Archive pour surqualifié

Changement d’objectif

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément, Hors case with tags , , , , , , , , on 22 mars 2011 by violemmenthumaine

Inconnus/es chers à mon cœur….

Les lignes de front évoluent à grande vitesse dans ma guerre contre le chômage à durée illimitée !

D’abord, la stratégie et l’objectif opérationnel de la guerre en question ont été réévalués comme dirait le Général Jepissedansunviolon.

Comment pourquoi ? L’archange Jecroisenuneviefaisantsens est-il descendu me visiter à l’impromptu ?

Non. La vérité est qu’il me faut remercier Paul, ou plutôt ma Paulette personnelle.

Merci.

Merci de m’avoir donné des « tuyaux » pour des postes destinés au handicapés.

Merci de m’avoir donnée l’occasion de m’inscrire à la formation Afpa pour avoir l’insigne honneur de devenir « assistante de vie aux familles ».

Et de m’être par conséquent rendue à la réunion d’information et de préselection des candidates (oups, pardon aux deux clampins XY sur les 14 là, au fond !).

Je pourrais vous raconter comment c’était danse-sur-le-Nil et tout, comment la psy-responsable-formation- rh qui a mené la séance était claire, concise, compétente et sémillante et tout, comment elle nous a expliqué avec entrain et persuasion que « quand on est à la recherche de formation on doit être comme dans une recherche active d’emploi. Je suis inquiète pour vous de voir qu’aucun de vous n’est allé voir une autre formation ! »….

Mais en fait je m’en fous et contrefous. C’est justement ça le déclic :

Quand j’ai vu qu’au bout de 45 mn ( ?!) j’étais la seule à avoir rempli la feuille de renseignements ultra sophistiquée (tu te rends compte là copain dis donc ? Fallait écrire des trucs aussi complexes que son nom, prénom, date de naissance, n° de sécu et de recherche d’emploi, dernier diplôme et dernier emploi, et, whoulaï, dire en 2 lignes pourquoi on voulait faire la formation et en 2 autres pourquoi on pensait qu’on était « destiné » (sic) à ce type de boulot.)….

Quand j’ai vu que la dite formation, pour un métier qui consiste en tout et pour tout à se rendre chez des personnes âgées, les déshabiller/habiller et laver en discutant une petite demi heure, dure 6 mois à 35h par semaine à des horaires qui me forceraient à faire bosser une baby sitter plus de 20 h par semaine, et qui d’ailleurs incluait la totalité des vacances d’été (là, en cas de non possibilité de filer mon gnome à ses géniteurs de seconde génération, là comment dire…. Il aurait quasiment fallu que je prenne un emprunt pour pouvoir faire garder le dit gnome !)…..

Quand j’ai entendu que le « diplôme » ne permettait en aucune manière de travailler en structure (maison de retraite, hôpital, foyer) mais seulement en visite à domicile. Seulement sans composante sociale ni médicale. Qu’il ne permettait  pas non plus d’avoir plus facilement accès à d’autres formations ou concours ultérieurs. Qu’il n’est reconnu que par le ministère du Travail mais pas par celui de l’action social (si si)…

Quand j’ai entendu que les tests à passer étaient des « suites logiques forme et couleurs » et des « opérations de calculs mental pour vérifier que l’on sait faire une règle de trois »…

Je me suis excusée, et j’ai dit que finalement non, merci, ça va.

Je suis partie, et depuis, pour la première fois youpi tagada, je n’envisage plus de gagner ma vie en étant caissière/femme de ménage/assistante de vie/standardiste et tutti quanti.

Je veux toujours gagner des picaillons et ce genre de chose, et suis toujours plus que prête à faire « de l’alimentaire ». Mais plus question de tenter désespérément d’avoir des boulots non qualifiés.

Plus question corne d’auroch de se battre pour si peu.

Je bosserai. Dans n’importe quoi. Mais pas sans que je n’ai aucune once d’excitation. Mais pas sans que la balance ne soit positive. Pas sans que cela soit moi, d’une manière ou d’une autre.

Et pendant ce temps je continuerai à faire et tenter d’être payée pour ça, ce que je sais faire, ce dans quoi je suis à l’aise.

Et…. Pour la première fois depuis des lustres, je peux dire que ça marche pour les deux points à la fois.

Suite au prochain billet.

