Archive pour honte

A l’insu de mon plein gré ? Oo

Posted in Hors case with tags , , , , , , , , , , on 14 septembre 2011 by violemmenthumaine


Salut Ô Inconnues/us !

Déjà presqu’un mois que je suis au Kenya.

A Nairobi plutôt : comme partout ailleurs, la capitale n’est évidemment pas vraiment représentative du mode de vie et des habitus du reste du pays. C’est vrai pour Paris et la province, mais cela est toujours plus-que-criant dans les pays africains, du moins tous ceux dans lesquels j’ai séjourné.

A moins de réussir à baguenauder un peu partout dans ce visiblement magnifique pays, je ne pourrai donc pas avoir d’opinion ni parler du « Kenya », mais bien seulement de Nairobi, et, pour le moment du moins, seulement des aires où je traîne mes guêtres, en l’occurrence, ni dans les slums (les quartiers pauvres, ou pour être plus exacte, les bidonvilles) ni dans les quartiers de l’élite (Westland ou Lavington, aka les quartiers des Blancs/UN et des magnats indiens, et plus encore Riguéri ou Riverside, le quartier des résidences d’ambassadeurs et ministres. Le genre de quartier où le chauffeur de taxi demande toujours –pas une fois, mais à chaque fois qu’on y passe- « that’s like in Europe, isn’t it ? » : bien sûr, tous les européens vivent dans des palaces de 20 pièces entourés d’un jardin paysagé de plusieurs hectares, où les seules personnes à pied dans les rues sont les entraineurs de rotweiller ^^). Non, seulement des quartiers de la petite bourgeoisie kenyane et expatriée.

Pour le moment, j’en suis très clairement au stade de la découverte et de l’étonnement, un peu comme si je n’avais jamais mis les pieds sur le continent africain tant tout, absolument tout, est différent de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique centrale ou du Zimbawe.

Mais ce n’est pas la raison pour laquelle je traine tant à reposter un article ici.

La question que je me pose, et qu’en fait je vous pose, à vous mes quelques fidèles Inconnus/es, est de me dire si je dois continuer ce blog (où, si je le fais, je continuerai à parler d’emploi et de non-emploi, d’abord parce que c’est le truc le plus important pour moi depuis quelques années, et puis peut-être si ce n’est surtout parce que je n’ai pas trouvé de blog dans le même style, un peu comme s’il ne fallait pas parler de ce que c’est, subjectivement, d’être au chômage. Alors que l’on peut trouver 25 000 blogs sur à peu près tout et n’importe quoi)

Pourquoi ce doute subite m’habite-t-il ?

Voyez-vous, pour la première fois depuis que je surfe sur la blogosphère, j’ai laissé un commentaire sur deux des blogs que je suis assidument. Je ne m’attendais pas à en prendre plein la gueule. Visiblement, les critères mobilisés pour juger ou ressentir un commentaire comme « agressif » ou méprisant ou je-ne-sais-pas-trop-quoi ne sont pas les miens, et j’avoue ne pas comprendre du tout la violence des réactions provoquées par mes petits commentaires, d’autant plus qu’après la première réponse à ceux-ci, j’ai, à chaque fois, répondu en disant que je m’excusais, ne centrais pas mon commentaire sur moi mais voulais élargir le débat, et ne voulais blesser personne !!

 Le rapport avec ce blog ici présent ?

Bin, c’est que ce petit blog de rien du tout a été la cible, dans l’avalanche de réponses me réduisant à :

–          Une nana incompétente

–          Franchement coincée du cul

–          Autocentrée

–          Obtuse et sectaire

–          Nulle en anglais ( ?!)

–          Mal dans sa peau

–         Dans la fuite limite auto-destructrice : «Pour avoir jeté un coup d’oeil sur ton blog, ce n’est pas très étonnant : Aimer quelque chose chez l’autre –[je venais de dire que j’aimais son blog, qui traite vraiment de tout autre chose-]- qu’on déteste chez soi, au point de vouer sa vie à l’éliminer, c’est un challenge. » (Euh ? Ah. Bon, si vous le dîtes)

–          Souffrant de troubles du comportement alimentaire (WTF ?)

Etant donné que je me suis lancée dans l’aventure d’un blog pour me faire du bien et pour faire connaître, même de manière minuscule et inconséquente, les absurdités sans nom du système actuel du monde du travail, spécifiquement en France, et les souffrances soigneusement tues de l’état de CDI*, le tout de manière réaliste, précise et mettant le doigt là où ça fait mal tout en gardant un ton humoristique de bon aloi, vous comprendrez œuf corse que je m’interroge.

Parce que si parcourir mon blog force à conclure à un état de mal-être total, que tout chômeur (en tous cas moi) est un gros névrotique toujours dans la fuite, ce n’est sans doute définitivement pas la peine de continuer.

Alors, comme vous êtes malgré tout quelques uns à suivre mes élucubrations régulières, j’aimerais bien avoir votre avis sur la question, poil au croupion.

Voili voilou.

Publicités

Des « Thonon-les-Bains » à chier partout

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , on 14 juillet 2011 by violemmenthumaine

Salut à toi cher/ère Inconnu/e !

Retranscrire les diverses apologies et victoires du libéralisme économique (non non, je n’exagère pas ni n’ai une lecture partiale de ce à quoi j’assiste le long de tous ces merveilleux CE et CCE : les gens, toujours ceux assis au côté le plus étroit des tables, vous savez, les places en-dessous de l’écran de projection, prononcent toujours à un moment donné une phrase telle que « ce n’est pas la loi de la tromperie, c’est la Loi du Marché » -sic- ) en les contraignant à rentrer dans les codes grammaticaux français standards a le don de dévitaliser le système neuronal et de rendre aussi vif que ce charmant Shar-pei:

Moi après 40 heures de transcription et l'heure de récompense et délassement post taf passée à mater les clips de GameOne

Voilà pourquoi je ne suis pas ultra productive ici ces temps-ci : que voulez-vous, mon addiction pour le gain n’a pas de limite.

Et pourtant, Sainte Marie-Gorette le sait en sa très grande preuve de masochisme comme chez toutes les saintes du calendrier ou presque sagesse, les temps derniers ont grave réveillé ma colère « violemment humaine »  et limité ma capacité à résister à la nausée si vous voyez ce que je veux dire.

