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Beurre rance pour Hortense

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Kenya, XX et XY with tags , , , , , , , , on 6 mars 2013 by violemmenthumaine

 

L’être humain n’est jamais content.

D’aucuns diront que c’est son insatisfaction permanente qui le fait créer, inventer, questionner et progresser.

D’autres que la sagesse, ou du moins la recette du bonheur (vous savez, celles et ceux qui vous balancent via email ou mur face de bouc de sublimes présentations powerpoint sur fond de musique classique ou folklorique pour vous expliquer le sens de la vie) consiste justement à ne pas vouloir ce que l’on a pas (ou alors si, mais d’abord de vous aimer vous, ce qui automatiquement vous mènera à obtenir ce que vous voulez, parce que le monde est une grosse meringue douce et tout et tout, en fait, pour ceux qui ont atteint le niveau supérieur de conscience blablabla blablabla)

Vu que je ne suis pas adepte des powerpoint sus-mentionnés (le sucré mystico-scout à deux balles me donne des gaz et ce n’est pas poli pour le voisins), et que je suis humaine (si si, les médecins sont formels), je ne suis jamais contente. CQFD.

Plus exactement, je commence à regretter plus que beaucoup l’une des réalités sociales qui m’a rendue si heureuse de quitter notre cher Hexagone.

Et oui : en France, quand vous êtes au chomedu, pire encore depuis longtemps ou de manière récurrente, vous avez quotidiennement à affronter au mieux l’indifférence la plus ostensible (cette délicieuse impression d’être invisible dans les soirées une fois passées les deux-trois phrases de présentation), au pire à vous justifier, avec humilité et auto-flagellation, de demeurer un rebus de la société, ou bien encore, entre les deux, à écouter avec émerveillement une foultitude de conseils plus demeurés les uns que les autres pour vous sortir de cette indignité.

Au mieux l’on vous plaint, au pire on vous explique que c’est à cause de personnes comme vous que le Monde et la France en particulier vont à veau-leau ma Bonne Dame, et que c’est une honte, vous devriez vous bougez le fion que diable.

[ Un jour j’écrirai un ou deux articles sur cette question fascinante de la vie sociale du CDI* dans notre beau pays.]

Ici, au Kenya

(comme d’ailleurs ailleurs un peu partout en dehors des pays européens),

ce n’est pas le cas.

En tous cas si vous êtes une femme, évidemment.

Dans les rares cas où c’est le composant masculin d’un couple qui suit sa donzelle et n’a pas de boulot, ce n’est pas rose. Dans la tête du valeureux mâle d’abord (dingue la proportion d’alcoolique au bout de quelques mois de chômage chez les êtres humains mâles….), et dans sa vie sociale ensuite. Là, c’est clair, France/Kenya, même combat.

Mais si vous êtes une femme…..

Si vous êtes une femme, que vous soyez Blanche, Noire ou verte à petits pois violets, votre rôle unique et admirable est d’être une Femme Au Foyer.

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On vous l’assène environ une fois toutes les cinq minutes, ce quelque soit le style de votre interlocutrice/eur.

Votre épanouissement, votre valeur, votre identité passe par vos enfants, votre maison, vos enfants, votre mari, vos enfants et puis aussi vos enfants.

Ahhhhhhhhhhhh, l'enfant, seule source de bonheur pour la Femme. No comment.

Ahhhhhhhhhhhh, l’Enfant, ce trésor ineffable, seule source de bonheur pour la Femme. No comment.

Votre investissement maternel est d’ailleurs majoritairement centré sur vos capacités nourricières, pas sur le temps que vous passez à faire quelque chose avec votre progéniture : vos chauffeurs, vos nounous, l’école et parfois le prof particulier s’en chargent pour vous merci, ce,  que vous soyez plutôt charentaises petit doigt levé ou bimbo de boîte de nuit à manucure et coupe de veuch renouvelées au minimum une fois par semaine.

Attention : contrairement au ton de mes affirmations précédentes, je n’ai pas grand-chose à y redire, si c’est le choix de ces dames, un choix réel et revendiqué, no soucy Mc Fly, chacun sa vie tout ça tout ça.