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Paulette et ses idées chouettes

Posted in Act up!, Cherche présent et avenir désespérément with tags , , , , , , , , , , , , on 23 février 2011 by violemmenthumaine

Je ne devrais trop pas glander ici et jeter négligemment un (ou pire encore) pseudo article sur mon blog.

Je devrais prendre mon courage à quatre mains et affronter jusqu’à la lie la fange des mes humiliations et :

  • Prem’s, continuer à fureter tout partout pour trouver d’autres offres d’emplois de Maître du Monde et autres pourvoyeurs de Prix Nobels et transformer mes 10 000 mon CV en diamant avant de le balancer dans les mirettes fatiguées d’avoir traîné sur facebook / VDM / youporn des RH d’ici et d’ailleurs,

 

Ouais, i'm just the One who gonna save the world

 

  • Deuze, travailler assidument sur le concept de registre lexical et de manipulation de la pensée d’autrui puis envoyer un long mail circonstancié aux blogueurs/directeurs de l’institut de recherche d’une ONG que je ne nommerais pas. Mail où j’expliquerai mon incompréhension devant la coexistence simultanée de 1) le  fait que depuis des années je tente de bosser pour eux et que la seule réaction mode supra cool de leur part a été de me demander d’où me sortait l’idée saugrenue et totalement hors sujet d’avoir bien pu postuler chez eux, et 2) le fait qu’ils passent leur temps à expliquer que l’anthropo/l’ethno sauvera l’humanitaire, d’une part, et que surtout, depuis la sortie de mon premier article universitaire, leur organisme passe sont temps à le citer/le discuter/l’utiliser dès qu’ils abordent les violences sexuelles (et là, les 3 ou 4 péquins perdus qui zonent ici zappent direct et pour toujours.) Genre à tel point qu’il y a une semaine mon article constituait les 2/3 de leur post dans leur excessivement intéressant blog, blog suffisamment lu pour que dans les 2 jours 3 de mes connaissances me contactent pour me féliciter d’avoir un tel boulot de rêve pour x….. une fois cette missive envoyé, nul doute qu’ils se jetteront à mes pieds et que je deviendrai la maîtresse du monde….

 

"tous m'adorereront et tous me craindront" Mouawahahahahahahaha

  • Troize, finir cette ¤/$*# de nouvelle  à la con histoire d’en ajouter une de plus à mon recueil à la con, recueil que je devrais, comme je me le suis dit il y a quelque chose comme une éternité,  continuer à envoyer à des maisons d’édition parce que 3 essais c’est juste rien et qu’en plus la dernière réponse était plutôt flatteuse. En espérant recevoir une VRAIE réponse, et pas un refus genre « vous-êtes-le-futur-goncours-mais-notre-ligne-éditoriale-nous-empêche-de-ne-pas-jeter-votre-manuscrit-aux-chiottes », ou « le manuscrit XB27 est refusé »…

Comment ça tu connais pas? Juste une des plus grandes écrivains (hiatus genré) qui existent: Maryse Condé

 

Celle-là j'suis sûre que tu la connais. Et je l'aime itou même si c'est trop pas hype.

 

Mais comme toute CDI* (What ? How ? Gosh Is that Possible you don’t already know secret meaning of « CDI » ? Are you kidding? Oh ? oups, sorry, Unknown who just passing by chance here : CDI = chômeur/se à durée indéterminée), j’ai régulièrement les bleues, et là j’y arrive pas.

C’est que je me remets juste doucement de mon entrevue avec Paulette, avant-hier.

Paulette, c’est ma toute nouvelle conseillère perso (ouais elle est rinkamoi. Euh, en fait non, juste que théoriquement maintenant yapukelle pour s’en occuper, de moi. Un doute subit m’habite…)


Paulette, de prime abord, je l’ai bien aimée. Yep : visiblement elle avait regardé mon CV, le dossier que lui avait laissé mon dernier gazier made in Paul, et elle avait tout plein d’idées. On a discuté un peu, elle s’est senti super proche de moi parce qu’elle aussi s’était fait jeter d’un poste de bénévole pour x et que ça nous faisait un point commun (là déjà j’aurais du me méfier : si ils ne l’ont pas pris alors qu’elle en a un, elle, de boulot, c’est peut être qu’en fait elle est peut être pas super super super bourrée de tout lein de compétences.)