               Ouvrons une parenthèse : what the fuck ?! Je devrais arrêter de fumer la moquette, d’où je vous sors

               des noms de saint pareils non mais franchement ?   Hé bien, petits incultes, sachez que Marie-Gorette

               existe bien.

Non, malgré son charmant sobriquet, Marie-Gorette n'est ni n'a jamais été une truie.


                     Marie-Gorette est une sainte italienne, Maria Goretti in extenso.

 Une sainte super populaire en République Démocratique du Congo, où le territoire entier pullule de femmes portant ce joli nom, ce qui, lors de mon premier passage là-bas, m’a grave laissée perplexe, et amenée à conclure après constatation de l’étonnement plein d’incompréhension de mes interlocutrices devant mon air hébété à leur « comme la Sainte voyez maman ! », que mes années de catéchisme étaient preuve en est du temps gâché. J’ai mis du temps à trouver qui était la gisquette, mais j’ai fini par trouver (merci à toi Wikipedia), et tout s’est éclairé :

*    italienne donc populaire au Congo (encore une fois, non je n’ai pas les fils qui se touchent : il se trouve qu’un très forte communauté italienne est implantée depuis fort longtemps au Congo, depuis la montée au pouvoir de Mussolini en fait, période à laquelle les italiens trouvant que le Brun ne leur allait pas au teint se barrèrent en masse au Congo. Je ne sais pas le pourquoi de la chose mais toujours est-il que c’est comme ça.)

*       une sainte dont la sainteté a été reconnue pour avoir, en gros….. avoir failli être violée à 11 ans, avoir suffisamment résisté à la chose pour que le type, dégoûté qu’une « fente issue de sa côte » lui oppose , résistance, la tue en la poignardant à 14 reprises, et que cet archétype de Femme made in MachoLand Ange de Pureté chuchote à son confesseur avant de clamser : « je lui pardonne, je veux qu’il vienne aussi au paradis : que Dieu lui pardonne car moi je lui ai déjà pardonné ». Ouais, quand même.

Bref, que du truc fait pour déclencher les hourras sur la terre préférée de Gide et Conrad.

Fin de la parenthèse. (oui, je sais, mes parenthèses sont longues.) (et oui, je sais, mon humour est de plus en plus… euh… personnel ?)

Reprenons : j’ai donc moyennement le temps d’écrire ici ces temps-ci, partagée que je suis entre un demi-boulot idylliquement lobotomisant et les heures passées à calmer mon dégoût généralisé,

Mais quand même.

Je ne pouvais passer à côté de CA, et rater l’occasion de commencer ma belle série d’articles destinés à ma merveilleuse section « mensonges et plus si affinités ».

Voyez, un truc qui fait la une des news yahoo, on s’en fout un peu : perdu au milieu des histoires de cul de people aussi illustres qu’un fond de caniveau et des « enquêtes » spécialistes des mise en causalité bancales mais faisant frétiller les calbutes du mari de la ménagère de moins de 50 ans (genre ça), j’avais déjà eu les moustaches qui frétillent, mais bon…. Et puis voilà, hop, magie de l’Internet, voilà-t-y-pas que dans les réseaux sociaux, un ou deux blogs que je suis, sans parler des commentaires sur la page même de l’article, je vois que la nouvelle émeut à mort au fond des chaumières.

Tant mieux.

Tant mieux que le péquin lambda trouve ça un peu choquant, que le maire UMP de Thon-les-Bains d’interdir de restreindre l’accès à la cantine pour les enfants ayant au moins un parent au chômage.

Ouais.

Sauf que il y a quand même un petit truc qui me chiffonne : partout, quoi que je lise, le fait même de cet article dans Libération d’ailleurs, on dirait toujours que ce fait soit une atrocité que l’on puisse exclusivement reprocher à ce brave Monsieur le Maire de Thonon.

Bin vous savez quoi ? Mon gnome a été à l’école (en France) dans 2 communes différentes, et dans les deux, l’accès à la cantine était interdit aux enfants dont l’un des parents ne pouvait pas justifier d’heures régulières de travail rémunéré. Alors, encore heureux, il existe des communes où l’accès à la cantine dans les écoles primaires est ouvert sans restriction à tous les enfants quelque soit la situation de leurs parents, mais le fait est que des Thonon-les-Bains, y’en a à chier partout dans notre beau pays.

© Mai-Lan

C’est aussi le cas pour les crèches, pour la même raison invoquée que celle du maire de Thonon-les –Bains : vu que le problème majeur est le sureffectif normal on ferme les écoles à tour de bras en milieu rural et les classes en milieu urbain, alors que la population concernée ne cesse d’augmenter depuis l’an 2000 et ne va pas cesser de le faire avant au moins 10 ans, il faut bien, pour respecter les consignes obligatoires de sécurité imposées parfois jusqu’à l’ubuesque par les mêmes qui ferment les classes, faire un tri.

Parce que voyez, quand vous êtes chômeur, et même si vous savez la vérité du contraire, même si vous croyez le contraire, même si vous espérez, voulez, attendez le contraire, VOUS N’ETES RIEN.

Quand vous répondez à une enquête, au moment de déterminer votre classe socio-culturelle, il n’y aura qu’une case pour chômeur, tout comme il n’y en a qu’une correspondant à la retraite : vous avez pu être ou voulez être agriculteur, journaliste, avocat, préparateur logistique, boulanger, toxicologue, ministre, vous ne serez plus que CHOMEUR (ou retraité).

Vous n’avez plus accès aux tickets restaus ni aux cartes Navigo remboursées : oui je sais, vous allez dire que c’est sans rapport, et que bien sûr de toute façon c’est normal quand même.

Oui, vous avez raison.

Mais si vous décalez la focale un tout petit peu, vous réaliserez donc que :

*quand tu bosses et que donc tu gagnes de l’argent, on te paye ta bouffe le midi, la moitié de tes déplacements y compris hors boulot, et que tu trouves des places en crèche, à la cantine et en garderie.

