Archive pour Kenya

Doris (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 6 -final)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Kenya, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , on 25 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

Après l’avoir prouvé avec Djibéou, Floribert, Annie, Monsieur Philippe et Florence, je mets un point final à cette série avec

 

Doris

Kenya. Nairobi.

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Quand je suis arrivée à Nairobi il y a 3 ans, je me disais que youpie, je pourrais me passer de « personnel de maison » : on avait, pour la première fois de toutes mes vies africaines, un vrai chez nous.

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Aucune bonne déjà sur place à ne pas foutre à la porte.

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Il y avait l’électricité environ 3h par jour et l’eau courante sauf pendant 4 mois par pompe, on trouvait des supermarchés un peu partout et il était donc possible de faire la cuisine en un temps similaire à celui que l’on y passe en France.

***gif joie

joie de la balle

de la balle***

Ouais.

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Les modalités du réel (ça en jette non ?) de l’électricité et de l’eau courante étant à la vérité très fluctuantes, et l’installation d’une machine à laver impliquant de carrément péter une pièce, on abandonna l’idée de posséder ce pas de géant dans la condition féminine pour l’humanité qu’est la machine à laver le linge.

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Un mois. Presque deux.

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Chacun a des limites au-delà desquelles ses convictions et sentiments basculent (sinon la traumatologie, la torture, la psycho n’existeraient pas). Par rapport au fait de ne pas employer d’aide de maison, en ce qui me concerne, c’est l’absence de machine à laver (et de laveries automatiques).

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Laver son linge à la main…. Je l’ai fait, plein de fois : durant presque tout mon séjour au Burkina, et à chacun de mes séjours africains où je séjournais chez des gens ou à l’hôtel (parce que le prix est juste une blague cosmique : à ce prix là tu peux légitimement te demander si tes nipes ne sont pas rincées au champagne).

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Tu vois les pubs à la con pour le lavage à la main, genre ça :

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Ou ça :

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Bin c’est pas seulement du top kitsch sois-une-potiche-et-souris-style.

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C’est aussi limite une escroquerie tellement le synopsis est fake, faux, impossible, irréalisable, absurde. Même avec la lessive la plus top moumoute du monde, laver quoi que ce soit ne prend jamais, jamais, jamais 5 minutes top chrono et ne se fait jamais, jamais, jamais nonchalamment du bout des orteils en se balançant du haut d’un hamac.

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En vrai, après avoir lavé son linge, on ressemble en gros à ça :

-gif fatigue après

fatigue apres boulot teuf je suis

boulot teuf je suis-

Laver son linge, spécialement des jeans, des serviettes de bain et des draps, c’est juste juste long, très long, très, très chiant, et à moins d’avoir des mains de joueur de jumbé tu as la paume et la peau entre les doigts quasiment à vif alors que tu n’as pas encore essoré la moitié du truc.

Là en plus je n’étais pas toute seule: on était trois (avec ses horaires de malade, le Barbu était hors jeu pour cette fois côté lessivage). Trois, putain, dont un gremlin.

Juste NON.

Finalement, j’ai donc cherché quelqu’un pour s’occuper de ça, juste pour ça : faire la lessive et la repasser. Soit trois fois 3 h par semaine.

La femme de ménage du bureau du Barbu avait une fille, Doris, qui bossait en petits temps partiels chez différents employeurs, dont le bureau lui-même quand des analystes arrivaient en poste ou étaient juste de passage et que l’appartement « de passage » était donc occupé.

On engagea donc Doris.

Sauf que c’était la première fois que c’était moi qui payais, et donc qui devais choisir combien je payais.

J’avais déjà frayé dans les eaux insalubres des desperate expats housewifes et je connaissais donc les prix moyens de rémunération (une misère), d’une part, et le prix moyen de la vie (similaire à celui d’une grosse ville de province en France) d’autre part.

Honnêtement, quand on convertit en euros, ça fait juste exploitation pure et dure, mais en la payant à l’heure un peu plus du double du prix « normal », on savait par expérience qu’il y avait déjà un risque qu’au lieu de nous penser sympas elle nous catalogue direct braves couillons.

Même aujourd’hui je ne sais pas du tout ce qu’elle a jamais pensé de notre accord. Qui peut bien savoir ce que pense Doris ??…

Doris…… Ah, Doris.

Qui est Doris ?

***gif holmes

Même Lui donnerait sa langue au chat à cette question: QUI est Doris?

Même Lui donnerait sa langue au chat à cette question: QUI est Doris?

reflexion

Certains (comme elle travaillait à l’appartement de passage du bureau du Barbu, beaucoup de nos copains/ines la connaissaient et elle nous faisait tous un peu flipper) affirment péremptoirement qu’elle est légèrement déficiente mentale.

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Je suis loin de partager cette certitude, mais cela fait en effet partie des éventualités.

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Une autre serait que sa maîtrise de l’anglais n’est que relative. Particulièrement à l’écrit.

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Ou bien qu’elle est traumatisée (par quoi ou qui ??? un/e ex patron/ne ? enfant battue ?? les élections précédentes ??? ….)

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Ou tout simplement qu’elle incarne l’un des paroxysmes de ce « cloisonnement de classes » si prégnant au Kenya.

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Ou encore au contraire qu’elle s’en fout (de tout, de ces chaînes qui pendent à nos couuuuuuuuus) que c’est une grosse anar nihiliste et rebelle qui joue la comédie. (mais alors elle le cache avec un talent inégalable).

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Ou peut-être un mélange de plusieurs de ces possibilités.

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Le fait est qu’employer Doris et l’avoir chez moi trois après-midis par semaine n’a pas été un élément choupi à l’aise Blaise de ma vie à Nairobi.

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Les trois premiers mois.

Doris se fige dès que je lui parle en swahili. Elle se fige aussi quand je lui pose des questions ou lui demande son opinion sur quoi que ce soit dès lors que cela n’a pas trait à son taf.

Mais aussi, Doris pète tout.

***gif intervention

intervention étrangère pas délicate

Piolet dorisien

étrangère pas délicate-

Quand je dis tout, c’est tout.

Soit, en trois mois : une cafetière électrique, trois tasses, deux verres, le couvercle de la chasse d’eau, une brosse à cuvette de W.C, le four (porte bloquée et/ou démontée 3 fois. Regard paniqué/exorbité de Doris quand je réparais le truc). Je devais également relaver tous les draps après elle, et tous les vêtements où il y avait vraiment des taches.

Doris était venue à chaque fois m’avertir de la casse.

A chaque fois, elle gardait la tête et le regard baissé et énonçait la chose d’une petite voix chevrotante. Elle ressemblait à un mélange de ça :

***gif choupinou bord de

choupinou bord larmes i need a hug

s larmmees need a hug***** –
Et ça :
**** pplanète

planete-terreur-un-film-grindhouse-grindhouse-planet-terror-2007-08-15-5-g

terreur****

Je lui répondais donc à chaque fois que ce n’était pas grave. (#bisounours)

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Sauf que quand même, je relavais derrière elle souvent et elle pétait plein de trucs. Il fallait que je trouve un moyen que cela s’arrête.

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Les échanges en matière d’horaires et de nature du travail m’avaient contrainte à me rendre à l’évidence: visiblement, il était juste impossible/inconcevable pour elle de ne s’occuper que de la lessive et donc de n’avoir que ces 3 putains d’heures 3 jours par semaine plutôt que 3 après-midis, soit une bonne heure de plus à chaque fois. Au final elle s’occupa aussi du nettoyage des sols et des poussières ainsi que de celui du four et de ses plaques de gaz.

Joint à cela, l’envie permanente de vérifier que mes cheveux ne se sont pas transformés à mon insu en serpents à chaque fois que j’essayais de lui parler et qu’elle se transformait en statue m’avaient déjà bien ébranlée.

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Comment faire ?

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Quand la lessive de la semaine avait abouti à ce que deux caleçons du Barbu finissent éventrés en deux, j’ai pris mon courage à la main et ai exprimé mon mécontentement.

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La semaine d’après encore, d’autant plus que cette fois c’est un pantalon qu’elle avait explosé. (Doris, du haut du son mètre 40, a un côté Terminator bien caché).

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Je commençais à trouver que… comment dire… (le problème est très exactement là, comment le dire?)

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La semaine d’après, quand elle a à nouveau pété un pantalon (à moi cette fois) et un caleçon, je ne me suis pas énervée.

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Mais je lui ai expliqué calmement qu’à partir de là on prélèverait 1000 shillings kenyans (soit le prix d’un pantalon au marché de seconde main ou à Eastleight) par habit ou objet détruit, 500 s’il s’agit d’un caleçon, parce que nos habits ne poussent pas sur les arbres. Que je peux parfaitement faire la lessive moi-même comme je l’avait fait auparavant en attendant de trouver quelqu’un pour la remplacer et que cela ne serait pas compliqué vu la paye que nous proposons, car, oui, nous connaissons les prix et c’est bien notre choix de rémunérer à cette hauteur.

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La semaine d’après, elle niqua encore un pantalon, plus une robe. (ouais, moi qui ne savais pas ce qu’était un dressing jusqu’il y a peu, j’avoue que là, même moi je commençais sérieusement à m’inquiéter pour nos garde-robes.)

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A la fin du mois, donc, je lui ai donné 2000 shillings en moins. (sur 20000).

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Je suis peut-être un peu une salope de Social Traître limite néocolonialiste, mais plus jamais Doris ne péta quoi que ce soit.

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Les 18 mois qui suivirent

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Doris ne se contentait pas de se figer dès que je tentais de lui adresser la parole, tentatives que je cessai au bout de 6 mois d’essais infructueux.

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Non. Doris ouvrait aussi des yeux grands comme des soucoupes…

***gif yeux é

yeux écarquillés

quarquillés****

Quand je jouais à la Wii avec mon gnome.

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Quand je faisais la cuisine.

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Encore plus quand elle me voyait faire la vaisselle.

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Quand je recousais des habits.

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Quand je skypais.

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Quand je bossais mon swahili.

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En gros, dès qu’elle me voyait me comporter anormalement par rapport à la case à laquelle je suis sensée appartenir, soit trèèèèèèèèèès souvent. Pas ultra choupi.

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Vu que Doris n’a jamais réussi à arriver à l’heure, elle ne repartait pas tôt (en fait la plupart du temps c’est moi qui lui disais de partir vers 18h). Ce qui fait que, plusieurs fois, Doris croisa le Barbu.

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Là, ce n’était même plus une statue, mais…. Je ne sais pas comment dire autrement que cela : elle se conduisait comme si elle craignait qu’il la frappe, rasant les murs comme si elle voulait y disparaître et tenant toujours la tête baissée, les épaules rentrées…

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Avant la semaine de notre mariage (et si jamais la tête apeurée/traumatisée de Doris était en fait la traduction de sa désapprobation envers notre vie maritale « dans le pêché »???? Cela est également possible…..), je n’avais jamais vu Doris sourire autrement que lorsque mon gnome ui parlait ou quand je disputai le dit gnome par rapport à ses fringues recouvertes de boue.

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Doris a mis un an et demi pour comprendre/accepter/croire et enregistrer que

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1) on n’attendait ni ne voulait qu’elle vienne travailler un jour férié (il y en a plusieurs au Kenya évidemment) et que non elle ne perdait pas de salaire pour autant,

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2) qu’après 18h grand max (la nuit est tombée à 19h/19h15 tous les jours de l’année. Et personne ne sort sans voiture la nuit à Nairobi.) elle partait,

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3) que si il avait fini son taf, elle pouvait partir et que là non plus elle n’aurait pas de sous en moins.

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Mais elle n’a jamais compris/accepté/cru(qu’en sais-je ?) que je voulais juste qu’elle fasse la lessive, le repassage et les sols et qu’elle reparte le plus vite possible, que le truc à la base est que je la payais pour une tâche et pas pour une durée.

Si elle a compris que c’était bien moi et pas elle qui rangeait le linge, que la vaisselle était toujours faite quand elle arrivait et que le linge sale était toujours déjà prêt à être laver (aka, mariné depuis au moins 1h dans une bassine remplie d’eau chauffée + poudre à laver), elle n’a jamais accepté de se contenter de ne faire que les sols et de ne pas épousseter/cirer tous les meubles, (et, régulièrement, de le faire également à l’intérieur de toutes les étagères de la cuisine).

Pour Doris, case housekeeper = ménage tout complet, point barre.

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Je me sentais tellement mal à l’aise quand elle était là que je fuyais la maison le plus souvent possible les 3 fameux après-midis.

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Je n’ai jamais osé lui dire -en dehors de l’épisode Opération Stop Destruction, moralement pestilentielle mais qui s’est avéré efficace à 100% comme évoqué plus haut- quoi que ce soit à propos de son travail, même si sa manie de ranger les choses dans la cuisine de sa manière très personnelle nous rendait chèvres.

***

[Parenthèse : mais POURQUOI faisait-elle ça ? En l’occurrence, à chaque fois qu’elle vidait les étagères qui étaient au mur, biennnnnn hautes et profondes et qu’elle les remplissait après nettoyage, elle rangeait méticuleusement les boîtes de conserves, les épices, les bocaux de pâtes etc. touuuuuuuuuuuuuuut au fond des étagères. C’est-à-dire inatteignables sans se déboîter la hanche et l’épaule quoi. Je précise que pour ce faire, Doris avait besoin de changer de pièce, de prendre une chaise dans le salon, de la rapporter devant, de grimper sur la chaise, et c’est seulement alors qu’elle pouvait ranger tout ça de cette manière si terriblement pratique. Hein, POURQUOI ? Pourquoi Doris rangeait-elle systématiquement l’ouvre-boîte, les couteaux de cuisine, les boules à thés et les planches à découper non seulement ailleurs que là où nous les rangions nous à chaque fois, mais aussi et surtout aux endroits les plus inaccessibles (mais toujours les mêmes) ? Fermons la parenthèse]

Le fait que la demoiselle ait en permanence cet air de chien battu et d’incompréhension angoissée, voire de panique totale durant mes tentatives de communication en swahili et mes tentatives d’échanges,

tout ça,

cette permanente interrogation psycho-linguistico-anthropologique qu’elle représentait et l’impression subséquente d’être face à quelqu’une que l’on sait juste ne pas comprendre même un peu, mais qui elle en revanche a plein d’idées sur toi mais tu ne sais pas non plus lesquelles exactement, c’est juste ME-GA-RE-LOU.