J’étais ultra contente de moi : je ne m’étais pas transformée en serpillère  éructant ma morve sur le bureau design (très design même. Le chez Paul du côté de chez moi ressemble à un fantasme d’architecte d’intérieur) ni n’avais poussé mon interlocutrice à ajouter un gilet pare-balles à son costume de travail.

Bref, top moumoute.

Puis je suis rentrée chez moi.

Comme à chaque fois, en bonne « cliente observante » que je suis, si si, là,  bien caché là tout au fond, j’ai immédiatement fait bosser mon pote google, et me suis lancée sur les pistes évoquées par Paulette tel Tarzan sur celle de Jane.

Un seul mot :

Whaaaaaaaaaaaou.

Tout d’abord : rendons justice à Paulette (qui vu ses 30kg toute mouillée –première fois que je vois, hors contrées exotiques et services d’internement pour troubles alimentaires, quelqu’un dont on voit les os alors qu’elle est habillée- n’en a pas, de belles gambettes) :

 

Je lui ai parlé de mon envie/idée/planche de salut de « recommencer à zéro » et de l’attirance tripale (ouais. Même que. C’est un mot que j’utilise bien souvent, alors je m’en talque qu’il ne soit que barbarisme éhonté. Je suis un barbarisme éhonté à moi toute seule) que j’ai pour le bois, et donc de la vague idée qui traîne dans ma tête de faire comme si j’avais 15 ans et de tenter d’être engagée comme apprentie chez un ébéniste. Elle m’a donc donné le numéro de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Chose que j’étais absolument incapable de trouver par moi-même, et que je n’avais pas d’ailleurs, CQFD.

Whaaaou. Trop de la balle.

Je lui ai alors expliqué que j’étais à la recherche de ce truc mythologique (presqu’autant que Moby Dick de facto) qu’est une formation gratuite, voire même rémunérée (si si, ça existe, j’ai rencontré dans des lieux interlopes à la population cosmopolite des individus  non holographiques qui avaient bénéficié de ce genre de trucs de malade mental).

Nan?! Les types pleins de bras et de nez là au fond ils ont eu une formation gratuite? Ca existe pour de vrai? -Ts ts jeune padawan ais foi et quand la Force sera avec toi toi aussi 25 bras et une formation rémunérée tu auras.

 

Ipso facto Paulette s’est penchée sur un de ses mirifiques papiers volants de taille post-it pour lilliputien, et m’a trouvée la seule formation (gratuite ?) hors « électricien haute tension/plomberie/electricien solaire/electricien » (ouais ils avaient eu un prix de gros chez Edison & co.), aka « assistante de vie aux familles » (vous remarquerez: pas de plombière, pas d’électricienne, et pas d’assistant de vie aux familles).

Si vous suivez un tit peu vous savez que, principalement, vu mes aspirations/diplômes/expériences, je cherche « dans le social », et que, vu que je ne suis ni assistante sociale (concours + 2 ans d’études payantes), ni éducateur spécialisé (idem sans concours), ni psy ni juriste, bin je l’ai dans le cul. Mon approche était, suis-je un peu couillonne, de parvenir à avoir ces putains de diplômes d’assistante sociale ou d’éducatrice spé. Plus facile, plus rapide, plus en développement sur le marché de l’emploi,  plus merdique, j’aurais droit à la formation « assistant de vie aux familles ».

Aka quoi ?

Tu vois l’aide-soignant ? Bon bah l’aide-soignant pour l’assistant de vie aux familles, c’est l’équivalent du directeur de clinique de neuro-chirurgie pour l’aide-soignant.

En gros : tu vas chez des gens qui ont une personne âgée en situation de dépendance (t’as vu t’as vu dis t’as vu ? Je sais parler le politiquement correct, dis dis dis, tu veux pas me prendre pour « nègre » toi homme politique qui viens t’informer de la vraie vie de tes électeurs en lisant mon blog ?) et tu fais le ménage pour eux, tu changes les couches du vieux, tu fais des courses pour eux, tu surveilles son sommeil. Tu es une « gouvernante » pour aider les familles à assumer leur « dépendants ».

 

Vite, enthousiaste à l’idée de pouvoir enfin intégrer le champ des travailleurs sociaux malgré mon absence de diplômes et ma totale incompétence et manque d’expériences en la matière dixit notre super bien conçu système, je me suis ruée sur le site de l’afpa, tindindinnnnnnnnnnnnnnn !

