Archive pour RDC

Monsieur Philippe (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 4)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo) with tags , , , , , , , on 22 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

Après Djibéou, Floribert et Annie, la preuve avec

Monsieur  Philippe

République Démocratique du Congo. Bas Congo, ville routière.

J’ai 30 ans, je suis ici avec le Barbu et le gnome, je travaille avec le Barbu pour une consultance, donc boulot boulot tous les jours de 8h du mat à minuit, avec une pause de 3h en après-midi pour faire cours au Fruit de mes entrailles.

Encore une fois, l’homme-à-tout-faire est déjà présent et engagé à notre arrivée dans cette « maison d’hôte » au milieu du compound d’une association locale, qui bénéficie du courant en permanence ainsi que de l’eau courante. Monsieur Philippe a l’âge de mon père et a été « le boy de bons Pères Blancs belges » pendant des années.

Monsieur Philippe est celui qui nous fit réaliser que demander à un homme-à-tout-faire de cuisiner un plat traditionnel local est une ERREUR FATALE pour tes papilles, tes maxillaires et l’ensemble de ton système digestif.

Quand, le premier jour, nous lui avions dit que nous ferions nous-mêmes la cuisine (comme toujours), il s’était redressé droit comme un I et avait expliqué que ses anciens employeurs « lui avaient appris la cuisine traditionnelle de « chez nous », que son pâté de tête de veau en gelée était incomparable et qu’il pouvait relever n’importe quel défi ».

** dignité

Monsieur Philippe avait à ce moment là la même tête que le type à gauche, là sur la photo (–source http://kamizole.blog.lemonde.fr/2010/09/23/photo-parlante-%C2%ABsarkosarko-outrage%C2%BB-franche-ment-ridicule-et%E2%80%A6-psychotique/ )

Monsieur Philippe avait à ce moment là la même tête que le type à gauche, là sur la photo (source )

outragée***

Bon, clairement, l’honneur de Monsieur Philippe était en jeu : OK on était des Mundele (des Blancs en lingala) al chouia chelou et il voulait bien ne pas faire la cuisine pour nous (??!!), mais il tenait à nous faire un repas : quoi que l’on voudrait, il le ferait !

Okayyyyyyyyyy.

Vu que l’essentiel des denrées disponibles dans le coin se résumait à première vue à du chou, des haricots rouges (et des verts, et des blancs, et des crèmes), des lentilles, des oignons et des aubergines, (l’atmosphère des home sweet homes embaumait les fragrances les plus rares), et qu’en matière de cauchemar de végan, on ne pouvait trouver que du poulet et du bœuf consommables sans marteau piqueur à l’unique condition d’avoir été battus sauvagement à coup de bouteille de Ricard, on a préféré lui demander de nous faire découvrir LE plat traditionnel du coin.

*** gif ttendrissage

-tutoriel d’attendrissage de viande-qui-connaît-les-chambres-frigorifiques-des-routiers-mais-pas-la-chaîne-du-froid made in Hulk. DIY attitude

Ci-dessus, petit tuto d’attendrissage de viande-qui-connaît-les-chambres-frigorifiques-des-routiers-mais-pas-la-chaîne-du-froid made in Hulk. DIY attitude

made in hulk****

Il choisit de nous faire découvrir le fumbwa, fierté du Bas Congo mais qui est consommé dans toute l’Afrique centrale.

****fumbwa

Voilà un fumbwa qui a tout l’air de casser la chatte à priori. (vous trouverez plein d’infos sur la plante et la recette ici) http://saveurdici-mbuji-mayi.blogspot.fr/2014/04/fumbwa-morue-grille-congo-rdc.html

Voilà un fumbwa qui a tout l’air de casser la chatte à priori. (vous trouverez plein d’infos sur la plante et la recette ici)

hum 2****

C’est délicieux. En fait c’est même une vraie tuerie (spéciale dédicace à Chouchou).

Sauf que.

