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Charlie à Kinshasa

Posted in Act up!, Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo), Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , , , , , on 5 février 2015 by violemmenthumaine

 

Salut mon Inconnu/e préféré/e !!!

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Détail article page 3 du journal congolais le Phare du 3 février 2015.

Détail article page 3 du journal congolais le Phare du 3 février 2015.

* fermeture réseaux sociaux.

UPDATE pré article (comment ça c’est un non-sens sémantique ?):

Bon, vous le savez, ou pas, mais le beau pays Fort Fort lointain où je réside à nouveau depuis quelques mois a connu et connaît les prémisses d’un nouvel épisode de grand foutoir depuis quelques semaines.

Explication rapide : le président actuel, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2002, finit actuellement son deuxième mandat quinquennal (les deux premières années au siège présidentiel n’ayant pas été le fruit d’un vote démocratique mais le résultat des accords de Sun City, qui ont mis « fin » à la guerre). La constitution interdit, comme dans pas mal de pays dont le notre, de prétendre à un troisième mandat. Or celui en cours se finit en 2016.

Joseph a donc tenté de voir si y’avait pas moyen de changer la constitution. La réaction de la « communauté internationale » a visiblement suffi à lui faire abandonner l’idée pour le moment. Il fallait donc trouver autre chose. Qu’à cela ne tienne : il se donnerait du temps (celui de voir comment la « communauté internationale » réagira aux aléas électoraux de ses voisins, en l’occurrence le Burundi et, surtout, le Rwanda) en repoussant les élections par le biais de la loi électorale. Kesaco ? Au Congo comme partout ailleurs, chaque élection est précédée du vote d’une loi électorale, qui rappelle ou précise les modalités de la dite élection. Chez nous, ça passe comme une lettre à la poste car la loi électorale ne change pas grand-chose et se contente de rappeler le nombre des circonscriptions, ce genre de choses. Ici, la majorité électorale a tenté d’ajouter un petit article, l’article 8, qui assujettissait la conduite des élections à celle d’un recensement national, ce qui, d’un point de vue « transparence et vérité des élections », peut sembler pertinent, ce d’autant plus que le dernier recensement date quand même de 1984 (!!!! Depuis, les organisations nationales et internationales ne travaillent que par des projections. N’oublions pas non plus qu’on considère que près de 75% de la population n’est pas enregistrée à l’état civil –normal, c’est payant-).

Le hic, c’est que dans ce pays aux dimensions continentales doté d’infrastructures proche du néant, un recensement ne peut se faire en moins de 2 ans. Comme la majorité savait très bien que le truc n’allait pas passer comme un couteau dans du beurre, elle a fait voter la loi par l’Assemblée Nationale en catimini dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 janvier. Lundi 19, c’était le darwa : manifestations, et, comme souvent ici et n’importe où quand une majorité écrasante de la population vit dans une misère crasse alors que le pays est de plus en plus riche, des pillages. Le bordel a duré quatre jours, jusqu’à ce que le sénat (qui, comme chez nous, doit revoter la loi après l’Assemblée), qui avait suspendu ses délibérations dès le lundi midi, déclare qu’il laisse tomber l’article 8. Le week-end d’après, dans la nuit du dimanche au lundi, une nouvelle loi, conçue par une commission mixte Assemblée/sénat, a été votée, sans le fameux article 8 mais avec tout plein d’alinéas, dont l’article 115, qui maintiennent, ce dans un flou artistique propice à l’apaisement des foules, la conditionnalité des élections au recensement.

Dès le deuxième jour, soit le mardi 20 janvier, le gouvernement, pour minimiser les capacités d’organisation des mouvements d’opposition et de la jeunesse (ici comme ailleurs, les salops d’étudiants ont été particulièrement actifs, et Unikin, l’université spécialisée en sciences humaines/sciences politiques/droit, a été l’un des foyers d’insurrection les plus actifs, ce même alors que la force publique congolaise l’ait encerclée dès les premières heures), a purement et simplement fermé les signaux des fournisseurs d’accès à Internet, et rendu impossible l’envoi de textos sur tous les réseaux téléphoniques (il y en a globalement 5 en RDC). Au bout d’une semaine, le pays accusait des pertes de 19 millions de $ américains par jour !!. C’est qu’ici comme ailleurs, l’économie entière, à commencer par les banques, fonctionne désormais entièrement via le web. Le gouvernement a donc ré-ouvert les vannes d’Internet… Pour les entreprises, et seulement pour les boîtes emails, les sites et pages business. A ce jour, soit mercredi 5 février, il est toujours impossible de se connecter à un réseau social (Facebook, Twitter, Snapchat, Tumblr, mais aussi LinkedIn), de recevoir ou envoyer un texto, et de surfer d’une manière ou d’une autre sur son téléphone mobile (ceux-ci utilisaient la 3G, et ce système là, lui, n’a pas été réactivé du tout). Comme je fais partie des privilégiés, je suis donc, après plus de deux semaines sans connexion -ce qui n’est pas un drame en soit voyez, mais peut être problématique quand vous vivez à des km de votre famille et que la presse claironne que ça pète un peu un peu là où vous vous trouvez-, et pour une somme équivalente au salaire mensuel de la plupart des femmes de ménages et gardiens du coin, passée à la 4G.

Personne ne sait quand le gouvernement congolais remettra les réseaux à la « normale », ce qui laisse présager de nouveaux soubresauts, et peut légitimement mener à conclure que l’article 115 (remonte un peu tu verras de quoi je parle) n’est pas là pour rien, et que peut-être, d’ailleurs, la loi passée ne sera pas promulguée. Voui : ici, comme dans plein d’autres pays, la promulgation des lois dépend, après vote à l’Assemblée puis au Sénat, de la ratification présidentielle… dans les 15 jours qui suivent le vote au Sénat. Soit dimanche prochain. Le suspens est à son comble et comme les Léopards, l’équipe nationale de foot congo-zairois, a perdu son match de demi-finale de la CAN hier soir, la population n’est à nouveau plus distraite….

Tout ceci explique pourquoi l’article suivant peut sembler si retardataire, voire franchement dépassé. Mais l’actualité ci-dessus évoquée éclaire plus violemment encore ce que je voulais dire ici. Voyez : Charlie/LIBERTE D’EXPRESSION/FERMETURE D’INTERNET. OK ??

*** article de la page 3 du journal con

article de la page 3 du journal congolais le Phare du mardi 3 février 2015.

article de la page 3 du journal congolais le Phare du mardi 3 février 2015.

golais le Phare du mardi 3 février 2015.

Bon. Ceci acquis, passons si tu le veux bien mon Inconnu/e, à ce qui m’a tellement énervée. :

Je ne voulais pas rajouter un grain de sable dans le marigot hystérique mondial autour de la mort d’icônes de ma jeunesse (initiation sexuelle via Wolinski à la fin du collège, –ouais je sais ça fait zarbi en ces temps de youporn que voulez-vous j’ai plus de 25 balais-, période punk, et, vraiment jeune cette fois-ci, les caricatures de Dorothée –truc de ouf non, que quelqu’un paye quelqu’un d’autre pour se faire caricaturer !!-) : tout se dit et continuera un petit moment à se dire, y compris du très con qui met en colère et qui donne envie de pleurer, et pas souvent ce que je pense -et non je ne suis pas l’auteure de cet article, mais, comment dire, c’est tellement ce qu’il y a dans mon cœur et ma tête que voilà je le mets direct en lien).

 

Mais, sans doute parce que je me suis sentie, ici à Kinshasa, très, très, très seule et par là très, très, très triste, je suis en colère, très en colère. Alors si, je vais parler comme tout le monde de « Charlie ». Mais ici, à Kinshasa.

Mise en bouche (parce que, même si les journaux et plus encore les réseaux sociaux l’oublient plus ou moins involontairement, le contexte, c’est TOUT)

Chère/er Inconnue/u, le Pays Fort Fort Lointain qu’est la République Démocratique du Congo est beaucoup, beaucoup de choses, mais pas vraiment une Démocratie où l’Etat de Droit et la Liberté d’Expression dépassent le vague concept, comme les derniers événements le montrent plus que bien.

Tu vois par exemple, quand tu es journaliste ici et que tu veux dire ou écrire autre chose que « Ouah c’est cool ce que vous faîtes messieurs du gouvernement », c’est, souvent et depuis longtemps, risquer sa vie, et, parfois, la perdre.

*** Bilan liberté

Petit extrait par capture d’écran du bilan 2014 de la liberté de la presse de RSF, page sur la République Démocratique du Congo.

Petit extrait par capture d’écran du bilan 2014 de la liberté de la presse de RSF, page sur la République Démocratique du Congo.

presse RSF 2014***

Tu vois par exemple, trouver que tenter –et réussir- de changer la loi électorale pour faire semblant de ne pas changer la constitution et ainsi pouvoir briguer un autre mandat ou, en l’occurrence, l’allonger éhontément, c’est pas normal et, donc, manifester devant l’Assemblée Nationale, c’est savoir que l’on va se faire caillasser par les flics. Lundi 12 janvier par exemple, et puis aussi lundi 19, où la première réaction policière a été de tirer à balles réelles. Pas de liberté de manifestation ici.

*** congo cl

Carte interactive du classement de la liberté de la presse dans le monde 2014 . Reporter Sans Frontières. La RDC est donc classée 151ème (sur environ 180).