Je suis évidemment comblée de voir que cette fantastique formation, pour un non moins fantastique type de boulot payé des briques tellement en or massif que je vais direct dès le second mois me faire endorer la chatte à la feuille d’or  parce que c’est trop styli, dure quand même 6 mois  à temps plein hein, et que bien sur il commence juste à la fin de l’année scolaire.

Je suis non moins enchantée et rassurée sur mon avenir, car j’ai passé le premier round et suis donc invitée d’ici quinze jours à me présenter pour des « tests psycho techniques ».

 

Attention!!!!! De la concentration SVP. Merci

 

Ouïlle ouïlle ouïlle vais-je réussir à les passer ? Je veux dire que ça va être ultra tendu hein quand même, vu que dans le formulaire de candidature pour la formation, s’il n’y avait rien au-dessus de bac+3 il y avait quand même 4 possibilités à cocher en-dessous du bac.

Mais, halte, vile puante imbue de toi-même, ne sois pas méprisante ni élitiste et réjouis-toi : au moins, cette fois-ci ne m’a-t-on pas expliqué que j’étais trop diplômée pour.

Ah, l’oreille droite me gratte d’un coup : bizarre non moins que douteux quant à la gratuité ultérieure de la dite formation, le mail m’informant de mon acceptation pour les tests est envoyé d’un « service CLIENTS afpa »….

Whaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaou, youpie et diguelidindon !

Il y a eu une adresse web, aussi, que Paulette m’a donnée. Vu que cela ressemble comme deux gouttes d’eau aux fantastiques boulots de rêve-ou-presque que personne ne sait qu’ils existent, tu sais ceux que les potes baby boomers me refilent régulièrement, sauf que cette fois-ci j’ai une adresse, bin j’ai postulé. On verra bien, avec un peu de chance qui sait….

Et puis…. Et puis il y a eu les 2 autres trucs.

C’est que vous ne savez pas tout voyez mes Inconnues/s chéries/s. Sans entrer dans les détails, depuis Octobre j’ai mariné un peu beaucoup dans le milieu des associations pour les handicapés, et il se trouve que mon Moby Dick de vendredi dernier est dans le même délire.

Bien. Paulette le sait.

Donc, comme Paulette connaît ses sources, références et réseaux comme sa poche, Paulette me donne les adresses de Cap Emploi, d’une part, et d’handiformabanques, d’autres part, car ils « seront très intéressés par ma candidature et m’offriront forcément plusieurs solutions ».

Hum.

Des structures qui ne s’occupent QUE des handicapés.

Handimachinchouette ne « s’occupe » des gens qui font appel à eux qu’à partir du moment où ils fournissent une attestion TH (nom obscur mais rassurant comme tout bon sigle pour dire Travailleur Handicapé. Pas tout à fait le statut cotorep mais presque.)

Vous allez me dire que je suis encore de mauvaise foi et qu’en fait je cherche juste à rester dans ma si confortable et valorisante vie de CDI, et que si je postule chez eux c’est moi qui aiderait les handicapés et les formerais donc en bonne anthropologue aux métiers bancaires, bien sûr suis-je bête !

Hum.

Whaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaou.

L’entretien avec Paulette a duré quand même une heure hein. Une heure en face à face. Je pense que cela doit suffire pour voir que je ne suis PAS handicapée. Non ?

Alors ?

Alors trois options : soit Paulette a des neurones en moins et ça augure d’une collaboration ultra constructive.

Soit Paulette, sachant que je « suis dans le milieu associatif destiné aux handicapés » pense que forcément, je le suis même si ça ne se voit pas, auquel cas je subodore que Paulette que tous les militants pour une cause en sont eux-mêmes les victimes et là encore, notre collaboration va être totalement dénuée de malentendus….

Soit Paulette, au détour de la conversation où je parlais de mon entretien d’embauche et où j’ai évoqué le fait qu’avant de partir de l’entretien d’embauche j’avais évoqué mon diabète comme valeur ajoutée, pense que donc je peux et je veux utiliser ce détail pour obtenir un taf. Et là…..

Comment dire…… WTF !!

Je trouve juste ça insultant et indécent. Insultant pour moi, et indécent vis-à-vis de toutes les personnes handicapées.

 

Non mais c'est TELLEMENT ça!!

Ô nous vilains, infâmes, méprisables Voleurs de jobs!

Posted in Cherche présent et avenir désespérément, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , on 12 août 2010 by violemmenthumaine

Comme j’ai un humour de belette décalquée, pas sûr que quiconque ait compris le sens des sublimes titres des catégories de ce tout nouveau blog.