Non, ce qui me saoule, ce qui m’asticote les glandes, me donne envie de hurler à la Lune et de foutre des pains à la volée, c’est que penser autre chose, vouloir autre chose, vous met, me met dans une espèce de bulle de décontamination un peu purulente, me place dans un espace où je n’ai pas le droit d’exister.

Il existe bien sûr des Femmes qui travaillent, ici comme ailleurs (heureusement putain de diou !). On les tolère, même si, au détour des conversations, on condamne leur manquement à Leur Rôle de Mère ou les plaint gentiment de ne pouvoir profiter plus de la chair de leur chair.

Ainsi, les deux fois où j’ai réussi à tafer ici, j’ai eu droit à de petites réflexions, ou plutôt des questions insidieuses telles que « -mais ça ne te met pas un peu mal à l’aise ? … Je veux dire, par rapport à ton fils quand même… ».

Jt presentateur y a un truc ki cloche

La tête que j’ai faite à peu de choses près en entendant les dites remarques…

Quand tu ne travailles pas, et que 1) tu cherches à bosser, et 2) tu te plains de ne pas tafer, hé bien…

D’abord, personne ne t’écoute.

Les hommes, ainsi que les femmes qui bossent, une fois avisés du fait que tu n’appartiens pas à la confrérie des Travailleurs, ne t’adressent plus la parole : tu fais partie des pots de fleurs. C’est charmant les pots de fleur, ça se regarde avec admiration ou/et concupiscence, mais on ne discute pas avec. Si, en plus de ça, tu ne passes pas ton temps à lustrer tes pétales (ce qui implique, outre le fait d’en avoir envie, d’avoir le temps et l’argent pour ce faire, ce qui n’est pas mon cas), tu disparais dans les limbes de l’être humain hors case.

****

Tes congénères, aka les femmes-au-foyer-fières-de-l’être, te parleront un peu. Le problème sera alors de réussir à feinter : si si si, tu es intéressée par leur conversation de haut vol sur l’art, la politique ou la théologie. Sauf qu’en fait, on ne parle de rien de tout ça. On parle maison, finances et enfants.

Alors tu feintes. Tu as du mal cependant : tu as du mal à t’intéresser plus de cinq minutes à la conversation.

A partir du moment où tu as une ou deux « copines », que tu te fais exclusivement par le biais de ta/tes charmantes tête/s blonde/brune, vient évidement le moment où l’on te demande comment tu vas. Comme partout ailleurs, ce n’est pas vraiment une question, mais tu as du mal à passer sous silence ad vitam eternam le fait que non, tu ne vas pas bien parce que, pour toi, réfléchir, agir, participer à la société, bref, TRAVAILLER, est un pré-requis au sentiment d’exister.

Exprimer le fait que tu t’emmerdes, grave, que le fait de cuisiner/faire les courses/amener-et-rechercher ton gnome à l’école ne suffit pas à remplir tes journées et que tu as l’impression d’être juste un gros vide, c’est juste….

Il n’y a pas de place pour cela. Pas d’espace pour le dire. Parce qu’il n’y a pas d’oreilles pour l’entendre. Il n’y a pas de possibilité d’énonciation : une femme à qui pose un problème de ne pas travailler, c’est juste inconcevable, genre illogique :

spock face

Hein, quoi, « elle » veut travailler ?…. La faille logique est béante, il n’y a qu’une solution: ce n’est pas une femme!

Tellement inconcevable que si tu persistes même timidement à verbaliser ce genre de sentiment « anti-naturel », on t’évitera de plus en plus ostensiblement.

Et si tu as la chance d’avoir une vraie relation avec quelqu’un, ce sera, en fait, encore pire. Car ton ami/e voudra te convaincre, t’expliquer qu’en fait, tu es heureuse, tu es même chanceuse, et que siiiiiiii bien sûr tu es utile et merveilleuse car tu as un homme et un fils, que tu t’occupes d’eux et que ça, ma bonne dame, c’est merveilleux non ?? Que vouloir à tout prix travailler est, au choix ou tout à la fois : égoïste, voire indécent ; que tu veux « rentrer dans le système et que tu devrais profiter de ton bonheur plutôt que de vouloir à tout prix gagner de l’argent » (????) ; que l’amour et la famille sont bien au-dessus de n’importe quelle activité ; que tu « devrais en profiter ».

