Archive pour dragon

« Vous sentez, là, comme on vous la met profond? » demandait le Droit du travail à tous les clampins…

Posted in Act up!, Hors case, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , , , on 19 juin 2011 by violemmenthumaine

Inconnu, Inconnue,

Je pourrai vous narrer par le menu ma séance de tatoo :

  • combien ce grand dragon est juste de la balle-qui-tue même maintenant alors qu’il n’a que ses contours,
  • combien j’ai des petits doutes quant au fait que je me serais lancée dans un second tatouage, aussi grand qui plus est si j’avais autant douillé lors du premier (Leçon number one du tatoueur : c’est normal, plus tu vieillis plus tu douilles. Moralité, si tu veux te tatouer, fais-le avant ta majorité-*that’s a joke*-),
  • combien la neurologie est une science ultra passionnante et pleine d’inconnues : la douleur est variable de 2 à 15 sur une échelle de 1 à 10 d’un centimètre de peau à l’autre, ce qui est super chouette parce que comme ça c’est la surprise, (d’autant plus que, Leçon number two du tatoueur : notre sensibilité à la douleur est foncièrement asymétrique et hasardeuse.), et puis ça permet de tenir la durée mode montagne russe.

15 ans que je le voulais ce petit là ^^. Tatoo par Yom, Tribal Act

  • et enfin combien chuchoter « aïe aïe ah quaaaaaaaaaaand même putain de Dieu » ne fait pas de moi une chochote (une de mes hantises persos, chacun les siennes hein, l’endurance à la douleur fait partie de mes critères de respect que voulez-vous c’est comme ça.) : en fait, il paraîtrait que j’ai été plutôt classieuse (Leçon Three du tatoueur : les « nanas » encaissent beaucoup mieux et facilement que les « mecs », qui, paraîtrait-il, ont une fâcheuse tendance à ne pas rester immobiles quand ils ont mal. Dis maman, est-ce que ça veut dire que je suis vraiment vilaine si je trépigne de joie rien qu’à l’idée d’imaginer le gros mastard immortalisant une énième tête de mort en chialant comme une madeleine ??).

Oui, j’aurais pu faire un article complet  rien que là-dessus, chère/er Inconnue/u.

Mais en fait moi-ma-life-mes-douleurs-mon-tatoo, on s’en fout.

Par contre, le point final de mon équipée dans les marais d’une des multiples branches du « service à la personne », j’ai dénommé les cours à domicile, ça cela vaut le coup d’en parler : vu que la réaction première de certains quidams à qui j’en parle est de m’expliquer que ce n’est pas possible et que j’ai du mal comprendre, et que nom d’un petit bonhomme en clous, c’est juste hallucinant comme le Droit peut être la mère de tous les fils de pute, je vais vous expliquer le truc par le menu.

Parce que, quand même, après avoir bossé depuis mi mars sans recevoir le moindre picaillon -alors que je pouvais voir s’ajouter bulletin de salaire sur bulletin de salaire-, et que la boîte ne répondait pas à mon mail, j’ai fini par appeler l’Inspection du Travail.

Un indice aurait du me préparer à cette absurdité sans nom : le fait qu’à la ligne « employeur » des bulletins de salaire fantômes était écrit le nom et l’adresse des parents de mon élève plutôt que celui de Cours déclic ou Qualicours.

Mais non, j’ai juste halluciné. Interloquée ou choquée, dégoûtée, ulcérée, sont des termes trop réducteurs, l’état d’hallucination rend beaucoup plus tangible l’effet que m’a fait cette nouvelle preuve que le capitalisme libéral est un merveilleux système.

Avant même que j’ai fini d’expliquer à l’avocat de l’Inspection du Travail mon histoire, celui-ci m’arrêtait en soupirant et m’expliquait que si je voulais être payée, il fallait bien sûr que j’aille aux Prudhommes, en portant plainte contre….. les parents de mon élève.    …..

Les mêmes parents  qui me donnaient à chaque fin de cours un coupon Qualicours avec code barre, pour chacun desquels ils avaient, eux, déjà versé la somme de 30 ou 35 euros (alors que je touche au final 14 euros de la dite société).

WHAT THE FUCK ?????!!!!!!!!!!!