*quand tu ne bosses pas, donc quand tu ne touches pas d’argent hein (j’y reviendrai, sur cette magnifique autre représentation collective du chômeur français, le fameux vampire vivant dans le luxe et l’oisiveté grâce au sang du contribuable via les aides ; mais une autre fois), et que tu passes un temps certain à chercher du boulot, justement entre autre pour en avoir, de la thune : personne ne te paye ta bouffe ni tes déplacements, alors que tu en fais 10 fois plus pour cherche le fameux oiseau rare, bulletin de salaire de son petit nom, et si tu as un ou plusieurs gamins, tu n’as ni place en crèche ni à la cantine.

Dans un autre ordre d’idée, quand, toi, Chômeuse ou Chômeur  à Durée Indéterminée, tu te retrouves face à des inconnus qui ont plus de 25 balais en soirée, arrive forcément le moment où l’on te demande ce que tu fais dans la vie. Pour avoir expérimenté la chose un certain nombre de fois, évoquer le chômage même de loin et sans entrer dans les détails crée un halo d’évitement et de silence autour de la personne assez stupide pour penser que le faire ne portera en rien préjudice à ses relations sociales du soir en question.

La point de commun de tout ça ne fait pas un patchwork dépareillé, non, pas du tout. Mis en perspective les uns avec les autres, on en arrive à l’impression/la conclusion que :

Etre au chômage, c’est ne plus exister QUE comme tel : un/e chômeur/se. C’est être exclu, c’est ne plus exister. Ne plus avoir d’intérêt. Ne plus avoir les mêmes droits.

Non, plus que ça, ne pas exister, vraiment. Savez-vous par exemple que les chiffres que l’on (les représentants du gouvernement) vous donne du chômage dans notre beau pays ne représentent que les « catégories A et B » de la population inscrite au Pôle Emploi ? En gros, moi par exemple, je n’ai jamais été comptée comme chômeuse : si l’on prend en compte TOUS les chômeurs/euses, les chiffres des différents organismes oscillent entre 5 et 7 millions. Oui, je ne suis pas toute seule.

En l’occurrence et pour revenir à l’article de Libération à l’origine de ce post un peu déstructuré : être au chômage vous enlève toute légitimité à bénéficier d’un service : vous avez le temps ou vous dit.

Mais pourtant, si vous le dîtes, il y aura toujours quelqu’un pour vous  répondre avec un petit ton de reproche dans la voix, comme si vous étiez un gamin de primaire qui a mal compris une consigne ou fait une petite connerie, qui tire un peu sur la corde quoi :

« Tout ça tu sais ça dépend du point de vue, il ne tient qu’à toi de voir les choses autrement, il ne faut pas voir les choses en noir ».

Selon le cadre de l’interaction sociale en question, ton interlocuteur enchaînera en disant au choix :

A)    Tu devrais en profiter pour faire un retour sur toi-même et faire le point.

"Ananda in the Himalaya, outre un cadre hôtelier de luxe et une gastronomie raffinée, offre également un centre de bien-être dédié au corps et à l'esprit, avec des programmes entre ayurveda et yoga et offre une sérénité rare en ce monde." Suis-je bête, voilà la solution vu que je suis chômeuse! Ah, c'est con, j'ai pas les millions qui vont avec, je ferai la même sur mon vieux lino.

B)     Profite-en pour voir des gens / faire du taï-chi//suivre les conf du centre machin.

Là, pas d’illustration. Faudra carrément que je fasse un article. A venir.

C)     Vous n’êtes pas la seule dans ce cas là, pourquoi vous ne voulez pas sympathiser avec les autres demandeurs d’emploi/les autres mères qui ne travaillent pas ?

Ouais, clair qu'on a des points communs, CQFD

Beurk.

Alors là, toi ô CDI, tu réagis :

A)    Tu souris l’air illuminé par la Révélation que l’on vient de te faire et remercie chaleureusement ton interlocuteur/ice pour t’avoir inondé de sa très grande sagesse.

B)     Tu n’arrives pas à maîtriser ta réaction et tu lui fous un pain dans la mâchoire : une fois pétée, celle-ci ne permettra plus à ton interlocutrice/eur de prononcer une autre connerie ensuquée de mépris paternaliste.

C)     Tu n’arrives pas à maîtriser ta réaction et tu chiales comme une madeleine, on dirait une épave.

D)    Tu te trompes de dimension spatio-temporelle et tu réponds avec la force de l’évidence, citant la connasse de Beauvoir (un jour, peut-être, j’expliquerai pour la mère Simone est loin d’être une aussi grande dame que ce que l’on nous dit et en tous cas que ce que je croyais) comme d’autres le dernier hit de René la Taupe : « Chaque fois que la transcendance retombe en immanence il y a dégradation de l’existence en « en soi », de la liberté à la facticité; cette chute est une faute morale si elle est consentie par le sujet; elle prend la figure d’une frustration et d’une oppression; elle est dans les deux cas un mal absolu. »

E)     Avec la force de l’expérience, tu fermes ta grande gueule et tu te casses avant que ton ricanement ne mue.

Comme je suis là pour t’être utile cher/ère Inconnu/e, sache que si jamais par manque de bol tu te retrouvais dans cette situation, seules les réponses A. et E. sont correctes. En effet, la B. et la C. te feront cataloguer comme fou (et vu la dernière réforme en date, fais gaffe l’asile te guette), mais avec la B. en plus tu risques de finir en taule. Quant à la D., tu partiras non seulement méprisé gentiment mais aussi cordialement haï.

En conséquence de quoi, fais ce que je n’arrive pas à faire :

FERME

TA

GUEULE !

Flux tendu dans nos culs

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Hors case, Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , , on 13 février 2011 by violemmenthumaine

Hein ?

Certes.

Sans la moindre hésitation avec toi Inconnnu/e, je conviens de l’inconvenance extrême de l’en tête de cet article, dépassant le registre cavalier pour sauter à pieds joints dans la vulgarité.

 

Sauf qu’en fait c’est tout le contraire.

??????

 

Suivez mon raisonnement aussi imparable qu’une réponse de président de la République :

Dans le dictionnaire jouxtant mon clavier, le terme « vulgaire » est défini ainsi à son troisième alinéa : « qui manque de distinction, d’élégance ; grossier. »

Grossier, donc. Dans le même dico, « grossier » est défini à son cinquième alinéa comme « qui choque en contrevenant à la bienséance », bienséance elle-même définie comme « conformité avec les usages ».