Alors tu fais ça :

castle fore d ecouter blase inutile

Expliquer que toi, tu veux un peu de transcendance (c’est pas beau de dire des gros mots)? Que dépendre d’un autre, qu’il s’agisse de ton compagnon ou de n’importe qui d’autre, te fait sentir une enfant/une merde/une pute ? Que les mois d’inactivité te donnent l’impression que ton cerveau se liquéfie… :

Oublie.

Pour parler d’autre chose, tu lances une discussion. Sur n’importe quoi : la démission de Benoît, le mariage pour tous, la mort de Chavez, les élections kenyanes, le mouvement hip hop, la physique atomique, la littérature américaine et sa tendance dépressive, les jeux vidéos ou l’évolution des superhéros depuis qu’Hollywood en a fait son sujet de scenar favori…

Tu peux ratisser aussi large que tu veux, tenter le philosophique, le politique, le culturel, le scientifique, le gros geek : tu seras toujours toute seule et tu créeras autour de toi un halo de rejet et d’ennui à mi-chemin entre la peur et le mépris.

Alors oui, c’est clair qu’au début, en arrivant, après des mois et des années à te faire expliquer que tu n’es qu’une grosse sangsue irresponsable parce que tu es CDI*, tu as cru dégotter ton beurre. Mais au bout d’un an et demi, le beurre a ranci un peu beaucoup passionnément à la folie…..

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C’est la Fêêêêêêêêêêête…..

Posted in Des humains supra chouettes, Hors case, XX et XY with tags , , , , , , on 8 mars 2011 by violemmenthumaine

 

 

Salut mes Inconnus/ues préférés/es !!!

 

Aujourd’hui comme toute la semaine dernière et pour encore un bon moment (chic chouette patacouette) j’ai la tête dans tout plein de choses diverses et variées, et pas plus le temps que ça de me mettre à mon clavier.

 

Seulement, aujourd’hui ce n’est pas  seulement le jour de mes tests afpa, aujourd’hui il paraît que c’est la Fête de la Femme.

Comme je n’ai pas le temps, je ne me lancerai pas dans un match à la con pour/contre bourré d’arguments bidon et de mauvaise foi,

je ne rendrai pas hommage aux Hommes ni à « La » Femme qui n’existe pas,

je ne parlerai pas non plus de ma Fête de la Femme congolaise,

ni de celle de l’an dernier où j’ai passé la nuit au poste sous les humiliations des schtroumpfs après avoir passé la journée à me faire insulter par les juristes et militants associatifs luttant contre les violences faites aux femmes.

Je ne parlerai pas non plus du recul hallucinant qui plane sur le droit des femmes à disposer de leur corps et combien mon dernier passage à Saint Michel au beau milieu des « pro-vie » ânonnant des cantiques en latin (si si) avec mon gnome m’a foutu la gerbe,

ni même ne pondrai un billet mode d’emploi pour toutes les gisquettes en prévision de la prochaine agression qu’elles auront à affronter avec exemples divers et personnels à l’appui.

 

Non.

 

Je me contenterai de recopier le texte que j’avais écrit dans le cadre des cours de chishona que j’ai suivi lorsque ma vie tumultueuse m’a menée jusqu’à Harare.

Entre tous les pays dont personne ou presque ne parle il en est un, le Zimbabwe, où l’apartheid saigne encore dans tous les esprits (vi vi, il n’y a pas eu que sa voisine l’Afrique du Sud, il y a eu aussi le Zimbabwe, qui s’appelait alors la Rhodésie du Sud).

C’est la dernière dictature maoïste du monde avec la Corée du Nord.

Son économie peut faire faire des cauchemars n’importe qui: c’est une expérience bizarre que d’aller faire ses courses avec 10 millions de dollars dans son sac à dos. ou de pouvoir prendre un bain de billets avec la somme nécessaire pour acheter un kg de farine et un kg de sucre.

La séropositivité de la population oscille entre 18 et 28%, et voyez-vous jamais personne là-bas ne dira cette contre-vérité de plus en plus répandue que « on le guérit maintenant le sida »……

On y parle comme partout ailleurs qu’en Europe quantité de langages, mais on peut grossièrement dire que la moitié nord du pays parle le chishona et la moitié sud le ndebele. (une langue à clic, juste un truc de ouf!)

