Archive pour foutage de gueule

Charlie à Kinshasa

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo), Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , , , , , on 5 février 2015 by violemmenthumaine

 

Salut mon Inconnu/e préféré/e !!!

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Détail article page 3 du journal congolais le Phare du 3 février 2015.

Détail article page 3 du journal congolais le Phare du 3 février 2015.

* fermeture réseaux sociaux.

UPDATE pré article (comment ça c’est un non-sens sémantique ?):

Bon, vous le savez, ou pas, mais le beau pays Fort Fort lointain où je réside à nouveau depuis quelques mois a connu et connaît les prémisses d’un nouvel épisode de grand foutoir depuis quelques semaines.

Explication rapide : le président actuel, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2002, finit actuellement son deuxième mandat quinquennal (les deux premières années au siège présidentiel n’ayant pas été le fruit d’un vote démocratique mais le résultat des accords de Sun City, qui ont mis « fin » à la guerre). La constitution interdit, comme dans pas mal de pays dont le notre, de prétendre à un troisième mandat. Or celui en cours se finit en 2016.

Joseph a donc tenté de voir si y’avait pas moyen de changer la constitution. La réaction de la « communauté internationale » a visiblement suffi à lui faire abandonner l’idée pour le moment. Il fallait donc trouver autre chose. Qu’à cela ne tienne : il se donnerait du temps (celui de voir comment la « communauté internationale » réagira aux aléas électoraux de ses voisins, en l’occurrence le Burundi et, surtout, le Rwanda) en repoussant les élections par le biais de la loi électorale. Kesaco ? Au Congo comme partout ailleurs, chaque élection est précédée du vote d’une loi électorale, qui rappelle ou précise les modalités de la dite élection. Chez nous, ça passe comme une lettre à la poste car la loi électorale ne change pas grand-chose et se contente de rappeler le nombre des circonscriptions, ce genre de choses. Ici, la majorité électorale a tenté d’ajouter un petit article, l’article 8, qui assujettissait la conduite des élections à celle d’un recensement national, ce qui, d’un point de vue « transparence et vérité des élections », peut sembler pertinent, ce d’autant plus que le dernier recensement date quand même de 1984 (!!!! Depuis, les organisations nationales et internationales ne travaillent que par des projections. N’oublions pas non plus qu’on considère que près de 75% de la population n’est pas enregistrée à l’état civil –normal, c’est payant-).

Le hic, c’est que dans ce pays aux dimensions continentales doté d’infrastructures proche du néant, un recensement ne peut se faire en moins de 2 ans. Comme la majorité savait très bien que le truc n’allait pas passer comme un couteau dans du beurre, elle a fait voter la loi par l’Assemblée Nationale en catimini dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 janvier. Lundi 19, c’était le darwa : manifestations, et, comme souvent ici et n’importe où quand une majorité écrasante de la population vit dans une misère crasse alors que le pays est de plus en plus riche, des pillages. Le bordel a duré quatre jours, jusqu’à ce que le sénat (qui, comme chez nous, doit revoter la loi après l’Assemblée), qui avait suspendu ses délibérations dès le lundi midi, déclare qu’il laisse tomber l’article 8. Le week-end d’après, dans la nuit du dimanche au lundi, une nouvelle loi, conçue par une commission mixte Assemblée/sénat, a été votée, sans le fameux article 8 mais avec tout plein d’alinéas, dont l’article 115, qui maintiennent, ce dans un flou artistique propice à l’apaisement des foules, la conditionnalité des élections au recensement.

Dès le deuxième jour, soit le mardi 20 janvier, le gouvernement, pour minimiser les capacités d’organisation des mouvements d’opposition et de la jeunesse (ici comme ailleurs, les salops d’étudiants ont été particulièrement actifs, et Unikin, l’université spécialisée en sciences humaines/sciences politiques/droit, a été l’un des foyers d’insurrection les plus actifs, ce même alors que la force publique congolaise l’ait encerclée dès les premières heures), a purement et simplement fermé les signaux des fournisseurs d’accès à Internet, et rendu impossible l’envoi de textos sur tous les réseaux téléphoniques (il y en a globalement 5 en RDC). Au bout d’une semaine, le pays accusait des pertes de 19 millions de $ américains par jour !!. C’est qu’ici comme ailleurs, l’économie entière, à commencer par les banques, fonctionne désormais entièrement via le web. Le gouvernement a donc ré-ouvert les vannes d’Internet… Pour les entreprises, et seulement pour les boîtes emails, les sites et pages business. A ce jour, soit mercredi 5 février, il est toujours impossible de se connecter à un réseau social (Facebook, Twitter, Snapchat, Tumblr, mais aussi LinkedIn), de recevoir ou envoyer un texto, et de surfer d’une manière ou d’une autre sur son téléphone mobile (ceux-ci utilisaient la 3G, et ce système là, lui, n’a pas été réactivé du tout). Comme je fais partie des privilégiés, je suis donc, après plus de deux semaines sans connexion -ce qui n’est pas un drame en soit voyez, mais peut être problématique quand vous vivez à des km de votre famille et que la presse claironne que ça pète un peu un peu là où vous vous trouvez-, et pour une somme équivalente au salaire mensuel de la plupart des femmes de ménages et gardiens du coin, passée à la 4G.

Personne ne sait quand le gouvernement congolais remettra les réseaux à la « normale », ce qui laisse présager de nouveaux soubresauts, et peut légitimement mener à conclure que l’article 115 (remonte un peu tu verras de quoi je parle) n’est pas là pour rien, et que peut-être, d’ailleurs, la loi passée ne sera pas promulguée. Voui : ici, comme dans plein d’autres pays, la promulgation des lois dépend, après vote à l’Assemblée puis au Sénat, de la ratification présidentielle… dans les 15 jours qui suivent le vote au Sénat. Soit dimanche prochain. Le suspens est à son comble et comme les Léopards, l’équipe nationale de foot congo-zairois, a perdu son match de demi-finale de la CAN hier soir, la population n’est à nouveau plus distraite….

Tout ceci explique pourquoi l’article suivant peut sembler si retardataire, voire franchement dépassé. Mais l’actualité ci-dessus évoquée éclaire plus violemment encore ce que je voulais dire ici. Voyez : Charlie/LIBERTE D’EXPRESSION/FERMETURE D’INTERNET. OK ??

*** article de la page 3 du journal con

article de la page 3 du journal congolais le Phare du mardi 3 février 2015.

article de la page 3 du journal congolais le Phare du mardi 3 février 2015.

golais le Phare du mardi 3 février 2015.

Bon. Ceci acquis, passons si tu le veux bien mon Inconnu/e, à ce qui m’a tellement énervée. :

Je ne voulais pas rajouter un grain de sable dans le marigot hystérique mondial autour de la mort d’icônes de ma jeunesse (initiation sexuelle via Wolinski à la fin du collège, –ouais je sais ça fait zarbi en ces temps de youporn que voulez-vous j’ai plus de 25 balais-, période punk, et, vraiment jeune cette fois-ci, les caricatures de Dorothée –truc de ouf non, que quelqu’un paye quelqu’un d’autre pour se faire caricaturer !!-) : tout se dit et continuera un petit moment à se dire, y compris du très con qui met en colère et qui donne envie de pleurer, et pas souvent ce que je pense -et non je ne suis pas l’auteure de cet article, mais, comment dire, c’est tellement ce qu’il y a dans mon cœur et ma tête que voilà je le mets direct en lien).

 

Mais, sans doute parce que je me suis sentie, ici à Kinshasa, très, très, très seule et par là très, très, très triste, je suis en colère, très en colère. Alors si, je vais parler comme tout le monde de « Charlie ». Mais ici, à Kinshasa.

Mise en bouche (parce que, même si les journaux et plus encore les réseaux sociaux l’oublient plus ou moins involontairement, le contexte, c’est TOUT)

Chère/er Inconnue/u, le Pays Fort Fort Lointain qu’est la République Démocratique du Congo est beaucoup, beaucoup de choses, mais pas vraiment une Démocratie où l’Etat de Droit et la Liberté d’Expression dépassent le vague concept, comme les derniers événements le montrent plus que bien.

Tu vois par exemple, quand tu es journaliste ici et que tu veux dire ou écrire autre chose que « Ouah c’est cool ce que vous faîtes messieurs du gouvernement », c’est, souvent et depuis longtemps, risquer sa vie, et, parfois, la perdre.

*** Bilan liberté

Petit extrait par capture d’écran du bilan 2014 de la liberté de la presse de RSF, page sur la République Démocratique du Congo.

Petit extrait par capture d’écran du bilan 2014 de la liberté de la presse de RSF, page sur la République Démocratique du Congo.

presse RSF 2014***

Tu vois par exemple, trouver que tenter –et réussir- de changer la loi électorale pour faire semblant de ne pas changer la constitution et ainsi pouvoir briguer un autre mandat ou, en l’occurrence, l’allonger éhontément, c’est pas normal et, donc, manifester devant l’Assemblée Nationale, c’est savoir que l’on va se faire caillasser par les flics. Lundi 12 janvier par exemple, et puis aussi lundi 19, où la première réaction policière a été de tirer à balles réelles. Pas de liberté de manifestation ici.

*** congo cl

Carte interactive du classement de la liberté de la presse dans le monde 2014 . Reporter Sans Frontières. La RDC est donc classée 151ème (sur environ 180).

Carte interactive du classement de la liberté de la presse dans le monde 2014 . Reporter Sans Frontières. La RDC est donc classée 151ème (sur environ 180).

assement**

 

Tu vois, il y a deux semaines, quand les étudiants ont voulu exprimer leur opinion, certains d’entre eux, et pas qu’un peu, ont fini à l’hôpital, et en sont mystérieusement sortis dans des camions de la force publique, quand ils n’ont pas été purement et simplement exécutés (dans l’hôpital oui oui). L’activiste droitsdelhommiste (tu sais, cette « insulte » inventée par l’un de nos ex présidents) qui était présent lors de ce haut fait d’armes, a, lui aussi, connu quelques bricoles…

C’est le cas dans plein d’autres pays, comme l’ont fait si finement remarquer tout plein de journaux après le défilé de présidents divers et variés dimanche 11 janvier à Paris (et tant pis si ce fait précis est une première dans l’histoire, tant pis si, plus qu’une hypocrisie sur la liberté d’expression, cela révèle, à mon sens, autre chose, comme par exemple, un amour de la France et la persistance de son importance sur l’échiquier mondial –toutes choses qui ne vont pas dans le sens de beaucoup, dont l’histrion en tête de gondole éditoriale en France en 2014- et, aussi et bien sur, un consensus politique contre le fondamentalisme islamique, plus spécialement sous sa forme terroriste).

C’est même parfois –rarement c’est vrai, mais quand même- le cas chez nous (on n’est que 39ème dans le classement RSF hein). C’était plutôt courant sous notre intouchable Général, et ça a connu un renouveau flippant sous notre précédent Président. Et l’hystérie consécutive à « Charlie » ne tend pas à prouver que la Liberté d’Expression est réellement constitutive de notre pays. M’enfin bon.

D’un autre côté, contrairement à nombre d’autres pays du monde, le Congo ex Zaïre abrite peu de musulmans, lesquels n’ont aucun poids politique ni démographique à Kinshasa. La France ne provoque pas non plus d’animosité particulière dans le pays. Pas de risque particulier, donc, à soutenir Charlie Hebdo ici (contrairement à d’autres pays comme le Sénégal ou le Niger, où des manifestations anti-françaises se sont déjà déroulées.)

 

Vous gardez ça en mémoire pour la suite ?

Bien.

Ambassade : représenter la France, oui, mais pas Charlie

Il y a une Ambassade de France à Kinshasa. Il y a aussi une Alliance française, et un Cercle français.

Certaines/s des Inconnues/s qui viennent ici ne savent pas trop ce que c’est, cette Alliance et ce Cercle ?