***

Doris est très clairement une des raisons pour lesquelles j’ai été contente de quitter Nairobi en novembre dernier.

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Jamais plus Jamais

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Dans pas très longtemps si tout va bien je repars ailleurs, dans mon Pays Fort Fort Lointain adoré, et cette fois-ci, ho miracle, ou pourra avoir une machine à laver (la précédente occupante s’est barrée avec, la chienne), et l’appart a connu seulement une coupure d’électricité en un an et aucune coupure d’eau.

***gif poney moon

poney moon walk fier

walk fier ***
Oh yeah.

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Westgate, 6 terroristes et des ratons-laveurs

Posted in Big A(frica), Kenya with tags , , , , , , , , on 13 octobre 2013 by violemmenthumaine

Inconnue, Inconnu, voilà déjà un bon moment que je procrastine relativement à mon envie de livrer mes pensées iconoclastes sur Westgate. Des pensées qui partent tellement dans tous les sens que cette fois-ci, je ne vais pas structurer plus que ça, juste me contenter de lister.

Des fois que tu n’allumes jamais la télé ni ne lises le journal ou n’aies de compte sur un quelconque réseau social on line, tu ignores peut-être complètement de quoi je peux bien parler.

Kesaco Westgate ??

Westgate, jusqu’au 21 septembre dernier, c’était juste The Place To Be pour toute personne pas pauvre trainant ses guêtres en Afrique de l’Est. Le symbole du développement et de la réussite du Kenya.

Aujourd’hui c’est le petit nom du 11 septembre est-africain.

Let’s go to the Mall

A Nairobi, la vie sociale se construit essentiellement dans les Malls, l’équivalent english style des centres commerciaux industriels à la française ou à la Wall Mart : c’est exactement la même chose que Vélizy 2 (remplacez par n’importe quel centre commercial en zone industrielle si vous n’habitez pas en banlieue sud parisienne), sauf qu’au lieu d’être un/des gros cube/s de béton s’étalant au milieu de hangars et d’échanges autoroutiers, il s’agit de bâtiments architecturaux plus ou moins design au beau milieu de la ville.

Il y a surtout une autre différence entre Parly 2 et Westgate : en France, c’est plutôt les familles/djeunes « socialement peu favorisés » qui passent leurs journées et week-ends à squatter les allées des centres commerciaux. A Nairobi, ce sont les riches, ou plutôt l’upper middle class.

Les gens y passent leur journée entière, entre amis, en famille, alternant shopping, restaus, quelques verres et cinéma, voire spectacle : beaucoup de festivals ou événements (mode, musique, radio) se déroulent dans des « malls ».

ùùùùùùùùùùùùùùùùùù

ddddddddddddddddddddddd

Pas un quartier hors bidonvilles qui n’ait au moins 1 mall. Mais il y a mall et mall, tu vois.

Westgate est était LE mall. Le plus grand, déjà, hors du « village market », qui comme son nom l’indique, est carrément une ville de commerces entourée de murs et de gardiens (c’est aussi le seul lieu commercial de Guigueri, le quartier des Nations Unies). Le plus fashion, surtout, accueillant notamment THE café/bar, le « Art Café », bar « à la française » tenu par des israéliens (le mall en lui-même appartenant également à des israéliens, très présents en Afrique de l’est, voire en Afrique tout court –mais qui n’est pas présent sur ce continent hein-), dont la terrasse accueille accueillait chaque jour le ghotta international (et kenyan) présent à Nairobi.

Quand vous prenez l’avion pour venir au Kenya avec Kenya Airways (ou Air France, qui utilise en fait les avions de la précédente pour ce trajet), il y a deux pages complètes de pub sur Westgate dans la brochure de papier glacé, celle planquée dans la pochette qui cogne vos genoux et que personne ne lit….

Westgate, c’est était LE symbole de la réussite économique du pays, pas un simple centre commercial.

Westgate, c'était ça.

Westgate, c’était ça.

ùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùù

westgate5ùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùù

OH que c'était beau oh que c'était grand.

OH que c’était beau oh que c’était grand.

*** westgate 3, 5, 9a, 2****************************************************

Ouh qu'il était beauuuuuuuuuuuuuuuu ce centre commercial.

Ouh qu’il était beauuuuuuuuuuuuuuuu ce centre commercial.

D’ailleurs, les Kenyans ont été un tantinet énervés du fait que la presse internationale le présente simplement comme « un mall »….

ffffffffffffffffff

pas 1 centre comm tw

*** pas un centre commercial tw***

Un peu comme si les Galeries Lafayette des grands boulevards parisiens étaient attaquées et que la presse parlait d’un braquage dans une épicerie….

Bref, Westgate était tout simplement la meilleure cible pour un attentat terroriste de tout le pays.

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Producteur hollywoodien sensationnaliste cherche scénariste pour adaptation cinématographique de l’attentat de Westgate. Oscar promis !!!

***BY TYLER HI

Ça y est, vous avez en tête le décor ?

***BY TYLER HICKS-NYTIMES 4***

Vi vi, ceci est une vraie photo saisie pendant la prise de Westgate. Pas un campagne de comm’ pour le dernier Matt Damon.

Vi vi, ceci est une vraie photo saisie pendant la prise de Westgate. Pas un campagne de comm’ pour le dernier Matt Damon. © Tyler Hicks, New York Times

Vi vi, ceci est une vraie photo saisie pendant la prise de Westgate. Pas un campagne de comm’ pour le dernier Matt Damon.

J’ai évoqué ailleurs le fait que le gouvernement kenyan, pour un tas de bonnes raisons, est en guerre en Somalie contre les Shebaab depuis octobre 2011, ce qui évidemment, n’a pas empli de joie ces derniers. Les shebaabs avaient nommément menacé de cibler Westgate et le Village Market en représailles depuis un an et demi, mais bon, le temps passant et le fait que leurs actions jusque là aient été de petite envergure ne poussait pas à la vigilance plus que ça, on va dire…

Sauf qu’ils ont fini par faire ce qu’ils avaient menacé de faire.

Et ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Genre pas du tout.

Ils ne se sont pas contentés de faire péter une bombe ou de lancer quelques grenades, non. Tortures, viols, amputations, pendaison, ils ont fait la totale hein.

Dès le début, ça a été aussi violent qu’un Die Hard :

ffffffffffffffffffff

(Si vous comptez, vous verrez qu’il n’y a jamais plus de 8 secondes entre les salves. Une attaque VRAIMENT hardcore)

Une attaque terroriste comme celle-là, c’est une première mondiale, car si des groupes ont bien déjà attaqué des lieux à la force symbolique économiquement forte, (le 11 septembre, Bombay en 2008, aucun n’avait joué (à ma connaissance) la carte du huis clos longue durée.

Les shebaabs ont respecté à la lettre les règles de la tragédie classique. Unité de temps, unité de lieu, du sale, du bien horrible, et même un méchant qui porte sa « mission » comme une croix et qui est humain, en fait

Acte 1 :

Samedi 21 septembre vers midi, le début de la plus grande affluence hebdomadaire, alors même que Westgate accueillait une version locale d’un « master chief enfants » au niveau de l’accès aux escaliers menant aux parkings souterrains, un nombre incertain de mecs (pendant l’attaque, les autorités kenyanes parlaient d’une quinzaine d’assaillants ; ils affirment et l’on sait aujourd’hui qu’ils étaient seulement entre 4 et 6) pénètrent dans le centre commercial par deux étages différents.

Ils commencent à shooter à tout va, balancent quelques grenades.

Acte 2

Puis, très rapidement, ils prennent possession de tout le centre commercial, alors qu’une première vague de personnes traumatisées, celles qui étaient au rez-de-chaussée et n’ont pas été tuées par les tirs ni prises en otage, s’échappe du centre.

Acte 3

Les joyeux drilles à kalach vont rester dans Westgate 4 jours entiers, retenant en otage des centaines de personnes, en tuant officiellement 63, y compris de jeunes enfants. Tout du long, ils opèrent avec précision, calme et intelligence tactique : utilisant toutes les ressources du centre pour ralentir l’avancée des forces kényanes : portes piégées, entrées bloquées avec des marchandises… et des cadavres, incendiant des matelas pour enfumer les forces d’intervention kényanes et faire s’écrouler le toit…

Les otages seront libérés progressivement par les forces kényanes, mais certains resteront coincés en tête à tête avec ces gentlemen les 4 jours.

4 jours entiers. 4 putains de jours !!!

Accroché à la radio, à la télé, aux journaux et à twitter, le Kenya entier surveille les forces d’intervention spéciales de son armée, et trouve que franchement ils sont pas tip top efficaces parce que dans les films ils règlent le problème en 10 mn et voilà (pour ça je suis confuse, je n’ai pas pensé à sauvegarder des tweets sur le sujet, mais vraiment, sur tweeter comme à la radio, le sentiment d’entendre parler des gens comme si les Experts et autre 24h chrono étaient le critère de référence dans le réel était…. Impressionnant.)

Acte 4

Le mardi 24 septembre dans la soirée, le président Uhuru Kenyatta annonce officiellement la reprise totale de Westgate et la maîtrise des assaillants, ainsi que 3 jours de deuil national (fermeture des écoles et des structures non essentielles publiques.)

Acte 5

Bilan : le centre est totalement détruit ou pillé, 63 décès officiellement, plus de 30 personnes disparues et 175 blessés, sans compter les centaines de personnes ayant été tenues en otage sous menace de mort pendant des heures, voire pour ceux qui étaient dans les étages, des jours.

fffffffffffffffffffffff

© Tyler Hicks, New York Times

© Tyler Hicks, New York Times

**** post west 1, 2, 3,

© Tyler Hicks, New York Times

© Tyler Hicks, New York Times

4 et 5 BY TYL**************************************************************ER

© Tyler Hicks, New York Times

© Tyler Hicks, New York Times

HICKS NY ***********************************************************************

© Tyler Hicks, New York Times

© Tyler Hicks, New York Times

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© Tyler Hicks, New York Times

© Tyler Hicks, New York Times

ùùùùùùùùùùùùùùùù

ùùùùùùùùùùùùùùùùùùù

ùùùùùùùùùùùùùùùùùùù

Comme si l’événement en lui-même ne suffisait pas, l’Histoire a fait place à Westgate à une mise en abîme de mise en scène de grosse production hollywoodienne : une ultra-médiatisation avec journalistes embarqués et avalanche de photos et vidéos aussi pro qu’amatrices et l’attaque en direct live sur tweeter, des héros, du gore et de la mesquinerie humaine bien comme il faut avec des piques dramaturgiques ( des explosions, une colonne de fumée s’échappant du centre pendant des heures et visible à des kilomètres, des coups de feu, des otages qui sortent avec une tête hallucinée au moment où l’on ne l’espère plus, d’autres jetés du haut du troisième étage le dernier jour de l’occupation, durant la charge finale des forces kényanes) à faire trembler  n’importe qui dans les chaumières de la galaxie, des rumeurs délirantes relayées par le monde entier, et, last but not least, des polémiques qui détruiraient n’importe quel pouvoir réellement démocratique (parce qu’en fait, non, à partir de l’acte 3, les choses ne se sont pas passées tout à fait comme ça).

dddddddddddd

Du lourd.

**** raotn-la

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veur****

Des héros partout

Au Kenya comme ailleurs, il y a des « agents de sécurité » partout, et plus le lieu est chicos, plus ça se multiplie. Dans ma longue vie africaine, je n’avais jamais vu un seul garde ou agent de sécu servir à quoi que ce soit quand ça pète, le scénario le plus fréquent étant une magnifique illustration de la capacité de l’être humain à se cacher ou fuir à tire d’aile quand l’adrénaline monte al chouïa.

Bin là, non. Les gardes des boutiques, des Kenyans et des Indo-pakistanais principalement, ont sauvé des dizaines de personnes : la plupart des gens qui se trouvaient au rez-de-chaussée (et qui n’avaient pas été tués par la première attaque) du centre ont été évacués par ces mecs durant les trois premières heures.

***  reuters** 

© Goran Tomasevic - Reuters

© Goran Tomasevic – Reuters

© Goran Tomasevic – Reuters*

Une centaine d’autres ont été évacuées par un retraité de la Marine royale qui a « repris du service » au vu des événements (mais pourquoi, retraité, portait-il une arme en allant boire un café ? Ouais je sais j’ai des questions coconnes)  et évacué tout ce monde à lui tout seul.

Un autre anglais, notable musulman d’origine indo-pakistanaise, a donné sa vie pour sauver des enfants à côté de lui

Beaucoup d’enfants et de personnes ont été sauvés par des personnes qui leur étaient totalement étrangères, et c’est bien la première fois au Kenya que j’ai vu une telle solidarité sans considération de couleur de peau.

** Kenya  **    

kenya

solida

solidarité

rité  **

Enfin, les forces kenyanes, malgré tout ce qu’on leur a indûment reproché et tout ce qui devrait foutre nettement plus le darwa en ce beau pays kényan,  ont aussi eu leurs moments glam übber héros….

***  policier sauveur-couverture

The policier sauveur, qui fit notamment la la moitié de la couverture du Sunday Nation dub 22 septembre 2013

The policier sauveur, qui fit notamment la moitié de la couverture du Sunday Nation du 22 septembre 2013

Sunday Nation 22septembre 2013  ***

Bref, il y a eu du héros en veux-tu en voilà.

**** raton

raton-laveur-02

aveur****

Homo sapiens mesquinus

A vrai dire, il y a eut plus d’héroïsme que de trucs bien crades illustrant la nature profondément égoïste de l’être humain, mais quand même, il y en a bien eu (comme toujours), et ça a bien choqué les Kényans.

D’abord, au début de l’attaque, pas mal de gens ont tenté (et souvent réussi) de s’enfuir par les parkings souterrains, et le fait que le passage pour les atteindre soit encombré des enfants du tournage du Master Chief n’a pas freiné tout le monde, loin de là, et tant pis si des schtroumpfs tombent et sont piétinés en cours de route.