J’ai eu la chance (ahhhhhhhhhhhhhhhhhh les avantages de ne pas travailler ma bonne dame….) de pouvoir non  seulement, comme à mon habitude, grappiller des infos linguistiques et progressivement baragouiner deux ou trois phrases, mais de pouvoir prendre des cours de shona. Collectivement d’abord, auprès de « l’alliance allemande », puis en cours particulier au domicile de ma prof, B.

Je suis devenue plus proche  d’elle que ce que tout zimbabwéen pensait visiblement possible entre un/e Blanc/he et un/e Noir/e  et elle fut ma bulle d’oxygène dans cet univers si cloisonné….

Elle me proposa quelques jours avant que je ne doive quitter le pays de montrer si j’avais bien tout assimilé de mes leçons en écrivant «  un texte qui parle de nous ».

 

Alors j’ai écrit ça :

 

Nolakatandara pano ne panze,

Je me suis assise ici et ailleurs et j’ai écouté,

Uye pano ne panze nguwa dzose.

Et ici et ailleurs c’est la même chose.


Varume vanotonga vakadzi uye vakadzi vanotongwa ne varume.

Les hommes dominent les femmes et les femmes sont dirigées par les hommes.


Asi….

Mais…..


Asi chinhu chisingafanirwi kukanganwa ne vakadzi, kuti….

Mais il est une chose que les femmes ne devraient pas oublier, et c’est….

 

Mukadzi ndi amai we murume.

La femme est la mère de l’homme.

Mukadzi anobika, uye kubika kunobata mhuri.

La femme cuisine, et cuisiner unit la famille.

Uye chikafu murume anoda mukadzi kuti asafe.

Et par la nourriture, l’homme a besoin de la femme pour ne pas mourir.

 

Mukadzi anozvara.

La femme donne vie.

Uye ne vana murume anoda mukadzi kuri asafe.

Et par les enfants l’homme a besoin de la femme pour ne pas mourir.

 

Mukadzi anopa chinhu chake ku murume chinhu chake.

La femme donne sa chose à celle de l’homme.

Uye ne usiku murume anoda mukadzi kuti ave murume chaiye.

Et par la nuit l’homme a besoin de la femme pour devenir véritablement un homme.

 

Uye varume vanotonga vakadzi ?

Et les hommes dirigeraient les femmes ?

Maiwee-ee ! Jakayoma !

Mon Dieu, on croît rêver !

 

Icho, chokwadi varume vanotandanisa vakadzi, uye vangadonha kana vakadzi vava vavasiya.

La vérité vraie, c’est que les hommes courent après les femmes et qu’ils s’effondreraient si les femmes les quittaient.

___________

 

B. l’avait lu, elle avait ri. Elle m’avait prise dans ses bras et quand elle s’était reculée elle avait les larmes aux yeux. Elle m’avait dit que mon shona était devenu excellent (souvenirs souvenirs), soupiré, secoué la tête et déclaré (* le Zimbabwe est anglophone):

« Hum, You’re so so strange mama’, your skin is just liar! You are shona! Right now you took my …. You feel the female breath and plays with it in our own game!”

 

 

Je crois que c'est la Meuf de CLG qui a bidouillé cette image.

 

PS: Moi pas prendre à mon compte patati patzta. Moi seulement dire « recul », « écouter », « autres perspectives ».

 

De l’art de faire plier la réalité au marché, cours magistral 1

Posted in Act up!, Mensonges et plus si affinités, XX et XY with tags , , , , , , , , , on 10 janvier 2011 by violemmenthumaine

Me revoilà déjà. Ma colère de geek dopé-aux-pixels s’est calmée, et comme à mon grand regret je n’ai pas encore reçu aucune des réponses que j’attends de plus en plus fébrilement (pour celles et ceux qui suivent ça concerne principalement l’assoce avec qui je bosse, au final, comme d’hab, bénévolement puisque les contrats d’aide à l’embauche/CAE/CUI n’existent plus, dans l’espoir fou de réussir à vendre les projets demandés et donc à me faire salarier ou au moins payer. Youpie.et puis mes autres projets bizarres aussi, où j’attends….. des trucs), je vais donc me remettre à l’ouvrage ici et maintenant.

Il est très facile de m’énerver tu l’as sans doute déjà remarqué ô Inconnue/u.

