONU, les médecins ou associations locales que les grandes ONGs internationales, pour définir, catégoriser (l’HP* idolâtre la catégorisation, c’est l’un de ses pêchés mortels) le degré de malnutrition des enfants, et, par extension et bien que la définition des normes biologiques pose problème, les adultes. Comme pas mal d’autres trucs, c’est MSF qui a inventé le binz il y a quelques dizaines d’années, mais maintenant n’importe quelle boîte de pharmacologie et matériel paramédical le fabrique, et le vend pour pas cher (genre entre 5 centimes et 2,50€ quoi). Il s’agit d’un bracelet en plastique souple gradué dont une des extrémités, plus large, est creusée d’une fenêtre.

*** MUA

Un bracelet MUAC, c’est ça

Un bracelet MUAC, c’est ça

C –.***

Une fois intégrée, pas besoin d’avoir fait maths sup pour suivre la procédure : tu prends le bracelet, tu le poses au milieu du bras gauche de l’enfant (ou de l’adulte), pile poil entre l’épaule et le coude, et tu refermes la bande comme pour faire un bracelet qui colle à la peau, en faisant coulisser la languette dans la fenêtre. Un résultat apparaît alors dans la fenêtre évidée. Si jamais tu ne sais pas lire ou que ça te fatigue trop d’apprendre les mesures marquant les différents stades de nutrition/sous-nutrition, il te suffit de regarder la couleur dans la fenêtre : si c’est vert c’est OK, si c’est jaune c’est toujours à peu près OK mais bon quand même si tu veux pas voir revenir le lutin dans quelques semaines avec un « score » orange ou rouge va falloir qu’il bouffe mieux et plus, si c’est orange faut le soigner direct, et si c’est rouge faut le soigner là tout de suite là maintenant et l’hospitaliser parce qu’il peut clamser d’une heure à l’autre.

Voyez le truc ?

***starved f

Et ça s’utilise comme ça.

Et ça s’utilise comme ça.

or attention –

Si on regarde les chiffres de la zone rouge du MUAC enfant, la première fois, on a juste la fausse certitude d’une faute de frappe (mais hélas non, c’est la réalité). Mais si l’on regarde les chiffres communément admis pour les adultes pour reconnaître une malnutrition modérée, soit un diamètre inférieur à 18,5 cm, on constate qu’une bonne partie des « top models » entrent sans le moindre doute dans la catégorie des malnutries.

,m,m,

Echelle de détermination du MUAC pour adultes. Juste les faits, quoi....

Echelle de détermination du MUAC pour adultes. Juste les faits, quoi….

mnmn

Moi j’dis ça j’dis rien. Fermons la parenthèse]

mmnmnm

Le cul de Gaïa tu arboreras et les hommes à tes pieds tu auras

***statuette

 © Edith (Source)

© Edith (Source)

callypyge***

Je disais donc :

Kant était con. Le Beau est tout sauf universel.

Et, pour le type physique des femmes (et des hommes mais comme ici je suis la Chef je n’en parlerai pas cette fois parce que voilà) « étant » l’archétype de la Beauté, malgré les apparences, il est toujours lié à un endroit X à un moment t.

Voyez, moi par exemple : hexagonalement parlant, depuis le passage de l’Alien dans mon bide, je suis « grosse » puisque je mets un bon 44 : bouhhhhhhh-mais-comment-ose-t-elle-sortir-de-chez-elle-autrement-qu’en-sac-poubelle… Je devrais forcément me sentir moche, pas désirable ou alors « m’assumer » comme d’autres « rondes », car il y a/aurait quelque chose à assumer, donc. (Je hais depuis toujours la presse dite féminine, car je n’ai jamais kiffé me faire prendre pour une quiche. C’est donc avec un plaisir immense que je te renvoie, mon Inconnue/u, à ce site carrément jouissif).

Et la vérité est que oui, en France et ailleurs, dépasser le 40, quel que soit le rapport que l’on a à son corps (ça va très bien merci), et même si tu as une vie sentimentale et/ou sexuelle épanouie, dépasser le 40 donc, te rappelle régulièrement si ce n’est quotidiennement, de l’utilisation du « mobilier urbain » à l’achat de nouvelles fringues en passant évidemment et surtout par une grande partie de tes interactions sociales, que la société dans laquelle tu vis te trouve tarte et, pire encore, coupable de l’être.

So what ?

So : ça, c’est la réalité en France, dans le monde occidental, mais ici, tout comme dans tous les autres pays africains où j’ai habité (sauf le Kenya où c’est beaucoup plus mitigé, ou pour être plus exacte, foncièrement dépendant du type d’interaction sociale et du peuple auquel appartiennent tes interlocuteurs),

Je

Suis

Une

Bombasse

*** gif bonne raison de

Même que ouais.