Durant les 4 jours de la prise de Westgate, l’ensemble des forces de l’ordre y étant concentrées, les incidents de car-jacking ont explosé dans Nairobi.

Ensuite, et surtout, il y eut les badauds et la presse.

Dès le second jour, et alors que le quartier était, évidemment, totalement bloqué, des dizaines de connards personnes sont venues s’amasser en face de Westgate. Tant que l’assaut n’était pas terminé, il s’agissait bien de voyeurs.

*** © Karel Prinsloo – Reut

© Karel Prinsloo - Reuters -

© Karel Prinsloo – Reuters –

ers -dernières heures d assaut

Mais quand le centre fut totalement repris aux terroristes, apparut une autre population : l’immense masse des miséreux des slums, qui venaient dans l’espoir de profiter de l’aubaine et de se faire de la maille tranquille en pillant les commerces éventrés. Ils ne disparurent qu’après avoir été dispersés à coup de bombes lacrymo.

Malgré la banalité de ce genre de réactions, les Kényans, dans la presse, la radio et en ligne, en furent totalement choqués.

*** choqué par v

choqué par voyeurs tw

oyeurs tw****

Et puis, bien sur, il y eut la presse. De par la population habituellement présente au sein de Westgate, l’événement fut couvert en temps réel par plusieurs journalistes internationaux (dont Tyler Hicks, du New York Times, l’auteur de la majorité des photos que j’ai choisies pour cet article). Dès la première heure, des meutes de journalistes kényans et internationaux se ruèrent devant Westgate et y restèrent quasi non stop une semaine, ce malgré l’apparition au compte-goutte d’informations.

Les Kényans, encore une fois, parurent choqués de tout cela, tout particulièrement de deux choses : le fait de suivre au maximum en temps réel (une des plus grosses chaînes de télé kényanes diffusait un non-stop) leur semblait dangereux :

*** medi

media tw

a tw***.

Et, surtout, ils furent outrés que les médias puissent diffuser des photos de victimes (il y en a des bien gores hein ; j’ai choisi de ne pas en mettre ici), surtout dans les journaux internationaux. Ainsi, la couverture du numéro dominical du Daily Nation, l’un des trois quotidiens les plus lus au Kenya, parue le lendemain du début de l’attaque, fut interdite de diffusion dans les heures qui suivirent sa sortie.

*** couv westgate

couv westgate sunday nation

sunday nation ***

De même, des petits malins ont monté une compilation de toutes les images des journaux kényans durant la prise de Westgate, compile’ se vendant comme des petits pains…   Mais le gouvernement l’a interdite en arguant très longuement de l’amoralité de la démarche.

Personnellement, et à comparer ne serait-ce qu’avec les embouteillages monstrueux devant le moindre accident ensanglanté sur le bord de l’A6, je trouve que la vigueur des polémiques kényanes engendrées par ces quelques illustrations de la petitesse humaine est admirable, voire carrément kawaï….

**** raton-

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laveur****

La grande absente des polémiques

 

Le problème, le vrai problème à mon sens, c’est que le seul sujet qui devrait faire polémique, voire qui devrait carrément renverser le gouvernement ou tout du moins gravement le fragiliser, est pratiquement absent du débat national (même si très présent dans la presse kényane).

D’abord, il semblerait que les terroristes aient eu des complices au sein du centre, qui leur auraient permis de stocker une bonne partie de leurs munitions sur place.

Ensuite, les minutions en question…. Viennent de la police kényane, ce qui implique évidemment un niveau de corruption beaucoup plus élevé que celui que l’état kényan affirme avec fierté avoir atteint depuis quelques années.

Enfin, l’armée kényane….. Non, ils n’ont pas été si lents ni si mauvais, c’est nettement pire que ça. Les enquêtes lancées par la moitié des services spéciaux de la planète (c’est ça l’avantage d’accueillir des ressortissants d’un peu partout) tendent à conclure positivement sur les événements suivants : l’armée kényane a interdit à la police, ainsi qu’aux fameuses forces spéciales israéliennes dont la presse internationale a beaucoup parlé pendant des jours, d’intervenir, se réservant le monopole du « sauvetage ». Certaines de ces enquêtes avancent même l’idée que la mort de deux des policiers des services spéciaux présidentiels kényans (les GSU) ne serait pas due aux terroristes mais bien à l’armée kényane, histoire de faire respecter leur demande…. Pourquoi donc ?? Bin…. Pour pouvoir piller tranquillos et sans témoin (ou presque, toutes les caméras de surveillance n’ayant pas été mises HS, il y a des preuves !) piller les coffres-forts et les boutiques, les mecs utilisant…. les ambulances pour évacuer leurs précieuses prises !!!

Et bien la seule réaction officielle est une décision du gouvernement de lancer une enquête. Pas de manifestations, pas d’opposition qui s’exprime, rin, que dalle.

***** raton

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laveur****

Rumeur rumeur, dis-moi n’importe quoi pourvu que ça soit Brrrrrrrrrrr

Pour un événement aussi largement couvert, dingue de voir combien de rumeurs ont circulé et ont été reprises dans toute la presse mondiale.

Bien sûr, le fait que l’ensemble de la presse internationale (y compris française) ait affirmé tout le week-end de l’attaque que les forces spéciales israéliennes intervenaient alors qu’en fait, non (elles étaient bien présentes, mais –voir plus haut-, l’armée kényane leur a interdit d’intervenir) en est un bon exemple, déjà.

Mais les deux rumeurs les plus hallucinantes ont trait à l’islam.

Durant les premières heures, certains des terroristes ont demandé à certaines des personnes de leur réciter le début de la shââda, la profession de foi des musulmans (« Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète », en arabe in extenso, œuf corse), et les ont laissé partir si elles y parvenaient. Le fait que tous les attaquants ne l’aient pas fait et que beaucoup de victimes soient musulmanes, n’a jamais été évoqué dans aucun des trèèèèèèèèèèèèèèèès nombreux articles reprenant ce « fait ». (Raison pour laquelle, non, je n’en mets pas à ce sujet précis, de lien, parce qu’il faut arrêter, à un moment).

Le second est encore plus « marrant », car il a été repris tellement de fois, et on a tellement glosé là-dessus sans avoir de confirmation de la véracité du truc, que c’en serait hystériquement drôle si ce n’était autant affligeant : il s’agit de l’identité des terroristes. Au bout du 2ème jour de l’attaque commencèrent à circuler plein de rumeurs affirmant que les terroristes seraient de nationalité occidentales (Danemark, USA, etc), et surtout (c’est ce qui a été le plus repris), seraient carrément menées par une femme, anglaise et blanche, la « veuve blanche » (indindinnnnnnnnnnnnn)….. Or, si aujourd’hui personne ne sait officiellement qui étaient ces terroristes (le gouvernement kényan a affirmé connaître leur identité, bien sûr, mais n’a jamais donné tous les noms. Et les déclarations des shebaab ont été plus que variées, à ce sujet…), on est sûr et bien sûr que non, Samantha Lewthwaite, alias la fameuse veuve blanche, n’a rien à voir avec le schmilblick.

Mais visiblement, ces soubresauts de vérité/mensonges/approximations/absence d’errata ne semblent gêner que moi…..

*** raton

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-laveurs****

 

Tweeter la mort en direct

Comme j’espère le montrer pas trop mal ici, les Kényans ont du avoir mal aux pouces à force de tweeter non stop sur l’attaque. Mais surtout, les « méchants » ont tweeté aussi. Non stop. Pendant et après.

Yep : si le 11 septembre a été le premier événement/catastrophe suivi en direct sur les 5 continents via les chaînes de télé, on peut considérer (en tous cas moi je considère) que Westgate est la première attaque tweetée en live.

De fait, les shebaab n’ont cessé de bombarder en temps réel des déclarations sur facebook et twitter, recréant des comptes sitôt que ceux-ci étaient interdits et fermés en moins de temps qu’il ne faut pour taper L.O.L sur son iphone à un/e teenager.

**** ex sheb

Bon, cet exemple n’est pas particulièrement frappant : les terroristes y sont moins « explicites » que dans d’autres tweets. Mais ça donne déjà une idée.

Bon, cet exemple n’est pas particulièrement frappant : les terroristes y sont moins « explicites » que dans d’autres tweets. Mais ça donne déjà une idée.

aab tweets***

Des fois qu’on ne comprendrait pas, ils y ont déclaré que l’attaque était en représailles contre l’intervention kényane en Somalie ; ils y ont glorifié les « moudjahidines » participant à l’opération et ridiculisé les forces kényanes, annoncé et rectifié le nom des participants…. Et lâché leur nombre officiel à eux du nombre de victimes, 137 en l’occurrence, ce qui semble beaucoup plus vraisemblable que le chiffre officiel (mais faut pas le dire).

*** raton-l

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aveurs****

We Are One

Marrant, ça, combien les mêmes éléments sont ou ne sont pas traités de la même manière selon qu’ils touchent des régions différentes du globe : c’est au Japon que l’on est « digne » même quand l’apocalypse nucléaire vous tombe sur la tête, c’est pour la Thaïlande que l’on donne des milliards quand un tsunami passe par là (nettement, nettement moins quand un tremblement de terre détruit Haïti), et, au Kenya, on est juste « choqués ».

Moi, ici, ce que j’ai vu et n’ai pu manquer de voir vu combien la solidarité et le souci des autres ne fait pas partie des données quotidiennes à Nairobi, c’est un gigantesque élan de solidarité, un sentiment d’identité nationale allant très loin au-delà des frontières ethniques, raciales, religieuses.

Les rares journaux français que j’ai vus qui en parlaient se sont trompés : non, le hashtag « WeAreOne » n’est pas apparu au Kenya en réaction à Westgate : en fait, il existe au moins depuis après les violences post-électorales de 2008 , et a été très largement réutilisé durant les dernières élections.

Seulement, c’est la première fois que j’y crois quand les Kényans le revendiquent.

*** wea

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reone***

Et oui, peut-être -je dis bien peut-être hein, l’effet peut n’avoir qu’un temps, c’est même le plus probable-, peut-être que l’attentat de Westgate aura permis de réunir le peuple kényan, de le rendre plus fort.

*** uni

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Durant les jours de l’attaque et ceux qui ont suivi, les Kényans se sont précipités en masse pour donner leur sang et financer les secours.

****solida

solidarite sang tw

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solidarite thune tw

/2/3*

solidarite thune 2 tw

***

Alors que le Kenya est majoritairement chrétien (à l’exception du nord-est et de la côte, où là, la population est à plus de 80% musulmane), il y a eu extrêmement peu de discours contre l’islam ni d’amalgame entre terrorisme et islam.

Le Conseil national musulman s’est très vite exprimé sur la question,

****kenyan-m

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uslims-council****

Et plusieurs membres du gouvernement ont appelé à l’unité nationale absolue.

Bref, oui, les Kényans et même leurs gouvernants ont été un exemple d’unité et de solidarité. Étonnant qu’on en ait parlé si peu dans la presse internationale…..

Et après ?

Voilà.

Aujourd’hui, plus de trois semaines après le début de l’attaque de Westgate, que peut-on dire de « l’après » ? Quelles conséquences le 11 septembre est-africain aura-t-il pour le Kenya, pour l’Afrique et pour le monde ?

Des morts « importants » en ribambelle

Evidemment, parmi les nombreux morts figurent quantité de « gens importants », et n’a pas touché que des kényans, mais également 2 françaises (dont, non, je ne donnerais pas l’identité, comme l’ambassade avait demandé à la presse. No comment), au moins 6 anglais dont une enfant de 8 ans, 1 australien, 4 canadiennes, 1 chinoise, 3 indiens dont un enfant de 8 ans (âge maudit visiblement), 2 hollandaises, 1 sud africain, 1 sud coréenne, 1 suisse, 1 péruvien qui venait juste de prendre sa retraite de l’UNICEF, ….

Le Kenya a perdu 4 « people » dans l’attentat, dont l’un des neveux du président kényan Uhuru Kenyatta et une présentatrice télé-radio extrêmement populaire ici…

Parmi tous ces morts figure aussi l’un des plus grands noms de la littérature africaine, le Ghanéen Kofi Awoonor, dont certains poèmes me font frissonner.

**** kofi a

Kofi Awoonor.

Kofi Awoonor.

woonor***

A tous ceux-là et aux dizaines d’inconnus disparus, une prière (ou une minute de silence, ou une bougie, ou ce que vous voulez pourvu qu’il y ait du respect et un peu de décence). RIP.

Une catastrophe touristique et plus largement économique

Le tourisme, évidemment, va en prendre cher. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg (d’ailleurs, étonnamment, le tourisme joue un rôle finalement très minime dans l’économie kényane, à peine 3% du PIB. Personne ne sait quelle ampleur auront les retombées économiques de Westgate, mais il est clair que ça va douiller pour les Kényans, toutes classes sociales confondues.

La reconnaissance du Kenya comme une super-puissance, bref, un événement mondial

Là encore, personne ne peut dire quelles seront les répercussions en termes de politique internationale ni même de politique régionale et kényane.

Certaines analyses affirment qu’il s’agit là d’un chant du cygne de la part des shebaab et qu’il s’agit donc de la mort d’un des mouvements terroristes les plus relous des dernières années. Perso, j’ai un peu des doutes, mais ça n’engage que moi et ce n’est pas comme si j’étais un ponte des dynamiques politiques de la Corne de l’Afrique….