Le dernier truc en date m’a vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup escagassée. Tellement que, comme d’hab, j’ai passé un temps certain à contempler Il s’agit d’un article paru dans le Dailymail, un des plus gros quotidiens anglais. Vous pouvez y accéder ICI.

Bon, avant que d’aller plus loin, je présente mes excuses à l’avance à la dame si sa recherche a été, comme tant de chercheurs en sciences humaines, trahie/abêtie/détournée par la journaliste et que l’article en question ne reflétait pas, en fait, son analyse, que, je dois reconnaître, je n’ai pas lue hein.

Ça, c’est fait.

Alors, cet article qui résume un travail de recherche, il dit quoi ?

Pour ceusses qui ont la flemme et pour ceux qui sont français et donc des pines d’huitre en langues ne parlent pas anglais, je m’en vais te faire là tout de suite un petit résumé de la chose.

Voilà, y’a une nana qui est chercheuse en économie. (n’oublie pas sa discipline jeune padawan, ça te permettra de mieux sentir le fond du truc).

Comme toute chercheuse elle s’est penchée pour seule motivation la soumission au Capital la recherche de Savoir et la meilleure compréhension de l’humain, avide de découvrir scientifiquement ce qui est le désir profond de chaque femme. Ce sans aucune idée préconçue et aucune conclusion pré-écrite bien sûr.

Alors, on peut résumer le truc ainsi.

LES DONNEES

= ce qui est VRAI, constatable, mesurable, vérifiable, à partir desquelles la chercheuse a tiré ses conclusions.

Les femmes anglaises et espagnoles (mais les tendances sont les mêmes dans le reste de l’Europe et l’Australie), sont mariées pour 38% d’entre elles au Prince charmant/à Greg le millionnaire, en fait, plus vaguement à un homme « financially successful » et plus précisément, à un homme « who earn more than themselves » = qui gagne plus qu’elles-mêmes.

Ce, à un degré supérieur à ce qui se passait dans les années 40 (où là, dixit le rapport/la recherche et l’article, ces mariages hypergames –et vlan ! je me lâche en jargon anthropo et perd au passage 80% de mes lecteurs. Bon, mariage hypergames = un mariage où la femme occupe le statut social le plus bas-  ne représentaient que 20% des femmes), « malgré des années de campagne pour l’égalité entre les sexes ».

Ça ce sont les faits, et ni moi ni personne ne pouvons, à moins que la chercheuse en question ait fait de la merde et mérite autant le nom de chercheuse que moi celui de sosie de Grâce Jones, le nier.

A la question de savoir le pourquoi de la chose, la chercheuse comme la journaliste expliquent sans sourciller visiblement l’ombre d’une seconde que, c’est parce que

l’analyse

1)      « The idea of most women wanting to be financially independent is a myth” = l’idée selon laquelle les femmes veulent leur indépendance financière est un mythe.

2)    Les femmes DESIRENT être femme au foyer même si :

3)      La plupart n’osent pas avouer et reconnaître cet état de fait car le discours majoritaire le dévalorise. : « It is so politically incorrect to admit it ».

En conséquence de quoi (sic), il est « normal que les femmes gagnent moins que les hommes à statut égal », et  si « men dominate the top positions » = les hauts postes sont avec une majorité écrasant tenus par des hommes, c’est « because women simply do not want careers in business » = parce que les femmes ne veulent simplement pas faire carrière.

Attends attends c’est pas fini !

Le truc tu vois (je te vois t’agiter là minette, tss tss, écoute la voix de la sagesse on te dit. Chuuuuut !), c’est que nous les femmes on ne veut pas « faire la balance entre carrière et vie de famille », on veut juste la vie de famille tu vois.

D’ailleurs les « women today have more choices than men, including real choices between a focus on family work and/or paid employment” = les femmes aujourd’hui ont PLUS DE CHOIX que les hommes, y compris de choix entre une vie centrée sur la « travail familial » (wtf ?) et/ou un travail rémunéré.

 

Même que, en fait, les politiques visant à aplanir les salaires hommes/femmes, c’est du caca, c’est « rest on faulty assumptions and dated evidence. The latest research shows that most of the theories and ideas built up around gender equality in the last few decades are wrong” construit sur de fausses hypotheses et des preuves obsolètes? Les dernières recherches montrent que la plupart des théories et des idées construites autour de l’égalité des genres dans les dernières décennies sont fausses”.