Les Alliances françaises sont des centres culturels. Présentes dans presque tous les pays du monde, parfois sur plusieurs sites dans un même pays, elles « représentent la culture française et l’ouverture sur le monde ». Les Alliances proposent des programmes d’enseignement du français, sanctionnés par des diplômes reconnus par l’état, et des programmes culturels, centrés sur la culture française et celle du pays d’accueil : médiathèque, expositions, concerts, diffusion de films, de ballets, de pièces de théâtre, organisation de débats…. La plupart des Alliances possèdent au moins un petit bar voire un restaurant. C’est le cas à Kinshasa, ce dernier étant doublé d’une grande terrasse, l’un des lieux les plus courus de la ville, y compris par les congolais –de classe aisée bien sur-.

Il s’agit de structures étatiques, c’est-à-dire que les équipes directrices sont des fonctionnaires, nommées par l’Etat (même si le budget national alloué au financement des Alliances françaises à travers le monde a prodigieusement –plus de 70% !!!!!- diminué depuis vingt cinq ans).

A Kinshasa, l’Alliance et ses différentes structures sont ouvertes du lundi au samedi jusqu’environ 23h, plus lors des soirées-concerts, mais est totalement fermée le dimanche.

Le statut du Cercle français, ou « Maison de France », est moins « officiel »: ici à Kinshasa, il appartient à l’UFE (Union des Français de l’Etranger), l’une des deux plus importantes associations d’expatriés français. Théoriquement apolitique et relevant d’un statut associatif, l’UFE est cependant reconnue d’utilité publique et a des liens plus que privilégiés avec l’Ambassade française dans tous les pays où j’ai séjourné. A Kinshasa, le Cercle français jouxte l’Alliance française, qui elle-même partage sa concession avec le complexe scolaire secondaire français. Le Cercle propose quelques vagues manifestations commerciales culturelles de type marchés artisanaux ou foire aux vins, mais surtout de nombreuses activités, sportives principalement, le tout à l’intérieur de son complexe : un petit bâtiment, deux courts de tennis et surtout une piscine, un bar aux tarifs prohibitifs et aux snacks parmi les plus dégueulasses de la ville, et l’un des restaurants les plus onéreux de Kinshasa, modestement et très apolitiquement nommé le Petit Trianon.

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Le petit Trianon (Source)

Le petit Trianon (Source)

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Le mur d’entrée de la concession du Cercle est orné d’un gigantesque « coq français » en céramique, à gauche de l’entrée, plus un autre aux couleurs du drapeau, peint, sur le mur à droite, sous l’inscription « Maison de France ».

Le Cercle est ouvert tous les jours mais ferme à 22h, et à 17h le dimanche.

Voyez le tableau ??? Tout cela représente, de manière très officielle donc, la France.

Je répète : ces lieux représentent la France à Kinshasa.

Quelles ont été les manifestations organisées par ces différentes structures ?

  • Le Cercle : rien, nada, nibs de nibs. L’UFE, au niveau international, s’est quant à elle fendue d’une manifestation hyyyyyyyyyyyyyyyyyyyper lourde question impact et représentativité : une « marche virtuelle », dont la complexité (il suffit, si tu es inscrit à l’UFE, de cliquer une fois au bon endroit après avoir indiqué le pays où tu crèches) démontre avec brio la nécessaire implication des participants et la diffusion ultra large (non seulement il est impossible de partager le truc via un quelconque réseau social grand public, mais la dite marche ne figure pas sur les sites des délégations nationales de l’UFE, en tous cas pas celle du Congo) suffisent à faire oublier le fait pas du tout foutagedegueulesque que la dite marche a été mise en ligne…. Le 14 janvier. Quoi vous trouvez que c’est un peu tardif comme action et que ça fait un peu pas très « unité nationale » comme approche ??! Vous êtes d’une totale mauvaise foi, d’ailleurs moi je propose que le prochain 14 juillet soit fêté le 25 aout.

*** marche

caapture ecran UFE 1

Exemple d’e-communication ultra efficace, donc.

Exemple d’e-communication ultra efficace, donc.

1 +2***

  • L’Alliance : organisation, dès le vendredi qui a suivi les exécutions de la rédaction de Charlie, d’une exposition d’illustrations satiriques autour de l’événement pendant un mois. Rien d’autre, pas de débat, pas de réunion proposée, pas d’ouverture le dimanche de la marche nationale.

Sauf que j’y suis allée, voir « l’expo ». Abritée dans la médiathèque, c’est-à-dire pas dans le hall dédié aux expositions, les vraies. Elle se résume à un panneau de liège recto/verso sur lesquels ont été scotchés des photocopies en noir et blanc, pas franchement lisibles, de pages de journaux congolais ayant couvert l’événement, et un demi-panneau sur lequel ont été scotchées une photo de Cabu (en couleur, lui) et de Wolinsky. Ça c’est de l’investissement, ça c’est de l’hommage, une vraie réflexion sur le concept de caricature et de la liberté d’expression !!….

Peut-être que des gens ont été aussi un peu énervés par la chose, vu que, depuis la semaine dernière, est prévue de surcroît, pour le mois de février, un deuxième « expo », toujours dans les mêmes conditions, soit sur les panneaux en liège dédiées aux petites annonces de la médiathèque, présentant des caricatures (sur l’événement?) conçues par différents dessinateurs congolais. On verra bien ce qu’il en est….

 

  • L’Ambassade : mise à disposition d’un « livre d’Or » !!!! Sérieux, j’ignore qui est le/la responsable communication de l’Ambassade, mais, comment dire, il ou elle témoigne d’un manque d’à propos dans le choix de la terminologie quelque peu hallucinant. On aurait pu dire, bien des choses en sommes, en variant le ton, comme par exemple livre de soutien, cahier de témoignages citoyens, recueil de condoléances…. Le dit livre n’a été accessible que pendant 3 jours, du 12 au 14 janvier, soit après le jour de deuil national et après la marche nationale, et seulement pendant les heures d’ouverture, et pas une minute de plus. Il était disposé à l’intérieur du bâtiment consulaire, soit bien APRES le passage des contrôles d’identité, ce qui signifie que pour les personnes n’étant pas ressortissantes françaises et ne cherchant pas à avoir de visa, bin c’est mort : si t’es pas français t’as pas à te sentir touché par l’événement et en tous les cas pas le droit de vouloir témoigner de ton soutien aux morts, à leurs familles ni à la France. C’est ce qu’on appelle un coup de comm’ de folye côté « ouverture sur le monde » ça coco!!

Le fameux dimanche 11 janvier, quand plus de 3 millions de français communiaient ensemble, le fameux « Livre d’Or » n’était pas encore disponible, l’Ambassade était fermée as usual et n’avait rien organisé, pas même un discours (ce jour là, ni avant, ni après), l’Alliance était aussi fermée et le Cercle restait identique à lui-même.

Quand un ressortissant français eut la bonne idée de mobiliser son large réseau (pas comme le mien donc) pour inviter ses compatriotes et ceux qui voulaient à se rejoindre autour d’un verre ce fameux dimanche, le tout à 19h au Cercle et en a officieusement informé l’Ambassade, le Cercle n’a pas prolongé ses heures d’ouverture malgré le côté exceptionnel de la chose. Assez logiquement, quand les gens sont arrivés dans leur voiture et qu’ils ont vu le portail fermé, ils sont donc repartis (à ma connaissance au moins une cinquantaine de personnes).

Voilà.

« Union nationale », « événement national », « deuil national », « atteinte à la France » ??? Pour l’Ambassade et ses petits chiots, cela n’est pas entré en ligne de compte, cela ne méritait pas qu’on en fasse pas même une occasion de se réunir.

 

Cerise sur le gâteau

Comme si cela ne suffisait pas, il s’est passé un truc…. Un truc tellement merveilleux que cela m’a fait passer l’envie d’aller inscrire quoi que ce soit dans ce si mal nommé « livre d’or », de peur de ne pas réussir à réfréner mon envie subite d’insulter le personnel de l’Ambassade, digne représentation de la « France des Droits de l’Homme ».

Le vendredi qui suivit les exécutions chez Charlie, une petite quinzaine de personnes, majoritairement des Congolais mais aussi quelques Blancs (j’ignore s’ils étaient français), se sont regroupés devant les murs de l’Ambassade de France avec des panneaux « je suis Charlie ». Ils ne criaient pas, ils n’ont pas tenté de pénétrer dans l’enceinte de l’Ambassade. Ils étaient juste là pour soutenir Charlie et son pays. Notre pays et sa valeur « sacrée » qu’est la liberté d’expression.

Que croyez-vous, chers/ères Inconnus/es, qu’il se passa ?

Hé bien la « manifestation », soit 15 quidams silencieux avec des feuilles A4 brandies les bras levés, donc à l’évidence une foule outrageusement belliqueuse, fut « dispersée » par les jolis Robocop locaux, les joyeux drilles de la PIR, c’est-à-dire l’équivalent de nos CRS, uniforme compris.

***rob

les Robocop kinois, ce sont eux. (Ceci est un recadrage d’une photo de © Christophe Rigaud, lors de la manifestation, ou plutôt la tentative de manifestation contre la réforme de la loi électorale du lundi 12 janvier 2015 à Kinshasa)

Les Robocop kinois, ce sont eux. (Ceci est un recadrage d’une photo de © Christophe Rigaud, lors de la manifestation, ou plutôt la tentative de manifestation contre la réforme de la loi électorale du lundi 12 janvier 2015 à Kinshasa)

ocop 

Yes.

Oui oui oui.

Des gens, des Congolais, sont venus témoigner pacifiquement de leur soutien à la « valeur française » qu’est la liberté d’expression et aux « morts nationaux » que sont les 12 (ce jour là, à cette heure là, les 5 autres étaient encore en vie) personnes de la salle de rédaction de Charlie Hebdo devant l’Ambassade de France, et furent violemment (ici la Force publique est rarement autre chose que violente) remis à leur place : le néant.

Last but not least : le truc, c’est que la vitesse de réaction de la force publique congolaise est proche de celle de l’escargot. (si les flics et militaires sont là lors des manifestations, c’est qu’elles sont prévues).

Alors, même si je n’ai aucune preuve de ce que j’avance, on peut légitimement supposer à défaut de savoir, que c’est quelqu’un de l’Ambassade, et forcément quelqu’un de haut placé, qui a appelé les Robocops.

Nausée et double gerbouille.

A part ça tout est normal hein.

« Etre né sous l’signe de l’hexagone c’est pas franchement une sinécure

Et le roi des cons sur son trône il bosse à l’ambassade de France à Kin ça j’en suis sure. » (Renaud m’excusera de déformer son texte).

Et Bonne Année à toutes et tous mes Inconnus/es.

Pour vous la souhaiter de manière moins pas glop, voici la principale caricature congolaise sur Charlie.

**** je su

© Kash

© Kash

is charlie***

 

UPDATE Post article :

Rayon connerie made in French Ambassy, sur un tout autre sujet, celui de la protection des ressortissants, ils ont fait très fort lors de la semaine d’émeutes et répression policière. Vraiment fort. En gros, ils ont juste… rien fait.

Le truc le plus top moumoute, c’est que leurs consignes (en gros, « ne sortez que si c’est nécessaire et évitez les foules ») ont été transmises…. Sur leur site Internet. C’est-y pas fort ça, quand le pays entier s’est retrouvé sans accès au Net ?

Mais ils n’ont pas fait, ou plutôt pas pas fait, que ça. Alors que la Belgique, le Canada, les USA, ont fermé leurs écoles dès le mardi, alors que toutes les écoles publiques et privées congolaises ont fait de même (quand, en ce qui concerne les universités, elles n’étaient pas occupées par des étudiants en colère évidemment), la France…. N’a juste rien fait. Du tout.