Même que ouais.

se la péter beyonce*

Genre on me déshabille du regard.

***tum

blr***

Genre on me drague. Beaucoup.

Genre les femmes me complimentent à chaque fois qu’elles me voient.

Et comme ce n’est jamais agressif et jamais menaçant, (expression d’une admiration plutôt que d’une « option » posée d’office, ce qui n’est pas du tout la même chose) hé bien, je kiffe : ça fait du bien d’exister à nouveau dans les interrelations genrées, de sentir que l’on est attirante quand ton univers d’origine te fait vivre précisément l’exact contraire des dizaines de fois par jour.

Car oui, globalement, sur le continent africain, une femme considérée par le péquin lambda comme « belle » a « des formes », beaucoup de formes.

Certes, il y a des exceptions (notamment dans la zone de la corne de l’Afrique, où la majorité –pas tous- des peuples a généralement une silhouette fine, très fine même, et très élancée), et l’expansion de l’accès à MTV/Vanity Fair et compagnie amoindrit franchement le phénomène, du moins chez les jeunes. On frôle même à certains endroits la fracture générationnelle. Mais, quand même, il demeure que l’immense majorité des hommes et femmes sénégalais, gabonais, congolais, burkinabé etc., considère les choses comme ça :

Postérieur super marqué super cambré, poitrine opulente et enrobage global égale :

Silouette fine et à tendance androgyne égale :

***gif non non

non non mais non lol

mais non lol***

Yep : si tu rentres dans un 36 ou même un 38/40 si tu as plus de 25 ans, tu attireras même l’inquiétude plus que l’envie. On te demandera parfois si tu n’es pas malade, ou ne te laissera tranquille que lorsque tu auras fini ta deuxième assiette, et si tu veux serrer tu passeras après ta « copine rigolote » de « chez nous ». Plus encore que la minceur, perdre du poids n’est jamais envisagé comme quelque chose de positif, mais toujours comme la traduction de quelque chose de négatif, au pire que tu as le sida, au mieux que tu es soucieuse ou fatiguée en ce moment. Vouloir faire un régime pour perdre du poids te transformera en sujet de plaisanterie, où, d’ailleurs, on te reprochera souvent d’être « Blanche dans ta tête », (et cette attitude n’est pas réservée aux classes pauvres ou/et peu éduquées).

Perso, ce changement me fait toujours, les premiers mois, un bien terrible à l’égo.

***gif chewba

Chewbacca Hair

cca hair***

Parenthèse info :
Ici comme partout, les humains et plus encore les humaines sont prêts/es n’importe quoi pour se plier au dictat sociétal (même que). Quand je dis que le méga cul méga cambré est un but à atteindre, il est donc logique que certaines jeunes femmes se fassent des trucs whatthefuckesques et dangereux bieeeeeeeeeeen comme il faut pour atteindre leur idéal physique. Même se fourer des cubes Maggie dans l’anus. ……

*** source

bombe

*** Cube Ma

gie

Cheveux longs attirent les flonflons (et les biftons)

Bon. Il me faut être honnête : une autre de mes caractéristiques physiques provoque l’enthousiasme et attire irrésistiblement les regards, et cette fois-ci ce n’est pas toujours très agréable…

J’ai les cheveux longs. Pas comme les accortes et souriantes jeunes femmes au brushing aérodynamique des publicités pour shampoings de notre petit écran, non. Vraiment, vraiment longs : détachés, je peux me les coincer sous les fesses en m’asseyant.

Et ça, comment dire…..

Il y aurait un documentaire fantastique à faire sur le rapport qu’ont les femmes noires avec leur chevelure, comment certaines sont capables de foutre la moitié de leur budget dedans en en changeant deux fois par mois, comment les divers rajouts et perruques qu’elles se plantent sur la tête finissent par les rendre à moitié chauves, comment le business des rajouts en cheveux naturels, majoritairement issus de la misère à la Causette (celle du père Victor hein, pas celle du « féminin du cerveau et pas du capiton ») de l’Inde et d’Amérique du Sud, a explosé depuis une dizaine d’années (325000 résultats sur Google pour « extensions cheveux naturels ») et comment ce sordide trafic ne semble choquer absolument personne ou presque.

          mm,m,

Où que j’aie trainé mes guêtres en brousse ou en quartiers populaires, j’ai toujours fini par me faire tripoter les cheveux par des filles au regard émerveillé.