Alors voilà, j’inaugure avec ce post celle des « mensonges et plus si affinités ». Plus que des mensonges, il s’agit de représentations collectives communément admises par le péquin lambda et les medias sur les chômeurs. D’idées préconçues qui rassurent tout le monde et encourage un certain libéralisme économique, aussi.

Et je commence par la plus couramment répandue, celle dont le caractère mensonger est le plus difficile à percevoir, celle que j’ai prise, et que je continue à prendre d’ailleurs, en  pleine face, celle qui fait rigoler quand on s’en aperçoit.

LE MENSONGE

1)      Les gens diplômés ne connaissent pas, ou peu, le chômage.

2)      Et quand ils le connaissent ces bâtards font les difficiles et refusent les postes pour lesquels ils se jugent sur-qualifiés, pi même qu’ils veulent jamais changer même d’un chouïa de secteur d’activité.

LA  REALITE

(enfin la mienne en tous cas)

1)      Dois-je revenir sur le sujet ?

En ce qui me concerne, non, bien sûr, en tous les cas j’ai pas envie.

Mais sachez, ô parents de djeuns arrivant à la fin de leur cursus estudiantin, ô élite de la nation avec tes masters de maths et autres valeurs sûres, tes diplômes d’informatique, et mêmes tes Grandes Ecoles, que la route pour vous est loin d’être pavée d’émeraudes à ramasser à la pelleteuse comme autrefois.

Je ne connais pas les chiffres par cœur (pi si tu crois encore, Inconnue/u, que ce blog foutraque, geignard et agressif est fait pour abreuver d’informations analytiques sur le chômage le brave Internaute, tu te fourres le doigt profond dans l’œil jusqu’à l’omoplate), mais par exemple, plus de la moitié des élèves sortant de Sciences Po en 2007 mettaient plus d’un an avant de trouver du travail. Idem pour toutes les Grandes Ecoles à l’exception d’HEC et, bien sûr, de Normal Sup (bin oui hein puisqu’être admis à Normal c’est déjà être fonctionnaire, d’ailleurs les élèves sont rémunérés durant leurs études).

Pour celles et ceux qui, honte à eux, n’ont pu ou voulu (quoi ? qu’est-ce qu’elle dit ? ne pas vouloir ? Humf, elle se gausse la chafouine et nous prend pour des couillons) aller en Grande Ecole et qui ont pataugé dans le marais universitaire jusqu’au master, voire jusqu’à la thèse, bin c’est encore pire. En gros, les trois quarts des thésards, toutes disciplines confondues, que je connais (et j’en connais une bonne cinquantaine quand même), ont fini après deux ou trois ans par laisser tomber l’éponge, et ont passé les concours de la fonction publique et territoriale. Et attention hein, je ne parle pas de concours pour être « cadre A » non non non, je parle de concours pour bosser en mairie, et dans le meilleur des cas devenir enseignant.

Alors bon, les diplômés qui surfent au-dessus de la vague du chomedu, c’est ce qu’on appelle du vent. Soyons clairs, les seuls secteurs où il n’y PAS de chômage, c’est le bâtiment et la restauration. Point barre.

2)      Mais en fait, le truc le plus dur, le plus violent dans ce mensonge, c’est son second alinéa, celui qui affirme que les diplômés sont ultra exigeants et ne veulent pas « s’abaisser » ni dans les salaires ni dans les compétences, et qui sont psychorigides sur leurs débouchés.

Encore une fois, j’en sais trop rien, sans doute que oui, il existe des gens diplômés comme ça. Ouaiiiiiiiiis. A mort. Ils courent les rues vous ne les voyez pas ces pompeux drilles sauter par-dessus la crise économique en caracolant sur leur autosatisfaction ??

Moi non plus. A part si vous êtes fils de PDG je ne vois pas trop comment on peut aujourd’hui avoir longtemps ce type d’exigence.

Moi, en tous les cas, je ne l’ai pas. Je ne l’ai jamais eu. Bon Ok d’accord Alfred, toi le sourcilleux du fond de la classe qui me connaît par cœur, oui c’est vrai je sais que je ne peux bosser 20 ans dans un boulot qui ne fait pas sens pour moi, qui est en contradiction avec mes valeurs personnelles. Ok.

Mets le bonnet d’âne Alfred. Tout de suite. Parce que ça n’a rien à voir.