En fait, CQFD, « contrairement aux affirmations des féministes, la vérité c’est que les hommes et les femmes ont pour la plupart des aspirations différentes en matière de carrières, de priorités de projets de vie. »

Bon.

Voilà.

Ah, n’oublions pas –quand même- le seul truc objectif et réellement analytique de l’article, qui explique que les politiques augmentant les privilèges des femmes pour les congés maternités aboutissent au contraire de leurs objectifs, soit à une augmentation de la discrimination des femmes dans les entreprises parce que les patrons s’inquiètent de leur projets de maternité et des congés afférents.

De la démarche scientifique

 

Je pourrais me lâcher et jouer ma  « féministe hystérique » (association fatale et semblant pourtant si naturelle, comme si on ne pouvait défendre les droits des femmes sans entrer dans un tableau de psychopathologie clinique).

Je pourrais parler de moi, de combien cette situation de dépendance financière d’avec mon barbu me rend folle et me fait sentir une merde, de combien justement le fait d’être socialement réduite au rôle de Mère (avec majuscule et tu comprends en fait j’ai de la chance et tout et tout) me rend malade dans tous les sens du terme, de combien je souffre de mon absence de carrière et combien je trouve injuste la différence de traitement entre moi et mon barbu à stade égal pour la seule raison que je suis femme et lui homme.

Mais non, ça n’aurait que peu d’intérêt, et à vrai dire, ça serait également peu scientifique, peu « vrai » même si profondément réel.

Je veux juste souligner quelques traits, histoire de….

1)      Du contexte de la recherche « scientifique »

Bien sur, le fait que cette « recherche », publiée d’ailleurs non sous la forme habituelle d’une recherche (thèse, bouquin) mais sous celle d’un « rapport », sorte au moment où l’Union Européenne songe à allonger le congé maternité et à l’uniformiser dans tous les pays de la CEE, ainsi qu’au moment où un député anglais fait une proposition de loi aboutissant à  la contrainte légale d’une égalité des salaires hommes/femmes, c’est une pure coïncidence et je suis certaine qu’aucune entreprise avec une dynamique sexiste ne finance le think tank originaire de l’étude.

2)      De la représentativité des données collectées

 

Je rappelle que les conclusions du rapport portent sur « les femmes », voire même « les aspirations/désirs des femmes ». On ne parle pourtant dans l’article que des femmes mariées. Je sais pas moi, je n’ai pas accès aux données démographiques anglaises, ni n’ai fait de recherches sur la question sur celles de la France, mais…… Quel est le pourcentage de femmes mariées parmi la population féminine adulte ? Et parmi la population féminine en couple ?

Moi, on m’a appris que ce genre de choix de population ce n’était pas représentatif, et que cela s’appelait biaiser les données. Mais en même temps moi je ne suis pas chercheuse à la London Academy of Economics et ne suis pas financé par le plus gros think tank de politiques gouvernementale anglais.

3)      De l’oubli (volontaire ?) des données allant dans le sens contraire des conclusions

Rappelons les deux périodes mises en comparaison : les années 40 et aujourd’hui.

Durant les années 40 il y a eu 1° la guerre et 2° la reconstruction post-guerre mondiale, soit le plein emploi absolu, avec emploi de presque toute la population féminine.

Aujourd’hui le chômage est une réalité pour tous les pays du monde ou presque.

 

4)      Du retournement des analyses contradictoires en une phrase péremptoire

« Sex differences are treated as self-evident proof of widespread sex discrimination and sex-role stereotyping rather than the result of personal choices and preferences”. =

Les différences [de statut, enfin j’espère que la dame sous-entend la chose] entre les sexes sont traitées comme des preuves indéniables d’une discrimination sexuelle généralisée et une caricature stéréotypée des rôles sexués plutôt que le résultat de choix personnels et de préférences. »

Certes. Le problème, c’est que la phrase peut rigoureusement être inversée, en tous cas c’est que les tenants –et tenantes- de la femme à la maison-qui-s’occupe-des-mioches-et-fait-la-cuisine-et-le-ménage-tandis-que-tarzan-ramène-les-picaillons-à-la-force-de-ses-biceps-et-de-ses-neurones-supérieurement-développés ont toujours expliqué.