Quelque soit le pays où j’ai séjourné, il y a toujours eu une femme de classe aisée pour me proposer de me les acheter. Sérieusement. La première fois, je l’ai plutôt mal pris, mais à la longue je vois venir le truc en avance et ai appris à refuser poliment sans offenser ma « copine » du moment, ce même quand les enchères atteignent des sommets indécents pour la serveuse, le taxi, l’agent de sécurité ou la femme de ménage qui écoute à côté. Cela dit, la cote de la mèche de cheveux naturels n’est pas la même partout : à Kinshasa on m’a proposé 200$ alors que les mêmes tifs avaient été estimés à 500$ à Nairobi…

llblb

Relativisme esthétique : bonus track centrafricain

Je ne peux pas clore cet article sans évoquer un aspect…. Déstabilisant des règles de la beauté ici. Cette fois ci, je ne suis pas concernée (je suis un peu beaucoup une hystérique de la pince à épiler), et cela concerne principalement les pays d’Afrique centrale     tels que la RDC, le Congo Brazza, le Cameroun, le Burundi, une partie de l’Ouganda et une partie de l’Angola, même si le phénomène existe également en Afrique de l’Ouest.

Je n’ai toujours pas réussi à savoir si ce fait culturel était exclusif à certains peuples, mais il est clair qu’il ne concerne pas ou peu les classes sociales ayant eu accès à un enseignement universitaire et que le phénomène tend à diminuer dans les jeunes générations.

Il n’y a pas que les poils capillaires qui provoquent admiration et fantasme. Il y a aussi les poils tout courts, plus spécifiquement les poils au visage et dans le décolleté, qui, selon les interlocutreurs/ices et les bleds, sont considérés comme le signe d’une sensualité de folie, d’une grande fertilité (et parfois aussi de sorcellerie).

Hum. C’est clair que la première fois que vous vous trouvez nez à nez avec une femme habillée de son plus beau pagne ou de son tailleur en faux Dolce Gabana, maquillée, coiffée, parfumée, juchée sur des chaussures de couturier, mais arborant fièrement des poils bieeeeeeeen longs, et bieeeeeeeen frisés sur le menton, la lèvre supérieure ou au beau milieu d’un décolleté plongeant, ce n’est pas forcément évident de ne pas les fixer et de rester attentif.

**ma

Exemple relativement courant à Kinshasa de pilosité faciale fièrement arborée

Exemple relativement courant à Kinshasa de pilosité faciale fièrement arborée

mi***

Queen okafor, jeune femme habitant à Lagos au Nigéria, à la pilosité certes peu courante mais qui, dixit différents sites africains : « fait courir les hommes et les femmes » Source

Queen okafor, jeune femme habitant à Lagos au Nigéria, à la pilosité certes peu courante mais qui, dixit différents sites africains : « fait courir les hommes et les femmes » Source

***     Source

Tout ça pour dire que définitivement, non, « la » Beauté n’est pas universelle. Pan dans les dents à Kant…

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Raton-laveurs congolais

Posted in Big A(frica), Hors case, RDC (Congo) with tags , , , , , , , , on 26 novembre 2014 by violemmenthumaine

 

Les listes surréalistes, tu l’as bien compris à force mon Inconnu/e préféré/e, j’aime bien.

Pendant longtemps, j’en ai écrit au détour de mes voyages et rencontres, quand je trouvais une atmosphère étrange, poétique, étonnante, énergique…. Ce sont « mes ratons-laveurs ».

En voici deux de ceux de mon avant-dernier séjour congolais.

 

Lundi 27 Avril 2009_ Route Quartier GB/aéroport Ngili/Quartier GB (Kinshasa)

ùùùùùù

1 Eglise de réveil qui hurle à plein micros de 20h à 6h….

**** eglise réveil RDC Source et

eglise-rdc-taille fichier

Source: © Syfia Grands Lacs/RDCongo

© Syfia Grands Lacs/RDCongo

1 hôtel Apocalypse.22,

10 joggeurs sur la côte de Limete,

1 Dieu qui nous a sorti d’Egypte,

1 vieille femme ridée comme LA Grand-mère qui peine à atteindre son siège de mendicité,

3 miss maquillées défrisées talons aiguilles jeans serrés et veste faux Dolce,

Des bus jaunes et bleus bourrés craqués,

***bus kin

bus kinshasa

shasa

Tous les regards fixés sur moi,

1 homme des rues qui me salue.