Carte interactive du classement de la liberté de la presse dans le monde 2014 . Reporter Sans Frontières. La RDC est donc classée 151ème (sur environ 180).

assement**

 

Tu vois, il y a deux semaines, quand les étudiants ont voulu exprimer leur opinion, certains d’entre eux, et pas qu’un peu, ont fini à l’hôpital, et en sont mystérieusement sortis dans des camions de la force publique, quand ils n’ont pas été purement et simplement exécutés (dans l’hôpital oui oui). L’activiste droitsdelhommiste (tu sais, cette « insulte » inventée par l’un de nos ex présidents) qui était présent lors de ce haut fait d’armes, a, lui aussi, connu quelques bricoles…

C’est le cas dans plein d’autres pays, comme l’ont fait si finement remarquer tout plein de journaux après le défilé de présidents divers et variés dimanche 11 janvier à Paris (et tant pis si ce fait précis est une première dans l’histoire, tant pis si, plus qu’une hypocrisie sur la liberté d’expression, cela révèle, à mon sens, autre chose, comme par exemple, un amour de la France et la persistance de son importance sur l’échiquier mondial –toutes choses qui ne vont pas dans le sens de beaucoup, dont l’histrion en tête de gondole éditoriale en France en 2014- et, aussi et bien sur, un consensus politique contre le fondamentalisme islamique, plus spécialement sous sa forme terroriste).

C’est même parfois –rarement c’est vrai, mais quand même- le cas chez nous (on n’est que 39ème dans le classement RSF hein). C’était plutôt courant sous notre intouchable Général, et ça a connu un renouveau flippant sous notre précédent Président. Et l’hystérie consécutive à « Charlie » ne tend pas à prouver que la Liberté d’Expression est réellement constitutive de notre pays. M’enfin bon.

D’un autre côté, contrairement à nombre d’autres pays du monde, le Congo ex Zaïre abrite peu de musulmans, lesquels n’ont aucun poids politique ni démographique à Kinshasa. La France ne provoque pas non plus d’animosité particulière dans le pays. Pas de risque particulier, donc, à soutenir Charlie Hebdo ici (contrairement à d’autres pays comme le Sénégal ou le Niger, où des manifestations anti-françaises se sont déjà déroulées.)

 

Vous gardez ça en mémoire pour la suite ?

Bien.

Ambassade : représenter la France, oui, mais pas Charlie

Il y a une Ambassade de France à Kinshasa. Il y a aussi une Alliance française, et un Cercle français.

Certaines/s des Inconnues/s qui viennent ici ne savent pas trop ce que c’est, cette Alliance et ce Cercle ?

Les Alliances françaises sont des centres culturels. Présentes dans presque tous les pays du monde, parfois sur plusieurs sites dans un même pays, elles « représentent la culture française et l’ouverture sur le monde ». Les Alliances proposent des programmes d’enseignement du français, sanctionnés par des diplômes reconnus par l’état, et des programmes culturels, centrés sur la culture française et celle du pays d’accueil : médiathèque, expositions, concerts, diffusion de films, de ballets, de pièces de théâtre, organisation de débats…. La plupart des Alliances possèdent au moins un petit bar voire un restaurant. C’est le cas à Kinshasa, ce dernier étant doublé d’une grande terrasse, l’un des lieux les plus courus de la ville, y compris par les congolais –de classe aisée bien sur-.

Il s’agit de structures étatiques, c’est-à-dire que les équipes directrices sont des fonctionnaires, nommées par l’Etat (même si le budget national alloué au financement des Alliances françaises à travers le monde a prodigieusement –plus de 70% !!!!!- diminué depuis vingt cinq ans).

A Kinshasa, l’Alliance et ses différentes structures sont ouvertes du lundi au samedi jusqu’environ 23h, plus lors des soirées-concerts, mais est totalement fermée le dimanche.

Le statut du Cercle français, ou « Maison de France », est moins « officiel »: ici à Kinshasa, il appartient à l’UFE (Union des Français de l’Etranger), l’une des deux plus importantes associations d’expatriés français. Théoriquement apolitique et relevant d’un statut associatif, l’UFE est cependant reconnue d’utilité publique et a des liens plus que privilégiés avec l’Ambassade française dans tous les pays où j’ai séjourné. A Kinshasa, le Cercle français jouxte l’Alliance française, qui elle-même partage sa concession avec le complexe scolaire secondaire français. Le Cercle propose quelques vagues manifestations commerciales culturelles de type marchés artisanaux ou foire aux vins, mais surtout de nombreuses activités, sportives principalement, le tout à l’intérieur de son complexe : un petit bâtiment, deux courts de tennis et surtout une piscine, un bar aux tarifs prohibitifs et aux snacks parmi les plus dégueulasses de la ville, et l’un des restaurants les plus onéreux de Kinshasa, modestement et très apolitiquement nommé le Petit Trianon.

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Le petit Trianon (Source)

Le petit Trianon (Source)

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Le mur d’entrée de la concession du Cercle est orné d’un gigantesque « coq français » en céramique, à gauche de l’entrée, plus un autre aux couleurs du drapeau, peint, sur le mur à droite, sous l’inscription « Maison de France ».

Le Cercle est ouvert tous les jours mais ferme à 22h, et à 17h le dimanche.

Voyez le tableau ??? Tout cela représente, de manière très officielle donc, la France.

Je répète : ces lieux représentent la France à Kinshasa.

Quelles ont été les manifestations organisées par ces différentes structures ?

  • Le Cercle : rien, nada, nibs de nibs. L’UFE, au niveau international, s’est quant à elle fendue d’une manifestation hyyyyyyyyyyyyyyyyyyyper lourde question impact et représentativité : une « marche virtuelle », dont la complexité (il suffit, si tu es inscrit à l’UFE, de cliquer une fois au bon endroit après avoir indiqué le pays où tu crèches) démontre avec brio la nécessaire implication des participants et la diffusion ultra large (non seulement il est impossible de partager le truc via un quelconque réseau social grand public, mais la dite marche ne figure pas sur les sites des délégations nationales de l’UFE, en tous cas pas celle du Congo) suffisent à faire oublier le fait pas du tout foutagedegueulesque que la dite marche a été mise en ligne…. Le 14 janvier. Quoi vous trouvez que c’est un peu tardif comme action et que ça fait un peu pas très « unité nationale » comme approche ??! Vous êtes d’une totale mauvaise foi, d’ailleurs moi je propose que le prochain 14 juillet soit fêté le 25 aout.

*** marche

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Exemple d’e-communication ultra efficace, donc.

Exemple d’e-communication ultra efficace, donc.

1 +2***

  • L’Alliance : organisation, dès le vendredi qui a suivi les exécutions de la rédaction de Charlie, d’une exposition d’illustrations satiriques autour de l’événement pendant un mois. Rien d’autre, pas de débat, pas de réunion proposée, pas d’ouverture le dimanche de la marche nationale.

Sauf que j’y suis allée, voir « l’expo ». Abritée dans la médiathèque, c’est-à-dire pas dans le hall dédié aux expositions, les vraies. Elle se résume à un panneau de liège recto/verso sur lesquels ont été scotchés des photocopies en noir et blanc, pas franchement lisibles, de pages de journaux congolais ayant couvert l’événement, et un demi-panneau sur lequel ont été scotchées une photo de Cabu (en couleur, lui) et de Wolinsky. Ça c’est de l’investissement, ça c’est de l’hommage, une vraie réflexion sur le concept de caricature et de la liberté d’expression !!….

Peut-être que des gens ont été aussi un peu énervés par la chose, vu que, depuis la semaine dernière, est prévue de surcroît, pour le mois de février, un deuxième « expo », toujours dans les mêmes conditions, soit sur les panneaux en liège dédiées aux petites annonces de la médiathèque, présentant des caricatures (sur l’événement?) conçues par différents dessinateurs congolais. On verra bien ce qu’il en est….

 

  • L’Ambassade : mise à disposition d’un « livre d’Or » !!!! Sérieux, j’ignore qui est le/la responsable communication de l’Ambassade, mais, comment dire, il ou elle témoigne d’un manque d’à propos dans le choix de la terminologie quelque peu hallucinant. On aurait pu dire, bien des choses en sommes, en variant le ton, comme par exemple livre de soutien, cahier de témoignages citoyens, recueil de condoléances…. Le dit livre n’a été accessible que pendant 3 jours, du 12 au 14 janvier, soit après le jour de deuil national et après la marche nationale, et seulement pendant les heures d’ouverture, et pas une minute de plus. Il était disposé à l’intérieur du bâtiment consulaire, soit bien APRES le passage des contrôles d’identité, ce qui signifie que pour les personnes n’étant pas ressortissantes françaises et ne cherchant pas à avoir de visa, bin c’est mort : si t’es pas français t’as pas à te sentir touché par l’événement et en tous les cas pas le droit de vouloir témoigner de ton soutien aux morts, à leurs familles ni à la France. C’est ce qu’on appelle un coup de comm’ de folye côté « ouverture sur le monde » ça coco!!

Le fameux dimanche 11 janvier, quand plus de 3 millions de français communiaient ensemble, le fameux « Livre d’Or » n’était pas encore disponible, l’Ambassade était fermée as usual et n’avait rien organisé, pas même un discours (ce jour là, ni avant, ni après), l’Alliance était aussi fermée et le Cercle restait identique à lui-même.