Aucune preuve. Aucune  analyse pour légitimer cet ensemble d’affirmations.

5)      Du « désir » féminin

En fait, tout repose sur… sur quoi ?

La chercheuse est économiste n’est-ce pas ? En quoi a-t-elle plus de légitimité qu’un boulanger, une informaticienne ou un champion de tennis pour espérer pouvoir analyser les désirs d’une population ?

Est-elle psy ? Sociologue ? Anthropologue ?

A-t-elle pris le temps d’observer ces femmes dans leur vie, dans leur interrelation aux autres, a-t-elle eu de longs entretiens ouverts et contradictoires, a-t-elle confronté leurs déclarations à elles-mêmes, à celles des autres, aux pratiques de ces femmes ?

Comment a-t-elle eu accès à ces « désirs » féminins si enfouis que, elle-même le dit, les femmes ne le disent jamais, pas même à leur conjoint et si rarement à elles-mêmes ?

Elle a une boule de cristal en liaison directe avec « la » psyché féminine ?

D’ailleurs, pour terminer mesquinement comme tout un chacun ou presque : dîtes donc, comment peut-elle vouloir faire des « recherches » en économie la dadame ? Et la journaliste ? Allez, oust, à la maison, allez torcher vos mômes et faire des ourlets aux napperons. Êtes-vous réellement des femmes, mesdames, à vous obstiner à être chercheuse et journaliste ? Soyez un peu cohérentes avec vos délires merde!

Tout ça pour dire que, si là presque tout le monde peut voir où la démarche n’a pas grand-chose de scientifique, ce n’est pas forcément le cas pour la plupart des « études » dont les media, et plus spécialement les portails de news sur le web, font la promotion via des résumés-minute de recherches faisant des centaines de pages.  Et pourtant il en est de même pour nombre d’entre elles. Il en est ainsi par exemple de celle sur le « retard » des personnes nées au mois de Décembre (tout enseignant saura de quoi je veux parler et se sera énervé à la vue de ces encarts)….

Plus la recherche en sciences humaines sera « sponsorisée » et plus on arrivera à de tels n’importe nawak : les chercheurs ne servent pas à « trouver » et surtout pas à comprendre, mais à servir de caution pour manipuler.

Mais c’est pas grave je suppose.

D’ailleurs, comme je suis une femme je m’en vais me détourner de cet objet de Satan qu’est ce Pc pour aller faire l’unique chose à laquelle j’aspire puisque je n’ai ni bite ni couilles et si peu de testostérone : les courses.

Olé !

In ther mood for……

Posted in Act up!, Tranche de steack, XX et XY with tags , , , on 6 janvier 2011 by violemmenthumaine

 

Parce que je le vaux bien!

Hélas je n'ai pas réussi à trouver qui était l'auteur de cette superbe llustre de Tank Girl 🙂

who’s said « weaky sex »?!!

 

Si je vis un drame et je vous emmerde!

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Mensonges et plus si affinités, Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , , on 12 août 2010 by violemmenthumaine

Je suis fort marrie de ne point maîtriser encore comme il faut l’outil bloguesque ô Inconnue/ Inconnu. Sans quoi je mettrais tout plein de liens où il suffirait de cliquer ICI pour voir que je ne suis pas seule à le dire, mais bon, je suis une presque-brèle informatique et c’est comme ça.

Pas seule à dire quoi diras-tu ?

Hé bien, pas seule à dire que dans notre magnifique société-où-la-Femme-est-libre-comme-un-cheval-sauvage-et-l’égale-de-ses-alter-ego-en-service-trois-pièces, il est convenu pour tout le monde où presque l’Homme, le Mâââle, travaille, et qu’en plus c’est normal pour lui de vouloir s’épanouir dans le dit travail.

Même que ouais.

Eh bien sachez si ce n’est déjà fait, que ce n’est point du tout du tout du tout du tout le cas pour la Femme. Enfin, pour être plus exacte, qu’une femme ressente cela pour  n’est pas franchement légitime du point de vue des autres homo sapiens sapiens, elle abuse même franchement quand la donzelle est maquée et est carrément hors sujet quand elle est Mère (ou alors c’est que c’en est une mauvaise, bouh!)