Voyez, Monsieur Philippe a beau avoir été homme de ménage/cuisiner/homme-à-tout-faire pendant 17 ans, c’est un congolais de sexe masculin, marié et qui n’a pas fait d’études supérieures. Ce qui implique que, jamais ô grand jamais il n’a levé le petit doigt dans une cuisine autre que celle de ses patrons, et à fortiori jamais dans la cuisine familiale. Donc qu’il n’a jamais préparé un fumbwa de sa vie.

Or, voyez, le fumbwa c’est cool, y’en a toute l’année, ça apporte des protéines un peu (là je parle de la plante à l’origine du plat), mais, comme un tas d’autres trucs de l’éventail alimentaire africain, ça demande une putain de préparation avant d’être consommable.

La base du plat est constituée, donc, des feuilles de la plante qui porte son nom.

****plante

ça ressemble à ça, au départ.

ça ressemble à ça, au départ.

originale***

On peut le deviner en regardant bien la photo ci-dessus : dures, résistantes, très fibreuses, les feuilles de fumbwa ressemblent plus à celles d’un artichaut mutant qu’à celles de la laitue blanche.

Tellement qu’avant toute tentative de cuisson, on émince très, très, très finement les feuilles et on les fait tremper au moins une heure. C’est en général sous la forme pré-découpée qu’on trouve le truc dans les marchés.

**** fumbwa

C'est vendu comme ça, voilà.

C’est vendu comme ça, voilà.

pas cuit***

Monsieur Philippe avait bien acheté le truc déjà coupé, OK. Mais il s’est contenté de faire cuire le tout, y plongeant pour faire fête des thomsons, poissons pas mauvais du tout mais à côté desquels la truite n’a pas d’arêtes si vous voyez le genre (et attention hein, des arrêtes de compète, du genre à résister à la pression bien comme il faut et à lacérer l’œsophage quelque chose de bien), qu’on trouve sur les marchés, fumés et séchés, un peu partout en Afrique centrale.

****poisson

ce n’est pas du thomson (sans doute de l’anguille) mais le conditionnement est le même. (source http://www.souvenirducameroun.com/about.html )

Ce n’est pas du thomson (sans doute de l’anguille) mais le conditionnement est le même. (source)

fumé***

Sauf que, le poisson il l’a foutu tel quel genre 10mn avant la fin, donc il n’a pas eu le temps de se réhydrater même un peu (ni de parfumer le plat) et est donc resté dur comme le cul à Jeannette.

Sauf qu’il n’a pas fait tremper les feuilles une heure avant de commencer la cuisson (qui dure au moins une heure elle aussi).

Aussi nous sommes nous retrouvés, attablés devant Monsieur Philippe qui attendait anxieusement notre verdict, à bouffer du foin farci d’arêtes eeeeeeeeeeextrêmement acérées dépassant de boulettes de ferraille poiscaille au goût plus fort que du fromage corse en état de décomposition avancé.

***** pain de

Avouez que ça y ressemble, à du foin !

Avouez que ça y ressemble, à du foin !

nain fumbwa****
**** arete de pois

non ça n’a rien à voir, mais c’est ce que j’ai trouvé –merci Google- en cherchant des images de poisson avec beaucoup beaucoup d’arrêtes. Je trouve la chose …… surréaliste (création de Giuseppe Zanotti) alors voilà.

non ça n’a rien à voir, mais c’est ce que j’ai trouvé –merci Google- en cherchant des images de poisson avec beaucoup beaucoup d’arrêtes. Je trouve la chose …… surréaliste (création de Giuseppe Zanotti) alors voilà.

son giuseppe***

Comme nous sommes bien élevés et que si nous ne le faisions pas, ce n’aurait pas été les arrêtes qui nous auraient perforé le bide mais le regard de Monsieur Philippe, nous avons fini notre plat. Avec des mines enchantées qui plus est.

On a été malades comme des chiens (oui, il faut vraiment bien suivre la procédure avec ces feuilles !!!) et eu mal au bide pendant plus d’une semaine.

Mais l’honneur de Monsieur Philippe était sauf.