Bref, pour savoir si l’on est vulgaire ou non, il convient de déterminer ce qui est conforme aux usages ou non. Or ces obscurs et dangereux gauchistes/réacs/sociopathes que sont les parents, la famille, le corps enseignant, les pédagogues divers et le péquin lambda dans la rue en bas de chez toi nous ont, en tous les cas m’ont enfoncée dans le crâne l’idée ridicule et d’un autre âge que répondre quand l’on nous pose une question (voire même, -les parents sont toujours excessifs- simplement quand l’on s’adresse à nous) et tenir ses engagements/faire ce que l’on dit sont une espèce de B.A.BA de la bienséance, voire même la première pierre du respect des uns et des autres et par extension de la vie en société.

Vu que la règle chez les RH semble être quasi systématiquement de contrevenir aux règles de conduite horriblement sectaires précédemment énoncées et que personne ne songe à faire quelque chose pour inverser le mouvement voire tout simplement à évoquer cet état de fait, on peut donc considérer que ce qui est vulgaire ne l’est pas.

Donc :

Prout caca boudin,

bordel à cul de va sucer ta mère,

je pisse à la raie des échoués du système,

je claque la porte au naze de tous et toutes,

(surtout les vioques les chiards et les éclopés,)

je me cure le pif et m’explose le boule à renfort de gratouillis publics

en pétant mon litre de méthane post binouze

sur la vieillasse vissée sur son strapontin.

 

Ça, c’est dit.

 

Maintenant je peux tranquillou revenir à la « règle RH » et ses extensions.

Allongez-vous, fermez les yeux, étendez vos jambes et vos bras en étoile à même le sol, inspirez, expirez, leeeeeeeeeeeeeeeeeeentement………

Imaginez ……

 

Vous cherchez du boulot. Vous envoyez environ 600 candidatures (et il ne s’agit pas de marseillade, au contraire l’estimation est plutôt cheap), au bas mot.

Vous ne recevez que 10 réponses (dont 5 positives ; enfin des réponses vous conviant à un entretien quoi).

10 sur 600.

Moins de 2 réponses sur 100 envois.

Genre au bout d’un moment, quand vous recevez une réponse où l’on vous dit que non on ne veut pas de vous, c’est la méga teuf à Galasouïnda, vous entrez en transe et enchaînez les sauts périlleux les pas de lambada-macarena-soca-danse en remontant les Champs en soufflant dans vos vuvuzelas et tout et tout.

Pour le/a Chômeur/se de Longue Durée la réponse négative à une candidature c’est l’équivalent du 3/0 pour l’équipe de France en 98 voyez, ça mérite sa biture entre potes et sa séance shopping-je-m’fais-du-bien-because-I’m-the-winner-the-new-golden-girl/boy-of-the-year.

 

Comme je suis super bonne pâte, je ne considérerai à l’aune de mon courroux dans cet océan de bouteilles à la mer que les « j’m’fous-de-ta-gueule-et-c’est-comme-ça ».

En effet, reconnaissons-le, il existe dans le monde du silence des « ressources humaines », une portion non négligeable, environ la moitié, de gentils (gentillesse, ou plutôt plus-value face à leurs concurrents, que le Chômeur à Longue Durée ne perçoit qu’au bout de quelques années de largage de candidatures en haute mer).

 

Ceux qui spécifient dans la description d’offre de poste une date limite pour le début du poste.

Mieux encore, ceux qui ont configuré la messagerie RH de manière à ce que tous les postulants reçoivent en retour de leur candidature un mail indiquant en général un truc comme suit : « Compte tenu du volume important de candidatures que nous recevons, nous ne sommes pas en mesure de personnaliser les réponses. En l’absence de réponse de notre part d’ici x temps, veuillez considérer que votre candidature n’a pas été retenue, cela ne remettant évidemment pas en cause vos compétences ni la qualité de vos expériences. »

 

Et puis il y a tout le reste. Tous les postes où aucun délais n’est indiqué, ni pour une réponse ni pour le poste en lui-même.

Le/a Chômeur/se-à-Longue-Durée en phase de pugnacité passera un temps extrêmement constructif et euphorisant à retourner sur le site où elle/il a trouvé l’offre d’emploi pour voir si oui ou non l’offre est toujours présente.

Mais ça, de fait, c’est de la gnognotte.

Pipi de chat (parenthèse linguistique : foutreblitch comment se fait-il que la vulgate populi francophone ait assimilé ce cauchemar olfactif qu’est l’urine féline à un phénomène léger, anodin, sans importance ? Les Francophones souffriraient-ils d’un odorat amoindri par rapport au reste de la population mondiale ? Fin de la parenthèse linguistique) pour amateur débutant, niveau zéro de l’inexistence absolue de la chômeuse/r de Longue Durée.

Il y a bien mieux.

Le truc, c’est que parfois, ont est sélectionné pour la seconde étape, quelle qu’elle soit : entretien téléphonique/en direct/face à face rh/face à face technicien/collectif/test écrit en temps donné/etc./etc.

Tu reçois un mail/un coup de fil où l’on te dit que tu vas avoir droit à l’exercice machin d’ici tant, ou que l’on te recontactera le tant. Voire tu as déjà dépassé cette étape, on te dit que vous n’êtes plus que 2/3/5 sur les rangs et que l’on te recontactera le tant pour le dernier round. Voire…. Que c’est tout bon, qu’il ne manque plus que un financement/un référent/une signature et que tu signes le contrat pour le job le tant.

 

Terrible ce « tant », hein ?! C’est ton pote, tu vas lui masser les pieds lui mitonner des p’tits plats lui faire du vent dans les cheveux et tout et tout.

Et le « tant » arrive.

 

Et RIEN.


Pas d’entretien/d’appel/de contrat/de mail.

 

Que dalle.

Silence radio.

Le Mime Marceau dans un caisson d’isolation sans lumière.

 

Je discutais de l’envie de lancer des pains de plastic du léger agacement que cette attitude générale suscite en moi à une amie responsable de projet à « je sonde tu sondes elle sonde nous sondons vous payez ».