1 policier au check point MONUC de l’aéroport demande l’argent, car « on a de droit de demander ». Moi je dis que j’ai le droit de refuser mais je vous souhaite la bonne journée papa, et là 1 sourire immense et 1 merci plein de bonheur…

1 militaire MONUC qui ne parle pas un mot de français,

15 mecs en uniforme et yeux bleus comme la mer qui sifflent en me voyant passer avec ma valise, 1 pneu qui brûle,

***source radio Okapi. Pas

source radiookapi

Pas le bon pneu mais le bon pays. (Source Radio Okapi)

le bon pneu mais le bon pays.

1 bar « Ma mère avait raison »,

1 « Eglise du Christ l’évangélisation pour les Domineurs »,

3 casques bleus uruguayens qui me déshabillent du regard,

1 collégienne en uniforme qui pleure au bord de la route,

3 fillettes allant à l’école qui font « hi han » quand la voiture passe et 1 majeur dressé qui sort de la fenêtre en une réponse fatiguée, et

1 vigile du voisin ministre qui fait le salut militaire avec un « bonjour » de stentor quand on arrive.

 

Dimanche 3 Mai 2009 _ Route Kinshasa – Matadi

***route Matadi La route en question,

route matadi

La route en question, une fois sorti de Kinshasa bien sur. © Alain Huart ( Source )

 

© Alain Huart   source http://www.ecocongo.cd/fr/album/bas-congo-0

 

1 chaleur à pierre fendre,

100 trous dans le bitume,

*** trous route – source

trous route

En fait, la route plus souvent à ça. Source

http://vigilancerdc.afrikblog.com/archives/2009/04/16/13401345.html

1 Obama.com,

2 enfants qui nous jettent de la terre,

1 place vendôm.com,

des policiers avec des gilets orange fluo en goguette,

des hommes et des Primus,

*****pri

primus

Primus versus Skoll: les deux « bières nationales ».

mus

des « mundele donne-moi l’argent »,

des bouteilles de sirop anti-hémorroïdes marron et « moderne » car rapporté de chez les Blancs,

des « le Blanc donne-moi l’argent »

des barrages qui s’ouvrent aux étoiles de l’Europe,

3 Blancs motards rouges comme écrevisses et barbus comme des hells angels en panne le long de la route,

*** bas congo 5 Ça fait un

bas congo 5

Ça fait un peu chelou n’est-il pas?? … 😉

peu chelou n’est-il pas….

1 camionnette sur laquelle sont juchés 8 militaires mais seulement 3 kalachnikovs et autant de paires de lunettes de soleil,

1 volant qui tourne comme un parkisonien sous les mains de son chauffeur à la moindre montée,

1 souris qui traverse, et

2 oiseaux rouges comme le sang et noirs comme le désespoir.

*** eupplecte *** ce sont des oiseaux comm

eupplecte

Ce sont des oiseaux comme ça dont je parle (des eupplectes ignicolores/franciscains): ça déchire non?!!

 

e ça dont je parle (des eupplectes ignicolores) : ça déchire non?!!

Monsieur Philippe (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 4)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo) with tags , , , , , , , on 22 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

Après Djibéou, Floribert et Annie, la preuve avec

Monsieur  Philippe

République Démocratique du Congo. Bas Congo, ville routière.

J’ai 30 ans, je suis ici avec le Barbu et le gnome, je travaille avec le Barbu pour une consultance, donc boulot boulot tous les jours de 8h du mat à minuit, avec une pause de 3h en après-midi pour faire cours au Fruit de mes entrailles.

Encore une fois, l’homme-à-tout-faire est déjà présent et engagé à notre arrivée dans cette « maison d’hôte » au milieu du compound d’une association locale, qui bénéficie du courant en permanence ainsi que de l’eau courante. Monsieur Philippe a l’âge de mon père et a été « le boy de bons Pères Blancs belges » pendant des années.

Monsieur Philippe est celui qui nous fit réaliser que demander à un homme-à-tout-faire de cuisiner un plat traditionnel local est une ERREUR FATALE pour tes papilles, tes maxillaires et l’ensemble de ton système digestif.

Quand, le premier jour, nous lui avions dit que nous ferions nous-mêmes la cuisine (comme toujours), il s’était redressé droit comme un I et avait expliqué que ses anciens employeurs « lui avaient appris la cuisine traditionnelle de « chez nous », que son pâté de tête de veau en gelée était incomparable et qu’il pouvait relever n’importe quel défi ».

