Archive pour klaxon plein les esgourdes

Misères et Splendeurs de la circulation routière à Kinshasa

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, RDC (Congo) with tags , , , , , on 11 janvier 2016 by violemmenthumaine

Saluuuuuuuuuuuuuut mon Inconnu/e préféré/e !!!

Avant toute chose, je veux remercier (à nouveau) la quelqu’une qui a appelé à « mon retour » : parce que vi, ça fait grave zizir !!
Si j’ai été aussi silencieuse aussi longtemps, c’est un peu beaucoup, comme je l’ai répondu à mes fans (#chevilles baobab #auto-persuasion), parce que pendant longtemps je ne pouvais tout simplement pas travailler sur le blog. Je me disais que ça ferait un bon sujet de post de retour, expliquer qu’Internet, en dehors du fait que non ce n’est pas accessible partout et que oui ça peut aussi coûter un bras, hé bien c’est facile à pister/verrouiller/surveiller –beaucoup plus que ce que l’on nous dit dans « nos » pays-, mais comme j’ai déjà évoqué la question, en fait non.
J’ai pensé aussi que je pouvais revenir à mes premiers moutons : parler de moi (#Internet attitude). Parce qu’il s’est passé et se passe pleiiiiiiiiiiiiiiiiin de trucs, que je me pose tout plein de questions et que, parfois, un avis extérieur ça aide bien. Puis là encore, non. Pas tout de suite en tous cas.

kokokokpkpkpokp

Envie de parler de petits riens, ces petits trucs qu’on ne remarque pas forcément et qui font que le quotidien à Paris, New-York, Trou-sur-bouse-les-pécores, Ouagadougou, Valparaiso ou Kinshasa a des couleurs différentes.

Le visage protéiforme des transports urbains est l’un de ces petits riens qui font tout le « charme » du quotidien.

****GIF

pacman

Pacman

Après des années passées dans différentes métropoles africaines, la râlatitude permanente des franciliens quant aux services offerts par la RATP et la SNCF me semble obscène m’amuse al chouïa : moi, à chaque fois, j’en rêve avec des étoiles dans les yeux du RER et du métro au bout de quelques mois dans l’une de ces mégalopoles tentaculaires que sont la plupart des capitales africaines (j’ai dit la plupart, pas toutes. Bangui par exemple ressembleait à un petit village plus qu’autre chose.).

**GIF étoiles dans l

Ma tête au bout de quelques mois dans une grande ville africaine quand j’entends « métro », « RER », « noctambus ». Si. (et je vous parle pas de « tramway », là je frôle l’orgasme !)

Ma tête au bout de quelques mois dans une grande ville africaine quand j’entends « métro », « RER », « noctambus ». Si. (et je vous parle pas de « tramway », là je frôle l’orgasme !)

es yeux c est coooool**

  • Matrice

                                – Les bus

Non pas qu’il n’y ait pas de transports en commun : chaque pays, chaque ville regorge de mini-bus aux appellations variées mais toujours… euh…. Aussi « colorées » que leur look improbable, aux prix dérisoires et à la sécurité variant de l’aventure-je-suis-un-vrai-routard-proche-des-populations-locales-et-je-le-montre-ça-me-donne-du-grain-à-moudre-pour-épater-les-meufs-dans-les-soirées-estivales-hexagonales à Survivor-c’est-de-la-gnognote-pour-poupées-anémiées-à-côté-de-moi.

Certains plus finauds que d’autres en ont même fait un fond de commerce, comme au Kenya où les autocollants aux couleurs du drapeau affichant des « I tested matatu and I survived ! » et autres blagounettes se vendent comme des petits pains dans les magasins de souvenirs.

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Incroyable : l’ami Google non plus que les autres moteurs de recherche ne m’ont sortie que ça sur le sujet. Il n’empêche que ça reste un exemple (même s’il n’est très clairement pas vendu au Kenya) du phénomène.

Incroyable : l’ami Google et les autres moteurs de recherche ne m’ont sortie que ça sur le sujet. Il n’empêche que ça reste un exemple (même s’il n’est très clairement pas vendu au Kenya) du phénomène.