D’autres sont honnêtes et reconnaissent ne pas en savoir plus que moi tout en avançant des hypothèses plus que pas connes telles que le recul des investissements étrangers et le repli des Kényans contre toute présence étrangère (et ça, je ne suis vraiment pas d’accord, car le Kenya n’est important que parce qu’il est un carrefour mondial : s’il dit merde à ce rôle, il perd tout, tout simplement), mais, quoi qu’il en soit et comme l’écrit Cedric Barnes, le directeur de projet Corne de l’Afrique du think tank International Crisis Group dans les colonnes du Monde :

« Nairobi va encaisser le coup. (…) Mais, alors que l’on commence à comprendre la portée de cet évènement, le contrecoup, avec la présence de l’ennemi au sein même de la société et les inévitables accusations réciproques, risque d’être très dur à avaler. Comme à New York après les attentats du 11 Septembre ou à Londres après les attentats de juillet 2005, quelque chose aura changé. »

Miscellanées réactualisées

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Hors case, Kenya, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , , , , on 16 mai 2013 by violemmenthumaine

 

Certains d’entre vous chers/ères Inconnus/es, venez ici régulièrement (si si, je vous vois. Enfin Google stats vous voie).

Aussi me dis-je dans mon cerveau malade qu’actualiser un peu un peu certains des « dossiers » soulevés ici pour ma survie psychique le bonheur de tous n’est pas plus saugrenu que ça.

Des sondages, de ce qu’on leur fait dire et de leur non représentativité

Il y a quelques temps je m’offusquais de voir combien mes compatriotes semblent facho et bas du bulbe voire plus décérébrés qu’une amibe sur le chômage : depuis, mes errements internautes, qui me font cabrioler de pages tumblr big lol aux « blogs » et pages où, miracle, se développent de vrais débats d’idées, m’ont faite tomber sur une analyse passionnante des modalités selon lesquelles beaucoup de « sondages » sont menées.

L’auteur n’est pas un simple quidam, mais Alain Garrigou, qui est entre autres le directeur de l’Observatoire National des Sondages. Il travaille également sur les sondages, justement (quelle surprise hein ?!). Et ce qu’il nous dit montre combien ce que beaucoup de sondages disent de nous et des autres est aussi scientifique, aussi « vrai », que le pipi de chat est efficace pour soigner la migraine.

Il conclut son article par :

« On pourrait ainsi dire que les sondages par Internet recrutent surtout les sots et les fachos. . Au cours de l’histoire, la domination sur les esprits a trouvé bien des procédés. Les sondages par Internet ont inventé une recette si judicieuse qu’elle prêterait à rire, si elle n’était si pitoyable. »

Ça me rassure sur la mentalité de mes compatriotes. Si si. Encore faut-il que nous sachions prendre du recul face à la sacro sainte « information » (les sondages, les articles, les reportages, les journaux, mais aussi les blogs, les photos, les publicités)….

D’un Amour de Jeu et d’un soi-disant « atypisme ».

Il y a quelques mois, j’avais parlé d’un projet de court-métrage.

Ça s’appelle « Un Amour de Jeu », et si j’en avais parlé ici c’est que la forme du projet, mêlant réalité filmée, animation et 3D, nécessite un budget proche de l’énorme, à tel point qu’il fallait déjà des sous pour pouvoir présenter le dossier complet auprès du CNC, lequel devait contenir des séquences en animation et en 3D.

Un budget de 6000€ devait être réuni pour pouvoir présenter le projet. La réalisatrice, Bénédicte Moufflet, avait choisi de passer par le crowdfunding, KissKiss Bank Bank en l’occurrence.

Le truc chouette, c’est que oui, le budget a été réuni, et qu’Un Amour de Jeu a pu être présenté devant la commission du CNC.

Le truc carrément pas chouette, c’est que la réponse du CNC a été négative, le projet refusé, et donc aucun budget alloué.

Et alors que peux-tu bien avoir à en talquer (sauf si tu fais partie des personnes qui ont donné sur KissKissBankBank) ?

Voilà pourquoi.

La Commission motive toujours sa décision par un joli blabla, évidemment.

Or, ce qui m’astringe les neurones et m’irrite le palpitant, c’est que l’un des principaux arguments développés est que, je cite :

 « Le style est trop typé et trop girly. »

Trop typé. Typé.

En l’occurrence, ça veut dire que les 10 « arguments » que j’ai avancés pour vous pousser à visiter la page KissKissBangBang sont trop « typés » pour toucher un large public, donc.

Tu es un gros geek, hype, tu en as marre des court-métrages sans scénar et sans image qui passent tard le soir sur ton petit écran, tu es un Bisounours, rêves en manga, cartoon et anime, tu kiffes le rock (cause is not dead !!!!!!!!!!!!), tu aimes les belles filles un peu chtarbes, tu es un gamer :  tu es trop typé, en bref tu es atypique, en marge de la société.

  • Geek : 217 millions de résultats sur Google.

Personne ne consulte jamais ces sites (liste non exhaustive). CQFD.

  • 3 708 672 visionnages sur les 50 webseries en vogue actuellement. Et encore, il ne s’agit que des séries françaises, récentes, et choisies par le site (serieweb en l’occurrence). Au rayon geek, on remarquera que la série la plus visionnée en ce moment est Noob, avec 467 432 visites. Une série qui parle de…. Joueurs de Jeux de Rôle on line, de MMRPG quoi. On est à fond dans le « atypique » , c’est clair.
  • En dehors du porn, Internet est parcouru sans cesse par des humains désespérément à la recherche du summum de la Bisounours Attitude, avec en stars incontestées des chats des chats tout ce qui peut de près ou de loin provoquer des « c’est  mignoooooooooooooooooooooon »  et autres « share the love if you have heart » en boucle en commentaire. C’est clair, le « girly », c’est trop typé….

*** shojo

Il est évidemment extrêmement rare de trouver une image de ce type on line. D'ailleurs, personne n'en cherche. Bien sûr.

Il est évidemment extrêmement rare de trouver une image de ce type on line. D’ailleurs, personne n’en cherche. Bien sûr.

à fond****

Là encore, une inconnue. Qui connaît Sailor Moon? ( 7 030 000 pages via google).

Là encore, une inconnue. Qui connaît Sailor Moon? ( 7 030 000 pages via google).

GUGUGUGU

  • Suicide Girl a 5 454 755 fans sur facebook,  192 757 abonnés sur twitter, et  plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur leur site tout court. Clair que les bombes un peu fêlées ne provoquent que peu d’enthousiasme et ne sont vraiment pas fédératrices, aujourd’hui.

****suicide girl

Gogo, une Suicide Girl très "un amour de jeu"

Gogo, une Suicide Girl très « un amour de jeu »

pictures****

Le jeu vidéo, c’est pour les enfants, tout le monde le sait. La masse d’acheteurs , de vendeurs, directeurs marketings, éditeurs, développeurs, béta-testeurs, journalistes, ont tous un sérieux retard mental.

µµµµVIDEO JE

SUIS UN GAMER

Oui, bien évidemment, peu de gens vont chercher le type d’image qui suit….

IMAGES

"trop mignoooooooooooooooooon"

« trop mignoooooooooooooooooon »

Interdit: trop typé, trop girly.....

Interdit: trop typé, trop girly…..

GEEK/K

Qui c'est qui c'est? Personne que les membres du CNC ne connaissent, visiblement.

Qui c’est qui c’est? Personne que les membres du CNC ne connaissent, visiblement.

AWAI/N

Mais, mais, c'est une fille!!! Qui joue à..... des jeux vidéos??!!! Plus que typé ça.... Un truc aussi ciblé ça devrait être interdit...

Mais, mais, c’est une fille!!! Qui joue à….. des jeux vidéos??!!!
Plus que typé ça…. Un truc aussi ciblé ça devrait être interdit…

ERD/H

I-TECH/

On a dit que le mignon kitsch était trop typé. Si si.

On a dit que le mignon kitsch était trop typé. Si si.

GAMER

IGOGOG

Mais où va-t-elle chercher des trucs pareil, hein?

Mais où va-t-elle chercher des trucs pareil, hein?

non, ceci n'est ni girly ni rocjk ni geek. Ce serait un peu chargé, irréaliste: on vous a dit qu'une telle esthétique, une telle culture, n'existe pas.

non, ceci n’est ni girly ni rocjk ni geek. Ce serait un peu chargé, irréaliste: on vous a dit qu’une telle esthétique, une telle culture, n’existe pas.

   Tout cela,

Ce gorille MENT!

Ce gorille MENT!

Ceci n'est pas en vente, car personne n'achète ce genre de truc. D'ailleurs, ceci n'est pas une photo.

Ceci n’est pas en vente, car personne n’achète ce genre de truc. D’ailleurs, ceci n’est pas une photo.

gigiigig

Pour finir, l'exemple archétypal de ce qui est viscéralement, totalement et définitivement trop "typé" pour être produit. Quel univers marginal, Diable!

Pour finir, l’exemple archétypal de ce qui viscéralement, totalement et définitivement trop « typé » pour être produit. Quel univers marginal, Diable!

hohoho

Tout cela, c’est trop typé. Mouiiiiiiiiiiiiiii.

O.K.

Il ne faut pas s’étonner que les moins de 35 ans considèrent la création majoritairement par le biais du net, et que les créateurs, d’ailleurs, pensent d’abord you-tube, tumblr et autres plates-formes.

Un Amour de Jeu ne disparaitra pas dans les limbes, d’ailleurs, le projet rebondira via Internet.

Mais j’ai moins envie d’aller au cinéma, d’un coup.

gogogogo

Les Elections supra démocratiques du Kenya,

une chic et chouette jurisprudence

ohoooh

Je parle peu du Kenya ici. Cela ne changera pas tout de suite. Mais je n’ai pu m’empêcher de pondre un ou deux articles, dont l’un peu avant le multi-scrutin, dont celui élisant le nouveau Président du Kenya.

Logiquement, je me dis que je devrais dire un mot sur les élections, maintenant qu’elles sont passées.

Le déroulement des dites élections, d’abord.

Côté morts et blessés, on reste « correct » : visiblement, quand il s’agit d’un pays africain, une dizaine de morts (à Kisumu principalement), c’est top : vous rendez-vous compte, il n’y a eu QUE ça, tranquille pépouze, on est bien en démocratie. Youpie !

Côté transparence ensuite : l’annonce des résultats a pris plus d’une semaine, presque deux en fait (génial, la ville était comme morte, on naviguait en pleine ville fantôme, les expats s’étaient tous barrés et les Kenyans ne sortaient que pour aller et rentrer du boulot)…. Suite à une surcharge des serveurs de l’opérateur téléphonique par le biais duquel les résultats des différents bureaux de vote étaient centralisés. No comment. Le truc le plus rigolo, c’est que pendant 3 ou 4 jours, l’écart entre les deux « favoris » est resté rigoureusement le même, à la tête près. Normal, les probabilités pour que cela devienne sont proches du zéro absolu mais on s’en talque : puisqu’on vous dit que tout cela a été vérifié et que tout est clean comme la première élection de Bush Junior.

Entre temps, le gouvernement a réuni la Presse internationale pour résilier une partie conséquente des droits d’exercer des journalistes, et donner « des consignes pour la couverture ultérieure des élections » à ceux qui restaient.

Résultats annoncés, le second n’est pas content, mise en appel auprès de la Commission Electorale. Presque un mois de vérifications scrupuleuses pour conclure, bien sûr, à l’exactitude des résultats annoncés.

Les résultats des élections, ensuite.

Ô joie ô allégresse, les élections du Kenya se sont déroulées dans le calme, le tissu économique de toute l’Afrique de l’est est sauvé et la respectabilité démocratique renforcée, alléluïa !

Sans surprise, c’est l’un des deux poulains, Uhuru Kenyatta, fils de Jomo Kenyatta, le premier président du pays après l’indépendance, et étonnamment riche propriétaire terrien, , qui est l’Elu.

*** Uhuru Kenyatta ; durant la cérémonie de

Uhuru Kenyatta lors de la cérémonie d'entrée au pouvoir. Copyright Guardian Kenya

Uhuru Kenyatta lors de la cérémonie d’entrée au pouvoir. Copyright Guardian Kenya

passation de pouvoir. Copyright Guardian Kenya***

Parallèlement, une majorité plus qu’écrasante des têtes de l’assemblée nationale, des gouverneurs et députés provinciaux sont du parti de son principal adversaire, Raila Odinga.

Quand on est ultra positif et tout-est-pour-le-mieux-dans-le-meilleur-des-mondes, on se dit que c’est génial, qu’une situation de cohabitation telle que celle-ci est fantastique pour la démocratie et l’évolution du pays. C’est d’ailleurs une première sur le continent (si l’on ne compte pas les gouvernements de cohabitation forcée post-conflit qui ont existé et existent encore un peu partout en Afrique, qui, eux, ne se constituent jamais par les urnes).

Quand on est un vilain pas beau colonialiste paternaliste qui croie ou veut croire un peu dans le droit international et le droit humanitaire, on est effaré. Car l’élection d’Uhuru Kenyatta est également une première historique, et laquelle ! Il est le premier président au monde à être élu alors qu’il est en cours d’instruction pour un procès pour crimes contre l’Humanité auprès de la Cour Pénale Internationale. Certes, il y avait bien Omar el Béchir, le président du (nord) Soudan, qui a un procès à la CPI sur le cul, mais, quand même, il était déjà au pouvoir quand celui-ci a été lancé hein.

Là, même pas. Une majorité de kenyans a donc voté pour un des types responsables des dizaines de milliers de morts de leurs compatriotes lors des élections précédentes.

Youpie.

C’est de la balle.

Le discours d’intronisation du zig a d’ailleurs bien donné la couleur : rejet virulent de la CPI , désignée comme d’habitude comme l’incarnation de la néo-colonisation, et rejet de « l’influence étrangère ». RIP à tous les morts (comme d’hab quoi).

ihohoh

De la délicatesse des RH

gogogoo

J’ai reçu une réponse à l’une de mes candidatures. Négative, bien sûr, mais dont la teneur, inédite pour moi, m’a laissée songeuse.

***lettre

lettre ldd

LDD****

« En cas de refus de la part des candidats contactés avant vous, vous serez recontacté ».

Il paraît que c’est habituel, comme formulation.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai mis un petit temps à réaliser :

***gif  merde c’ét

Hein? Quoi? Ahhhhhhhhhhhh d'accord. N'aurait-il pas été plus simple et moins vicieux de dire non, tout simplement?