Mais le vrai truc, le truc que je veux dire, que j’espère faire réaliser, si un jour il y a plus d’un pelé trois tondus qui viennent se pencher sur ces pages, c’est que ces deux croyances à la con là, sont tellement ancrées dans Monsieur Madame tout le monde, que ceux-ci deviennent vachement violents quand une diplômée cherche à travailler dans un secteur « alimentaire non qualifié ».

Quelques exemples, extraits de ma vie ô combien trépidante.

Ma vie trépidante et les crachats qui vont avec

L’année suivant l’obtention de mon magnifique DEA, autant dire que le budget de ma petite famille c’était un peu plus que duraille parce que le « salaire » de mon homme à l’époque, c’était 360 € mensuel voyez (le charme incomparable de travailler dans l’humanitaire pour des ONG françaises, et de bénéficier du chouquignou statut de « volontaire »).

Je savais, parce qu’en fait je ne suis pas complètement stupide, que je ne trouverai pas dans un claquement de doigt un boulot correspondant à « mes compétences ». Mais faut bien manger il paraît (surtout les lardons de 2 ans). J’ai retenté tous les jobs que j’avais eu durant mes études.

–    Parenthèse : Ca n’a pas marché, alors j’ai fait des beaux CV où je les listais toutes et ai démarché les agences d’Interim. Mais c’est une autre histoire, que je raconterai dans un autre post. Fermez la parenthèse. –

J’ai postulé pour être serveuse chez Mc truc et consorts, pour être caissière dans les 25 supermarchés des trois communes alentours de mon chez moi, j’ai laissé des annonces pour des heures de ménage….

Mais j’ai vraiment été trop jean-de-la-Lune, parce qu’à chaque fois j’ai mis mon CV voyez, avec, forcément, ma formation.

Parce que sinon quoi ?

Inventer des expériences professionnelles pour les 7 années de mes études post baccalauréat ? Ouaiiiiiiiiis. Bon, j’ai essayé hein, mais je n’y arrive pas. Moi je me dis qu’avant d’engager quelqu’un je vérifie ses références. C’est ce que j’ai fait d’ailleurs, à chaque fois que j’ai justement engagé des gens mais passons. Je me dis qu’il y a des probabilités qu’il n’y ait pas que moi pour faire ce genre de choses.

Donc, je n’ai rien inventé ni falsifié. Sur tous ces essais, j’ai reçu 2 coups de téléphone et ai eu droit à une passionnante conversation avec un manager Mc Truc.

Chez Mac Truc on parle cash

Vu que personne ne me rappelait je  le suis rendue dans le Mc Truc le plus proche de chez moi et j’ai demandé à parler au gérant. Dont acte. Il m’a demandé un CV, que je lui ai donné. Et là, tel quel :

« -ah oui mais chez nous Mademoiselle on n’engage pas de gens qui ont plus de bac+2 c’est la politique de la maison, ou alors ce sont des profils commerciaux. »

Bon, ça, c’est dit.

« Moi je n’engage que des personnes en difficulté Madame »

Mes petites annonces pour du ménage ont fini par trouver une preneuse, et mon téléphone a sonné.

Au bout de la seconde phrase la dame s’étonnait que je n’aie pas d’accent étranger, à la troisième elle me demandait avec circonspection quel était mon niveau d’études, et, quand j’eus le malheur de lui répondre, tac !,  elle me sortit avec un ton outragé « Moi je n’engage que des personnes en réelle difficulté Madame, je ne participerai pas à votre envie d’exotisme, je fais dans le social moi! »

Et…. Elle me raccrocha au nez.

Non non, ne croyez pas que ce fut le plus pire du plus pourrilleux© (Claude Ponti mon Amour).

Il y eut l’un des deux supermarchés qui eut la bonté de m’appeler pour un poste de caissière. (le second voulait que je travaille en temps partiel, tous les soirs à partir de 18h et un dimanche sur deux. Comme ça j’aurais plus dépensé d’argent en nounou que je n’en aurais gagné. Alors –étonnant non ?-, j’ai refusé le poste)

Où je suis une infâme voleuse de job

On va dire que j’invente. J’aimerais bien. J’aimerais bien, vraiment.