** dignité

Monsieur Philippe avait à ce moment là la même tête que le type à gauche, là sur la photo (–source http://kamizole.blog.lemonde.fr/2010/09/23/photo-parlante-%C2%ABsarkosarko-outrage%C2%BB-franche-ment-ridicule-et%E2%80%A6-psychotique/ )

Monsieur Philippe avait à ce moment là la même tête que le type à gauche, là sur la photo (source )

outragée***

Bon, clairement, l’honneur de Monsieur Philippe était en jeu : OK on était des Mundele (des Blancs en lingala) al chouia chelou et il voulait bien ne pas faire la cuisine pour nous (??!!), mais il tenait à nous faire un repas : quoi que l’on voudrait, il le ferait !

Okayyyyyyyyyy.

Vu que l’essentiel des denrées disponibles dans le coin se résumait à première vue à du chou, des haricots rouges (et des verts, et des blancs, et des crèmes), des lentilles, des oignons et des aubergines, (l’atmosphère des home sweet homes embaumait les fragrances les plus rares), et qu’en matière de cauchemar de végan, on ne pouvait trouver que du poulet et du bœuf consommables sans marteau piqueur à l’unique condition d’avoir été battus sauvagement à coup de bouteille de Ricard, on a préféré lui demander de nous faire découvrir LE plat traditionnel du coin.

*** gif ttendrissage

-tutoriel d’attendrissage de viande-qui-connaît-les-chambres-frigorifiques-des-routiers-mais-pas-la-chaîne-du-froid made in Hulk. DIY attitude

Ci-dessus, petit tuto d’attendrissage de viande-qui-connaît-les-chambres-frigorifiques-des-routiers-mais-pas-la-chaîne-du-froid made in Hulk. DIY attitude

made in hulk****

Il choisit de nous faire découvrir le fumbwa, fierté du Bas Congo mais qui est consommé dans toute l’Afrique centrale.

****fumbwa

Voilà un fumbwa qui a tout l’air de casser la chatte à priori. (vous trouverez plein d’infos sur la plante et la recette ici) http://saveurdici-mbuji-mayi.blogspot.fr/2014/04/fumbwa-morue-grille-congo-rdc.html

Voilà un fumbwa qui a tout l’air de casser la chatte à priori. (vous trouverez plein d’infos sur la plante et la recette ici)

hum 2****

C’est délicieux. En fait c’est même une vraie tuerie (spéciale dédicace à Chouchou).

Sauf que.

Voyez, Monsieur Philippe a beau avoir été homme de ménage/cuisiner/homme-à-tout-faire pendant 17 ans, c’est un congolais de sexe masculin, marié et qui n’a pas fait d’études supérieures. Ce qui implique que, jamais ô grand jamais il n’a levé le petit doigt dans une cuisine autre que celle de ses patrons, et à fortiori jamais dans la cuisine familiale. Donc qu’il n’a jamais préparé un fumbwa de sa vie.

Or, voyez, le fumbwa c’est cool, y’en a toute l’année, ça apporte des protéines un peu (là je parle de la plante à l’origine du plat), mais, comme un tas d’autres trucs de l’éventail alimentaire africain, ça demande une putain de préparation avant d’être consommable.

La base du plat est constituée, donc, des feuilles de la plante qui porte son nom.

****plante

ça ressemble à ça, au départ.

ça ressemble à ça, au départ.

originale***

On peut le deviner en regardant bien la photo ci-dessus : dures, résistantes, très fibreuses, les feuilles de fumbwa ressemblent plus à celles d’un artichaut mutant qu’à celles de la laitue blanche.

Tellement qu’avant toute tentative de cuisson, on émince très, très, très finement les feuilles et on les fait tremper au moins une heure. C’est en général sous la forme pré-découpée qu’on trouve le truc dans les marchés.

**** fumbwa

C'est vendu comme ça, voilà.

C’est vendu comme ça, voilà.

pas cuit***

Monsieur Philippe avait bien acheté le truc déjà coupé, OK. Mais il s’est contenté de faire cuire le tout, y plongeant pour faire fête des thomsons, poissons pas mauvais du tout mais à côté desquels la truite n’a pas d’arêtes si vous voyez le genre (et attention hein, des arrêtes de compète, du genre à résister à la pression bien comme il faut et à lacérer l’œsophage quelque chose de bien), qu’on trouve sur les marchés, fumés et séchés, un peu partout en Afrique centrale.

****poisson

ce n’est pas du thomson (sans doute de l’anguille) mais le conditionnement est le même. (source http://www.souvenirducameroun.com/about.html )

Ce n’est pas du thomson (sans doute de l’anguille) mais le conditionnement est le même. (source)

fumé***

Sauf que, le poisson il l’a foutu tel quel genre 10mn avant la fin, donc il n’a pas eu le temps de se réhydrater même un peu (ni de parfumer le plat) et est donc resté dur comme le cul à Jeannette.