Hein? Quoi? Ahhhhhhhhhhhh d’accord. N’aurait-il pas été plus simple et moins vicieux de dire non, tout simplement?

ait donc ça*****

Puis j’ai décidé finalement de le vivre comme ça :

***gif doigt

doigt d honneur

d’honneur***

Encore plus rien à voir

Sinon, ô Inconnus/es de plus en plus nombreux et réguliers, quand vous passez ici, ce serait pas mal si vous lâchiez un comm’, de temps en temps.

Et, comme au passage de certains/es d’entre vous j’ai pu découvrir des blogs plus que chouettes et étonnants, je m’en vais bientôt vous parler d’un ou deux d’entre eux. ..

Elections et réflexions pas si à la con à J-si peu

Posted in Big A(frica), Hors case, Kenya with tags , , , , , , on 3 mars 2013 by violemmenthumaine

Evidemment, si tu viens lire cet article plus de quelques heures après sa parution, l’échéance sera obsolète et une bonne partie de mes blablatages me feront passer soit pour une couillonne soit pour une visionnaire soit juste pour quelqu’un qui se tient un peu au courant et qui réfléchit un peu plus d’un quart de seconde.

Là tout de suite là maintenant, nous sommes à J-1 des élections au Kenya.

Élections qui dureront deux jours, et dont les résultats devraient être connus dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le lundi 4 mars 2013, les Kenyans qui auront eu la volonté d’abord, et la chance ensuite de pouvoir voter (puisque seuls 11 millions d’électeurs sur 18 ont pu s’enregistrer), auront un pain long comme un jour sans sur leur planche citoyenne.

Yep, vu qu’après presqu’un demi-siècle d’indépendance et les dernières élections présidentielles qui ont mené à ce que l’on sait (vive wikipedia) , les Kenyans ont enfin décidé de faire une nouvelle constitution (en 2010, par referendum, avec un taux de participation inédit là-bas (d’ailleurs 71% c’est pas si mal), les autorités on décidé qu’il était temps de l’appliquer, la Constitution.

Celle-ci prévoit un énooooooooooooooorme processus de décentralisation (et une réforme foncière qui soit ne sera pas appliquée, soit provoquera bien des remous ça c’est clair), avec pour but d’enfin donner la parole à tout le monde, aka à toutes les provinces, donc à peu près à tous les peuples formant la nation kenyane.

Plutôt que d’organiser des élections successives, ce qui coûte un peu-beaucoup-à la folie des sous et demande une motivation juste pas concevable de la part des électeurs, ce scrutin unique aboutira donc à l’élection de :

-le président/e de la République

-les députés nationaux

-les gouverneurs provinciaux

-les députés des assemblées provinciales

– les sénateurs

-les représentants des Femmes (ce qui est « marrant » quand on voit la part ridicule proportionnellement parlant des candidatEs aux élections. Passons)

Publié dans le quotidien Daily Nation du mardi 26 Février 2013

Publié dans le quotidien Daily Nation du mardi 26 Février 2013

6 élections d’un coup d’un seul. Rien que ça. Dont cinq sur un seul tour, la présidentielle pouvant tout aussi  bien se jouer en un tour qu’en deux.

L’avenir du Kenya, mais aussi de toute la région, se jouent.

Alors que les Ambassades et autres grosses huiles affichaient un calme olympien quand Nairobi et pas mal des provinces s’embrasaient les 4 derniers mois, depuis début Février c’est l’hallali. D’un seul coup, les points de rassemblement des ressortissants expatriés se couvrent de barrières, les consignes de sécurité se multiplient et les expatriés s’enfoncent comme à leur habitude soit dans un déni catégorique soit dans une angoisse proche de la panique. En général, les premiers sont encore présents à siroter du mauvais Cabernet tandis que les seconds ont sauté dans le premier avion après la fin de l’école (bin vi, les écoles françaises comme anglaises ont des vacances de février).

Vu que je n’ai pas envie de transformer ces pages de rigolmarade (merci Claude) bloguesque en truc sérieux, mais que je me dis qu’apprendre un truc ou deux en traînant en ligne ça peut être chouette, je vous conseille fortement chers/ères Inconnus/es, de cliquer ICI et d’y naviguer un peu partout histoire d’avoir une idée de ce qui est jeu, et de ce qui risque de se passer ou pas.

Pour les flemmards/es qui n’aiment pas ouvrir plein d’onglets (et qui parlent anglais, vu le côté n’importnawak de la traduction simultanée proposée), je remets direct ici  les passages essentiels :

Plutôt que de donner des pronostics, vu que je ne suis toujours pas medium et que de toutes façons, il y a plusieurs scénarios possibles probables (mais pas un où cela se passe sans incident, et pas un non plus où l’on sortirait vraiment des mêmes sempiternels problèmes : en gros, la présidentielle comme partout ailleurs, entre deux candidats, en l’occurrence les deux dinosaures vieux de la vieille un peu caricaturaux, dont un en procès auprès de la Cour Internationale de la Paix pour crimes de guerre), j’ai envie de lâcher dans le vent quelques observations qui me viennent.

1)      Ici comme partout, là-bas, ici : le péril djeune.

Bon. Vu le bordel de la mise en service des nouveaux papiers d’électeurs biométriques, tout plein d’électeurs ne pourront pas voter, OK.

Mais le vilaine curieuse que je suis a remarqué que plusieurs jeunes kenyans, genre très semblables aux jeunes pointés du doigt dans les JT français, vous savez, les vilains qui ne s’inscrivent pas sur les listes électorales parce qu’ils affirment que les politiques-c’est-tous-des-pourris-y-font-rien-pour-moi-keske-j’en-ai-à-foutre, se sont inscrits, cette fois-ci. Des gens éduqués, plus des ados mais encore jeunes, qui n’avaient jamais voté de leur vie avant le référendum de 2010 sur la nouvelle constitution, mais qui veulent qu’on les entende.

Des jeunes qui veulent autre chose que le sempiternel refrain clientélisto-tribalo-mes-choses. Qui veulent qu’on leur parle accès santé, business, boulot. Qui veulent que le pays leur laisse la place d’exister, pas que leur « ethnie » existe mais eux, vraiment eux, sans avoir à attendre que les vieux meurent. Ceux-là affirment haut et fort qu’ils voteront pour Peter Kenneth ou Martha karua, les deux outsiders proposant un truc qui ressemble à un programme.

Peter Kenneth. La presse oscille entre le panégérique fan de d'ultra-libéralisme (le Sieur est un gros PDG d'entreprise, dont le seul programme consiste à déclarer qu'il fera du Kenya ce qu'il a fait de son trust), et relayer les bagarres de chiffonnier racisto-nationaliste entre lui et Uhuru.

Peter Kenneth

Peter Kenneth et Martha Karua, les outsiders aimés par les jeunes éduqués de Nairobi.

et Martha Karua, les outsiders aimés par les jeunes éduqués de Nairobi.

Bon, honnêtement, le poids du nombre laisse peu de chance à ces aspirations de se concrétiser, mais…. Pour moi, ça ressemble à de l’espoir.

2)      Parano visionnaire ?

La CPI. La presse kenyane, tout comme nombre de ses homologues africaines, a du mal à se dépêtrer de l’idée que la Justice Internationale soit autre chose que l’un des nombreux avatars du néo-colonialisme. En gros, le fait que la Cour Pénale Internationale n’inculpe depuis son existence que des Africains (ou presque hein. Il y a notamment des serbes aussi. Mais bon, puisqu’on vous dit que la CPI c’est les vilains Blancs qui agressent les noirs. Si on vous dit) leur pose problème.

Que les dits Africains soient bien en l’occurrence des criminels de guerre d’envergure, que le dernier procureur de la CPI soit également une Africaine (Fatou Bensouda, guinéenne), et, enfin et surtout, que la CPI ne soit que la dernière incarnation d’organismes de Justice Internationale, après, par exemple, le TPI (Tribunal Pénal International) qui lui a bien inculpé des « non-africains » (notamment Milosevic et quelques uns de ses sbires, ou bien encore les hauts dignitaires des khmers rouges) ne semble pas entrer en ligne de compte, non plus le fait que les assignations à la CPI émanent d’Africains aussi.

Bon. Je ne vais pas rentrer dans le débat ici, ce n’est pas le lieu.

Mais…. Certains expatriés semblent avoir la frousse qu’au lieu de s’étriper entre eux, les Kenyans expurgent leurs frustrations diverses, pas mal focalisées sur la CPI en l’occurrence, sur les expatriés, Blancs tout particulièrement.

Perso, je n’ai absolument pas senti quoi que ce soit qui puisse renforcer cette crainte, qui ressemble pour moi bien à de la « parano expat », du genre « je-suis-le-centre-du-monde-donc-c’est-bien-moi-qui-vais-prendre-aaahhhhhhh ».

3)      De l’art de l’affiche et du placardage

Les panneaux électoraux, chez nous, forment le principal lieu d’exposition des affiches électorales. Ici, comment dire….

Les affiches se placardent partout, avec un talent impressionnant côté créativité : sur les murs bien sûr, ce d’autant plus que les habitations sont le plus souvent regroupées en lotissements encadrés de grands murs donnant sur la rue ; mais aussi, sur les arbres, les poteaux électriques, le bitume des routes sur plusieurs mètres d’affilé, les voitures (sur la carrosserie, mais aussi en banderoles flottant en bas du coffre), les toits : en un mot, partout quoi.

Les affiches en elles-mêmes laissent songeur/se sur les raisonnements des conseillers/ères en communication.

D’abord, le fait qu’une bonne moitié des affiches semblent avoir été fait avec un appareil photo jetable par un photographe ayant quelques problèmes de vue.

Ensuite, le fait étrange que nombre de candidats semblent… comment dire…. Avoir un look un peu étrange : une coupe chelou (genre une femme qui garde ses bigoudis. Si si), des habits perroquet style, une tête de gamin (un candidat me fait irrésistiblement penser, par exemple, à l’acteur qui jouait Arnold dans la « fabuleuse » sitcom des années 70 Arnold et Willy).

Certains candidats arborent des poses…. Personnelles : l’un se relève les manches avec un gros sourire, une part non négligeables ne sont pas de face mais de trois quart voire semblent carrément fuir l’objectif, beaucoup affichent une mine d’enterrement (bin vi faut être sérieux quoi)….

A noter, les affiches du NARC, le parti (plus que minoritaire) de la seule candidatE à la présidentielle, Martha Karua, qui présentent non seulement le/la candidat/e, mais aussi le suppléant en arrière-plan.

A mon grand regret, je n’ai pu récupérer plus que deux affiches dans la rue (voui, malgré tout, je n’avais pas trop envie de provoquer un incident : ici comme ailleurs, la sensibilité politique est parfois violente voyez-vous).

Mais elles représentent bien, je trouve, l’étonnement qui peut saisir à les voir.

L'un des deux favoris donc: Raila Odinga, actuel premier ministre et dont plusieurs hauts représentants du parti (l'ODM) sont actuellement en procès à la CPI.Ce n'est pas uune photo, comme vous l'aurez remarqué. Et moi je ne peux m'empêcher de me demander le pourquoi du comment de ce choix. Non mais sérieusement???! Si un expert en communication a une idée sur la question ça m'intéresse! ;)

L’un des deux favoris donc: Raila Odinga, actuel premier ministre et dont plusieurs hauts représentants du parti (l’ODM) sont actuellement en procès à la CPI.
Ce n’est pas une photo, comme vous l’aurez remarqué. Et moi je ne peux m’empêcher de me demander le pourquoi du comment de ce choix. Non mais sérieusement???! Si un expert en communication a une idée sur la question ça m’intéresse! 😉

Dans le registre non mais WTF, il y a, par exemple, ce candidat-là:

017

A Nairobi, en plus des différents scrutins, il a les représentants des « wards », l’équivalent des arrondissements à Paris. Celui où j’habite, Kikeleshwa, est un quartier résidentiel, petit pour Nairobi, principalement habité par la petite bourgeoisie kenyane.
Et, parmi les candidats, il y a lui.
Respect total pour le look (les dreads sont plutôt associés à la délinquance à Nairobi), la pose, et plus particulièrement l’expression uuuuuuuuuultra sympatoche du visage. Non, vraiment, chapeau Oo

4)      Méthode Coué ou signe de paix ?

La paix, contrairement aux idées de celles et ceux qui n’ont pas vécu la guerre autrement que par leur petit écran, ça se travaille.

Le Kenya, les Kenyans ont été traumatisés par les dernières élections, ce d’autant plus que ce furent les premières violences (au niveau national s’entend) que le pays a connu depuis l’Indépendance. La bouche de beaucoup de Kenyans exprime, revendique, crie et invoque le « plus jamais ça ».

Depuis un mois les Kenyans claironnent à qui veut l’entendre que cette fois-ci, tout se passera bien. Qu’il s’agisse d’une tentative pour s’auto-convaincre est bien sûr une possibilité, mais il est indéniable qu’une partie conséquente de la population ne veut pas de violences et se mobilise réellement pour des élections démocratiques sereines.

En effet, sans parler de la si fameuse « communauté internationale », la société kenyane (artistes, « leaders locaux », « société civile », responsables religieux) s’est fortement mobilisée, à tous les niveaux, pour la paix.

Cette semaine ont été organisés beaucoup de festivals pour la sauvegarder, le plus souvent mis en place par la Croix Rouge kenyane, très appréciée par la population et considérée généralement comme neutre politiquement.

Youtube Kenya (qui, ici comme ailleurs, parsème vos errements internautes de pubs diverses et variées) balance non stop depuis un mois cette pub fédératrice en faveur de la paix électorale, ce par la voix du comme toujours méga-populaire monde sportif.

Et puis, pour la première fois depuis toujours, les candidats, qui auparavant se seraient à peine dit bonjour, se sont rejoints lors d’un gigantesque rallye électoral dans le grand parc populaire du centre ville de Nairobi, Uhuru Park, dimanche 24 février dernier. Les charmants lurons ont fait la une de tous les journaux du lendemain après s’être tenu les mains et avoir prié d’une commune voix pour la paix durant et après les élections.

dimanche 24 février 2013, à Uhuru Park, le "festival de pières pur la paix" regroupant tous les candidats en un corps de gentils-bisounours-tous-unis-pour-la-paix: de gauche à droite, Uhura Kenyatta, James Kiyiapi, Peter Kenneth, Raila Odinga, Mohamed Dida et Martha Karua. Source Daily Nation du lundi 25 février 2013.

dimanche 24 février 2013, à Uhuru Park, le « festival de pières pur la paix » regroupant tous les candidats en un corps de gentils-bisounours-tous-unis-pour-la-paix: de gauche à droite, Uhura Kenyatta, James Kiyiapi, Peter Kenneth, Raila Odinga, Mohamed Dida et Martha Karua. Source Daily Nation du lundi 25 février 2013.