Je n’ai même pas eu le temps de répondre qu’on m’aboyait dessus en me demandant si j’étais bien V.H, enfin bien moi (comme Violemment Humaine ou Violaine Hiznogoud comme tu voudras Inconnu/e). J’acquiesce bien sûr, et là, le mec me crache littéralement à l’oreille :

« Vous devriez avoir honte avec vos diplômes d’essayer de voler le travail des honnêtes gens, franchement je n’oublierai pas votre nom ». Et il raccroche.

……….. Ca fera cinq ans en octobre prochain hein, cette conversation, hé bien c’est rigolo je m’en souviens comme si c’était hier, et vous savez quoi ?

C’est bizarre, et ça prouve la pertinence des assertions que je tente ici vainement de contredire, mais après ces expériences j’ai arrêté de postuler à des postes non qualifiés……..

Les bonnes blagues du Pôle Emploi

Alors comment se fait-ce que j’ai encore un exemple ?

Par la magie du crâne ancestral Pôle Emploi bien sûr !

Bien sûr, comme tout bon chômeur qui se respecte, j’ai fréquenté, à trois reprises toutes plus désastreuses et inutiles les unes que les autres, j’y reviendrai dans des posts ultérieurs, le Pôle Emploi, avec l’enthousiasme du cabri sautillant dans le maquis.

Dont une fois cette année au retour de mon dernier boulot humanitaire, en Septembre dernier.

Ils s’étaient gourés –nous ont-ils dit-, et avaient envoyé à TOUS les gens inscrits au pôle emploi de la commune un mail proposant une réunion d’information sur une formation gratuite au CAP fleuriste.

Résultat : 600 personnes, de 16 à 60 ans, hommes et femmes, fringués de Tati jusqu’au costard Armani, attendaient fébrilement dans le hall de l’Anpe. Une brave dame est venu claironner qu’il s’agissait d’une erreur de manipulation, cet envoi à tout le monde, et que l’on ne devait pas paniquer, qu’il n’y avait aucun risque de perdre ses allocations ni son inscription si l’on n’y assistait pas.

Bon, déjà, ça a fait le ménage, environ la moitié des personnes présentes, en majorité celles bien  fringuées, se sont barrées avec un soupir de soulagement. Comme 300 quidams ça fait encore beaucoup, une autre dame est venu et a expliqué, trois fois de suite hein des fois qu’on comprenne pas, que le CAP fleuriste, ça doit répondre à une vocation hein,  que c’est un métier dur, super dur, qui paye pas beaucoup parce qu’on commence au smic (là y’a eu comme une espèce de pouffement de rire général), et que donc vraiment, il fallait « avoir la vocation » pour tenter la formation.

Bin ça a marché puisqu’environ 100 personnes se sont barrées cette fois-ci. La dame a bien refait son speech une quatrième fois en espérant un nouveau départ, mais non, on était encore 200.

La réunion a donc été doublée, parce que les salles d’atelier du pôle emploi ne sont pas aussi grandes que celles du Siège Social de Trubidule.

Alors…. Je passe sur la réunion en elle-même, l’offre de formation, le concours pour y avoir accès tout ça, pour aller directement au discours du responsable de la présentation, directeur ou je ne sais pas quoi de l’organisme de formation. Super fier, il expliqua que la formation avait 99,9% de réussite, en fait qu’elle n’avait connu que 2 échecs depuis qu’ils la proposaient, mais que c’était normal parce que les personnes qui avaient échoué avaient un bac+5….

Euh…. Pardon ? Et alors ?

Bin vous comprenez, les diplômés ils « pètent plus haut que leur postérieur » (sic), « sont souvent réticents à l’effort physique », et « considèrent que tout leur est du et qu’ils savent toujours tout mieux que tout le monde ».

Bon, là, je me suis dit que je n’avais peut-être pas vraiment le droit d’être là, alors à la fin de la réunion je suis allée le voir personnellement, et lui ai demandé, un peu inquiète de sa réponse, si l’offre de formation était ouverte à tout le monde ou si le niveau d’étude était discriminant, parce que j’avais un DEA. Il m’a répondue, en haussant la voix pour que tout le monde entende, que « j’étais encore un exemple de ce qu’il disait tout à l’heure, et que s’il me plaît je pourrais peut être laisser les gens qui en avaient vraiment besoin poser leurs questions ».

Je suis partie super guillerette, en entendant distinctement soupirer deux personnes.

Alors voilà hein….. Bon, mon prochain post je le ferai en version courte, mais bon, tu sais quoi Inconnue/u ? Ca fait du bien de le dire.

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