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Si on veut se la jouer local mais vraiment local l’on aime vivre dangereusement ou que l’on n’a pas les moyens de faire autrement, on peut donc se dire que l’on a à disposition un réseau de bus et voilà. Sauf que.

Quelle que soit la ville/le pays où j’ai séjourné, ce mode de transport, c’est-à-dire celui de la plupart des gens, est toujours limité en termes d’horaires (jamais de service nocturne, ou alors seulement jusque 21 ou 22h), et très souvent en termes de couverture géographique : ils couvrent rarement les quartiers vraiment riches, et ne couvrent les quartiers vraiment craignos que jusqu’à la tombée de la nuit, soit vers 18h. Et surtout, à Kinshasa et plus encore à Nairobi, l’ensemble du réseau est centré sur le centre ville, ce qui, à Nairobi, multipliait le trajet (et je ne parle même pas du temps d’icelui….) par 2 quand ce n’est pas par 5 ou 6…

**carte nai

pour article

Voyez par exemple, à Nairobi, pour aller du point A au point B (entre 25 et 45 mn à pied, 5 à 10 mn en moto), en bus collectif il faut passer par le point 0, au centre ville, et donc compter entre 1 et 2 HEURES. Vi vi vi.

robi travaillée****

Les cartes des transports n’existant dans aucune des villes où j’ai séjourné, d’une part, et les horaires dépendant de tout et n’importe quoi d’autre part, emprunter les bus collectifs hors des horaires d’arrivée au boulot (soit entre 5 et 8h du mat) et de retour chez soi (entre 16 et 17h30) pour un trajet directement desservi par le dit bus ne doit s’envisager que dans un cadre de flânerie et de découverte hasardeuse et jamais, jamais, JAMAIS dans un cadre professionnel ou tout simplement pour un trajet où le respect de l’horaire a une quelconque importance même de loin.

[Parenthèses :

1) linguistique : au Sénégal et au Burkina Faso, on les appelle les taxis brousse, au Kenya les matatu (« seulement trois » en swahili, soit le prix -300 kenyan shillings, à peu près 30 centimes d’euro- pour une unité de trajet), mais à Kinshasa on les appelle tout simplement les « esprits de mort ». Comme ça c’est clair.

2) esthétique : où que ce soit où j’ai séjourné en Afrique noire, les bus collectifs arborent tous, outre un état que n’importe quel contrôle technique qualifierait de bon pour la casse, une customisation toute personnelle au chauffeur ou/et proprio de la bête. Je regrette infiniment par exemple de ne pas avoir eu d’appareil photo pour immortaliser ce superbe matatu tombé du camion de l’écurie Playboy : entièrement matelassé à l’intérieur de faux cuir rose barbie avec les logos lapin du fameux magazine…. Le tout parsemé de “God is the answer” et “maiden is the wisdom” (sic) et une médaille de Jean-Paul II tressautant à côté du visage du chauffeur à chaque assaut des basses du ragga ghetto sortant des baffles d’un mètre de haut accrochées aux quatre coins du bus.]

ojojoijojjoi

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Tu as fait 25 mètres en 40mn et tu as du suer plus de 6 l et tu te fais chier comme un rat ? Occupe-toi avec les Grosses Têtes de Boulevard (Tain. Voilà ce qui arrive quand on n’écrit pas de post pendant aussi longtemps : des jeux de mots pourris limite incompréhensibles –ici entre le nom du présentateur d’une fameuse émission radiophonique française, la dite émission… et le nom de THE artère de Kinhasa, toujours bloquée -mais ce n’est pas la seule à l’être, loinnnnnnnnnnnnnn de là-, communément appelée « LE boulevard » -alors que 1) il y a pleiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin d’autre boulevards, 2) celui-là, comme les autres, a un nom, « du 30 juin » en l’occurrence).