Chez eux, et malgré les bénéfices conséquents on a viré 30% du personnel, on n’engage plus, on prend des stagiaires (bin vi chez nous on les paye en cacahouètes). Or il faut quand même que le boulot soit fait en temps et en heure et bien fait. Et pour qu’il y ait une chance que ça soit fait sans que les cadres n’aient 10 fois plus de taf que leurs 10 h quotidiennes et se plaignent comme les geignasses qu’ils sont, bin ce sont eux qui sont chargés de recruter de choisir leurs stagiaires (question ? Que font donc alors les RH ?).

Ma copine par exemple. Et comme elle me signalait avec la force de l’évidence, c’est pas leur taf pour de vrai hein engager des gens, ils ont un peu grave d’autres choses à foutre et même très très beaucoup (forcément, 30% de collègues en moins ça fait du taf en plus hein, pas besoin de la médaille Field pour capter la chose).

C’est une situation de « flux tendu » et donc, c’est normal qu’on ne prenne pas le temps d’expliquer, de répondre, tout simplement de dire que c’est mort à la foule sans nom des déboutés de la course au boulot.

 

Flux tendu.

Expression propre à la logistique, aka les processus de gestion et d’acheminement des stocks, du matériel.

Bon bon, OK je ne ferai pas ma chipie à poils durs en expliquant que l’utilisation de cette expression conduit à nous considérer, travailleurs, vacataires, retraités, chômeurs, comme du matériel ou du bétail.

Flux tendu.

Ça explique tout, ça légitime tout, ça dédouane la collectivité de malotrus professionnels que sont les responsables RH (aaaaaaaaaaaaaaaaaaaattention. Malotru mais avec, comment dire…. Pas panache cela serait par trop laudatif, mais….. commisération. J’y reviendrai)

 

Il suffit de l’accepter, d’autant plus que l’on a pas le choix.

Sauf que.

Ce phénomène de tu-n’as-aucun-intérêt-pour-moi-donc-je-ne-te-réponds-pas-on-ne-répond-pas-pas-à-ce-qui-n’existe-pas n’est plus, n’est pas réservé aux cabinets RH.

Voyez, il m’est arrivée également que des directeurs de recherches ne se donnent pas la peine de me répondre quand je leur envoyais mon sujet de thèse. Il m’est arrivé que je réponde à un casting « underground » lancé par un collectif artistique de guedin, casting qui assurait une « réponse sans faute à toutes celles et ceux qui enverront leur photo », il m’est arrivé que j’envoie une nouvelle à x magazine. Il m’est arrivé de posé des questions à des associations, à des gros boss divers et variés.

 

Sans recevoir de réponse.

 

Comprenez que je ne demande à quiconque de répondre positivement à la demande que je lui adresse.

Je ne demande même pas qu’ils ou elles prennent la peine de la lire et de la prendre en considération.

Pas compliqué d’avoir un message de réponse automatique déplorant que le temps soit si rempli et que donc etc. etc. etc.

 

Alors…..

 

Bon, planquée derrière mon ordi, pauvre comme Job, sexy comme Medusa et aussi networkée qu’un anachorète du Haut Moyen Age, je peux difficilement jouer d’une quelconque manière sur le problème ni même infliger quelque amende que ce soit à l’un des nombreux malappris.

 

Mais attention !

 

Mesdames, Messieurs, filous confits dans votre auto-satisfaction qui ne daignez répondre aux sollicitations, malandrins qui jouez à savoir lequel des cv vous allez sélectionner en tirant à pile ou face, gardez à l’esprit que

 

Je vous conchie!

 

J’envoie sur vous des vents de vermine, de puces à ressorts, de vers intestinaux,

J’appelle les peaux de bananes et autres savonnettes à joncher votre route,

Je focalise les esprits de la salmonellose et autres turista sur vos sushis et burritos,

J’aspire à ce que les tartes à la crème, étrons canins et autres eau de vaisselle rencontrent votre face et vos pieds.

 

Ouais, Je vous conchie

et vous invite délicatement à vous le mettre,

votre flux tendu,

dans le cul !!

Rien

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Hors case, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , on 23 novembre 2010 by violemmenthumaine

Salut ô Inconnue, ô Inconnu.

Le temps passe….. J’avais promis deux trucs ici :

1) faire un panégyrique de celui ou celle qui saurait découvrir ce qui se cache derrière « mes » « VS »,

2) raconter ma première fois à la défunte ANPE, glorieusement remplacé par le non moins fumeux Pôle emploi.

 

Ce n’est pas encore cette fois ci que je tiendrai mes promesses : je n’ai pas vraiment la tête à ça ces temps ci, (d’autant plus que malgré mes précédents déboires je viens tout juste de m’y réinscrire, au Pôle emploi…. Mais si Hécate me lit, qu’elle sache que je lis très attentivement son très fourni blog.)

 

Pour tout dire, depuis la lecture de la bouse dont j’ai parlée précédemment, j’ai un peu du mal à sortir la tête de l’eau.

 

Aujourd’hui devait marquer un point final à ce sujet : je suis allée au colloque organisé en l’honneur de la sortie de la bouse. Il n’y avait que du beau monde, que des gens dont je connaissais le travail pour en avoir lu de nombreux extraits, des gens style people dans le monde übber côté de la violence faite aux femmes, de l’humanitaire et de la victimologie. La salle de conférence était pleine, ce qui signifie qu’il y avait au bas mot 400 personnes, visiblement réparties entre « professionnels », jeunes étudiants baba cool/dauphine col claudine, et gentilles vieilles grenouilles de bénitier.

Ce n’est pas que les interventions aient été inintéressantes.

Au contraire, elles étaient toutes brillantes et claires. Mais personne, en tous cas avant la dernière heure, à laquelle je n’ai pas assistée, n’a pris de distance par rapport à la bouse. Pis même, plusieurs intervenants y ont fait directement référence, avec des termes qui tendraient à prouver qu’ils l’ont lue.

Bouse qui par ailleurs a été présentée comme « indispensable ». …. D’ailleurs quand je suis partie une vingtaine d’exemplaires de la bouse avaient été vendues.

 

 

Vous vous souvenez de mon précédent post ?

Celui qui s’appelle « Oh my God ! » ?

Je n’exagérais pas du tout.

Du tout. Du tout du tout du tout.

 

J’étais gentille, en fait. Super gentille.