Sauf qu’il n’a pas fait tremper les feuilles une heure avant de commencer la cuisson (qui dure au moins une heure elle aussi).

Aussi nous sommes nous retrouvés, attablés devant Monsieur Philippe qui attendait anxieusement notre verdict, à bouffer du foin farci d’arêtes eeeeeeeeeeextrêmement acérées dépassant de boulettes de ferraille poiscaille au goût plus fort que du fromage corse en état de décomposition avancé.

***** pain de

Avouez que ça y ressemble, à du foin !

Avouez que ça y ressemble, à du foin !

nain fumbwa****
**** arete de pois

non ça n’a rien à voir, mais c’est ce que j’ai trouvé –merci Google- en cherchant des images de poisson avec beaucoup beaucoup d’arrêtes. Je trouve la chose …… surréaliste (création de Giuseppe Zanotti) alors voilà.

non ça n’a rien à voir, mais c’est ce que j’ai trouvé –merci Google- en cherchant des images de poisson avec beaucoup beaucoup d’arrêtes. Je trouve la chose …… surréaliste (création de Giuseppe Zanotti) alors voilà.

son giuseppe***

Comme nous sommes bien élevés et que si nous ne le faisions pas, ce n’aurait pas été les arrêtes qui nous auraient perforé le bide mais le regard de Monsieur Philippe, nous avons fini notre plat. Avec des mines enchantées qui plus est.

On a été malades comme des chiens (oui, il faut vraiment bien suivre la procédure avec ces feuilles !!!) et eu mal au bide pendant plus d’une semaine.

Mais l’honneur de Monsieur Philippe était sauf.

Floribert et les mecs (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 2)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo) with tags , , , , , , , on 22 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

La preuve, après Djibéou, avec

Floribert et les mecs

République Démocratique du Congo. Goma.

J’ai 27 ans, je suis étudiante, je suis là pour « faire mon terrain » nécessaire à l’écriture de mon mémoire et par là à l’obtention de mon DEA. Je bosse comme une dingue. Je suis accueillie au sein d’un programme d’une grande ONG internationale. C’est ma première fois en contexte humanitaire en zone de conflit.

Comme c’est le cas la plupart du temps quand on est en mission en HP*, j’habite avec tous les autres membres du programme, et les expatriés qui bossent en brousse viennent chez nous pour leurs « vacances » (ne jamais oublier que tout est relatif).

Ce n’est donc encore pas moi qui embauche ou paye qui que ce soit, je ne suis pas la « patronne », encore moins vu mon statut bâtard.

Mais c’est à ce moment là que j’ai compris :

1) qu’il était impossible hors capitale de travailler sans employer de personnel de maison (à moins de ne pas dormir).

[Problème : X travaille entre 8 et 12 h par jour. X n’a pas de machine à laver à disposition, ni aucun aliment prêt à consommer non plus que d’appareil électroménager à l’exception d’un four à gaz antédiluvien et d’un petit frigo. Puisque les routes ne sont pas goudronnées et les fenêtres non étanches, l’intérieur de la maison se recouvre en 24h d’une belle couche noirâtre (mais ailleurs ça peut être rougeâtre, marron, blanchâtre ou du plus bel ocre) de plusieurs millimètres. Combien de temps restera-t-il à X s’il va au marché (entre 1h30 et 3h), fait sa propre pitance (entre 1 et 3 h pour chaque repas), le ménage (2h minimum) et la lessive (environ 1h pour le linge de deux jours) ? 24 moins 13 minimum = entre 8h30 et 3h pour souffler, dormir, manger… et tout le reste. Et ça c’est quand il y a l’électricité et l’eau courante à dispo. C.Q.F.D]

****femme pilan

-Tu crois que c’est facile ? Tu la vois la dame là hein ? Il lui a fallu plus de trois heures pour remplir les bassines du résultat de son pilage. Et ELLE, elle a toute sa vie d’expérience (ou presque) derrière elle. Toi (ou moi) il nous faut le double (au moins).

-Tu crois que c’est facile ? Tu la vois la dame là hein ? Il lui a fallu plus de trois heures pour remplir les bassines du résultat de son pilage. Et ELLE, elle a toute sa vie d’expérience (ou presque) derrière elle. Toi (ou moi) il nous faut le double (au moins).

t dori****

2) Que ce n’est pas parce que tu es HP* que tu te conduis normalement/respectueusement/bien/décemment avec le dit personnel de maison.

3) Que beaucoup de « personnel de maison » estiment leur situation privilégiée quand ils travaillent pour une ONG internationale.