Pourtant, quand on lit le contrat en cherchant l’embrouille et même s’il est dit à l’article 3 que la rémunération de l’enseignant est assurée par les parents d’élève, l’article 4 spécifie pour « le règlement des salaires et pièces administratives, que les fiches de paye correspondent aux cours donnés à chaque élève par l’enseignant, faisant état des sommes perçues par Cours Declic pour le compte l’enseignant, donneront lieu à l’émission d’un virement vers le compte de celui-ci. »

Mais ne vous inquiétez pas, ne grondez pas comme un tigre acculé : une fois les parents perdu le procès que j’aurais intenté à leur encontre, no problem, il leur suffit de porter plainte à leur tour contre Qualicours. Vous remarquerez au passage, qu’à aucun moment Cours Déclic, la société avec laquelle j’ai moi eu 1° mon entretien d’embauche, 2° mon contrat, et 3° eu des contacts, car je n’ai JAMAIS eu le moindre contact avec quelqu’un de chez Qualicours,  ne peut être inculpée…

Pour la petite histoire, la mienne quoi, j’ai évidemment expliqué à l’inspecteur que puisque telle était la seule opportunité de faire respecter mes droits que m’offrait la Loi, je n’irais pas jusqu’à porter plainte car il était hors de question de participer à un système aussi abscons et de faire payer des gens à qui je ne reprochais rien et qui, eux, avaient rempli leurs obligations…

Comme parfois la vie n’est pas un clone grossier de la Belgique (aka « un bâton de merde », dixit Charles Baudelaire, comme quoi on peut être un des plus grands poètes de l’histoire et un con) mais une vallée de roses en bouton, deux heures après mon appel à l’Inspection du Travail, je recevais un coup de fil de Cours Declic, qui me virait dans la semaine la somme qu’ils me devaient, après que je leur aie expliqué que non, merci, je ne voulais pas continuer à travailler pour eux et que j’avais déjà informé les parents de ma démission, ce en leur en expliquant les raisons.

Mais j’ai discuté avec l’Inspecteur, et vous savez quoi ? Il m’a appris que cette histoire abracadabrante qui m’arrivait représentait près du 1/3 des affaires qu’il traitait.

Dans au moins une inspection du Travail de France, un tiers des affaires concerne des travailleurs dans le secteur du service à la personne qui ne reçoivent pas leur paye alors que les clients des dits services ont déjà payé le putain de service !!!!!!!!!!!!!

C’est-y-pas-fantastique ?

Tout n’est-il pas le mieux que l’on puisse rêver ? N’est-ce pas logique ?

Alors, oui, c’est clair que le formidable développement  du secteur économique de services à la personne est l’un des signes qui montrent le recul de mon pote le chômage, CQFD.

C’est marrant, aussi, que cette information, ce phénomène économique ne soit jamais dénoncé, ou même ne serait-ce que relevé, exposé, évoqué par les medias.

Non ?

Pour tous ceux qui voudraient quand même engager une femme de ménage, un jardinier, un réparateur, une prof de quoi que ce soit à domicile, une infirmière, une aide de vie : pour ne pas risquer de participer à l’enculade de salarié ni de se retrouver devant les Prudhommes pour quelque chose qu’ils n’auront pas fait, le tout sans pour autant payer au black, utilisez les chèques emplois service.

En attendant que ce tortueux et ubuesque détournement du droit du travail appartienne, un jour, au passé.

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Rien que pour le plaisir. Na.

Posted in Act up!, Hors case with tags , , , , , , , , , on 6 juin 2011 by violemmenthumaine

Oyez oyez braves gensses, l’histoire de tout ce que l’on ne fait pas.

 

Il existe tout plein de raisons pour lesquelles on ne fait pas les choses hein :

  • genre on n’a pas le temps,
  • genre en fait on ne veut pas le faire et notre Inconscient plus moins débordant sur les côtés là au milieu fait son intéressant.
  •  et puis il y a la grande magique  et puissante et omniprésente on line procrastination, (mais pourquoi ??? Je veux dire, avant Internet, qui, hors quelques fanas de linguistique et autres universitaires, utilisaient le mot « procrastination », hein ? Vi, on est d’accord, personne. Et après on dit que les nouveaux medias mènent à l’appauvrissement du langage 😉 ).

 

Et puis celles dont je vais parler là maintenant : les choses que l’on ne  fait pas en prévision de, parce que l’on n’a plus 15 ans, que l’on est adulte, que l’on pense aux conséquences et que l’épicurisme a ses limites et tout et tout et tout. Les choses que l’on ne fait pas parce que si on les fait on risque de le regretter « plus tard » au cas où le truc Y se passerait, le plus tard étant, par définition, hypothétique et surtout totalement imprécis.

Je ne sais pas si vous souvenez de ça malgré sa date préhistorique à l’échelle internaute (1999) :

 

Aussi incroyablucinant que cela paraisse, ceci était l'un des trois panneaux d'une campagne ministérielle.

 

 

En ce qui me concerne et depuis que je mesure plus de deux pommes à genoux, j’ai toujours été plus intéressée par la moitié gauche.