Il faut savoir que, contrairement à ce qui se passe sur le territoire français où les proviseurs/ses sont responsables directement de la sécurité de leurs élèves et ne reçoivent de directives que du rectorat et du préfet, les directeurs d’établissements français à l’étranger sont assujettis aux consignes de l’Ambassade. Théoriquement, ils ne peuvent rien décider de leur propre chef. Le résultat magnifique de cet état de fait et de l’inertie absolue de l’équipe de l’Ambassade de France à Kinshasa a été que les élèves se sont retrouvés entre 3 et 5 par classe (bin oui, les parents ne sont pas cons), et que tous les jours de cette semaine faste, les élèves qui venaient étaient invités à repartir entre 2 et 4 h après leur arrivée. Invités seulement, vous noterez. Les pauvres mômes de parents optimistes qui se sont retrouvés en classe le jeudi, par exemple, ont regretté amèrement leur présence, puisque, dans la classe de mon gnome en tous cas, un prof ultra brillant a eu l’idée de « les faire parler »… et n’a plus ouvert la bouche pendant que les gamins échangeaient leurs expériences traumatiques internationales diverses en alimentant ainsi leurs peurs, ce sans que la charmante prof ne songe que son « idée brillante » aggravait les choses plus qu’elle ne les calmait. Heureusement que mon gnome à moi est exceptionnel côté flegme hein. Enfin bon.

Le truc qui rend ces faits encore plus « pertinents » et pas du tout choquants, c’est que le complexe maternel/primaire, lui, a suivi des consignes plus strictes et a bel et bien fermé plusieurs jours. Serait-ce que sa localisation l’exposait plus directement de potentiels troubles ? …. Bin en fait c’est plutôt le contraire. L’école primaire et secondaire se trouve au bord du fleuve, juste en face de la résidence de l’Ambassadeur, soit sur l’un des bords de la commune la moins touchée par les troubles quand ils adviennent (à la vérité, ce coin là n’a été touché par les pillages/combats que 3 fois dans toute l’histoire postcoloniale de la RDC hein –en 1993, 2003, 2006 et dans une toute petite mesure en 2011). Par contre, le complexe secondaire,

1) est ouvert,

2) n’a pas de « safe zone »,

3) se trouve de l’autre côté de cette commune, soit à quelques centaines de mètres de la frontière avec une autre commune, beaucoup plus populaire, elle, et où des mouvements ont été signalés.

….. Décidément, vraiment, le Roi des Cons bosse bien à l’Ambassade de France à Kinshasa…

 

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Ubu à l’aéroport

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , on 17 novembre 2014 by violemmenthumaine

 

Mon Inconnu/e,

Peu après que l’on se soit agité et qu’on ait chié fait passer en accéléré un Patriot Act à la sauce camembert  sans que presque personne  (quand même ! ) ne lève un seul sourcil et où si peu d’élus n’aient tenté (et réussi, merci à tous les sus-mis-en-lien) d’amender le truc (sauf les Verts), le tout sans en parler ou presque, on pourrait croire que les frontières du monde entier sont du gruyère, que la Mondialisation avec un grand M a définitivement tout conquis, et que puisque tant de monde en pâtit voit l’impact plus ou moins directement dans sa vie, passer d’un pays à un autre, s’y installer si tant est que l’on passe par les voies légales et que l’on ne soit pas pauvre, communiquer et acheter des produits d’un pays à un autre serait du nanan.

**** gif dalai lama mort de

dalai lama mort de rire devant question con

rire devant question con****

Bon, sérieusement : reprenons les affirmations juste pour voir.

1) Voyager d’un pays à l’autre c’est facile.

1bis) S’installer à l’étranger, ce n’est un problème que lorsqu’on est pauvre/gros hippie/illégal.

Avant de contre-illustrer ces affirmations, je reprécise que tous mes exemples, réels, ne concernent (à une exception près) que des personnes de classe aisée (entre 2000 et 25000 euros par mois pour la famille), dont les séjours multiples en des points éloignés de la planète sont toujours liés à leur parcours professionnel et familial.

Attachez vos ceintures, on plonge encore une fois en Absurdie. Kafka n’a qu’à bien se tenir.

On disait donc : Voyager d’un pays à l’autre c’est facile. S’installer à l’étranger, ce n’est un problème que lorsqu’on est pauvre/gros hippie/illégal.

mmmm

mm

1) C’est moins facile quand tu es Noir.

mmmm

• Je ne suis jamais allée aux Etats Unis de ma vie, mais j’ai remarqué qu’aucune de mes connaissances à la peau blanche ne semble avoir eu de souci à l’aéroport en arrivant. Par contre, N., l’honorable doyen d’une des meilleures universités de son pays d’Afrique de l’est, qui passa la majeure partie de sa vie professionnelle à travailler dans les plus hautes sphères internationales, préfère ne plus se rendre aux USA depuis 2003. Tant pis s’il voit son fils aîné, qui vit depuis 25 ans là-bas et qui a la nationalité américaine, beaucoup plus rarement. Il a bien continué ses voyages pluriannuels pendant quelques années après le 11 septembre, mais a laissé tomber le gant après deux ans où il n’a jamais passé moins de 2h30 devant les agents de la Migration. Jamais. Moins. De. 2h 30.

• A., brillant sénégalais dont les travaux touchant aux droits fonciers font autorité depuis suffisamment longtemps pour qu’il soit employé en tant qu’expert par les Nations Unies, différentes universités européennes, etc. etc. , a réussi à convaincre sa femme, brillante femme d’affaires mère d’étudiants aux parcours sans faute, de ne pas s’installer en France, ce qu’elle souhaitait pourtant ardemment depuis plusieurs années. Comment s’y est-il pris ? Il lui a suffi de lui raconter son dernier passage en douane à Roissy. La dernière fois qu’il était invité en tant qu’expert mandaté de l’Union Européenne à un colloque international sur les conflits fonciers à Paris…. Il a passé 2 jours (2 jours !!!) retenu à Roissy par les autorités migratoires. Qui ne croyaient pas que cet immense homme à la peau nuit sans Lune puissent avoir un passeport diplomatique. Qui lui ont parlé en « petit nègre » pendant 48 heures, et qui se sont miraculeusement évaporés dans la nature quand des envoyés ministériels sont venus s’enquérir de leur protégé, inquiets de l’avoir vu manquer le cocktail de bienvenue du colloque.

• C. chercheur économiste congolais, a quant à lui connu une expérience sans doute unique : celle de manquer se faire emprisonner dans les geôles de l’aéroport d’un pays sud-américain pour « être venu d’un pays qui n’existe pas ». Invité d’honneur du gouvernement pour un séminaire de recherche macro-économique, il n’a du sa liberté qu’à l’arrivée pétaradante et courroucée du cortège ministériel en costume militaire. On était pourtant en 2010, soit 13 ans après la transformation du « Zaïre » en « République Démocratique du Congo », mais le logiciel des agents de la Migration n’était pas au courant….

*****

***

2) Un passeport neuf valable au moins 6 mois après la date de ton retour prévu tu auras sinon dans la panade tu seras.

mmm

Ceci est un truc SUPER IMPORTANT.

immigration aéroport

La file d’attente que tu ne pourras pas quitter si tu n’as pas les fameux 6 mois post retour de validité.

La preuve: c’est toujours communiqué par un astérisque renvoyant à la phrase en typo taille 6 en bas de page sur les sites des agences de voyage et des compagnies d’aviation…

Tant qu’on vaque au sein de l’espace Schengen et que l’on est ressortissant, on s’en fout, et c’est parfois le cas pour les voyages entre des pays appartenant à l’une des multiples communautés économiques du monde (pas moins de 6 en Afrique !).

Mais dans tous les autres cas, c’est vrai. Si jamais tu l’oublies, tu auras bien ton billet, parfois même ton visa (mais comment se fait-ce, hein ?. Seul Administrevil le sait), mais tu te feras gentiment chartériser à l’arrivée, au départ ou même en cours de route (c’est la surpriiiiiiiiiiiiiise).

* C’est ce qui arriva à J.
J. est de nationalité française et burundaise. Il a 19 ans et fait un BTS. Cela fait deux ans, depuis l’année de son bac, qu’il n’a pas vu ses parents, qui vivent actuellement au Kenya. Les dernières vacances avant l’examen final de son BTS, son père lui paye un billet pour une semaine de vacances avec eux. J. et sa famille sont super excités, ils ont prévu un max de trucs, teufs, sorties, safaris, des cadeaux comme s’il en pleuvait. J. s’envole et atterrit à Amsterdam à plus de minuit pour prendre son vol intercontinental. Seulement il ne prendra pas son avion. Son passeport n’était valide…. Que jusqu’à 4 mois après la date de son vol retour Nairobi/Paris. Ce jeune homme de 19 ans a du passer sa nuit dans l’aéroport et reprendre un avion pour son chez-lui –non payé ni même proposé par la compagnie d’aviation ni le service de la Migration bien sur-. Evidemment, dans ces cas là, aucun remboursement ne peut être attendu pour le billet d’avion…. J. a du attendre encore longtemps avant de revoir sa famille.

• C. était bien couillonne : elle se disait que puisque sa fille M., de nationalité burundaise et anglaise, rentrait dans sa patrie de naissance, peu importait que son passeport burundais soit périmé depuis 2 mois. Peu importait qu’il leur ait été impossible de l’avoir renouvelé puisqu’ils résidaient depuis 2 ans à Bangui, capitale de la Centrafrique…. Pays où le Burundi n’a pas d’ambassade, et où par conséquent il est impossible de renouveler ses papiers d’identité burundais. M, qui retournait voir sa famille pour les vacances d’été, avait 12 ans. Vol accompagné et tout. Elle fut néanmoins retenue pendant des heures. Jusqu’à ce que l’une des personnes qui l’attendait ait enfin l’idée de lui faire sortir son passeport français, valide, lui. Ce n’est qu’à la provision de cette pièce d’identité, étrangère donc, que M pût sortir de l’aéroport de son propre pays.

mmmmmmm

mmmm

3) Voyager, c’est suspect.

mmm

Déjà, selon les pays et les compagnies d’aviation, même si tu ne viens passer qu’un week-end pour un mariage, on récupérera tes empreintes digitales ou/et ton empreinte rétinienne. A l’entrée. A la sortie.

plplp

 source :
J’ai eu plusieurs passeports dans ma vie. Mon Barbu encore bien plus.

Je ne sais pas ce qu’il en est quand les visas qui s’accumulent sont pour l’Espace Shengen, les USA-le Canada-le Japon -l’Australie-la Nouvelle-Zélande, mais je peux vous dire que le temps passé devant les gentils policiers de la Migration est proportionnel au nombre de pages estampillées de pays du continent noir, et bien sur plus encore si vous êtes passé par la péninsule arabique.

Evidemment, quand vous êtes HP*, vous avez en plus la fâcheuse habitude d’ajouter le politiquement sulfureux à une liste de visas tous plus « exotiques » les uns que les autres, et très rapidement pléthorique (les vols directs Europe-Afrique sont rares en fait [en fait non. Ils reflètent le passé colonialiste, c’est tout : les vols directs Londres/Afrique mènent aux anciennes colonies de la Couronne, idem pour la France, la Belgique etc.], et inexistants ou presque d’un pays africain à l’autre –pays « hubs » mis de côté).

Genre, passer la guérite Migration d’un aéroport international avec un passeport tout décati (Révélation : non, le papier des passeports n’est pas immunisé contre la chaleur, l’humidité, le sable (ni les termites, rats et autres bestioles. Mais ça tu peux le contrer : coffre-fort mon ami. Qui ne pourra néanmoins rien contre l’humidité) avec un visa de la Syrie, ou du Liberia ou du Soudan ou du Mali ou de la Somalie (ou de plusieurs d’entre eux à la fois) implique que tu y passeras nettement, nettement, nettement plus de temps que les autres. Je te raconte même pas si tu es un homme et que tu portes un truc ressemblant même de loin à une barbe (même une moustache ou un bouc ça suffit à te cataloguer comme terroriste potentiel).

mmm

controle passeport

Barbu et il passe comme ça?! La main à couper qu’il n’a pas de visa libyen/somalien/soudanais dans les pages de son passeport, lui 😉

mmm

Soyons clair, il est des aéroports où le voyageur sera examiné encore plus attentivement que dans d’autres, notre palme personnelle revenant à l’aéroport d’Heathrow (celui de Londres quoi), dont les protocoles sécuritaires furent à l’origine du premier traumatisme de notre gnome et où les destinations « douteuses » de nos passeports respectifs nous retinrent plus de trois heures. (oui tu as bien lu).

mmm

mmm

4) C’est moins suspect si tu es riche

mmm

Pour obtenir des visas, souvent (mais pas toujours, loin de là), on vous demande de fournir des bulletins de salaire ou/et des relevés bancaires. Cela peut parfois être très clairement problématique.