Floribert, le cuisiner de la petite troupe (on était entre 3 et 8 dans la maison, tous les jours), est vite devenu mon grand pote, ainsi que les gardiens (dont environ les 2/3 avaient suivi des études supérieures). Pas les filles qui faisaient le ménage et la lessive, car je n’étais pas là durant leurs heures de travail (bin oui, je travaillais aussi), on s’est juste croisées une fois à mon arrivée.

Pas parce que je leur ai rendu un quelconque service. Juste parce que je leur ai parlé, me suis intéressée à leur vie, leurs espoirs, leurs familles. Et parce qu’une fois ou deux j’ai pris leur parti face aux exigences ubuesques de certains HP* (comme, par exemple, avoir des crêpes tous les matins, alors qu’il n’y avait rien d’autre à dispo pour ce faire que du lait en poudre –Nido 4 ever).

C’est en discutant avec eux que je réalise qu’en fait, la plupart du staff de maison considère que travailler pour une ONG est une chance : la majorité du temps, le salaire est de 2 à 5 fois celui qu’ils toucheraient ailleurs pour le même travail, et surtout, contrairement à ce qui se fait la plupart du temps dans le privé, ils bénéficient ainsi que toute leur famille proche (époux/se/s, enfants, mais aussi parfois père, mère et fratrie) de couverture santé gratuite, et d’horaires fixes sans heures supplémentaires avec week-end toujours libre. (Et oui encore heureux il ne manquerait plus que ça !!!!)

Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments

Posted in Big A(frica), Hors case, Kenya, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , on 21 septembre 2014 by violemmenthumaine

Yo bel/le Inconnu/e !

Le « personnel de maison » -comme on dit en politiquement correct- en Afrique. Cela fait longtemps que je pense à écrire un p’tit truc sur le sujet, mais j’hésitais plus qu’un peu car c’est particulièrement propice aux malentendus.

Quand tu dis/découvres que tu as une « bonne » là bas à quelqu’un en France, en gros, tu as au choix trois réactions :

1) « Ah je voiiiiiiiiiis, Mâdââaâme se la pète/est une grosse bourge//pétasse friquée ». (Euh, oui, d’un certain point de vue, enfin peut-être, mais en fait, non, mais de toute façon cela n’a RIEN A VOIR en l’occurrence)

2) « Naaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, comment c’est trop une vie de rêve sérieux. » (ah ???)

3) « Salope de raciste/néocolonialiste/social traître ». (bin même si non enfin pas totalement, c’est exactement ce que je pense en valeur absolue du fait d’avoir des domestiques, en Afrique ou ailleurs d’ailleurs. Ça complique forcément les choses quand tu en « as » un/e, de domestique.)

Je ne vais donc pas prendre de risque en abordant le sujet et me cantonner à ce que je sais le mieux faire ici : raconter ma life et mes réactions, rien de plus.

Les « domestiques » n’existent plus pas en France et en Occident en général (ou alors dans des sphères tellement huppées/friquées/jet set qu’elles comptent pour du beurre) mais font encore partie intégrante du tissu social urbain de la plupart des pays d’Afrique noire, en tous les cas de la dizaine que je connais.

En France, ils représentaient encore presque 14% de la population active à la fin du XIXème siècle.
***p 174

Si vous regardez bien : les domestiques ne travaillaient pas que pour les grands bourgeois mais bien pour presque toutes les couches de la société et si on calcule, on s’aperçoit qu’en dehors  du secteur industriel et de celui de la force publique, entre 1 famille sur 10 et 1 famille sur 4 employaient au moins un/e domestique.

Si vous regardez bien : les domestiques ne travaillaient pas que pour les grands bourgeois mais bien pour presque toutes les couches de la société et si on calcule, on s’aperçoit qu’en dehors du secteur industriel et de celui de la force publique, entre 1 famille sur 10 et 1 famille sur 4 employaient au moins un/e domestique.

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Cette catégorie socioprofessionnelle a presque entièrement disparu avec la première guerre mondiale, et on ne la connaît plus en Europe aujourd’hui que sous des représentations nostalgiques d’un passé exotique dans les films à la Ivory ou dans Downtown Abbey.
**capture vestige

Antony Hopkins dans Les vestiges du Jour d'Ivory. #admiration#respect

Antony Hopkins dans Les vestiges du Jour d’Ivory. #admiration#respect

s du jour***dowtown-abb

La joyeuse petite troupe des domestiques de Dowtown Abbey (12 hein quand même, c’est carrément une PME !)