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Floribert et les mecs (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 2)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo) with tags , , , , , , , on 22 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

La preuve, après Djibéou, avec

Floribert et les mecs

République Démocratique du Congo. Goma.

J’ai 27 ans, je suis étudiante, je suis là pour « faire mon terrain » nécessaire à l’écriture de mon mémoire et par là à l’obtention de mon DEA. Je bosse comme une dingue. Je suis accueillie au sein d’un programme d’une grande ONG internationale. C’est ma première fois en contexte humanitaire en zone de conflit.

Comme c’est le cas la plupart du temps quand on est en mission en HP*, j’habite avec tous les autres membres du programme, et les expatriés qui bossent en brousse viennent chez nous pour leurs « vacances » (ne jamais oublier que tout est relatif).

Ce n’est donc encore pas moi qui embauche ou paye qui que ce soit, je ne suis pas la « patronne », encore moins vu mon statut bâtard.

Mais c’est à ce moment là que j’ai compris :

1) qu’il était impossible hors capitale de travailler sans employer de personnel de maison (à moins de ne pas dormir).

[Problème : X travaille entre 8 et 12 h par jour. X n’a pas de machine à laver à disposition, ni aucun aliment prêt à consommer non plus que d’appareil électroménager à l’exception d’un four à gaz antédiluvien et d’un petit frigo. Puisque les routes ne sont pas goudronnées et les fenêtres non étanches, l’intérieur de la maison se recouvre en 24h d’une belle couche noirâtre (mais ailleurs ça peut être rougeâtre, marron, blanchâtre ou du plus bel ocre) de plusieurs millimètres. Combien de temps restera-t-il à X s’il va au marché (entre 1h30 et 3h), fait sa propre pitance (entre 1 et 3 h pour chaque repas), le ménage (2h minimum) et la lessive (environ 1h pour le linge de deux jours) ? 24 moins 13 minimum = entre 8h30 et 3h pour souffler, dormir, manger… et tout le reste. Et ça c’est quand il y a l’électricité et l’eau courante à dispo. C.Q.F.D]

****femme pilan

-Tu crois que c’est facile ? Tu la vois la dame là hein ? Il lui a fallu plus de trois heures pour remplir les bassines du résultat de son pilage. Et ELLE, elle a toute sa vie d’expérience (ou presque) derrière elle. Toi (ou moi) il nous faut le double (au moins).

-Tu crois que c’est facile ? Tu la vois la dame là hein ? Il lui a fallu plus de trois heures pour remplir les bassines du résultat de son pilage. Et ELLE, elle a toute sa vie d’expérience (ou presque) derrière elle. Toi (ou moi) il nous faut le double (au moins).

t dori****

2) Que ce n’est pas parce que tu es HP* que tu te conduis normalement/respectueusement/bien/décemment avec le dit personnel de maison.

3) Que beaucoup de « personnel de maison » estiment leur situation privilégiée quand ils travaillent pour une ONG internationale.

Floribert, le cuisiner de la petite troupe (on était entre 3 et 8 dans la maison, tous les jours), est vite devenu mon grand pote, ainsi que les gardiens (dont environ les 2/3 avaient suivi des études supérieures). Pas les filles qui faisaient le ménage et la lessive, car je n’étais pas là durant leurs heures de travail (bin oui, je travaillais aussi), on s’est juste croisées une fois à mon arrivée.

Pas parce que je leur ai rendu un quelconque service. Juste parce que je leur ai parlé, me suis intéressée à leur vie, leurs espoirs, leurs familles. Et parce qu’une fois ou deux j’ai pris leur parti face aux exigences ubuesques de certains HP* (comme, par exemple, avoir des crêpes tous les matins, alors qu’il n’y avait rien d’autre à dispo pour ce faire que du lait en poudre –Nido 4 ever).

C’est en discutant avec eux que je réalise qu’en fait, la plupart du staff de maison considère que travailler pour une ONG est une chance : la majorité du temps, le salaire est de 2 à 5 fois celui qu’ils toucheraient ailleurs pour le même travail, et surtout, contrairement à ce qui se fait la plupart du temps dans le privé, ils bénéficient ainsi que toute leur famille proche (époux/se/s, enfants, mais aussi parfois père, mère et fratrie) de couverture santé gratuite, et d’horaires fixes sans heures supplémentaires avec week-end toujours libre. (Et oui encore heureux il ne manquerait plus que ça !!!!)

Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments

Posted in Big A(frica), Hors case, Kenya, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , on 21 septembre 2014 by violemmenthumaine

Yo bel/le Inconnu/e !

Le « personnel de maison » -comme on dit en politiquement correct- en Afrique. Cela fait longtemps que je pense à écrire un p’tit truc sur le sujet, mais j’hésitais plus qu’un peu car c’est particulièrement propice aux malentendus.

Quand tu dis/découvres que tu as une « bonne » là bas à quelqu’un en France, en gros, tu as au choix trois réactions :

1) « Ah je voiiiiiiiiiis, Mâdââaâme se la pète/est une grosse bourge//pétasse friquée ». (Euh, oui, d’un certain point de vue, enfin peut-être, mais en fait, non, mais de toute façon cela n’a RIEN A VOIR en l’occurrence)

2) « Naaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, comment c’est trop une vie de rêve sérieux. » (ah ???)

3) « Salope de raciste/néocolonialiste/social traître ». (bin même si non enfin pas totalement, c’est exactement ce que je pense en valeur absolue du fait d’avoir des domestiques, en Afrique ou ailleurs d’ailleurs. Ça complique forcément les choses quand tu en « as » un/e, de domestique.)

Je ne vais donc pas prendre de risque en abordant le sujet et me cantonner à ce que je sais le mieux faire ici : raconter ma life et mes réactions, rien de plus.

Les « domestiques » n’existent plus pas en France et en Occident en général (ou alors dans des sphères tellement huppées/friquées/jet set qu’elles comptent pour du beurre) mais font encore partie intégrante du tissu social urbain de la plupart des pays d’Afrique noire, en tous les cas de la dizaine que je connais.

En France, ils représentaient encore presque 14% de la population active à la fin du XIXème siècle.
***p 174

Si vous regardez bien : les domestiques ne travaillaient pas que pour les grands bourgeois mais bien pour presque toutes les couches de la société et si on calcule, on s’aperçoit qu’en dehors  du secteur industriel et de celui de la force publique, entre 1 famille sur 10 et 1 famille sur 4 employaient au moins un/e domestique.

Si vous regardez bien : les domestiques ne travaillaient pas que pour les grands bourgeois mais bien pour presque toutes les couches de la société et si on calcule, on s’aperçoit qu’en dehors du secteur industriel et de celui de la force publique, entre 1 famille sur 10 et 1 famille sur 4 employaient au moins un/e domestique.

***

Cette catégorie socioprofessionnelle a presque entièrement disparu avec la première guerre mondiale, et on ne la connaît plus en Europe aujourd’hui que sous des représentations nostalgiques d’un passé exotique dans les films à la Ivory ou dans Downtown Abbey.
**capture vestige

Antony Hopkins dans Les vestiges du Jour d'Ivory. #admiration#respect

Antony Hopkins dans Les vestiges du Jour d’Ivory. #admiration#respect

s du jour***dowtown-abb

La joyeuse petite troupe des domestiques de Dowtown Abbey (12 hein quand même, c’est carrément une PME !)

La joyeuse petite troupe des domestiques de Dowtown Abbey (12 hein quand même, c’est carrément une PME !)

ey-servants **

En fait, aujourd’hui, à moins que tu ne t’appelles Kardashian ou le Prince Harry, tu n’as pas de « domestique » : quelqu’un qui, lundi mardi mercredi jeudi vendredi, et (mais jamais quand il s’agit d’ONG internationales) souvent samedi et parfois même le dimanche aussi, arrive chez toi très tôt le matin pour ne repartir que le soir si ce n’est dort sur place, et fait ton ménage tes courses ta bouffe ta lessive ton repassage et tout le reste.

Non.