Ainsi, mon amie B., coincée à Nairobi pour cause de masochisme gentillesse invétérée, ne pouvait pas obtenir le visa pour son propre pays, le Sénégal. Comme elle ne pouvait prouver sa nationalité sénégalaise car elle avait oublié le passeport idoine à Dakar, elle devait donc obtenir un visa à l’aide de son passeport gabonais. A l’époque, il n’y avait encore aucune ambassade sénégalaise à Nairobi, donc, comme souvent dans ces cas là, c’était l’ambassade de France qui assurait les services consulaires sénégalais.

Et comme toujours dans ce cas de figure, les critères pour l’obtention du visa étaient ceux de l’espace Schengen. Ne me demandez pas comment ni pourquoi (les sites officiels ne témoignent pas de telles exigences), mais l’un des critères discriminants pour l’obtention du visa est de pouvoir prouver que l’on possède un compte en banque possédant au moins 2000 euros.

Je passe sur le fait que la proportion de la population africaine qui possède un compte en banque est loin d’être majoritaire (même si elle est en perpétuelle augmentation), mais…. Sérieusement : 2000 euros ???!!!! C’est rigolo, non : au moins la moitié de mes connaissances en France, moi y compris jusqu’à il y a peu ne pourrait donc pas obtenir le visa Schengen !!! B était donc, évidemment, dans l’impossibilité d’avoir son visa. (Rassurez-vous, elle a fini par partir quand même, et n’a même pas fini en taule en arrivant. Heureusement qu’elle avait un ex qui bossait à la douane de l’aéroport quoi).

Enfin, il ne faut pas oublier que les relations diplomatico-politiques entre le pays de départ et celui d’arrivée peuvent également sérieusement handicaper vos démarches. Par exemple, depuis que le fils de l’Ambassadeur du Pays Fort Fort Lointain a une affaire de viol au cul dans notre douce France, la procédure pour l’obtention du visa a, comme c’est bizarre, totalement changé et est devenue très problématique… Le fameux critère financier est ainsi devenu un pré-requis, alors qu’il n’existait pas du tout avant ; les délais ont été triplés ; etc etc.

pkpkp

Bref : non, voyager ne se fait pas siiiiiiiiiiiiiiiiiii facilement que ça, n’en déplaise à ce que l’on peut entendre.

oioho

Parfois, vouloir bouger de  pays en pays, c'est très exactement ça.

Parfois, vouloir bouger de pays en pays, c’est très exactement ça.

De l’intérêt d’avoir le portefeuille de Manu Chao si tu mets tes mioches à l’école française au Congo

Posted in Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , on 13 novembre 2014 by violemmenthumaine

 Bon.

Ça y est mon Inconnu/e préféré/e, j’ai enfin rejoint le Pays Fort Fort Lointain et mon Barbu.

Je ne sais pas trop si je pourrais vraiment publier ici autant que je le voudrais : Orange se fait des couilles en diamant ici moi je te le dis, et le forfait illimité n’existe tout simplement pas, donc à 100$ les 10 Ga, tu te doutes bien que la production risque d’être limitée.

Mais là tout de suite là maintenant, je suis énervée et cracher ma dernière valda en date me fera du bien. Dont acte.

So what ?

Quand tu as des schtroumpfs, même un seul comme mézigue (phénomène trèèèèèèèèèèèès rare chez les expats ayant passé le pas de la parentalité), et que tu vis régulièrement dans des contrées sauvaaaaaaaaaaaaaaages, tu mets forcément le dit schtroumpf dans une École Française à un moment ou à un autre.

Je ne parlerai pas (en tous cas pas cette fois) des marigots pédagogico-éducativo-administratifs des établissements en question.

Nan. Je parlerai du reste.

De comment mettre ton gnome dans une école française à l’étranger te fera automatiquement sentir des envies d’attentats une grosse merde en décalage avec le reste de la population de la dite école, aussi bien du côté des élèves et de leurs parents que de celui de l’équipe « pédagogique » (que de toute façon tu ne verras jamais).

Certes, il ne faut pas faire de généralités, et certes encore, nous avons pu noter des différences notables dans les différentes écoles des différents pays où nous avons séjourné en famille.

On est toujours le Pauvre (et le Riche) de quelqu’un

Mais un fait est indéniable dans tous les cas : dans toutes les écoles françaises à l’étranger, la majorité des élèves sont enfants de Je-suis-le-roi-du-monde-et-je-te-conchie-tu-es-à-peine-digne-de-me-servir-de-paillasson.

*** dolden

dolden tooth

La même classe, la même ouverture d’esprit règne parmi les rangs de la plupart des élèves des écoles françaises à l’étranger en terres africaines.

tooth gif**

Encore une fois, selon les pays et le contexte économico-politique des dits pays, un semblant de classe moyenne sera présent, ou pas.

Ici par exemple, dans le Pays Fort Fort Lointain, tu oublies : ce n’est pas encore une destination « familiale », et la population y est forcément beaucoup moins éclectique qu’à Nairobi par exemple. A vue de nez, je dirai qu’au moins 90% des élèves sont enfants d’ambassadeurs, Chefs du Monde HP*, et gouverneurs/ministres/« businessmen » locaux, les 10% qui restent étant issus de personnel d’ONGs moins/peu rémunératrices.

Comme depuis toujours partout ailleurs, le rang social et la thune qui va avec vont de pair avec un certain nombre de signes extérieures et de comportements ad hoc.

Et ici comme ailleurs, nous ne collons pas avec le package requis.

*** réussir à se faufiler

réussir a se faufiler dans le sens contraire

C’est tout nous ça 😉

dans le sens contraire gif

Ici, les parents ne viennent pas chercher leur enfant, du moins pas au collège (c’était différent en primaire) : ils envoient leur chauffeur. Quand bien même le géniteur ou la génitrice daignerait passer récupérer son/ses augustes chiard/s, il ou elle ne s’abaissera pas à descendre de son hummer étincelant mais restera tranquille à bénéficier de sa clime.

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index

Typique de la voiture du parent d’élève ici (en version blanche pour les HP*)

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Or, moi, je viens chercher mon gnome. En taxi, qui, malgré le fait que la voiture soit susceptible de passer avec succès un contrôle technique, reste vieille, et bien sur une voiture de ville, pas un gigantesque 4×4 à peu près inutile dans le quartier où tout ce beau monde, y compris moi, habite. Et je descends de la voiture à chaque fois (en même temps, à l’arrêt, rester dans une voiture non climatisée équivaut ici à se payer un petit sauna gratos).

J’ai même fait pire : une fois, mon taxi habituel m’a fait faux bond. J’en ai donc appelé un autre. Une fois qu’il fut arrivé, il était bien trop tard pour tenter une autre alternative. Je suis donc partie dans une épave à peine digne de la casse, avec ses phares de travers, sa rouille martelée sur la moitié de la carrosserie et ses vitres fêlées quand ce n’est pas tout bonnement explosées. Là, il nous fut tout simplement interdit d’entrer dans la parcelle de l’école avec les autres voitures, sous l’argument sorti de nulle part que « seules les voitures à plaque diplomatiques sont autorisées à rentrer ».

O

mynewcar4

Type de voiture avec laquelle, non, tu n’as pas bon. Source

o** source

Tout ça n’est pas bien grave vous allez me dire mes Inconnus/es. En ce qui me concerne, j’y survis sans problème c’est clair, merci même si parfois cela me donne des envies de taper très fort et que je prends grave mon pied quand je vois les même gens qui me fuient tenter de me faire des ronds-de-jambes quand ils s’aperçoivent au détour d’une soirée que la « pauvre » que je suis est pote avec des « gens IMPORTANTS ».

Pour le gnome, c’est moins anodin voyez : quand tes parents et toi-même devenez un sujet de grosse blague, qu’on rie de toi, ça n’aide pas mucho mucho à trouver ta vie quotidienne (car oui rappelons-le, l’école est la vie quotidienne des marmots assez veinards pour être scolarisés) funky winky.

Partout, tout le temps, on a renvoyé à la gueule de mon gnome notre « pauvreté ». C’est ainsi qu’il a perdu un pote libanais après qu’il soit venu jouer chez nous : ses parents lui avaient purement et simplement interdit de remettre jamais les pieds chez « des mendiants ».

Ce qui est génial, c’est que presque partout ailleurs qu’à l’école (ou alors ça ne compte pas parce qu’on choisit nos amis tu vois), je/nous sommes « riches », voire très riches.

C’est bien de toi que les enfants de rues, mendiants et vendeurs divers et variés attendront la corne d’abondance, c’est bien toi qui auras automatiquement un premier prix proposé entre deux et dix fois le prix normal du marché. Et c’est normal, hein, rien à dire là-dessus (c’est à toi de trouver celui et celle qui n’en aura rien à foute, de la thune que tu as de plus que lui/elle.).

C’est l’une des caractéristiques fondamentales, à mon sens, de la vie d’expatrié européen en Afrique : on y est toujours le Riche ET le Pauvre de quelqu’un, simultanément.

Mais en y réfléchissant, cet aspect de la vie sociale en milieu expatrié est plutôt chouette : ça permet d’inscrire dans la tête du gnome (et la notre) mieux que tous les discours :

1) La relativité de toutes choses

2) Le respect des moins favorisés que soi

3) La véracité d’un concept bien passé de mode mais toujours bien réel : la lutte des classes. Et ce que ça veut dire de le vivre.

Rien à foutre de l’élève

Le deuxième aspect qui me chauffe les roubignolles que je n’ai pas dans les écoles françaises à l’étranger est cette permanente impression que l’on se fout éperdument, totalement, viscéralement, de l’élève.

Parfois, je dis bien parfois, c’est-à-dire quand il y a des alternatives valables à l’école française (comme à Nairobi par exemple), et histoire de ne pas perdre ses parts de marché (bin oui, pour rappel : l’école publique française à l’étranger n’est jamais gratuite), les établissements font des efforts histoire de rester dans la course.

Mais le plus souvent, comment dire….

La communication avec les parents, et directement avec les élèves, est proche du néant. Transmission de l’emploi du temps, explication des groupes de travail, présentation des services -ou de leur absence- : aucune, jamais.

****tout le monde disparaît

tout le monde disparait pr ne pas répondre

Tu veux une info ? T’as intérêt à courir vite.

pour ne pas répondre gif

Alors que le départ et l’arrivée en cours d’année de plusieurs élèves est monnaie courante pour ces écoles, aucune procédure n’est jamais prévue (du moins d’après notre expérience) pour que le nouvel élève s’intègre.

Vous faîtes les démarches, vous envoyez les dossiers, vous vous agitez histoire de minimiser le fait que ce n’est pas super easy de changer d’école en plein milieu de trimestre ? Personne ne vous répond, et quand vous arrivez, aucun dossier n’est prêt, le gnome comme vous ignorez tout de tout.

Rhoooooooooooo c’est pas bien grave, en deux semaines c’est réglé et c’est clair qu’après avoir emporté 2 kg de fournitures et bouquins pour rien plusieurs jours de suite le dit gnome se remémorera parfaitement à quel groupe il appartient, pas la peine qu’un professeur daigne l’en informer avant, hein.

Peu importe que ce manque d’information entraîne des erreurs dans la remise des devoirs : le schtroumpf écopera de quelques heures de colle histoire qu’il s’en souvienne, non mais. Cela se fera sans message écrit (ni oral, d’ailleurs : pour ça il faudrait réussir à voir les profs ou la vie scolaire, qui décampe de l’établissement à la vitesse de la lumière) ni information quant à la date et aux horaires des dites colles.