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Occupe-toi, donc, disais-je, avec les Grosses Têtes de Boulevard: cherche le slogan d’esprit de mort inédit ou, au choix, le plus what the fuck, le plus mégalo ou le plus hypocrite.. Celui qui gagne a droit à un Carambar.

oihhoihoihoihoihoih

Ces fameux bus sont le principal moyen de locomotion des classes populaires, soit l’écrasante majorité de la population de Kinshasa. Les bourgeois congolais, tout comme leurs homologues kenyans, les évitent comme la peste (« on n’est plus au village ça c’est pour les sauvages ») (sic), et les expatriés toutes nationalités confondues ne les empruntent quasiment jamais (c’est moins vrai en Afrique de l’Ouest. Peut-être parce que les trajets y sont mieux indiqués et les conducteurs largement moins tarés).

– Les taxis

En dehors des bus ayant fait la guerre de 14, toute capitale africaine possède des services de taxi foisonnants de trois types : les taxis motos et les taxis voiture, eux-mêmes répartis le plus souvent en taxis collectifs et taxis directs.

Les taxis motos sont à peine plus chers que les bus, mais comme eux, ils ont une sphère d’action réduite, car il n’est pas rare qu’ils soient purement et simplement interdits dans les quartiers riches centraux. Par contre, ce sont eux qui bossent le plus tard (en gros, toute la nuit sans interruption). En Afrique de l’ouest, ça reste le principal moyen de transport de l’ensemble de la population non motorisée, voire le seul de nuit. Perso, j’adore les utiliser : les mecs sont tellement éberlués de voir unE Blanche avoir recours à leur service qu’ils ne pensent même pas à gonfler les prix. Œuf corse, les motos ont elles aussi leur comptant d’autocollants, fausses fourrures fluo et scotchs fleurant bon la classe et le bon goût.

[Dommage encore une fois que je n’ai pas trouvé ni n’ai fait de photo classe de la chose : les « stations » de taxi mot ont pourtant, avec leur touche Easy Rider, un sacré touche.]

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Tit exemple de « hoooo quelle est belle ma bécane Kin’ style

Tit exemple de « hoooo quelle est belle ma bécane Kin’ style

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Avec les taxis voiture collectifs, on jumpe côté prix : la masse ne les utilise pas, il faut au moins appartenir à ce qu’on appelle chez nous la classe moyenne (qui reste, dans la plupart des pays africains, encore en voie d’apparition) pour pouvoir se les offrir régulièrement. Les premières fois ça décontenance un peu : plus que des taxis, ce sont des bus améliorés : ils font un trajet et un seul, mais s’arrêtent à la demande du client quand il est arrivé à destination plutôt que de s’arrêter uniquement à des stations. Tout comme les bus collectifs, tout bagage, même très lourd et même très volumineux, sera accepté. Je n’en ai pas vu à Nairobi (ce qui ne signifie pas qu’ils n’y existent pas).

Enfin, les taxis tout court : une voiture qui ne prend qu’une demande à la fois. Là, ça varie beaucoup en fonction des villes et des pays. A Nairobi, en dehors du quartier des boîtes et bars, il était extrêmement difficile de trouver un taxi disponible après 21h si l’on ne passait pas par une centrale d’appel, et la plupart refusait de desservir autre chose que les quartiers résidentiels. C’est le mode de transport des riches en transit ou des touristes. Les prix…. Disons que puisqu’il n’y a jamais (ou presque, et la seule fois où j’ai vu ça –à Ouagadougou en 2013-, leurs tarifs étaient à 400% du prix du marché hé hé hé) de prix affichés, le montant demandé/négocié sera toujours le fruit d’un savant calcul en fonction du statut social que le chauffeur supputera être celui de son client, et toujours très largement au-dessus du prix local réel quand il sera destiné à un Etranger.