A l’extrême rigueur, tu auras peut-être une femme de ménage qui passera quelques heures chez toi une fois par semaine, et peut-être même pendant quelques années si besoin est une nourrice puis une baby-sitter, mais c’est tout et encore, ce n’est pas un passage obligé.

Alors qu’en milieu urbain au Burkina Faso, au Sénégal, en RDC, au Kenya, au Zimbabwe, au Gabon, en Ouganda et ailleurs, les domestiques sont omniprésents (et aussi aux Philippines, au Liban, en Inde ou au Mexique et yep, si je n’ai pas réussi à trouver un lien kawaï sur le sujet c’est peut-être bien parce que ça ne l’est pas, kawaï). C’est une estimation à vue de nez, mais je dirais que plus de 90% des expatriés emploient entre un et cinq « personnels de maison » sans compter le ou les gardiens: une bonne évidemment, une nounou pour 99% de celles (et ceux) qui ont un ou des mioches, un jardinier, un ou une cuisinière et un chauffeur.
Le plus souvent, la bonne se charge aussi des tâches de cuisine et des enfants.

Si vous avez vu (ou lu) La Couleur des Sentiments, vous voyez le tableau. Mais pas forcé de la jouer « bonnes noires vs patronnes blanches », ça peut se faire dans toutes les déclinaisons de couleur de peau côté patronnes.

Car, j’ai mis des années à le réaliser, tout le monde emploie des domestiques, pas seulement les Blancs-vilains-néocolons-racistes-et-pire-encore (mais ils existent ça pas de doute !).

En tous les cas, au début tout début (et puis encore longtemps après aussi), ça surprend, déstabilise et met pas top à l’aise.

Après non plus d’ailleurs en ce qui me concerne.

Juste, je vomis le concept côté domestiques (pas besoin d’explication, si ?) et je le refuse tout simplement côté patron.

Parce que j’ai envie d’être chez moi dans ma maison, pouvoir m’engueuler avec qui je veux comme je veux, déprimer ou exploser de rire ou jouir en hurlant quand je veux, traîner à oilpé ou baby doll ou tee-shirt dégueu plein de taches si je veux. Assez étrangement pour un humain vivant en 2014 et ayant un blog, j’affectionne vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup le concept de vie privée (genre je ne parle jamais plus de 2 mn au portable si je suis dans un lieu public par exemple). C’est un truc qui m’a toujours fait halluciner de voir, et pas seulement dans Downtown Abbey, combien les « patrons/nes » qui emploient des domestiques ne semblent pas réaliser et en tous cas se soucier de jouer Secret Story irl dans leur propre maison.

Mais parfois, souvent, on n’a pas le choix : le/la domestique est déjà là.

Cela veut dire qu’il y a quelqu’un qui est chez toi tous les jours, que tu sois absent/e ou sur place, seul/e ou pas, désœuvré/e ou surbooké/e. Ce quelqu’un n’est pas ton ami/e, il/elle n’est pas avec toi chez toi parce qu’il/elle t’aime bien mais parce que c’est son travail et qu’il/elle est payé/e pour cela, même si pas forcément par toi.

Perso, je n’ai jamais été pote avec mes employeurs chez qui je faisais le ménage, et l’eussè-je voulu que ce n’était très clairement pas envisageable au programme. De manière générale, je sais combien tenir des postes peu ou pas qualifiés peut faire subir de situations d’humiliation et quelle est la dose de violence symbolique quotidienne que l’on affronte quand on est personnel considéré comme peu qualifié. En ce qui me concerne, je parle et me conduis de la même manière avec tout le monde quelque soient les circonstances, ce qui a tendance à la fois à me faire haïr de tout plein de monde et me faire des potes chez les clochards et les caissières.

Mais ce n’est pas forcément ultra pertinent dans les relations quotidiennes avec la personne qui est domestique chez toi. Il peut y avoir comme un abîme de mécompréhension on va dire…

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

La preuve avec Djibéou au Burkina, Floribert et les mecs, Monsieur Philippe et Florence en RDC, Annie au Zimbabwe et Doris au Kenya, un post pour chacun.

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