Pas grave si le minot se tape des heures d’attente pour que le taxi arrive, ou qu’au contraire la mère/le chauffeur/le pape se retrouve bloqué comme un con à attendre.

Une autre différence rémanente, aussi, entre les établissements publics français en hexagone et ailleurs : ailleurs, on ne daigne jamais informer à l’avance, voire informer tout court, de l’absence des professeurs. Et, bien sur, elles ne sont jamais justifiées auprès des parents ni des élèves. Je suis sans doute ultra mauvaise langue de trouver douteux que le prof X, à Nairobi, donnant cours le jeudi de 15 à 17h mais pas le vendredi, ait été absent UNE FOIS SUR DEUX ce jour là à ces heures là (parce que, si si, il était bien là la matin, comme c’est bizarre) : nooooooooooooooooooon, rien à voir avec un week-end prolongé sur les plages de sable fin voyons.

De même, je suis extrêmement exigeante de penser que l’absence de profs donnant cours à 15 et 16h lundi dernier aurait pu être communiquée aux parents durant la matinée, par exemple, et pas seulement à partir du début des heures concernées. Ce qui, en ce qui concerne mon gnome, a entraîné plus d’une heure d’attente, normal, le temps que les autres élèves passent le coup de fil, avant que je sois jointe, et donc encore une demi-heure en plus le temps que j’arrive.

Histoire de minimiser les coûts, les facilités destinées aux élèves seront toujours à minima du moment que ce manque ne provoque pas de désertion d’élèves et de la thune de leurs parents. Ainsi, ici, où l’école française règne en maître quasi absolu à partir du secondaire (ce n’est pas le cas pour la maternelle et la primaire) et ce alors, rappelons-le, que la température dépasse les 30° presque tous les jours avec un minimum de 65% d’humidité, les seules fontaines à eau (il y a bien les WC, mais l’eau n’est pas potable. VRAIMENT pas potable) de l’établissement….. sont dans le bâtiment de l’administration et de l’équipe pédagogique, et les élèves n’y ont pas accès.

Ce que la CPE a gentiment oublié de me dire le jour de notre arrivée, ce alors que je le lui ai précisément demandé si les élèves avaient accès à des fontaines. Pas grave si mon gnome a donc eu une bonne insolation après son premier jour, pour lequel je ne lui avais pas donné de bouteille d’eau puisqu’il était sensé en avoir à disposition.

Mais je suppose que ce n’est pas nécessaire d’installer des fontaines à eau dans l’établissement puisque, juste à côté, se trouve le bar/restaurant de l’Alliance française, où tous les élèves squattent et mangent quand ils ont cours l’après-midi : il est naturel que ces pré-ado et adolescents aux slips cousus d’or et d’argent dépensent 2$ à chaque fois qu’ils ont soif, hein. (Oui, encore, toujours le même point).

Mais, puisqu’on vous le dit, tout ceci est bien l’incarnation de « l’Excellence à la française ».

**** jouer du

jouer du pipeau

pipeau gif***

Djibéou (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 1)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , , , on 21 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

La preuve avec:

Djibéou

Burkina Faso (♥♥♥♥). Dori.

Je n’ai même pas 20 ans, c’est ma première fois en Afrique, ma première fois hors d’Europe.

A la routarde, un sac à dos 120 litres et 1600 Francs pour 6 mois, j’accompagne mon Namoureux (déjà Barbu) qui vient y faire son stage de fin d’études. Tant que le stage n’est pas commencé, on dort à l’arrache dans des hôtels miteux ou nous sommes reçus chez des rastas du coin rencontrés la veille. Mais, pour ses 4 mois de stage, on est accueilli comme convenu chez D., un fonctionnaire burkinabé, Mossi de la capitale nommé contre son gré dans une sous-préfecture aux portes du désert, qui méprise les gens du coin et hait les Blancs. (Ambiance).

D. habite seul et emploie à temps complet Djibéou, qu’il nous présente en le désignant de la main : « ça c’est mon boy ».

*** boy

Hé ouais, je n’aurais jamais cru entendre le mot « boy » hors des pages de Tintin au Congo, et encore moins dans la bouche d’un africain. Cet artefact datant de la colonisation a été mis en vente à 50€ et adjugé à 130€ à l’Hôtel des ventes de Troyes l’an dernier

Hé ouais, je n’aurais jamais cru entendre le mot « boy » hors des pages de Tintin au Congo, et encore moins dans la bouche d’un africain. Cet artefact datant de la colonisation a été mis en vente à 50€ et adjugé à 130€ à l’Hôtel des ventes de Troyes l’an dernier

****

Quelques semaines après notre arrivée, D. part pour deux mois en stage dans sa chère capitale.

Nous voilà seuls avec le jeune Djibéou.

Me voilà seule avec Djibéou (bin oui, le Namoureux la journée, il est en stage).

Bon.

On lui donnait depuis le début autant que ce lui paye D en plus pour le taf que nous lui occasionnions en plus, cela ne changea donc pas nos habitudes. Mais on commençait à en avoir marre de manger les trois mêmes repas en boucle depuis notre arrivée et maintenant je savais parler un peu un peu le peul. Je me mis donc à faire les courses au marché et à faire la cuisine. Je n’osais pas, voire même je ne pensais pas à faire des remarques sur son travail à Djibéou : après une semaine durant laquelle j’avais relavé tout notre linge après lui, je faisais désormais moi-même la lessive tout court à sa place. [Je ne suis même pas clean freak, juste que le look tout latérite semblait trop Mad Max à mon goût, tout comme à l’ensemble de la population locale d’ailleurs, où seuls les Fous –il n’y avait pas d’enfants des rues ni de sans abri à Dori, à l’époque en tous cas- sortent dans la rue vêtus de tissus qui ne soient pas d’un blanc ou d’une couleur étincelante.]

**** photo

Ça, c’est une photo que j’ai prise par la fenêtre de la maison un après-midi durant la période de l’harmattan. Idéale pour un teint d’un ocre uniforme sur la peau et les vêtements du plus bel effet fantomatique.

Ça, c’est une photo que j’ai prise par la fenêtre de la maison un après-midi durant la période de l’harmattan. Idéale pour un teint d’un ocre uniforme sur la peau et les vêtements du plus bel effet fantomatique.

tempête*

mines

Enlève le casque et la lampe frontale et t’as le latérite look, bien dirty muddy, du genre à s’incruster bieeeeeeeeeeeeeen au « cœur de la fibre » comme dirait Ariel. (Musclator on m’appelait à mon retour ^^ après 6 mois de lessive à la main)

* mines**

Bref : Djibéou n’avait plus qu’une heure grand max de boulot par jour, mais on n’osait pas l’en priver : on n’allait pas retirer le pain de la bouche d’un homme, merde ! Et puis c’est grâce à lui si je pouvais avoir une conversation de base en peul et donc faire mon marché, même si sa présence me mettait souvent mal à l’aise depuis nos échanges linguistiques.

Ce n’était pas pour rien : un beau matin, alors que je prenais ma douche, qui donc entre « sans le faire exprès » dedans et se rince l’œil bien comme il faut  (il prend bieeeeeeeeen son temps no soucy, suffisamment pour qu’il soit bien installé contre le mur quand je me retourne et le découvre)? Djibéouuuuuuuuuuuuuuuuuuu.

*** unedouch

A peu près ma gueule quand il s’est pointé.

A peu près ma gueule quand il s’est pointé.

ehorrible***

Là, pour comprendre l’ampleur du point auquel le ‘tit père se foutait de ma gueule quand il se la joua voyeur d’abord, puis quand il s’en défendit ensuite devant moi puis mon Namoureux, faut avoir une idée de ce à quoi ressemblait la dite douche.

Tout comme la cuisine, les installations sanitaires étaient à l’extérieur de la maison, l’une et les autres à des coins opposés de la parcelle.

Voilà à quoi ressemblaient les dites installations sanitaires (mais avec un mur/couloir devant, ouvert sur la droite, et pas de porte devant la salle de douche ni la salle des toilettes.)

**** salles d’ai

photo retravaillée par mes soins d’après un cliché trouvé sur ce blog)

Photo retravaillée par mes soins d’après un cliché trouvé sur ce blog)

sances

La photo (pas de moi) donne une bonne idée de la dimension du truc habituel en Afrique de l’Ouest : les toilettes, ce n’est pas un ridicule mouchoir de poche, mais une bel espace d’environ 3m/3m, ce qui limite assez efficacement les nuisances liées à ce type d’installation quand la fosse en-dessous est bien profonde et qu’elle est régulièrement passée à la chaux).

La photo (pas de moi) donne une bonne idée de la dimension du truc habituel en Afrique de l’Ouest : les toilettes, ce n’est pas un ridicule mouchoir de poche, mais une bel espace d’environ 3m/3m, ce qui limite assez efficacement les nuisances liées à ce type d’installation quand la fosse en-dessous est bien profonde et qu’elle est régulièrement passée à la chaux).

**** chiottes****

Et le gars te dit qu’il ne l’a pas fait exprès, qu’il voulait juste aller aux toilettes.

Genre, c’est possible de ne pas faire exprès de se tromper de pièce, de ne pas voir qu’on passe les chiottes sans porte et de continuer sans le vouloir jusque la douche, sans avoir entendu le bruit de l’eau qui jaillit de la pomme.

**** ange-

Djibéou était neeeeeeeeeettement moins choupinou, en fait (source-retravailllée- http://papillondereve.centerblog.net/rub-tubes-diablesse-diables--2.html?ii=1 )

Djibéou était neeeeeeeeeettement moins choupinou, en fait (source-retravailllée d’ici )

démon****

Bien sûr.

Moi et mon Namoureux étions d’accord : il était juste hors de question que Djibéou continue à venir. No way.

Mais c’est pas gentil-gentil-gentil, hein, de priver un pauvre gars en face duquel on est teeeeeeeeellement privilégié hein non ça c’est vraiment pas Petit Poney style.

On a donc, très sérieusement mais avec un visage pas content, expliqué à Djibéou que, pour avoir fait si mal son taf que je me suis mise à le faire à sa place et pour m’avoir témoigné LE manque de respect absolu (la nudité absolue, …. , comment dire, est un Tabou avec un putain de grand T pour beaucoup de peuples, et les Peuls ne font pas exception)….

Il ne remettrait plus les pieds dans la parcelle tant que D. ne serait pas de retour…. et continuerait à recevoir son salaire complet, que nous lui viendrions lui remettre en main propre chaque lundi soir.

Faut pas venir nous faire ‘ièch hein ?!….

**** gif c’est ça

c'est ça ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiis

ouaiiiiiiss*****

Voilà voilà voilà…..

Je fus donc  très « Petit Poney Style pour ma « première fois ».

**

les petits poneys style font iech

Et après Djibéou, voilà ce que j’en pensais, du Petit Poney Style.

**

Miscellanées réactualisées

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Hors case, Kenya, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , , , , on 16 mai 2013 by violemmenthumaine

 

Certains d’entre vous chers/ères Inconnus/es, venez ici régulièrement (si si, je vous vois. Enfin Google stats vous voie).

Aussi me dis-je dans mon cerveau malade qu’actualiser un peu un peu certains des « dossiers » soulevés ici pour ma survie psychique le bonheur de tous n’est pas plus saugrenu que ça.

Des sondages, de ce qu’on leur fait dire et de leur non représentativité

Il y a quelques temps je m’offusquais de voir combien mes compatriotes semblent facho et bas du bulbe voire plus décérébrés qu’une amibe sur le chômage : depuis, mes errements internautes, qui me font cabrioler de pages tumblr big lol aux « blogs » et pages où, miracle, se développent de vrais débats d’idées, m’ont faite tomber sur une analyse passionnante des modalités selon lesquelles beaucoup de « sondages » sont menées.

L’auteur n’est pas un simple quidam, mais Alain Garrigou, qui est entre autres le directeur de l’Observatoire National des Sondages. Il travaille également sur les sondages, justement (quelle surprise hein ?!). Et ce qu’il nous dit montre combien ce que beaucoup de sondages disent de nous et des autres est aussi scientifique, aussi « vrai », que le pipi de chat est efficace pour soigner la migraine.