     –  Avoir sa voiture

S’il y a bien une chose qui a changé entre ma première fois africaine il y a une vingtaine d’années et aujourd’hui, c’est le nombre de voitures dans les rues des villes africaines. A Ouagadougou en 1997, on pouvait compter le nombre de caisses rencontrées en une journée, et la quasi totalité appartenait à des Blancs. Aujourd’hui les routes des capitales ressemblent au périph’ à 18h en semaine : tout cadre africain possède sa/ses bagnole/s, et le syndrome mesurage de bite statut social affilié à la marque/la taille/la brillance des chromes fait des ravages. Considérant la nature très particulière du trafic et du réseau routier dans les capitales africaines, un fou rire me tiraille toujours le bide quand je vois un 4/4 suffisamment grand pour excéder la taille de ton salon de parisien bohème mais pas bourgeois, ou mieux encore (moins courant aussi il faut le reconnaître) quand je croise une putain de voiture de course rutilante au châssis à moins de 20 cm du sol dans ces coins où avoir accès à une route bitumée, plate et sans nid-de-poule est aussi courant que devenir président de la République après avoir fait le buzz sur youporn pour s’être tapé une mannequin en polystyrène à tête de vache en sniffant de la colle.

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LA voiture idéale à Kinshasa : un vrai 4/4 mais en format twingo

LA voiture idéale à Kinshasa : un vrai 4/4 mais en format twingo

photo Rav 4. ***

– Utiliser ses pieds

A l’exception de Nairobi (‘tain, ce sont des Xmen ces types qui font du vélo à Nairobi : sans même parler du côté wild du trafic, on parle quand même d’une ville ou le plat n’existe pas et qui ne descend jamais à moins de 1600m d’altitude hein. Non, respect éternel !), je n’ai jamais vu (en RDC, au Sénégal, Burkina, Congo, Gabon, Zimbabwe, Ethiopie) quiconque utiliser un vélo comme moyen de locomotion habituel (si ce n’est comme succédané de charrette pour transporter des marchandises), et encore moins des rollers, patinettes et autres skate.

Il reste donc les pieds. Se bouger le fion quoi.

Alors, soyons clair : si tu prends en considération tout ce qui précède, tu devines bien que beaucoup de gens les utilisent, leurs pieds. Mais TOI, toi le riche/le Blanc/le zig tout court, il est impensable que tu marches. Marcher, c’est pour les pauvres. Marcher : on ne marche que lorsqu’on ne peut pas faire autrement. Marcher quand tu peux te payer une course en transport ou que tu as une bagnole, c’est impossible, ça fait buguer les gens, carrément. Là encore il y a des variations selon les pays, mais on reste toujours dans le même paradigme. (de quoi faire un post à soi tout seul ça, le rapport à la marche !).

Mais pour être honnête, marcher limite forcément les déplacements, sans même parler du climat : Paris est minuscule comparé à Kinshasa ou Nairobi. Vraiment minuscule. Ce qui implique, à moins d’être un putain d’athlète, de rester à peu de choses près dans son quartier.

Le réseau routier

Une fois posés les différents moyens de locomotion à disposition, il faut avoir à l’esprit la Toile sur laquelle ils s’utilisent.

Kinshasa, même dans ses trois communes riches, a peu, très peu de routes bitumées. Et même celles-ci comptent toutes ou presque des trous (on te parle pas de quelques centimètres hein, non non, on parle de gouffres dans lesquels une berline urbaine de base s’encastre pour de bon), fissures et autres joyeusetés. Il pleut des torrents les ¾ de l’année, ce qui transforme les rues en marécages dans le meilleur des cas et en torrents de boue dans le pire (des dizaines de morts chaque année durant les saisons des pluies dans les quartiers les plus pauvres.)

**** photo rue

Cette rue, par exemple, se situe dans LE quartier le PLUS RICHE et le mieux équipé de Kinshasa (la commune de la Gombe), celle où sont situés toutes les ambassades, les ministères et la plupart des expatriés tout comme une bonne part de l’élite congolaise).

Cette rue, par exemple, se situe dans LE quartier le PLUS RICHE et le mieux équipé de Kinshasa (la commune de la Gombe), celle où sont situés toutes les ambassades, les ministères et la plupart des expatriés tout comme une bonne part de l’élite congolaise).

plein d’eau :

Ajoutons à cela la quasi inexistence de panneaux d’indication de direction, d’une part, et la rareté des panneaux de signalisation tout court et autres futilités que sont les feux rouges et les passages piétons, la plupart du temps purement symboliques car dépourvus des feux susmentionnés.