Quand un ressortissant français eut la bonne idée de mobiliser son large réseau (pas comme le mien donc) pour inviter ses compatriotes et ceux qui voulaient à se rejoindre autour d’un verre ce fameux dimanche, le tout à 19h au Cercle et en a officieusement informé l’Ambassade, le Cercle n’a pas prolongé ses heures d’ouverture malgré le côté exceptionnel de la chose. Assez logiquement, quand les gens sont arrivés dans leur voiture et qu’ils ont vu le portail fermé, ils sont donc repartis (à ma connaissance au moins une cinquantaine de personnes).

Voilà.

« Union nationale », « événement national », « deuil national », « atteinte à la France » ??? Pour l’Ambassade et ses petits chiots, cela n’est pas entré en ligne de compte, cela ne méritait pas qu’on en fasse pas même une occasion de se réunir.

 

Cerise sur le gâteau

Comme si cela ne suffisait pas, il s’est passé un truc…. Un truc tellement merveilleux que cela m’a fait passer l’envie d’aller inscrire quoi que ce soit dans ce si mal nommé « livre d’or », de peur de ne pas réussir à réfréner mon envie subite d’insulter le personnel de l’Ambassade, digne représentation de la « France des Droits de l’Homme ».

Le vendredi qui suivit les exécutions chez Charlie, une petite quinzaine de personnes, majoritairement des Congolais mais aussi quelques Blancs (j’ignore s’ils étaient français), se sont regroupés devant les murs de l’Ambassade de France avec des panneaux « je suis Charlie ». Ils ne criaient pas, ils n’ont pas tenté de pénétrer dans l’enceinte de l’Ambassade. Ils étaient juste là pour soutenir Charlie et son pays. Notre pays et sa valeur « sacrée » qu’est la liberté d’expression.

Que croyez-vous, chers/ères Inconnus/es, qu’il se passa ?

Hé bien la « manifestation », soit 15 quidams silencieux avec des feuilles A4 brandies les bras levés, donc à l’évidence une foule outrageusement belliqueuse, fut « dispersée » par les jolis Robocop locaux, les joyeux drilles de la PIR, c’est-à-dire l’équivalent de nos CRS, uniforme compris.

***rob

les Robocop kinois, ce sont eux. (Ceci est un recadrage d’une photo de © Christophe Rigaud, lors de la manifestation, ou plutôt la tentative de manifestation contre la réforme de la loi électorale du lundi 12 janvier 2015 à Kinshasa)

Les Robocop kinois, ce sont eux. (Ceci est un recadrage d’une photo de © Christophe Rigaud, lors de la manifestation, ou plutôt la tentative de manifestation contre la réforme de la loi électorale du lundi 12 janvier 2015 à Kinshasa)

ocop 

Yes.

Oui oui oui.

Des gens, des Congolais, sont venus témoigner pacifiquement de leur soutien à la « valeur française » qu’est la liberté d’expression et aux « morts nationaux » que sont les 12 (ce jour là, à cette heure là, les 5 autres étaient encore en vie) personnes de la salle de rédaction de Charlie Hebdo devant l’Ambassade de France, et furent violemment (ici la Force publique est rarement autre chose que violente) remis à leur place : le néant.

Last but not least : le truc, c’est que la vitesse de réaction de la force publique congolaise est proche de celle de l’escargot. (si les flics et militaires sont là lors des manifestations, c’est qu’elles sont prévues).

Alors, même si je n’ai aucune preuve de ce que j’avance, on peut légitimement supposer à défaut de savoir, que c’est quelqu’un de l’Ambassade, et forcément quelqu’un de haut placé, qui a appelé les Robocops.

Nausée et double gerbouille.

A part ça tout est normal hein.

« Etre né sous l’signe de l’hexagone c’est pas franchement une sinécure

Et le roi des cons sur son trône il bosse à l’ambassade de France à Kin ça j’en suis sure. » (Renaud m’excusera de déformer son texte).

Et Bonne Année à toutes et tous mes Inconnus/es.

Pour vous la souhaiter de manière moins pas glop, voici la principale caricature congolaise sur Charlie.

**** je su

© Kash

© Kash

is charlie***

 

UPDATE Post article :

Rayon connerie made in French Ambassy, sur un tout autre sujet, celui de la protection des ressortissants, ils ont fait très fort lors de la semaine d’émeutes et répression policière. Vraiment fort. En gros, ils ont juste… rien fait.

Le truc le plus top moumoute, c’est que leurs consignes (en gros, « ne sortez que si c’est nécessaire et évitez les foules ») ont été transmises…. Sur leur site Internet. C’est-y pas fort ça, quand le pays entier s’est retrouvé sans accès au Net ?

Mais ils n’ont pas fait, ou plutôt pas pas fait, que ça. Alors que la Belgique, le Canada, les USA, ont fermé leurs écoles dès le mardi, alors que toutes les écoles publiques et privées congolaises ont fait de même (quand, en ce qui concerne les universités, elles n’étaient pas occupées par des étudiants en colère évidemment), la France…. N’a juste rien fait. Du tout.

Il faut savoir que, contrairement à ce qui se passe sur le territoire français où les proviseurs/ses sont responsables directement de la sécurité de leurs élèves et ne reçoivent de directives que du rectorat et du préfet, les directeurs d’établissements français à l’étranger sont assujettis aux consignes de l’Ambassade. Théoriquement, ils ne peuvent rien décider de leur propre chef. Le résultat magnifique de cet état de fait et de l’inertie absolue de l’équipe de l’Ambassade de France à Kinshasa a été que les élèves se sont retrouvés entre 3 et 5 par classe (bin oui, les parents ne sont pas cons), et que tous les jours de cette semaine faste, les élèves qui venaient étaient invités à repartir entre 2 et 4 h après leur arrivée. Invités seulement, vous noterez. Les pauvres mômes de parents optimistes qui se sont retrouvés en classe le jeudi, par exemple, ont regretté amèrement leur présence, puisque, dans la classe de mon gnome en tous cas, un prof ultra brillant a eu l’idée de « les faire parler »… et n’a plus ouvert la bouche pendant que les gamins échangeaient leurs expériences traumatiques internationales diverses en alimentant ainsi leurs peurs, ce sans que la charmante prof ne songe que son « idée brillante » aggravait les choses plus qu’elle ne les calmait. Heureusement que mon gnome à moi est exceptionnel côté flegme hein. Enfin bon.

Le truc qui rend ces faits encore plus « pertinents » et pas du tout choquants, c’est que le complexe maternel/primaire, lui, a suivi des consignes plus strictes et a bel et bien fermé plusieurs jours. Serait-ce que sa localisation l’exposait plus directement de potentiels troubles ? …. Bin en fait c’est plutôt le contraire. L’école primaire et secondaire se trouve au bord du fleuve, juste en face de la résidence de l’Ambassadeur, soit sur l’un des bords de la commune la moins touchée par les troubles quand ils adviennent (à la vérité, ce coin là n’a été touché par les pillages/combats que 3 fois dans toute l’histoire postcoloniale de la RDC hein –en 1993, 2003, 2006 et dans une toute petite mesure en 2011). Par contre, le complexe secondaire,

1) est ouvert,

2) n’a pas de « safe zone »,

3) se trouve de l’autre côté de cette commune, soit à quelques centaines de mètres de la frontière avec une autre commune, beaucoup plus populaire, elle, et où des mouvements ont été signalés.

….. Décidément, vraiment, le Roi des Cons bosse bien à l’Ambassade de France à Kinshasa…

 

De l’intérêt d’avoir le portefeuille de Manu Chao si tu mets tes mioches à l’école française au Congo

Posted in Big A(frica), Mensonges et plus si affinités, Retrouvons les vraies valeurs with tags , , , , , on 13 novembre 2014 by violemmenthumaine

 Bon.

Ça y est mon Inconnu/e préféré/e, j’ai enfin rejoint le Pays Fort Fort Lointain et mon Barbu.

Je ne sais pas trop si je pourrais vraiment publier ici autant que je le voudrais : Orange se fait des couilles en diamant ici moi je te le dis, et le forfait illimité n’existe tout simplement pas, donc à 100$ les 10 Ga, tu te doutes bien que la production risque d’être limitée.

Mais là tout de suite là maintenant, je suis énervée et cracher ma dernière valda en date me fera du bien. Dont acte.

So what ?

Quand tu as des schtroumpfs, même un seul comme mézigue (phénomène trèèèèèèèèèèèès rare chez les expats ayant passé le pas de la parentalité), et que tu vis régulièrement dans des contrées sauvaaaaaaaaaaaaaaages, tu mets forcément le dit schtroumpf dans une École Française à un moment ou à un autre.

Je ne parlerai pas (en tous cas pas cette fois) des marigots pédagogico-éducativo-administratifs des établissements en question.

Nan. Je parlerai du reste.

De comment mettre ton gnome dans une école française à l’étranger te fera automatiquement sentir des envies d’attentats une grosse merde en décalage avec le reste de la population de la dite école, aussi bien du côté des élèves et de leurs parents que de celui de l’équipe « pédagogique » (que de toute façon tu ne verras jamais).

Certes, il ne faut pas faire de généralités, et certes encore, nous avons pu noter des différences notables dans les différentes écoles des différents pays où nous avons séjourné en famille.

On est toujours le Pauvre (et le Riche) de quelqu’un

Mais un fait est indéniable dans tous les cas : dans toutes les écoles françaises à l’étranger, la majorité des élèves sont enfants de Je-suis-le-roi-du-monde-et-je-te-conchie-tu-es-à-peine-digne-de-me-servir-de-paillasson.