Non pas que la miss piercée sur cette affiche à durée de vie limitée (c’est clair que le thème « non discrimination à l’embauche sur des critères de choix vestimentaires et tutti quanti », ce n’est pas une ultra haute priorité, et puis ça risque de gêner un peu les …  comment dit-on déjà : les « partenaires sociaux » : déjà, c’est l’exact contraire des formations diverses et variées offertes par Paul) soit particulièrement trippante.

 

Juste que la miss lookée Versailles m’ennuie profondément : regardez un peu sa raie capillaire et essayez d’affirmer avec conviction que là d’un coup vous ne suintez pas d’ennui et que l’absence totale de surprise et de curiosité n’envahit pas subrepticement vos synapses ?

 

Malgré l’hyper open-attitude de nos différents media, malgré la récurrence de tout plein de trucs « pas ménagère de moins de 50 ans » pseudo marginales sur nos chaînes télévisées, vous remarquerez que nulle part, dans aucune série, les tatouages, piercings et autres modifications corporelles, les looks … euh, on va dire affirmés, sont plus fréquents qu’une plume sur le cul d’un varan.

C’est sans doute la raison principale pour laquelle je suis assidument  la pourtant pas plus top que ça série NCIS, rien que parce qu’il est hors de question de manquer ce qui est presque la seule occasion d’admirer à l’écran un personnage dont la personnalité vestimentaro-lookesque navigue, même un peu, hors des sentiers battus (et puis qui n’est pas fan de Pauley Perette ?)

Qu'est-ce que je disais?....

 

Qui pourrait ne pas être fan de Pauley Perette?!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi tout ça, les pratiques de tatouages m’ont toujours extrêmement parlées tu vois, et ma mayonnaise personnelle ne s’est pas effondrée avec mes années d’études en anthropologie, au contraire.

Mais bon : comédienne d’abord puis bloubiboulga ensuite, je me suis toujours dit que malgré mon attirance  pour des trucs comme ça

Par exemple elle je la trouve ultra chouquette voyez 🙂

                               ou ça

Evidemment!

 

ou bien cela,

1000 fois plus princesse que cette cruche de Belle au Bois Dormant!

             

Comment ne pas finir avec THE héroïne 😉

no way.

 

Alors bon, mon immense fascination intellectualisée ET ultra charnelle sur les tatouages,  ça serait niet ; que non non non non non, je ne le ferai pas.

Genre : veux pas me mettre une désavantage en plus sur le dos dans ma recherche d’emploi, je me suis depuis plus de 15 ans interdite de faire le second tatoo de mes rêves : un dragon d’inspiration japonaise en dos total.

Bon. Il y a un certain nombre d’autres choses que je n’ai pas faites, non plus, pour ne pas risquer de porter préjudice à ma « carrière ».

 

 

Soyons sérieux:

No carrière.

No job.

Un foutage de gueule à digérer par mois en moyenne.

 

Je ne peux plus m’offrir une année sabbatique à Auroville ou ailleurs, je peux difficilement prendre mon sac à dos et mon book datant de 15 ans me faire la Côte Ouest, mais par contre, je peux toujours faire le tatoo dont je rêve depuis 15 ans.

Mon mirifique boulot ne me permet pas d’obtenir une sécu ou quoi que ce soit comme statut ?

 

OK.

 

Cette somme d’argent supplémentaire dans le budget familial ne me permet pas d’envisager à moins de le planifier sur un an des achats  post Ikea (dans une vie antérieure je pensais qu’un jour j’habiterais dans une maison qui ne fait pas jeune imberbe acnéïque tout frais sortir de chez papa-maman, et que les planches en contreplaquée vérolé qui ne supportent pas plus de 5 bouquins sans se tordre alors qu’on en met 100 dessus, cela appartiendrait au passé. Encore un truc qui prouve ma totale déconnection de la réalité). Mort aussi pour offrir des vacances à mon gnome ou à moi.

 

Par contre, si je prends ma mauvaise foi et l’encadre en disant que c’est de l’art (un peu comme Boltanski quoi) et ultra profond, je peux sans frémir assurer que mon salaire me permet juste de faire ce gigantesque tatoo, en tous les cas la première séance de traçage, sans problème.

Alors voilà, truc de fouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !

 

Je vais me faire un truc:

* rien que pour moi et qui me fait plaisir

*  totalement inutile en soi

* faire comme si dépenser tous ces euros pour me faire plaisir et faire en sorte que je ne pourrais plus mettre de débardeur quand la vie, cette chienne, me conduira à me mettre en mode « je ne choque personne je ne suis personne et on ne me voit pas d’ailleurs. Amen ».

* arrêter de ne pas risquer d’hypothéquer un futur aléatoire, parce qu’il n’arrivera jamais, et juste m’offrir, à moi, le plaisir de renaître dragon.

 

Et, oui, je sais, je n’ai mis aucune photo de tatouage.

 

 

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