La RDCongo est pourtant l’une des mieux placées, paraît-il (O.M.G), sur l’échiquier africain à ce sujet. Si si. D’ailleurs, le gouvernorat de Kinshasa a investi lourdement sur la question avec un certain succès côté buzz, avec l’installation d’une dizaine de…. Robots sortis d’un film de SF des années 50 censés réguler le trafic aux principaux carrefours de la ville. Lesquels ne marchent jamais plus d’un jour sur 5.

*** les 2 tof

Voilà, donc, un exemple de "robot-roulage", celui de Kitambo Magasin en l'occurence.

Voilà, donc, un exemple de « robot-roulage », celui de Kitambo Magasin en l’occurence.

s des robots***

Voilà. Le tableau est brossé.

Forcément, avec un bordel pareil, la circulation serait de tout repos que l’on sauterait à pieds joints hors de toute probabilité de Réel…

Sur la route un sith jedi tu seras

Vu que je suis principalement parisienne dans ma vie hexagonale, je sais ce que c’est que des automobilistes adeptes du n’importe nawak speedesque bien agressif. Sans doute la raison pour laquelle, malgré tout, dans les bons jours, je ne trouve pas la circulation kinoise si angoissante.

Je suis d’une totale mauvaise foi.

Je sais pas toi, mais quand les faits suivants appartiennent à l’ordinaire, j’ai du mal à rester zen.

  • Se mettre au point mort au milieu de la rue tous feux éteints, ou mieux encore, en plein virage (en général pour téléphoner mais c’est pas forcé)
  • Voir une bagnole retournée (au sens propre du terme) sur le côté de la route
  • Voir une bagnole juchée en équilibre sur les séparateurs de file/le poteau électrique/le feu plus du tout rouge
  • Voir une caisse rouler à contre-sens d’une 4 voies sur 400 mètres
  • Les pleins phares à 99,9% du temps de nuit
  • Un 45 tonnes arrêté à la perpendiculaire de ce qu’on appellerait ailleurs une nationale quand ce n’est pas une autoroute.
  • les queues de poisson sous toutes leurs formes

La queue de poisson est tout un art en fait, on peut même considérer que tout vrai permis de conduire congolais devrait en inclure une dans l’épreuve de conduite tant cela fait partie intégrante de la conduite à Kin, que tu le veuilles ou pas d’ailleurs : vu que personne ne respecte le principe de voie (genre si tu veux tourner à gauche tu vas dans la file d’extrême-gauche, mais seulement dans ce cas : « Tssssss, en tous cas toi tu es vraiment compliqué ») et que l’embouteillage spontané est carrément élevé au rang de l’art conceptuel ici (exemple : vous êtes à 5 autos sur un boulevard à 8 voies ; poussée par une dizaine de gars, une charrette surmontée de 500 kg de manioc le remonte et un sac tombe. Les 2 bagnoles arrivant devant la dite charrette et son sac auront 8 chances sur 10 de se tourner en tête bêche en bloquant toutes les voies. 10 mn plus tard, le boulevard est bloqué sur 500 mètres pour une bonne demi-heure minimum. Voilà voilà)

Les camions, les grooooos bus taille RATP le pratiqueront tout aussi allégrement que les autres hein. Evidemment.

Même sans aller chercher jusque là, il est clair que si tu veux faire plus de 300 mètres en moins d’une heure, il te faudra impérativement maîtriser l’art d’« entrer la tête », c’est-à-dire foncer dans le tas au dernier moment pour espérer pouvoir tourner.

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 Voilà à quoi ressemble la circulation à Kinshasa dans un bon jour. Jeune padawan, si tu parviens à identifier le sens dans lesquels roulent l’ensemble des voitures de cette photo en moins dune minute tu auras gagné ton premier sabre laser…

Voilà à quoi ressemble la circulation à Kinshasa dans un bon jour. Jeune padawan, si tu parviens à identifier le sens dans lesquels roulent l’ensemble des voitures de cette photo en moins dune minute tu auras gagné ton premier sabre laser…

rafic.