*** dolden

dolden tooth

La même classe, la même ouverture d’esprit règne parmi les rangs de la plupart des élèves des écoles françaises à l’étranger en terres africaines.

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Encore une fois, selon les pays et le contexte économico-politique des dits pays, un semblant de classe moyenne sera présent, ou pas.

Ici par exemple, dans le Pays Fort Fort Lointain, tu oublies : ce n’est pas encore une destination « familiale », et la population y est forcément beaucoup moins éclectique qu’à Nairobi par exemple. A vue de nez, je dirai qu’au moins 90% des élèves sont enfants d’ambassadeurs, Chefs du Monde HP*, et gouverneurs/ministres/« businessmen » locaux, les 10% qui restent étant issus de personnel d’ONGs moins/peu rémunératrices.

Comme depuis toujours partout ailleurs, le rang social et la thune qui va avec vont de pair avec un certain nombre de signes extérieures et de comportements ad hoc.

Et ici comme ailleurs, nous ne collons pas avec le package requis.

*** réussir à se faufiler

réussir a se faufiler dans le sens contraire

C’est tout nous ça 😉

dans le sens contraire gif

Ici, les parents ne viennent pas chercher leur enfant, du moins pas au collège (c’était différent en primaire) : ils envoient leur chauffeur. Quand bien même le géniteur ou la génitrice daignerait passer récupérer son/ses augustes chiard/s, il ou elle ne s’abaissera pas à descendre de son hummer étincelant mais restera tranquille à bénéficier de sa clime.

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Typique de la voiture du parent d’élève ici (en version blanche pour les HP*)

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Or, moi, je viens chercher mon gnome. En taxi, qui, malgré le fait que la voiture soit susceptible de passer avec succès un contrôle technique, reste vieille, et bien sur une voiture de ville, pas un gigantesque 4×4 à peu près inutile dans le quartier où tout ce beau monde, y compris moi, habite. Et je descends de la voiture à chaque fois (en même temps, à l’arrêt, rester dans une voiture non climatisée équivaut ici à se payer un petit sauna gratos).

J’ai même fait pire : une fois, mon taxi habituel m’a fait faux bond. J’en ai donc appelé un autre. Une fois qu’il fut arrivé, il était bien trop tard pour tenter une autre alternative. Je suis donc partie dans une épave à peine digne de la casse, avec ses phares de travers, sa rouille martelée sur la moitié de la carrosserie et ses vitres fêlées quand ce n’est pas tout bonnement explosées. Là, il nous fut tout simplement interdit d’entrer dans la parcelle de l’école avec les autres voitures, sous l’argument sorti de nulle part que « seules les voitures à plaque diplomatiques sont autorisées à rentrer ».

O

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Type de voiture avec laquelle, non, tu n’as pas bon. Source

o** source

Tout ça n’est pas bien grave vous allez me dire mes Inconnus/es. En ce qui me concerne, j’y survis sans problème c’est clair, merci même si parfois cela me donne des envies de taper très fort et que je prends grave mon pied quand je vois les même gens qui me fuient tenter de me faire des ronds-de-jambes quand ils s’aperçoivent au détour d’une soirée que la « pauvre » que je suis est pote avec des « gens IMPORTANTS ».

Pour le gnome, c’est moins anodin voyez : quand tes parents et toi-même devenez un sujet de grosse blague, qu’on rie de toi, ça n’aide pas mucho mucho à trouver ta vie quotidienne (car oui rappelons-le, l’école est la vie quotidienne des marmots assez veinards pour être scolarisés) funky winky.

Partout, tout le temps, on a renvoyé à la gueule de mon gnome notre « pauvreté ». C’est ainsi qu’il a perdu un pote libanais après qu’il soit venu jouer chez nous : ses parents lui avaient purement et simplement interdit de remettre jamais les pieds chez « des mendiants ».

Ce qui est génial, c’est que presque partout ailleurs qu’à l’école (ou alors ça ne compte pas parce qu’on choisit nos amis tu vois), je/nous sommes « riches », voire très riches.

C’est bien de toi que les enfants de rues, mendiants et vendeurs divers et variés attendront la corne d’abondance, c’est bien toi qui auras automatiquement un premier prix proposé entre deux et dix fois le prix normal du marché. Et c’est normal, hein, rien à dire là-dessus (c’est à toi de trouver celui et celle qui n’en aura rien à foute, de la thune que tu as de plus que lui/elle.).

C’est l’une des caractéristiques fondamentales, à mon sens, de la vie d’expatrié européen en Afrique : on y est toujours le Riche ET le Pauvre de quelqu’un, simultanément.

Mais en y réfléchissant, cet aspect de la vie sociale en milieu expatrié est plutôt chouette : ça permet d’inscrire dans la tête du gnome (et la notre) mieux que tous les discours :

1) La relativité de toutes choses

2) Le respect des moins favorisés que soi

3) La véracité d’un concept bien passé de mode mais toujours bien réel : la lutte des classes. Et ce que ça veut dire de le vivre.

Rien à foutre de l’élève

Le deuxième aspect qui me chauffe les roubignolles que je n’ai pas dans les écoles françaises à l’étranger est cette permanente impression que l’on se fout éperdument, totalement, viscéralement, de l’élève.

Parfois, je dis bien parfois, c’est-à-dire quand il y a des alternatives valables à l’école française (comme à Nairobi par exemple), et histoire de ne pas perdre ses parts de marché (bin oui, pour rappel : l’école publique française à l’étranger n’est jamais gratuite), les établissements font des efforts histoire de rester dans la course.

Mais le plus souvent, comment dire….

La communication avec les parents, et directement avec les élèves, est proche du néant. Transmission de l’emploi du temps, explication des groupes de travail, présentation des services -ou de leur absence- : aucune, jamais.

****tout le monde disparaît

tout le monde disparait pr ne pas répondre

Tu veux une info ? T’as intérêt à courir vite.

pour ne pas répondre gif

Alors que le départ et l’arrivée en cours d’année de plusieurs élèves est monnaie courante pour ces écoles, aucune procédure n’est jamais prévue (du moins d’après notre expérience) pour que le nouvel élève s’intègre.

Vous faîtes les démarches, vous envoyez les dossiers, vous vous agitez histoire de minimiser le fait que ce n’est pas super easy de changer d’école en plein milieu de trimestre ? Personne ne vous répond, et quand vous arrivez, aucun dossier n’est prêt, le gnome comme vous ignorez tout de tout.

Rhoooooooooooo c’est pas bien grave, en deux semaines c’est réglé et c’est clair qu’après avoir emporté 2 kg de fournitures et bouquins pour rien plusieurs jours de suite le dit gnome se remémorera parfaitement à quel groupe il appartient, pas la peine qu’un professeur daigne l’en informer avant, hein.

Peu importe que ce manque d’information entraîne des erreurs dans la remise des devoirs : le schtroumpf écopera de quelques heures de colle histoire qu’il s’en souvienne, non mais. Cela se fera sans message écrit (ni oral, d’ailleurs : pour ça il faudrait réussir à voir les profs ou la vie scolaire, qui décampe de l’établissement à la vitesse de la lumière) ni information quant à la date et aux horaires des dites colles.

Pas grave si le minot se tape des heures d’attente pour que le taxi arrive, ou qu’au contraire la mère/le chauffeur/le pape se retrouve bloqué comme un con à attendre.

Une autre différence rémanente, aussi, entre les établissements publics français en hexagone et ailleurs : ailleurs, on ne daigne jamais informer à l’avance, voire informer tout court, de l’absence des professeurs. Et, bien sur, elles ne sont jamais justifiées auprès des parents ni des élèves. Je suis sans doute ultra mauvaise langue de trouver douteux que le prof X, à Nairobi, donnant cours le jeudi de 15 à 17h mais pas le vendredi, ait été absent UNE FOIS SUR DEUX ce jour là à ces heures là (parce que, si si, il était bien là la matin, comme c’est bizarre) : nooooooooooooooooooon, rien à voir avec un week-end prolongé sur les plages de sable fin voyons.

De même, je suis extrêmement exigeante de penser que l’absence de profs donnant cours à 15 et 16h lundi dernier aurait pu être communiquée aux parents durant la matinée, par exemple, et pas seulement à partir du début des heures concernées. Ce qui, en ce qui concerne mon gnome, a entraîné plus d’une heure d’attente, normal, le temps que les autres élèves passent le coup de fil, avant que je sois jointe, et donc encore une demi-heure en plus le temps que j’arrive.

Histoire de minimiser les coûts, les facilités destinées aux élèves seront toujours à minima du moment que ce manque ne provoque pas de désertion d’élèves et de la thune de leurs parents. Ainsi, ici, où l’école française règne en maître quasi absolu à partir du secondaire (ce n’est pas le cas pour la maternelle et la primaire) et ce alors, rappelons-le, que la température dépasse les 30° presque tous les jours avec un minimum de 65% d’humidité, les seules fontaines à eau (il y a bien les WC, mais l’eau n’est pas potable. VRAIMENT pas potable) de l’établissement….. sont dans le bâtiment de l’administration et de l’équipe pédagogique, et les élèves n’y ont pas accès.