OK, ce n’est que du symbole et de la communication.

Mais.

Mais c’est rare, et oui, cela a une valeur et reflète bien quelque chose.

5)      Ragga fever ou comment Doc Gyneco peut aller se rhabiller.

Un dernier truc, qui rend la période électorale étonnamment festive : les candidats ont envoyé durant toute la campagne des camions, voire des chars dans toute la ville.

Non seulement les chars diffusent des discours électoraux, mais aussi et surtout… de la musique. A donf. Genre un petit côté gay pride, avec des dizaines de gens juchés sur les camions et qui chantent, dansent et interpellent les passants.

Ce y compris dans les quartiers de la petite et de la grande bourgeoisie.

Et puis pas n’importe quelle musique : du dancehall, de la house, et surtout du reggae et du ragga.

Or, si les deux premiers genres musicaux font le bonheur des boîtes de nuits branchées fréquentées par la bourgeoisie kenyane et les expatriés, les deux derniers sont la musique, essentiellement, des pauvres, celle qui envahie les taxis et les bidonvilles tentaculaires de la ville.

C’est un peu comme si l’UMP et le PS diffusaient Mafia K’1fri et Sniper en boucle en envoyant des mini-vans avec des amplis de 200 watts dans le 15ème et le 6ème arrondissement.

Pas trop notre truc hein ?

Genre, quand notre ex-président a voulu récupérer les djeunes, il a recruté Doc Gyneco.

Doc Gyneco ouais quand même.

(On ne peut pas dire que cela ait marché pour le Doc hein. Genre ça a foutu un peu définitivement en l’air sa carrière. Bon, OK, il ne rameutait pas franchement les foules dans les doubles zep, mais quand même.)

Ici, bin ça marche. Et non seulement ça marche, mais personne ne trouve à y redire.

Ce ne sont bien sûr que quelques observations, pas une analyse ni des prévisions de quoi que ce soit. Mais, moi et mes idées à la con, je trouve que tout ceci a du sens, et éclaire les élections kenyanes d’une lumière au moins aussi parlante que bien des articles politiques.

Tout va très bien Madame la Marquise

Posted in Big A(frica), Hors case, Kenya, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , , , on 19 décembre 2012 by violemmenthumaine

Salut Inconnu/Inconnue.

Christmas time !!! Visiblement, marigot de guirlandes rouges, vertes et ors et pénible tâche de remplir la hotte sans en avoir les moyens sont largement mondialisés. Du moins, kenyanisé.

Yep ! Car décembre à Nairobi, c’est ça : les centres commerciaux, principal lieu de sociabilisation pour la minorité l’ensemble de la population ne vivant pas dans les bidonvilles, se remplissent de déco surchargée avec plus encore d’enthousiasme et de fioritures que sur les Champs Elysées, et l’on voit un peu partout des Pères Noël noirs  à barbe blanche bien raide accueillir les petits n’enfants sur leurs genoux pour faire des photos dignes d’un Tumbl’r américain devant leur « grotte-chalet suisse », le tout baignant dans les chants de Noël à la Dickens, souvent exécutés en live par des chorales composées de Kenyans d’âge divers et variés en uniforme divers et variés (ouais, encore). Les marchés de Noël se multiplient un peu partout au milieu de la luxuriance végétale tropicale…. Bref, je regrette ardemment l’interdiction formelle de prendre toute photo dans un centre commercial, vous auriez pu dans le cas contraire toucher du doigt le côté surréaliste de la chose.

Noël à Nairobi ça aurait pu être ça...

Noël à Nairobi ça aurait pu être ça…

Mais c'est définitivement ça puissance 10 (source dosima.org)

Mais c’est définitivement ça puissance 10 (source dosima.org)

 

 

 

 

 

 

 

 

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Noël, c’est beau, c’est mignon, c’est le Moment de Paix Universel patati patata. Est-ce pour cela que, contrairement à l’an dernier, personne ou presque, ni parmi les ONGs, ni dans les ambassades, gros trusts ou structures officielles, personne ne semble s’inquiéter de la montée de la tension politique à Nairobi ?

Nan, je ne veux pas dire que ça sent direct la guerre civile, mais j’avoue que la différence en termes d’équation risque réel/ réaction entre ce mois de décembre 2012 et les mois d’octobre à décembre 2011 me laisse songeuse….

 L’an dernier : 1 enlèvement/assassinat d’une française ultra médiatisé, et 2 grenades lancées à Nairobi, moins de 10 morts, le tout exclusivement dans des zones attenantes au système tellement « exotique » des matatus, qui, or le fait de susciter le marketing de nombres d’autocollants caustiques pour les touristes et expats (genre « Be aware, I’ve been matatu driver ! » et autres « I’ve been in matatu and I survived ! »), ont la particularité de n’être pratiquement pas fréquenté par les riches, les officiels, les expatriés.

*****

S’en était ensuivi des mesures de couvre-feu et d’interdiction de mouvements en cascade de l’ensemble des Ambassades occidentales, des entreprises internationales, et, plus grand guignolesque encore, de nombreuses ONGs internationales.

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Cette année, rien.

Pourtant, comment dire….

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Brossons un peu le tableau. Le Kenya fait figure pour beaucoup de modèle parmi l’Afrique post-coloniale, tant au point de vue économique que social et politique, ayant la particularité de n’avoir connu aucune explosion de violence de son accès à l’indépendance si l’on ne compte pas les conflits fonciers inter claniques des provinces du nord… aux dernières élections présidentielles, soit fin 2007. Le candidat de l’opposition contesta avec raison les résultats du vainqueur, et le pays connut durant les mois qui suivirent des successions d’émeutes mâtinées de chasse ethnique. Bilan, entre 1 200 et 2 500 morts, 250 000 déplacés (vous remarquerez que comme souvent, on ne comptabilise ni les viols ni les pillages), puis, comme souvent dans ces cas là, un gouvernement mixte mêlant avec plus ou moins de bonheur les deux camps criminels de guerre politiques.

Après s’être étonnés, les analystes se sont étendus pour expliquer doctement que la crise était, bien sûr, prévisible.

Par ailleurs, les Kenyans, eux, ont l’air 5 ans après de ne toujours pas s’en être remis. Je ne parle pas des conséquences économiques, je parle du fait que l’ensemble des Kenyans avec qui j’ai parlé en un an et demi ont TOUS exprimé de la peur, avec le même sentiment de surprise absolue que les Américains après le 11/09, et avec autant de terreur absolue. La « société civile » (arrrrrrrrrrrrrrrrgh, le charme des ONGismes !), le milieu artistique, tout le monde s’est mobilisé pour la « restauration de la paix nationale ». Une constitution clairement plus démocratique a été votée par référendum fin 2010. Plus encore, très vite, un processus de justice pour les crimes commis a été mis en place par la CPI, et 6 des meneurs des violences assignés à comparaître pour crime contre l’humanité le 8 mars 2011. (ils ne sont actuellement plus que 4)

Le processus, comme toujours en ce cas là, est long et donc toujours en cours.

Là où ça devient rigolo, c’est quand l’on constate les points suivants :

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Des candidats plus démocrates-tu-meurs

  • Sur les 5 candidats aux prochaines élections présidentielles kenyanes…. 2 au moins sont concernés directement par le procès en cours à la CPI (sans compter un troisième, non candidat mais qui s’est allié à l’un des 2 en échange d’un poste de 1er ministre). La cinquième fait vraiment figure d’exception, puisque non seulement elle n’est pas suspectée de crimes contre l’humanité, mais elle est une femme, et, ô hallucination, plutôt socialo (entendons, en faveur de programmes sociaux, et rétive à l’ultra libéralisation).

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L'un des deux favoris, donc (spécialement à Nairobi): Uhuru Kenyatta, ci-dessus durant sa première comparution devant le tribunal de la CPI, le 8 avril 2011). Sa récente alliance avec William uto, lui aussi mis en accusation par la CPI, mais pour l'un des camps adverses, est considérée comme la "Meilleure chance pour la prévention de nouvelles violences" (dixit l'East African, le journal le plus sérieux de l'Afrique de l'Est)....

L’un des deux favoris, donc (spécialement à Nairobi): Uhuru Kenyatta, ci-dessus durant sa première comparution devant le tribunal de la CPI, le 8 avril 2011). Sa récente alliance avec William Uto, lui aussi mis en accusation par la CPI, mais pour l’un des camps adverses, est considérée comme la « Meilleure chance pour la prévention de nouvelles violences » (dixit l’East African, le journal le plus sérieux de l’Afrique de l’Est)….

Raila Odinga, actuel Premier Ministre eyt chef de file du parti d'opposition, l'ODM, ayant tenté de faire sa "révolution orange" lors des derières élections (mais non mis en accusation auprès de la CPI, lui). A également fait alliance (avec plus de 10 personnes/partis). Favori pour "Jeune Afrique".

Raila Odinga, actuel Premier Ministre et chef de file du parti d’opposition, l’ODM, ayant tenté de faire sa « révolution orange » lors des dernières élections (mais non mis en accusation auprès de la CPI, lui). A également fait alliance (avec plus de 10 personnes/partis). Favori pour « Jeune Afrique ».

Peter Kenneth. La presse oscille entre le panégérique fan de d'ultra-libéralisme (le Sieur est un gros PDG d'entreprise, dont le seul programme consiste à déclarer qu'il fera du Kenya ce qu'il a fait de son trust), et relayer les bagarres de chiffonnier racisto-nationaliste entre lui et Uhuru.

Peter Kenneth. La presse oscille entre le panégérique fan de d’ultra-libéralisme (le Sieur est un gros PDG d’entreprise, dont le seul programme consiste à déclarer qu’il fera du Kenya ce qu’il a fait de son trust), et relayer les bagarres de chiffonnier racisto-nationaliste entre lui et Uhuru.

James ole Kiyiapi. Le seul candidat au parcours d'homme politique qui n'ait pas de mise en accusation internationale sur le dos. Etait jusqu'à la campagne Ministre de l'Education.

James ole Kiyiapi. Le seul candidat au parcours d’homme politique qui n’ait pas de mise en accusation internationale sur le dos. Le seul également, avec l’unique candidatE, à avoir refusé toute alliance « car cela amoindrirait les gains démocratiques réalisés au kenya » Etait jusqu’à la campagne actuelle Ministre de l’Education.

Martha Karua. Tout le monde s’en fout parce qu’elle est d’un tout petit parti (le NARC) et refuse tout de go toute alliance parce que « 40 millions de kenyans -soit y compris les nourrissons!- vont l’élire présidente »… Elle la seule à avoir un programme différent: « [she’s] the one that is most ideologically different from the rest. It is left to the centre, where the rest lean right, with a strong human-rights agenda. » (East African 14/12/2012).

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  • A Nairobi, les meetings politiques ont commencé, et l’on voit fleurir partout des tee-shirts et chemises rouges, marquant ainsi un soutien pour Uhuru Kenyatta, (allié avec son ancien adversaire durant les tueries de 2008) celui contre qui les accusations sont les plus sérieuses. Ses futurs votants se comptent d’ailleurs à foison parmi le personnel kenyan des organisations de lutte contre les violations des Droits de l’Homme ou de « peacebuilding » (ouais. Même les organisations francophones utilisent le terme, sans visiblement aucune velléité de franciser la chose), ce qui ne déprime absolument pas les HP* avec qui ils travaillent hein. Le truc hyper funky, c’est que le résultat du procès à la CPI, qui décidera donc si Uhuru est coupable de crimes contre l’humanité ou non, aura lieu APRES les élections présidentielles. No soucy Mc Fly.
Un p'tit rally: à Nairobi comme à Tokyo-New-York,-Berlin-Paris, c'est toujours joli.... (source kenya.rcbowen.com)

Un p’tit rally: à Nairobi comme à Tokyo-New-York,-Berlin-Paris, c’est toujours joli…. (source kenya.rcbowen.com)

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Un processus méga transparent visant à s’assurer que tous les citoyens pourront voter

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Et pendant ce temps, la guerre continue….

  • Bin oui, le Kenya est toujours en guerre contre les vilains al shebaab, aka tentent, avec succès d’ailleurs, de faire croire à leurs compatriotes que leur armée enchaîne succès sur succès, mais, hein, quand même, la guerre est toujours en cours et voilà.

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Des attentats et agressions dont tout le monde se talque

Voilà. Ca, c’est le contexte. OK.

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Dans le même temps, depuis un mois environ, les événements violents politiques s’enchaînent (sans compter, en octobre dernier, l’exécution très « commando style » d’un imam très influent à Mombasa, qui entraina 2 jours de manifs dans tout le pays): d’abord, ce fut une embuscade contre la police kenyane dans les territoires du nord, durant laquelle la bagatelle de 31 policiers fut tués (la presse kenyane s’est alors violemment interrogée, sous la forme qui n’a d’humoristique que pour les français suivante : « que sont donc nos policiers pour qu’on les tire comme des poulets ? ». Sans relation avec le fait précédent, les attentats et émeutes se multiplient à Eastleigh.

***

Eastleigh, c’est, comme son nom l’indique, un grand quartier du sud-est de Nairobi, encadré par des zones industrielles. Un quartier pauvre, mais qui est le véritable cœur des échanges dans la capitale, un marché gigantesque à ciel ouvert, avec ses petits quartiers : l’alimentaire frais, l’alimentaire industriel (sodas, eaux minérales, huiles, stocks de pâtes, de sucre etc), les tissus, des fringues à des prix défiant toute concurrence (mais visiblement, quand je dis que, le prix de vente étant inférieur au prix de production, cela ne peut qu’être directement issu de la piraterie organisée somali, j’énerve tout le monde), du mobilier, de la ferraille, etc etc. Un quartier sans aucune route goudronnée, comme si l’on était dans les bidonvilles (et non. Dans les bidonvilles comme Kibera ou Kabete, c’est largement pire), ce qui, vu la pluviométrie locale, équivaut à un marécage de la grandeur d’une ville entière. Un quartier plein de mosquées, et de leurs principaux fidèles : les Somalis.