Parce que le pire de la bouse, c’est que la propagande qu’il distille –qui, comme toute bonne propagande, repose sur des faits indéniables tout en en oblitérant tout ceux qui ne vont pas son sens-, peut réellement jouer un rôle terrible dans la situation politique de la région concernée.

Quand on parle de rôle politique ici, il s’agit de répercussions qui se chiffrent en vies hein.

Et pas une ou deux.

Juste comme ça.

 

Croyez-vous que j’ai pris la parole ?

Suis-je restée jusqu’à la présentation officielle de la bouse ?

Ai-je cherché à rencontrer l’auteur de la bouse, qui était parait-il présent ?

Non. Non, et non.

 

Pour me consoler et ne pas me sentir coupable, je me dis que

1) la diffusion de la bouse est en fait une bonne chose : les « gens » ne verront pas la propagande, et tout le reste, les innombrables imprécisions ou erreurs et la lecture biaisée de la situation, n’est pas important, car la parole des victimes aura été entendue, ces femmes qui ont parlé à l’anus-de-vache auront été écoutées, et grâce à ça dans le monde un peu plus de personnes seront susceptibles de soutenir l’action de celles et ceux qui agissent pour que le malheur recule. (ouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah. Tain. Quand je lis cette phrase ridicule je me dis que si je pourrais être responsable comm’ pour une organisation caritative.)

2) la propagande en question n’aura pas de répercussions, car la bouse ne sera pas assez diffusée, ou pas dans les bons réseaux, et même si elle l’était la propagande n’en serait pas plus efficace, car soit déjà considérée comme VRAIE ou bien parce que non prise en compte par le lectorat.

 

Pourquoi ?

Pourquoi je n’ai rien dit à personne, pourquoi je n’ai pas fait en sorte que mes inquiétudes par rapport à la bouse soient entendues à défaut d’être écoutées ? ………..

Je pourrais dire que l’opportunité ne s’est pas présentée (c’est pas faux hein non plus).

Je pourrais dire que je n’ai pas osé. C’est vrai.

Mais cette phrase ne veut pas dire grand-chose, ou pour être plus exacte représente juste un exemple archétypal d’euphémisme.

Je n’ai pas « pas osé », il était juste impossible pour moi de faire quoique ce soit à part écouter et penser. Quelle aurait-été ma légitimité ? Mon statut ? On en a toujours un quand on parle à quelqu’un, et celui-ci est encore plus contraignant quand on prend la parole dans un colloque : c’est lui qui fera qu’on vous écoutera, que votre parole sera mise en question, acceptée telle quelle ou écartée.

La seule chose que je me sentais, c’était chômeuse.

Autant dire rien.

 

Ca nous arrive à tous. Nous, les chômeurs de longue durée.

 

Hé oui, il paraît que les chômeurs ont presque tous une piètre image d’eux-mêmes et ont tendance se dévaloriser et se désocialiser dis donc ! Didier Fassin, l’une de mes idoles (un anthropologue ^^ ), a publié un bouquin fantastique sur le sujet, ou plutôt sur le fait que les pouvoirs publics, ayant remarqué le phénomène, ont ouvert dans les années 90/00 une série de lieux d’écoute pour les chômeurs, des psys quoi. Avec un discours de psy, le même que celui des gourous new age aussi : ton bonheur et ton malheur ne dépendent que de toi, de ta manière de voir et de vivre les choses.

Comme le note avec son brio coutumier Fassin, le truc c’est que prétendre « soigner » les chômeurs en leur proposant des psychothérapies c’est bien, mais ne serait-il pas plus efficace de leur donner du travail ? (pour ceux que ça intéresse :

http://livre.fnac.com/a1415669/Didier-Fassin-Des-maux-indicibles

 

Se sentir rien c’est juste normal quand on est chômeur.

Pas au début bien sûr.

Non plus quand cela est un choix ou une stratégie de survie (spéciale dédicace à mes amis artistes qui alternent périodes de CDD non ou peu qualifiés avec périodes d’assédics durant lesquels ils bossent comme des fous sur leurs peintures, leurs films, leur art, leur vie quoi ! )

Pas quand c’est court.

Mais après un an ? Deux ans ? Et plus encore ?

 

Ca ne servait à rien que j’ouvre la bouche. Je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas. J’étais aujourd’hui une des 400 personnes présentes venues écouter ceux qui savent.

Rien d’autre.

Oh-my-God!

Posted in Act up!, Hors case with tags , , , , , , , , on 27 octobre 2010 by violemmenthumaine

 

 

 

 

Inconnue, Inconnu,

tu t’en fous comme de la première chaussette de Benoît XVI,

mais j’ai les boules.

Grave.

Grave de chez grave même.

J’en pleure tu sais Ô Inconnue/u. Et ce n’est même pas une façon de parler.

Alors, plutôt que de continuer à m’énerver toute seule, plutôt que de risquer de dire/faire des conneries que je regretterai dès demain, tout ça parce qu’un sinistre incompétent a pondu une bouse nauséabonde,

je m’en vais te proposer un test pour te permettre de savoir, ô Inconnue/u, si toi aussi tu pourrais être « journaliste » et chier un gigantesque étron qui bénéficiera d’une grosse campagne de communication avec colloque au siège d’une grosse structure internationale et tout et tout….

Prêt??????

Partezzzzzzzzzzzzzzzzz!

 

*  Etre journaliste, c’est

a) recouper et contextualiser les informations

b) ne collecter les informations que par un seul biais, répondant toujours à une même obédience politique et une seule interprétation des faits

c) « si on m’l’a dit c’est que c’est vrai » et d’ailleurs, pourquoi se fatiguer à vérifier ou à mettre en perspective, y suffit de retranscrire les entretiens et hop, c’est bouclé.

d) ne surtout pas faire des recherches avant, pendant ou après la présence sur le terrain (genre, quels sont les réseaux nationaux mis en place par les différents acteurs par exemple), mais faire semblant quand même en mettant au début de chaque chapitre des citations littéraires ou bibliques…

 

*  Faire tout un bouquin sur un sujet donné uniquement à partir de témoignages, c’est

a) limite côté fiabilité

b) ça déchire parce que comme ça si c’est pas vrai c’est pô d’ma faute

c) ça m’évitera d’avoir à mettre les choses en perspective ou d’analyser quoi que ce soit.

d) ça fera pleurer Jeanette dans les chaumières (suffisamment pour qu’elle ne voit et ne retienne rien d’autre, et pour cause, parce que hein quand même, là ces histoires horribles c’est de l’or en barre) et ainsi j’aurais acheté ma place au Paradis-Amen.