Ce que la CPE a gentiment oublié de me dire le jour de notre arrivée, ce alors que je le lui ai précisément demandé si les élèves avaient accès à des fontaines. Pas grave si mon gnome a donc eu une bonne insolation après son premier jour, pour lequel je ne lui avais pas donné de bouteille d’eau puisqu’il était sensé en avoir à disposition.

Mais je suppose que ce n’est pas nécessaire d’installer des fontaines à eau dans l’établissement puisque, juste à côté, se trouve le bar/restaurant de l’Alliance française, où tous les élèves squattent et mangent quand ils ont cours l’après-midi : il est naturel que ces pré-ado et adolescents aux slips cousus d’or et d’argent dépensent 2$ à chaque fois qu’ils ont soif, hein. (Oui, encore, toujours le même point).

Mais, puisqu’on vous le dit, tout ceci est bien l’incarnation de « l’Excellence à la française ».

**** jouer du

jouer du pipeau

pipeau gif***

Doris (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 6 -final)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Kenya, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , on 25 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

Après l’avoir prouvé avec Djibéou, Floribert, Annie, Monsieur Philippe et Florence, je mets un point final à cette série avec

 

Doris

Kenya. Nairobi.

****

Quand je suis arrivée à Nairobi il y a 3 ans, je me disais que youpie, je pourrais me passer de « personnel de maison » : on avait, pour la première fois de toutes mes vies africaines, un vrai chez nous.

*****

Aucune bonne déjà sur place à ne pas foutre à la porte.

*****

Il y avait l’électricité environ 3h par jour et l’eau courante sauf pendant 4 mois par pompe, on trouvait des supermarchés un peu partout et il était donc possible de faire la cuisine en un temps similaire à celui que l’on y passe en France.

***gif joie

joie de la balle

de la balle***

Ouais.

***

Les modalités du réel (ça en jette non ?) de l’électricité et de l’eau courante étant à la vérité très fluctuantes, et l’installation d’une machine à laver impliquant de carrément péter une pièce, on abandonna l’idée de posséder ce pas de géant dans la condition féminine pour l’humanité qu’est la machine à laver le linge.

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Un mois. Presque deux.

****

Chacun a des limites au-delà desquelles ses convictions et sentiments basculent (sinon la traumatologie, la torture, la psycho n’existeraient pas). Par rapport au fait de ne pas employer d’aide de maison, en ce qui me concerne, c’est l’absence de machine à laver (et de laveries automatiques).

*****

Laver son linge à la main…. Je l’ai fait, plein de fois : durant presque tout mon séjour au Burkina, et à chacun de mes séjours africains où je séjournais chez des gens ou à l’hôtel (parce que le prix est juste une blague cosmique : à ce prix là tu peux légitimement te demander si tes nipes ne sont pas rincées au champagne).

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Tu vois les pubs à la con pour le lavage à la main, genre ça :

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Ou ça :

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Bin c’est pas seulement du top kitsch sois-une-potiche-et-souris-style.

****

C’est aussi limite une escroquerie tellement le synopsis est fake, faux, impossible, irréalisable, absurde. Même avec la lessive la plus top moumoute du monde, laver quoi que ce soit ne prend jamais, jamais, jamais 5 minutes top chrono et ne se fait jamais, jamais, jamais nonchalamment du bout des orteils en se balançant du haut d’un hamac.

****

En vrai, après avoir lavé son linge, on ressemble en gros à ça :

-gif fatigue après

fatigue apres boulot teuf je suis

boulot teuf je suis-

Laver son linge, spécialement des jeans, des serviettes de bain et des draps, c’est juste juste long, très long, très, très chiant, et à moins d’avoir des mains de joueur de jumbé tu as la paume et la peau entre les doigts quasiment à vif alors que tu n’as pas encore essoré la moitié du truc.

Là en plus je n’étais pas toute seule: on était trois (avec ses horaires de malade, le Barbu était hors jeu pour cette fois côté lessivage). Trois, putain, dont un gremlin.

Juste NON.

Finalement, j’ai donc cherché quelqu’un pour s’occuper de ça, juste pour ça : faire la lessive et la repasser. Soit trois fois 3 h par semaine.

La femme de ménage du bureau du Barbu avait une fille, Doris, qui bossait en petits temps partiels chez différents employeurs, dont le bureau lui-même quand des analystes arrivaient en poste ou étaient juste de passage et que l’appartement « de passage » était donc occupé.

On engagea donc Doris.

Sauf que c’était la première fois que c’était moi qui payais, et donc qui devais choisir combien je payais.

J’avais déjà frayé dans les eaux insalubres des desperate expats housewifes et je connaissais donc les prix moyens de rémunération (une misère), d’une part, et le prix moyen de la vie (similaire à celui d’une grosse ville de province en France) d’autre part.

Honnêtement, quand on convertit en euros, ça fait juste exploitation pure et dure, mais en la payant à l’heure un peu plus du double du prix « normal », on savait par expérience qu’il y avait déjà un risque qu’au lieu de nous penser sympas elle nous catalogue direct braves couillons.

Même aujourd’hui je ne sais pas du tout ce qu’elle a jamais pensé de notre accord. Qui peut bien savoir ce que pense Doris ??…

Doris…… Ah, Doris.

Qui est Doris ?

***gif holmes

Même Lui donnerait sa langue au chat à cette question: QUI est Doris?

Même Lui donnerait sa langue au chat à cette question: QUI est Doris?

reflexion

Certains (comme elle travaillait à l’appartement de passage du bureau du Barbu, beaucoup de nos copains/ines la connaissaient et elle nous faisait tous un peu flipper) affirment péremptoirement qu’elle est légèrement déficiente mentale.

**

Je suis loin de partager cette certitude, mais cela fait en effet partie des éventualités.

**

Une autre serait que sa maîtrise de l’anglais n’est que relative. Particulièrement à l’écrit.

**

Ou bien qu’elle est traumatisée (par quoi ou qui ??? un/e ex patron/ne ? enfant battue ?? les élections précédentes ??? ….)

**

Ou tout simplement qu’elle incarne l’un des paroxysmes de ce « cloisonnement de classes » si prégnant au Kenya.

**

Ou encore au contraire qu’elle s’en fout (de tout, de ces chaînes qui pendent à nos couuuuuuuuus) que c’est une grosse anar nihiliste et rebelle qui joue la comédie. (mais alors elle le cache avec un talent inégalable).

**

Ou peut-être un mélange de plusieurs de ces possibilités.

***

Le fait est qu’employer Doris et l’avoir chez moi trois après-midis par semaine n’a pas été un élément choupi à l’aise Blaise de ma vie à Nairobi.

***

Les trois premiers mois.

Doris se fige dès que je lui parle en swahili. Elle se fige aussi quand je lui pose des questions ou lui demande son opinion sur quoi que ce soit dès lors que cela n’a pas trait à son taf.

Mais aussi, Doris pète tout.

***gif intervention

intervention étrangère pas délicate

Piolet dorisien

étrangère pas délicate-

Quand je dis tout, c’est tout.

Soit, en trois mois : une cafetière électrique, trois tasses, deux verres, le couvercle de la chasse d’eau, une brosse à cuvette de W.C, le four (porte bloquée et/ou démontée 3 fois. Regard paniqué/exorbité de Doris quand je réparais le truc). Je devais également relaver tous les draps après elle, et tous les vêtements où il y avait vraiment des taches.

Doris était venue à chaque fois m’avertir de la casse.

A chaque fois, elle gardait la tête et le regard baissé et énonçait la chose d’une petite voix chevrotante. Elle ressemblait à un mélange de ça :

***gif choupinou bord de

choupinou bord larmes i need a hug

s larmmees need a hug***** –
Et ça :
**** pplanète

planete-terreur-un-film-grindhouse-grindhouse-planet-terror-2007-08-15-5-g

terreur****

Je lui répondais donc à chaque fois que ce n’était pas grave. (#bisounours)

**

Sauf que quand même, je relavais derrière elle souvent et elle pétait plein de trucs. Il fallait que je trouve un moyen que cela s’arrête.

***

Les échanges en matière d’horaires et de nature du travail m’avaient contrainte à me rendre à l’évidence: visiblement, il était juste impossible/inconcevable pour elle de ne s’occuper que de la lessive et donc de n’avoir que ces 3 putains d’heures 3 jours par semaine plutôt que 3 après-midis, soit une bonne heure de plus à chaque fois. Au final elle s’occupa aussi du nettoyage des sols et des poussières ainsi que de celui du four et de ses plaques de gaz.

Joint à cela, l’envie permanente de vérifier que mes cheveux ne se sont pas transformés à mon insu en serpents à chaque fois que j’essayais de lui parler et qu’elle se transformait en statue m’avaient déjà bien ébranlée.

***

Comment faire ?

***

Quand la lessive de la semaine avait abouti à ce que deux caleçons du Barbu finissent éventrés en deux, j’ai pris mon courage à la main et ai exprimé mon mécontentement.

***

La semaine d’après encore, d’autant plus que cette fois c’est un pantalon qu’elle avait explosé. (Doris, du haut du son mètre 40, a un côté Terminator bien caché).

***

Je commençais à trouver que… comment dire… (le problème est très exactement là, comment le dire?)

***

La semaine d’après, quand elle a à nouveau pété un pantalon (à moi cette fois) et un caleçon, je ne me suis pas énervée.