Ainsi, le fait que

1) je ne réussisse dans mes, pourtant nombreux, centres d’intérêts et domaines de compétences, et même pour un certain nombre de personnes, et que

2) je ne parvienne pas à trouver un vrai travail, ce depuis bientôt 5 ans, bin….. on s’en fout.

Je ne vis pas bien cette situation voyez-vous, ce dont toi, Inconnu/Inconnue tu t’en doutes probablement à la lecture de ces premiers posts. Voire pas bien du tout. Voire ça ma mène par intermittence dans les marais insalubres d’un truc qui ressemble à la dépression (tu sais le truc pour lequel y’a 2 ans il y avait plein de pubs à la télé pour que tu prennes les petites pilules bleues/blanches/rose à petits pois pour que toi grand cadre sup au service du capital tu puisses retrouver dare-dare ta rentabilité).

Eh bien, mis à part ma mère (non je n’en parlerai pas), mon Homme (il ne manquerait plus que ça) et par la force de l’observation mon Gnome (et puis aussi parce qu’il est trop fort), PERSONNE ne comprend que cela puisse poser problème.

Non mais vraiment personne. Truc de fou. Même la dernière psy à la con (que même s’il existait un Ordre des psychologues elle en serait giclée genre dans la seconde) que j’ai vue, une seule fois tu t’en doutes, elle comprenait pas, me sortant entre deux sms (véridique):

« Enfin mademoiselle vous n’avez qu’à discuter avec les autres mères au foyer à la sortie de l’école vous verrez qu’il n’y a de drame dans votre situation que ce que vous construisez et vous vous ferez des amies »

Passons sur cette réplique de folie hein: si elle n’a aucune excuse -et non elle n’en a pas, cette « séance » fut simplement un truc d’anthologie, au moins elle ne me connaissait pas.

Les autres, par contre, si. :

« Non mais franchement tu ne mesures pas la chance que tu as toi, tu as un couple stable, un enfant. C’est le plus important tu sais. »

« Tout ça c’est ta manière de voir tu sais, il suffit que tu la changes. Pour plein de monde tu as juste une vie trop réussie ! »

« Excuse-moi mais…. Tu comprends moi j’ai bientôt 30 ans et j’ai toujours pas un vrai mec j’aurais peut être jamais de môme alors je comprends que ça soit dur mais bon tu vois moi je vis un VRAI problème existentiel »

…………………

Vais-je verbaliser (enfin, scripturaliser plutôt… Ca se dit scripturaliser ? Non mais bon toc, la bloggeuse elle a le droit de pondre des néologismes, même que oui) les sentiments qui m’envahissent en entendant ces…. Ces…. Enfin ces phrases assassines prononcées avec la meilleure intention du monde ?

Et c’est bizarre vois-tu mon lapinot, parce que parallèlement à ça on s’étend longuement sur le ô combien dommage fait que mon Homme, que j’aime et que j’adore là n’est pas la question, ne soit pas récompensé à la hauteur de ses mérites dans ca carrière humanitaire.

Alors qu’il n’a jamais connu plus de 2 mois de chomedu, lui. Et qu’à une exception près, il a toujours bossé dans le domaine qu’il voulait, l’humanitaire.

De même, une personne que j’aime énormément, très très proche hein, qui me connaît super bien et tout, m’explique que non c’est compliqué à comprendre mon mal-être, alors que, par exemple, pas une seconde elle ne remet en question le fait que le mec de sa coloc, journaliste de formation et de  profession, ne puisse envisager de bosser en étant autre chose que journaliste….

Que dire…..

Des fois que vous vous disiez, vous Inconnues qui kiffez votre vie pro, et vous Inconnus, que je prends mon cas perso pour une généralité alors que franchement tout ça c’est parce que je le veux bien et que je ne fais rien pour que cela change (ça c’est une autre réplique incontournable pour le/la chômeur/se) , et bien….

Je vous convie à jeter un œil et une oreille à cette merde honteuse qui me donna juste envie d’enfoncer férocement les attributs de sa virilité dans l’anus de l’auteur. (oui, je sais, grammaticalement c’est un peu bancal, mais comment dire, la colère, l’ahurissement total,  tout ça….)  :

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