Bien sur, vous pourrez rencontrer un camion sur une route en boue terre de 2.5m de large.

Et il y a les piétons. Autant ceux-ci (sans doute parce qu’ils tiennent à la vie) sont très vigilants à Nairobi, autant les piétons kinois pensent être les fils cachés d’Iron man. Entendons par là que le piéton kinois aura une tendance affirmée à traverser au dernier moment en surgissant de ton angle mort, y compris en pleine nuit (alors qu’il n’y a pratiquement pas de lampadaires en état de fonctionnement, ce qui change quelque peu la donne), d’une part, et une tendance non moins prégnante à ralentir quand il te voit arriver. Il est même assez fréquent de le voir s’arrêter au beau milieu de la chaussée pour tailler le bout de gras, ou, version plus-je-cherche-le-fight, à te détailler des cheveux à la taille pour bien marquer sa désapprobation de ne pas avoir la rue à lui tout seul.

Manque encore une touche essentielle pour avoir une image à peu près ressemblante du trafic routier kinois : le bruit. Genre le périph c’est pipi de chat moi je te le dis. Car en plus des harangues des chauffeurs de taxis et bus collectifs indiquant leur destination aux péquins –qu’on retrouve partout en Afrique noire- tu dois rajouter une utilisation hystérique permanente du klaxon. Quand je dis permanente, je pèse mes mots. Les grosses artères de la ville sont un chaos excédant largement les 200 db de 6 h du mat à 10h du soir.

Beaucoup de ces caractéristiques se retrouvent dans d’autres grandes villes africaines, mais parmi celles où j’ai vécu, aucune n’a cette saveur propre à Kinshasa qui fait que, en fin de compte, ça donne le sourire si tant est qu’on veuille le voir.

N’oublie pas de cliquer « j’aime », l’éclat de diamant de la route kinoise

A lire tout ce qui précède, on pourrait résumer la circulation kinoise comme un avatar de l’enfer sur Terre où seuls les enfoirés total égoïstes naviguent.

Et pourtant…. Si les Latins « parlent avec les mains », les Kinois, eux, conduisent en langage des signes.

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Les conducteurs indiquent leur déplacement (ou plutôt leur désir de déplacement) par des mouvements de la main codifiés. Si cette pantomime permanente peut sembler participer au foutoir général, parmi tous ces gestes il en est un qui me donne toujours le sourire et qui permet d’en récolter à foison :

Quand un véhicule en laisse passer un autre (le doubler, tourner, traverser une rue, s’arrêter convenablement), l’autre sortira sa main et lèvera le pouce.

Presque toujours (je dirais environ 8 fois sur 10). Et en général avec un grand sourire.

*** pouce

Ce petit geste à la con, quand il n’est pas virtuel, bin ça fait toujours chaud au cœur.

Ce petit geste à la con, quand il n’est pas virtuel, bin ça fait toujours chaud au cœur.

levé :

Je sais pas moi, mais j’imagine mal à Paris ce genre d’attitude : oui c’est vrai les tires filant en sens interdit, montant sur les trottoirs ou passant d’une file à l’autre au dernier moment ne sont pas très courant (lol), mais en dehors des insultes si françaisement colorées je n’ai pas trop vu d’interactions entre les conducteurs, et jamais de pouce levé avec un grand sourire.

Mieux encore : si vous lever le pouce en préventive (longue pratique perso), le type qui était prêt à plier ton capot contre ce camion essence sans autre façon s’arrêtera à presque tous les coups ; le flic (Hummmmmmmmmmmmm, un autre article peut-être, un jour) renoncera avec un haussement de sourcils surpris à bloquer ta caisse pour te soutirer tes dollars.

C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. En tous les cas ça change ma vision du truc quoi : ça donne l’impression de rencontrer des dizaines de nouveaux copains à chaque fois qu’on prend la route et ça redonne espoir dans le côté choupi de l’humanité : si, dans ce bordel foutraque, des gens sont capables de rester cool, alors le meilleur est possible.

Le pouce levé ou la splendeur de la circulation routière à Kinshasa.

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