Il conclut son article par :

« On pourrait ainsi dire que les sondages par Internet recrutent surtout les sots et les fachos. . Au cours de l’histoire, la domination sur les esprits a trouvé bien des procédés. Les sondages par Internet ont inventé une recette si judicieuse qu’elle prêterait à rire, si elle n’était si pitoyable. »

Ça me rassure sur la mentalité de mes compatriotes. Si si. Encore faut-il que nous sachions prendre du recul face à la sacro sainte « information » (les sondages, les articles, les reportages, les journaux, mais aussi les blogs, les photos, les publicités)….

D’un Amour de Jeu et d’un soi-disant « atypisme ».

Il y a quelques mois, j’avais parlé d’un projet de court-métrage.

Ça s’appelle « Un Amour de Jeu », et si j’en avais parlé ici c’est que la forme du projet, mêlant réalité filmée, animation et 3D, nécessite un budget proche de l’énorme, à tel point qu’il fallait déjà des sous pour pouvoir présenter le dossier complet auprès du CNC, lequel devait contenir des séquences en animation et en 3D.

Un budget de 6000€ devait être réuni pour pouvoir présenter le projet. La réalisatrice, Bénédicte Moufflet, avait choisi de passer par le crowdfunding, KissKiss Bank Bank en l’occurrence.

Le truc chouette, c’est que oui, le budget a été réuni, et qu’Un Amour de Jeu a pu être présenté devant la commission du CNC.

Le truc carrément pas chouette, c’est que la réponse du CNC a été négative, le projet refusé, et donc aucun budget alloué.

Et alors que peux-tu bien avoir à en talquer (sauf si tu fais partie des personnes qui ont donné sur KissKissBankBank) ?

Voilà pourquoi.

La Commission motive toujours sa décision par un joli blabla, évidemment.

Or, ce qui m’astringe les neurones et m’irrite le palpitant, c’est que l’un des principaux arguments développés est que, je cite :

 « Le style est trop typé et trop girly. »

Trop typé. Typé.

En l’occurrence, ça veut dire que les 10 « arguments » que j’ai avancés pour vous pousser à visiter la page KissKissBangBang sont trop « typés » pour toucher un large public, donc.

Tu es un gros geek, hype, tu en as marre des court-métrages sans scénar et sans image qui passent tard le soir sur ton petit écran, tu es un Bisounours, rêves en manga, cartoon et anime, tu kiffes le rock (cause is not dead !!!!!!!!!!!!), tu aimes les belles filles un peu chtarbes, tu es un gamer :  tu es trop typé, en bref tu es atypique, en marge de la société.

  • Geek : 217 millions de résultats sur Google.

Personne ne consulte jamais ces sites (liste non exhaustive). CQFD.

  • 3 708 672 visionnages sur les 50 webseries en vogue actuellement. Et encore, il ne s’agit que des séries françaises, récentes, et choisies par le site (serieweb en l’occurrence). Au rayon geek, on remarquera que la série la plus visionnée en ce moment est Noob, avec 467 432 visites. Une série qui parle de…. Joueurs de Jeux de Rôle on line, de MMRPG quoi. On est à fond dans le « atypique » , c’est clair.
  • En dehors du porn, Internet est parcouru sans cesse par des humains désespérément à la recherche du summum de la Bisounours Attitude, avec en stars incontestées des chats des chats tout ce qui peut de près ou de loin provoquer des « c’est  mignoooooooooooooooooooooon »  et autres « share the love if you have heart » en boucle en commentaire. C’est clair, le « girly », c’est trop typé….

*** shojo

Il est évidemment extrêmement rare de trouver une image de ce type on line. D'ailleurs, personne n'en cherche. Bien sûr.

Il est évidemment extrêmement rare de trouver une image de ce type on line. D’ailleurs, personne n’en cherche. Bien sûr.

à fond****

Là encore, une inconnue. Qui connaît Sailor Moon? ( 7 030 000 pages via google).

Là encore, une inconnue. Qui connaît Sailor Moon? ( 7 030 000 pages via google).

GUGUGUGU

  • Suicide Girl a 5 454 755 fans sur facebook,  192 757 abonnés sur twitter, et  plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur leur site tout court. Clair que les bombes un peu fêlées ne provoquent que peu d’enthousiasme et ne sont vraiment pas fédératrices, aujourd’hui.

****suicide girl

Gogo, une Suicide Girl très "un amour de jeu"

Gogo, une Suicide Girl très « un amour de jeu »

pictures****

Le jeu vidéo, c’est pour les enfants, tout le monde le sait. La masse d’acheteurs , de vendeurs, directeurs marketings, éditeurs, développeurs, béta-testeurs, journalistes, ont tous un sérieux retard mental.

µµµµVIDEO JE

SUIS UN GAMER

Oui, bien évidemment, peu de gens vont chercher le type d’image qui suit….

IMAGES

"trop mignoooooooooooooooooon"

« trop mignoooooooooooooooooon »

Interdit: trop typé, trop girly.....

Interdit: trop typé, trop girly…..

GEEK/K

Qui c'est qui c'est? Personne que les membres du CNC ne connaissent, visiblement.

Qui c’est qui c’est? Personne que les membres du CNC ne connaissent, visiblement.

AWAI/N

Mais, mais, c'est une fille!!! Qui joue à..... des jeux vidéos??!!! Plus que typé ça.... Un truc aussi ciblé ça devrait être interdit...

Mais, mais, c’est une fille!!! Qui joue à….. des jeux vidéos??!!!
Plus que typé ça…. Un truc aussi ciblé ça devrait être interdit…

ERD/H

I-TECH/

On a dit que le mignon kitsch était trop typé. Si si.

On a dit que le mignon kitsch était trop typé. Si si.

GAMER

IGOGOG

Mais où va-t-elle chercher des trucs pareil, hein?

Mais où va-t-elle chercher des trucs pareil, hein?

non, ceci n'est ni girly ni rocjk ni geek. Ce serait un peu chargé, irréaliste: on vous a dit qu'une telle esthétique, une telle culture, n'existe pas.

non, ceci n’est ni girly ni rocjk ni geek. Ce serait un peu chargé, irréaliste: on vous a dit qu’une telle esthétique, une telle culture, n’existe pas.

   Tout cela,

Ce gorille MENT!

Ce gorille MENT!

Ceci n'est pas en vente, car personne n'achète ce genre de truc. D'ailleurs, ceci n'est pas une photo.

Ceci n’est pas en vente, car personne n’achète ce genre de truc. D’ailleurs, ceci n’est pas une photo.

gigiigig

Pour finir, l'exemple archétypal de ce qui est viscéralement, totalement et définitivement trop "typé" pour être produit. Quel univers marginal, Diable!

Pour finir, l’exemple archétypal de ce qui viscéralement, totalement et définitivement trop « typé » pour être produit. Quel univers marginal, Diable!

hohoho

Tout cela, c’est trop typé. Mouiiiiiiiiiiiiiii.

O.K.

Il ne faut pas s’étonner que les moins de 35 ans considèrent la création majoritairement par le biais du net, et que les créateurs, d’ailleurs, pensent d’abord you-tube, tumblr et autres plates-formes.

Un Amour de Jeu ne disparaitra pas dans les limbes, d’ailleurs, le projet rebondira via Internet.

Mais j’ai moins envie d’aller au cinéma, d’un coup.

gogogogo

Les Elections supra démocratiques du Kenya,

une chic et chouette jurisprudence

ohoooh

Je parle peu du Kenya ici. Cela ne changera pas tout de suite. Mais je n’ai pu m’empêcher de pondre un ou deux articles, dont l’un peu avant le multi-scrutin, dont celui élisant le nouveau Président du Kenya.

Logiquement, je me dis que je devrais dire un mot sur les élections, maintenant qu’elles sont passées.

Le déroulement des dites élections, d’abord.

Côté morts et blessés, on reste « correct » : visiblement, quand il s’agit d’un pays africain, une dizaine de morts (à Kisumu principalement), c’est top : vous rendez-vous compte, il n’y a eu QUE ça, tranquille pépouze, on est bien en démocratie. Youpie !

Côté transparence ensuite : l’annonce des résultats a pris plus d’une semaine, presque deux en fait (génial, la ville était comme morte, on naviguait en pleine ville fantôme, les expats s’étaient tous barrés et les Kenyans ne sortaient que pour aller et rentrer du boulot)…. Suite à une surcharge des serveurs de l’opérateur téléphonique par le biais duquel les résultats des différents bureaux de vote étaient centralisés. No comment. Le truc le plus rigolo, c’est que pendant 3 ou 4 jours, l’écart entre les deux « favoris » est resté rigoureusement le même, à la tête près. Normal, les probabilités pour que cela devienne sont proches du zéro absolu mais on s’en talque : puisqu’on vous dit que tout cela a été vérifié et que tout est clean comme la première élection de Bush Junior.

Entre temps, le gouvernement a réuni la Presse internationale pour résilier une partie conséquente des droits d’exercer des journalistes, et donner « des consignes pour la couverture ultérieure des élections » à ceux qui restaient.

Résultats annoncés, le second n’est pas content, mise en appel auprès de la Commission Electorale. Presque un mois de vérifications scrupuleuses pour conclure, bien sûr, à l’exactitude des résultats annoncés.

Les résultats des élections, ensuite.

Ô joie ô allégresse, les élections du Kenya se sont déroulées dans le calme, le tissu économique de toute l’Afrique de l’est est sauvé et la respectabilité démocratique renforcée, alléluïa !

Sans surprise, c’est l’un des deux poulains, Uhuru Kenyatta, fils de Jomo Kenyatta, le premier président du pays après l’indépendance, et étonnamment riche propriétaire terrien, , qui est l’Elu.

*** Uhuru Kenyatta ; durant la cérémonie de

Uhuru Kenyatta lors de la cérémonie d'entrée au pouvoir. Copyright Guardian Kenya

Uhuru Kenyatta lors de la cérémonie d’entrée au pouvoir. Copyright Guardian Kenya

passation de pouvoir. Copyright Guardian Kenya***

Parallèlement, une majorité plus qu’écrasante des têtes de l’assemblée nationale, des gouverneurs et députés provinciaux sont du parti de son principal adversaire, Raila Odinga.

Quand on est ultra positif et tout-est-pour-le-mieux-dans-le-meilleur-des-mondes, on se dit que c’est génial, qu’une situation de cohabitation telle que celle-ci est fantastique pour la démocratie et l’évolution du pays. C’est d’ailleurs une première sur le continent (si l’on ne compte pas les gouvernements de cohabitation forcée post-conflit qui ont existé et existent encore un peu partout en Afrique, qui, eux, ne se constituent jamais par les urnes).

Quand on est un vilain pas beau colonialiste paternaliste qui croie ou veut croire un peu dans le droit international et le droit humanitaire, on est effaré. Car l’élection d’Uhuru Kenyatta est également une première historique, et laquelle ! Il est le premier président au monde à être élu alors qu’il est en cours d’instruction pour un procès pour crimes contre l’Humanité auprès de la Cour Pénale Internationale. Certes, il y avait bien Omar el Béchir, le président du (nord) Soudan, qui a un procès à la CPI sur le cul, mais, quand même, il était déjà au pouvoir quand celui-ci a été lancé hein.

Là, même pas. Une majorité de kenyans a donc voté pour un des types responsables des dizaines de milliers de morts de leurs compatriotes lors des élections précédentes.

Youpie.

C’est de la balle.

Le discours d’intronisation du zig a d’ailleurs bien donné la couleur : rejet virulent de la CPI , désignée comme d’habitude comme l’incarnation de la néo-colonisation, et rejet de « l’influence étrangère ». RIP à tous les morts (comme d’hab quoi).

ihohoh

De la délicatesse des RH

gogogoo

J’ai reçu une réponse à l’une de mes candidatures. Négative, bien sûr, mais dont la teneur, inédite pour moi, m’a laissée songeuse.

***lettre

lettre ldd

LDD****

« En cas de refus de la part des candidats contactés avant vous, vous serez recontacté ».