 

*  Le plaidoyer, ça permet de

a) faire connaître et comprendre au grand public des choses graves, et ainsi de convaincre les trusts/gouvermements/bailleurs d’agir pour changer les choses

b) Enchaîner les approximations

c) Ecrire en se foutant de la syntaxe et du lexique utilisé parce que de toutes façons les lecteurs pleurent et y s’en foutent, d’ailleurs comme je fais une mise en page de l’espace bin y verront pas que c’est moi qui parle au lieu d’informateurs et vice versa.

d) Être du côté des Justes et donc de déterminer qui sont les Pêcheurs, tout comme mon commanditaire l’affirme dans un lobbying propagandiste depuis plus de 10 ans, et attirer les oboles des donateurs…

 

*  Une bonne mise en page, ça permet de

a) identifier clairement qui parle, un informateur, ou l’auteur/journaliste

b) les guillemets, les italiques, les paragraphes, à quoi ça sert d’abord à part gaspiller l’encre ?

c) rendre l’identification des locuteurs complètement floue et se permettre ainsi d’écrire n’importe comment, comme ces pauuuuuvres indigènes, qui, on le répète plusieurs fois dans le livre histoire que le lecteur s’imprègne bien de l’idée, ne savent pas parler la France (dingue non?!:  ayant été colonisé par les belges, ils utilisent des locutions et formulations typiquement belges qui peuvent laisser un français un peu désorienté. Rien à voir avec l’absence de scolarisation ou la désorientation)

 

*  Retranscrire des entretiens, ça permet de

a) respecter la parole des gens

b) lâcher une bombe sans même s’en rendre compte

c) lâcher une bombe et surtout ne pas enquêter pour vérifier si celle-ci recouvre la réalité. Après tout qu’est-ce qu’on s’en fout (juste pour info, on parle de crime de guerre et de violation de mandat international) ce n’est pas l’important, on ne parle pas de politique mais de victiiiiiiiiiiiiiiiiimes et d’horreur et de résilience.

d) se dire que si quelqu’un s’aperçoit que j’ai lâché une bombe, il ira à ma place risquer sa peau pour prouver que la bombe existe bien, et là, hop, j’aurais le Prix Pulitzer parce que c’est moi qui l’ai déterrée?

 

* Enquêter sur un phénomène social en ne rencontrant que les gens que l’on te propose de rencontrer, c’est

a) Totalement incompatible avec toute notion de déontologie journalistique, surtout quand on ne l’indique à aucun moment au lecteur, même par allusion….

b) génial ! Comme ça, on ne se fatigue pas à aller chercher l’info puisqu’elle nous tombe toute cuite dans le micro.

c) super! Ainsi, on n’a pas à réfléchir pour donner une image du phénomène couvert par notre enquête conforme à celle désirée par notre commanditaire, il suffit de retranscrire la parole entendue. Et tant pis si  le dit commanditaire est lié à une organisation sociale, dont, de notoriété publique, la plus haute hiérarchie dans le pays de l’enquête s’avère faire de l’appel à la haine jusqu’au niveau international depuis plusieurs années….

Alors ?? Si tu n’as que des a je ne te ferai pas de mal si je te croise dans une ruelle sombre, voire je te ferai un gros câlin trop bisounours parce que tu me redonnes confiance en l’humain,  et il est même probable que je m’en remette à toi s’il me venait un jour d’avoir besoin des services d’un vrai journaliste.

Si vous avez une majorité des autres lettres quelles qu’elles soient, félicitations, vous pourrez sans doute, comme machintruc, vivre confortablement comme journaliste indépendant depuis 20 ans et enchaîner auprès de, comme c’est bizarre, presque toujours le même commanditaire, les contrats sur des sujets dont vous ne mesurerez toujours pas le quart de la moitié du commencement d’un iota de la complexité après avoir rédigé vos chefs d’œuvre. (en même temps le gars, hein, ça ne le dérange pas d’écrire dans son intro que la première fois qu’il avait « couvert » le sujet, avec une « petite semaine », il « étais persuadé d’avoir saisi l’essentiel ». Faut l’oser quand même. Genre moi je comprends tout à tout en 3 jours chrono.)

Tout de même, je m’interroge :

ce Monsieur est-il stupide et incompétent,

ou bien tout ce qui me révulse dans cette bouse infâme a-t-il été sciemment pensé, conçu et produit ?

 

Dans le second cas, sa place est en enfer, pour reprendre ses constantes références au divin,

et dans le premier cas,

non mais

what the damned fuck !!!!!


Screugneugneu de screugneugneu, pourquoi, pourquoi, pourquoi un tel bouseux a-t-il du boulot ?!

Carmen

Posted in Act up!, Hors case with tags , , , , , on 25 août 2010 by violemmenthumaine

Aujourd’hui je ne vais pas parler de moi dis donc!

Aujourd’hui, et parce que je suis allée me faire du mal en visitant les sites d’info sur le net, où je constate que nombreuses sont les personnes à trouver que franchement c’est super bien mais pas encore assez ce que fait notre charmant Président,

Aujourd’hui donc, je vais juste vous parler de Carmen.

Carmen est une femme.

Celle qui fait la manche depuis des années dans mon quartier. Devant le Leader Price d’abord. Puis, quand elle s’en est fait virée par la patron qui a quand même direct appelé les flics hein, devant la poste.

Pour tout le monde, Carmen est « rom » alors que non, elle est juste roumaine.

Elle a disparu de devant la poste depuis une semaine, et je suis un peu inquiète voyez-vous….

Alors je voudrais juste lui rendre hommage, en espérant qu’un Inconnu ou deux viendra lire ce post et pensera un peu à elle, et réfléchira un peu, aussi, à ce qui se passe ici chez nous, en ce moment, sans que nous ne bougions plus que notre indignation dans le meilleur des cas.

En Roumanie, Carmen était la fille d’un couple de fermiers qui cultivaient quelques hectares de pomme de terre.