***

Mais je lui ai expliqué calmement qu’à partir de là on prélèverait 1000 shillings kenyans (soit le prix d’un pantalon au marché de seconde main ou à Eastleight) par habit ou objet détruit, 500 s’il s’agit d’un caleçon, parce que nos habits ne poussent pas sur les arbres. Que je peux parfaitement faire la lessive moi-même comme je l’avait fait auparavant en attendant de trouver quelqu’un pour la remplacer et que cela ne serait pas compliqué vu la paye que nous proposons, car, oui, nous connaissons les prix et c’est bien notre choix de rémunérer à cette hauteur.

***

La semaine d’après, elle niqua encore un pantalon, plus une robe. (ouais, moi qui ne savais pas ce qu’était un dressing jusqu’il y a peu, j’avoue que là, même moi je commençais sérieusement à m’inquiéter pour nos garde-robes.)

***

A la fin du mois, donc, je lui ai donné 2000 shillings en moins. (sur 20000).

****

Je suis peut-être un peu une salope de Social Traître limite néocolonialiste, mais plus jamais Doris ne péta quoi que ce soit.

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Les 18 mois qui suivirent

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Doris ne se contentait pas de se figer dès que je tentais de lui adresser la parole, tentatives que je cessai au bout de 6 mois d’essais infructueux.

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Non. Doris ouvrait aussi des yeux grands comme des soucoupes…

***gif yeux é

yeux écarquillés

quarquillés****

Quand je jouais à la Wii avec mon gnome.

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Quand je faisais la cuisine.

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Encore plus quand elle me voyait faire la vaisselle.

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Quand je recousais des habits.

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Quand je skypais.

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Quand je bossais mon swahili.

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En gros, dès qu’elle me voyait me comporter anormalement par rapport à la case à laquelle je suis sensée appartenir, soit trèèèèèèèèèès souvent. Pas ultra choupi.

***

Vu que Doris n’a jamais réussi à arriver à l’heure, elle ne repartait pas tôt (en fait la plupart du temps c’est moi qui lui disais de partir vers 18h). Ce qui fait que, plusieurs fois, Doris croisa le Barbu.

***

Là, ce n’était même plus une statue, mais…. Je ne sais pas comment dire autrement que cela : elle se conduisait comme si elle craignait qu’il la frappe, rasant les murs comme si elle voulait y disparaître et tenant toujours la tête baissée, les épaules rentrées…

***

Avant la semaine de notre mariage (et si jamais la tête apeurée/traumatisée de Doris était en fait la traduction de sa désapprobation envers notre vie maritale « dans le pêché »???? Cela est également possible…..), je n’avais jamais vu Doris sourire autrement que lorsque mon gnome ui parlait ou quand je disputai le dit gnome par rapport à ses fringues recouvertes de boue.

***

Doris a mis un an et demi pour comprendre/accepter/croire et enregistrer que

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1) on n’attendait ni ne voulait qu’elle vienne travailler un jour férié (il y en a plusieurs au Kenya évidemment) et que non elle ne perdait pas de salaire pour autant,

***

2) qu’après 18h grand max (la nuit est tombée à 19h/19h15 tous les jours de l’année. Et personne ne sort sans voiture la nuit à Nairobi.) elle partait,

***

3) que si il avait fini son taf, elle pouvait partir et que là non plus elle n’aurait pas de sous en moins.

*****

Mais elle n’a jamais compris/accepté/cru(qu’en sais-je ?) que je voulais juste qu’elle fasse la lessive, le repassage et les sols et qu’elle reparte le plus vite possible, que le truc à la base est que je la payais pour une tâche et pas pour une durée.

Si elle a compris que c’était bien moi et pas elle qui rangeait le linge, que la vaisselle était toujours faite quand elle arrivait et que le linge sale était toujours déjà prêt à être laver (aka, mariné depuis au moins 1h dans une bassine remplie d’eau chauffée + poudre à laver), elle n’a jamais accepté de se contenter de ne faire que les sols et de ne pas épousseter/cirer tous les meubles, (et, régulièrement, de le faire également à l’intérieur de toutes les étagères de la cuisine).

Pour Doris, case housekeeper = ménage tout complet, point barre.

***

Je me sentais tellement mal à l’aise quand elle était là que je fuyais la maison le plus souvent possible les 3 fameux après-midis.

***

Je n’ai jamais osé lui dire -en dehors de l’épisode Opération Stop Destruction, moralement pestilentielle mais qui s’est avéré efficace à 100% comme évoqué plus haut- quoi que ce soit à propos de son travail, même si sa manie de ranger les choses dans la cuisine de sa manière très personnelle nous rendait chèvres.

***

[Parenthèse : mais POURQUOI faisait-elle ça ? En l’occurrence, à chaque fois qu’elle vidait les étagères qui étaient au mur, biennnnnn hautes et profondes et qu’elle les remplissait après nettoyage, elle rangeait méticuleusement les boîtes de conserves, les épices, les bocaux de pâtes etc. touuuuuuuuuuuuuuut au fond des étagères. C’est-à-dire inatteignables sans se déboîter la hanche et l’épaule quoi. Je précise que pour ce faire, Doris avait besoin de changer de pièce, de prendre une chaise dans le salon, de la rapporter devant, de grimper sur la chaise, et c’est seulement alors qu’elle pouvait ranger tout ça de cette manière si terriblement pratique. Hein, POURQUOI ? Pourquoi Doris rangeait-elle systématiquement l’ouvre-boîte, les couteaux de cuisine, les boules à thés et les planches à découper non seulement ailleurs que là où nous les rangions nous à chaque fois, mais aussi et surtout aux endroits les plus inaccessibles (mais toujours les mêmes) ? Fermons la parenthèse]

Le fait que la demoiselle ait en permanence cet air de chien battu et d’incompréhension angoissée, voire de panique totale durant mes tentatives de communication en swahili et mes tentatives d’échanges,

tout ça,

cette permanente interrogation psycho-linguistico-anthropologique qu’elle représentait et l’impression subséquente d’être face à quelqu’une que l’on sait juste ne pas comprendre même un peu, mais qui elle en revanche a plein d’idées sur toi mais tu ne sais pas non plus lesquelles exactement, c’est juste ME-GA-RE-LOU.

***

Doris est très clairement une des raisons pour lesquelles j’ai été contente de quitter Nairobi en novembre dernier.

****

Jamais plus Jamais

*****

Dans pas très longtemps si tout va bien je repars ailleurs, dans mon Pays Fort Fort Lointain adoré, et cette fois-ci, ho miracle, ou pourra avoir une machine à laver (la précédente occupante s’est barrée avec, la chienne), et l’appart a connu seulement une coupure d’électricité en un an et aucune coupure d’eau.

***gif poney moon

poney moon walk fier

walk fier ***
Oh yeah.

Florence (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 5)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo) with tags , , , , , on 24 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

Après Djibéou, Floribert, Annie et Monsieur Philippe, la preuve avec

 

Florence

 

République Démocratique du Congo. Kinshasa.

***
J’ai 32 ans. Je travaille pour une ONG internationale avec le Barbu, mon bureau est ma maison et ma maison mon bureau, ceci comprenant évidemment le gnome (c’est déjà pas forcément top en général, mais c’est juste NO WAY quand tu es HP* pour tout un tas de raisons).

***
Ce qui signifie que Florence, une jeune maman de quelques années de moins que moi, fait le ménage ++++ : pas seulement celui de la maison d’habitation et la lessive des 3 ou 4 ou 5 expatriés qui y habitent mais aussi le ménage des 4 bureaux de la mission. (Avant notre arrivée, elle faisait également la cuisine des expatriés, après seulement le déjeuner du personnel congolais pour la pause de midi quand la cagnotte était pleine.)

***
Rapidement, je m’aperçus que l’équipe congolaise parlait à Florence comme de la merde (genre le comptable qui jette à terre devant elle son assiette sale –véridique-).

*!*!*!*

lunettes retirées wtf

Il a fait quoi là Dugland à Florence?

!*!*!*

Rien de mieux qu’un borsalino et un regard de tueur  qu’une ou deux phrases bien senties pour que plus personne n’oublie son prénom ni de s’exprimer dans les formes avec elle.

****

Du coup, Florence m’aimait bien. Moi aussi.

*****
Florence, c’est la seule de toutes les « domestiques » que j’ai « eues » avec qui j’ai partagé, je crois, une relation normale, sans peur, foutage de gueule, mécompréhension ni gêne d’un côté comme de l’autre.

*****
C’est-à-dire ?
Je lui demandais un travail précis, n’hésitant pas à exprimer mon mécontentement quand il n’était pas fait (2 ou 3 fois au début et ralass), ce n’était pas mon amie ni ma pote et je ne me sentais obligée de rien envers elle, mais nous nous parlions, poliment, respectueusement, amicalement même (comment ça je me contredis ? Bin en fait non, avoir une discussion amicale avec quelqu’un qu’on voit tous les jours, c’est juste normal, ce n’est pas être copain/copine). Si elle avait un problème par rapport au taf elle me le disait, moi idem, et tout allait bien.

******

Unique dans ma série perso. (no prise de tête, no culpabilité, no rien du tout.)

*****

Monsieur Philippe (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 4)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités, RDC (Congo) with tags , , , , , , , on 22 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

Après Djibéou, Floribert et Annie, la preuve avec

Monsieur  Philippe

République Démocratique du Congo. Bas Congo, ville routière.

J’ai 30 ans, je suis ici avec le Barbu et le gnome, je travaille avec le Barbu pour une consultance, donc boulot boulot tous les jours de 8h du mat à minuit, avec une pause de 3h en après-midi pour faire cours au Fruit de mes entrailles.