Il paraît que c’est habituel, comme formulation.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai mis un petit temps à réaliser :

***gif  merde c’ét

Hein? Quoi? Ahhhhhhhhhhhh d'accord. N'aurait-il pas été plus simple et moins vicieux de dire non, tout simplement?

Hein? Quoi? Ahhhhhhhhhhhh d’accord. N’aurait-il pas été plus simple et moins vicieux de dire non, tout simplement?

ait donc ça*****

Puis j’ai décidé finalement de le vivre comme ça :

***gif doigt

doigt d honneur

d’honneur***

Encore plus rien à voir

Sinon, ô Inconnus/es de plus en plus nombreux et réguliers, quand vous passez ici, ce serait pas mal si vous lâchiez un comm’, de temps en temps.

Et, comme au passage de certains/es d’entre vous j’ai pu découvrir des blogs plus que chouettes et étonnants, je m’en vais bientôt vous parler d’un ou deux d’entre eux. ..

Il était une fois. (une autre aventure de Bad karma Girl dans la Jungle du Travail)

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , , , , on 9 mai 2013 by violemmenthumaine

 

Aujourd’hui cher/ère Inconnu/e, comme je l’avais annoncé la dernière fois, je m’en vais te raconter une histoire magique, toute pleine de rebondissements, et si pleine de n’importe quoi que si tu le lisais dans un roman tu dirais que l’auteur en rajoute un peu beaucoup et que quand même, c’est un peu too much.

Yep, car plus fort que Saint Yorre, après avoir été rejetée comme bénévole parce que je ne travaillais pas, entre deux contrats signés et finalement annulés, avant d’avoir bossé deux mois sans être payée, moi WonderCDI* ai en effet vécu une chouette aventure dont les différents chapitres ont un côté marseillais mais sans la faconde qui va avec.

huhuhuhuh

Chapitre 1 : Echauffement (Où Bad Karma Girl construit bénévolement ce qu’elle croit être son futur poste)

huhuhuhu

Yeeeeeeeeeeeeeah, faut qu' j'me chauffe, va ya avori du sport, j'vais bosseeeeeeeeeeeeeeeer qu'il disait....

Yeeeeeeeeeeeeeah, faut qu’ j’me chauffe, va y’avoir du sport, j’vais bosseeeeeeeeeeeeeeeer qu’il disait….

huuhuhuhu

Il était une fois un Pays Fort Fort Lointain où des horreurs diverses et variées permettaient à tout un tas de Preux Chevaliers de faire semblant de Sauver le Monde avec la meilleure foi du monde.

Une de ces fières Confréries toute couturée d’or décida suite à un coup de pied dans le cul donné par leurs Mécènes d’ajouter une nouvelle Quête à leurs Bonnes Actions : cette fois-ci, il s’agissait de sauver la Veuve et la Pucelle, et surtout, de comprendre pourquoi la Bonne Parole sur ce sujet épineux passait si difficilement en ce Pays Fort Fort Lointain, et par conséquent d’avoir une idée ou deux qui permettraient de convertir comme il se doit les Vilains du coin.

La Confrérie engagea un Chevalier pour décider comment-pourquoi-en-combien-de-temps-et-pour-combien-d’argent la Confrérie allait bien pouvoir satisfaire leurs Mécènes.

Le hic était que le Chevalier en question, s’il savait très bien manier l’épée à deux mains et défendre à corps et à cris la Code d’Honneur des Chevaliers, n’avait pas le début du commencement de la moindre idée de savoir comment faire passer la Bonne Parole en matière de Pucelles. D’ailleurs, il n’était pas bien sur et certain de savoir ce que pouvait bien être une Pucelle.

Le Chevalier, désespéré, vidait force chopines dans une taverne loin du Château de la Confrérie quand un de ses mentors passa par là. Le mentor rassura le Chevalier et lui refila sous le manteau l’adresse d’une scribe de ses connaissances, dont les enluminures au sujet des Veuves et Pucelles faisaient grand bruit dans le Pays Fort Fort Lointain en cette époque lointaine.

Le Chevalier envoya un faucon apprivoisé visiter la Scribe.

Cette indécrotable nigaude, enchantée d’avoir à nouveau à affuter sa plume d’oie, échangea moult et moult parchemins avec le Chevalier, allant jusqu’à organiser dans son entier toute l’enquête de la nouvelle Quête de la Confrérie, recevant le Chevalier dans son humble chaumière pour peaufiner et finaliser la planification de la Quête.

Après deux mois d’échanges officieux, le Chevalier était prêt à soumettre sa proposition de Quête aux Mécènes de la Confrérie. Il quitta la Scribe en l’assurant que ce serait bien elle, une fois les tonneaux d’écus récupérés auprès des Mécènes, qui assurerait l’enquête, l’analyse et les propositions d’action subséquentes lors de du lancement de la Quête.

Chapitre 2 : Premier tour de piste (où Bad Karma Girl décide d’arrêter de bosser sans recevoir un kopeck)

Un an s’écoule sans que rien de nouveau ne se passe dans le Pays Fort Fort Lointain : la Quête semblait avoir été jetée aux orties et la Confrérie ne semblait plus se préoccuper que de ses joutes habituelles.

huhuhuh

attente éneervée que quelque chose se passe

huhuhuhuhu

Entre temps, le Chevalier avait changé de suzerain et avait juré allégeance auprès d’une autre confrérie. La Confrérie avait alors, bien forcée de mener cette satanée Quête, couronné un autre Chevalier pour la diriger.

Ce second Chevalier, tout aussi brillant en chevalerie que le précédent, semblait tout aussi perdu en ce qui concernait les interactions avec les Vilains et guère plus rassuré dès lors qu’on parlait de Veuve ou de Pucelle.

Chevalier bis contacta alors la Scribe.

« Dîtes-moi je vous prie, quelle sorte de Vilains devons-nous recruter et comment devons-nous les initier. »

La première fois, la Scribe se dit qu’il s’agissait d’une reprise de contact, que celle-ci était le prélude logique à l’officialisation de sa collaboration avec la Confrérie.

La seconde fois, la Scribe commença à penser que cela commençait à bien faire.

La troisième fois, la Scribe expliqua poliment à Chevalier bis que ses encres ni ses plumes n’étaient gratuites et qu’ayant d’autres parchemins à gratter, elle ne pourrait plus répondre aux interrogations de Chevalier bis ni à quiconque d’autre de la Confrérie sans participer directement à la Quête et sans recevoir quelques écus en échange, et qu’elle resterait par conséquent silencieuse tant que l’Assemblée de la Quête n’engagerait pas de scribe.

uhuhuuh

Chapitre 3 : Tendinite subite (où Bad Karma Girl prend un mur)

Huhuhuhuhu

La Scribe passa bien six mois à scruter quotidiennement le placardage public de la Confrérie, mais aucun appel à scribe n’apparaissait.

Quand la Confrérie décida enfin, ses Mécènes haussant un peu la voix, de faire appel à un scribe, ce fut durant la seule et unique semaine de l’année où la Scribe ne consulta pas les panneaux d’affichage (pas de bol quand même hein).

Aucun représentant de la Confrérie ne contacta la Scribe. Pas même Chevalier bis. En une semaine une autre scribe fut trouvée et engagée.

huhuhuhuh

Oui, ça s'appelle un plantage.

Oui, ça s’appelle un plantage.

huuuuhuh

Le conte est-il ici fini ?

Nenni ma bonne dame…..

hjvjvjvjvvj

Chapitre 4 :  100 mètres haies (où Bad Karma Girl se dit que finalement elle n’est pas un cafard anemié du bulbe)

****

Un an passa, durant lequel la Quête fut menée (tout comme le restant des exploits de la Confrérie (c’est-à-dire avec…. Comment dire, beaucoup de nonchalance et de jets d’écus sonnants et trébuchants par des fenêtres mystérieuses), et où la Scribe bis, celle qui avait été  engagée, fit, elle, pleinement son travail.

Arriva la fin des diverses Quêtes de la Confrérie : pour conclure en beauté, la Confrérie organisa un certain nombre de joutes et tournois.

C’est là que la Scribe, qui avait depuis longtemps fait son deuil de ce conte de fée raté, fut à nouveau contactée…. Cette fois par la Scribe bis : on lui demandait de venir participer à l’une des joutes en l’éclairant des ses lumières d’experte es-pucelles.

Ô joie, ô allégresse, la Scribe acquiesça avec empressement : 3 jours de joute, cela ne se refuse pas, surtout quand on vous caresse l’égo à la truelle.

La Scribe accepta donc avec des étoiles dans les yeux.

plplplpp

Oui oui OUIIIIIIIIIIIIIIIII, c'est Moi qu'ils veulent c'est moi qu'ils veulent c'est pas toi heuhhhhhhhhhhhhh.. On s'enflamme d'un rien quand on est CDI*

Oui oui OUIIIIIIIIIIIIIIIII, c’est Moi qu’ils veulent c’est moi qu’ils veulent c’est pas toi heuhhhhhhhhhhhhh.. On s’enflamme d’un rien quand on est CDI*

kpokoppkpkp

La Confrérie lui expliqua que pour des raisons de comptabilité, c’était à elle, la petite Scribe, d’avancer les frais de passage et d’oiseau volant pour se rendre au Pays Fort Fort Lointain et participer à la Joute. Bien sûr, ceci lui serait remboursé…

Conciliante, la Scribe vînt donc mendier auprès de sa famille : sa bourse était loin d’être assez remplie pour pouvoir avancer plus de 1700 écus comme ça.

Arrivée sur place, la Scribe découvrit avec effarement que la situation était juste totalement bordélique, pour parler poliment : plusieurs chevaliers, palefreniers et autres scribes se retrouvaient sans logement, les sommes allouées pour pouvoir manger sur place n’étaient pas prêtes et ne le seraient pas avant la veille de la fin de la joute, pour laquelle par ailleurs aucun scribe n’avait encore prêté allégeance en paraphant un quelconque parchemin-contrat.

Last but not least, le Roi de la Confrérie avait été rappelé urgemment auprès des Mécènes pour enquête suite à la quantité vraiment par trop importante d’écus disparus par les fenêtres et un nombre impressionnant d’étapes des diverses Quêtes non accomplies.

ifififgig

la Confrérie, ça avait ça la bonhommie en moins....

la Confrérie, ça avait un peu de ça la bonhommie en moins….

iugigig

Bref, ça daubait bien comme il faut.

Mais la Scribe, aimant beaucoup sa tâche, appréciant de repasser par ce Pays Fort Fort Lointain qu’elle aime tant, jouissant de la découverte d’autres scribes avec qui elle enchaîna des discussions passionnantes durant lesquelles elle avait l’impression de sentir ses neurones danser la samba, mit toute son énergie à accomplir sa tâche durant la Joute, dont elle profita passionnément.

Les autres scribes n’étaient pas aussi inquiets qu’elle : après tout, c’était leurs monastères qui avaient avancé les frais, et leur habitudes monacales ne les avaient pas enclins à se soucier d’autre chose que de leurs enluminures.

La Scribe, elle, commençait à avoir un certain sixième sens pour voir venir l’arnaque (la force de l’expérience sans doute), aussi elle insista pour que tout le monde signe le fameux contrat parchemin et récupère les écus promis avant que de reprendre la calèche du départ . Cela n’était visiblement prévu et retarda donc le départ de 3 heures….

La calèche s’avéra trop occupée pour s’occuper de la Scribe un fois arrivée dans la cité des oiseaux volants. Seule à en prendre un ce jour, la Scribe se retrouva ainsi toute seule sans aucun écu susceptible d’être échangé contre denrée ou service quelconque puisque la cité en question se trouvait dans un autre pays que le Pays Fort Fort Lointain. Pas un fifrelin et ce  avec 8 heures à passer avant que de monter sur l’oiseau volant, ce qui n’était pas plus mal car la Scribe avait été larguée gros jean comme devant fort loin du nid des oiseaux volants.