La joyeuse petite troupe des domestiques de Dowtown Abbey (12 hein quand même, c’est carrément une PME !)

ey-servants **

En fait, aujourd’hui, à moins que tu ne t’appelles Kardashian ou le Prince Harry, tu n’as pas de « domestique » : quelqu’un qui, lundi mardi mercredi jeudi vendredi, et (mais jamais quand il s’agit d’ONG internationales) souvent samedi et parfois même le dimanche aussi, arrive chez toi très tôt le matin pour ne repartir que le soir si ce n’est dort sur place, et fait ton ménage tes courses ta bouffe ta lessive ton repassage et tout le reste.

Non.

A l’extrême rigueur, tu auras peut-être une femme de ménage qui passera quelques heures chez toi une fois par semaine, et peut-être même pendant quelques années si besoin est une nourrice puis une baby-sitter, mais c’est tout et encore, ce n’est pas un passage obligé.

Alors qu’en milieu urbain au Burkina Faso, au Sénégal, en RDC, au Kenya, au Zimbabwe, au Gabon, en Ouganda et ailleurs, les domestiques sont omniprésents (et aussi aux Philippines, au Liban, en Inde ou au Mexique et yep, si je n’ai pas réussi à trouver un lien kawaï sur le sujet c’est peut-être bien parce que ça ne l’est pas, kawaï). C’est une estimation à vue de nez, mais je dirais que plus de 90% des expatriés emploient entre un et cinq « personnels de maison » sans compter le ou les gardiens: une bonne évidemment, une nounou pour 99% de celles (et ceux) qui ont un ou des mioches, un jardinier, un ou une cuisinière et un chauffeur.
Le plus souvent, la bonne se charge aussi des tâches de cuisine et des enfants.

Si vous avez vu (ou lu) La Couleur des Sentiments, vous voyez le tableau. Mais pas forcé de la jouer « bonnes noires vs patronnes blanches », ça peut se faire dans toutes les déclinaisons de couleur de peau côté patronnes.

Car, j’ai mis des années à le réaliser, tout le monde emploie des domestiques, pas seulement les Blancs-vilains-néocolons-racistes-et-pire-encore (mais ils existent ça pas de doute !).

En tous les cas, au début tout début (et puis encore longtemps après aussi), ça surprend, déstabilise et met pas top à l’aise.

Après non plus d’ailleurs en ce qui me concerne.

Juste, je vomis le concept côté domestiques (pas besoin d’explication, si ?) et je le refuse tout simplement côté patron.

Parce que j’ai envie d’être chez moi dans ma maison, pouvoir m’engueuler avec qui je veux comme je veux, déprimer ou exploser de rire ou jouir en hurlant quand je veux, traîner à oilpé ou baby doll ou tee-shirt dégueu plein de taches si je veux. Assez étrangement pour un humain vivant en 2014 et ayant un blog, j’affectionne vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup le concept de vie privée (genre je ne parle jamais plus de 2 mn au portable si je suis dans un lieu public par exemple). C’est un truc qui m’a toujours fait halluciner de voir, et pas seulement dans Downtown Abbey, combien les « patrons/nes » qui emploient des domestiques ne semblent pas réaliser et en tous cas se soucier de jouer Secret Story irl dans leur propre maison.

Mais parfois, souvent, on n’a pas le choix : le/la domestique est déjà là.

Cela veut dire qu’il y a quelqu’un qui est chez toi tous les jours, que tu sois absent/e ou sur place, seul/e ou pas, désœuvré/e ou surbooké/e. Ce quelqu’un n’est pas ton ami/e, il/elle n’est pas avec toi chez toi parce qu’il/elle t’aime bien mais parce que c’est son travail et qu’il/elle est payé/e pour cela, même si pas forcément par toi.

Perso, je n’ai jamais été pote avec mes employeurs chez qui je faisais le ménage, et l’eussè-je voulu que ce n’était très clairement pas envisageable au programme. De manière générale, je sais combien tenir des postes peu ou pas qualifiés peut faire subir de situations d’humiliation et quelle est la dose de violence symbolique quotidienne que l’on affronte quand on est personnel considéré comme peu qualifié. En ce qui me concerne, je parle et me conduis de la même manière avec tout le monde quelque soient les circonstances, ce qui a tendance à la fois à me faire haïr de tout plein de monde et me faire des potes chez les clochards et les caissières.

Mais ce n’est pas forcément ultra pertinent dans les relations quotidiennes avec la personne qui est domestique chez toi. Il peut y avoir comme un abîme de mécompréhension on va dire…

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

La preuve avec Djibéou au Burkina, Floribert et les mecs, Monsieur Philippe et Florence en RDC, Annie au Zimbabwe et Doris au Kenya, un post pour chacun.

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