Encore une fois, l’homme-à-tout-faire est déjà présent et engagé à notre arrivée dans cette « maison d’hôte » au milieu du compound d’une association locale, qui bénéficie du courant en permanence ainsi que de l’eau courante. Monsieur Philippe a l’âge de mon père et a été « le boy de bons Pères Blancs belges » pendant des années.

Monsieur Philippe est celui qui nous fit réaliser que demander à un homme-à-tout-faire de cuisiner un plat traditionnel local est une ERREUR FATALE pour tes papilles, tes maxillaires et l’ensemble de ton système digestif.

Quand, le premier jour, nous lui avions dit que nous ferions nous-mêmes la cuisine (comme toujours), il s’était redressé droit comme un I et avait expliqué que ses anciens employeurs « lui avaient appris la cuisine traditionnelle de « chez nous », que son pâté de tête de veau en gelée était incomparable et qu’il pouvait relever n’importe quel défi ».

** dignité

Monsieur Philippe avait à ce moment là la même tête que le type à gauche, là sur la photo (–source http://kamizole.blog.lemonde.fr/2010/09/23/photo-parlante-%C2%ABsarkosarko-outrage%C2%BB-franche-ment-ridicule-et%E2%80%A6-psychotique/ )

Monsieur Philippe avait à ce moment là la même tête que le type à gauche, là sur la photo (source )

outragée***

Bon, clairement, l’honneur de Monsieur Philippe était en jeu : OK on était des Mundele (des Blancs en lingala) al chouia chelou et il voulait bien ne pas faire la cuisine pour nous (??!!), mais il tenait à nous faire un repas : quoi que l’on voudrait, il le ferait !

Okayyyyyyyyyy.

Vu que l’essentiel des denrées disponibles dans le coin se résumait à première vue à du chou, des haricots rouges (et des verts, et des blancs, et des crèmes), des lentilles, des oignons et des aubergines, (l’atmosphère des home sweet homes embaumait les fragrances les plus rares), et qu’en matière de cauchemar de végan, on ne pouvait trouver que du poulet et du bœuf consommables sans marteau piqueur à l’unique condition d’avoir été battus sauvagement à coup de bouteille de Ricard, on a préféré lui demander de nous faire découvrir LE plat traditionnel du coin.

*** gif ttendrissage

-tutoriel d’attendrissage de viande-qui-connaît-les-chambres-frigorifiques-des-routiers-mais-pas-la-chaîne-du-froid made in Hulk. DIY attitude

Ci-dessus, petit tuto d’attendrissage de viande-qui-connaît-les-chambres-frigorifiques-des-routiers-mais-pas-la-chaîne-du-froid made in Hulk. DIY attitude

made in hulk****

Il choisit de nous faire découvrir le fumbwa, fierté du Bas Congo mais qui est consommé dans toute l’Afrique centrale.

****fumbwa

Voilà un fumbwa qui a tout l’air de casser la chatte à priori. (vous trouverez plein d’infos sur la plante et la recette ici) http://saveurdici-mbuji-mayi.blogspot.fr/2014/04/fumbwa-morue-grille-congo-rdc.html

Voilà un fumbwa qui a tout l’air de casser la chatte à priori. (vous trouverez plein d’infos sur la plante et la recette ici)

hum 2****

C’est délicieux. En fait c’est même une vraie tuerie (spéciale dédicace à Chouchou).

Sauf que.

Voyez, Monsieur Philippe a beau avoir été homme de ménage/cuisiner/homme-à-tout-faire pendant 17 ans, c’est un congolais de sexe masculin, marié et qui n’a pas fait d’études supérieures. Ce qui implique que, jamais ô grand jamais il n’a levé le petit doigt dans une cuisine autre que celle de ses patrons, et à fortiori jamais dans la cuisine familiale. Donc qu’il n’a jamais préparé un fumbwa de sa vie.

Or, voyez, le fumbwa c’est cool, y’en a toute l’année, ça apporte des protéines un peu (là je parle de la plante à l’origine du plat), mais, comme un tas d’autres trucs de l’éventail alimentaire africain, ça demande une putain de préparation avant d’être consommable.

La base du plat est constituée, donc, des feuilles de la plante qui porte son nom.

****plante

ça ressemble à ça, au départ.

ça ressemble à ça, au départ.

originale***

On peut le deviner en regardant bien la photo ci-dessus : dures, résistantes, très fibreuses, les feuilles de fumbwa ressemblent plus à celles d’un artichaut mutant qu’à celles de la laitue blanche.

Tellement qu’avant toute tentative de cuisson, on émince très, très, très finement les feuilles et on les fait tremper au moins une heure. C’est en général sous la forme pré-découpée qu’on trouve le truc dans les marchés.

**** fumbwa

C'est vendu comme ça, voilà.

C’est vendu comme ça, voilà.

pas cuit***

Monsieur Philippe avait bien acheté le truc déjà coupé, OK. Mais il s’est contenté de faire cuire le tout, y plongeant pour faire fête des thomsons, poissons pas mauvais du tout mais à côté desquels la truite n’a pas d’arêtes si vous voyez le genre (et attention hein, des arrêtes de compète, du genre à résister à la pression bien comme il faut et à lacérer l’œsophage quelque chose de bien), qu’on trouve sur les marchés, fumés et séchés, un peu partout en Afrique centrale.

****poisson

ce n’est pas du thomson (sans doute de l’anguille) mais le conditionnement est le même. (source http://www.souvenirducameroun.com/about.html )

Ce n’est pas du thomson (sans doute de l’anguille) mais le conditionnement est le même. (source)

fumé***

Sauf que, le poisson il l’a foutu tel quel genre 10mn avant la fin, donc il n’a pas eu le temps de se réhydrater même un peu (ni de parfumer le plat) et est donc resté dur comme le cul à Jeannette.

Sauf qu’il n’a pas fait tremper les feuilles une heure avant de commencer la cuisson (qui dure au moins une heure elle aussi).

Aussi nous sommes nous retrouvés, attablés devant Monsieur Philippe qui attendait anxieusement notre verdict, à bouffer du foin farci d’arêtes eeeeeeeeeeextrêmement acérées dépassant de boulettes de ferraille poiscaille au goût plus fort que du fromage corse en état de décomposition avancé.

***** pain de

Avouez que ça y ressemble, à du foin !

Avouez que ça y ressemble, à du foin !

nain fumbwa****
**** arete de pois

non ça n’a rien à voir, mais c’est ce que j’ai trouvé –merci Google- en cherchant des images de poisson avec beaucoup beaucoup d’arrêtes. Je trouve la chose …… surréaliste (création de Giuseppe Zanotti) alors voilà.

non ça n’a rien à voir, mais c’est ce que j’ai trouvé –merci Google- en cherchant des images de poisson avec beaucoup beaucoup d’arrêtes. Je trouve la chose …… surréaliste (création de Giuseppe Zanotti) alors voilà.

son giuseppe***

Comme nous sommes bien élevés et que si nous ne le faisions pas, ce n’aurait pas été les arrêtes qui nous auraient perforé le bide mais le regard de Monsieur Philippe, nous avons fini notre plat. Avec des mines enchantées qui plus est.

On a été malades comme des chiens (oui, il faut vraiment bien suivre la procédure avec ces feuilles !!!) et eu mal au bide pendant plus d’une semaine.

Mais l’honneur de Monsieur Philippe était sauf.

Annie (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 3)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , on 22 septembre 2014 by violemmenthumaine

 

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

La preuve, après Djibéou et Floribert, avec

Annie

Zimbabwe. Harare.

J’ai 30 ans, je suis « dépendante », c’est-à-dire que je suis la « compagne inutile du » Barbu, qui bosse pour les Chevaliers Blancs. Je suis là avec mon gnome, et ce sagouin va déjà à l’école. Je suis donc seule à la maison de 7h du mat au milieu de l’après-midi.

Comme nous sommes en famille, nous n’habitons pas avec les autres dans une des deux maisons communautaires (grosse mission) mais, comme deux autres familles (rarissime), rien que nous dans un appartement et quand nous arrivons, il y a déjà une bonne attitrée rien que pour nous.

Annie a la soixantaine, même si elle paraît bien 10 ans de plus. Elle est percluse de rhumatismes et ne voit plus grand-chose, mais elle est veuve sans enfants et n’a pas de famille ici : le salaire, toujours payé en dollars américains (et vue l’ « inflation » -à ce niveau là mon met des guillemets !- à l’époque, c’est un *%¤# d’avantage !!!) et la couverture santé sont juste vitaux pour elle.

Bien évidemment, je ne lui dis pas d’aller se faire voir et que je veux être tranquille chez moi.

Au chômage et en manque certain de méga-patate, je dois donc me lever tous les jours à 6h 30 pour être décente et fraîche comme une rose quand Annie arrive, entre 7 et 8h moins le quart.

Annie…. C’est avec elle que je découvre que le « personnel de maison » peut être le pire des loups pour le « personnel de maison ». Elle était tanzanienne, figurez-vous : une des incarnations de la « pas de souche bien louche » au Zim’ si vous voulez. C’est donc « tout naturellement » que les autres femmes de ménage de la mission, toutes beaucoup plus jeunes qu’elle et en forme, avaient pris l’habitude de lui refiler toutes les corvées à la moindre embrouille : ainsi, quand la machine à laver de la maison x, que l’ensemble des femmes de ménage de la mission utilisait, est tombée en rade et que tout le rez-de-chaussée de la baraque a été inondé, c’est à Annie que l’une des femmes de ménage est venue commander de nettoyer… et de faire la lessive de toute la mission.