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Eastleigh, c'est ça.

Eastleigh, c’est ça.

Eastleigh et les fringues: un costard neuf à 20 € ou les charmes de la piraterie… (source migration.ox.ac.uk)

La bouffe et les épices, aussi. Toutes les boutiques sans exception ou presque sont tenues par des somalis.

Eastleigh, c’est aussi la bouffe et les épices. Toutes les boutiques sans exception ou presque, qu’il s’agisse de vendre des quintaux de sucre, des épices en vrac, des tissus, des fringues ou des tables de jardin, sont tenues par des somalis. (source hiraan.com; un journal de la diaspora somalie)

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Eastleigh, c’est  la fois LE quartier somali, et LE quartier commerçant de Nairobi (même si la plupart des expatriés blancs n’y mettent jamais les pieds).

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La Somalie, c’est-à-dire le pays où l’armée kenyanne est en guerre depuis maintenant plus d’un an, sans avoir fait évoluer ses positions depuis plusieurs mois.

A Eastleigh, le 18 novembre dernier, une grenade envoyée dans un bus (les fameux matatus !) avait fait 9 morts et une trentaine de blessés. S’en est ensuivi deux jours d’émeute durant lesquels la population kenyane non somalie a fait le misère aux « vilains terroristes somalis » (qui décidément sont soit très très cons puisqu’ils se visent eux-mêmes, soit innocents des attentats, d’ailleurs non revendiqués. M’enfin bon).

Quelques jours plus tard, une bombe posée dans la rue : un mort et un blessé.

Enfin, le dernier en date à ce jour, vendredi 7 décembre, une grenade fut lancée à la sortie d’une mosquée, tuant cette fois-ci 5 personnes, dont un député, et une petite dizaine blessées.

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Voilàààààààààààààà.

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L’ambiance est donc super übber funky winky détendue smooth et sereine, hein.

Vachement plus que l’an dernier.

Hein, comment cela on dirait plutôt le contraire ?

Je ne vous le fais pas dire.

Mais, cette fois ci, étrangement, aucun communiqué d’aucune ambassade à destination de ses ressortissants pour instaurer un quelconque procédé d’urgence sécuritaire, rien, que dalle, que dchout. Non plus chez les gros trusts, dont les grands cadres pourront tous aller passer les Fêtes dans de somptueux lodges  à 9000 $ la semaine sur la côte, y compris à Lamu.

Comme je suis une vieille anar un peu bas du bulbe, je me dis que bon, cette année, ce ne sont que les pauvres d’un quartier pauvre et musulman qui sont touchés, et que donc on s’en fout. Mais l’an dernier non plus, aucun expatrié, aucun bourgeois n’avait été touché par les 2 ou 3 grenades minables.

Alors ?

La réussite de tout plan d’évacuation ou de sécurisation de ressortissants/employés serait-elle tout bêtement assujettie à 200 % au secret le plus total ? En ce cas, ce pourrait être le pourquoi d’un tel silence.

Non ?

Ou bien ces élites diverses et variées seraient-elles pétries de la certitude niaisement béate de croire que l’un des Marchés les plus fleurissants du continent ne peut absolument pas rebasculer dans la violence ? Ou que taire les risques est le meilleur moyen de conjurer le sort ?

Ou bien tout le monde serait-il simplement con ?

Et, quand si les élections, ou plutôt les post-élections, ne se déroulent pas dans un climat serein et idéalement démocratique, quelques gros pontes expatriés témoigneront-ils de leur surprise, ou bien au contraire de leur Savoir Immense qui leur avait fait prévoir le truc, ou bien encore nieront-ils minimiseront-ils juste les faits ?

Notons tout de même que le degré d’inquiétude des uns (le conglomérat expatrié) est inversement proportionnel à celui des analystes et medias politiques.

Miroir aux alouettes

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Hors case with tags , , , , , , , , , on 1 février 2012 by violemmenthumaine

Inconnu, Inconnue, NON, je n’ai pas été incarcérée par la FBI parce que je suis une dangereuse terroriste qui menace le Monde de la création et surtout les pactoles des trusts de production audiovisuelle.

Au lieu de cela, le Père Noël m’a offert un cadeau de la balle qui tue pour le mois de décembre : un job, contre rémunération, avec un contrat et tout ! Incroyable ! Un petit contrat d’un mois, kit tout compris 12H-de-taf-par-jour-mais-on-est-trop-content-de-les-faire-même-si-en-fait-on-n’a-ni-sécu-ni-assurance-ni-cotisations-et-un-salaire-tellement-bas-que-les-kenyans-compétents-n’en-n’ont-pas-voulu. (tant mieux, comme ça c’est moi qui l’ai eu ^^)

Je pourrais donc m’éloigner de mon sujet préféré et vous raconter combien c’était cool de resauter à pieds joints dans l’HP* et accomplir en un peu plus de 3 semaines ce qu’un connard n’avait pas fait en 3 mois ½. (mais je ne dois pas en dire du mal : après tout, c’est grâce au fait qu’il soit un Branleur majuscule parfaitement incompétent et confit dans sa petitesse méprisante et l’autosatisfaction que j’ai eu ce boulot. Bin oui, s’il avait fait son taf, il en aurait faite une, d’Evaluation des Besoins, et je n’aurais donc jamais eu le poste puisqu’il n’aurait jamais été ouvert.)

Ou me la jouer « cow-boy-nan-mais-moi-tu-vois-je-ne-raconte-jamais-mon-vécu-sur-le-Terrain-parce-que-je-ne-veux-pas-jeter-un-froid », parce que le bled sympathique où j’ai donc bossé se trouve être une sorte de point névralgique pour observer la détérioration du contexte sécuritaire kenyan et que ça ferait tâche et un peu contradictoire avec mon dernier article (m’en fous j’assume. Plus encore, j’affirme que cela n’a pas grand-chose à voir), tout en glissant subrepticement avec un soupir de lassitude amusée que j’ai encore été demandée en mariage (« Madam, I dare ask it to you because really your’re quite hallal for a muzungu – une Blanche-»).

Mais non.

Le fait est qu’aujourd’hui, encore et toujours, je me retrouve à chercher du taf, et qu’aujourd’hui plus encore qu’hier j’ai de gros doutes sur mon futur professionnel au Kenya. (pas que j’ai remarqué un changement profond dans le marché du travail dans notre beau pays de France qui m’inciterait à quitter mon Barbu, le soleil et la douceur de vivre à Nairobi hein. Rho là là non.)

Voyez-vous, dans le bucolique pays des HP*, Nairobi est un peu, au choix, comme une espèce de Saint Graal, ou un cimetière d’éléphants :

Le Saint Graal parce que c’est un endroit où, certes, vous œuvrez toujours pour « le Bien de l’Humanité » avec un grand H, mais où vous le faites avec l’eau courante, l’électricité, une alimentation variée et riche en fruits et légumes comme en viande, une maison avec télé par câble et Internet à presque haut débit, votre famille autour de vous sans que ce soit un motif de non recrutement et un salaire le plus souvent « indécent ». Et où, en plus, les contrats ne durent p    as 3 ou 6 mois mais en général entre 1 et 5 ans, ce qui est aussi inespéré dans l’HP que, disons, la décence la plus élémentaire pour Nadine Morano.

Un cimetière d’éléphants parce que les postes offerts, presqu’exclusivement des postes de chefs du monde de l’HP* en Afrique, voire au Moyen Orient, ne sont « espérables » qu’après plus de 10 ans d’expérience minimum dans LE même type de profil de poste ; parce que le travail sur le terrain et non pas plongé dans des tableaux Xcel ou des rapports bailleurs devant un bureau se compte en  jours si ce n’est en heures annuelles.

Ça, je le savais avant de venir.

Ce que je ne savais pas avant de travailler le mois dernier, c’est le contexte « local » de cet état de fait.

Et cette raison me titille les neurones grave. Aussi, en ces temps préélectoraux tout aussi bien hexagonaux que kenyans (pi américains aussi, et tout plein d’autres d’ailleurs), je m’en vais explorer rien qu’un petit peu le thème magique et toujours fédérateur de la préférence nationale.

We nid you! (et les autres on les jette.Parce que.)

Voyez-vous, le gouvernement kenyan a beaucoup de points communs dans son droit économique et son droit de la nationalité avec les abysses bleus marines qui hypnotisent tant de nos compatriotes.

C’est d’ailleurs loin d’être le seul pays africain à avoir un Droit de la Nationalité ridiculement restrictif et franchement saumâtre : un Droit où seul le Droit du Sang prévaut, et encore seulement par le père (votre mère peut être kenyane, si votre père non, vous ne le serez pas…), un Droit de la Nationalité où le mariage n’ouvre pas droit à la naturalisation, où, malgré un fort lobbying depuis plusieurs années, la double-nationalité est toujours interdite, et où la naturalisation est presque toujours refusée dans les faits, même si celle-ci est assurée dans la Constitution.

Ainsi, les populations d’origine indienne, présentes depuis tant de siècles et en si grand nombre que la culture indienne fait partie intégrante de la vie quotidienne kenyane, notamment dans l’alimentation la plus quotidienne, n’ont et n’auront jamais la nationalité kenyane. Tant pis qu’ils soient nés au Kenya, ainsi que leurs parents, les parents de leurs parents, les parents de leurs grands-parents, les parents de leurs arrières grands-parents….

Par contre, si un Droit de la Nationalité aussi restrictif et ancré dans le jus sanguinis est relativement courant sur le continent africain, je n’avais encore jamais été confrontée à un Droit économique et un Droit du Travail aussi protectionniste et xénophobe ailleurs en Afrique.

Par exemple, si vous êtes étranger, vous aurez, ce quelque soit le montant de votre revenu mensuel et le nombre de personnes qui dépendent du dit revenu, 33% de votre salaire prélevé (directement à la source. Ça, par contre, c’est chouette ! C’est décidemment un truc que notre cher Hexagone devrait songer à mettre en œuvre vite fait, histoire de permettre aux si nombreux citoyens qui ont des revenus changeants d’un mois sur l’autre et à fortiori plus encore d’une année sur l’autre de ne se pas retrouver en permanence dans des situations ubuesques et pour le moins dramatiques financièrement parlant. Rigolo, jamais personne n’a jamais évoqué la relation directe du principe « année+1/temps t+ 3 mois » inhérente aux impôts et aux aides sociales avec le phénomène des « vilains-pauvres-glandeurs-qui-vivent-sur-le-dos-des-contribuables »…. Alors que cela explique de nombreux cas où X préfère garder un peu plus longtemps ses assedics/ses allocs et refuser un CDD, ou encore où Y préfère ne pas demander les aides auxquelles il/elle a droit parce qu’il/elle sait avoir un contrat de x semaines d    ans z semaines et ne veut pas se retrouver obligé à rembourser les sommes perçues après ce contrat, quand il/elle aura déjà du mal alors à bouffer autre chose que du pain sec. M’enfin j’dis ça j’dis rien hein…)

Bon, vous me direz, vu l’échelle des salaires de la plupart des expatriés présents sur le territoire, on va pas pleurer.

Ouais, clair.

Mais continuons, pour voir…

Pour bosser, normal, il faut un permis de travail. Jusque là cela paraît plus que légitime. Quand, par contre, vous trouvez un boulot, et que votre employeur (qu’il s’agisse d’un gros trust ou d’une ONG, pour une fois cela ne change rien) vous fait signer un contrat, là, par contre, cela devient limite ésotérique : les délais d’obtention vont de 3 mois à….. Plusieurs années. Bien sûr, tant que vous n’avez pas le fichu permis de travail, vous ne pouvez, légalement, pas bosser. N’est-ce pas.

C’est que l’obtention de ce petit papier est assujettie à ce que notre cher et beau pays a mis en œuvre depuis quelques années sous le parrainage bienveillant d’Hortefeux/Guéant et consorts : la préférence nationale à l’embauche.

En clair, ici, cela signifie que si vous n’êtes pas kenyan, et à fortiori si vous êtes Blanc, vous n’avez pas de DROIT d’occuper un poste non qualifié. Ouais, c’est comme ça : le Kenya, t’es riche ou tu le quittes. Cela signifie aussi que pour chaque emploi qualifié, l’employeur devra justifier, comme chez nous déjà, qu’il n’a « pas été possible de trouver un Kenyan/Français avec les compétences requises pour le poste ».

D’ailleurs, en ce qui concerne le chouca secteur d’activité de l’HP*, il est expressément stipulé dans la Loi afférente aux ONG qu’une ONG, quelle que soit l’ampleur de ses programmes au Kenya, ne peut employer plus de 3 travailleurs expatriés….

Par ailleurs, le Kenya mène avec succès une politique protectionniste en matière commerciale, taxant les produits d’importation à la hussarde.

Bon. Bien. Et alors ?

Et alors, lorsque j’ai fait remarquer ceci, d’un air, j’en conviens, pas franchement enthousiaste, on m’a demandée avec un air entendu très CQFD-chouchoute, si « cela ne serait pas la raison grâce à laquelle le Kenya est développé. »

Certes, le Kenya et la France sont des pays très différents, avec un niveau de vie globale, une espérance de vie et une économie itou.

Mais quand même, la similitude en termes de « solution à la crise » proposées et mises en oeuvre mérite que l’on s’y arrête : puisque la « solution » à peu près tout est la préférence nationale, voyons un peu les glorieux résultats qu’une telle politique apporte, non pas au Kenya, mais aux Kenyans.

Une politique aussi coercitive en matière de préférence nationale à l’embauche, par exemple, a-t-elle fait disparaître le chômage ? Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhh, bin non : le taux de chômage avoisine actuellement les 40% ! (ouais, quand même).