Elle venait de se fiancer avec un jeune homme et d’accoucher d’une petite fille de celui-ci quand, il y a environ 7 ans, des inondations ravagèrent sa région. Les murs de la maison familiale s’écroulèrent sous les coulées de boues, entrainant la mort de ses parents ainsi que celle de ses deux frères.

Sa terre et les pommes de terre qui allaient avec pourrissaient sous la flotte. Aucune aide, gouvernementale ou internationale. Pas d’assurance parce que globalement ça n’existe pas en milieu rural. là bas Plus de famille, plus de maison, plus rien. Son seul moyen de revenu tranformé en gadoue.

Son fiancé tombe alors sur une occasion-en-or-qu’il-faudrait-être-fou-pour-demander-plus : une touriste française rencontrée sur le marché leur propose de venir chez elle et de bosser pour elle!!!! Youpie vl’là l’dindon, Carmen écoute son mec et, après avoir reçu son visa sur son passeport tout neuf (eh oui, la Roumanie n’a adhéré à l’Europe et a intégré l’espace Schengen, mais seulement en 2007), acheté avec la moitié de ses économies, elle rejoint son fiancé, parti sans l’avoir attendue, avec son bébé.

La femme française n’a finalement pas donné de boulot à Carmen, quelle surprise. Par contre elle en a bien donné un à son mec, qui en a profité dans les mois qui suivirent pour se la taper et aller habiter avec elle.

Carmen est donc en France, seule avec sa petite fille d’un peu plus d’un an. Elle n’a plus un radis et son visa arrive à expiration.

Elle ne sait qu’une seule chose, travailler la terre. Elle parle à peine le français.

Elle fut acceuillie par ceux-là même que sa famille pointait du doigt comme des voleurs de poules, les roms, les vrais. Ele a beau être un gadjo, ils l’acceuillent. Ils lui construisent une cabane en bois, avec une fenêtre et une porte qui ferme, pour elle et sa fille.

C’est là que Carmen commence à faire la manche.

C’est à ce moment que je la rencontre. En moins d’un an elle parle français, sans faute de grammaire et avec un vocabulaire qui dépassé largement celui des ados-sms. Elle écoute mes conseils et se rend à la mission de Mé decins du Monde pour faire vacciner sa fille, elle commence à s’imaginer un ou deux projets….

mais elle est inquiète, parce que sa fille reste au camp la journée. Et puis je ne sais pas ce qu’il se passe, elle disparaît dix jours.

Quand je la revois, elle est dans la peur,  la plus totale. Elle passe son temps à me répéter qu’elle ‘est sans papiers et qu’ils vont la remettre en prison, puis l’envoyer en Roumanie, et qu’elle ne sait pas si elle pourra récupérer sa fille ». Je lui explique qu’elle n’est plus « sans papier » puisque la Roumanie est maintenant intégrée à la CEE, et que donc sa présence sur le territoire français ne nécessite plus de visa. Elle ne me croit pas, parce que les policiers lui ont dit plusieurs fois le contraire.

Le père prodigue réapparaît, et annonce qu’il se repend d’avoir abandonné sa fille. Largué par la française, il veut retourner au pays continuer son boulot de couvreur, et y emmener sa fille pour qu’elle puisse aller à l’école.

Et là, manque de bol, les agents de la force publique interviennent (à nouveau?) . C’est le 22 février dernier.

La colline arborée de Chilly Mazarin où Carmen et ses 4 comparses vivent dans des bicoques en bois est un terrain qui ne leur appartient pas, évidemment. Je ne sais pas s’il s’agit d’un terrain privé ou d’un terrain communal, mais on s’en fout, non? Je sais par contre qu’il est tanké en pleine zone industrielle et que leur présence ou absence ne dérange rien ni personne.

Les flics arrivent et expulsent les vilains squatteurs.

Jusque là, on reste dans le Droit. Mais visiblement ça ne suffit pas aux Schtroumpfs, alors ils détruisent systématiquement le camp: ils brûlent les habits, la bouffe, tout. Tout disparaît sous un bidon d’essence!!!!

Le tout devant des journalistes qui filment et photographient le tout, sans intervenir bien sûr, mais aussi sans rien dire aux personnes qui voient toutes leurs possessions partir en fumée, même pas un petit conseil leur indiquant où ils peuvent trouver un gîte pour la nuit, espérer trouver une couverture ou deux, rien, que dalle… Juste la date de publication de leur reportage, mais -rigolo non- sans donner le nom du journal ou de la chaîne pour laquelle ils bossent. Double exemple d’éthique moi je dis, franchement bravo…..

En plein mois de Février donc, 5 personnes qui ne faisaient de mal à personne se retrouvent sans maison, sans habits, sans rien.

Carmen a disparu pendant un mois après cet événement. Elle a réapparu, avec une dizaine de kg en moins, sans chaussures.

Je lui ai demandé une fois si elle était rom ou gadjo, ça l’avait fait rire: elle trouvait étonnant que je sois « connaisseuse, pas comme les autres gens ».

Carmen n’est pas un cas unique.

Carmen ne fait de mal à personne. Elle est juste quelqu’un qui a tout perdu et qui s’est fait mener en bateau au moment le plus tragique de sa vie.

Carmen, en venant en France, n’a pas rencontré le bonheur. Si elle ne veut pas retourner en Roumanie, c’est, comme tous les autres migrants, parce qu’elle n’a nulle part où aller, et parce que la honte l’étouffe rien que d’y songer. La France lui aura appris deux choses: que les Roms étaient sympas, et la Peur de l’uniforme.

Comme elle le dit: « en Roumanie personne n’attend rien des policiers, ils cherchent l’argent mais c’est tout, si on en a peu il n’y pas de risque de rien du tout, alors qu’ici en France c’est le contraire« .

Je médite pas mal sur cette dernière discussion que j’ai eu avec elle à la fin du mois de Juin dernier…..

Je ne sais pas où est Carmen.

Je ne sais pas si sa fille est en sécurité, ici ou en Roumanie.

………………………………………………………………………………………………

Bon, je me relis et …… c’est fou ça, c’est plutôt mal écrit, je n’ai pas réussi à mettre une once d’humour….;Mais je veux quand même le publier ce post. Voilà.

%d blogueurs aiment cette page :