***gif yoda allu

-A peu près ma tronche quand j’ai entendu la greluche parler à Annie comme si elle était son esclave.

A peu près ma tronche quand j’ai entendu la greluche parler à Annie comme si elle était son esclave.

me son sabre ****

Ni une ni deux, faut que je fasse quelque chose…

Quoi ?

Je n’aurais jamais cru pouvoir prononcer un truc comme ça : « De qui Annie est-elle la bonne ? Moi. JE suis la patronne, et moi je lui ordonne de rester chez moi tous les jours et de faire le travail que je lui demande. C’est clair ou il faut que je l’en parle à l’admine ? ».

Encore moins que cela pût susciter des larmoiements de remerciements dans les yeux de la dite bonne et son indéfectible amitié.

écarquillés***

monde à l-envers
*** monde à l’envers****

-DE L’IMPORTANCE DU CONTEXTE QUOI-

Djibéou (Bloubiboulga de Couleurs de Sentiments 1)

Posted in Big A(frica), Des humains supra chouettes, Mensonges et plus si affinités with tags , , , , , , , , , , , , on 21 septembre 2014 by violemmenthumaine

Les expériences qui passent ne m’ont toujours pas donné le truc pour le vivre à la cool et me démêler de l’imbroglio relationnel qui va avec.

La preuve avec:

Djibéou

Burkina Faso (♥♥♥♥). Dori.

Je n’ai même pas 20 ans, c’est ma première fois en Afrique, ma première fois hors d’Europe.

A la routarde, un sac à dos 120 litres et 1600 Francs pour 6 mois, j’accompagne mon Namoureux (déjà Barbu) qui vient y faire son stage de fin d’études. Tant que le stage n’est pas commencé, on dort à l’arrache dans des hôtels miteux ou nous sommes reçus chez des rastas du coin rencontrés la veille. Mais, pour ses 4 mois de stage, on est accueilli comme convenu chez D., un fonctionnaire burkinabé, Mossi de la capitale nommé contre son gré dans une sous-préfecture aux portes du désert, qui méprise les gens du coin et hait les Blancs. (Ambiance).

D. habite seul et emploie à temps complet Djibéou, qu’il nous présente en le désignant de la main : « ça c’est mon boy ».

*** boy

Hé ouais, je n’aurais jamais cru entendre le mot « boy » hors des pages de Tintin au Congo, et encore moins dans la bouche d’un africain. Cet artefact datant de la colonisation a été mis en vente à 50€ et adjugé à 130€ à l’Hôtel des ventes de Troyes l’an dernier

Hé ouais, je n’aurais jamais cru entendre le mot « boy » hors des pages de Tintin au Congo, et encore moins dans la bouche d’un africain. Cet artefact datant de la colonisation a été mis en vente à 50€ et adjugé à 130€ à l’Hôtel des ventes de Troyes l’an dernier

****

Quelques semaines après notre arrivée, D. part pour deux mois en stage dans sa chère capitale.

Nous voilà seuls avec le jeune Djibéou.

Me voilà seule avec Djibéou (bin oui, le Namoureux la journée, il est en stage).

Bon.

On lui donnait depuis le début autant que ce lui paye D en plus pour le taf que nous lui occasionnions en plus, cela ne changea donc pas nos habitudes. Mais on commençait à en avoir marre de manger les trois mêmes repas en boucle depuis notre arrivée et maintenant je savais parler un peu un peu le peul. Je me mis donc à faire les courses au marché et à faire la cuisine. Je n’osais pas, voire même je ne pensais pas à faire des remarques sur son travail à Djibéou : après une semaine durant laquelle j’avais relavé tout notre linge après lui, je faisais désormais moi-même la lessive tout court à sa place. [Je ne suis même pas clean freak, juste que le look tout latérite semblait trop Mad Max à mon goût, tout comme à l’ensemble de la population locale d’ailleurs, où seuls les Fous –il n’y avait pas d’enfants des rues ni de sans abri à Dori, à l’époque en tous cas- sortent dans la rue vêtus de tissus qui ne soient pas d’un blanc ou d’une couleur étincelante.]

**** photo

Ça, c’est une photo que j’ai prise par la fenêtre de la maison un après-midi durant la période de l’harmattan. Idéale pour un teint d’un ocre uniforme sur la peau et les vêtements du plus bel effet fantomatique.

Ça, c’est une photo que j’ai prise par la fenêtre de la maison un après-midi durant la période de l’harmattan. Idéale pour un teint d’un ocre uniforme sur la peau et les vêtements du plus bel effet fantomatique.

tempête*

mines

Enlève le casque et la lampe frontale et t’as le latérite look, bien dirty muddy, du genre à s’incruster bieeeeeeeeeeeeeen au « cœur de la fibre » comme dirait Ariel. (Musclator on m’appelait à mon retour ^^ après 6 mois de lessive à la main)

* mines**

Bref : Djibéou n’avait plus qu’une heure grand max de boulot par jour, mais on n’osait pas l’en priver : on n’allait pas retirer le pain de la bouche d’un homme, merde ! Et puis c’est grâce à lui si je pouvais avoir une conversation de base en peul et donc faire mon marché, même si sa présence me mettait souvent mal à l’aise depuis nos échanges linguistiques.

Ce n’était pas pour rien : un beau matin, alors que je prenais ma douche, qui donc entre « sans le faire exprès » dedans et se rince l’œil bien comme il faut  (il prend bieeeeeeeeen son temps no soucy, suffisamment pour qu’il soit bien installé contre le mur quand je me retourne et le découvre)? Djibéouuuuuuuuuuuuuuuuuuu.

*** unedouch

A peu près ma gueule quand il s’est pointé.

A peu près ma gueule quand il s’est pointé.

ehorrible***

Là, pour comprendre l’ampleur du point auquel le ‘tit père se foutait de ma gueule quand il se la joua voyeur d’abord, puis quand il s’en défendit ensuite devant moi puis mon Namoureux, faut avoir une idée de ce à quoi ressemblait la dite douche.

Tout comme la cuisine, les installations sanitaires étaient à l’extérieur de la maison, l’une et les autres à des coins opposés de la parcelle.

Voilà à quoi ressemblaient les dites installations sanitaires (mais avec un mur/couloir devant, ouvert sur la droite, et pas de porte devant la salle de douche ni la salle des toilettes.)

**** salles d’ai

photo retravaillée par mes soins d’après un cliché trouvé sur ce blog)

Photo retravaillée par mes soins d’après un cliché trouvé sur ce blog)

sances

La photo (pas de moi) donne une bonne idée de la dimension du truc habituel en Afrique de l’Ouest : les toilettes, ce n’est pas un ridicule mouchoir de poche, mais une bel espace d’environ 3m/3m, ce qui limite assez efficacement les nuisances liées à ce type d’installation quand la fosse en-dessous est bien profonde et qu’elle est régulièrement passée à la chaux).

La photo (pas de moi) donne une bonne idée de la dimension du truc habituel en Afrique de l’Ouest : les toilettes, ce n’est pas un ridicule mouchoir de poche, mais une bel espace d’environ 3m/3m, ce qui limite assez efficacement les nuisances liées à ce type d’installation quand la fosse en-dessous est bien profonde et qu’elle est régulièrement passée à la chaux).

**** chiottes****

Et le gars te dit qu’il ne l’a pas fait exprès, qu’il voulait juste aller aux toilettes.

Genre, c’est possible de ne pas faire exprès de se tromper de pièce, de ne pas voir qu’on passe les chiottes sans porte et de continuer sans le vouloir jusque la douche, sans avoir entendu le bruit de l’eau qui jaillit de la pomme.

**** ange-

Djibéou était neeeeeeeeeettement moins choupinou, en fait (source-retravailllée- http://papillondereve.centerblog.net/rub-tubes-diablesse-diables--2.html?ii=1 )

Djibéou était neeeeeeeeeettement moins choupinou, en fait (source-retravailllée d’ici )

démon****

Bien sûr.

Moi et mon Namoureux étions d’accord : il était juste hors de question que Djibéou continue à venir. No way.

Mais c’est pas gentil-gentil-gentil, hein, de priver un pauvre gars en face duquel on est teeeeeeeeellement privilégié hein non ça c’est vraiment pas Petit Poney style.

On a donc, très sérieusement mais avec un visage pas content, expliqué à Djibéou que, pour avoir fait si mal son taf que je me suis mise à le faire à sa place et pour m’avoir témoigné LE manque de respect absolu (la nudité absolue, …. , comment dire, est un Tabou avec un putain de grand T pour beaucoup de peuples, et les Peuls ne font pas exception)….

Il ne remettrait plus les pieds dans la parcelle tant que D. ne serait pas de retour…. et continuerait à recevoir son salaire complet, que nous lui viendrions lui remettre en main propre chaque lundi soir.

Faut pas venir nous faire ‘ièch hein ?!….

**** gif c’est ça

c'est ça ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiis

ouaiiiiiiss*****

Voilà voilà voilà…..

Je fus donc  très « Petit Poney Style pour ma « première fois ».

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les petits poneys style font iech

Et après Djibéou, voilà ce que j’en pensais, du Petit Poney Style.

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