Heureusement, la Scribe parvînt à s’incruster avec des membres de l’Inquisition des Mécènes, venus au Pays Fort Fort Lointain pour vérifier la qualité du travail d’une des Quêtes de la Confrérie.

 Elle réussit donc prendre son oiseau volant et rentrer chez elle.

 hohoho

Chapitre 5 : médaille en chocolat (où Bad Karma Girl se fâche un peu un peu-mais pas assez en fait-)

iigiogo

C’est là que les atteignants s’atteignirent, si je peux m’exprimer ainsi : le lendemain du retour à ses pénates, la Scribe se rendit chez un Changeur pour pouvoir profiter de ses écus durement gagnés. Et là…. Il s’avéra que sur les trois billets de 100 reçus, deux étaient … faux.

uguigi

Plus jolis que mes écus américains mais pas moins faux....

Plus jolis que mes écus américains mais pas moins faux….

uyuu

La Scribe contacta donc la Trésorière de la Confrérie, pour expliquer la chose d’une part, et pour demander le remboursement de ses oiseaux volants d’autre part.

La Trésorière lui répondit…. Qu’elle avait « autre chose à faire et que la Scribe n’était pas le centre du monde » (sic).

La Scribe affuta alors avec soin sa plus belle plume d’oie et annonça que si elle ne recevait pas dans les 2 jours le remboursement de son équipée vers le Pays Fort Fort Lointain, elle déposerait plainte nominativement contre la Trésorière auprès des autorités régnant au pays des Mécènes.

digidg

Y'a un moment, faut plus pousser mamie dans les orties. Toi-même tu sais.

Y’a un moment, faut plus pousser mamie dans les orties. Toi-même tu sais.

doihodhoho

Etonnament, la Trésorière trouva subitement le temps de faire son travail et la Scribe reçut effectivement son remboursement dans les deux jours.

Par contre, jamais la Scribe ne récupéra les deux tiers de son salaire …

hohohoho

# The End#

 ihohoh

Belle histoire n’est-il pas ?

Construire un poste gratuitement pour le voir donner à quelqu’un d’autre, se faire contacter 3 fois par la même organisation sans jamais se faire engager, pour se faire rappeler au final « en temps qu’experte » pour participer à un colloque, pour lequel devoir s’endetter pour recevoir un salaire payé en faux billets.

Uohohoho

On peut dire qu'il y a un de ça oui...

Un bon résumé de l’histoire, isn’t it?

uhgiugiugi

…..

Ouais, ça arrive.

Ça m’arrive en tous cas.

Beurre rance pour Hortense

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Kenya, XX et XY with tags , , , , , , , , on 6 mars 2013 by violemmenthumaine

 

L’être humain n’est jamais content.

D’aucuns diront que c’est son insatisfaction permanente qui le fait créer, inventer, questionner et progresser.

D’autres que la sagesse, ou du moins la recette du bonheur (vous savez, celles et ceux qui vous balancent via email ou mur face de bouc de sublimes présentations powerpoint sur fond de musique classique ou folklorique pour vous expliquer le sens de la vie) consiste justement à ne pas vouloir ce que l’on a pas (ou alors si, mais d’abord de vous aimer vous, ce qui automatiquement vous mènera à obtenir ce que vous voulez, parce que le monde est une grosse meringue douce et tout et tout, en fait, pour ceux qui ont atteint le niveau supérieur de conscience blablabla blablabla)

Vu que je ne suis pas adepte des powerpoint sus-mentionnés (le sucré mystico-scout à deux balles me donne des gaz et ce n’est pas poli pour le voisins), et que je suis humaine (si si, les médecins sont formels), je ne suis jamais contente. CQFD.

Plus exactement, je commence à regretter plus que beaucoup l’une des réalités sociales qui m’a rendue si heureuse de quitter notre cher Hexagone.

Et oui : en France, quand vous êtes au chomedu, pire encore depuis longtemps ou de manière récurrente, vous avez quotidiennement à affronter au mieux l’indifférence la plus ostensible (cette délicieuse impression d’être invisible dans les soirées une fois passées les deux-trois phrases de présentation), au pire à vous justifier, avec humilité et auto-flagellation, de demeurer un rebus de la société, ou bien encore, entre les deux, à écouter avec émerveillement une foultitude de conseils plus demeurés les uns que les autres pour vous sortir de cette indignité.

Au mieux l’on vous plaint, au pire on vous explique que c’est à cause de personnes comme vous que le Monde et la France en particulier vont à veau-leau ma Bonne Dame, et que c’est une honte, vous devriez vous bougez le fion que diable.

[ Un jour j’écrirai un ou deux articles sur cette question fascinante de la vie sociale du CDI* dans notre beau pays.]

Ici, au Kenya

(comme d’ailleurs ailleurs un peu partout en dehors des pays européens),

ce n’est pas le cas.

En tous cas si vous êtes une femme, évidemment.

Dans les rares cas où c’est le composant masculin d’un couple qui suit sa donzelle et n’a pas de boulot, ce n’est pas rose. Dans la tête du valeureux mâle d’abord (dingue la proportion d’alcoolique au bout de quelques mois de chômage chez les êtres humains mâles….), et dans sa vie sociale ensuite. Là, c’est clair, France/Kenya, même combat.

Mais si vous êtes une femme…..

Si vous êtes une femme, que vous soyez Blanche, Noire ou verte à petits pois violets, votre rôle unique et admirable est d’être une Femme Au Foyer.

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On vous l’assène environ une fois toutes les cinq minutes, ce quelque soit le style de votre interlocutrice/eur.

Votre épanouissement, votre valeur, votre identité passe par vos enfants, votre maison, vos enfants, votre mari, vos enfants et puis aussi vos enfants.

Ahhhhhhhhhhhh, l'enfant, seule source de bonheur pour la Femme. No comment.

Ahhhhhhhhhhhh, l’Enfant, ce trésor ineffable, seule source de bonheur pour la Femme. No comment.

Votre investissement maternel est d’ailleurs majoritairement centré sur vos capacités nourricières, pas sur le temps que vous passez à faire quelque chose avec votre progéniture : vos chauffeurs, vos nounous, l’école et parfois le prof particulier s’en chargent pour vous merci, ce,  que vous soyez plutôt charentaises petit doigt levé ou bimbo de boîte de nuit à manucure et coupe de veuch renouvelées au minimum une fois par semaine.

Attention : contrairement au ton de mes affirmations précédentes, je n’ai pas grand-chose à y redire, si c’est le choix de ces dames, un choix réel et revendiqué, no soucy Mc Fly, chacun sa vie tout ça tout ça.

Non, ce qui me saoule, ce qui m’asticote les glandes, me donne envie de hurler à la Lune et de foutre des pains à la volée, c’est que penser autre chose, vouloir autre chose, vous met, me met dans une espèce de bulle de décontamination un peu purulente, me place dans un espace où je n’ai pas le droit d’exister.

Il existe bien sûr des Femmes qui travaillent, ici comme ailleurs (heureusement putain de diou !). On les tolère, même si, au détour des conversations, on condamne leur manquement à Leur Rôle de Mère ou les plaint gentiment de ne pouvoir profiter plus de la chair de leur chair.

Ainsi, les deux fois où j’ai réussi à tafer ici, j’ai eu droit à de petites réflexions, ou plutôt des questions insidieuses telles que « -mais ça ne te met pas un peu mal à l’aise ? … Je veux dire, par rapport à ton fils quand même… ».

Jt presentateur y a un truc ki cloche

La tête que j’ai faite à peu de choses près en entendant les dites remarques…

Quand tu ne travailles pas, et que 1) tu cherches à bosser, et 2) tu te plains de ne pas tafer, hé bien…

D’abord, personne ne t’écoute.

Les hommes, ainsi que les femmes qui bossent, une fois avisés du fait que tu n’appartiens pas à la confrérie des Travailleurs, ne t’adressent plus la parole : tu fais partie des pots de fleurs. C’est charmant les pots de fleur, ça se regarde avec admiration ou/et concupiscence, mais on ne discute pas avec. Si, en plus de ça, tu ne passes pas ton temps à lustrer tes pétales (ce qui implique, outre le fait d’en avoir envie, d’avoir le temps et l’argent pour ce faire, ce qui n’est pas mon cas), tu disparais dans les limbes de l’être humain hors case.

****

Tes congénères, aka les femmes-au-foyer-fières-de-l’être, te parleront un peu. Le problème sera alors de réussir à feinter : si si si, tu es intéressée par leur conversation de haut vol sur l’art, la politique ou la théologie. Sauf qu’en fait, on ne parle de rien de tout ça. On parle maison, finances et enfants.

Alors tu feintes. Tu as du mal cependant : tu as du mal à t’intéresser plus de cinq minutes à la conversation.

A partir du moment où tu as une ou deux « copines », que tu te fais exclusivement par le biais de ta/tes charmantes tête/s blonde/brune, vient évidement le moment où l’on te demande comment tu vas. Comme partout ailleurs, ce n’est pas vraiment une question, mais tu as du mal à passer sous silence ad vitam eternam le fait que non, tu ne vas pas bien parce que, pour toi, réfléchir, agir, participer à la société, bref, TRAVAILLER, est un pré-requis au sentiment d’exister.

Exprimer le fait que tu t’emmerdes, grave, que le fait de cuisiner/faire les courses/amener-et-rechercher ton gnome à l’école ne suffit pas à remplir tes journées et que tu as l’impression d’être juste un gros vide, c’est juste….

Il n’y a pas de place pour cela. Pas d’espace pour le dire. Parce qu’il n’y a pas d’oreilles pour l’entendre. Il n’y a pas de possibilité d’énonciation : une femme à qui pose un problème de ne pas travailler, c’est juste inconcevable, genre illogique :

spock face

Hein, quoi, « elle » veut travailler ?…. La faille logique est béante, il n’y a qu’une solution: ce n’est pas une femme!

Tellement inconcevable que si tu persistes même timidement à verbaliser ce genre de sentiment « anti-naturel », on t’évitera de plus en plus ostensiblement.

Et si tu as la chance d’avoir une vraie relation avec quelqu’un, ce sera, en fait, encore pire. Car ton ami/e voudra te convaincre, t’expliquer qu’en fait, tu es heureuse, tu es même chanceuse, et que siiiiiiii bien sûr tu es utile et merveilleuse car tu as un homme et un fils, que tu t’occupes d’eux et que ça, ma bonne dame, c’est merveilleux non ?? Que vouloir à tout prix travailler est, au choix ou tout à la fois : égoïste, voire indécent ; que tu veux « rentrer dans le système et que tu devrais profiter de ton bonheur plutôt que de vouloir à tout prix gagner de l’argent » (????) ; que l’amour et la famille sont bien au-dessus de n’importe quelle activité ; que tu « devrais en profiter ».

Alors tu fais ça :

castle fore d ecouter blase inutile

Expliquer que toi, tu veux un peu de transcendance (c’est pas beau de dire des gros mots)? Que dépendre d’un autre, qu’il s’agisse de ton compagnon ou de n’importe qui d’autre, te fait sentir une enfant/une merde/une pute ? Que les mois d’inactivité te donnent l’impression que ton cerveau se liquéfie… :

Oublie.

Pour parler d’autre chose, tu lances une discussion. Sur n’importe quoi : la démission de Benoît, le mariage pour tous, la mort de Chavez, les élections kenyanes, le mouvement hip hop, la physique atomique, la littérature américaine et sa tendance dépressive, les jeux vidéos ou l’évolution des superhéros depuis qu’Hollywood en a fait son sujet de scenar favori…

Tu peux ratisser aussi large que tu veux, tenter le philosophique, le politique, le culturel, le scientifique, le gros geek : tu seras toujours toute seule et tu créeras autour de toi un halo de rejet et d’ennui à mi-chemin entre la peur et le mépris.

Alors oui, c’est clair qu’au début, en arrivant, après des mois et des années à te faire expliquer que tu n’es qu’une grosse sangsue irresponsable parce que tu es CDI*, tu as cru dégotter ton beurre. Mais au bout d’un an et demi, le beurre a ranci un peu beaucoup passionnément à la folie…..

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