En ce qui concerne le truc un peu à part des ONG, est-ce que le fier « refus de tout néo-colonialisme », celui-ci étant censé s’incarner dans la présence d’expatriés (qui, au passage, ne sont pas forcément anglais/français/amerloques, mais souvent péruviens/togolais/cambodgiens/colombiens, ce qui nous éloigne un peu de l’archétype de Tintin en Afrique, mais bon) aboutit à une amélioration de l’action humanitaire, une meilleure réponse aux besoins et une indépendance de l’aide ? ….. Oups. Non, répondre à cela, ce serait un article à soi tout seul…. Mais la réponse est non, foutre non et putain de non !

Mais, vous direz-vous, au moins, avec la taxation à l’importation, au moins, les Kenyans mangent kenyan et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Ce que je vois, moi, c’est que ça ne marche pas.

Si les biens alimentaires « de luxe » (fruits et légumes, épices –alors que celles-ci ne sont que très anecdotiquement produits au Kenya-, viande) sont remarquablement peu chers –pour ma bourse ou la votre bien sûr-, en tous cas bien moins onéreux qu’en France, les produits alimentaires de base, ceux mangés par la totalité de la population kenyane, ce qui forme l’essentiel de l’alimentation des gens qui n’appartiennent pas aux populations urbaines de classe moyenne, c’est-à-dire le maïs, le manioc, les haricots, l’huile et le sucre, atteignent des prix exorbitants pour la population kenyane hors cadres, ce d’autant lus que ce sont les premiers produits à refléter l’inflation incessante.

Tout ça pour dire –de manière un peu décousue, pas très analytique et avec une légèreté assumée dans les données j’en conviens-, qu’espérer résoudre les problèmes d’une société en la refermant sur elle-même, ou ce qu’elle prétend être elle-même sur un archétype historique fallacieux, ce n’est pas seulement insupportable imbitable gerbatif questionnable du point de vue éthique et moral, c’est juste con car

                                                        totalement inefficace.

Alors:

Ne croyez

pas au

miroir aux

alouettes

de la

préférence

nationale

et tout ce

qui va avec.

DANGER : leçon de paranoïa où comment l’expatriation dilate la réalité

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Hors case, Kenya, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , on 11 novembre 2011 by violemmenthumaine

Vous savez, ou pas, qu’en ce moment le pays, la ville où je vis, sont DANGEREUX.

Tindindinnnnnnnnnnnnnnnnnnn.

Pour celles et ceux qui n’auraient qu’une idée aussi précise que les informations des JT de ce dont je peux bien parler : depuis quelques années, les Somali, ou plus exactement les al shebaab, c’est-à-dire les jeunes en arabe, ont magistralement renouveler l’art injustement oublié de la piraterie (mais sans les dreadlocks de Johnny D. ni l’option libertaire du XVIIème).

Depuis quelques mois, les mêmes ont décidé que les mers ne leur suffisaient plus et que les Blancs, ces supposées cornes d’abondance obscènement riches, feraient une bonne monnaie d’échange (ce en quoi ils se sont largement plantés, mais en même temps personne de sensé n’a jamais pensé que la capacité d’analyse et d’anticipation est la marque de fabrique des shebaab). La côte du Kenya, avec ses plages paradisiaques et sa culture africo-arabo-indienne aux multiples charmes architecturaux, musicaux, alimentaires, attire depuis longtemps les touristes : Lamu et son charme pittoresque patati patata.

(Non, ma maison ne ressemble pas à ça). Intérieur à Lamu, réalisé par l'architecte Claudio Mondola.

Si vous êtes blindé de thune, vous pouvez par exemple séjourner dans cet hôtel, le Majilis Lamu resort...

Faut avouer que ça n'est pas moche, Lamu...

Ahhhhhhhhhhh les côtes de l'océan indien à Lamu: ses palmiers, son eau turquoise, son paludisme, son tourisme sexuel, ses pirates...

Sauf que depuis septembre, un certain nombre de touristes, le plus souvent vieux, ont été enlevés. Et, parfois, tués. Comme, lorsqu’on est intelligent, on ne manque jamais une occasion de tenter de se faire de la maille, les drôles ont même une fois demandé de la thune pour rendre le corps (c’est-y-pas mignon ça ???)

Ajoutons à cela la

criiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise

humanitaire. Et non, je ne fais pas du cynisme horribilicieux et totalement choquant. Sans entrer dans les détails parce que tout de suite ça serait moins funky et tout et tout, sachez juste que, comme un nombre certains d’autres « crises humanitaires ultra médiatiques », celle de la corne de l’Afrique et des camps de réfugiés du nord du Kenya, où les somali continuent d’affluer (continuent, parce que le camp dont vous voyez des stars pleines de bonne volonté parler en pleurant à la télé, en l’occurrence Daadab, existe depuis plus de 15 ans. Oui, quand  même) n’a RIEN d’une catastrophe « naturelle » où le problème réel serait la « famine » due à la « sécheresse », et que, depuis le temps, il faudrait peut-être se demander si l’aide ne participe pas au problème, en fait. Passons.

Reprenons, donc. Ajoutons à cela la criiiiiiiiiise humanitaire du nord du Kenya  tel que Mandera ou le camp de Daadab et leur folklore si typiquement « africain ».

Dadaab. Un camp de réfugiés quoi. Plus gros que pas mal d'autres, c'est vrai. Mais pas différent.

Notons qu’assez étrangement, quand on parle de malnutrition ou de famine, nos télés ne nous montrent jamais ça:

Eh ouiiiiiiiii. La pauvreté, en Europe, en France même, ça donne les mêmes effets qu'en Afrique.

Mais toujours ça:

Puisqu'on vous dit que la malnutrition, c'est A-FRI-CAIN. Non mais!

Or, cette crise humanitaire se corse un peu ces derniers temps puisque des « gentils », les beaux et preux HP* ont, eux aussi, été enlevés, dont les chevaliers sans peur et sans reproches de Médecins Sans Frontières.

Tout ça pose des problèmes au gouvernement kenyan : un gros trou dans les importations et les rentrées économiques, alourdi par une diminution pas vraiment légère du tourisme, principale source du PNB kenyan (les safaris, tout ça tout ça, le sourire et le charisme de Redford et la bonté de Karen Blixen magnifiée par Meryl Streep dans Out of Africa, whaouuu). Puis tout cela s’est fait sur LEUR territoire. Et puis l’an prochain, il y a les élections présidentielles (bin oui, y’a pas qu’chez nous ^^).

Alors Kibaki:

Kibaki, c'est lui: le président du Kenya depuis 2006

Kibaki, donc, a décidé, assez logiquement tout de même, de faire la guerre aux vilains al shebaab (ou shabaab). Il a conséquemment envoyé ses troupes au nord du pays, et même au sud de son voisin la Somalie. Le Kenya est donc en guerre, non contre la Somalie, plutôt contente de l’intervention kenyane, mais contre les mouvements rebelles shebaab.

Tout ça se passe au nord du Kenya, soit à plusieurs centaines de kilomètres de Nairobi, où la vie n’a pas changé d’un poil, et où la population, largement hostile aux shebaab et aux somali en général, est très contente de cet état de fait.

Sauf que, il y a quelques semaines, les vilains shebaab ont lancé, à deux reprises, des grenades en plein centre ville de Nairobi, une fois dans un bar fréquenté par la petite classe moyenne kenyane, le jour d’après à une station de bus (les dits bus sont à 99% fréquenté par des kenyans).

Et là, depuis, c’est….. N’importe nawak. L’Ambassade de France, mais aussi celle d’Angleterre et des USA, la plupart des gros trusts et…. Putain, ouais, des ONG ont imposé des mesures de couvre-feu (genre c’est pas bien de sortir après 19h30), préconisant de ne plus aller faire ses courses aux supermarchés, etc etc etc.

Hum.

Je vous vois déjà, là au fond et puis aussi devant, dire que c’est normal, encore heureux et que c’est moi (et puis aussi mon barbu, et mes potes ici aussi) qui ne suis qu’une inconsciente and so so…

Bon.

Alors, je pourrais jouer la vieille HP burnée, et expliquer que c’est un peu bizarre d’imposer des règles de sécurité plus strictes dans une ville en paix et avec un degré de corruption et de violence moins lourd que dans nombre de cités de pays « développés » que je ne les ai vues dans des coins VRAIMENT en guerre (genre où tu vois plus de kalach dans la journée que de mégots sur un trottoir à la sortie d’une boîte de nuit parisienne ; genre où tu as autant les foies quand tu rencontres un policier du pouvoir central que lorsque tu croises un milicien de 11 ans perché à 10 miles), mais ça ferait un peu too much (même si c’est vrai, croix de bois croix de fer si j’mens j’vais en enfer) et ça vous convaincrait pas plus.

Par contre….

Rappelez-vous….

1986 à Paris…. 7 attentats. Celui de la Rue de Rennes. 1995. RER B (ou C ??) à Saint-Michel. Pas une ou deux grenades, là. Des bombes. Pas 2 morts, là. Des dizaines. Comme à Madrid en 2004 (191 morts !), à Londres en 2005 (55 morts, 700 blessés).

Y’a-t-il eu des « couvre-feu » ? Y’a-t-il eu désertion des quidams dans les rues et les supermarchés ?

Ah bin non.

…. … … …

Ce qui est d’ailleurs logique, même en cas, comme cité ci-dessus, de VRAIES menaces terroristes. Pourquoi ? Parce que le propre du terrorisme, c’est justement de frapper, en apparence du moins, AU HASARD, de manière à ce que les gens ne se sentent plus en sécurité NULLE PART. Et si on s’arrête de vivre, on a déjà perdu. Et ce n’est pas comme si cela servait à quelque chose…

Donc, deux solutions : ouais, bien sûr, tu peux rester cloîtré chez toi et ne plus vivre que de boîtes de conserve puis de ragoûts de bottin, mais là, c’est juste… comment dire. Stupide ? Ouais, stupide.

L’autre solution, c’est de continuer de vivre –presque- exactement comme avant.

Là, l’ampleur des consignes données par « les représentants des occidentaux » est juste… Aberrante ? Grand-guignolesque ?

En fait, comme je suis une grosse tordue et que je traîne mes guêtres inutiles parmi les gens et les endroits bizarres de la planète (la jungle congolaise, les ghettos du 94, la Corrèze, les quartiers à putes de Kinshasa, la Corse etc.), je me dis, et ça ne m’aide guère à me rapprocher de « ma » communauté ici, que ce n’est, encore une fois, que l’illustration de la dilatation des représentations des communautés expatriées.

Keskece de koi elle parle la donzelle ?

Bin, de ça : quand tu es blanc expatrié en Afrique, tu :

1)      Adooooooooooooooores l’Afrique mais trouves systématiquement que TOUT est « moins » que « chez toi ». Moins efficace, moins organisé, plus « n’importe quoi ». Par exemple, ICI, « les démarches administratives sont parfois fastidieuses » (parce que tout le monde sait, qu’en France, Belgique ou aux States, l’administration c’est übber funky winky) ; « il faut 2 JOURS et 4 magasins différents d’affilée pour réussir à trouver un filtre à aspirateur de rechange » (y’a-t-il besoin de faire un commentaire là-dessus ?….)

2)      Ton pays c’est super de la balle-qui-tue, tu idéalises à mort, et voilà. Tu n’y as pas mis les pieds depuis 15 ans autrement qu’à Noël et pour farnienter ? No soucy, tu ES et RESTERAS A VIE français/hollandais/italien, donc TU SAIS que « chez toi », c’est MIEUX : ainsi, cela donne du relief carrément surréaliste au point 1 sus-mentionné.

Par exemple : tu as des enfants scolarisés. Ici à Nairobi, (et vues nos expériences familiales précédentes, je peux certifier que ce n’est pas toujours comme ça, loin de là), l’école française, outre le fait d’avoir une équipe pédagogique fantastique, offre des services trop de la balle : d’abord, les horaires ne sont pas absolument incompatibles avec le fait que l’élève ait des parents qui travaillent ou qui ont tout simplement une vie à coté de leur progéniture (à Kinshasa par exemple, l’école commençait tous les jours à 7h et ne finissait jamais après 13h. Oui. Songez aux implications logistiques familiales et sociales pour les mômes. Du bonheur) ; ensuite, pur la première fois hors de France (en ce qui nous concerne), l’école propose une cantine (et un service de ramassage scolaire aussi. Et une cinquantaine d’activités périscolaires pour tous les goûts et tous les âges, aussi. Genre c’est quand même de la balle moi je dis.)

Tu mets donc ton/tes (en général, les expatriés ont toujours plusieurs mômes, 3 en moyenne. Je n’ai toujours pas déterminé si c’était le facteur thune, droite réac catho ultra libérale, le fait que la plupart des femmes soient « au foyer » ou une forme de mimétisme local qui est à l’origine de cet état de fait) gamins à la cantine. Et après, tu te plains que « c’est horriblement cher et d’un niveau absolument déplorable. Payer ce prix pour un quignon de pain est hors de question, j’ai enlevé mes fils dès que j’ai pu ».

Alors…. Le prix exorbitant est …. Roulement de tambour de 440 shillings kenyans par repas en primaire, un peu moins en maternel et un peu plus en secondaire. Soit…. 3,40 euros. Hum. Oui, c’est bien le prix moyen proposé de restauration scolaire en France, sauf si tu es un peu pauvre et que tu habites dans une commune avec politique sociale !

Quant au « quignon de pain », euh…. Je ne vais même pas faire dans le subjectif ni imposer les délires dithyrambiques de mon gnome personnel (qui a  supplié de rester à la cantine tous les jours. Une première), je vais juste mettre, au hasard, la liste de menus pour une quinzaine hein. Le quignon de pain a super bon dos moi je trouve.

Ouais, bin moi je n'ai jamais eu de tels menus même en restau d'entreprise. J'dis ça j'dis rien...

Tout ça pour dire que le risque sécuritaire à Nairobi, c’est comme le prix exorbitant de la cantine à l’école française : une déformation de la réalité (pour le moment du moins hein, je ne sais ce qu’il en sera dans le futur) par le biais des lentilles de l’expatriation.

Poil au fion.

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